09 février 2014

Un beau dimanche

Nicole Garcia

Film de Nicole Garcia

Un  seul dimanche au bord de l'eau

Au trémolo des p'tis oiseaux

Suffit pour que tous les jours soient beaux

Quand on s'promène au bord de l'eau

Voilà, il y a du populo dans ce film avec ceux d'en bas qui vivotent comme ils peuvent, qui courent après le fric, pas très cultivés, mais qui  savent courir aussi après leurs rêves ce qui n'est pas si mal. La très charmante Louise Bourgoin en fait partie et son charme fait oublier sa vie de paumée.

Et puis il y a les riches qui ont fait Centrale ou assimilé, qui jouent au tennis, qui sont cultivés, qui ont reçu une bonne éducation, la rare Dominique Sanda qui a bien vieilli a ce charme suranné et fragile de grande bourgeoise qui s'interroge mollement sur sa vie sans vouloir la changer.

Une rencontre improbable de ces 2 milieux un beau dimanche d'été ... 

Et puis il y a Pierre Rochefort, le fils de Nicole Garcia et de Jean Rochefort qui hésitait parait il à suivre le chemin familial, pas facile pour les enfants de ... quand les parents ont du talent !  Prometteur, cependant le jeune homme. Et beau cadeau d'une mère à son fils, ce film.

Rien de bien extraordinaire dans ce film, une histoire de famille pas très nouvelle et bien filmée, juste un beau dimanche.

Et c'est déjà bien.

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05 février 2014

Jacky au Royaume des filles

Jacky au Royaume des filles

Fable satyrique de Ryad Satouff où les rôles sont inversés : Sexe fort les femmes, sexe faible les hommes. Alors ce n'est pas toujours drôle forcément, les viols, les coups, les injures, le mépris, ce n'est pas plus drôle au masculin qu'au féminin finalement. Dieu merci, Riad Sattouf habille les hommes de pimpantes voilures rouges agrémentées d'un troublant petit anneau où s'accroche une laisse évoquant l'attirail sado-maso des films pornographiques, il peaufine le burlesque notamment avec un langage assez divertissant. 

C'est diablement amusant, et très subversif, Riad Sattouf ne résout effectivement rien dans ces maltraitances inversées, son rôle ne se situe pas là, il se contente de dénoncer en créant un improbable monde au matriarcat implacable, dictatorial, criminel qui renforce d'autant plus l'inadmissible atteinte aux droits des femmes et ce d'autant plus qu'on ne croit pas un seul instant à ce monde où les forces sont inversées. Le final particulièrement réjouissant est un petit clin d'oeil à un sujet qui soulève les foules en ce moment. 

On y retrouve une ribambelle d'actrices qui ont du chien comme Charlotte Gainsbourg, Anémone, Valérie Bonneton, Noémie Lvovsky, Laure Marsac.

Petit moment de cinéma fort sympathique, avec parfois, peut être quelques longueurs, quoique ....

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19 janvier 2014

L'amour est un crime parfait

L'amour est un crime parfait

Film des frères Larrieu. Une bonne adaptation du roman de Philippe Djian 'Incidences' où Mathieu Amalric est excellent dans ce rôle de psychopathe normal, un homme singulier juste un peu trop amateur de jolies femmes et fou ... de littérature.  En prime une route de montagne sinueuse et enneigée à la lumière des phares comme si vous y étiez, une crevasse inquiétante sur le plateau des Grières en Savoie, un chalet sympathique situé à Chardonne dans le canton de Vaud, une université à l'architecture moderne (Rolex Learning Center de l'école Polytechnique de Lausanne), de la neige qui tombe à gros flocons sur Amalric, des corps superbes de jeunes femmes, des hommes charmeurs et les paysages grandioses de montagne qui tiennent le premier rôle. Un film très esthétique, une bonne distribution, une intrigue policière qui se tient, un peu d'humour noir, un bon moment à passer.       

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10 janvier 2014

Yves Saint Laurent

ysl

film de Jalil Lespert

Film qui mise sur la Beauté, celle des acteurs, celles des robes sublimes d'Yves Saint Laurent notamment dans le dernier défilé, celle de la Musique avec la voix de la Callas, celle des appartements ou maisons habités par le couple.

 Il y a une volonté de Jalil Lespert de n'évoquer que la beauté, même dans les scènes les plus dures, une sorte de respect bienveillant pour ce styliste talentueux que fut Yves Saint Laurent et pour son mécène amoureux Pierre Berger. C'est appréciable et ne nuit pas au film, car le mal de vivre de Saint Laurent, la douleur de Pierre Berger sont évoqués puissamment sans réalisme outré ni pathos qui n'apporteraient rien à ce film dont l'élégance se fait assez rare en ce moment sur les écrans. 

Bien sûr il faut souligner aussi le talent des acteurs principaux Guillaume Gallienne qui peut décidément tout jouer, et Pierre Niney un Yves Saint Laurent très convainquant.

 C'est un hymne à l'amour que ce film, offert par Pierre Berger à Yves Saint Laurent, par l'intermédiaire de Jalil Lespert.

