31 mars 2017

Etre ici est une splendeur - Marie Darrieussecq

Paula 2

Livre sur une peintre à l'éphémère vie, morte à l'âge de 31 ans, de la médecine ignorante qui  laissait les femmes plusieurs jours au lit après un accouchement. Une embolie pulmonaire massive pour Paula Modersohn-Becker 1876-1907, épouse du peintre Otto Modersohn 1865-1943. Passage obligé à Paris où elle s'inscrit à l'Académie Colarossi, Camille Claudel, Jeanne Hébuterne y passeront aussi, un destin particulier pour les trois, elle suit également l'Ecole des Beaux Arts ouverte aux femmes depuis 1900. Elle ira à l'exposition universelle, au bal Bullier célébré par les Delaunay, elle rencontrera des peintres devenus aujourd'hui prestigieux, le Sacré-Coeur se construit.  paula 6 Plaisante lecture où Marie Darrieussecq nous peint par petites touches le Paris de l'époque, où elle évoque le caractère bien affirmé de cette Paula qui fait venir à Paris son futur mari dont la femme se meurt, libre et volontaire Paula. De Paris, on passe au village d'artistes à Worpswede en Basse Saxe, on fait la connaissance du poète Rainer Maria Rilke 1875-1926, de Clara Westhoff sculptrice et d'autres encore.Clara Westhoff

 Paula peint des anonymes campagnards qu'elle rencontre, des paysages plats, et des portraits de ceux qu'elle aime  elle est amoureuse, un peu, de Rilke, mais elle lui préfère le peintre Otto. Rilke épousera Clara. Marie Darrieussecq s'inspire des journaux de ces êtres là, où 'ce sont des mots des morts quand ils essayaient d'accorder vie et mots' extrait. Journaux où quand on les superpose ça fait des trous, extrait. Alors Marie fait comme nous, quand on parle de nos morts, ce n'est pas leur vie vécue réelle qu'on raconte, mais ce que l'on en a perçu. paula3

Paula Modersohn-Becker a son musée à Brême, on l'exposa énormément après sa mort. Elle n'est vraiment connue de nous que depuis le livre de Marie Darrieussecq et de l'exposition qui lui fut consacrée à Paris au printemps 2016.

A me relire, je remarque le style franchement décousu de ce message, un peu à la manière de Marie Darrieussecq mais sans son talent !

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28 mars 2017

Cénobite ou Anachorète ?

Heu ... hétéro ....

C'est bien votre droit, mais ce n'est pas la bonne réponse ....

Pour y répondre, déjà, situez vous vers 330, en Thébaîde en Egypte, allez sur une rive du Nil et vous trouverez le premier monastère de Tabennesis fondé par Pachôme ou Pacôme.

Le mot latin coenobium qui signifie couvent a donné cénobite et signifie donc moine qui vit en communauté. Il existait déjà des moines qui vivaient en ermite ou en anachorète (mot latin anachoreta qui signifie solitaire, on peut également utiliser le terme érémitique adjectif qui signifie propre à un ermite).

Monastère double, Marie la soeur de Pacôme fonde sur la rive opposée un monastère de femmes. 

Auparavant, des vierges consacrées vouaient leur vie au Christ, tout en restant dans leur famille. Des veuves pouvaient faire le même choix à condition d'être chastes. Elles adoptaient une règle de vie où pauvreté, humilité, jeûne et usage de la lecture étaient vivement conseillés. Fin du IV siècle, on retrouve ces communautés en Occident.

