Celui là, chère Anthologie de la peinture (une de mes références vénérées) je l'avais oublié, certes une peintureLa Guerre 1925 Gromaire

'La Guerre' ne m'était pas inconnue, mais ne me donnait pas envie non plus d'aller plus loin, tant elle est rébarbative, par son sujet bien sûr, par le choix trop réaliste d'un style brut de pomme si j'ose dire, par ses couleurs un peu trop ternes. Bon, en même temps, ce sujet précis n'est pas fait pour faire envie ! alors c'est réussi Marcel, il n'y a rien à dire de plus. La guerre, il l'a faite Marcel Gromaire, blessé en 1916, il sera ensuite interprète auprès des américains à Saint Nazaire. Il peindra ces farouches soldats, automates pour tuer ou être tués, en 1925.  Et puis toujours au musée Carnavalet, un autre tableau de Marcel Gromaire ignoré de moi ou oublié je ne sais,Place Blanche Gromaire 1925

Place Blanche de la même année que La Guerre, aux couleurs plus éclatantes, au dessin un peu moins rude, mais tout aussi dérangeant par sa froideur figée; sa peinture reflète sa vision de la vie, où il dénonce : la guerre qui envoie les hommes à la mort, la misère ouvrière, les vices des bourgeois qui s'encanaillent la nuit, dans des bars aux bras d'une jolie femme indifférente et résignée à recevoir un hommage qui lui pèse mais qui la nourrit. Le corps de cette jeune femme irradie de clarté offert à la lumière et à tous, seul le visage fermé est assombri et désabusé. Marcel Gromaine se détendra d'ailleurs en peignant des nus féminins érotiques, aux formes fermes et rondes. Ses paysannes au bain, ressemblent plus à des naïades aguicheuses qu'à des paysannes, dans un décor digne du Douanier Rousseau.Les paysannes au bain

Personnalité multiple Marcel Gromaire. Il dénonce primitivement et rudement, il aime joliment presque mièvrement et oui, il aime les jolies femmes vénales ou pas; moins critique, plus bienveillant, plus décoratif, presque plus joyeux. Ses nus constitueront plus de la moitié de son oeuvre graphique. Un volcan sous un glacier, Marcel Gromaire.