20 février 2015

Théophile Alexandre Steinlen 1859-1923

Affiche Steinlen 2

Diversifié ce Théophile Alexandre Steinlen né en Suisse en 1859, il abandonne des études de théologie pour créer des motifs pour tissus à Mulhouse puis à Paris chez Demange, montmartrois il fréquentera Toulouse-Lautrec, Allais, Bruant, Vallotton. Ses affiches fort décoratives feront sa célébrité, mais il illustrera aussi des livres, et se distinguera par ses caricatures dans des revues politiques comme Le Chambard SocialisteAu mur des Fédérés Steinlen dit Petit Pierre

où il défendra les insurgés (Hommage aux 147 fédérés de la Commune fusillés en 1871), les miséreux, les milieux ouvriers et populaires. Mais ce tendre adorera les chats qu'il peindra à tire-larigotApothéose des chats 1885 Steinlen

précurseur des Aristochats avant Disney, il sera aussi sculpteur animalier, il se consacrera également aux nus

nu endormi

scènes de rues et croquis de guerre.

scène de rue 1904 Steinlen Au Petit Palais un tableau bon enfant et joyeux dans des teintes mates et fumeuses un 14 Juillet populaire bien évidemment ! 14 Juillet - 1881

    

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17 février 2015

Fernand Pelez 1848-1913

Dans la famille Pelez, originaire de Cordoue, il y a d'abord le père Raymond Pelez (Jean Louis Raymond Pelez Fernandez de Cordoba) 1815-1874 dessinateur et illustrateur, puisPelez 1 il y a l'oncle Fernand Pelez de Cordova 1820-1899 peintre naturaliste et pour finir il y a le premier fils Raymond Pelez dit Chalumeau 1838-1894 , peintre et illustrateur, alors pour Fernand le second fils né en 1848, il n'y a pas d'autre voie que de suivre. Il fera les Beaux Arts, sera élève de Cabanel puis débutera comme peintre d'histoire. Il se rapproche du mouvement dit naturalisme (qui s'intéresse au monde laborieux paysan et ouvrier) sans connaître une notoriété comme certains de ses confrères. C'est un peintre des humbles qu'il côtoie dans son quartier à Montmartre où il avait son atelier. C'est un peintre à la Zola englouti par la grande vague soulevée par les impressionnistes, oublié comme tant d'autres mais le monde de la peinture est assez vaste pour tous les contenir. Deux toiles vues au Petit Palais, Les saltimbanques qui sera exposé au salon de 1888, La vachalcade

Pelez 2

qui représente un défilé carnavalesque à Montmartre organisé en 1896 et 1897, défilé qui se moquait du traditionnel défilé du boeuf gras qui consistait entre autres à faire promener un boeuf décoré par la confrérie des bouchers, fête carnavalesque dont l'origine est ancienne qui connut un grand succès au XIX. Cette vachalcade ou cavalcade d'une vache enragée( en rapport avec la misère des artistes) s'accompagna d'une tombola et d'un concert au Moulin rouge au profit des artistes déshérités de Montmartre. 

Pelez 3

 Une autre toile vue dernièrement à Senlis au musée d'art et d'archéologie qui célèbre une jeune asphyxiée par des émanations toxiques d'un poêle déficient.

Une dernière installée récemment à la place de la Vachalcade en balade  Sans Asile  qui met en scène des miséreux qui viennent d'être explulsés, réalisée en 1883. 