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27 mars 2017

Les Affolantes de Bois Le Roi en Seine et Marne

20161118_100453Avec les débuts du chemin de fer ligne Paris Lyon devenue aussi en 1857 Méditerranée dont la construction pour Bois le Roi date de 1849, la haute bourgeoisie parisienne et plus rarement des artistes renommés se sont fait construire des propriétés d'architecture baroque donc remarquable en bord de Seine, de Seine Port à St Mammès en Seine et Marne.Le clos Barbeau Bois le Roi

A Bois le Roi, Louis Périn 1871-1940 architecte et peintre construira de splendides folies, un peu plus exubérant d'ailleurs dans son architecture qu'un Achille Proy architecte contemporain du Puy en Vélay. Ces villas doivent leur nom d'affolantes à un historien  André Châtelain 1942-2011. Elles ont fait l'objet d'un livre de Marie-Françoise Laborde paru en 2015. Le clos Barbeau transformé en appartements appartenait à Louis Perrin, tandis que ses beaux parents habitaient la villa ChantemerleChantemerle Bois Le Roi

 devenue une maison médicale. La Ruelle, construite à partir d'un prieuré du XVIIè, occupé par des moines qui détenaient le droit de passage par un bac sur la Seine jusqu'en 1789 fut occupée par un directeur de théâtres parisiens Emile RochardLa Ruelle

qui amena du beau monde. De nombreux chemins de randonnées aux alentours permettent de belles balades. Et la Seine, la Seine, la Seine ...La Seine à Bois le Roi

 

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23 mars 2017

Kent Haruf - Nos âmes la nuit

Haruf

Livre vanté pour être une célébration de la joie, de la tendresse et de la liberté; je m'inscris en faux contre ce résumé écrit sur la quatrième de couverture du dernier livre de Kent Haruf né en 1943 et mort en 2014. On y trouve de la tendresse, un peu de joie et aucune liberté. Par contre, j'approuve pleinement la suite du résumé de cette couverture 4, qui évoque fort justement un des thèmes du livre intitulé Nos âmes la nuit, à savoir sous entendu toujours une célébration, de l'âge, aussi qui devrait permettre de s'affranchir des conventions, pour être heureux, tout simplement. Le conditionnel utilisé est bien employé, il devrait, mais n'y réussit pas. Kent Aruf nous conte donc la rencontre de deux septuagénaires, veufs, qui décident de réunir leur solitude, mais choisissent de ne se voir que la nuit, non par choix,mais par nécessité, pour couper court à toute rumeur possible. On croit rêver ! où se trouve la liberté de ces êtres qui se cachent pour goûter le plaisir d'être ensemble ? ils n'échapperont d'ailleurs pas au quand-dira-t'on, ni aux reproches de leurs enfants quadragénaires, et au final, ce seront ces gens là, (Monsieur !! ) qui gagneront.

A l'époque des septuagénaires baby-boomers, les esprits ont évolué, notre génération revendique sans souci sa liberté et vit sa vie comme elle l'entend; l'aide à domicile permet de garder nos aînés le plus longtemps possible chez eux, seuls ceux atteints de maladies dégénératives sont placés par obligation dans des maisons de retraite.

Non mais !

 

 

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21 mars 2017

Diane Arbus 1923-1971

arbus5

Diane ma belle, vous aviez la photographie somptueuse mais triste, celle qui ne voit que le tragique, le différent, le hors normes. Vous accentuez le réalisme en toute chose, avec une opiniâtreté dérangeante, celle qui fait de nous des voyeurs, celle qui désespère. Certes, vos photographies ne sont pas communes et témoignent d'une originale intention, celle de faire autrement. A moins que ce ne soit là votre propre vision du monde, celle où n'apparaissent que le pire, la noirceur d'un monde où la différence tue. Elles ne manquent pas de tendresse pourtant, parfois, souvent. Et puis un jour plus insupportable qu'un autre, vous vous êtes donnée la mort, le noir, la paix.  

 

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17 mars 2017

Nahui Olin née Maria del Carmen Mondragón

Carmen

Nahui Olin

Née en 1893 à Mexico, cette femme contemporaine de Frida Khalo ne se contenta pas d'être très belle, elle peignit, composa des poèmes, mena une vie scandaleuse, pour l'époque, de grande séductrice. Sa beauté attira bien évidemment des peintres ou photographes dont elle fut la muse. En elle, passion, révolte et sens du tragique à une époque difficile et douloureuse avec un père militaire qui créa le premier fusil automatique et fut très controversé pour ses actions sous la présidence dictatoriale de Porfirio Diaz. Il emmena lors d'une mission à Paris sa famille dont bien sûr sa fille qui, outre le français qu'elle apprit à parler couramment, s'initia à la peinture, la poésie et à la vie parisienne.Nahui Olin autoportrait en étudiante 1914

