30 décembre 2013

Le loup de Wall Street

Le loup de WS

Film de Martin Scorsese sur l'addiction : à l'argent, à l'alcool, au sexe, au pouvoir, à la drogue, alors le film parle d'argent, d'alcool, de sexe, de pouvoir et de drogue, normal quoi ! ... attention, purs intellectuels s'abstenir, c'est plutôt version télé-réalité à fort budget quand même, de très jolies filles nues aux corps de rêve, des dialogues simples, des jolies voitures, des villas somptueuses avec piscines, des scènes pornographiques.

Donc je résume :

- une ligne de coke du plus bel effet sur une croupe appétissante ou des seins ravissants

- une mise en situation de traders hystériques qui s'en mettent plein les poches au détriment de petits actionnaires fauchés et demeurés

- une scène de pornographie joyeuse mêlée à un peu de soûlographie pour fêter leur réussite

- une scène de décompensation psychotique à la limite de la caricature et longue

Le tout en boucle, très gai et complètement fou, se répète sur 3 heures, plutôt en crescendo quand même avec des petits interludes divertissants, comme un naufrage de yacht, des petits interrogatoires FBI, des petites scènes de ménage.   

 Alors, à la longue, c'est un peu lassant ou énervant, je ne sais trop, 1h30 aurait suffi. Oui, oui, il s'agit aussi de traders malhonnêtes,( notamment l'un d'eux qui a écrit un livre dont est tiré le film), mais si addicts que l'on en arrive à oublier leurs pas très jolies magouilles et c'est dommage, car ce sujet là était vraiment intéressant. 

Je me plais à imaginer le film réalisé cette fois ci par Lars Von Trier ...

Belle performance d'acteurs par ailleurs qui rendent ce film cependant assez attractif, même si c'est quand même longuet, et les fesses de Di Caprio, pas avare de les montrer, ne sont pas mal non plus. 

 

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29 décembre 2013

Auguste Perret

Image (453)

J'ai habité les maisons aux briques rouges du nord, les maisons blanches du sud, les maisons en meulière de l'ouest ou du sud ouest, les maisons en pierre volcanique de la Haute Loire, et j'ai habité dans un immeuble en béton armé, Image (452)

construit d'après les plans d'Auguste Perret, Porte Océane, au Havre.

En écoutant la chronique de Philippe Meyer sur France Culture, m'est revenu le souvenir de ces années passées au Havre, l'église St Joseph, l'avenue Foch que j'arpentais pour me rendre à l'école ou au square avec ma mère, les bassins du Havre où j'appris à nager avec mon jumeau, les petites cabanes de bois en bord de mer et le rire de ma mère. Le nom d'Auguste Perret m'était jusqu'alors inconnu, mais la petite chronique meyeriste m'a ramenée à un temps oublié; l'évocation du Havre et de son architecture si particulière due à Auguste Perret fut ma petite madeleine à moi du jour.   

Alors je me suis rendue au palais d'Iéna pour voir ce monsieur de près, Auguste Perret 1874-1954. Mon père qui travaillait à la Société Générale d'Entreprise effectuait alors je ne sais quel chantier, peut être des réservoirs sur le port; nous y sommes restés environ 3 ans de 1957 à 1960. Les 5 enfants rentraient dans la frégate, 4 derrière, la petite sur les genoux de ma mère,

Image (451)

l'église St Joseph en transparence légère derrière la voiture.

Le Havre avant-guerre 2

Le Havre d'avant-guerre disparait sous les bombes en 1944, l'hôtel de ville est dévasté. 

Ruines Hôtel de ville

10 000 immeubles détruits, 80 000 sans abri, le ministre de la reconstruction Raoul Dautry fait appel à Auguste Perret et à son équipe pour re-bâtir Le Havre sur un projet économique, rapide à construire et durable. Le Havre acquiert ainsi cette architecture un peu austèreHôtel de ville Le Havre

pas vraiment esthétique, mais au fond pas si laide globalement par son unité architecturale.

Porte Océane

La porte Océane où le vent et la mer s'ouvraient alors à nous. L'église Saint Joseph dont je ne me préoccupais pas alors et que j'aimerais diablement revoir aujourd'hui.

