18 novembre 2013

La Vénus à la fourrure

Polanski

Film de Roman Polanski

Huit clos théâtral entre un metteur en scène imbu de lui même et une comédienne venue auditionner pour une pièce de théâtre tirée d'un livre de Léopold Von Sacher-Masoch 'La Venus à la fourrure' (roman qui lui fut inspiré par des épisodes de sa vie, son modèle féminin est une femme dominatrice, qui  tyrannise l'homme qu'elle aime à sa demande d'ailleurs, tour à tour soumise ou autoritaire). Pour Sacher-Masoch le rapport amoureux entre un homme et une femme est forcément soumission ou domination, rien d'harmonieux en tout cas . Le terme masochisme fut employé à partir du nom de Sacher-Masoch par un psychiatre qui étudia les oeuvres de Sacher-Masoch et celles de Sade.

Roman Polanski met donc en scène une adaptation de ce roman à la sauce Polanski, Emmanuelle Seigner-Wanda joue aussi bien une bimbo inculte, qu'une femme cultivée et délicate, Mathieu Amalric-Thomas est aussi à l'aise pour jouer un amoureux transi, qu'un masochiste ambigu ... c'est le jeu du chat et de la souris; celui d'un Pygmalion et de sa Galatée, c'est la cruauté d'un jeu amoureux où l'élève dépasse le maître ou celui qui croyait l'être. Wanda est face à Thomas, et joue avec lui. Pour Sacher-Masoch la femme ne pouvait être une compagne pour l'homme car elle n'avait ni éducation, ni droit social. Pour Polanski, la femme est devenue la compagne égale de l'homme, et a dépassé l'homme dans le jeu pervers qu'elle a mis en scène pour ... pourquoi d'ailleurs ? le séduire, le punir, l'anéantir, le dépasser ou tout simplement s'en divertir ... Trouvez la réponse !

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07 novembre 2013

Caustiques ou burlesques ces films ?

Un château en Italie
neuf-mois-ferme

et dans tous les cas, imprégnés d'un humour ravageur, qui décoiffe, l'un dans le grinçant pour Albert Dupontel, l'autre dans le loufoque pour Valéria Bruni-Tedeschi,  et les 2 dans le subtilement tragique parfois. Des acteurs au top dans les deux films. Recommandé hautement en cas de temps maussade.

Un château en Italie est un moment de vie où une famille riche désargentée se démunit de ses biens (château, Brueghel)  tandis que le fils se meurt du SIDA  et que la fille se cherche encore.

9 mois ferme met en face à face une stricte juge d'instruction et un repris de justice accusé d'avoir tué et dégusté les yeux de sa victime ...  

 

Tavernier

Toisième film Quai d'Orsay qui est à la fois, caustique, burlesque et cocassement dramatique sur le fond ! Je ne sais pas si ce film va nous réconcilier avec les hommes politiques, mais moi cela me réconcilie avec Bertrand Tavernier que je n'ai jamais trop apprécié. Thierry L'hermite y trouve enfin un rôle à sa mesure, Niels Arestrup est excellent et les autres acteurs pas mauvais non plus.

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17 octobre 2013

La vie domestique

la vie domestique

Elles sont belles, élégantes, avaient un métier intéressant qu'elles ont interrompu pour élever les enfants, elles ont épousé des hommes qui gagnent confortablement leur vie, et qui, en gardant leurs femmes à la maison s'offrent les services confortables d'un hôtel 3 étoiles : ménage, courses, éducation des enfants en prime, côté sexe, calme plat ou non évoqué, ce n'est pas le propos du film. L'une de ces femmes jouée par Julie Ferrier a une gueule de caissière selon ses dires, et bien justement elle était caissière, comme quoi une femme issue d'une classe sociale défavorisée peut atteindre le niveau d'une femme de la classe moyenne (ouf!). Elles habitent des maisons style Kaufman et Broad dans une  plaisante nature aux poétiques plans d'eau. Mais voilà, entre bénévolat et balades dans les centres commerciaux ces femmes là s'emmerdent prodigieusement, un peu à la Bovary, avec une certaine langueur légèrement amère, celle qui fait soupirer longuement, celle qui vous fait mourir à petits feux. Et oui la maternité ne leur suffit pas à ces femmes là, la vacuité de leur existence les accable, et les enfants loin de remplir leur vie finissent par leur peser lourdement.

