Beck

Premier livre que je lis de cette étonnante Dame (1914-2008) à la vie au final assez impressionnante, fille d'un écrivain et poète, secrétaire de Gide, obtient le prix Goncourt avec Léon Morin prêtre, part enseigner quelques années aux USA puis revient écrire en France quelques romans dont ce Plus loin mais où en 1997. Sa fille et sa petite fille ont suivi son chemin d'écrivain. Seul le film de Melville avec la belle gueule de Belmondo me reste en souvenir, ce Léon Morin prêtre qui en son temps fut quand même un petit scandale, 1961 était encore fort puritain et les prêtres avaient encore un sacré pouvoir, entre autres les têtes féminines devaient alors être couvertes dans l'église et personne ne bronchait. Bon je m'écarte du sujet. Revenons à ce plus loin mais où, non, ce n'est pas un livre de Jean Louis Fournier, mais bien de Béatrix Beck.

D'abord, ya Marceline Lantier qu'a pus d'dents et qui fait peur aux gens, elle est vieille, elle est libre, elle est seule, son langage est truculent (Jean Teulé a une rivale) et il faut en profiter, car elle ne fera pas long feu madame Lantier, elle a la liberté féroce et farouche de Béatrix Beck, elle en a certaines pensées incongrues et détonnantes. Un juif jeune universitaire roux l'étudie comme un fossile vivant et finit par s'y attacher tellement que même morte elle lui sert encore de référence, il rencontre une Marine vierge qui ne l'est plus après son départ, rencontre la femme de sa vie Lizzi qui lui fait 4 beaux enfants, est un éminent professeur, retrouve le fils fait à Marine, petit inceste de 2 de ses enfants au passage, et voilà que Lizzi meurt elle aussi brutalement, moralité : Ce n'est pas une raison parce que ma vie est incendiée pour que mes cours en souffrent. ' Voilà, c'est fini le livre, il nous a menés tous plus loin dans le temps, mais où ?? la question est posée dans la vie comme dans le roman. Ya pas de réponse, on continue, c'est tout.

 Plus peaufiné le second personnage, un autre double de Béatrice Beck, cultivé, singulier, à la parole aussi vacharde que Marceline mais raffinée et distinguée. Double personnage que Béatrix Beck qui toute sa vie sera double, femme de ménage et femme de lettres, appréciant la vie mais pleurant ses morts (mort du père alors qu'elle a 2 ans, mère qui se suicide pour fêter ses 22 ans, mari juif qui la laisse veuve à 28 ans, elle verra également sa fille Bernadette Szapiro mourir avant elle), peu conformiste cette Dame là au style littéraire jouissif où l'humour sarcastique est roi. Une défense comme une autre bien sûr dans une vie somme toute assez difficile.

Me donne envie ce livre d'en lire d'autres de la même auteure.

A vous relire donc Madame.