28 février 2012

Un très grand amour - Franz-Olivier Giesbert

giesbertFranz-Olivier Giesbert né en 1949 : 'je ne suis qu'une imposture qui a réussi. Autrement dit, un homme de médias, chroniqueur télévisuel, directeur d'un site littéraire, cancaneur, blogueur et conférencier.' extrait du livre. 

Alors, il en profite avec son clone Antoine Bradsock qu'il caricature, à peine, je pense. On oublie un peu trop que les vieillissants ont d'abord à affronter le vieillissement jugé toujours prématuré du corps qui lâche souvent en premier, alors que l'esprit lui demeure jeune, ce qui est, avouons le carrément insupportable, alors Giesbert parle fort bien d'un problème fréquent et particulier aux hommes, le désir de pouvoir ... désirer encore et surtout d'en garder les moyens. Et quand un cancer s'en mêle, cela complique tout y compris les fonctions naturelles, ce qui nous vaut une scène que je trouve particulièrement savoureuse, même si il en fait un peu trop sur le sujet. Antoine aime faire l'amour aux femmes qu'il aime, bon, il aime toutes les femmes ou presque, alors il cumule : les femmes, ce qui en découle souvent, les enfants, et forcément les chagrins d'amour. Pour Antoine chaque amour mérite un qualificatif singulier, est ce sa faute à lui si il y a autant d'adjectifs qui s'accomodent avec le mot amour ? Le dernier amour du livre est qualifié de vrai, sans doute, sans doute. Mais moi je ne m'en fais pas pour Antoine, pour cet homme amoureux de l'amour, son dernier amour sera  post-mortem : il sera éperdument amoureux de la somptueuse thanatopractrice qui prendra soin de sa dépouille.   

Giesbert est un roué : à trop s'accuser, on se justifie de tout, à caricaturer on évite aux autres de le faire pour vous. Mais c'est en cela qu'il me plait bien d'ailleurs !

note pour ide :

procrastination : tendance à remettre au lendemain.

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26 février 2012

Halle Saint Pierre

S'opposant à l'art dit contemporain, très intellectualisé, l'art brut, l'art singulier, l'art urbain se mêlent joyeusement dans une exposition que leur consacre le musée de la Halle Saint Pierre. Si certaines oeuvres sont facilement étiquetables, d'autres mélangent les genres, et flirtent avec le street art, le graffiti, la BD, le tattoo, les comics, le lowbrow art  et au final vous amènent à penser qu'en matière d'art moderne, il vous reste beaucoup à apprendre, voire tout.

Cet art là n'est pas timoré, en matière de sexe, ce serait même plutôt le contraire, extrêmement orienté  pour certains d'entre eux, ce qui n'est pas le signe d'une époque, mais plutôt d'une nature anticonformiste et carrément provocatrice, donc souvent pétrie d'humour.détail

 Pierre Bettencourt 1917-2006, un drôle de bonhomme, avec un drôle de talent, amoureux des mots, Bettencourt Espaces apparitionnels 1985à l'humour caustique et déjanté à mieux connaître donc , par l'ignare que je suis. Se fera spécialiste de hauts reliefs, où il utilisera des  grains de café, des fragments d'ardoises, des coquilles d'oeufs, et des sexes en pagaille, dans des positions érotiques assez traditionnelles au fond; il est assez drolatique d'ailleurs de constater l'intellectualisation outrancière des critiques au sujet de ces fresques, y compris de leur auteur, d'ailleurs. Le sexe doit pour être admis, même dans l'art, être intellectualisé, psychologisé au maximum, sorti de son animalité première, pour l'amener au niveau de l'esprit.