Film désenchanté  un peu charmeur, un peu énervant !! Nous avons toutes un petit côté de ces femmes là, nous connaissons ou avons connu les difficultés à concilier travail et maternité sans même évoquer les difficultés liées à l'éducation de nos chères petites têtes rousses ( y en a marre des blondes !)  en même temps, on regarde avec un certain effroi ces femmes se perdre avec fatalisme dans la désolation de leur vie au rythme des plans sur les étangs, petits interludes beaux et mélancoliques. On a envie de les secouer, ces mollassonnes !!! et de les envoyer illico presto à leur travail, où alors d'autres joies surviendront : garde des enfants, travail post scolaire, courses à faire à la volée, épuisement garanti ! mais ennui envolé ! A noter une savoureuse prestation de Marie Christine Barrault, le jeu des autres actrices est excellent.  

Je n'ai pas évoqué les époux du film, ils sont tous sur le même modèle : aveugles à leur femme, uniquement préoccupés de leur précieuse personne, avec un zeste de muflerie et de misogynie, un peu trop cliché, les maris.

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08 octobre 2013

Ne m'oublie pas

ne m'oublie pas

Document  autour de la maladie d'Alzheimer, ou comment vivre le plus tendrement possible cette horreur qu'est la maladie d'Alzheimer difficile pour le malade, pénible pour son entourage. Le réalisateur filme sa mère, atteinte de cette maladie sur plusieurs années. Elle était belle et intelligente, leur famille vivait avec ses secrets, la maladie les réunit, efface les regrets, les remords, les blessures d'une vie; l'occasion pour ce fils de se souvenir des belles années de cette mère qu'il découvre avec nous. Se souvenir des belles choses ! Zabou Breitman avait déjà traité ce sujet, mais cela restait fort romanesque, David Sieveking choisit le réalisme, plus proche de nous, même si il choisit de l'édulcorer un peu quand même !     

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26 septembre 2013

Blue Jasmine

Blue Jasmine

Film de Woody Allen

Je suis une inconditionnelle de Woody Allen, celle du petit juif pleurnichard qui se moque de lui avec un humour jubilatoire, celle qui se réjouit à ces critiques mi-figue mi-raisin et souvent partiales de la société où il évolue. Dans Blue Jasmine, je ne le retrouve pas, et pourtant Jasmine son héroïne en aurait eu bien besoin de cette tendresse teintée d'humour qui en aurait fait autre chose qu'une insupportable mythomane avide d'argent qui croit que la vie se résume aux vêtements de luxe, à savoir organiser des réceptions où le gratin de la société se côtoie, comme les grandes courtisanes savaient le faire. Jasmine s'est trompée de siècle, et sa recherche désespérée d'un riche mari n'émeut pas vraiment et ne me semble plus d'actualité, ce personnage là est un peu trop cliché. Le rôle est pourtant fort bien tenu par Cate Blanchett, qui s'en sort au mieux, mais le film finit par lasser un peu, heureusement sa soeur nous fait plus rire, bien dans sa peau, bien dans sa classe sociale dite populaire bien que là aussi ses partenaires soient un peu trop caricaturaux

Bon, je t'aime quand même Woody, mais fais mieux la prochaine fois, arrête de vouloir faire plaisir aux critiques qui te reproche de faire du Woody Allen ...nous, c'est pour ça précisément qu'on t'aime bien.  

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21 septembre 2013

Elle s'en va

Elle s'en va

Film d'Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve, Nemo Schiffman, Gérard Garouste, Claude Gensac, Camille ...