St Joseph côté porte océane

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Et puis Auguste Perret, ce n'est bien sûr pas que le Havre, il y a aussi le palais d'Iéna, plutôt attrayant par sa forme, où a lieu cette exposition

Auguste Perret 3

le théâtre des Champs Elysées.

Théâtre des champs Elysées

 plusieurs immeubles dans Paris, l'Eglise du Raincy, le Mobilier National ... 

Exposition qui dure jusqu'au 19 Février 2014.  

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23 décembre 2013

La famille Semianyki

La famille Semianyki

Une mère (Olga Eliseeva) enceinte au ventre qui swingue au rythme de j'm just a gigolo, un père (Alexander Gusarov) alcoolique qu'un bâton de ski emmanché dans sa veste n'empêche pas de boire, un fils (Kasyan Ryvkin) petit-diable-en-boite au corps à ressort et à tête hirsute d'un Einstein en pleine inspiration, une sale gosse (Elena Sadkova), petite dernière, qui arrache la tête de ses poupées, une nattée (Marina Makhaeva), une robe verte (Yulia Sergeeva) gamines délurées forment donc cette joyeuse troupe de mimes déjantés et irrévérencieux. 

Cela commence d'abord lentement, quoique caustiquement quand même, puisqu'ils tentent d'asphyxier le père à la pince à linge, mais on n'est pas encore dans le bain, on ne sait trop si l'on va rire franchement ou s'ennuyer un brin, et puis ... cela se précise, les gags s'enchaînent, les mimiques réjouissantes, les provocations en tous genres aussi et c'est parti pour une bonne heure 30 où l'on rit  sans retenue, ils n'ont pas de limites ces clowns là, tournent leur violence en dérision, car il s'agit quand même pour eux de vouloir occire leur père à tout bout de champ, de se mettre de belles tannées, de se faire des farces bouffonnes pas toujours gentilles, mais la tendresse n'est jamais loin de leur rôle d'affreux, sales et méchants, car la mère tour à tour aguicheuse ou mère louve veille sur sa troupe, pas du tout ménagère-de-moins-de-50 ans la Dame car il règne aussi un fouillis indescriptible sur cette scène où tout se balance par dessus tête y compris sur les premiers rangs qui sont souvent sollicités, jusqu'au final où le désordre gagne joyeusement toute la salle ... Une musique entraînante les emmène de bout en bout sur un rythme trépidant, et ... et nous avec.

Cette troupe vient de l'Ecole de Théâtre Teatr Licedei, école de mimes fondée à Saint Petersbourg (devenue Leningrad de 1924 à 1991) en 1968 par Slava Polunine. 

Le spectacle se termine début janvier en ce qui concerne Paris, mais tournée prévue dans toute la France pour 2014.

 

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22 décembre 2013

1789

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Mis en scène par Giuliano Peparini qui à 17 ans se forme à la School of American Ballet de New York, puis danse auprès de Roland Petit, intègre ensuite l'école de théâtre et Cinéma à Paris, c'est dire qu'outre un don particulier, cet homme là s'est aussi bien formé, donc mise en scène par cet artiste chorégraphe, 1789 la comédie musicale réunit danseurs, chanteurs, comédiens, musiciens.. A noter la performance d'un Olivier Mathieu, un des 2 danseurs qui accompagnent Auguste Ramard ( petit cloporte déjanté et mouchard qui prévoit aussi l'avenir) interprété par Willy Rovelli, donc  à noter un Olivier Matthieu issu de l'INSEEC de Paris comme quoi l'INSEEC peut mener à tout surtout quand on est passionné de breakdanse et de Capoeira. Le décorateur-scénographe Bernard Arnould issu lui de l'Ecole Boulle et des Beaux Arts a voulu, dit-il habiter l'espace avec des panneaux pivotant à 360°, sur lesquels on peut projeter des images, des ombres, et des lumières. Et c'est parfaitement réussi, grâce aussi au concepteur-réalisateur de lumières et créateur sonore Xavier Lauwers.

