31 mars 2014

Le soleil à mes pieds Delphine Bertholon

Bertholon

Livre de Delphine Bertholon

Deux soeurs, la Petite qui est grande et maigre, et la Grande qui est minuscule et dodue. Abîmées l'une et l'autre par un fait divers horrible dont on se remet difficilement ou pas du tout. La Grande minuscule tyrannise la Petite grande.  La Grande est nymphomane, la Petite préfère gober 3 somnifères à la fois.. Au final, l'une est plus solide que l'autre malgré les apparences. Ce livre traite de la résilience, une résilience où l'une doit être sacrifiée où l'une doit tuer l'autre pour exister alors l'une sera sauvée, l'autre pas. Il y a un réel suspens chez D. Bertholon, un ton résolument dénué d'empathie pour les personnages, à la manière plus simplifiée et en moins élaborée de Laura Kasischke. 

Écriture imagée pas désagréable, poétique comme ' Dehors le ciel se plisse de bleu telle une jupe d'écolière'. ou résolument contemporaine  'le ciel dégringole avec un air cubique le long de ses parois', ou à la manière d'un VerlaineContre les vitres minces et sur le zinc des toits, l'eau joue une musique grise, par saccades' bon un peu moins bien quand même, mais il y a une recherche plaisante, ou bien encore osée comme Le silence retombe comme une guillotine, il fallait l'écrire ! Importante l'écriture pour Delphine Bertholon .

Petit livre sympathique à lire et distrayant sur une résilience assez déconcertante toutefois ' Il aura fallu deux vies pour me rendre la mienne.' Un peu radicale la résilience !

Posté par maison43 à 19:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


27 mars 2014

Le dernier Resnais

Resnais

Aimer, boire et chanter est le legs que nous fait Alain Resnais en compagnie des siens acteurs comme Sabine Azéma et André Dussollier. Tel un Hopper saluant la dernière scène de sa vie, avec un minimalisme bien travaillé, des toiles-rideaux de théâtre comme décor, et la vie en petites saynètes. L'amour et la mort sont les grands thèmes, une bonne vision de ce qu'est la vie au fond ! L'amour sous toutes ses formes, conjugal, extra conjugal, paternel, maternel et l'amitié autre forme de l'amour. Le mort à venir c'est Georges qui a un rapport privilégié avec chaque femme du film, ex mari de l'une, ex petit ami de l'autre et jouant à l'amour avec la troisième, petits quiproquos entre 3 couples un peu en crise, l'ultime plaisir de Georges est de les réconcilier sur sa tombe.

Ce n'est pas un des meilleurs Resnais quant à l'intrigue qui est tirée d'un texte d'Alan Ayckbourn, mais c'est une belle idée d'avoir mêler, dessins de Blutch, plans fixes sur paysages et petites scènes de théâtre, le tout en leitmotiv faisant du film une sorte de roman-photos un peu désuet, nostalgique et plein de charme.

Alain Resnais s'est déguisé en charmante taupe pour l'occasion. 

Posté par maison43 à 18:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 mars 2014

Lettre à Gustave Doré

Monsieur

IMG_1149

Comme beaucoup de mes congénères j'ai eu maintes fois l'occasion de trembler sous vos illustrations assez effrayantes qui ornaient les non moins terrorisants contes de Perrault qui ont baigné mon enfance, c'est d'autant plus caustique qu'à l'époque nos lectures étaient fortement censurées; Bien entendu, votre nom ne m'évoquait alors rien, ce n'est que bien plus tard, que j'ai associé votre nom à vos dessins définitivement inoubliables.IMG_1148

Et puis la vie me fit oublier votre nom, d'autres lectures m'attendaient. Bien plus tard encore, j'avoue humblement, Gustave, que je vous confondis souvent avec deux de vos semblables fort célèbres, le Courbet 1819-1877 dont l'audacieux L'origine du monde et l'inquiétant autoportrait dit le désespéré ne justifient pas cette confusion je l'avoue,  et le Moreau 1826-1898 plus mystique et symbolique que vous que l'on peut visionner sur ce blog. J'ai vécu fort bien sans vous, jusqu'à ce que le musée d'Orsay ne nous propose une exposition de vos oeuvres, alors par curiosité, j'ai tenu à vous rencontrer et je n'ai pas été déçue.