'Soy un ser incomprendido que se ahoga por el volcán de pasiones, de ideas, de sensaciones, de pensamientos, de creaciones que no pueden contenerse en mi seno y por eso estoy destinada a morir de amor' écrira 'elle De retour au Mexique elle épousa en 1913 un fils de bonne famille Manuel Rodriguez Lozano 1896-1971 aussi peu conformiste qu'elle qui avait choisi la peinture pour se démarquer lui aussi. Ils suivirent le père de Carmen en exil à Paris, où elle fréquenta entre autres Picasso et Diego Rivera. De retour à nouveau au Mexique, elle se coupa les cheveux, rétrécit ses jupes et revendiqua le droit à une sexualité libre et riche.  Son mariage déjà peu réussi fut anéanti par la mort d'un jeune enfant; elle posera plus tard nue nue pour les photographes Edward Weston et Antonio Garduna. Il y a  sans doute de la provocation chez elle, une revendication qui ne trouve pas satisfaction,  elle semble n'exister que par et pour l'amour d'un homme, mais à cette époque, ce n'était pas si facile d'être femme, artiste peintre, poétesse et musicienne tout en se voulant muse, même si un relatif vent de liberté autorisait la femme artiste à sortir de sa simple condition de femme, une liberté avec des limites frustrantes certainement. Sa relation amoureuse en 1921 avec le peintre Geraldo Murillo 1875-1964 connu sous le nom de Doctor ATL, lui fit écrire des poèmes, poemas dinámicos (1922) et Calinement je suis dedans 1923, lui, fit d'elle deux tableaux dont l'un assez tragique, ses grands yeux expriment un désarroi certain . Pas très heureuse Carmen.  Doctor ATL portrait de Nahui Olin

Doctor Atl Portrait de Nahui Olin 1922

il la baptisa Nahui Olin (en référence à un mythe aztèque que je vous laisse explorer sur internet, nahui signifiant quatre et ollin mouvement ou tremblement de terre). Elle se mit à peindre davantage stimulée par cet artiste, mais son caractère trop tumulteux les amena à se séparer. Après plusieurs autres aventures

nahui et lizardo face à la vue d'Acapulco Nahui Olin

 à l'âge de 40 ans elle rencontra son dernier amour Eugenio Agacino, leur relation écourtée par la mort brutale d'Agacino la désespéra, et sans doute dépressive, lassée d'une vie où elle n'avait pas réussi à s'imposer vraiment sur le plan artistique, elle choisit de se retirer en 1934 de la vie publique, et mena une vie solitaire et difficile. Elle ne mourut qu'a l'âge de 85 ans en 1978. Deux tableaux vus au Grand Palais, lors de l'exposition consacrée au Mexique cet hiver.Nahui Olin

Nahui

 Un livre a été écrit sur cette femme si particulière par Pino Cacucci..

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14 mars 2017

François Gagnaire -Restaurant Anicia- Paris

Anicia

François Gagnaire a quitté depuis déjà un petit moment son restaurant étoilé du Puy en Vélay. Il est installé maintenant au 97 rue du Cherche-Midi dans le 6ème. Son restaurant se nomme Anicia, en référence au nom romain du Puy Anicium. Le caviar du Vélay révèle une composition de lentilles du Puy en gelée de crustacés et crème de chou-fleur. Il faut compter 50 à 60 euros à la carte sans compter le vin. Le soir un menu dégustation à 55 Euros vous est proposé. Pour le midi une formule entrée-plat ou plat-dessert à 29 euros pourra vous satisfaire. Attention, fermé le dimanche et le lundi.