Il ne faut pas négliger non plus, les apports des autres corps de métiers : Costumier, maquilleuse, perruquier, régisseur, machinistes et j'en oublie qui font de ce spectacle une jolie réussite pour un moment de plaisir; qui a dit que l'Histoire était rébarbative ? bien sûr hâtivement survolée l'Histoire en question, mais c'est un joli point de départ cependant pour évoquer La Révolution Française à des petits gnomes.

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21 décembre 2013

Suzanne

suzanne

Encensé par la critique. Le jeu des acteurs est très bon, les ellipses narratives, en ce qui concerne les moments les plus durs à vivre, judicieux pour nos capacités lacrymales ainsi réduites à néant, le rythme du film est enlevé, surprenant (du fait des fameuses ellipses) mais ...

Oui, il y a un mais, au début, indéfini, imprécis, au final, remémoratif (et personnel) qui rend les scènes du film non filmées, les ellipses, extrêmement vivantes en moi, ce qui est aussi le but de Katell Quillévéré qui dit lors d'une interview avoir utilisé ces vides pour qu'on les remplisse. Mais comme je suis loin d'être maso, j'évite ce genre de films quand j'en connais l'intrigue, là me suis bêtement fixée sur les acteurs sans trop m'occuper de l'histoire.

Et du coup aussi, je classe ce film dans la lignée de ceux de Cayatte, Pialat, de ceux que l'on voyait avant ''Les dossiers de l'écran' émission télévisée diffusée entre 1967 et 1997 qui comprenait la projection d'un film suivie d'un débat. Et du coup, je n'aime pas trop ce genre de vouloir faire débat (sur des thèmes que l'on ne peut vraiment connaître que par expérience) où des gens pas concernés par le problème se mettent à avoir des (bonnes) idées sur le dit problème.

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19 décembre 2013

Georges Braque

Le port de L'Estaque 1906

Bien sûr, quand on pénètre dans la première salle, ce qui frappe avant tout, outre les êtres qui t'apprennent religieusement par coeur en restant des plombes devant tes tableaux sans considération pour les autres, donc ce qui frappe avant tout, c'est cette joyeuse et foisonnante couleur qui nous en met plein les mirettes, on est dedans, on se vautre sensuellement dans tes couleurs, on se roule  en imaginaire dedans, pinceaux vivants, à la manière des jolis modèles de Klein. C'est écrit pour ceux qui savent lire, c'est ta période de grand fauve OK , mais, tu restes raisonnable, Georges, tu ne fauvérises presque que des paysages, tu n'es pas un copiste de Matisse, tu t'en inspires, nuance ! tu parles de cette période comme d'un plaisir (toi tu dis peinture, moi je dis plaisir, car pour les peintres peinture c'est plaisir avant tout non ?), plaisir donc physique impérieux et nécessaireGrand Nu 1907-1908 Braque qui convenait à tes 23 ans mais qui ne pouvait durer, trop réducteur sans doute de l'idée que tu as de l'Art, trop réducteur pour ton imagination créatrice. Tu as une autre révélation avec les Demoiselles d'Avignon de Picasso, ce qui t'amène à faire le Grand nu en 1907-1908.

 Et puis tous deux, Picasso et toi Arbres à l'Estaque 1908

 vous vous lancez dans le cubisme, nouveaux aventuriers de l'art, car l'un comme l'autre, vous aimez expérimenter, chercher, trouver ...C'est fou

L'homme à la guitare 1912comme idée, mais c'est nouveau donc décrié, puis au final cela plaira, cela sera même copié par d'autres, puis détourné et dépassé comme tout mouvement en peinture.Le violon 1911 détail

