09 janvier 2013

Renoir

Renoir

Film de Gilles Bourdos avec Michel Bouquet, Christa Théret, Vincent Rottiers, Romane Borhinger (dans une trop courte apparition) sur la fin de vie d'un Renoir souffreteux, mais toujours sensible à la carnation délicate des belles jeunes filles, sur le début de vie fortement amoché par les horreurs de la guerre de son fils Jean qui se distinguera dans l'art cinématographique, grâce à une jeune femme délicieusement jouée par Christa Théret.

C'est un film sensuel à déguster dans un bon fauteuil, par un après midi d'hiver, c'est un film où l'on se plonge dans un univers de femmes belles virevoltant autour d'un Renoir à l'oeil parfois encore vif, où la lumière dorée lumineuse a le reflet des tableaux si colorés de Renoir renoirisant, celui un peu kitsch si décrié par les critiques, un paysage foisonnant de fleurs odorantes, de jeunes femmes pulpeuses à la chair dorée se lovant nues sur des canapés, les voilages des fenêtres ouvertes flottant sous une brise légère ... pas d'histoire précise, du flou, des petits messages glanés ça et là, un Coco Renoir qui pense être mal aimé, un Jean qui veut trouver sa place face à un père envahissant, un modèle qui doit se faire épouser, pour ne pas finir prostituée ou bonne à tout faire ...

Petit instant de vie à la Renoir ,dernier bel été, embelli, idéalisé, empaqueté à la façon d'un cadeau. La souffrance du Renoir rhumatisant n'y change rien, pas plus que la vision des gueules cassées, elles ne sont là finalement que pour rendre crédible cette jolie page, et l'on veut bien y croire, nous, oui, on veut bien y croire.     

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03 janvier 2013

L'homme qui rit

L'homme qui rit

Film de Jean Pierre Améris avec Marc André Grondin dans le rôle de l'homme qui rit, Christa Théret dans le rôle de l'ingénue aveugle, Gérard Depardieu dans le rôle du gentil bougon au coeur noble, Emmanuelle Seigner dans le rôle de la duchesse sensuelle mais pas aussi méchante qu'elle le voudrait, et puis il y a pléthores de pauvres sales, de riches poudrés cruels : la cour des miracles, les misérables, oui, Victor Hugo est bien présent, presque caricaturalement mis en scène, à nos yeux de nantis et hygiéniques humains du 21me siècle .. en fait ce devait être vraiment cela la pauvreté au XIX siècle, ce devait être vraiment cela la noblesse engoncée dans ses privilèges, avec sans doute la poésie et la beauté en moins, car la mise en scène choisit de privilégier, le rêve, l'irréalité des héros, l'absence d'émotions fortes. Chaque personnage est un archétype qui fait de ce film une fable universelle, intemporelle, parfaitement inutile quant à la morale conclusion, comme toutes les fables d'ailleurs, mais assez désenchantée finalement quand on pense qu'au bout du compte, toujours, la barbarie humaine finit par l'emporter. Notre monde actuel le prouve quotidiennement. Chaque scène est une petite scenette de théâtre, qui nous ramène à la grandiloquence souvent théâtrale, ampoulée de Victor Hugo, mais finement écrite bien sûr, superbement écrite. ouf, je m'en tire bien !!!

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29 décembre 2012

Mes héros

Mes Héros

Film  d'Eric Besnard avec Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Clovis Cornillac. Petit film gentillet, un peu planplan, un peu gnangnan, un peu concon où l'on prend un peu de plaisir avec les comédiens, on se moque de l'histoire, on sait d'avance sans rien connaître du film qu'elle sera sans surprise, agréable à regarder, mais oubliable illico presto .. le décor est style nain de jardin, un peu kitsch donc, un peu vieillot, les personnages bougons avec un coeur gros comme ça, les flics un peu cons mais au final humains; aller voir ce film c'est comme aller voir de vieux cousins qui vous offrent une boisson sirupeuse à souhait, c'est comme retrouver avec plaisir de vieux souvenirs rangés dans une malle poussiéreuse d'un improbable grenier, c'est comme parfois, souvent, rarement, votre vie ou la mienne en somme. Et à part ça ? rien d'autre mais un sirop fraise ou un charmant souvenir, c'est pas si mal ... parfois, souvent, rarement.  

C'est rare un film que l'on n'oublie pas, non ?

