13 janvier 2015

Sade 1740-1814

Portrait imaginaire de Sade - Man Ray 1938

Plusieurs démons au berceau de Donatien, son père d'abord Jean Baptiste de Sade, cultivé, libertin, ambitieux, intrigant, abonné à ce que l'on nomme le vice italien, le comte de Charolais tuteur du petit Condé connu pour sa férocité, l'abbé de Sade du château de Saumane fort libertin lui aussi qui le recueillit quelques années, les jésuites du collège Louis Le grand où il connut certains plaisirs entre flagellations et sodomie dit-on, et toute cette flopée de femmes qui tournent autour de lui, maîtresses du père, de l'abbé, grand-mère qui l'élèveront en petit despote fort imbu de lui même avec une grande absente, sa mère qui n'eut d'autre choix que de se retirer dans un couvent ... bref Donatien de Sade né en 1740 sera non-éduqué et livré au final à ses instincts narcissiques qui le mèneront à une certaine perversité sexuelle où sa jouissance passera par la souffrance des autres. Cependant on ne peut évidemment pas limiter Sade à n'être qu'un pervers sexuel, ses 27 ans de captivité feront de lui un écrivain talentueux, Sade 2à noter d'ailleurs que lorsque Sade écrira sur des thèmes classiques, notamment en écrivant des pièces de théâtre, il subira un flop total et n'intéressera pas le public. Ce sont ses écrits fantasmatiques où toutes les perversités seront permises qui le rendront célèbre. Sa philosophie de la vie est assez simple  'Ce n'est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres'. Sade est un asocial, indifférent aux autres qui ne sont que des instruments de plaisir ou moyens de se procurer de l'argent. Sade utilisa la révolution qui le délivra de la prison d'abord, et lui donna une image de révolutionnaire victime d''une société qui se mourait. Ses actes pervers et cruels passèrent pour violence révolutionnaire pour certains intellectuels alors que d'autres l'accusèrent d'être à l'origine des horreurs du nazisme. Sade ne laisse pas indifférent. Des femmes, pourtant, aimèrent cet homme, qui fut exécré en son temps; on lui prête sans doute plus de faits horribles qu'il n'en fit. La pratique des fouets, martinets, et autres babioles du même genre était à l'époque courante dans les maisons de prostitution que Sade fréquentera toute sa vie, il molestera d'ailleurs plus volontiers les femmes de modeste condition, les considérant comme l'époque le voulait aussi avec une morgue méprisante. Il les flagellera, les incisera, les humiliera de toutes les façons possibles, mais ce sont surtout son usage du sacrilège, outrage au crucifix, blasphèmes

Man Ray

images de saints, reliques profanées, qui heurteront et le feront emprisonner au moins la première fois. Sa belle mère, femme intelligente et forte, la seule qui sera de taille à l'affronter fermera souvent les yeux sur ses débauches, du moins au début, mais quand il séduira sa seconde fille, il en sera autrement et ce sera sa deuxième incarcération. C'est un être complexe cet homme là qui n'en finit pas d'interroger. Sur ce, rétablissons les faits, la violence sexuelle, la torture, existent depuis toujours, l'Histoire est remplie de meurtres, viols, mutilations et perversions sexuelles et cela dure encore. Cette violence de l'homme ce n'est pas Sade qui l'a inventé, mais l'écrivain Sade est le seul à l'avoir retranscris sous une forme littéraire et philosophique dont on ne peut critiquer la forme, et c'est dans cette liberté d'écrire à tout prix des écrits sulfureux jusqu'à l'horreur notamment dans Cent Vingt Journées de Sodome que Sade accédera à la notoriété. le XIX siècle sera un bouleversement technologique, scientifique, social, politique, artistique sans précédent, et les artistes n'hésiteront pas à déborder des cadres que le classicisme imposait. Amusant de comparer les visages de Saint Sébastien du Pérugin 1446-1523 et d'Angélique d'Ingres 1780-1867, il y a la même extase si peu religieuse, la même offrande d'un corps lascif.Ingres Angélique 1819