C'est ludique, décoratif et ingénieux, surtout quand tu rajoutes des fins traits noirs et des touches d'opaline, là c'est carrément génial  ces touches qui rendent ta composition moins austère, on nomme ce cubisme analytique où le motif disparait. En 1911, vous introduisez des lettres, puis desLa guitare, papier collé 1912La Mandoline 1914Compotier et cartes 1913

morceaux de journaux, des papiers collés, votre fusion avec Picasso va durer jusqu'à la guerre, vous signez l'un pour l'autre, vous vous amusez à vous confondre, c'est esthéthique, innovant, c'est beau, mais cela ne m'émeut pas. Puis la guerre arrive, et tu es blessé, trépané et forcémentLa Musicienne 1917-1918

meurtri, en 1917 tu passes à ce que l'on nomme cubisme synthétique avec La Musicienne, trop anguleux pour moi, trop mathématique, trop froid;  rapidement tu remets un peu d'humanité dans tes toiles où abstraction et figuration se mêlent, tu rejoues avec les couleurs et les formes, c'est ta série des guéridonsLe guéridon rouge 1939-1952billards, natures mortes1920 Le buffet

Nature morte à la clarinette 1927

          où violons se mêlent aux fruits et autres objets, tu diras que tu tripotes, que tu travailles avec de la matière et non pas avec des idées, on retrouvera ce joyeux fouillis où pourtant chaque objet joue un rôle pour toi, non par leur fonction usuelle mais par le lien qui les unit, dans la série des Ateliersatelier VIII 1955 (2)tu en peindras  8 entre 1949 et 1956, tu laisses à nouveau de la place pour les regardeurs que nous sommes, tu nous permets de pénétrer à nouveau dans ta peinture où tu broies tes couleurs, tu ajoutes du sable, de l'huile, tu joues avec la matière; le plaisir revient pour moi. Tu finis en beauté, Georges, même si cette finitude te met du bleu à l'âme, même si la guerre te fait ressurgir un passé qui te hante, tu peins des vanités en 1939Vanitas 1939

 que tu surcharges de sable, de sciure de bois, ou de limaille de fer et ça, tes peintures de ces moments là, j'adore, tu vibres, tu sors de ta réserve, tu es humain Georges, j'exulte.

La Chaise 1947

J'adore ta chaise qui date de 1947 petit moment de bonheur pour toi, petit bonheur pour moi. Tu te défoules aussi avec les Oiseaux, fort décoratifs, heu ya du Matisse en eux, si cela t'a fait plaisir, Georges pourquoi pas, mais je préfère et de loin  La Sarcleuse

La Sarcleuse 1961-1963

ou le Brabant et tes derniers paysages qui sont pour moi la fin d'un cycle, épais, un peu pâteux, un peu trop, tes derniers paysages j'aime aussi, c'est la fin de ta vie (1963) dont  on connaît peu de choses, tu aimais les belles maisons, les belles voitures, la musique, la poésie, le silence et la peinture. Tu avais l'amitié fidèle, l'amour aussi avec ton épouse qui partageait ta passion pour la musique. Le chant de colza 1956-1957Ta peinture nécessite que l'on y consacre du temps, plus qu'un autre; tu as assuré une certaine continuité de style sans trop en donner les clés. C'est à nous de les trouver, pas les tiennes d'ailleurs mais les nôtres celles qui nous permettent d'entrer dans ta peinture. Et cela exige de ma part un peu d'effort à fournir ! L'exposition du grand palais est riche, un peu trop même, alors revenir un jour dans tes toiles peut être.

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18 décembre 2013

Les Bonnes intentions Agnès Desarthe

Image (450)

Ce qui me passionne dans ce livre c'est  la narratrice qui se nomme Sonia. C'est un petit OVNI, cette femme là, étrangère au monde où elle vit, pas dans le moule, mais s'efforçant de faire comme si. Alors elle se donne l'air 'Hommes et femmes confondus croisent un genou sur l'autre. C'est mauvais pour le dos, mais c'est bon pour l'ego. Elle pratique l'humour assez bien 'Noël, moi, je m'en fiche, bien que se ficher de Noël requière un effort de concentration ininterrompu sur plus d'un mois de temps.'Elle a peur de tout, de la police, des dames âgées, du bruit, des cafards du voisin,  elle oscille entre une mésestime d'elle où elle se retranche de la vie et une vindicative assurance qu'elle prend alors pour de l'héroïsme qui la pousse à se fourrer dans de sacrés pétrins. Elle a des idées idiotes qui lui traversent l'esprit comme voir en sa concierge Simone la réincarnation d'un chien mort recemment. Elle a appris très tôt à considérer la réalité sous un angle différent. Ce qui est curieux et frustrant c'est qu'elle rejoint la norme dans la culpabilité. Et on en arrive au principal thème du livre qui est l'inertie que nous pratiquons tous devant les nombreuses injustices de la vie : le racisme, la solitude des vieux, l'arrachement d'un marronnier centenaire qui fait trop d'ombre, les atrocités du monde etc .. inertie qui engendre la culpabilité, ' je ne suis bonne qu'à constater 'Je reste à la lisière'. Alors elle se lamente Pourquoi faut il que la misère existe' elle se trouve mesquine vis a vis de son vieux voisin qu'elle aide avec parcimonie, du bout du coeur. Ce problème de culpabilité est bien abordé je trouve, il aurait pu être plus travaillé, plus approfondi, plus subversif, mais Agnès Desarthe choisit une fin qui ne prouve pas grand chose, même si le titre veut nous en donner une idée, ce n'est tout simplement pas approprié à l'histoire et cela déçoit un peu, il y a un souci de moralisation inutile qui nuit. 