 

Blue Girl

 

Titine K Leu née vers 1968 épouse Filip Leu, issu d'une famille célèbre de tatoueurs, suit une vie de bohème hors normes. Elle dit avoir pris grand plaisir à peindre ces tableaux de tatoués, célèbres ou pas, peintures kitsch, baba cools, riches en couleurs, peintures qui sont pour moi des fenêtres ouvertes sur un monde qui m'est étranger. L'art quelqu'il soit nous sort de notre carcan, nous ouvre aux autres de la plus jolie manière qui soit, attise notre curiosité, fait vaciller nos convictions, nous emmène vers un ailleurs.  

 

Dave Cooper esune des twinst né en 1967 au Canada, auteur de bandes dessinées, peintre autodidacte, il mène de front une carrière de créateur de jouets, de films d'animations, de livres pour enfants, de livres animés pour adultes et de peintre. 

Ces 2 petites nanas aux seins petits, aux fesses rebondies, le tout ayant l'aspect de la gelée anglaise tremblotante qui attire et révulse à la fois, aux yeux noirs et vifs, ont une bouche, une putain de bouche rouge et pulpeuse, mais lorsqu'elles sourient, ces petites nanas deviennent de véritables piranhas, nul doute que le sieur Freud nous pondrait là dessus un laïus édifiant et sans appel, et comme c'est devenu politiquement correct, on emmerde le sieur Freud et on aime ces drôles de petites poupées faites pour le désir et la castration ! ta gueule madame Freud !       

 

Michel Gouéry né en 1959. Etudes d'art, pensionnaire de la Vortum 2011Villa Médicis à Rome. Peintre, puis sculpteur. Ici sur terre cuite émaillée, un masque antique, une pub pour masque de plongeur, un petit frère à monsieur Spock ? ou autre chose qui m'esdétail1t étangère ?  Là, détail d'un phallus géant  et ... surpeuplé.  Une promesse ce plasticien là, à rencontrer au gré de mes balades.

 

 

 

 

 

 

 Une qui me ravit délicieusement :- fine et délicate Suzan qu'avez vous donc au coeur ?Susan

 -Charlottemais dites moi infortunée Charlotte, auriez vous perdu la tête ?

Elle se nomme Jessica Harrison est née en Angleterre en 1982, est diplômée de la Edinburgh College of Art et ne se limite pas à ces raffinées porcelaines .

Moi, j'adore cet humour là, et la Dame a un humour décapant. Allez voir sur son site si vous êtes attiré

http://www.jessicaharrison.co.uk/index.htm

a rather noble cock

                                                        

Un qui est fascinant par son esprit créatif, par son travail minutieux qui débouche sur un monde obscur, un peu dérangeant, là où se trouve la non-frontière de ce qui est (a)normal et il y en pas mal aussi dans cette exposition. L'humour est encore là bien présent chez Kris Kuksi ne en 1973 aux USA

 

 

 

 

  

Et puis, ceux qui utilisent l'art pour exorciser la férocité, la cruauté, l'âpreté d'une vie ... ce qui donne une peinture à l'image de leurs cauchemars. Darger

The Medecine Show

 

 

 

 

 

 Marianne 2011

 

 

 

 

 

 

 

  

Et pour finir, Yu Jinyoung née en 1977 en Corée qui crée une petite bonne femme au visage adorable mais désespéré, au corps emprisonné, symbole de l'être humain pris au piège dans la société contemporaine

et un maître duThe Disguised noir, et oui Soulages a fait des émules Dan Witz né en 1957 aux USAHOODY 1996

  

 

 

 

 

 

 

 

Des 60 artistes exposés, on est loin du compte, mais il faut savoir se limiter, parait il; moi je ne sais pas trop me limiter, alors disons que c'est un début ! et disons surtout que cela m'arrange d'arrêter là.

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24 février 2012

La vie d'une autre - Frédérique Deghelt

La vie d'une autre                                                Frédérique Deghelt est journaliste, réalisatrice et écrivain. 

 Belle au bois dormant, une jeune femme s'endort auprès de son amoureux, et se réveille 12 ans plus tard, auprès du même devenu mari et père de ses 3 enfants. Elle ne reconnaît pas ses enfants, et ne sait rien de ce qui s'est passé ces 12 ans durant ...