Au cours de cette visite dense et peuplée m'ont frappé cette petite scène de garrotGustave Doré

 toujours votre désir de faire peur, ce goût pour le macabre, ah le visage du supplicié est fortement bien rendu juste avant ....Votre Parque, ombre menaçante vaut également le détour, oh ce visage à l'austérité implacableLa Parque et l'Amour détail

et l'amour qui l'ignore ce fat !La Parque et l'Amour

et puis les gracieux petits bouts de personnages gelés ne déparent pas dans le 9ème cercle de L'enfer de DanteEnfer de Dante G Doré détail

avec un Ugolin en grande forme qui dévore le cerveau de l'archevêque RuggiériDante et Virgile dans le neuvième cercle de l'enfer

 sous les yeux indifférents de Dante et de Virgile.Dante et Virgile

Dore

Dans vos immenses tableaux assez académiques fourmillent des personnages grimaçants, terrifiés .... Vous avez toujours eu peur Gustave, des autres que vous vouliez surpasser, de vous même que vous ne pouviez dépasser. Vous êtes ambigu, cher Gustave, d'un côté votre appartenance à un milieu bourgeois vous attache fortement quand de l'autre côté, bon acrobate et violoniste vous adorez jouer les saltimbanques; d'un côté romantique symbolique vous adorez le plus cruel réalisme, talentueux dessinateur reconnu par tous, vous voulez briller dans la peinture; enfin d'un humour féroce jusqu'à la caricature vous pouvez vous plonger dans la mélancolie la plus noire. 

Un point où vous me surprenez également sont vos paysages croquignolesques, oui pardonnez moi le mot, ces tableaux laborieux m'évoquent les peintres du dimanche qui veulent en faire trop, trop de couleurs, trop de courbes, trop de volutes, trop de nature en furie ou dépérissant et puis cette bizarre ligne horizontale lumineuse et artificielleSouvenir de Loch Lamond

 oui vos paysages sont un rien affectés, factices, faits de petites touches picturales intéressantes isolées mais qui réunies donnent un ensemble disparate et amateur appliqué. Pierrot grimaçant

Et puis des petits trésors qui montrent un talent plus rare, moins commun un Pierrot grimaçant, des chouettesLes Chouettes détail G Doré

Balzac, Byron, Cervantès, Dante, Hugo, La Fontaine, Perrault, Poe, Rabelais, Comtesse de Ségur, Shakespeare ont bénéficié de votre talent, vos sculptures, et oui même votre peinture ont contribué à faire de vous le Doré (1832-1883) l'un des trois Gustave que je ne confondrai plus.

  Au musée d'Orsay jusqu'au 11 Mai 2014, les enfants seront intéressés. 

 

 

Posté par maison43 à 19:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 mars 2014

Vincent Van Gogh, Antonin Artaud à Orsay

Panier de pommes 1887

Van Gogh 1853-1890 a t'il vraiment besoin d'un défenseur, aujourd'hui ? Lorsque l'on regarde ses toiles, pense t'on à ses crises d'angoisse, ses débordements qui lui valurent quelques internements, volontaires le plus souvent ? Je n'en suis pas sûre. L'éclatante et vibrante peinture, les couleurs de Vincent, vous accrochent le regard et le captent, elles se suffisent à elles mêmes. Cohérentes, elles accompagnent avec une harmonie somme toute régulière la vie d'un peintre à l'humeur très irrégulière.sept 1889 Van Gogh

Ses autoportraits dont je ne mets que les détails, 43 au total ne nous expliquent rien, si ce n'est sa gravité lucide sur son personnage, son besoin de se peindre pour  se prouver qu'il existe, lui qui a des temps morts lors de ses crises, alors se regarder dans ses peintures le rassure sans doute, vérifier et garder en mémoire, lorsque le cerveau ne commande plus, que lui Vincent existe par, dans et pour sa peinture.1887 Van Gogh

1887-1888 Van GoghArtaud  1896-1948 est un tourmenté précoce, né, pourrait on dire, et peu importent les causes qui nous resteront dans l'ensemble inconnues.autoportrait