Le Pérugin

 même si les dessins licencieux circulaient sous le manteau depuis toujours. L'exposition d'Orsay veut mettre en valeur le fait que le XIX s'est fait le conducteur de la pensée de Sade qu'il tenait pour maudite, Sade aurait libéré la parole  en ce qui concerne la perversion dont nous sommes tous susceptibles d'être atteints,Bosch L'Enfer

la peinture classique s'en était déjà emparée avec ses nombreuses scènes de martyrs, ou ses affreuses images d'enfer, mais la solennité des lieux religieux en faisait hypocritement un acte de dévotion dénué de toute violence. Jérome Bosch 1453-1516 est une exception. Sa vision de l'Enfer est assez orientée je trouve. Les peintres du XIX comme Degas, Moreau, Ingres, Cézanne, Courbet ont un peu levé le voile sans en avoir l'air dans un XIX siècle peu clément envers les femmes où l'on n'hésita pas à traiter le désir féminin comme une maladie psychiatrique, où la violence (chirurgicale ou médicamenteuse) faite aux femmes dépasse au final largement les écrits d'un Sade qui en écrivit plus qu'il n'en fit. Quant aux surréalistes, ils se déchaîneront avec un enthousiasme libérateur aussi bien dans les désirs inavouables que dans un anticléricalisme sans limite aucune non dénué d'humour mais contestable dans sa virulence provocante.  Et nous, les visiteurs à l'exposition à Orsay Attaquer le soleil, cela fait de nous, tous âges confondus des voyeurs, un peu dérangeant ?Les curieuses Fragonard détail

non, cela illustre assez bien bien l'ambiguité humaine qui peut aller jusqu'à l'horreur si bien écrite par Sade. Soyez tranquilles lecteurs, les photos incluses à ce message resteront vertueuses ou presque. 

 

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26 septembre 2014

Alexis Tricoire aux Serres - Jardin des plantes

Serre Jardin des Plantes

Ainsi donc, une fois n'est pas coutume, je me suis gavée de plantes en serres, dans ce riche Jardins des Plantes sous l'oeil de Buffon et sous un ciel azur d'automne bienvenu. Il me faut noter une petite déception initialement provoquée par un manque d'information de ma part au sujet de la dite exposition Hybridations d'Alexis Tricoire  dans le cadre de la Paris Design Week. Quoi, que des brosses dans ce Land Art un peu particulier où au final Dame Nature a été domptée par l'homme ? Et puis avec le dépliant j'apprends que c'est un trio qui fait la réussite de cette exposition, la Fédération Française de la Brosserie, l'entreprise IGUZZINI pour les effets de lumières et le savoir faire du designer Alexis Tricoire. Alors, à fond les brosses forcément !

détail

Goupillons de maternité au temps antique où jeune stagiaire je procédais au lavage des biberons (un jour j'évoquerai  les pots à lavements, ah inoubliable apprentissage si inutile quant à la technologie, mais si fort à vous donner un caractère bien trempé pour la vie !) dans une école d'infirmières provinciale ... mais je m'égare, revenons donc aux goupillons et aux brosses  fournis par la FFB au créateur Alexis Tricoire designer inspiré par Dame Nature qui a beaucoup d'imagination elle aussi et qui fait aussi de belles réalisations un peu aidée par les jardiniers.Serre j des plantes

 Qui dit de nos jours Nature pense politico-correctement écologie, biodiversité, protection de l'environnement, recyclage des déchets ..On ne manque pas de rappels à l'ordre dans notre société et cette exposition n'y échappe pas, notamment par des panneaux explicatifs. Toutefois, je fus attirée par la poésie loufoque du monde d'Alexis Tricoiretricoire 4

qui en mêlant l'art à la nature arrive  au même message que nos laborieux politiques écologistes, mais d'une façon nettement plus rigolote.

Tricoire 3

Amusant en outre d'observer les réactions humaines, que ce soit celle de botanistes étrangers absorbés qui vous piétinent allègrement sans vous voir,

Tricoire 2

Tricoire 9

Rose d'or

ou celle du spécialiste averti qui n'adhère pas du tout, mais alors pas du tout chère amie, au mélange des genres .. et moi, moi qui suis folle des mots, je me découvre au milieu de ces herbes géantes cannibales et menaçantes comme un petit poucet qui recherche ses cailloux, heu non ses brosses disséminées selon les caprices pleins d'humour d'Alexis Tricoire.

Tricoire 6

Tricoire 10

 

A voir donc au jardin des plantes dans les serres jusqu'au 24 Novembre 2014.