Entre un livre et moi, il y a souvent une brève histoire d'amour, légère, enivrante, délicieuse qui m'enchante. Là, il ne se passe rien. Et je ne sais pas trop pourquoi. Parfois le style narratif me fait penser à un passage de consignes entre collègues infirmières avec des mots précis, presque scientifiques, anatomiques, physiologiques, psychologiques, trop de iques en somme, voilà c'est peut être là le hic entre ce livre et moi. C'est bien argumenté, clairement écrit, mais plus documentaire que fiction. Marie reste une patiente tenue à distance, qui ne m'émeut pas et que je n'ai pas envie d'aimer.  

Le film réalisé par Sylvie Testud a curieusement le même défaut, curieusement, car l'histoire est sensiblement différente dans le fond. Esthétiquement, le film est bien fait, les acteurs conformes à ce que l'on peut attendre d'eux, mais il n'a pas là non plus de magie.

Au final, cela tient peut être à moi, un écrivain va à la rencontre de ses lecteurs, certes, mais les lecteurs doivent peut être aussi aller à la rencontre de l'écrivain ... ne sais pas trop, en tous cas entre ce livre et moi, si il y a bien eu rencontre, il n'y a pas eu idylle. En même temps, on ne peut pas tout aimer, tout le temps !

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19 février 2012

Dame de Moulins

Assez masculineVierge Noire cette Dame là, peu souriante, une moue un peu dédaigneuse, date du XII ème siècle. L'enfant est une petite reproduction de la mère. Noire, noire, de celles qui font couler beaucoup d'encre ....Pourtant il semblerait, en ce qui concerne les Dames Romanes qu'aucune ne fut créée noire :

Sous la couche noire, les restaurateurs ont retrouvé une polychromie qu'ils ont estimée originelle, d'autres pensent que la fumée des cierges est cause de noircissement, d'autres encore parlent du vin avec lequel on lavait au Moyen Âge ces statues, à moins aussi qu'elles n'aient été sculptées dans un bois noirci par un long trempage dans l'eau, et puis il y eut cet engouement de peinture noire qui recouvrit le tout ....on dit aussi qu'à la fin du moyen âge, on créa cesgros plan vierges noires pour symboliser l'espérance d'une conversion des infidèles de l'Orient que les croisés n'avaient pas réussi à convertir, on évoque aussi le fléau du moment la peste, Marie, alors peinte en noir pourrait vaincre les forces du mal, se chargeant des malheurs du monde, et noircie vaincre les forces du mal et noircie attirer les Égyptiens et les Sarrasins. C'est à ce moment que l'on peint en noir celles de Vauclair, Orcival, et celle qui m'intéresse aujourd'hui, Dame de Moulins.

Cette statue aurait été rapportée de Terre Sainte par un Bourbon et offerte par Louis IX. Elle aurait sauvé Moulins d'un incendie en 1655, par l'intermédiaire d'un fidèle qui aurait jeté dans les flammes le manteau porté par la statue. .

Sources utilisées pour Les Dames :

Anne Courtillé : Marie en Auvergne, Bourbonnais, Velay

Vierges romanes : Portraits croisés Hélène Leroy et Francis Debaisieux

Vierges Romanes François Graveline, Francis Debaisieux

Internet.

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16 février 2012

Les Morues - Titou Lecoq

Titiou Lecoq née en 1980, est journaliste indépendante et blogueuse (girlsandgeeks.com).

Les MoruesPremier livre : Les Morues en 2011.

'... une bande de trentenaires parvenus ...' (extrait), ... 'd'un espace entièrement virtuel' (extrait).

Voilà donc le sujet du livre, des trentenaires  dans un monde où la technologie a bouleversé le relationnel, le ressenti, l'image qu'on a des autres, l'image qu'on a de soi. Bienvenue dans le monde du virtuel qui est au final une autre forme de réalité.  