Pélez 1883

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16 février 2015

La chair interdite - Diane Ducret

Ducret

On n'a jamais parlé autant du sexe féminin que dans les revues féminines actuelles où l'on évoque sans tabou ce sexe que nous connaissons pourtant encore parfois si peu dans ses détails et usages, si j'ose dire. Le désir est la revendication la plus commune, car ce désir ignoré durant des siècles fut quand même reconnu pour de l'hystérie pure il y a un peu plus d'un siècle, ce n'est pas si loin de nous et c'est dire si on a du retard à rattraper en ce domaine ! Le docteur Charcot en fera sa pathologie préférée de ce désir féminin frustré. Les excès les plus incroyables seront pour les moins chanceuses l'ablation pure et simple du clitoris, et pour les plus veinardes l'orgasme médicalement assisté pour arriver à la fabrication du premier vibromasseur toujours sous contrôle médical. Freud y verra dans ce clitoris un vestige du phallus, et créera ainsi ce fameux complexe de posséder toutes un pénis que nous envierions toutes chez les hommes, on se demande bien pourquoi !! on l'aime ce sexe masculin mais chez l'homme, à de rares exceptions près, comme si les hommes nous enviaient la maternité ! là aussi il y a des exceptions mais elles restent rares. Toi Homme, moi Femme, cela aurait pu être simple comme histoire, une complémentarité dans un sens ou dans l'autre, une différence assumée selon nos natures, un sexe différent mais égalitaire ... seulement voilà, l'un a plus de muscles que l'autre, donc plus de pouvoir alors la tendance fâcheuse de soumettre la femme a tenté l'homme et c'est devenu souvent, moi chasseur, toi gibier, moi puissant, toi ta gueule, alors on a galéjé sur notre chair intime, essayé d'en percer le mystère, au propre comme au figuré jusqu'a nous violenter toujours et encore. Quand on veut humilier une femme, on s'introduit de force dans son sexe, on se livre aux pires perversités jusqu'au meurtre final. C'est assez désespérant au fond, car cela dure toujours. Diane Ducret nous établit une chronologie du sexe féminin assez joliment racontée, bien documentée avec beaucoup d'humour dans la forme, centrée uniquement sur ce sexe féminin, aimé, haï, maudit, vénéré et toujours au final mystérieux pour les hommes.

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11 février 2015

Niki de Saint Phalle au Grand Palais

IMG_4918

C'est d'abord un visage, beau. C'est aussi un corps, de rêve. Un don certain d'utiliser ces atouts là. Y ajouter une bonne dose de talent, un inconscient au bord de la crise de nerfs, une colère folle, secouez joyeusement et vous obtenez une Niki de Saint Phalle. Pas franchement concernée par ses études, Niki coIMG_4900mmence à 16 ans par vivre de sa beauté en tout bien tout honneur dans le mannequinat, manière de signaler à son père que son corps n'appartient qu'à elle. Niki a de la classe, une élégance d'aristocrate qui lui donnera toujours une certaine assurance auprès des hommes qu'elle côtoiera, aussi bien dans le domaine privé que professionnel. Les hommes fort nombreux dans le domaine de l'art l'accueilleront un peu comme une mascotte, amusés, séduits et bienveillants.

Il arrivera un jour où l'art de Niki s'imposera seul, grâce à des peintres naïfs et célèbres comme Hugh Weiss,  les artistes américains de l'impasse Ronsin Carry Rivers, Robert Rauschenberg, Joan Mitchell et bien sûr Jean Tinguely qui lui donneront confiance en son talent. Jean Tinguely et Niki se stimuleront l'un et l'autre, Elle, ayant toujours une longueur d'avance. Niki est une combattante assurément, contre le machisme ambiant, la sainte autorité parentale et maritale, elle rejoint le féminisme sans en partager les idées castratrices.Autoportrait 1958-1959 N de St PhalleElle revendique une féminité victorieuse où la Femme au pouvoir ferait de la terre un monde meilleur. Elle revendique le jeu féminin européen du flirt. Elle découvre le monumental avec ces êtres à part que constituent Le Facteur Cheval ou Antoni Gaudi. Niki réalisera des sculptures monumentales  comme le Golem à Jérusalem, le Dragon de Knokke à Knokke Le Zoute ou le Jardin des Tarots en Toscane ( voir message sur ce site), de nombreuses fontaines comme la fontaine Stravinsky près de Beaubourg ou celle de Château Chinon.La fête vers 1953-1955

Dans les années 1950 après son mariage, Niki peint des huiles et des gouaches, des toiles naïves qui affichent un bonheur déjà perdu ou jamais acquis, car la jeune femme cherche à s'évader du tableau, de sa vie, de sa famille; après sa dépression traitée par électrochocs,  Elle peint, colle, accumule des cailloux, clous, grains de café, riz, boutons, morceaux de céramique,  vieux jouets; ses thèmes sont femmes et monstres, araignées-mères créant des toiles à confidences ou messages.Niki

Les cauchemars de Niki prennent vie. Lorsqu'elle se sépare de son mari et de ses enfants en 1960 elle commence à régler ses problèmes, elle entre en guerre contre la violence, elle flingue à tout va d'abord sur des toiles abstraites pour se défouler et puis les tirs deviennent ciblés.

