31 mai 2015

Bonnard à Orsay

En Barque Bonnard détail 1907

L'animal, comme l'enfant ou Marthe sont des imparables dans l'oeuvre de Pierre Bonnard et leurs expressions communes sont assez drôles à comparer, tout commedétail

les lieux où l'on vit salle à manger, jardin, salle de bain

La Table de toilette 1908

Pierre Bonnard 6

 les chambres fort rarement où il préfigure la solidité de leur couple où chacun sera un peu solitaire par nécessité

L'Homme et la Femme 1900

 

Coin de salle à manger au Cannet

 un goût marqué pour les portes et fenêtres, et par dessus tout des couches de peintures les unes sur les autres. Voilà, au début c'est ça Bonnard avec bien sûr des explosions de couleurs inouïesLe cabinet de toilette 1932

pierre-bonnard-Détail la terrasse ensoleillée l1939-1946 des jaunes incroyables

Trouville La sortie du port 1936-1946 Bonnard

 Sa discrétion, son peu d'entrain pour le mondain, sa sauvage épouse, sa descendance, tout contribua à vouloir faire de lui un peintre sans ambition voué aux bonheurs simples.La famille Terrasse 1900Et pourtant son ambition de peindre dépassa tout, il y consacra plus de temps qu'un autre, refuge, obsession, Bonnard qui au début de sa vie d'artiste voulait surtout s'échapper du conformisme bourgeois, finit par s'enfermer volontairement dans son atelier pour faire exploser la peinture, quant aux bonheurs, il en cultiva plusieurs.Intérieur au Cannet avec femme à la toilette 1938-1943

Et je laisse le soin d'expliquer la peinture de Bonnard aux spécialistes qui sont après tout là pour ça, qui parfois se contredisent les uns par rapport aux autres, moi ce qui me passionne dans la peinture avant tout c'est le peintre, connaître les motivations qui l'ont poussé à peindre comme çi ou comme ça, après j'aime ou pas, cela reste fort secondaire pour moi, la beauté des oeuvres étant extrêmement relative. Bonnard, je l'aime dans ses portraits et dans ses intérieurs, là où les êtres et les objets semblent faussement s'effacer

Marthe Atelier au mimosa 1939-1946

au profit de la peinture qui exulte. Et j'aime bien l'image de lui que montrent ses toiles, un homme ouvert aux autres fort indépendant, un taiseux qui fait parler sa peinture, un homme tendre, indécis parfois, tourmenté souvent et au final à l'aise que dans son activité. Sa peinture reste assez loin de tout courant même si il flirta au début avec quelques mouvementsPierre Bonnard 5et c'est le propre des grands qu'on les reconnaisse facilement pour peu qu'on les fréquente un peu et qu'on s'y attache. Orsay nous livre donc pas mal de toiles, de quoi nous satisfaire, je l'ai vu plusieurs fois Bonnard, et à chaque fois j'ai noté quelque chose de nouveau, une prochaine fois apportera un autre détail, j'en suis sûre. Les peintures de Bonnard en fourmillent, et les trouver constituent un réel plaisir. A vous revoir donc monsieur Bonnard. Avec un plaisir extrême.

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27 mai 2015

Maisons fortes de Beyssac

Maison forte

Sur la route qui mène de Saint Privat d'Allier à Fix St Geneys, soit la D25 puis la D40, l'on trouve à Beyssac deux maisons fortes, cette petite seigneurie fut connue dès le moyen âge, mais la première mention d'une maison forte date de 1579. Nous devons la tour existante à Gabriel Armette seigneur de Bergoujas. Beyssac resta dans sa descendance féminine et passa aux Bernard de Tallode, aux Marcland pour arriver à une famille plus connue, les Molette de Morangiès qui conservèrent ce lieu jusqu'à la révolution. Quant à la seconde maison, ses anciens habitants n'ont pas été identifiés.

