jardin

Quoi de plus traditionnel que de parler de jardin en cette première journée printanière. Me revient un 'mon petit Jardin' amicalement prononcé à un petit cuisinier affable, au temps où j'étais jeune et belle, au temps amusant où suite à la demande sans appel d'un loustic chéfaillon comme savaient en produire une grande société américaine, donc suite à l'ordre de ce ouistiti ambitieux et sans âme, je fus promue au charmant titre de préleveuse d'aliments en vue d'examens bactériologiques, alors je prélevais à tout va, tous les petits étalages de crudités où l'infâme escherichia coli prolifère avidement, toutes les nombreuses pâtisseries avec un faible pour la crème pâtissière où sommeille le si poétique et meurtrier staphylocoque doré, à moins que la perfide salmonelle n'ait trouvé logis au sein d'une innocente macédoine...  et puis quelle joie démesurée de sortir de terribles graphiques  qui faisaient verdir 'mon petit Jardin' et toute sa marmitaille qui se voyaient alors infliger par l'aimable chéfaillon ouistiti, médecin chef de la dite société américaine, d'innombrables et sentencieux rappels des règles strictes d'Hygiène Alimentaire, voire un stage à se farcir pour l'ensemble des petits cuisiniers en mal d'hygiène.

Bon, je m'égare, le Printemps m'a fait me souvenir de ce petit Jardin à l'humour plaisant et fataliste, mais je veux évoquer un autre Jardin, Alexandre, celui là, et son besoin avide de fouiller profondément son potager familial ( à l'aide d'une pelleteuse implacable) où fleurissent toutes les turpitudes familiales, de les sarcler vigoureusement pour en détruire les péchés anciens, et d'alléger ainsi le terreau familial de tous les mensonges, de l'enrichir ainsi de compost formé de tous les détritus des actes vils et de pouvoir renaître à nouveau, fier, d'être un Jardin assumant les erreurs familiales, reconnaissant enfin l'appartenance à cette famille d'huluberlus plus ou moins sympathiques et aspirer ainsi à l'authenticité.  Je veux parler du livre Joyeux Noël  Alexandre Jardin en finit peut être avec l'histoire de sa prodigieuse et amorale famille, avec l'histoire de sa vie d'avant.

J'aime bien ce petit Jardin, si narcissique, si extraordinaire, si suffisant, si sûr de lui, enfin s'attachant à le paraître. Une belle journée de printemps, prometteuse et pourtant déjà mensongère ...

Demain, il pleuvra.