Goliarda

Connue principalement en France pour son roman L'art de la joie' paru en 2005 en France, parution qui paradoxalement fit sa renommée en Italie aussi écrit Angelo Pellegrino son dernier compagnon. Ce fut ajoute t'il, lui qui revisa le texte, et le fit éditer ou ré-éditer après la mort de Goliarda. Nous lui devons cette courte biographie de son épouse Goliarda Sapienza sortie en même temps que L'art de La joie.

Issue d'une famille de militants socialistes, sa mère Maria Giudice, son père Giuseppe Sapienza. La mère institutrice a d'un premier compagnon anarchiste Carlo Civardi 7 enfants, en 1917 mort à la guerre de son compagnon, elle est nommée secrétaire de la Fédération socialiste de Turin et rédactrice en chef d'un hebdomadaire socialiste. Elle fait 1 an de prison pour avoir incité les ouvriers d'une manufacture d'armes à faire la grève.  En 1920 elle vit auprès du futur père de Goliarda, avocat nanti lui de 3 enfants. En 1925 naissance de Goliarda après la mort d'une première Goliarda en 1921. En 1938, âgée de 13 ans Goliarda quitte l'école sous l'emprise du fascisme et sa mère commence à dériver psychiquement. Ils habitent alors un quartier populaire à Catane où Goliarda se mêle aux chanteurs ambulants, prostituées, faussaires, conteurs de théâtres de marionnettes où elle commençe à travailler. En 1940 elle s'installe avec sa mère à Rome pour suivre les cours de l'Académie d'art dramatique qu'elle interrompra en 1943 quand les allemands occupent l'Italie. Goliarda fera partie de la résistance antifasciste menée par son père. La tuberculose, la faim, la peur, l'hospitalisation en asile psychiatrique de sa mère ne lui facilitent pas la vie. En 1948 elle rencontre Francesco (Citto) Maselli réalisateur avec lequel elle vivra 18 ans. En 1956, elle écrit ses premiers poèmes rassemblés dans le recueil Ancestrale. En 1958 elle s'éloigne du cinéma et du théâtre pour se consacrer à l'écriture. En 1962 première tentative de suicide, électrochocs habituels de l'époque. En 1964 seconde tentative, Goliarda reste plusieurs jours dans le coma, en 1965 elle se sépare de Citto Marsello. Elle se lance de 1967 à 1969 dans l'écriture de L'art de la joie. En 1975 rencontre l'auteur de sa petite biographie Angelo Pellegrino, ensemble ils travailleront sur ses oeuvres. En 1979 ils se marient, l'Art de la joie est refusé par la plupart des maisons d'édition. En 1980, arrêtée pour un vol de bijoux, elle est emprisonnée à Rebibbia peu de temps, dont elle fera un livre L'Université de Rebibbia qui aura le mérite de faire connaître la difficulté de ré-insertion des ex-détenues. En 1996 elle meurt d'une chute (arrêt cardiaque ?) dans l'escalier.

Angelo Pellegrino travaillera avec succès au final à l'édition de son oeuvre.

Vie assez incroyable de Goliarda Sapienza qui en compagnie d'une mère peu commune, féministe, ouverte à toutes les religions, socialiste, voulut sans doute se démarquer par le talent de l'écriture. Bouleversement quand elle découvrit la réalité du régime marxiste-léniniste qui fut source de grande crise morale pour elle qui la mena, dit-on à un geste inattendu : ce vol qui l'emmena à la prison pour femmes et qui fut semble t'il source de renaissance pour elle. Le climat politique de l'Italie des Brigades Rouges n'arrangea rien, le refus des éditeurs à publier son livre non plus. Elle savait malgré tout cultiver l'art de la joie et savait se créer des moments de plaisir simple, sociable, amicale, une vie entre écriture et richesse émotionnelle qui la dirigea toujours.