Manifestement, cet homme là est à l'âge des bilans, celui où l'on se retourne sur sa vie passée avec une certaine tendresse nostalgique, preuve sans doute que l'on est au final assez heureux de ce passé. Alors, cet homme là choisit de nous faire partager ce moment. Peu importent les oeuvres choisies, il s'agit de représenter un peu d'humanité, des visages, des corps, Patrice Cheréau, lors de l'inauguration nous signale qu'il ne faut pas lui demander pourquoi, il a choisi ces oeuvres là, il n'en sait rien. Et après tout, on s'en moque bien. Il nous invite ainsi à nous arrêter sur nous mêmes, à nous retourner nostalgiquement et tendrement en arrière. Nous n'avions pas d'invitation, mais le hasard bienveillant qui nous accompagna toute cette semaine là nous en donna une. Il y eut d'abord, comme de bien entendu, un Bonnard qui nous accueillit, tout de jaune vêtu, la gueule floue d'un boxeur, puis il y eut Patrice Chereau, et puis il y avait Françoise ...

B

Cet instantané imprévu restera dans mon coeur, non pour Monsieur Chéreau,  plaisir charmant mais fugace, mais parce qu'il restera ultime sortie avec ma soeur, dernier moment rempli de magique et nostalgique tendresse.

Cela me déchire le coeur. C'est résistant un coeur, tant de choses peuvent le déchirer, et pourtant, tant qu'il bat, il supporte.