Et puis il y a les choses de la vie, intemporelles, l'amour que l'on recherche ou pas, le travail que l'on garde ou pas, les amis. Il y a une mort qui intrigue, et une enquête menée par Ema. C'est peut être en cette intrigue qui s'égare un peu que réside le point faible de ce roman.  

Ema est une Morue, Alice et Gabrielle itou, avec une idéologie :-' Pour les Morues, il paraissait évident que les réflexes sexistes dont on accusait les hommes, c'était d'abord chez les femmes qu'il fallait les traquer'-. extrait

Des hommes autour bien sûr : 

Fred, délicieusement trop, en tout, trop intelligent, trop sensible, trop en tout qui finalement a choisi d'être rien en tout, rien de ce qui pourrait le distinguer du commun de ses contemporains. Et c'est ainsi qu'il est devenu, lui le génie, un marginal.

Tout-Mou, le fiancé veuf, mais ce qui est recherché dans un marshmallow est carrément rédhibitoire chez un homme.

Blester, l'amoureux d'Ema, bien sous tous rapport, un peu trop normal peut être.

Antoine frère de Fred, le con de service, mais pas que cela non plus.

et d'autres .....

 L'écriture du livre est résolument humoristique, ce qui permet à l'auteure d'énoncer légèrement des vérités profondes, de nous amener incidieusement à un travail d'introspection. C'est assez fort, au final, ce livre qui est un témoignage intéressant sur notre époque, une réflexion plus profonde qu'elle en a l'air sur la vie.

-' Peut être que ça servait à ça, le travail ? Se donner l'illusion que les choses avaient un sens'.- extrait

 Notes pour ide :  

climax : point culminant

aporie : se dit d'une question logiquement insoluble

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15 février 2012

Who ?

who

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12 février 2012

Musée d'Orsay

Orsay, c'est un peu chez nous ! sous prétexte qu'un nôtre grand père fut Directeurorsay 5 des Hôtels du Louvre dont celui d'Orsay, sous prétexte que nos parents ont fait leur repas de mariage dans le restaurant d'Orsay, sous prétexte donc d'une période fastueuse de notre histoire familiale à Paris, nous estimons G et moi même que nos ancêtres font partie des fantômes qui hantent l'ancienne gare d'Orsay orsay 6...

 

 

 

 

alors c'est en familiers que nous avons arpenté les salles reliftées du pavillon Amont, le 5ème étage, celui des impressionnistes ...  Orsay 3

 

 

 

 

 

La nudité froide de la sulfureuse Victorine Meurant est curieusement mise en valeur, par les délicieux nus de Renoir, joyCaillebotteeusement kitsch, où la chair déborde avec allegresse, oui, Renoir aimait lManetes plantureuses souriantes. Bazille  et Fantin Latour qui se la jouent grands reporters photographiques, avec leurs ateliers où les grands de cette époque sont nonchalamment représentés, Caillebotte qui, lui, se la joue peinture sociale avec ses raboteurs de Parquet, aussi raffinés et délicats cependant que lui, séduisant son auto portrait d'ailleurs ! Berthe Morizot, modèle ténébreux et peintre  se démarquant peu à peu de Manet, pour rejoindre le courant impressionniste, Cezanne qui nous offre un bleu à se damner, Monet, qui avant Bonnard fait éclater les couleurs et d'ailleurs Bonnard est là aussi, au 2ème étage, dans sa période nabi japonisante avec déjà Marthe vaquant à sa toilette ...  

orsay 2

 

 

Une balade réjouissante et prolifique en peintres ... et pour le plaisir, les bancs Water Block de Tokujin Yoshiokabancs Orsay fort confortables, le café des frères Campana, lGarçon et Corbeau 1884es éclairs pistache, le menu finlandais raffiné du restaurant classé monument historique, en liaison avec une petite exposition de Akseli Gallen-Kalela  vuorsaye hélas trop rapidement, car à 17h30, vous êtes mis dehors ...