A l'âge de 18 ans, en 1915 ses premiers troubles psychiatriques le font hospitaliser, ses premiers dessins datent de cette époque, et l'écriture lui deviendra aussi indispensable que l'oxygène.  Contrairement à Van Gogh qui connut certains moments d'apaisement, Artaud mis sous laudanum en deviendra dépendant, ce qui fera de sa vie une cure de désintoxication permanente toujours commencée, jamais réussie. Un médecin pourtant l'aidera à s'échapper un peu en l'aidant à cultiver des dons artistiques réels, et il commencera une carrière de touche-à-tout dans le théâtre, puis il découvrira le surréalisme dont il se séparera. Il sera acteur, créera 4 spectacles, mais son phrasé, ses prestations ne plairont pas. Il continuera à écrire des poèmes, des articles dans des revues littéraires et il laisse une oeuvre assez hermétique, réservée à des initiés. Il sera bouleversé par une exposition Van Gogh en qui il se reconnaîtra et écrira 'Van Gogh, le suicidé de la société' un plaidoyer envers ceux qui pensent autrement, ceux qui sont différents comment peuvent l'être des esprits créatifs et talentueux mais hors des cadres fixés par notre Société.  La peinture de Van Gogh reste malgré tout aboutie, maitrisée, toujours dans une cohérente et constante évolution.Les Tounesols 1887

Vincent Van Gogh est un grand peintre et il n'a plus rien à prouver.  Artaud  restera un homme souffrant dont la maladie a bridé les talents, preuve cet excellent dessin, cet autoportrait qui signale que certains moments lui furent doux, que parfois aussi il fut libéré de ses angoisses, du moins en partie !Artaud

 mais dommage que la maladie ait été excessivement plus marquée chez Antonin et le traitement plus lourd donc plus nocif, ce fut un handicap à toute carrière chez lui. On évoque chez Vincent les hachures nerveuses, les couleurs terreuses de certains tableaux, comme signes d'un esprit malade, c'est une de ses marques, ces hachures, un signe de re-connaissancechamps de ble près d'AUVERS 1890

 Notre regard sur ces troubles du comportement a changé, nous sommes plus tolérants. La pharmacologie permet à beaucoup d'êtres hors normes de vivre tout à fait normalement. Cependant jumeler Vincent Van Gogh à la présence inquiétante d'Antonin Artaud est incontestablement une bonne idée marketing  preuve en est la foule qui s'y rend. L'accès aux toiles de Vincent est un pénible périple, Dieu merci, Vincent, tes toiles se voient même de loin !!!La nuit étoilée 1888

Antonin Artaud quand même attire moins, plus dérangeant, plus dérangé ou moins connu, on peut arpenter tranquillement ses dessins.détail Artaud

Et finalement, aujourd'hui, ce n'est pas Artaud qui vient au secours de Van Gogh mais le contraire. C'est Vincent qui nous permet ainsi d'accéder à l'artiste Antonin et de tenter de le comprendre, d'aller sur ses étranges rives; dure vie que celle de ce multitâche, poète, acteur incantatoire, pamphlétaire ou jeteur de sorts, dessinateur et malade souvent ce qui l'obligea très tôt à de lourds traitements, dont le plus doux fut peut être le laudanum qui le rendit dépendant, et le plus terrible, les électrochocs.

Les Souliers 1886 Van Gogh

Van Gogh perdure brillamment aujourd'hui, Artaud un peu moins, et c'est par Vincent aujourd'hui qu'il retrouve vie.     

.   

Posté par maison43 à 17:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

20 mars 2014

Jardin Joyeux Noel

jardin

Quoi de plus traditionnel que de parler de jardin en cette première journée printanière. Me revient un 'mon petit Jardin' amicalement prononcé à un petit cuisinier affable, au temps où j'étais jeune et belle, au temps amusant où suite à la demande sans appel d'un loustic chéfaillon comme savaient en produire une grande société américaine, donc suite à l'ordre de ce ouistiti ambitieux et sans âme, je fus promue au charmant titre de préleveuse d'aliments en vue d'examens bactériologiques, alors je prélevais à tout va, tous les petits étalages de crudités où l'infâme escherichia coli prolifère avidement, toutes les nombreuses pâtisseries avec un faible pour la crème pâtissière où sommeille le si poétique et meurtrier staphylocoque doré, à moins que la perfide salmonelle n'ait trouvé logis au sein d'une innocente macédoine...  et puis quelle joie démesurée de sortir de terribles graphiques  qui faisaient verdir 'mon petit Jardin' et toute sa marmitaille qui se voyaient alors infliger par l'aimable chéfaillon ouistiti, médecin chef de la dite société américaine, d'innombrables et sentencieux rappels des règles strictes d'Hygiène Alimentaire, voire un stage à se farcir pour l'ensemble des petits cuisiniers en mal d'hygiène.