Châblis : Arbre déraciné par éléments naturels (vent, orage)

Epiphytes : Plantes qui vivent sur d'autres plantes.

 

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13 septembre 2014

Oscar Muñoz

Né en 1951 cet artiste colombien peintre, graveur, dessinateur, plasticien est obsédé par la mémoire et la trace que l'on laisse une fois effacés du monde des vivants. Ainsi les photos des disparus de morts violentes qui se succèdent comme faits divers anonymes dans la mémoire collective et que l'on oublie rapidement, Oscar Muñoz les fait revivre sous forme de mémorial : sur 5 écrans, une main dessine le visage de ces disparus qui disparaissent pour réapparaître sans fin sur un autre écran : Proyecto para un memorial .

L'oeuvre d'Oscar Muñoz est le rapport de l'image au temps qui passe, image qui ne reste qu'un moment dans notre souvenir et qui  pourtant devient à notre insu témoignage d'une époque. Il utilise les éléments comme l'eau et le feu, il joue avec les supports : des carrés de sucre imbibés de café représentant des pixels défient le temps : PixelesPIXELES

Cortinas de baño - Muños

Des rideaux de douche  lui servent de toile où il peint des corps fantomatiques à la manière des négatifs photographiques : Cortinas de baño

 Muñoz a débuté en dessinant au fusain; Puis il a décortiqué le processus de la photographie et s'arrête juste avant qu'elle ne soit fixée, il utilise de vieilles photographies, anticipe leur probable destruction et leur donne ainsi paradoxalement une seconde vie, tels ces miroirs où le souffle des vivants révèle des portraits de disparus sérigraphiés, révélation fugace qui nous ramène à notre propre éphémérité.

Muñoz ne se définit pas en un seul regard, ni un seul message. Il nécessite qu'on y revienne plusieurs fois, mais il est étonnant et curieusement apaisant. Il met aussi en parallèle la fragilité de la photographie temps déjà passé et mort à celle de la fragilité de la mémoire de nos propres vies qui s'épuise à vouloir tout retenir et à arrêter vainement le temps, c'est assez fascinant je trouve. Y revenir donc.  

Un site internet pour ce faire qui a l'avantage aussi de faire travailler son espagnol !

http://www.banrepcultural.org/oscar-munoz/presentacion.html

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26 mars 2014

Lettre à Gustave Doré

Monsieur

IMG_1149

Comme beaucoup de mes congénères j'ai eu maintes fois l'occasion de trembler sous vos illustrations assez effrayantes qui ornaient les non moins terrorisants contes de Perrault qui ont baigné mon enfance, c'est d'autant plus caustique qu'à l'époque nos lectures étaient fortement censurées; Bien entendu, votre nom ne m'évoquait alors rien, ce n'est que bien plus tard, que j'ai associé votre nom à vos dessins définitivement inoubliables.IMG_1148

Et puis la vie me fit oublier votre nom, d'autres lectures m'attendaient. Bien plus tard encore, j'avoue humblement, Gustave, que je vous confondis souvent avec deux de vos semblables fort célèbres, le Courbet 1819-1877 dont l'audacieux L'origine du monde et l'inquiétant autoportrait dit le désespéré ne justifient pas cette confusion je l'avoue,  et le Moreau 1826-1898 plus mystique et symbolique que vous que l'on peut visionner sur ce blog. J'ai vécu fort bien sans vous, jusqu'à ce que le musée d'Orsay ne nous propose une exposition de vos oeuvres, alors par curiosité, j'ai tenu à vous rencontrer et je n'ai pas été déçue.

Au cours de cette visite dense et peuplée m'ont frappé cette petite scène de garrotGustave Doré

 toujours votre désir de faire peur, ce goût pour le macabre, ah le visage du supplicié est fortement bien rendu juste avant ....Votre Parque, ombre menaçante vaut également le détour, oh ce visage à l'austérité implacableLa Parque et l'Amour détail

et l'amour qui l'ignore ce fat !La Parque et l'Amour

et puis les gracieux petits bouts de personnages gelés ne déparent pas dans le 9ème cercle de L'enfer de DanteEnfer de Dante G Doré détail