Un autre film sur Yves Saint Laurent réalisé par Bertrand Bonello doit sortir en Octobre et devrait d'après la rumeur être d'un autre acabit, raconter une autre histoire. Heureusement, car quel serait l'intérêt pour les spectateurs curieux que nous sommes de revoir le même film !        

 

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04 janvier 2014

Nymphomaniac

nymphomaniac

film de Lars Von Trier

 Petit moment de bonheur ce film dont l'humour, le second degré, sont, je trouve, plus présents que l'érotisme même si il y en a quand même un peu. Une jeune femme en détresse Charlotte Gainsbourg raconte à un  vieux sage les chapitres de sa vie de nymphomane; dans ce premier film, la jeunesse de Joe, jouée par Stacy Martin.

 Chapitre 1 - a) enfance où l'héroïne Joe s'initie au plaisir avec son amie, le carrelage mouillé servant de stimulant; oui Von Trier commence très fort  ; b) adolescence avec une étonnante scène de défloration relevant d'une parodie de mauvais porno  : bonjour Jérôme, et hop -3 verso 5 recto - au revoir Joe - c) mise en pratique de la pêche aux mâles que le vieux sage assimile à la pêche à la ligne.

 Chapitre 2 - Joe ne vit pas de sa nymphomanie et doit donc travailler, elle retrouve in fine Jérôme, mais lui refuse toute faveur (bien fait pour lui !) elle s'en donne à corps joie avec le tout venant. Jérôme s'en va in petto et se marie.

Chapitre 3 -  Joe a besoin d'une dizaine d'orgasmes par jour avec autant d'hommes, cela fait au bout du compte beaucoup d'orgasmes, beaucoup d'hommes  petit montage vidéo anatomique et multiracial de sexes mâles assez réjouissant dans un contexte très clinique. La jouissance est opposée à l'amour qu'il faut à tout prix éviter, et plus elle jouit, moins elle aime. Pourtant ses partenaires peuvent prendre cette jouissance pour de l'amour, Monsieur H s'y laisse prendre, ce qui nous vaut un joyeux quart d'heure avec son épouse jouée par une rugissante Uma Thurman  Madame H flanquée de ses 3 mômes qui vient chez Joe traumatiser à vie ses 3 blondinets à défaut de toucher Joe et monsieur H, imperturbables.

Chapitre 4 - Agonie du père de Joe devenu alcoolique et souffrance de sa fille.

Chapitre 5 - Leçon d'orgue sexuelle en 3 hommes, joli chapitre érotique et musical :

mon premier est un homme-pédalier qui fait vibrer Joe

mon second est un homme-guépard qui fait de Joe sa proie consentante

et mon troisième est in fine-bis Jérôme qui est .... l'amour.

Chaque chapitre est agrémenté de petites photographies illustrant de façon humoristique et jubilatoire le ou les thèmes du chapitre, et entre 2 confessions, Joe se voit réconfortée par la bienveillante sagesse du vieux sage qui l'abreuve de cups of tea tout au long du film. 

Ce premier volet est somme toute pas si sulfureux que cela, et Joe jeune nymphomane pas si tourmentée que cela non plus; elle assume plutôt bien son addiction; c'est Joe plus âgée jouée par Charlotte Gainsbourg, celle qui se confie au vieux sage, qui culpabilise et souffre ... annonce peut être d'un second volet moins léger. En tout cas attendu.  

 

          

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30 décembre 2013

Le loup de Wall Street

Le loup de WS

Film de Martin Scorsese sur l'addiction : à l'argent, à l'alcool, au sexe, au pouvoir, à la drogue, alors le film parle d'argent, d'alcool, de sexe, de pouvoir et de drogue, normal quoi ! ... attention, purs intellectuels s'abstenir, c'est plutôt version télé-réalité à fort budget quand même, de très jolies filles nues aux corps de rêve, des dialogues simples, des jolies voitures, des villas somptueuses avec piscines, des scènes pornographiques.

Donc je résume :

- une ligne de coke du plus bel effet sur une croupe appétissante ou des seins ravissants

- une mise en situation de traders hystériques qui s'en mettent plein les poches au détriment de petits actionnaires fauchés et demeurés

- une scène de pornographie joyeuse mêlée à un peu de soûlographie pour fêter leur réussite

- une scène de décompensation psychotique à la limite de la caricature et longue

Le tout en boucle, très gai et complètement fou, se répète sur 3 heures, plutôt en crescendo quand même avec des petits interludes divertissants, comme un naufrage de yacht, des petits interrogatoires FBI, des petites scènes de ménage.   

 Alors, à la longue, c'est un peu lassant ou énervant, je ne sais trop, 1h30 aurait suffi. Oui, oui, il s'agit aussi de traders malhonnêtes,( notamment l'un d'eux qui a écrit un livre dont est tiré le film), mais si addicts que l'on en arrive à oublier leurs pas très jolies magouilles et c'est dommage, car ce sujet là était vraiment intéressant. 

