Watteau détail

Homme du nord, né à Valenciennes sous le règne de Louis XIV. Son père charpentier-couvreur le met en apprentissage chez un peintre Jacques Albert Guérin à l'âge de 11 ans. Antoine Watteau montre déjà une grande habileté à crayonner gens d'armées ou de foires. A 18 ans, soit aurait suivi à Paris un  peintre-décorateur de théâtre à l'opéra de Paris, soit aurait travaillé chez un peintre Abraham Métayer puis chez un peintre marchand Etienne Derais pour faire des petits tableaux en série pour survivre. Il rencontre en 1704 Claude Gillot 1673-1722 dont il sera le collaborateur-élève jusqu'en 1708. L'élève surpasse le maître et entre chez Claude Audran III 1657-1734 décorateur attitré des maisons royales et princières peintre spécialisé dans les décors d'arabesque. Antoine Watteau les surpassera tous. On connaît peu de choses sur sa courte vie. On le dit de caractère ombrageux et instable, on dit qu'il change aussi souvent de logements que de toiles qu''il aurait tendance à vouloir terminer au plus vite  en mettant trop d'huile sur son pinceau afin d'étendre plus aisément sa couleur. On le dit un peu souillon ne nettoyant pas sa palette, et changeant rarement son huile d'un pot qui se remplissait de poussière, on en déduit aujourd'hui que Watteau devait utiliser un vernis à base de copal et non d'ambre, moins onéreux, et que pour cette même pingrerie, il utilisait de l'huile de noix moins chère et de moindre qualité. Ce mauvais usage explique que l'assombrissement de ses peintures ait nécessité de nombreux nettoyages pratiqués à l'alcool qui ont terni, craquelé, abîmé les peintures de Watteau. De sa vie intime, on ne connaît pas grand chose non plus, de bons amis, de bonnes brouilles, un relatif attachement à sa région d'origine, une santé chancelante assombrie par une tuberculose qui le tuera à l'âge de 37 ans.Watteau

Mais indéniablement, il existe un style Watteau, qualifié de Fête Galante (terme qui qualifie un style pictural utilisé par les successeurs  de Watteau)  où une multitude de petits personnages habillés somptueusement à la mode du siècle précédent, constituent des petites scènes de théâtre où l'on joue à la carte du tendre, un jeu d'amour superficiel, une sorte d'illustration d'un roman du XVIIè L'Astrée expliquent certains auteurs, une continuité plus raffinée des pastorales pour d'autres. D'inspiration vénitienne et hollandaise, cet art séduira immédiatement les collectionneurs ce qui contribuera à faire de Watteau un homme nanti à défaut d'un homme heureux. Il meurt prématurément en 1721 laissant la place aux autres peintres qui reprennent à leur façon ces fêtes galantes ... 

Watteau 2

Bien sûr, il faut remarquer la finesse du trait, la virtuosité des couleurs, un véritable catalogue de soieries, bien sûr il faut noter le côté théâtral de ces personnages, où Watteau peut être manifestait ainsi qu'il n'était pas dupe de cette douceur de vivre qu'il représentait, peintre académique, en vogue chez la noblesse, il s'est sans doute soumis à ce que l'on attendait de lui, mais laissant sa marque,

Statue détail Watteau

assez facétieux en ce qui concerne ses statues, plus charnelles et vivantes que ses personnages en représentation, Monsieur Watteau qu'auriez vous produit si la mort ne vous avait pas fauché prématurément ? Vous seriez vous un peu plus libéré encore ?

Le délicieux musée Jacquemard-André propose un parcours de Watteau à Fragonard jusqu'au 21 juillet 2014.