avec un Ugolin en grande forme qui dévore le cerveau de l'archevêque RuggiériDante et Virgile dans le neuvième cercle de l'enfer

 sous les yeux indifférents de Dante et de Virgile.Dante et Virgile

Dore

Dans vos immenses tableaux assez académiques fourmillent des personnages grimaçants, terrifiés .... Vous avez toujours eu peur Gustave, des autres que vous vouliez surpasser, de vous même que vous ne pouviez dépasser. Vous êtes ambigu, cher Gustave, d'un côté votre appartenance à un milieu bourgeois vous attache fortement quand de l'autre côté, bon acrobate et violoniste vous adorez jouer les saltimbanques; d'un côté romantique symbolique vous adorez le plus cruel réalisme, talentueux dessinateur reconnu par tous, vous voulez briller dans la peinture; enfin d'un humour féroce jusqu'à la caricature vous pouvez vous plonger dans la mélancolie la plus noire. 

Un point où vous me surprenez également sont vos paysages croquignolesques, oui pardonnez moi le mot, ces tableaux laborieux m'évoquent les peintres du dimanche qui veulent en faire trop, trop de couleurs, trop de courbes, trop de volutes, trop de nature en furie ou dépérissant et puis cette bizarre ligne horizontale lumineuse et artificielleSouvenir de Loch Lamond

 oui vos paysages sont un rien affectés, factices, faits de petites touches picturales intéressantes isolées mais qui réunies donnent un ensemble disparate et amateur appliqué. Pierrot grimaçant

Et puis des petits trésors qui montrent un talent plus rare, moins commun un Pierrot grimaçant, des chouettesLes Chouettes détail G Doré

Balzac, Byron, Cervantès, Dante, Hugo, La Fontaine, Perrault, Poe, Rabelais, Comtesse de Ségur, Shakespeare ont bénéficié de votre talent, vos sculptures, et oui même votre peinture ont contribué à faire de vous le Doré (1832-1883) l'un des trois Gustave que je ne confondrai plus.

  Au musée d'Orsay jusqu'au 11 Mai 2014, les enfants seront intéressés. 

 

 

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14 mars 2014

L'obélisque de Louxor

Je suis une longue flèche de granite offerte par Méhémet-Ali vice-roi d'Egypte, j'ai 3000 ans, je pèse plus de 220 tonnes, mes compagnes se trouvent à Rome, Istambul, Londres et New York  J'ai donné du fil à retordre à ceux qui me désiraient, qui suis-je ? L'Obélisque de la Concorde25 Octobre 1836

Place de la Concorde, 30 siècles nous contemplent donc depuis le 25 Octobre 1836, où elle fut érigée grâce aux efforts de 350 artilleurs qui peinèrent sur les 10 cabestans de l'appareil de levage mis au point par Jean-Baptiste Apollinaire Lebas 1797-1873 polytechnicien et ingénieur du Génie maritime. Il sera nommé un mois après l'érection de l'obélisque conservateur du musée de la Marine.

1830 : Environ 5 mois de construction à l'arsenal de Toulon du navire Le Luxor qui transportera l'obélisque.

1831 : 4 mois de voyage entre Toulon et Louxor (attente dûe à crue du Nil) avec remontée du Nil durant 700 km. 120 hommes à bord dont un médecin Justin Pascal Angevin.

1832 : Départ de Louxor fin Août 1832, passage de l'hiver à Rosette, puis arrivé à Alexandrie, attente du printemps pour prendre la mer.

1833 : Arrivé à Toulon puis un mois plus tard départ des 2 bateaux pour Cherbourg. Le Havre, puis départ de Rouen halé par 14, puis 28 chevaux où il mettra 13 jours à atteindre ParisJolly

Atelier du musée de la Marine

 Côté hommes de main, peu de chiffres, des centaines de travailleurs du côté égyptien. 

L'obélisque attendra donc qu'on lui confectionne une nouveau piédestal qui nécessitera finances, extraction, transport et montage, soit 230 tonnes de granite du Finistère, transportés par le Luxor avec l'appareil de levage de A. Lebas.vers 1850

Ce n'est qu'en Octobre 1836 qu'il sera érigé sous les yeux des parisiens et de leur roi Louis-Philippe.Temple de Louxor

Du temple de Louxor, deux grands obélisques furent édifiés par Ramsès II en hommage aux Dieux et retraçant les faits marquants de son règne.

