sacrée Marie

Marie adorait être "sa rie"," sa risette", "son petit rie". extrait

Moi je crois que Marie aurait du se méfier de se confier à un mari qui la nommait ainsi. Pourtant Cornélius a un atout sérieux, il est médecin et contrairement aux amies de Marie, bien présent à son domicile, les autres mariées à des militaires. Marie est née pour enfanter pense t'elle, ça tombe plutôt bien, elle est enceinte. La nature les entoure, une manne pour le médecin qui se pique de soigner ses patients aux pistils de tous crus. Voilà le ton est donné, à la naïveté enthousiaste de Marie se mêle la réalité cruelle de la vie et l'incompétence totale d'un mari. L'allaitement est un grand moment d'anthologie en faveur de l'allaitement artificiel. Le contact mère-enfant ne se fait pas, L'enfant devient 'une surface supplémentaire à récurer'. Crédule Marie se réfugie dans la religion téléphonique...

La force du roman tient en l'espérance pas si évidente de Marie qui ne tient qu'à sa fuite. Mais pas si libre encore Marie encore piégée peut être ... 

Livre qui pourrait être un pamphlet contre la maternité, contre l'éducation donnée à nos filles, contre le formatage que nous subissons depuis la naissance, genre du Beauvoirien 'on ne naît pas femme, on le devient'.

Enfin, c'est ainsi que je le vois ce roman.

Cruel, lucide et au final terrifiant !

A moins qu'on ne l'estime uniquement caricatural, et que l'on se réjouisse à le lire ainsi.

Cela peut se faire aussi.