Dommage !

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15 décembre 2013

3 comédies sinon rien

Je fais le mort

Mon premier est film de Jean-Paul Salomé. Si vous aimez les paysages de montagne, il y en a pleins filmés entre ombre et lumière, si vous aimez la neige, il y en a Mégève-oblige, si vous aimez les polars style année 70 c'en est un, pas d'hémoglobine, pas d'enquête à l'américaine, du policier bien français façon téléfilm Maigret ou Simenon, un peu désuet, un peu souvenir, ce qui en fait tout le charme; de toutes façons, l'enquête est close, on en est à la reconstitution des crimes : 2 et demi ... Une petite juge adorable mais pète-sec donne la réplique à un  acteur raté fort savoureux; toute une flopée de petits personnages plus croquignolets les uns que les autres à commencer par le meurtrier contribuent aussi à faire de ce film un bon moment à passer.

casse-tete chinois

Mon deuxième, film de Cédric Klapisch est le 3ème pan de vie de  Xavier qui est à la génération de ceux qui abordent les 40 ans, l'Antoine de Truffaut, l'humour en plus. Xavier homme-enfant a vieilli, un peu, les femmes de sa vie lui ont fait des enfants, et lui même est devenu aussi père par FIV pour son amie lesbienne. New York sert de décor. Le mot-clé de ce film est la tendresse (des amours qui évoluent) teintée de la  mélancolie qui pointe à ces 40 ans qui vous font basculer dans la maturité sans que l'on s'en aperçoive vraiment. Idéaliste et cliché ?  Je n'en suis pas si sûre, cette génération est celle de Duris et beaucoup peuvent s'y reconnaître, déjà nostalgiques de leur jeunesse, n'ayant pas tout réussi, mais pas tout raté non plus. La vie quoi.

100% cachemire 2

Mon troisième est film de Valérie Lemercier, si vous n'appréciez pas son humour, évitez le déplacement; moi je suis fan de cet humour qui oscille toujours entre la bourgeoise coincée et la grossière qui se lâche non sans une réelle distinction; le thème du film est délicat, il relance le débat de l'amour maternel, acquis ou inné ou de façon plus simple 'Une mère a t'elle le droit de ne pas aimer son enfant'  La maternité est une institution qui a son rôle dans une société qui sait reconnaître les 'mauvaises mères' mais qui ne  sait pas les prévenir, peut on le faire d'ailleurs et comment ? la question reste posée y compris pour Valérie Lemercier qui n'a d'ailleurs aucune prétention d'y répondre mais qui se contente de mettre en exergue cette incompatibilité mère-enfant à sa manière, grinçante, inconcevable même pour certains et par là même comique. Les journaux regorgent de fins malheureuses, alors réjouissons nous de l'Happy End du film, la réalité est souvent plus dure, et tant pis pour les critiques ... faciles.       

Et mon tout est le plaisir reçu.     