De la place de la Concorde, l'Obélisque est devenu un symbole incontournable de Paris.Place de la Concorde

Exposition qui se tient au Musée de la Marine à Paris jusqu'au 6 Juillet 2014. 

 

 

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27 juin 2013

Keith Haring

Keith Haring autoportrait

Courte vie de 58 à 90. Bien remplie pour un seul homme, bon dessinateur, fan de Dubuffet, Pollock, Paul Klee, Pierre Alechinsky, Warhol, Basquiat, suivra une école de dessin publicitaire, pas longtemps, puis l'école of Visual Arts à New York qu'il quittera avant d'avoir son diplôme, il s'en moque un peu de tout cela Haring, la rue est son atelier, le métro et les murs Keith Haring 2ses toiles ... il y rencontre là un publicKeith Haring 3

K Haring

et ses petits bonshommes dessinés à la craie deviennent célèbres. Ses nuits, il les passe dans les clubs où artistes en tous genres se croisent, musiciens, comédiens, écrivains et peintres. Provocateur, il utilise son talent  et ses dessins pour se faire messager en faveur de la discrimination raciale, religieuse, sociale. Il défend toutes les causes Haring, c'est de son âge.

K Haring 3

Il critique également le capitalisme, les technologies nouvelles que sont l'ordinateur et la télévision qui détruisent le cerveau, Keith Haring 4

Keith Haring 6la peopolisation dont il est pourtant un grand bénéficiaire. Son homosexualité qu'il revendique en permanence dans ses dessins fera de lui une des nombreuses victimes duKeith Haring 14

SIDA. il utilisera son énergie à se battre pour lui et pour les autres envers ce fléau. Le petit diable cornu, à gauche représente le virus du sida,Keith Haring 1988

l'énorme virus phagocyte le petit homme .. Haring pense qu'il survivra à son oeuvre, la mort éjacule sur les fleurs qui ne meurent pasKeith Haring 1989. L'art survit.

 La vie de Haring se raconte dans ses

Keith Haring 7Keith Haring 10

   

 

 

 

  Keith Haring 9

   

Keith Haring 12

 dessins ...  Sa production est remarquable, il a eu une petite dizaine d'années pour être omniprésent, avec le potentiel qu'il avait, il aurait forcément évolué. Il a le sens du commerce, Haring, il vend de l'art à petits prix, ce qui se défend ! 

Jusqu'au 18 Août 2013 au Musée d'Art moderne. 

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26 juin 2013

Ron Mueck

Mask Ron Mueck

Né en 1958, australien, il commence par faire des marionnettes pour la télévision (le Muppet Show) et le cinéma.  Il travaille avec sa belle mère Paula Rego, plasticienne portugaise et réalise pour l'une de ses compositions en 96 un Pinocchio.   

Silicone, résine, peinture à l'huile ...

Les personnages de Ron Mueck, ce sont les autres, notre voisin, nos vieux parents, le vieux couple Femme Ron Mueck détailRon Mueck détail couple

d'à côté, on remarque les rides, les veines, les expressions, leur lassitude ... on n'est pas très gai chez Ron Mueck, les gens heureux, c'est pas son truc;  on critique un peu, mais c'est comme un miroir, ce n'est pas vraiment nous ...c'est nous sans l'être vraiment ... et qu'ils soient géants ou nains, ne change rien à l'affaire. Il nous apprend l'indulgence Ron Mueck pour les autres, pour lui, pour elle, pour toi ... pour nous même. 

Les personnages de Ron Mueck, c'est nous, aussi. Mais c'est aussi  des histoires à écrire ...

Qui  est cette drôle de petite bonne femme ? on la croirait sortie de sa Cromagnie .. malicieusement,

Ron mueck

Ron Mueck détail

elle nous regarde et se moque de nous .. au diable les diktats, au feu vos croyances,  moi je suis heureuse, ce soir, j'aurai du bois pour entretenir le feu, car oui, je suis Vesta ...déesse éternelle ...et je ris de vous pauvres humains emprisonnés dans vos vies. 