Mais on y reviendra.

 

 

 

 

 

 orsay 4Friant

un canapé rigolo toujours des frères Campana où il a l'air de faire bon de dormir un peu, et puis une Toussaint, naturaliste, photographique, plaisante d'Emile Friant. 

 

 C'est vrai que l'on s'y sent un peu chez soi, dans ce musée, un peu douillet, un peu cosy, un peu kitsch, très classique, sans surprise mais, tout doux, le Musée d'Orsay.

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10 février 2012

Mara - Mazarine Pingeot

Mazarine Pingeot née en 1974, professeur de philosophie à l'université, écrivain. A 3 enfants.

M PingeotMara 2010

Deux hommes, Manuel et Hicham dans la vie de Mara, deux amours. 

Jumelle abandonnée à la naissance, séparée de son frère Manuel à l'âge de 1an et demi, avec une enfance chaotique en famille d'adoption. Les retrouvailles entre Manuel et Mara sont particulières :- 'l'un en l'autre. C'était la seule sécurité pour ne plus revenir en arrière, pour trouver le lieu de la sécurité, le lieu qui était le nôtre.' (extrait). M. Pingeot parle fort bien de cette relation singulière, ambiguë parfois mais rarement aboutie quand même, qui peut exister entre un jumeau et sa soeur, relation indéniablement et mystérieusement plus forte qu'un simple rapport fraternel. Mais cet amour infécond les entraîne l'un et l'autre vers une mort lente. La morale est respectée, faire l'amour oui, faire un enfant non. Ouf !!!! Alors Hicham, mal marié, vole Mara à Manuel et l'aide à se replacer dans son histoire familiale dans une Algérie qui n'en finit plus de massacrer son peuple. Mais la vie, imprévisible toujours, continue, et Mara enfin enceinte se demande qui est ... cette dernière partie est un peu rapide, presque bâclée ... mais sans soute est ce volontaire, sans doute une suite viendra, ou pas.

On peut reprocher une multiplicité de style d'écritures qui fait un peu catalogue, tantôt romanesquement échevelé, tantôt flirtant avec une philo-psychologie un peu trop pédagogique, tantôt quasi journalistique, mais qu'importe, le fait est là, ce livre romanesque à souhait est très plaisant à lire, et demande à ce que l'auteur en écrive d'autres où un style plus épuré, plus rigoureux, plus lié laissera les critiques, toujours faciles il est vrai, sur le carreau. 

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08 février 2012

Des Plans-reliefs et des dindes

Chefs d'oeuvre méconnus ...

de vous sûrement un peu, (oui quand je me parle parfois, je me dis vous, cela instaure une distance bienvenue et salutaire entre moi et moi) même si Vauban évoque bien évidemment ce qu'il a laissé à la postérité lambda, ses forteresses entre autres et surtout, cela, quand on y réfléchit bien !  il y a une forteresse Vauban presque partout non ? enfin ... chaque région frontalière a la sienne ... voyez la cartevauban_244 à gauche des 12 forteresses de Vauban classées.

Un peu austère cette exposition aux yeux de l'aimable petite dinde que vous êtes, un peu sèche pour vous qui aimez les anecdotes, la petite histoire de la grande Histoire,un peu trop carrée, un peu trop aseptisée, un peu trop ordonnée mathématiquement, dans cet immense et splendide espace qu'est la Nef du Grand Palais où toute exposition peut s'étaler en grand, en large, en circulaire, en escalier, en fantastiquement farfelu, en hauteur vertigineuse, mais ... sans doute difficile à réaliser, difficile à financer, difficile à ..