IMG_5634

Sources : Châteaux de Haute-Loire - Editions Watel

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24 mai 2015

Bonnard et les femmes

Les femmes eurent une place importante chez Pierre Bonnard 1867-1947, bien qu'il resta discret sur le sujet, il ne fut ni insensible à leur charme, ni dédaigneux de leur influence : sa mère, sa soeur Andrée, son épouse Marthe 1870-1942, ses amantes, ses amies, ses relations. Et dans ses portraits féminins, je découvre un autre Bonnard qui privilégie les visages, dessine un sourire, exprime le bonheur ou l'indifférence et facétieux, ambigu et talentueux dans ce domaine aussi, Pierre Bonnard nous livre ainsi quelques indications sur sa vieLe corsage à carreaux 1892

Andrée sa soeur fut bien sûr un de ses premiers modèles, sa nièce suivra plus tard, portraits fort sages. Et puis Marthe arriva et Bonnard peignit le corps féminin avec une sensualité fort délicate, une grâce qui n'appartient qu'à lui.Renée Terrasse

 Pourtant il aima avant, sa cousine Berthe Schaedlin du même milieu que lui et sa famille ou elle même refusa le mariage proposé, l'année précédant ce refus elle lui servit aussi de modèle, il la croqua mutine et légère. Berthe c'est ce portrait

Portrait de Berthe Schaedlin 1892 Bonnard

aux marguerites et c'est aussi la femme des Femmes au jardin peint en 1891Femmes au jardin 1891

 Marthe effacera ce souvenir douloureux l'année suivante, Marthe au basset 1912

il ne l'épousera qu'en 1925. Bien sûr ce sera son modèle fétiche, mais d'autres jolis modèles passeront dans sa vie, Marthe fermera les yeux, acceptera même leur présence. Pierre Bonnard aima pendant Marthe d'autres femmes. La première rencontre importante se passe en 1916, elle se nomme Lucienne Dupuy de Frenelleportrait de lucienne dupuy de frenelle 1916

née vers 1890, épouse de leur médecin de famille il la peint plusieurs fois entre 1916 et 1918, la sculpturale jeune femme dans La cheminée 

Bonnard La Cheminée 1916

c'est elle, ils rompront en 1919, il rencontre alors une amie de Marthe, Renée Montchaty compagne du peintre Harry B. Lachman, on évoquera alors une possible relation à trois, en tout cas, Marthe ne s'y opposera pas à cette jeune femme que l'on verra nue dans plusieurs tableaux aux côtés d'une Marthe amicale. En 1925 Bonnard épousera Marthe, l'année du suicide de Renée. Bonnard retravaillera la toile Jeunes femmes au jardin où rayonne Renée après la mort de Marthe.Jeunes Femmes au jardin 1921-1923 repris en 1945-1946

A noter l'image des deux tableaux suivants : La glace du cabinet de toilette

Le miroir de la chambre verte 1909

et le Miroir dans la chambre verte

La Glace du cabinet de toilette

peints en 1908 où figure une blonde, un autre modèle ou deux que surveille Marthe qui a finalement partagé Bonnard plus souvent qu'on ne le pense, Marthe sera l'élément stable dont il aura besoin toute sa vie, en 1920 ce portrait d'une Renée attendrie

Pierre Bonnard

Portrait de Renée Montchaty 1920

et une Renée déjà fantomatique et perdue, Renée encore Piazza del Popolo à Rome l'année suivante où elle accompagne son peintre américainPiazza del popolo Rome

 Bonnard loge chez eux sans Marthe. Au retour de Pierre, Marthe prend des cours d'art avec une artiste peintre Louise Hervieu et sera pas mauvaise dit-on, elle exposera sous le nom de Marthe Solange, elle vendra ainsi 25 de ses tableaux. Marthe est une femme assez étonnante et son caractère un peu sauvage nous fit oublier sa particularité qui n'échappa à Bonnard. Parmi les amies il y aura Misia qu'il peindra plusieurs foisMisia Nathanson Bonnard 1906

 Berthe Signac, Hédy Hahnloser, et des femmes célèbres de l'époque qui lui demanderont de faire leur portrait. 