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13 décembre 2013

Félix Vallotton

Scène de rue 1895-97

Au final pas si facile que cela à appréhender, ce Félix là. on le nommait Le Nabi étranger... cela lui va bien ce sobriquet d'étranger, car il est toujours un peu à côté de l'image qu'il veut donner ou qu'on veut lui donner : il a ses maîtres mais il les détourne toujours, il est suisse mais réside en France, il est misogyne mais aime pourtant peindre les femmes, il ne veut pas s'encombrer d'enfants mais se marie avec une veuve chargée de famille. Il s'accroche à sa petite bourgeoisie mais la caricature allègrement, il a le coeur côté anarchiste un moment mais se marie bourgeoisement : un côté oui, un côté non, toujours chez Félix Vallotton. Il a un côté intime-Félix, un côté publique-Vallotton.  Vallotton aime les lignes pures, les formes aplaties, les aplats, les couleurs monochromes, Félix aime les courbes sensuelles des femmes, les corps dénudés, les petits symboles glissés malicieusement dans ses toiles. Vallotton déteste les femmes en cheveux et adore les chignons, le nu oui, la femme en cheveux non, Il déteste le laisser aller, manifeste de la discipline, de la rigueur et surtout ne se laisse pas dominer par ses affects, sauf en ce qui concerne son rapport aux femmes, à la sienne en particulier ! Alors là, il se lâche le sieur Félix Vallotton, fait du pompiérisme, mais à sa manière pleine d'humour, ainsi dans l'énlèvement, Europe s'accroche à son Zeus en lui mettant son bras devant les yeux, genre je m'accroche, emmène moi où je veux ! L'enlèvement d'Europe 1908

 manière très caricaturale jusqu'au rirepersée tuant le dragon 1910

qu'il provoque chez nous , Persée se donne du mal à tuer son caïman-dragon sous les yeux agacés d'une Andromède jamais contente, mais bien coiffée et l'on peut y voir aussi une certaine auto-dérision, Valloton se moque de lui, des hommes en général, Adam est un sot imbu de lui même quand Eve est une mégère La Haine Vallotton 1910 détail excellent copiste il aurait pu peindre si il l'avait voulu à la manière d'un Gérôme, sans nul doute mais il préfère peindre à la manière  loufoque  et provocante d'un Vallotton au meilleur de sa forme dans la caricature et dans la critique sociale.  Et puis surtout c'est un dessinateur le Félix, un bonfeu d'artificeparesse

 le dessin sera souvent alimentaire chez Vallotton qui avant son mariage est carrément fauché, il vit avec une petite Hélène Châtenay, il la peint en 1997, sur un fauteuil rouge, couleur primaireFemme nue assise dans un fauteuil rouge 1897

 couleur du sang, de la passion, mais elle dort sur le côté gauche invisible, celui du coeur, image de conflit entre le rouge et le vert couleur complémentaire qui traduit peut être et c'est encore là mon interprétation le futur conflit amoureux qui s'annonce chez Vallotton, il a fait déjà connaissance de sa future épouse Gabrielle, Hélène dort encore heureuse mais déjà abandonnée, Hélène simple ouvrière ne résiste pas à Gabrielle née Bernheim, famille de marchands de tableaux, et Vallotton choisit le confortable mariage.Gabrielle Vallotton

Gabrielle est une veuve sûre d'elle, assise sur sa vénérabilité et si ce mot n'existe pas vraiment, elle l'invente Gabrielle ! L'amitié de 20 ans avec Charles Maurin, peintre vellave graveur également n'y résistera pas. Mais quand Hélène sera accidentée, Félix renouera avec elle et la soutiendra les 3 années avant sa mort. Plus fidèle et sentimental que l'on ne croit donc le Félix. Un marché de dupes, ce mariage ? pas vraiment, Vallotton se consacrera davantage à la peinture et à l'écriture (journal, romans, critiques d'art), Valloton travaillera enfin sans souci d'argent à ce qu'il veut laisser à la postérité : son oeuvre.    