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26 décembre 2012

Main dans la main

Main dans la main

Beaucoup de mythique dans le troisième film de Valérie Donzelli, le lieu principal du film : l'opéra Garnier et sa chantilly de petits rats, la madeleine de Commercy où Jérémy Elkaïm  habite et travaille dans une miroiterie, la voix off du film qui rappelle la voix monocorde de Truffaut, les paysages pris en travelling version 70 filmée en super 8, et le corps nu sublime de Valérie Lemercier qui se drape dans un long rideau et défile ainsi dans les rues à la manière de la non moins sublime Charlize Théron qui s'adore en Dior. L'histoire est celle d'un amour, pas franchement coup de foudre, plutôt coup du sort insupportable au début pour Joachim et Valérie soumis malgré eux à une synchronisation de leurs gestes ... Leurs différences multiples finiront pas trouver un accord; J'ai adhéré à ce joli film, qui a des longueurs pour rêver un peu, des réparties pertinentes et amusantes sur le couple, l'amour, la solitude.  Valérie Donzelli est la soeur de Jérémy Elkaim. A noter Béatrice de Staël savoureuse.

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07 décembre 2012

Cogan : Killing them softly

Cogan

Des losers en Amérique contemporaine, des tripots gérés par la Mafia puissante et protégée, des promesses électorales vibrantes de patriotisme bien pensant d'un Obama en 2008 en décalage avec une petite histoire sordide de braquage où 3 branquignols tragiques vont irrémédiablement se faire tuer, où les tueurs à gage ont des états d'âme pour l'un, et pour l'autre une intention particulière : tuer sans déclencher de pathos inutile chez l'assassiné, alors tuer de loin, surtout, tuer sans affect.  Et bizarrement, on les trouve attachants ces perdants, ces oubliés qui font aussi partie du système. 'L'amérique, ce n'est plus un pays, c'est devenu un business'. Un peu pessimiste, un peu désabusé, un peu réaliste ...

De bons acteurs, un moment plaisant d'oubli, que demander de plus un jour de pluie ? 

Film d'Andrew Dominik avec Brad Pitt, Scoot McNairy, James Gandolfini  

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30 novembre 2012

Argo

argo

Les critiques sont, soit, fort élogieuses, et le classent meilleur film de l'année, soit, fort sévères et critiquent son patriotisme bêta et surrané ... je trouve que ce film est un bon thriller, qui met en scène un pan méconnu de ce que l'on a nommé la crise iranienne des otages  dans un Iran où la République Islamique de l'ayatollah Khomeini avait succédé à l'empire du Shah. Réfugié alors au Méxique, le shah se rendra aux USA pour y être soigné, ce qui déclenchera l'assaut de l'ambassade des États Unis à Téhéran en Novembre 1979. Argo filme les 6 membres de l'ambassade qui ont réussi à sortir et se sont réfugiés à l'ambassade du Canada. Un plan particulièrement loufoque sera échafaudé pour les libérer... et c'est ce que le réalisateur acteur Ben Affleck nous propose de voir, et je ne suis pas sûre que ce soit, seul, le pouvoir de fascination du cinéma qui ait eu raison du pouvoir iranien, c'est sans doute un facteur chance lié à des circonstances rendues favorables par la jeunesse de la République Islamique encore balbutiante. L'histoire, la grande, semble encore, d'ailleurs bien plus compliquée encore, peu importe, on s'en moque, ce film n'est pas un film historique, son rythme est soutenu, le suspens, bien que l'on connaisse l'heureux dénouement, nous tient en haleine, alors place au plaisir d'un bon moment de cinéma et rien de plus.       

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27 novembre 2012

Thérèse Desqueyroux

Thérèse Desqueyroux

Il faut bien le dire, Mauriac, c'est pas un rigolo ! c'est plutôt le drame lourd, pesant, qui domine dans ses romans. Bourgeois, nantis, besogneux, inhumains, ses héros sont tiraillés entre la Foi et le sexe, entre l'argent et le pouvoir, entre le qu'en-dira-t'on et le m'as-tu-vu-sur-mon-prie-Dieu, alors forcément, il faut que les sentiments exultent quand même, et cela donne des monstres froids qui commettent des actes noirs sans qu'il y ait forcément une cause directe. Thérèse tente de tuer son mari car elle ne supporte plus la vie dans laquelle il l'enferme, il y en aurait d'autres qui prendraient un amant, s'enfuiraient, se réfugieraient dans les bonnes oeuvres, l'amour des animaux, l'amour des enfants, la religion, elle, choisit tout simplement d'empoisonner son mari en falsifiant ses ordonnances de valériane prescrite pour des palpitations. Curieux pour une femme réputée intelligente et cultivée ! hein Mauriac ?

