19 avril 2011

Bonnard

Bonnard achète en 1912 la Roulotte à Vernonnet, à 5 km de Giverny. Il a 45 ans. Il fréquente Monet qui en est à ses Nymphéas et qui conjugue le vert à tous les tons. Le vert seul ne va pas à Bonnard, et il le sait. Lui qui goûte déjà au midi ne peut s'empêcher de colorer de jaune, de rouge, de bleu, et c'est tant mieux. Les tons froids ne lui réussissent pas. Ce n'est pas un émotionnel, seules ses couleurs le sont. Il ne s'autorisera jamais à se lâcher cet homme, ses peintures lui procureront la liberté. Libre de quitter les Nabis, libre de se libérer de Monet à qui il doit cependant beaucoup, libre de se perdre dans la couleur avec un débordement dans un certain cadre, quand même.   

Mais en attendant, il se cherche le Bonnard :

D'abord façon Monet ...1913

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Puis façon Barbizonnade ... 1908

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Et rare chez Bonnard, à part ses autoportraits, un portrait au regard si particulier, si vivant et pourtant si lointain déjà en partance ou revenu de l'au delà comme on voudra  ...   1920.

Voilà qui me plaît sacrément. L'émotion, celle qui vient de l'âme, la seule qui existe pour moi, est là. IMG_0335

 

A plus monsieur Bonnard ...

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05 avril 2011

St Sulpice

Rose, lorsqu'elle habitait rue de Tournon, avait pour paroisse St Sulpice et y fit sa communion. Rien que du banal, mais qui curieusement la marqua suffisamment pour qu'elle nous l'évoque jusqu'à la fin, jusqu'à son entrée en Alzheimer.

Et bien que j'arpente souvent Paris, m'avait échappée jusque là, cette place de Paris où entre une fontaine et une église monumentale, on hésite à définir cette première impression que la première vision prodigue; le côté sentimental de l'évènement étant le primordial bien sûr. Cette rencontre inattendue avec ma mère perdue dans son monde, et pour cet instant, retrouvée.

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Laid et gigantesque, d'une laideur cependant attrayante, d'un gigantisme qui effraie la vieille chose que je suis.

Il y a du temple dans cette bâtisse où les commerçants ont élu domicile et font ce qu'ils ont à faire

Il y d'énormes statues, nouvelles idoles des époques lointaines

En 1646, début des travaux, Louis IV a 8 ans. 5 fois plus grande que la précédente église qu'elle remplace sa voûte culmine 33 m du sol, contre 35 m pour Notre Dame de Paris.  

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Vaisseau éclairé par des vitraux blancs,

que célèbres tu ?

Combien d'hommes au travail sont ils tombés lors de ta construction laborieuse qui s'étendit jusqu'en 1789 ?

Quel est le mystère de la foi que tu représentes ?

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 Les bénitiers, valves d'un géant coquillage offert à François Ier par la république de Venise sont tartignolles, voire hideux sur leur socle de marbre blanc sculpté par un sieur Pigalle (1714.1785)

 

 

 

 

  

  

Les 2 horreurs suivantes, la chaire qui repose sur des escaliers revêtus de marbre et en face, le crucifix du banc d'oeuvre avec un Christ en bronze fait par un sieur Maindron, donc les 2 horreurs ne déparent pas du reste.

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Et puis il y a dans cette église, un Gnomon Astronomique, sorte de cadran solaire, commandé à l'horloger et astronome anglais Sully (1680.1728) et construit par J.N. Servandoni. Ce n'est pas la rencontre du siècle entre le gnomon et moi !!!! IMG_0149

Et pour finir, un prodigieux clin d'oeil qui m'amuse beaucoup, qui enlève un peu trop de solennelle rigidité à ces églises que je n'aime décidément pas, qui me ramène à notre prodigieuse humanité, clin d'oeil fugace et périssable, semblable à nos vies, une oeuvre contemporaine d'un certain Benjamin Bergery :IMG_0147

 

 

 

La visite se termine.

J' ai retrouvé le rire de Rose, le rire de ma mère. Et pour l'amour reçu, merci.

Alors St Sulpice, même hideuse et trop,  je t'aime.

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