Philippe Besson

Inspiré d'un tableau de Hopper 'Nighthawks' Noctambules peint en 1942.

Hopper a acheté un terrain à Cap Code en 1933 et y construit une maison atelier à South Truro où lui et sa femme Jo passeront les étés.

Philippe Besson reprend les personnages du tableau et raconte un moment de leur vie. Il s'agit d'un huit clos entre 4 personnages, l'un fantomatique qui ne sera jamais présent. Une femme Louise Cooper qui écrit des pièces de théâtre (souvent chez Philippe Besson une Louise écrivain, non ?). Ben le serveur, entre eux, une affection distanciée les lie ou une habitude de 10 ans ou encore une sorte de fraternité. Et puis un homme, Stéphen, forcément, celui du tableau, un revenant, premier amour de Louise mais qui préféra un confortable mariage aujourd'hui terminé, dans l'ombre, l'amant actuel de Louise marié qui ne viendra pas ce soir, ni les autres soirs d'ailleurs ... Alors face à face entre les 2 ex-amoureux, ce qu'ils se disent, ce qu'ils taisent, ce qu'ils souhaitent, ce qu'ils espèrent ...

Peu de surprises dans ce livre par ailleurs fort bien écrit, chacun raconte sa vie qu'on voit défiler devant nous. Calme, lente et attendue l'intrigue dés le début, comme Louise qui avait annoncé à Stéphen son futur échec en faisant un mariage de raison, on connaît d'emblée la fin possible du livre. Il n'y a pas d'intrigue d'ailleurs, juste un couple, elle vêtue de rouge, lui oiseau de nuit en costume sombre, qui se retrouvent devant leur témoin Ben, chez Phillies, un café situé à Cape Cod, un soir de Septembre encore clair, une belle arrière saison.  Un peu ennuyeux ce livre comme une belle journée de septembre lumineuse et oisive où l'on ne fait pas grand chose si ce n'est précisément savourer cet ennui qui repose et vous laisse à demi somnolent.