chloé delaume

 La vie de cette auteure est un labyrinthe où le père-Minautore a tué sa mère; son fil D'Ariane à Chloé c'est l'écriture; de son nom d'origine Nathalie Dalain, elle choisit de renaître sous le nom de Chloé Delaume, le prénom de l'heroïne de l'Ecume des jours, et le nom tiré de L'Arve et L'aume d'Antonin Artaud. Son écriture très singulière s'inspire en partie de l'Oulipo (http://oulipo.net/fr/oulipiens/o), et de sa personnalité singulière et fort étonnante (http://www.chloedelaume.net/

Le livre est un roman, prétexte pour mettre en évidence nos humaines défaillances, nos lâches compromis, nos modes de fonctionnement les plus commodes à défaut d'être les plus nobles. Elle met en scène 6 personnages, internés à l'Hôpital St Anne, dans un pseudo jeu de Cuedo :

' Vous voilà inutiles, des rebuts de carnage, druides grotesques bâillonnés en marge du festin où en bons citoyens vous devriez trôner une pomme blette dans la glotte, du persil en bouquet boule-quiessant vos conduits. Vous n'êtes plus consommables mais restez toujours pleutres, recroquevillés hirsutes la crainte bleutée au ventre, incapables d'affronter le pourquoi salvateur, le pourquoi du vicié, le pourquoi de l'erreur. Vous redoutez sans cesse qu'en scannant la question vous restiez filles de Loth, statufiés et salins lorsqu'en l'horloge interne résonnera l'heure des comptes.'  extrait.

 Ces six personnages vivent leur déchéance sous l'autorité fantomatique d'un Docteur Lenoir avec en marge une narratrice omnisciente qui nous maintient gràce à ses messages personnels dans une certaine réalité qui pourrait nous échapper parfois vue la richesse abyssale de l'écriture. Et puis il y a l'auteure qui n'en peut plus de ses personnages : Non seulement ils sont lamentables, vils et accablants de médiocrité, mais leur lâcheté est irrecevable. extrait.

Laissons et c'est bien normal le mot de la fin à Chloé Delaume :

C'est moi qui réside au fumoir. C'est moi et je vous ai vus tuer. Comprenez qu'au plateau je saupoudre granules, je suis du Cuedo place de Grève, je vous promets ainsi un supplice bouclé. Je remets dans la boîte cartes, armes miniatures et feuillets à cocher. Quant à mon dépôt de strychnine, je n'ai pas le choix vous savez. Si je ne tue pas ce rat, il va mourir.

Voilà, c'est fait, les personnages sont tués, le Docteur Lenoir qui n'a jamais existé disparu, quant à la narratrice omnisciente, elle est remerciée pour son incompétence à gérer ces ingérables internés. L'auteure met le mot fin à son roman, après une dernière pirouette que je vous livre :

Fin de partie

Chloé

Ça y est, vous avez fini de lire ?

Le docteur Lagarigue 

Oui

Chloé

Alors je peux sortir mardi ?

Le docteur Lagarigue

Ma réponse est dans votre titre.

Bien aimé ce roman plus essayiste que romanesque, à l'écriture peu banale dont l'humour n'est pas exclu.