Vieillir sans être vieux relève bien sûr d'une certaine utopie, mais relative et discutable.

Je relis un livre de Marie de Hennezel sur le sujet qui peut donner quelques directions. Sur la maladie d'Alzheimer, elle cite le psychiatre Jean Maisondieu qui suggère que cette maladie serait "un cri, un refus, une sorte de suicide social et intellectuel". Une psychothérapeute Aude Zeller a une thèse à ce sujet citée par Marie de Hennezel " Lorsque la dégénérescence fait régresser le vieillard déficient à un état de dépendance semblable à celle du tout petit enfant, cela lui permet de réintégrer une organisation mentale dans laquelle la peur de la mort n'avait aucune existence." Et elle ajoute ce qui me semble le plus important pour nous les accompagnants involontaires et impuissants de ce long et difficile chemin , je la cite toujours " Le comprendre peut permettre à l'entourage d'accompagner cette régression potentiellement porteuse de sens, au delà de l'absurde.

 

Marie de Hennezel

La chaleur du coeur empêche nos corps de rouiller

 

chez Robert Lafont

Nonobstant les raisons neurologiques dûes à une dégénérescence des cellules nerveuses qui sans nul doute frappent n'importe qui, j'aime penser qu'un certain style de vie, une approche différente de la maturité font reculer ou tout au moins minimisent ce naufrage qu'est cette maladie.

J'ai donc choisi d'accompagner Rose dans son retour aux sources, de cheminer à son pas, pour garder le contact avec elle.

Ce que l'on ne peut changer, on l'accepte et on entre dans un autre monde.