Le Thérèse Desqueyroux de Claude Miller restitue bien l'ambiance confinée des romans de Mauriac au milieu des forêts landaises, Audrey Tautou est une Thérèse convaincante, dont la froideur pourrait s'échauffer pour peu qu'elle trouve des gens qui pensent comme elle et c'est ce que choisit de lui donner Miller à la fin du film, elle s'envole Thérèse vers une liberté retrouvée. Son mari ici, Gilles Lellouche joue lui aussi avec beaucoup de finesse entre le cuistre soucieux de l'image de la Famille, et l'homme qu'il aurait pu être, et que définitivement, on le sait, il ne sera pas. Il y a de l'humain chez ces gens là !

Au total bon sujet d'étude littéraire ce film, pour les professeurs de lettres qui souhaitent amener leurs élèves à Mauriac, les plus concernés liront le livre, les autres se contenteront de voir le film, ce qui n'est pas si mal. 

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13 novembre 2012

Au service de sa majesté

Au service de sa majesté

Vu ce film avec mes 3 petites filles ... bien sûr il y a mes chouchous Edouard Baer, Fabrice Luchini, Catherine Deneuve, Guillaume Gallienne et ceux qui ne le sont pas, Valérie Lemercier et Gérard Depardieu, tous, cependant excellents dans leur rôle. Les effets spéciaux s'harmonisent à la tonalité franchouillarde du film (et de la BD, entre nous !) ... les acteurs dominent bien sûr les personnages : le Baer-Astérix ergote et philosophe, le Depardieu-Obelix se révèle plus fin qu'il en a l'air, la reine Deneuve pratique avec un royal savoir-faire l'autodérision, le Luchini-Cesar un peu cabotin, comme d'hab, césarise ou luchinise à tout va et moi j'y suis allée justement pour ça; cela tombe bien !  bien sûr il y a des clins d'oeils énormes, des jeux de mots faciles, mais cela se laisse voir avec beaucoup de plaisir et que dire de la joie délirante des petites filles qui hurlent, rient, commentent, tout en se gavant de pop corn ...  bon petit instant familial vraiment, oui on oubliera vite le film, aussi, mais sur le moment, ça fait du bien ! 

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07 novembre 2012

Un plan parfait

un plan parfait

Télérama (ainsi soit il) trouve ce film réussi, bonne comédie en somme. Je me souviens que le même journal (ainsi soit il aussi) trouvait le film 'Le Prénom' un peu plat, comme du théâtre filmé ... curieux cette différence de traitement ! je trouve pour ma part (fort humble il est vrai) qu'un plan parfait' joue dans le burlesque lourdingue, et que les dialogues manquent d'originalité; il s'agit plutôt d'un comique de gestes, où Dany Boon n'est pas mauvais quand on aime ce genre, mais à la longue, on regarde l'heure, même si la beauté de Diane Kruger est indéniable, même si les seconds rôles féminins et masculins aident aussi à faire passer le film. Moyen et vite oublié. L'histoire est éternelle : la rencontre de la belle et de la bête ... 

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27 octobre 2012

Amour

amour

On peut se demander pourquoi Michael Haneke a pris le parti de réaliser un documentaire, réaliste et juste, sur le maintien à domicile, fort bien joué par 2 acteurs qui sont parfaits. On pouvait s'attendre à autre chose. Certes, on retrouve, avec émotion le sourire ravageur et tendre du Trintignant jeune, et le charme inaltérable d'Emmanuelle Riva dont le visage ridé est beau tout simplement. Ils ont bien vieilli. Mais pour avoir vécu quatre agonies d'êtres aimés, je trouve que cette cinquième mort annoncée de cinéaste est trop limitée aux symptômes (où il ne manque que les odeurs) et complètement dénuée d'humanité ! Les émotions sont curieusement laissées de côté, à part l'inévitable refus  de l'héroine principale d'être vue diminuée par les siens, et son désir très humain d'abréger sa dégradation.  Pourquoi diable ce film manque t'il autant de tendresse, de chaleur, d'humour, de générosité car il y en a de ces moments entre ceux qui vont mourir et leurs proches ... Si Haneke souhaitait nous montrer l'effondrement d'un vieil homme dépassé par la maladie douloureuse et invalidante de son aimée, effondrement qui le mène à la déraison, et bien OK, c'est réussi. Si, il souhaitait, par contre, révéler une autre dimension de l'amour, c'est raté.

En fait, c'est le titre qui pèche ! Agonie aurait mieux convenu, moins accrocheur, sans doute mais plus conforme au scénario. Et je me sentirais moins flouée ! je ne serais d'ailleurs pas allée le voir. Quoique, pour Trintignant, si, peut être ... si, quand même !   

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