30 mars 2016

Humeur du jour

Seconde journée mondiale consacrée aux troubles bipolaires alias psychose maniaco-dépressive, terme qui fait un peu plus peur le 30 Mars. Cela concerne 1,3 millions de français. Cela peut donner de réels génies, en tous cas des êtres qui souffrent assurément, et leur entourage itou.

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20 mars 2016

Les vaches de Marcellou

Guiard vers 1906

C'était il y a longtemps, au milieu du siècle dernier, robe auburn, yeux en amande rehaussés de khôl, têtes fines, les vaches de retour à l'étable nous attiraient quand, au soir, Marcellou les ramenait à l'étable. Etaient elles des Mézines ou des Gévaudannes ? je n'en sais rien, en tous cas cette race bonne laitière disparut au cours des années 60 au profit de croisements entre aubracs et salers.

Disparus aussi les rires de Marguerite, de Rose et de Violette

Fleurs

Non ce n'étaient pas des vaches, bien qu'à la réflexion, il y en eut des nommées Marguerite, ou Rosette et peut être même Violette, c'est la première fois d'ailleurs que j'évoque un tel rapprochement entre ces prénoms qui furent ceux de ma mère et de ses soeurs. Leur mère Geneviève, grande Dame issue pourtant d'une très modeste famille de St Privat d'Allier ne songea, n'en doutons point qu'aux fleurs. Mais ce parallèle un peu osé, convenons en m'amuse beaucoup.

Aïe, j'ai l'âge d'évoquer ces années-bonheur avec une tendre nostalgie, Dames ne sont plus, et tant d'autres avec elles, mais le bonheur est resté, et moi encore. 

 

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06 mars 2016

Ile de Pâques

Dessin de Duché de Vancy 1786

Découverte un dimanche de Pâques en Avril 1722 par l'amiral hollandais Jacob Roggeveen et sa flotte de 3 navires; il lui donne le nom de Paasch Eylandt, soit Île de Pâques. Il reprendra son périple au bout de 5 jours et laissera cette île dans son précieux isolement pour 50 années supplémentaires, curieuse île où il lui a semblé voir de mystérieuses et gigantesques statues.ile de paques 3

En 1770, les espagnols prennent possession de l'île qu'ils baptisent Isla de San Carlos.

En 1774, les Anglais y débarquent pour 3 jours avec le capitaine Cook. Il laissera son nom à une baie.

En 1786, les Français s'y mettent aussi avec le Comte de La Pérouse et ses navires l'Astrolabe et la Boussole, ils y sèment des carottes, betteraves, maïs, citrons, cotonniers. Cette flotte disparaîtra en mer en 1788, on retrouvera trace du naufrage aux îles Santa Cruz.

Le 19è siècle sera terrible pour les Pascuans. Rapts d'esclaves, viols, massacres, épidémies. En 1866, christianisation de lîle par les missionnaires, puis destructions et pillages des statues. En 1888, le capitaine chilien Policarpo Toro annexe l'île. Le Chili loue l'île pour l'élevage des moutons. Sous contrôle de la Marine. En 1966, l'Ile de Pâques devient par décret un département du Chili.

Oeil reconstitué de Moia

Moia

Un jour, peut être j'irai les voir de près ces Moai.

Ou pas.

Merci à Liliane pour ses photos.

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14 janvier 2013

14 Janvier 2011

Un chapeau noir coiffe ma tête, le long voile noir s'enroule autour de mon corps de fillette rêveuse, un renard à petite tête pointue, douce fourrure autour de mon cou, les escarpins de ma mère, ceux des joyeuses cérémonies, je me scrute dans la glace de cette petite coiffeuse en merisier, des merisiers de mon grand père, coiffeuse offerte pour les 20 ans de ma mère.

Ce même chapeau noir sur la tête de ma mère en pleurs.- Embrasse ton grand père pour la dernière fois. -J'veux pas, non .. oh le froid de sa peau, le visage figé ...

C'est drôle, je ne sais pas si j'ai aimé ce grand père, je ne me souviens que de la froideur de sa peau, que de sa glaciale dépouille.

Longtemps, je me suis tenue à l'écart des morts que j'aimais.

A ce jour, mes morts et moi, on se supporte bien.

Déjà, deux ans, ma belle que tu veilles sur moi, bienveillante. 

Et aujourd'hui, plus particulièrement encore. 

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15 décembre 2012

Arts

C'est un monde où je n'entrerai que comme spectatrice, voyeuse, mateuse, fouineuse, un formidable voyage à faire, spirituel le voyage, dans le temps, dans l'Histoire, dans le monde, une aventure plus intellectuelle que physique, celle au fond que je préfère, de celles qui nous ouvrent un peu plus les yeux, de celles qui nous apprennent toujours quelque chose et notamment que l'on ne sait jamais grand chose. Et ce voyage par l'Histoire de l'art, par le goût de lire, me fascine. Voilà pourquoi j'aime les Arts, quels qu'ils soient, une façon comme une autre d'appréhender une part des autres. Vaste entreprise infinie dont je ne verrai jamais le bout, et cette perspective m'enchante.

