Donna Tartt

Généralement, quand je lis un livre policier, je ne résiste jamais au plaisir de lire la fin, officiellement pour suivre le profil psychologique du meurtrier, officieusement parce que je suis impatiente et préfère me débarrasser ainsi de tout suspens. Avec le Maître des illusions, le livre commence par la fin, je ne suis donc pas déçue, d'ailleurs ce n'est pas un policier, c'est un roman psychologique autour de jeunes gens qui vont tuer un des leurs incapable de taire un meurtre antérieur accompli par cette joyeuse bande qui outre le grec qu'ils maîtrisent fort bien, ne dédaignent pas les paradis artificiels qui les emmènent dans des mondes inconnus. Donna Tartt nous décortique très lentement une à une les circonstances qui les ont menés à un double crime. Une froideur des sentiments et des actes, une absence totale d'empathie pour quiconque, emmènent le lecteur dans la même indifférence. Il est difficile de s'accrocher à quoi que ce soit dans une bonne moitié du livre. Et puis l'intrigue bouge avec le meurtre de Bunny que l'auteur décortique, ouf !! Enfin ! Pas désagréable, cette lecture, juste un peu laborieuse, pour moi, pas enthousiasmante. A noter que les critiques sur ce livre sont en général beaucoup plus élogieuses que les miennes.