L CosséLaurence Cossé

Paru en 1996, ce livre m'attire davantage que le 31 du mois d'Août. Le sujet en est plus savoureux, voire loufoque. Quant à l'écriture, elle flirte avec un humour léger et bon enfant presque tout au long du livre.

Ce roman avec pour toile de fond Dieu se passe sur 8 jours.  L'affaire vient de la base religieuse, les casuistes, théologiens qui ont réponse à tout au nom de la raison et de leur foi (bonne évidemment). L'affaire en question c'est la preuve de l'existence de Dieu établie par un doux illuminé Martin Mauduit professeur de physique chimie et prêtre dans le passé, Il avait perdu - la foi, sans doute pas, il n'avait jamais eu exactement la foi, puisqu'il lui fallait la certitude-, en tout cas la claire vision de son ministère. extrait. Mauduit soumet cette preuve à un Bertrand Beaulieu, un radical, scrupuleux, un fossoyeur de la tradition qui la soumet à son tour à un autre prêtre Hervé Montgaroult capable tout au plus de seriner son cours d'ontologie cataphatique. Les deux branquignoles soutanés le soumettent à Hervé Le Dangeolet, leur provincial qui met sur place in petto et fissa (il adore ça, ces petites expressions le Dangeolet) une commission d'examen de la preuve avec 2 spécialistes, Michalet et Schmuckermann. Sur ce pour éviter la contagion, il coffre-fort la dite preuve. Les 2 experts sont contaminés à leur tour. Le Provincial avise alors la haute sphère : le Général de la compagnie des casuistes.

Les politiques vont s'en mêler, pour eux il y a risque de passer dans le domaine publique si l'affaire s'ébruite, et de là à susciter un trouble publique, il n'y a qu'un pas. Il faut 'en-di-guer-la-la-me-de-fond' (extrait). Détruire la preuve et neutraliser les branquignoles devient leur course poursuite qui les mènera, bien sûr, tous à Rome.

Laurence Cossé ne lève aucun voile sur la preuve de l'existence de Dieu, le contraire aurait été surprenant ! Elle n'argumente rien, ne prend pas parti, se contente de nous offrir un échantillon assez jubilatoire, limité à l'espèce humaine politique et religieuse. Elle met en scène une pièce où le pouvoir religieux et le pouvoir politique trouvent une entente pour écarter toute menace extérieure susceptible de rogner leur souveraineté au détriment bien sûr des moins puissants. Cela se passe en douceur, sans violence, presque sans victime, enfin une seule. Ce n'est pas très grave.( extrait) 

Le doute sur l'existence de Dieu était la seule formule viable pour l'humanité. Croyait qui voulait, ne croyait pas qui préférait. Pas plus de certitude pour l'un que pour l'autre. Un respect mutuel- mis à part les ères de certitude. La certitude, quelque soit son bord engendre le fanatisme. (extrait) 

Au fond, le doute est le seul contrepoids aux folies humaines. C'est la raison, le doute. extrait.

Alors, n'hésitons pas, doutons.