Gisele Belleud

Maria Lani

Leila Anet 1930 Sources : Bonnard, jardins secrets Olivier Renault    

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19 mai 2015

La Femme Solaire - Paule Salomon

SalomonDifficile de définir ce qui relève du mythe ou de la vérité, dans ce livre où l'auteure passe en revue toutes les légendes inspirées de faits réels ou pas mettant en scène une femme qui détient le pouvoir, une femme qui choisit l'homme, une femme dont le rayonnement est divin, une femme qui descendrait de la Déesse-mère, divinité qui aurait précédé les dieux masculins. Paule Salomon l'écrit : ' Les premières statuettes représentant le divin étaient féminines. Dieu était une femme, une mère.' C'est dit elle la Civilisation de la Coupe, civilisation où le ciel et le soleil étaient féminins, la lune correspondait à l'homme. La civilisation suivante nommée Civilisation de l'Epée a fait prédominer par la force un dieu masculin avec un patriarcat où l'homme domine la femme et l'enfant. Nous en sommes toujours là et la troisième civilisation dite éclairée est à venir et parait aussi mythique que la première civilisation quand on pense à l'oppression dramatique et souvent mortelle que l'orient masculin fait subir actuellement à ses femmes et ses enfants. La Déesse mère portait selon les pays plusieurs noms, Ishtar en Mésopotamie, Isis en Egypte, Gaïa en Grèce, Cerridwen en Irlande, son culte remonte au paléolithique, soit 25 000 ans avant J.-C jusqu'à l'an 500 où il sera éradiqué. On parle de société matrilinéaire où la transmission des biens et des terres se faisait par la lignée des femmes, car la seule filiation connue alors était celle de la mère. Dans cette société, nulle violence, mais une égalité et une coopération entre hommes et femmes. La Déesse était représentée par une grande prêtresse qui prenait pour compagnon un roi temporaire qui mourait de mort violente (lèger paradoxe quand même !) à l'automne et ressuscitait au printemps suivant dans la personne d'un autre jeune homme; la sexualité de la Déesse et des prêtresses relevait du divin, et leur virginité avait le sens d'une autonomie spirituelle, ce qui était bien pratique et bien éloignée des civilisations chrétiennes et musulmanes qui instaureront fissa un patriarcat, une reprise en main de la sexualité féminine qui sera réduite à la virginité ou au mariage avec une fidélité sans appel. Inutile de préciser que ce dogme de la Déesse mère est fort controversé et réduit à néant par moult chercheurs en tous genres. Paule Salomon le reconnaît elle même' Il faut bien reconnaître que toutes les spéculations sur les civilisations primitives ne sont que des hypothèses'. Mais c'est une théorie fort alléchante, avouons le, et les féministes s'en sont emparées dans les années 70-80. Après tout peu importe si c'est vrai ou pas, cette civilisation peut-être imaginaire offre aujourd'hui une possible ouverture pour tenter de ré-équilibrer harmonieusement le rapport homme-femme sans antagonisme quelconque. Elle permettra aussi de redonner à la femme une estime qu'elle a perdue, et à se libérer d'un conditionnement qui la bride.

S'ensuit tout un développement intéressant sur les étapes de la soumission de la femme à l'homme, puis des modèles de femmes et d'hommes qui induisent des comportements de couples, avec comme exemples tous les couples légendaires que l'on revisite avec plaisir. Chacun se reconnaîtra ou pas dans ces démonstrations, le but étant d'arriver à devenir une femme solaire, et à réaliser, écrit Paule Salomon un couple androgyne qui ne cultive pas la relation guerrière, la conquête et le combat, mais recherche les trames de l'ouverture des coeurs et la fusion des âmes. Bon, c'est un peu mièvre cette phrase, mais l'idée générale n'est pas si stupide ! De là, à faire de la terre un nouvel Eden, c'est un tantinet présomptueux et chimérique.

Bon, comme tous ces livres qui veulent nous orienter vers un développement de soi qui frise l'idéal, il y a un peu à prendre et beaucoup à laisser, mais il permet de réfléchir à son comportement, peut donner quelques clés et développe à coup sùr notre sens critique.