J'ai aimé ce film sur les femmes soixantenaires, avec pour égérie Catherine Deneuve ... un film sur des perdants, ils ont tous perdu quelque chose, mis à part leur jeunesse, l'une son mari et bientôt son restaurant, l'autre sa femme et bientôt sa mairie, Camille qui joue la fille de Betty-Catherine D n'a, croit-elle,jamais eu l'amour de sa mère, Charly le petit fils lui a perdu son père égaré quelque part ... Emmanuelle Bercot s'amuse à confronter Betty à plusieurs personnages savoureux : un vieil agriculteur dont les doigts gourds et boudinés mettent 3 plombes à lui rouler une cigarette, des femmes cinquantenaires et populaires en goguette, un jeune beauf qui imite le marcassin fort bien, et qui couche avec Betty car elle a dû être fort belle, jeune  ... avec en rôle majeur la cigarette qui sert de fil conducteur à ces rencontres inopinées qui vont déboucher sur un happy end.

 La rencontre des anciennes Miss est un grand moment du film, merci à Emmanuelle Bercot de mettre en scène ces femmes anciennes-belles-encore et si attendrissantes sous la houlette d'une organisatrice jeune et belle pète-sec qui les traite comme du bétail.

Un petit salut de Mylène Demongeot, le plaisir de revoir une actrice un peu oubliée Claude Gensac, celui de découvrir Gérard Garouste qui est également peintre et sculpteur et qui a un charme certain, la chanteuse Camille est convaincante en actrice, à noter une Evelyne Leclerc en vieille miss (elle me rappelle quelqu'un mais qui ?).  

Une certaine nostalgie bienheureuse de l'époque 'Dieu est un fumeur de havanes', un optimisme évident, Catherine Deneuve et les acteurs professionnels ou non font de ce film un petit bijou d'automne.  

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13 septembre 2013

Rock the Casbah

Rock the casbah

Film marocain de Laïla Marrakchi

avec Morjana Alaoui, Nadine Labaki (réalisatrice de Caramel), Lubna Azabal, Hiam Abbass ..

Film délicieux autour de la mort d'un patriarche marocain au grand coeur mais peu ouvert ce qui n'étonnera personne à l'émancipation féminine. Sa mort réunit ses 3 filles et est l'occasion de révéler un secret de famille qui a pesé lourd puisqu'il a provoqué le suicide de la 4ème soeur .. Répliques savoureuses et piquantes, tout est dit sur l'impossibilité pour ces femmes de vivre librement sans le joug d'une société machiste, mais le ton employé est résolument humoristique et tendre, l'optimisme est de rigueur, le dénouement est un peu idyllique, un peu rose bonbon, mais fait un bien fou dans cette rentrée un peu déjà trop grise.

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05 juin 2013

La Grande belleza

La Grande Bellezza

Film de Paolo Sorrentino avec le fort séduisant Toni Servillo, une apparition délicieuse de Fanny Ardant, une vision assez terrifiante de la grande vieillesse, à la bouche édentée et au regard atteint d'une DMLA , mais dont les yeux s'animent cependant un temps, facétieux pour demander au héros principal joué par Toni Servillo, pourquoi il n'a jamais plus écrit après un premier roman de jeunesse 'L'appareil humain', et fort poétiquement le souffle léger de la sainte centenaire provoque l'envolée de flamants roses venus se reposer bizarrement auprès d'elle , c'est curieux une tête de flamand rose, mais cela va bien avec certains visages du film...  Tout est théâtral dans ce film, le décor d'abord Rome et ses statues, ses vieux palais où se protègent du temps de vieilles princesses, les êtres humains qui s'y côtoient dans une grande liesse festive au rythme endiablé où jeunes beautés et vieux tableaux botoxés se trémoussent en l'honneur des 65 ans d'un mondain, coqueluche de la société aisée de Rome. Bien sûr Fellini est présent, et Sorrentino lui fait des clins d'oeil en permanence à notre grand plaisir. De ce film se dégage une nostalgie cruelle et tendre, celle que l'on a quand une grande partie de sa vie est passée, celle des bilans où l'on se rend compte que l'on a rien fait de sa vie, enfin rien de grandiose ou de courageux, celle où les illusions ont encore la vie dure ... on n'est qu'humain alors que l'on aurait voulu être Dieu !! parlons en de Dieu d'ailleurs ou du moins de ses représentants, un cardinal qui n'a foi qu'en la cuisine, une nonne qui paye 700 euros pour ne plus transpirer des mains, une religieuse adulée de 104 ans, à la décrépitude agressant le regard, qui ne mange que des racines, mais qui attire les oiseaux, un peu comme Blanche Neige, la laideur de la sorcière en plus. Elle seule d'ailleurs avec le héros s'en sortent bien, souriants, fatalistes et philosophes, ils n'attendent rien d'autre de la vie, et pourtant si, l'écrivain, lucide et cynique à l'ironie mordante mais bienveillante finira par où il a commencé, un livre, et encore faire l'amour ... 