Bon, je m'égare, le Printemps m'a fait me souvenir de ce petit Jardin à l'humour plaisant et fataliste, mais je veux évoquer un autre Jardin, Alexandre, celui là, et son besoin avide de fouiller profondément son potager familial ( à l'aide d'une pelleteuse implacable) où fleurissent toutes les turpitudes familiales, de les sarcler vigoureusement pour en détruire les péchés anciens, et d'alléger ainsi le terreau familial de tous les mensonges, de l'enrichir ainsi de compost formé de tous les détritus des actes vils et de pouvoir renaître à nouveau, fier, d'être un Jardin assumant les erreurs familiales, reconnaissant enfin l'appartenance à cette famille d'huluberlus plus ou moins sympathiques et aspirer ainsi à l'authenticité.  Je veux parler du livre Joyeux Noël  Alexandre Jardin en finit peut être avec l'histoire de sa prodigieuse et amorale famille, avec l'histoire de sa vie d'avant.

J'aime bien ce petit Jardin, si narcissique, si extraordinaire, si suffisant, si sûr de lui, enfin s'attachant à le paraître. Une belle journée de printemps, prometteuse et pourtant déjà mensongère ...

Demain, il pleuvra. 

Posté par maison43 à 15:35 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :


19 mars 2014

La Fraga - Danielle Sallenave

La Fraga

Toujours sur les traces de Dame Sallenave, dont j'aime la voix professorale et sage sur les ondes qui donne là un livre romanesque avec une envolée féministe assez marquée. Son héroïne Mary Gordon  suivra une destinée, rare en fin XIX siècle pour une américaine, pauvre perceptrice exilée à Venise pourvue d'une acquise candeur puritaine; sa sensualité provoquera en elle une joie honteuse, sensualité très ouverte pour l'époque puisque homme ou femme la provoqueront tout au long du roman, elle y cédera à de rares moments mais préférera la maîtriser au profit de sa véritable passion le dessin, la peinture.  Même l'amour maternel ne l'occupera pas toute entière. Elle aimera son fils qu'elle surnommera 'le petit compagnon' sans pouvoir l'aimer inconditionnellement, elle aimera son fils car il correspond à des critères qu'elle apprécie, elle l'aimera donc en conséquence sans avoir d'amour maternel animal, passionné. De ces amours là, Mary en est incapable. Elle n'a rien d'animal cette femme là, elle ne s'attache pas vraiment aux êtres, elle les aime sans avoir besoin d'eux, ce qui convenons-en est pratique et évite toute souffrance débordante. Elle survivra d'ailleurs à la mort de cet enfant, jeune homme, en continuant à peindre plus que jamais, enfin seule.

Est ce une image de la Passion créatrice  en tous genres que Danielle Sallenave souhaite nous transmettre ? ceux qui sont doués pour un ART quel qu'il soit sont-ils les proies de leur passion exclusive qui exige une indépendance farouchement conservée au détriment de leur vie sentimentale, familiale et sociale ? Pas sûre de l'intention de l'auteure, en tous cas, c'est ce que moi, j'y ai trouvé !

Au final, donc roman agréable à découvrir avec petit plaisir garanti. 

Également commencé un autre roman de Danièle Sallenave ' Les trois minutes du diable' dont j'ai abandonné la lecture, n'y trouvant aucun plaisir, ni aucune raison de m'y accrocher.   

Sur la jaquette du livre, Portrait de Rachel par Théodore Chassériau 1819-1856.