Lui, c'est Thomas l'incrédule, celui qui ne croit que ce qu'il voit, à moins que le gang adverse ne l'ai blessé, lui le Crip invincible, et il n'en revient pas .. tout est permis avec Ron Mueck, l'histoire de ces personnages, c'est vous qui l'imaginez ...Youth

 Young Couple détailQuant à toi, tu me lâches, tu me fais mal,

young couple face

inutile de me retenir ...

Celui là, je l'aime bien cet homme, nu dans un bateau .. son air indifférent, l'air de rien, m'amuse, on dirait un tableau de Hopper en chair et en os ... ne fais pas ton fier, va, je t'aime bien, ne fais pas la tête, ni l'indifférent, man, prends la couverture, my dear et suis moi !Man in a boat

A la Fondation Cartier jusqu'au 29 Septembre 2013.

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25 juin 2013

Simon Hantaï

Pas aisé à suivre le Simon Hantaï un vrai labyrinthe. Faut dire qu'il a laissé peu d'indices, secret, pas très bavard, un peu sauvage, pas franchement préoccupé par son image, il se retirera de la vie sociale : il y a 15 ans, je me suis placé en dehors. Je me suis retiré du centre, parce que vouloir se placer au centre n’a aucun sens, interdit d’avoir une vision critique. Il ne reste qu’une fonction sociale. Alors, je suis rentré dans l’atelier, sans considération du marché, librement. C’était la seule solution. Sinon la peinture devenait de la chose, du produit. C'était en 1982 à l'âge de 60 ans.

Peut être était il au bout de ce qu'il désirait exprimer en peinture, peut être désirait il vivre autre chose.

Né en Hongrie en 1922, il suivra après des études pour être ingénieur, les Beaux Arts à Budapest, il y rencontrera en 1945 sa femme Zsuzsa Biro. En 1948, après un passage en Italie, ils viennent s'installer à Paris.Les Baigneuses

 Les Baigneuses sont un tableau particulier, je trouve, une sorte d'exercice, une inspiration venue des musées, un essai pictural, rapidement Simon Hantaï s'intéresse aux mouvements en vogue, le surréalisme alors en déclin, lui convient par les expériences apportées : collages, découpages, pochoirs, raclages, inclusion de végétaux, d'os, plumesL'arbre des Lettrés

Femelle-Miroir II 1953

Regarde dans mes yeux

 

... et il produira plusieurs tableaux avec une touche assez personnelle, très anatomique, disséquée ...en 55, il abandonne ce style et s'intéresse à Pollock et à Georges Mathieu, et Simon Hantaï s'éclate en même temps que

Peinture 1954

Peinture 1956

Peinture 1959

sa peinture : il éclabousse sa toile de couleurs vives, recouvre le tout de peinture sombre, puis racle, d'un rythme quasi musical  à l'aide d'un cercle métallique de réveil-matin; une calligraphie étrange, joyeuse, harmonieuse et finement travaillée.  Simon est un grand lecteur de textes philosophiques, de textes religieux, il y a chez cet homme un côté maniaque, obsessionnel et sublimé, intelligemment utilisé, durant une année il recopie sur une toile recouverte de peinture blanche une partie de la liturgie catholique à la plume et à l'encre, une forme de méditation initiée par la monotonie de la copie écrite à l'encre rouge, verte, violette, noire. Et puis il recouvre ces textes d'autres écrits de SaintPeinture 1958-1959 Ignace de Loyola, Hegel, Heidegger ... bientôt aucun texte ne sera plus lisible .. de visible il y aura une croix, une étoile de David, des rectangles, un peu d'or et émerge une couleur pourtant inutilisée le rose : Peinture écriture rose 1958-1959. Les premiers à plier furent Matisse et Cezanne, Simon Hantai s'y mettra à partir de 1960, il froisse la toile, la plie, le recouvre de peinture, puis la déplie. J'ai été pris par le pli, j'ai pris le pli, le pli m'a repris Le blanc, le non peint devient primordial, Hantai parle de peinture trouée.Simon HantaïMariale Détail