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11 mars 2017

De plus belle - Film de Anne-Gaëlle Daval

Foresti

Un fort joli film où l'image de la Femme est valorisée, la maigre, la ronde, la moins belle, la plus vieille, à travers une histoire assez classique par ailleurs. Une Florence Foresti joue avec finesse une femme atteinte d'un cancer du sein, une Nicole Garcia joue un professeur de danse d'une rare humanité, rôle qui doit tout à cette actrice si juste et si belle à 70 ans; oui, les rôles masculins comptent bien sûr, mais rarement un film ne met autant en valeur les Femmes, même la mère hargneuse a du charme, c'est dire ! jusqu'aux vieilles Dames d'une maison de retraite dont la toujours pétillante Perrette Souplex connue seule des jeunes vieilles Dames comme moi. Parti pris certain pour la Femme, il véhicule un autre regard sur le corps des femmes, sur l'apparence, sur la vieillesse. Mieux qu'un élixir de jeunesse, une crème de beauté, une séance de psychothérapie, je le conseille à toutes. Nous sommes toutes, belles. Et c'est pas faux.

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09 mars 2017

Valentine Goby - Un paquebot dans les arbres

Plusieurs thèmes dans ce roman qui tournent autour de la vie d'une Mathilde née en 1944 : La maladie, la couverture sociale des professions indépendantes, la difficulté de naître fille après un frère mort à l'âge de 2 mois, et pour finir les évènements liés à la fin de la guerre d'Algérie. Une chouette révision pour moi !!   Le bacille de Koch est l'un des héros du livre, la pénicilline découverte par Fleming n'a été distribuée massivement qu'à partir Résultat de recherche d'images pour "valentine goby un paquebot dans les arbres"de 1945, la mise en place de la Sécurité Sociale pour les salariés date aussi de cette époque. Les professions indépendantes ont des assurances privées, mais les cotisations sont élevées. Et les parents de Mathilde petits cafetiers de La Roche Guyon cesseront de cotiser, une fois la tuberculose du père déclarée, les clients se faisant plus rares, because la tuberculose. Les chercheurs Calmette et Guerin testent leur vaccin anti-tuberculeux, le BCG en 1921, les campagnes de vaccination ne commenceront qu'en 1925, mais de façon encore fortuite. La vaccination est rendue obligatoire en France en 1950. La famille Blanc échappe à toutes ces mesures, dans ces années que l'on nomme pourtant les 30 glorieuses. Oui, mais pas pour eux. Et c'est une sorte de descente aux enfers que nous dépeint Valentine Goby. De la mère, Odile, il n'y a rien à dire si ce n'est qu'elle est amoureuse de son mari jusqu'au renoncement, Paul dit Paulot, oreilles décollées, maigre, joue de l'harmonica, un Hohner, chaque samedi soir où le Balto, leur café se transforme en dancing avec un concours de bal qu'ouvre Paul avec sa fille aînée Annie. Mathilde la seconde fille que son père nomme mon p'tit gars essaie de se faire aimer de son père. Paul ne semble aimer qu'Annie et sa femme, l'autre il ne la voit pas telle qu'elle est. Pas franchement sympathique ce père même si il attire par son entrain le client. Mathilde trouve pourtant son père lors des rares promenades en forêt, et l'auteure nous donne alors à lire de jolies marches en forêt, avec les parfums et les sons.  Et puis il y a Jacques le petit frère dont on parle peu, trop petit pour comprendre le mot pleurésie, un mot nouveau qui ne les lâchera plus.  Il se transformera en tuberculose ce mot, atteindra Odile et transformera leur vie jusqu'à les faire hospitaliser dans un sanatorium en forme de paquebot à Aincourt dans le Val d'Oise, Annie se sauvera devenue infirmière en se mariant, les deux petits seront placés en famille d'accueil. Mathilde fera alors de sa jeune vie un combat pour réunir à nouveau la famille autour de ce père tant aimé.

Et puis, il y a ce chant d'amour pour la nature encore privilégiée à cette époque. Cette nature-mère où Mathide ira puiser des forces pour tenir.

Dense ce petit livre, riche, un bon moment à passer en sa compagnie.  