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05 mai 2015

Les Belles Ames - Lydie Salvayre

Les Belles Ames

Hasard de mes lectures, encore un pamphlet où l'auteure décortique à plaisir un petit échantillon d'humanité : des touristes blasés par les merveilles du monde qui souhaitent une immersion dans le monde européen des démunis, rien de sensationnel, on évitera les quartiers brûlants de violences en tous genres, il s'agit simplement d'aborder les cités banales où la laideur domine, où la laideur s'entasse, où la laideur enferme les humains et les rend indifférents, abêtis, avilis, déjà morts. Les 13 touristes se composent entre autres d'un écrivain raté, un professeur averti ou qui croit l'être, un industriel en pâtes et farines, une belle jeune et ambitieuse journaliste, un homme d'affaires (dont le bien mal acquis profite pleinement), 2 couples de petits bourgeois dont un mari aux ordres de Madame ... oui des caricatures forcément, mais pas tant que cela si on y réfléchit bien, en opposition des personnages encore plus stéréotypés mais beaucoup plus savoureux à suivre : une métisse bouche à pipes Olympe, (mais préférable aux tournantes non ? remarque personnelle), un accompagnateur ancien séminariste, un accompagnateur du dit accompagnateur Jason belle petite racaille de cités (et oui je m'y mets aussi !!!) ... voilà bien sûr des idées reçues, des clichés que nous véhiculons tous, même les plus généreux et les plus intelligents d'entre nous, alors oui, cela fait un peu mal, même si l'on choisit d'en rire, on se sent complètement impuissant; la bêtise et la méchanceté sont en tous cas partagées équitablement entre riches ou pauvres. On s'en doutait un peu. 

Lydie Salvayre s'amuse de nos travers, ne donne aucune solution, a elle même ses bêtes noires (les espagnols dont elle est issue) et se tire vite fait à la fin du conte, abandonnant lâchement ses héros-cobayes que l'on quitte aussi avec la même joie empressée d'ailleurs ! 

Lydie Salvayre est née en 1948, parents espagnols. Licence de lettres, faculté de médecine, spécialisation en psychiatrie

 

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03 mai 2015

Château de Rochefort - Anglard - Haute Loire

Rochefort 1

Ce château est connu sous le nom de château de la Taillide du nom du méandre de l'Allier au sud ouest d'Anglard à 3 km du hameau. Une fourche où 3 petites routes encore goudronnées vous invite à garer votre voiture, suivre la route du milieu et prendre 1 ou 2 kms plus loin le chemin qui descend. Ce château détenu par les Montlaur fût placé en 1164 sous la suzeraineté de l'Evêché du Puy. Il défendait un pont sur l'Allier dont on peut voir une pile en contrebas et servait de passage entre le Vélay et le Gévaudan à quelques kms de Pont de Vabres près d'Alleyras. Ce sera l'occasion d'une autre promenade, de descendre jusqu'à l'Allier, un jour prochain. Ce château était juché sur un énorme bloc rocheux, il ne reste qu'un pan de mur que l'on peut aisément ne pas voir, aussi bien lever la tête tout en descendant le chemin avec une vue sur la boucle de l'Allier.

Rochefort - Jourda de Vaux

 Les Montlaur l'inféodent au XIIIe siècle à une famille de gentilhommes qui prendra le nom ce cette terre soit Rochefort. On trouve un Raymond de Rochefort seigneur d'Alleyras cité en 1200, son fils Pierre né en 1235 héritera du château et sera co-seigneur d'Alleyras. Ils étaient seigneurs ou co-seigneurs de Séjallières, Anglard, Le Moulard et d'autres lieux. Son petit fils Rancon de Rochefort commandera en 1368 la garnison chargée de défendre Saugues contre les routiers.

Rochefort 2

Le guide des châteaux Edition Watel indique que cette branche s'éteindra au XVIIe Siècle avec Suzanne de Rochefort femme d'Antoine de Cusson qui vendit la seigneurie de Rochefort à Hugues Pradier d'Agrain en 1652. Jourda de Vaux dont est tirée l'édition Watel ne le signale pas.

Et pour le reste, nulle autre information, pour le moment. Le château perdit de son attrait probablement avec l'effondrement du pont lors d'une crue à une date inconnue. La situation fort isolée du site et la proximité du pont de Vabres amenèrent vraisemblablement les occupants à abandonner le lieu.

Vue époustouflante sur l'Allier et la région fort préservée question flore et faune. Chemin facile d'accès.Rochefort 3

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