jlJustine Lévy est une fille de son époque, celle où l'on n'hésite plus à divulguer les histoires de famille, même les plus scabreuses. On se livre en pâture à une certaine presse dont raffolent beaucoup de gens. Le malheur des autres faisant non pas le bonheur des autres mais amenant à un certain relativisme sur ses propres problèmes. Une littérature-réalité en quelque sorte. Un premier livre en 95 sur ses rapports-souvenirs avec sa mère, un second en 2004, sur la fin médiatisée de sa relation conjugale, et puis un 3ème en 2011, pour clore une certaine part de sa vie :

Mauvaise Fille 

 Née en 1974, Justine Lévy a un père encombrant, BHL, père toujours présent cependant quand il le faut, sa mère Isabelle, Alice dans le roman, une beauté ex mannequin mène une vie marginale peu compatible avec l'éducation d'un enfant. La vie n'étant décidément pas rose pour cette femme, elle meurt jeune d'un cancer du sein. Justine Lévy raconte l'agonie de sa mère, qui coïncide avec sa première grossesse, ce qui n'est pas l'idéal pour aborder une maternité sereine, avec en plus l'impression coupable de remplacer une vie qui s'éteint par une vie qui commence. La nouvelle née chassant la morte. 

Je souhaite à l'auteure que cette littérature-thérapie soit efficace. Cela se lit bien avec peut être un peu de lassitude quant à l'évocation récurrente de ces enfances perturbées par des parents à l'existence saccagée.  

Je pense qu'il y a des romans qu'on lit quand on est jeune, ce qui n'est pas mon cas ! Voilà ce roman n'est pas fait pour un vieux fossile carapacé. En fait, après avoir terminé le bouquin, je me dis que la seconde partie, à la fin quand sa mère l'a enfin délivrée du fardeau qu'elle était, Justine Levy endosse mieux le rôle de fille avec mère morte, que celui de fille avec mère déjantée, et cela me touche plus, sans doute parce qu'il fallait effectivement que cette mère là si peu à la hauteur meurt pour laisser la place entière à cette petite née, pour que sa mère puisse l'aimer, se consacrer pleinement à elle, sans l'ombre menaçante de cette mère-enfant, car Isabelle- Alice était une enfant devenue mère par erreur de casting. C'est compliqué cette phrase où l'on ne sait plus démêler qui est la mère de qui ! Mais c'est compliqué, d'être fille, c'est compliqué d'être mère ....

Au final, c'est beaucoup plus simple d'être ... grand-mère !