La famille Semianyki

Une mère (Olga Eliseeva) enceinte au ventre qui swingue au rythme de j'm just a gigolo, un père (Alexander Gusarov) alcoolique qu'un bâton de ski emmanché dans sa veste n'empêche pas de boire, un fils (Kasyan Ryvkin) petit-diable-en-boite au corps à ressort et à tête hirsute d'un Einstein en pleine inspiration, une sale gosse (Elena Sadkova), petite dernière, qui arrache la tête de ses poupées, une nattée (Marina Makhaeva), une robe verte (Yulia Sergeeva) gamines délurées forment donc cette joyeuse troupe de mimes déjantés et irrévérencieux. 

Cela commence d'abord lentement, quoique caustiquement quand même, puisqu'ils tentent d'asphyxier le père à la pince à linge, mais on n'est pas encore dans le bain, on ne sait trop si l'on va rire franchement ou s'ennuyer un brin, et puis ... cela se précise, les gags s'enchaînent, les mimiques réjouissantes, les provocations en tous genres aussi et c'est parti pour une bonne heure 30 où l'on rit  sans retenue, ils n'ont pas de limites ces clowns là, tournent leur violence en dérision, car il s'agit quand même pour eux de vouloir occire leur père à tout bout de champ, de se mettre de belles tannées, de se faire des farces bouffonnes pas toujours gentilles, mais la tendresse n'est jamais loin de leur rôle d'affreux, sales et méchants, car la mère tour à tour aguicheuse ou mère louve veille sur sa troupe, pas du tout ménagère-de-moins-de-50 ans la Dame car il règne aussi un fouillis indescriptible sur cette scène où tout se balance par dessus tête y compris sur les premiers rangs qui sont souvent sollicités, jusqu'au final où le désordre gagne joyeusement toute la salle ... Une musique entraînante les emmène de bout en bout sur un rythme trépidant, et ... et nous avec.

Cette troupe vient de l'Ecole de Théâtre Teatr Licedei, école de mimes fondée à Saint Petersbourg (devenue Leningrad de 1924 à 1991) en 1968 par Slava Polunine. 

Le spectacle se termine début janvier en ce qui concerne Paris, mais tournée prévue dans toute la France pour 2014.