Posté par maison43 à 19:36 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

14 mars 2014

L'obélisque de Louxor

Je suis une longue flèche de granite offerte par Méhémet-Ali vice-roi d'Egypte, j'ai 3000 ans, je pèse plus de 220 tonnes, mes compagnes se trouvent à Rome, Istambul, Londres et New York  J'ai donné du fil à retordre à ceux qui me désiraient, qui suis-je ? L'Obélisque de la Concorde25 Octobre 1836

Place de la Concorde, 30 siècles nous contemplent donc depuis le 25 Octobre 1836, où elle fut érigée grâce aux efforts de 350 artilleurs qui peinèrent sur les 10 cabestans de l'appareil de levage mis au point par Jean-Baptiste Apollinaire Lebas 1797-1873 polytechnicien et ingénieur du Génie maritime. Il sera nommé un mois après l'érection de l'obélisque conservateur du musée de la Marine.

1830 : Environ 5 mois de construction à l'arsenal de Toulon du navire Le Luxor qui transportera l'obélisque.

1831 : 4 mois de voyage entre Toulon et Louxor (attente dûe à crue du Nil) avec remontée du Nil durant 700 km. 120 hommes à bord dont un médecin Justin Pascal Angevin.

1832 : Départ de Louxor fin Août 1832, passage de l'hiver à Rosette, puis arrivé à Alexandrie, attente du printemps pour prendre la mer.

1833 : Arrivé à Toulon puis un mois plus tard départ des 2 bateaux pour Cherbourg. Le Havre, puis départ de Rouen halé par 14, puis 28 chevaux où il mettra 13 jours à atteindre ParisJolly

Atelier du musée de la Marine

 Côté hommes de main, peu de chiffres, des centaines de travailleurs du côté égyptien. 

L'obélisque attendra donc qu'on lui confectionne une nouveau piédestal qui nécessitera finances, extraction, transport et montage, soit 230 tonnes de granite du Finistère, transportés par le Luxor avec l'appareil de levage de A. Lebas.vers 1850

Ce n'est qu'en Octobre 1836 qu'il sera érigé sous les yeux des parisiens et de leur roi Louis-Philippe.Temple de Louxor

Du temple de Louxor, deux grands obélisques furent édifiés par Ramsès II en hommage aux Dieux et retraçant les faits marquants de son règne.

De la place de la Concorde, l'Obélisque est devenu un symbole incontournable de Paris.Place de la Concorde

Exposition qui se tient au Musée de la Marine à Paris jusqu'au 6 Juillet 2014. 

 

 

Posté par maison43 à 18:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 mars 2014

Château de Montbonnet 43

Montbonnet 3

Avec les manants, c'est simple aucune trace d'eux, avec les Seigneurs, ce n'est pas simple, on croit pourtant y arriver, mais les dates ne se recoupent pas toujours, les sources divergent, les dates différentes se succèdent selon les auteurs.

Le village de  Montbonnet situé en Haute Loire eut son heure de gloire, avec la puissante Baronnie de Montbonnet. Plusieurs familles seigneuriales se partageaient les terres, à force de mariages sans doute, les Mercoeur, les Polignac et les Montlaur. Montbonnet était alors un point stratégique, un col où devaient passer pélerins et marchands, les Montlaur originaires du Languedoc devinrent par des alliances de puissants seigneurs du Devès. Ils percevaient les péages des voies de circulation comme la Régordane, la via Podiensis, la Bolène. Bien sûr ils ne vivaient pas dans tous leurs châteaux mais y installaient des châtelains qui géraient leurs affaires. 

Avant l'an 1000, le château de Montbonnet était une sorte de tour de garde en boischâteau de l'an 1000comme celle ci en plus simple,peut être, vue l'exiguïté de la butteMontbonnet 43 elle appartenait probablement aux Mercoeur qui avaient déjà le château de Mirmande situé à quelques kms de Montbonnet, à moins que ce ne fut aux Polignac ou Solignac ou autres ! Les avis des historiens divergent à ce sujet. Le village se situait autour de la tour sur les flancs de la butte. Vers 1219, les Montlaur étaient en possession de Montbonnet, Cayres et Mariac, le château nommé dans les actes Castrum de Monte Boneti était alors re-construit en pierres, un nouveau village La Bonnette se créa en contrebas de la butte, puis un troisième auprès de la route qui fut construite. Depuis 1851 les 3 villages se sont regroupés au seul nom de Montbonnet.