Alors ma minuscule cervelle de gallinacée s'est égarée à visionner les visiteurs : ribambelles d'écoliers avec leur professeur enthousiasmé à défaut d'être enthousiasmant ( oui c'est gratuit de votre part cette réflexion, pour le plaisir d'un mot qui n'est même pas bon),  personnes d'un certain âge (de votre âge donc), qui s'amusent à retrouver, sur une immense carte de France reproduite au sol, leur lieu d'habitation avec une émotion difficilement contenue attendrissante dans sa joie enfantine, savoyards un peu perdus sans leur beaufort mais avec leur chaud bonnet, provinciaux chapeautés et ventripotants échappés d'un roman balzacien, rares parisiens précieux gantés au charme suranné de la madeleine,  dindes donc dodues ou pas, piétinant symboliquement une rivale sous l'oeil vif et amusé d'un comptable  amoureux (de chiffres) qui gravement indique que  nous avons l'immense bonheur de fouler une carte de France de l'Etat-Major à 1/40000 collée au sol sur 650m2. Oui, oui, cher inconnu, j'en suis fort heureuse de la fouler, refouler jusqu'à m'y défouler, cette carte initiée Par Napoléon en 1802 et achevée en 1881. 

Mais vous auriez aimé, petite volaille curieuse, un peu plus de détails sur la logistique de ces plans-reliefs, savoir comment et qui travaillait sur le terrain, qui collait la soie, qui minutieusement fabriquait ces petites maisons, qui les peignait, qui composait ces pieds de vignes, ces arbres comptabilisés, d'ailleurs qui les a comptés, qui a dirigé le travail qui et qui et qui ?  Votre charmant suiveur vous rétorque fort à propos et un peu sévèrement que là n'est pas le sujet principal de l'exposition et pourtant si, un peu, quand même. Derrière ces plans où réside la grande Histoire se cachent des centaines de petites histoires qui influent la grande forcément. Alors il vous suggère d'aller visiter le site internet, de retour chez vous où vous trouverez tous les renseignements demandés.

Vous remerciez chaleureusement votre guide qui a agrémenté votre visite et filez vous réchauffer avec un lait vanille dans un café proche du lieu, dans une gracieuse envolée (espérez vous), de dinde requinquée. 

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04 février 2012

Dévoration

 ou dévorement, rarement utilisé, plus communément cannibalisme, plus spécialisé anthropophagie.

Le sacrifice humain fut à la base de toute croyance antique, religieuse, il s'agissait d'apaiser les dieux ou de les célébrer tout simplement. Il s'agissait d'attirer la clémence des dieux, tenter de faire oublier notre humanitude. L'humanité est née coupable. Coupable de son humanité, par rapport au monde des dieux ? Coupable par la chair, par le sang, par tout ce qui est palpable, périssable, tout ce qui peut lui faire faire des erreurs, on pouvait donc sans état d'âme si j'ose dire meurtrir la chair, faire couler le sang.  L'esprit lui par opposition représentait, le bien, la raison qui rapproche l'homme d'un dieu, l'esprit est céleste et supérieur, le corps, lui est terrestre et inférieur. Pour les anciens, le sang était un fluide vivant, les dieux irrités contre la chair et le sang, ne pouvaient voir leur colère apaisée que par le sang, il y a dans le sang versé une vertu expiatoire. Il y avait des compromis, il était permis de substituer le sang des animaux.. une vie moins précieuse pouvait être acceptée pour une autre. Les premiers sacrifices humains furent d'abord des coupables condamnés par les lois, puis les ennemis jugés coupables prirent le relais, puis quand on en eut besoin, les étrangers furent aussi sacrifiés. Et quand ils venaient à manquer, on sacrifiait ses enfants, ses femmes, ses vierges. Les grecs, les romains, les gaulois pratiquaient des sacrifices humains. Au xvième siècle, les prêtres mexicains sacrifiaient jusqu'à 20000 humains par an. Les guerres les procuraient, en cas de manque, les enfants mexicains étaient sacrifiés. Le coeur était arraché vivant, et les prêtres mangeaient la chair de leurs victimes. En Inde, les vieillards étaient jetés dans le Gange, les femmes brûlées avec leur mari défunt, jusqu'en 1800 environ. 