Tir Niki de Saint Phalle

 1961 Niki de Saint Phalle

ses séances de tirs restent branchés, le beau monde artistique de l'époque est convié, elle se fait plaisir Niki, elle exulte, là voilà consacrée artiste engagée, elle tire sur les autels, les hommes politiques Niki de Saint Phalle 1962

son père au phallus-avion : La fumée dégagée évoquait la guerre. La peinture était la victime. Qui était la peinture ? Papa ? Tous les hommes ? ... Ou bien la peinture était elle MOI ? Oui ça saigne fort chez Niki !Niki de Saint Phalle 13

Fin 1960, Jean Tinguely et Niki de St Phalle achètent une ancienne auberge en Essonne, Niki peut entamerNiki 2Détail mariéeNiki de Saint Phalle 2

 

sa joyeuse collection de mariées dévorées par des poupons.

et de la mariée elle passe inévitablement à l'accouchement. Ah ce mariage qui emprisonne la femme soumise à son mari et que dire des entraves que sont les enfants ? Puis Niki s'adouçit et va magnifier la féminité triomphante : les nanas arrivent avec la Hon, (elle en suédois) Jean s'occupe de la carcasse en fer qui sera grillagée, du tissu collé sur plusieurs plans, le tout peint en blanc.Niki de Saint Phalle 6 Hon, femme en position gynécologique qui accueille ses visiteurs par son vagin, sorte de Déesse Femme est un symbole fort et caustique pour l'époque.Niki de Saint Phalle 7

En 1967, chic son père meurt, les nanas se font maison, fontaine, ou simplement nanas ' Une femme dans la civilisation des hommes, c'est comme un nègre dans la civilisation des blancs.' Bonnes et mauvaises mères nous le sommes toutes dés que nous enfantons, la société le veut ainsi. L'oeuvre de Niki de Saint Phalle est si vaste que je consacrerai un message pour les Nanas.  En 1969 construction toujours avec la bande de Tinguely du Cyclope à Milly La Forêt (voir message à ce sujet) 1971 naissance de sa petite fille Bloum Cardenas. Niki sera une bonne grand-mère, elle se réconciliera ainsi avec la maternité. 1972 sort son livre intitulé 'Mon secret' où elle révèle l'inceste dont elle fut victime. Niki de Saint Phalle se consacrera au jardin des Tarots de 1978 à 1998.  Inauguration du musée Tinguely à Bâle en 1998 à la mémoire de l'oeuvre de Jean Tinguely ( message sur ce site). Donation d'oeuvres au MAMAC de Nice ( voir message sur ce site) En 2002 mort de Niki de Saint Phalle. Une vie bien remplie, une vie certainement réussie.  

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08 février 2015

La Cabeza au 104 à Paris

La Cabeza au 104

 

Un avant goût de l'exposition de Niki de Saint Phalle au Grand Palais. 

Au Mexique, El dia de muertos est une fête où l'on apporte des offrandes aux morts, où l'on déguste des têtes de mort en sucre, la mort n'est qu'un passage, et la brièveté de la vie une nécessité pour accéder à cet état, le jour des morts est une rencontre joyeuse entre morts et vivants. Niki de Saint Phalle aimait aussi à penser à la continuité d'une vie après la mort d'une façon ou d'une autre. En Juin 1993 Niki de Saint Phalle s'installe dans une villa à La Jolla en Californie à quelques kilomètres de la frontière mexicaine, elle y restera les 8 dernières années qui lui restent à vivre.  Réalisée en 2000 cette Cabeza arrive des Etats Unis pour s'exposer au 104 lieu de création artistique dans le 19è à Paris.

 

Merci à Oriane pour ses photos.