En 1322 Saint Roch lors d'un pèlerinage au Puy aurait séjourné quelques jours au château de Montbonnet, une petite chapelle porte son nom. De 1359 à 1368, les troupes anglaises (guerre de 100 ans de 1337 à 1453) ravagent le Vélay, les châteaux dont Montbonnét assiégés. Les années suivantes ce furent les mercenaires de toutes nationalités dits les routiers et plus tard les Grandes Compagnies qui prirent le relais accomplissant vols, incendies, viols, tortures. Durant les rares trêves, les châteaux du Devès aux armes de Montlaur s'armèrent de créneaux, mâchicoulis, herses, fossés pour soutenir les attaques. En 1382, Montbonnet est si ravagé que les Etats du Vélay en réduisent les tailles. La branche des Montlaur faute de descendant mâle s'éteint à la mort d'Armand de Montlaur en 1439. Jeanne  sa soeur s'unit à la famille De Maubec qui prit la suite des Montlaur qui se maintiendra jusqu'en 1551 où un Raymond de Mourmoiron prendra la suite pour la laisser par sa fille à la maison d'Ornano. En 1589 Montbonnet un certain Pierre de la Rodde, capitaine-châtelain  ravagea toute la contrée et ce jusqu'en 1594 où il ira sévir un château plus loin. En 1631, le château hébergea contre son gré, comme bon nombre d'autres d'ailleurs, une compagnie royaliste lors d'un soulèvement du Languedoc contre Richelieu. Richelieu fera démanteler, par représailles, plusieurs châteaux du Vélay dont celui de Montbonnet en 1632 qui le sera partiellement. Richelieu sonnera ainsi le glas de l'aristocratie féodale. Laissés à l'abandon, ces châteaux serviront de carrière à diverses constructions (maisons, églises).      

Posté par maison43 à 18:16 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

10 mars 2014

Land Art

Robert Smithson Spiral Jetty 1970

Les artistes prennent l'environnement comme toile de fond et abandonnent les matériaux classiques comme le marbre, le bronze. Sculpteurs, plasticiens, photographes, ils utilisent ce que la nature offre. Il s'agit d'une part de sortir des musées, d'autre part de refuser ces 2 grands pôles classiques où évolue l'art : l'abstraction et le figuratif. En même temps, ils souhaitent établir un dialogue inhabituel entre l'oeuvre et le spectateur, l'inviter à réagir, ne plus rechercher une adhésion admirative, mais le questionner sur sa position dans l'espace, dans la société, dans le temps. Oui, c'est assez ambitieux comme projet ! L'oeuvre n'a plus de portée commerciale immédiate, est réservée au curieux, ne nécessite plus de billet d'entrée et est souvent périssable.

 Le Land Art existe depuis les années 60, né aux USA.

Robert Smithson 1938-1973  son oeuvre de référence est 'la spiral jetty' dans le grand lac salé d'UTAH. Construite  en 1970 à un moment de sécheresse, le niveau du lac remonté l'a submergée jusqu'en 2003 où une nouvelle sécheresse l'a sortie des eaux durant 1 an. Elle est à nouveau immergée et disparaîtra forcément...Il a fallu déverser 7000 tonnes de pierres basaltiques et de terre sableuse sur 457 m de longueur et 4,6 m de largeur pour la réaliser. Confrontation de l'homme à la nature, qui d'une certaine manière la détourne, la façonne, et finalement est dominé par la dite nature qui reprend ses droits, toujours. Cette oeuvre perdurera sous forme de dessins de l'artiste, photographies, reportages qui outre l'oeuvre de mémoire financent aussi de tels projets. View Nicole Dextras

Nicole Dextras  artiste canadienne qui travaille selon les saisons, l'hiver, crée des lettres de glace, en remplissant d'eau des cadres en bois, pour mettre en place des mots, mots galvaudés dans notre monde de communication outrancière où les mots perdent de leur signification.Nicole Dextras Silence

Elle nous invite à voir, regarder autrement, réapprendre le silence. L'été, les fleurs  vouées de toutes façon à périr nous ouvrent une autre perspective sur leur beauté.Nicole Dextras Bloc de glaceNicole Dextras

Un site Internet qui peut intéresser les amateurs :

 http://www.landarts.fr/

Posté par maison43 à 18:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,