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04 mars 2017

Bazille 1841-1870

Bazille auto portrait à la paletteA priori, ce jeune homme ne devrait pas tant m'intéresser, sa peinture ne le démarque pas vraiment de ses contemporains, son origine bourgeoise non plus, mais cet homme là m'attire. D'une famille protestante nantie de Montpellier, il se dirigea vers la médecine, rapidement il s'intéressa plus aux dessins réunis par François Xavier Atgier 1758-1833 qui donna sa collection à la bibliothèque de la Faculté de Médecine où de grands noms figurent comme Fragonard, Tintoret, Tiepolo ( Musée Atger au 1er étage de la Faculté de Médecine). Il étudia aussi les atlas anatomiques de la bibliothèque qui présentent des écorchés remarquables. Attiré par un voisin de la faculté, Alfred BruyasCourbet - Bruyas

bourgeois, mécène, collectionneur, tuberculeux, qui tient salon et a fait de son hôtel particulier un petit musée. Bazille y admire Delacroix et la lumière du tableau 'Les femmes d'Alger dans leur intérieur' seconde version 1849. (tableau conservé au musée Fabre de Montpellier) Bazille décide à ce moment là d'être peintre. Il rencontre chez Bruyas, Cabanel qu'il n'aimera pas, Paul Ferdinand Gachet (médecin passionné de peinture et des peintres chez qui Van Gogh mourra)) il fréquente Courbet, Couture, Degas, Fantin Latour, le philosophe Proudhon. Gachet est venu à Montpellier travailler sa thèse 'Étude sur la Mélancolie'.  

Monet - Portrait de Bazille

En Novembre 1862, Bazille (1841) se rend à Paris et sera élève de Gleyre, il y rencontre Claude Monet (1840) Auguste Renoir (1841) Alfred Sisley (1839). Berthe Morizot (1841) fera partie aussi de leur cercle d'amis. Cezanne (1839) liera aussi relation amicale avec Bazille, Pissaro (1830) sera du lot aussi. Ils fréquenteront la Closerie des Lilas, leur référence sera Delacroix et Courbet, leur modèle Manet. Bazille peint le matin et suit les cours de médecine l'am. Il en profite aussi pour visiter les musées, les théâtres, la musique. Il joue du piano, il aime Haydn, Mozart et Beethoven. Il aime aussi l'opéra, Bellini, Bizet, Meyerbeer, Wagner, Berlioz. Il faut compter aussi les régates de Bougival, les balades au bois de Boulogne, les rencontres aux cafés. Bazille est sur tous les fronts, avide de vivre. Le maître Gleyre devenant aveugle, Bazille partage un atelier avec Villa, tandis que Monet partait peindre à HonfleurBazille Marine à St Adresse

Bazille le rejoignit et peignit des paysages. Il rate son examen de médecine et abandonne ce projet. Il se rend à Saint Sauveur avec 3 tableaux de Monet, mais pas plus que Bruyas, aucun acquéreur ne fut enthousiasmé. Bazille s'installe avec MonetBazille Atelier

rue Furstenberg où Delacroix qui vient de mourir en1863 logeait et peignait. C'est d'ailleurs devenu le musée Delacroix. L'atelier de Gleyre ferma

Bazille Paysage de Chailly

Monet partit à Chailly en forêt de Fontaineleau et Bazille le rejoignit. Courbet et Corot vinrent également.

En 1866, Bazille et Monet se séparèrent, Monet partit vivre avec Camille. Bazille logea rue Godot-de-Mauroy, dans une petite chambre où il reçut son ami Edmond Maître

Bazille Edmond Maitre

brillant sujet, dandy qui consacra sa vie à la lecture, théâtre, musique et ses amis nombreux Renoir, Sisley, Manet, Fantin Latour. Bazille et Maître jouaient du piano à 4 mains, du Schumann. Gabriel Fauré servit de répétiteur. Six mois plus tard, Bazille emménagea rue Visconti, Renoir s'y installa avec lui. Au salon de 1866Bazille Poissons

sa Nature morte aux poissons' fut acceptée. Bazille en profita pour le peindre.Bazille Renoir