La cabeza 2

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05 février 2015

Marcel Gromaire 1892-1974

Celui là, chère Anthologie de la peinture (une de mes références vénérées) je l'avais oublié, certes une peintureLa Guerre 1925 Gromaire

'La Guerre' ne m'était pas inconnue, mais ne me donnait pas envie non plus d'aller plus loin, tant elle est rébarbative, par son sujet bien sûr, par le choix trop réaliste d'un style brut de pomme si j'ose dire, par ses couleurs un peu trop ternes. Bon, en même temps, ce sujet précis n'est pas fait pour faire envie ! alors c'est réussi Marcel, il n'y a rien à dire de plus. La guerre, il l'a faite Marcel Gromaire, blessé en 1916, il sera ensuite interprète auprès des américains à Saint Nazaire. Il peindra ces farouches soldats, automates pour tuer ou être tués, en 1925.  Et puis toujours au musée Carnavalet, un autre tableau de Marcel Gromaire ignoré de moi ou oublié je ne sais,Place Blanche Gromaire 1925

Place Blanche de la même année que La Guerre, aux couleurs plus éclatantes, au dessin un peu moins rude, mais tout aussi dérangeant par sa froideur figée; sa peinture reflète sa vision de la vie, où il dénonce : la guerre qui envoie les hommes à la mort, la misère ouvrière, les vices des bourgeois qui s'encanaillent la nuit, dans des bars aux bras d'une jolie femme indifférente et résignée à recevoir un hommage qui lui pèse mais qui la nourrit. Le corps de cette jeune femme irradie de clarté offert à la lumière et à tous, seul le visage fermé est assombri et désabusé. Marcel Gromaine se détendra d'ailleurs en peignant des nus féminins érotiques, aux formes fermes et rondes. Ses paysannes au bain, ressemblent plus à des naïades aguicheuses qu'à des paysannes, dans un décor digne du Douanier Rousseau.Les paysannes au bain

Personnalité multiple Marcel Gromaire. Il dénonce primitivement et rudement, il aime joliment presque mièvrement et oui, il aime les jolies femmes vénales ou pas; moins critique, plus bienveillant, plus décoratif, presque plus joyeux. Ses nus constitueront plus de la moitié de son oeuvre graphique. Un volcan sous un glacier, Marcel Gromaire. 

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02 février 2015

Oona & Salinger Fréderic Beigbeder

beigbeder

J'avoue que j'ai un petit faible pour ce gosse de riche qu'est Frédéric Beigbeder dont l'impertinence sans grand risque, quand même, m'amuse beaucoup, Je suis ses livres depuis le titre accrocheur (pour raison personnelle) 'Nouvelles sous ecstasy' et ma foi, je connais plus vilaine façon de se construire une vie qui peut, sans doute, irriter certains, mais qui au final n'est pas si mal. Beigbeder parle de lui, de son époque et j'aime assez cette petite fenêtre ouverte sur une certaine jeunesse, celle de mes enfants plus si jeunes donc; son analyse de la guerre est rarement aussi crûment narrée, il évoque ce que l'on tait, cette guerre qui était aussi une guerre d'amphétamines et de speedextrait Il y eut de nombreux cas de viols dans les villages libérés extrait. Des centaines de soldats allemands furent liquidés alors qu'ils sortaient de leurs bunkers les mains en l'air extrait. Beigbeder évoque aussi le goût des hommes mûrs pour les gazelles, il aurait pu, parité oblige (rire !) évoquer l'attirance des femmes matures pour les jeunes hommes, qui relève de la même motivation, je trouve. Bien sûr Beigbeder prêche pour sa paroisse, il aime lui aussi les jeunes gazelles. Et c'est son droit. Que viennent faire Oona et Salinger me direz vous, j'y arrive; le prétexte aux confidences de ce vieux jeune homme est la furtive histoire d'amour entre deux personnages singuliers, histoire complètement imaginée par Fréderic Beigbeder à partir de  la réelle mais brève idylle entre Oona O'Neill épouse Chaplin et J-D Salinger. Ce sujet met en scène des fantômes de ma jeunesse, enfin de mon adolescence, n'exagérons pas !! Oona est née en 1925, Chaplin lui en 1889, ce qui remonte quand même à une ou 2 générations en arrière pour moi, non mais ! mais à la réflexion, Beigbeder réunit ainsi dans son bavardage plusieurs générations où certains des miens revivent aussi un peu, et ce n'est pas désagréable de plonger un moment dans ces souvenirs là. Bon, si Beigbeder vous escagasse un brin, ménagez vous, ne le lisez pas, sinon, vous passerez un petit moment  agréable. Et moi, les moments agréables, j'aime bien.

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