Les Mariales sont les manteaux des Vierges de son enfance catholique ou d'Italie; il est slave, Simon, un peu excessif donc, alors il lui en fait des mètres à Marie, de toutes les couleurs ....et puis il revient un peu dans l'idée de ses premières peintures viscéralement peintes, en 'abstractant' un maximum, alors des panses  où la toile est nouée aux 4 Panse 1964

angles, peinte, dépliée, repeinte, redéployée etc ... des sacs-ventres où chacun y voit ce qu'il veut ...et puis il déménage, va s'installer à la campagne, à Meun un village près de Fontainebleau pour voir pousser dit-il l'herbe et ses enfants, on est en 1966, il peint alors plus épuré encore, plus abstrait, plus ...., moins, il s'essouffle un peu, et intitule ses oeuvres de lassitude, les Meuns.Meun 1968 Et puis un regain, il terminera les années suivantes par les Tabulas où le pliage différent quadrille la toile, crée des fentes partoutTabula 1975

Il les dédie à Piero della Francesca et à sa Madonna del Parto. Retour à la Vierge parturiente, retour à la Mère. Fin du voyage pictural. Simon Hantaï garde une partie de son mystère.

De 82 à sa mort en 2008, il ne peindra presque plus et se consacrera à ce qu'il voudra, aimera ... il vivra.

La musique l'a accompagné, tout au long de sa vie, ses 3 fils sont musiciens, Pour Pierre, le clavecin, pour Jérome, la viole et la flûte pour Marc, ils forment le trio Hantaï. L'exposition dure, à Beaubourg jusqu'au 2 septembre 2013.

Simon Hantaï 1974

Mère de Simon Hantaï

 

 

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13 mai 2013

Julio Le Parc

Bois métal lumière

Voyage initiatique dans un domaine qui m'est étranger, un peu entrevu Musée de T 11avec les Néons de François Morellet rencontrés au hasard de mes balades muséales.

L'exposition actuelle au Palais de Tokyo me permet d'entrer dans un monde inconnu, l'art visuel,

Déplacements

Musée de T

l'art cinétique (parties de l'oeuvre en mouvement) l'art optique ou l'Op Art (illusion optique du mouvement). Julio Le Parc est né en Argentine en 1928.

Membre fondateur du G.R.A.V. (Groupe de recherche d'art visuel). Défenseur des droits de l'homme, il s'est souvent opposé aux institutions, au pouvoir politique, aux dictatures d'Amérique latine. Il travaille sur le champ visuel, la lumière, le mouvement.

Modulations (noir et blanc)

Palais de T 2

L'exposition du Palais de Tokyo est une rétrospective de ses oeuvres, et est particulièrement attrayante.                     

Musée de T8

Modulations couleur

 

Musée de T 3

Musée de T 7

Musée de T 6

Musée de T5

Alors en vrac, je n'ai pas et de loin la

Mobiles

Musée de T 13

Sphère rouge Julio Le Parc

maîtrise de son oeuvre, ni son évolution ...  Mais ce labyrinthe un peu obscur au début, ombre et lumière, s'est ouvert sur un espace coloré, toujours aussi énigmatique pour moi dans le fond, mais ce fut un laisser-passer dans un monde différent où un ravissement certain se suffit à lui même. 

Surfaces

Musée de T9

Palais de T9

 

 

 

 

 

http://www.julioleparc.org/

   

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23 avril 2013

François Curlet

Musée de Tokyo

Bunker

Difficile de classer François Curlet né en 1967. C'est un détourneur d'objets qui souhaite réveiller les consciences en nous incitant à réfléchir, consommateurs sans cerveau, nous ne nous étonnons plus de rien, soumis à des habitudes de vie qui nous emprisonnent autant qu'elles nous libèrent, François Curlet joue avec le paradoxe,

Musée Tokyo

Djellaba

l'ambiguïté, avec beaucoup d'humour et peu de moyens, grâce à son imagination, il invite à la réflexion et titille notre imagination ... un peu, parfois .....

Tout n'est pas convaincant pour moi, l'humour manque parfois et la composition devient alors art de patronage ou d'atelier ergonomique  .. mais encore 2 petites dernières qui m'ont séduite, l'une pour le jeu de

Tokyo 2013

mots, l'autre pour le paradoxe  un bolide-corbillard où la mort arrive par un plaisir, idée qui vient du film Harold et Maud (1971).

C'est quoi l'Art ?Corbillard

Un aller pour ailleurs ..

Oui, dans cet art là, on s'embarque pour nulle part, on sort des normes, et ça, j'aime bien.

A voir au Palais de Tokyo jusqu'en Mai.

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