Je me plais à imaginer le film réalisé cette fois ci par Lars Von Trier ...

Belle performance d'acteurs par ailleurs qui rendent ce film cependant assez attractif, même si c'est quand même longuet, et les fesses de Di Caprio, pas avare de les montrer, ne sont pas mal non plus. 

 

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21 décembre 2013

Suzanne

suzanne

Encensé par la critique. Le jeu des acteurs est très bon, les ellipses narratives, en ce qui concerne les moments les plus durs à vivre, judicieux pour nos capacités lacrymales ainsi réduites à néant, le rythme du film est enlevé, surprenant (du fait des fameuses ellipses) mais ...

Oui, il y a un mais, au début, indéfini, imprécis, au final, remémoratif (et personnel) qui rend les scènes du film non filmées, les ellipses, extrêmement vivantes en moi, ce qui est aussi le but de Katell Quillévéré qui dit lors d'une interview avoir utilisé ces vides pour qu'on les remplisse. Mais comme je suis loin d'être maso, j'évite ce genre de films quand j'en connais l'intrigue, là me suis bêtement fixée sur les acteurs sans trop m'occuper de l'histoire.

Et du coup aussi, je classe ce film dans la lignée de ceux de Cayatte, Pialat, de ceux que l'on voyait avant ''Les dossiers de l'écran' émission télévisée diffusée entre 1967 et 1997 qui comprenait la projection d'un film suivie d'un débat. Et du coup, je n'aime pas trop ce genre de vouloir faire débat (sur des thèmes que l'on ne peut vraiment connaître que par expérience) où des gens pas concernés par le problème se mettent à avoir des (bonnes) idées sur le dit problème.

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09 décembre 2013

Zulu

Zulu

Film français de Jérome Salle (inspiré d'un roman de Caryl Ferey) qui n'est pas un film politique, mais un policier qui certes se passe en Afrique du Sud, qui certes évoque les atrocités de l'Apartheid, qui certes toujours traite de la violence sous toutes ses formes, drogues, assassinats, viols, pauvreté, racisme, bidonvilles etc ... mais qui reste un thriller avec une intrigue policière, un service policier où blancs et noirs travaillent ensemble, chacun avec son lot de problèmes personnels. La violence est omniprésente dans ce film, mais assez révélatrice au fond de la réalité dans tous les pays instables, non ?  Le thème du film est selon, soit le pardon, soit la vengeance encore que côté pardon, tout est relatif, car celui qui pardonne, tue aussi à tire-larigot plusieurs individus qui s'en prennent salement à son épouse, après, il peut pardonner plus aisément ... tuer pour se défendre est nécessaire, tuer pour se venger quand il n'y plus de danger devient criminel mais reste terriblement humain surtout quand l'individu est abject. Vengeance ou pardon ? il n'y a pas de réponse donnée, peut il vraiment y en avoir une d'ailleurs quand l'atrocité domine.  

 

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04 décembre 2013

Avant l'hiver

Philippe Claudel

 Film de Philippe Claudel

C'est d'abord une question de voix ce film, celle de la cantatrice, puis celle des acteurs au timbre particulier, et enfin celle finale où les voix de Biyouna et de Leïla Bekhti se mêlent, des voix donc et de la musique, celle d'André Dziezuk autour de la Bohème de Puccini. Puis on se dit qu'on va vite l'oublier ce film, si discret, si pudique, si taiseux au fond .. mais dans la tête une petite musique, encore, résonne autour de certains êtres qu'on ne peut sauver, autour de certains questionnements sur les sens voulus ou pas que l'on a donnés à sa vie, sur cette automne de la vie juste avant que n'arrive l'hiver. Et puis restent des images fortes du film, l'impersonnalité élégante et glacée de la villa d'architecte, les vitraux de Wim Delvoye au MUDAM du Luxembourg où le film est tourné, vitraux qu'il me faudra voir, juste avant l'hiver justement, les silences avec arrêts sur les visages et la musique omniprésente qui clôt le film.    

 

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20 novembre 2013

Les Garçons et Guillaume, à table

Guillaume Gallienne

Film de Guillaume Gallienne

Film à l'humour parfois potache et volontiers burlesque dans des scènes qui deviendront, avec le temps, anthologiques, comme la scène avec le psychiatre du service militaire, les expressions maternelles 'tu sais quoi, y en a plein qui vivent très heureux ou encore ' tu as toujours eu un peu peur des chevaux, forcément cela ne peut pas marcher'. En même temps ce film est un hymne aux femmes, un hommage aux mères, attendrissant  et fin dans ses analyses.

Beau film sur les préjugés. On peut détester le sport, être plutôt chétif, avoir une sensibilité dite féminine, aimer Sissi, et être un homme. On peut être vulgaire, adorer s'asseoir virilement, avoir un humour de troupier et être une femme. Beau film sur le droit à la différence. 

Une mention spéciale pour l'échantillon de psychiatres offert par Guillaume Gallienne. Oui, Guillaume Gallienne est aussi bon dans le rôle du fils que celui de la mère.

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