Beau film sur Rome, tendre film sur une Humanité complètement perdue, l'argent ne fait donc pas le bonheur ? le pouvoir quel qu'il soit, non plus ... l'amour ? peut être, un peu ...  la Belleza de Rome ? sans doute, un peu.

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19 mai 2013

L'écume des jours

L'écume des jours

Film de Michel Gondry avec Audrey Tatou, Romain Duris, Gad Elmaleh, Omar Sy, Aissa Maiga

Film en 2 parties, l'une gaie, l'autre pas, l'une riche en couleurs, l'autre en noir et gris, l'une bonheur et l'autre malheur, l'une richesse et joyeuse oisiveté, l'autre pauvreté et labeur épuisant ... des trouvailles amusantes, abracadabrantes, féeriques, délicieusement décalées pour la première partie avec une musique jazz à la Vian, un rêve drôle et délicieux, et puis avec la fleur qui envahit les poumons de Chloé, le rêve se transforme en cauchemar, le monde enchanté de Colin et de Chloé se désagrège, se rapetisse jusqu'à devenir un sombre et infâme taudis, la folie guette les uns, la misère les autres, une drôle d'atmosphère où tout est noirceur, dévastation, presque un état de guerre ... et l'amour dans tout ça, et bien il est là du début jusqu'à la fin, il colore la vie quand tout est bonheur, et il se met en deuil au fur et à mesure de la dégradation de la santé de Chloé, l'humour se fait plus grinçant et plus rare, mais le fantastique se porte bien du début à la fin, et moi j'aime bien ...  J'avoue que j'ai oublié le roman de Boris Vian, alors cela évite les comparaisons, et c'est tant mieux ! ce film m'a donné envie de relire le roman.  

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18 mai 2013

Le Passé

Le Passé

Film de Asghar Farhadi avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa.

C'est l'histoire d'un adultère, où le suicide manqué d'un protagoniste du trio transforme le drame en thriller psychologique assez bien mené avec moults rebondissements, le 4ème membre, mari (séparé)de l'amante vient d'Iran pour divorcer, c'est lui qui aide à démêler les noeuds de l'intrigue en intervenant auprès de sa future ex-femme, de la fille aînée de celle ci, et du jeune fils de l'amant ...Bérénice Bejo joue cette femme, qui a 2 enfants d'un précédent mariage, Ali Mosaffa en joue le mari, séparé d'elle depuis 4 ans, Tahar Rahim joue l'amant dont l'épouse est en coma dépassé suite à un suicide manqué ... oui, c'est compliqué, forcément comme dans la vie. Il n'y a pas de fin, ni heureuse, ni malheureuse, même pas de question franchement posée, en tous cas le film ne donne aucune réponse, c'est à chacun de choisir la fin qu'il préfère, mais on peut supposer qu'il n'y aura pas de fin, et que cahin-caha le trio perdurera, et le 4ème ? lui, il retourne dans son pays, n'ayant au final pas d'autre choix, contre, peut être, son coeur défendant.

Pas de parti pris chez Farhadi, il se contente de mettre en scène un scénario habilement monté, où les pièces de ce puzzle se mettent en place lentement, il n'y a rien d'affirmatif chez lui, des vérités suggérées, et une fin qui n'en n'est pas une, laissant toutes les portes ouvertes. Personne n'est coupable, personne n'est innocent, comme dans la vie en somme !

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