On peut se poser la question, c'est quand qu'il est lui, vraiment ? et bien c'est précisément en cette ambivalence  permanente qu'il est lui , Homme de fin de siècle où la société change radicalement où les femmes commencent à prendre leur indépendance, où l'art commence lui aussi à s'émanciper de tout académisme; 3ème République entre 2 guerres cette époque est bouleversée par l'industrialisation, les mouvements sociaux; un monde en formidable révolution technique et sociale, un monde où Vallotton cherchera toujours sa place, jamais vraiment là où l'attend, plus timoré que son ami Charles Maurin, plus engagé qu'un Bonnard, plus ou moins, trop ou pas assez, ce n'est pas un révolutionnaire Félix,  en rien....  ' le train qu'on m'oblige à mener est au dessus de mes forces et de plus me répugne. C'est là ma peine, vivre sans cesse à l'envers de mes goûts, j'aime la simplicité, on m'impose une espèce d'ostentation bête à pleurer ... à quoi bon se leurrer ? il faudra rentrer demain dans la piste de cirque où je fais depuis tant d'année le chien savant !' Alors Félix Vallotton peindra ce qu'il ne peut pas exprimer autrement, sa lassitude pour sa vie conjugale, son mépris pour certains de ses contemporains, sa haine de la guerreVerdun 1917 mais il célébrera aussi la beauté provocante et parfois suspecte des femmesLa Chambre rouge

La Blanche et la Noire 1913 les aventures extra-conjugales réelles ou fantasmées et bien d'autres choses encore à découvrir une autre fois, l'exposition au grand palais n'étant pas assez exhaustive. C'est un grand bavard dans ses peintures, Félix.

Je reviens sur un tableau qui date de 1892, présenté au salon de 1893, tableau qui sera décrié et moqué par l'ensemble de la Critique de l'époque.  

Charles Maurin (1856-1914) peintre vellave et ami l'invite à sortir des peintures de salon, car 'ce n'est plus un jeu, amusements ou plaisir, ce sont préméditations, calculs'  lettre de 1886... Il l'écoutera et au salon de 1893 Bain un soir d'été surprend

Bain un soir d'été 1892

 il y a des influences des nabis, de Seurat, de Holder, mais Vallotton déjà se passionne pour les nus féminins, s'amuse avec le blanc (plus c'est jeune plus c'est blanc, la plus âgée est gris-vert), un petit clin d'oeil au miroir trompeurdétail reflet inversé

détail 4

Détail la valse 1893

 l'une est une échappée de La Valse qui se vautre dans la fontaine de Jouvence avec joie, l'autre parle à son chien, l'une sort d'un tableau de RenoirBain un soir d'été 1892 Vallotton détail 2

quelques unes sont proches des futures gravures en noir et blanc à la limite de la caricaturedétail7 Ce tableau, je trouve en dit long sur la peinture future de Félix Vallotton : il peindra à tire-larigot des nus, il se moque de la perspective, il dessinera toujours avec excellence mais ne détestera pas les formes aplaties, il utilisera souvent les couleurs primaires qu'il confrontera toujours aux complémentaires, il mettra toujours une touche d'humour ou d'ironie dans ses toiles. Ce tableau est un petit condensé d'une grande partie de sa peinture à venir.       

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09 décembre 2013

Zulu

Zulu

Film français de Jérome Salle (inspiré d'un roman de Caryl Ferey) qui n'est pas un film politique, mais un policier qui certes se passe en Afrique du Sud, qui certes évoque les atrocités de l'Apartheid, qui certes toujours traite de la violence sous toutes ses formes, drogues, assassinats, viols, pauvreté, racisme, bidonvilles etc ... mais qui reste un thriller avec une intrigue policière, un service policier où blancs et noirs travaillent ensemble, chacun avec son lot de problèmes personnels. La violence est omniprésente dans ce film, mais assez révélatrice au fond de la réalité dans tous les pays instables, non ?  Le thème du film est selon, soit le pardon, soit la vengeance encore que côté pardon, tout est relatif, car celui qui pardonne, tue aussi à tire-larigot plusieurs individus qui s'en prennent salement à son épouse, après, il peut pardonner plus aisément ... tuer pour se défendre est nécessaire, tuer pour se venger quand il n'y plus de danger devient criminel mais reste terriblement humain surtout quand l'individu est abject. Vengeance ou pardon ? il n'y a pas de réponse donnée, peut il vraiment y en avoir une d'ailleurs quand l'atrocité domine.  

 

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