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25 octobre 2012

Les clochards

Ils font partie du paysage urbain, dans les métros, les gares, les rues, aux feux rouges, ils tendent la main, ou demandent simplement une pièce. Ils sont accompagnés souvent d'un chien, d'un caddy, d'un sac, d'une bouteille.  Ils ont une histoire à raconter, vraie ou pas. Ils effraient, dégoûtent, indiffèrent, dérangent.  Ils n'oublient pas de remercier.  

Heu, pourquoi celui là s'obstine à m'appeler 'man' ?

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14 juin 2010

Le monde de Rose

Vieillir sans être vieux relève bien sûr d'une certaine utopie, mais relative et discutable.

Je relis un livre de Marie de Hennezel sur le sujet qui peut donner quelques directions. Sur la maladie d'Alzheimer, elle cite le psychiatre Jean Maisondieu qui suggère que cette maladie serait "un cri, un refus, une sorte de suicide social et intellectuel". Une psychothérapeute Aude Zeller a une thèse à ce sujet citée par Marie de Hennezel " Lorsque la dégénérescence fait régresser le vieillard déficient à un état de dépendance semblable à celle du tout petit enfant, cela lui permet de réintégrer une organisation mentale dans laquelle la peur de la mort n'avait aucune existence." Et elle ajoute ce qui me semble le plus important pour nous les accompagnants involontaires et impuissants de ce long et difficile chemin , je la cite toujours " Le comprendre peut permettre à l'entourage d'accompagner cette régression potentiellement porteuse de sens, au delà de l'absurde.

 

Marie de Hennezel

La chaleur du coeur empêche nos corps de rouiller

 

chez Robert Lafont

Nonobstant les raisons neurologiques dûes à une dégénérescence des cellules nerveuses qui sans nul doute frappent n'importe qui, j'aime penser qu'un certain style de vie, une approche différente de la maturité font reculer ou tout au moins minimisent ce naufrage qu'est cette maladie.

J'ai donc choisi d'accompagner Rose dans son retour aux sources, de cheminer à son pas, pour garder le contact avec elle.

Ce que l'on ne peut changer, on l'accepte et on entre dans un autre monde.

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28 mai 2009

Poupées Russes

Nous sommes des poupées russes ..

il y en a des cartonnées, des cotonnées, des ouatées, des bétonnées, des hérissées, des brûlantes, des glaciales, des sociales, des bien pensantes, des rigolotes, des chiantes, des désespérées, des désespérantes, des kaléidoscopiques, des àchier ...

Leur nombre peut être infini, leur forme multiple, leur couleur irisante, leur noirceur profonde ...

Sous quelle poupée russe se cache t'on ?

Où se trouve la toute minuscule première ?

Voici un extrait de Narrateurs sans âmes de Yoko Tawada

Le serveur posa mon bortsch sur la table et sourit à Sacha, qui jouait à côté de moi avec la poupée en bois, la matriochka. De son ventre, il sortit une ronde paysanne. La petite poupée fut à son tour aussitôt démontée, et de son ventre sortit – surprise prévisible – une autre encore plus petite. Le père de Sacha, qui pendant tout ce temps avait observé son fils en souriant, me regarda et me dit : « Quand vous serez à Moscou, achetez une matriochka en souvenir. C’est un jouet typiquement russe. »
Nombreux sont les Russes qui ignorent que ce jouet « typiquement russe » ne fut fabriqué en Russie qu’à partir de la fin du dix-neuvième siècle, d’après d’anciens objets japonais. J’ignore seulement quelle poupée japonaise peut bien avoir servi de modèle à la matriochka. Peut-être une kokeshi, cette poupée dont ma grand-mère m’a parlé un jour : il y a très longtemps, à l’époque où les habitants de son village vivaient dans une profonde misère, il arrivait que des femmes tuent leurs enfants aussitôt après la naissance pour éviter de devoir mourir de faim avec eux. Pour chaque enfant tué, on fabriquait une kokeshi, ce qui signifie « l’enfant-supprimé », pour qu’on n’oublie jamais qu’elles avaient survécu aux dépens des enfants.

À quelle histoire la matriochka pourra-t-elle être associée, plus tard ? Peut-être à l’histoire du souvenir de voyage, quand les humains ne sauront plus ce qu’est un souvenir.
« À Moscou, j’achèterai une matriochka », dis-je au père de Sacha. Sacha sortit la cinquième poupée et essaya de la démonter aussi. « Non, Sacha, c’est la plus petite, s’écria son père. Maintenant, il faut que tu les remettes l’une dans l’autre. »
Le jeu reprit alors en sens inverse. La plus petite poupée disparut dans celle de taille supérieure, cette dernière dans la suivante et ainsi de suite.
J’avais lu dans un livre sur les chamans que nos âmes peuvent nous apparaître en rêve sous forme d’animaux, d’ombres ou bien de poupées. La matriochka est sans doute l’âme des voyageurs de Russie qui, plongés dans le sommeil, rêvent de la capitale alors qu’ils traversent la Sibérie.

 

un lien, un autre pour aller plus loin, si le coeur vous en dit :

http://www.kokeshis.com/

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