Et Renoir le représenta dans 'Nature morte au héron'.Renoir - Bazille

Durant l'hiver 66-67, il aida Monet en difficulté financière, suite à la grossesse de Camille qui déclencha chez monsieur Monet père outre une colère, un arrêt de tout financement. Bazille acheta 'Femmes au jardin', et le régla à Monet par mensualités. Monet en exil à Sainte Adresse et Bazille s'écriront beaucoup.  En 1867 Courbet et Manet construisirent lors de l'exposition universelle, chacun, leur propre pavillon et y exposèrent leurs oeuvres. Bazille part alors pour Aigues-Mortes, on est en juin 1867. Ce fut bien sûr là bas la rencontre avec la lumière !!!! 

Méric,  à Montpellier site familial essentiel à Bazille, plusieurs tableaux La robe roseBazille La robe rose

 la terrasse de Méric, le petit jardinier, Vue de villageBazille - Vue de village

Ce tableau plut aux demoiselles Morizot. En 1868, il revient sur Paris et s'installe au quartier des Batignolles, toujours avec Renoir. Le café Guerbois est le lieu de rencontre. Manet y vient souvent, Gachet aussi partagé entre l'homéopathie la peinture et autres occupations. Degas est là, Cezanne rarement, Pissaro, Zola. En 1868, le salon accepte 2 toiles de Bazille, Réunion de familleBazille Réunion de famille

et Nature morte aux fleursBazille Vase de fleurs sur une console

 Monet lui envoie des demandes d'argent incessantes, ce sera un prétexte entre échanges épistolaires entre eux où Monet quémande toujours le remboursement du prix du tableau Femmes au jardin un peu dur à payer pour Bazille. Bazille parait-il détestait Cabanel, peintre de femmes idéalisées, comme Albaydé inspirée des Orientales de Victor Hugo, mais aux yeux éteints de poisson mort.

Cabanel Albaydé

eN 1870 il peint son atelier qu'il doit quitter faute de pouvoir le payer. Edmond Maître est au piano, Renoir sur la table discute avec Zola debout dans l'escalier. Devant le chevalet Manet. Ce fut Manet dit on qui peignit le grand Bazille avec sa palette et ses pinceaux.Bazille Atelier rue de la Condamine

Chez Bazille, les femmes ont souvent les yeux baissés,  les femmes regardent dans le vide et ne respirent pas la joie.

Bazille Jeune femme aux pivoines

Bazille La toilette

 son dernier tableau Ruth et Booz Bazille Ruth et Booz

il semble traverser une crise d'inspiration. Le  20 juillet 70 la France déclare la guerre à la Prusse, dispensé d'obligation militaire, son père lui a payé un remplaçant au moment de la conscription. Il s'enrôle cependant en août dans les zouaves, engagés dans les combat les plus meurtriers. Les raisons de cet engagement sont inconnues, certains évoquent une crise existentielle, d'autres de démarche suicidaire, d'autres encore évoquent un besoin de s'échapper un moment de sa peinture dont il n'est pas toujours satisfait. Il débarque le 30 août en Afrique du nord, ses compagnons sont presque tous des repris de justice et des filous, il déprime. Il part ensuite pour Constantine, le 27 septembre 1870 il rejoint le front de l'est et meurt quelques jours après. Son père ira récupérer le corps déjà enseveli dans une fosse 

Source : BAZILLE 1841-1870 de François-Bernard Michel     

Si Bazille fut sage avec les nus féminins, il se lâcha dans un nu masculin, comme Caillebotte né en 1848 le fit aussi, de superbes fesses musclées, ce qui provoqua un petit scandale, bien sûr.Bazille Le pêcheur à l'épervier

Alors, il choisit de les vêtir ces fesses de caleçons que la marque Solendro ne renierait pas.

Bazille Scène d'été

Songeur,  mystérieux un jeune homme ...

Et au final, c'est peut être pour ces tableaux là complètement décalés pour l'époque que ce grand jeune homme me plaît.

Tableaux vus au musée d'Orsay lors de l'exposition Bazille sauf le Cabanel et le Courbet vus au musée Fabre à Montpellier. 

 

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