Le cannibalisme existe depuis l'antiquité, les mythes grecs à ce sujet restent rarement expliqués, à moins que volontairement, personne n'ose trop parler de cette pratique qui révulse les êtres humains. Le cannibalisme n'est pas acceptable, jamais. Il constituait une réelle menace pour l'humanité, pour la survie même de cette humanité. Il était facile de tuer des êtres sans défense et de s'en nourrir. Il fut plus difficile de devenir chasseur et guerrier, mais c'est à ce prix que l'humanité survécut. L'humain ne pouvait faire partie de la chaîne alimentaire. Les mythes qui résultèrent des pratiques du cannibalisme furent des garde-fous.

 Dans la mythologie,Cronos, YMtitan fils d'Ouranos le ciel et de Gaia la terre, gobera ses enfants, sauf Zeus, mais il les régurgitera, premier ogre connu donc, mais non cannibale. Déméter, fille de Cronos mangera à son insu de la chair humaine servie par Tantale qui sacrifiera son fils Pélios.

 

Cronos moderne ...par le photographe Yasumasa Morimura japonais né en 1951.

 

 

 

ceci sert de préambule à l'exposition à La Maison Rouge intitulée 'Tous cannibales' ... qui date un peu, de l'année dernière, mais restée en plan .. en brouillon que j'avais oublié .. mémoire d'ide ! mais pas tout à fait, je voulais fuir la mort d'une soeur aimée en me plongeant dans une facette de notre terrifiante parfois humanité ... et à défaut d'oublier ma soeur, j'ai oublié de poster ce message, ou pas voulu, sais pas ... 

donc 45 artistes ont participé à l'exposition présentée à La Maison Rouge à Paris de Février à Mai 2011. J'ai préféré bien sûr les plus humoristiques, laissant de côté délibérément les plus scabreuses, les plus réalistes, les plus obscènes, les plus dérangeantes intellectuellement. En fait, j'ai oublié un peu les autres, comme quoi ce blog a sa raison d'être. 

Oda Jaune, peintre bulgare née en 1979 qui mêle humour, érotisme, chair, monstruosité et provoque perplexité chez les voyeurs que nous sommes.ojIMG_0479

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Melissa Ichiuji née aux US en 1968 qui fait de la tapisserie, ici une poupée qui ne déparerait pas cKissie Kissi 2008hez un Sade contemporain, en position suggestive, et qui révèle une fois qu'on approche d'elle, une multitude de larves qui l'ont dévorée de l'intérieur, ne laissant de presqu'intacte que sa gracieuse et provoquante enveloppe corporelle ...

 

 

 

 

 

 

Et Aida Makoto né en 1965 au Japon avec sa délicieuse Mimi-Chan devenue comestible en sushi ..

Une jambe, un sein, un ventre miamm ! il se moquerait ainsi de l'instrumentalisation du corps féminin, et de la voracité cannibale de l'occident en matière d'art.    Mimi-chan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

PS Petit lexique personnel à compléter un de ces jours ..... 

Mayas : peuple  vivant au sud du Mexique en Amérique du Nord, au Guatémala, Belize, petites minorités en Honduras et au Salvador. Sacrifices humains.

maya_et_azt_que

 

Aztèques : nomades du nord du Mexique, s'installent au centre de l'actuel Mexique pour se fixer ensuite dans la vallée de Mexico. Sacrifices humains importants. Notion d'antropophagie rituelle pratiquée par les élites.

 

Incas : origine Pérou, s'étend de l'équateur jusqu'au Chili. Sacrifices humains. Ont envahi une zone qui s'étend du Chili à l'équateur, en passant par le nord ouest de l'Argentine et une partie de la Bolivie. 

Inca_expansion

 Bon, je le reconnais, tout cela est bien fouillis, sans trame réelle, ni fait mais à faire et superbement incomplet. Il faut que j'y revienne. Au gré de mes rencontres, lecture, ou exposition ...

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