27 mai 2016

Sacrée Marie - Astrid Eliard

sacrée Marie

Marie adorait être "sa rie"," sa risette", "son petit rie". extrait

Moi je crois que Marie aurait du se méfier de se confier à un mari qui la nommait ainsi. Pourtant Cornélius a un atout sérieux, il est médecin et contrairement aux amies de Marie, bien présent à son domicile, les autres mariées à des militaires. Marie est née pour enfanter pense t'elle, ça tombe plutôt bien, elle est enceinte. La nature les entoure, une manne pour le médecin qui se pique de soigner ses patients aux pistils de tous crus. Voilà le ton est donné, à la naïveté enthousiaste de Marie se mêle la réalité cruelle de la vie et l'incompétence totale d'un mari. L'allaitement est un grand moment d'anthologie en faveur de l'allaitement artificiel. Le contact mère-enfant ne se fait pas, L'enfant devient 'une surface supplémentaire à récurer'. Crédule Marie se réfugie dans la religion téléphonique...

La force du roman tient en l'espérance pas si évidente de Marie qui ne tient qu'à sa fuite. Mais pas si libre encore Marie encore piégée peut être ... 

Livre qui pourrait être un pamphlet contre la maternité, contre l'éducation donnée à nos filles, contre le formatage que nous subissons depuis la naissance, genre du Beauvoirien 'on ne naît pas femme, on le devient'.

Enfin, c'est ainsi que je le vois ce roman.

Cruel, lucide et au final terrifiant !

A moins qu'on ne l'estime uniquement caricatural, et que l'on se réjouisse à le lire ainsi.

Cela peut se faire aussi.

Posté par maison43 à 10:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


21 mai 2016

La servante du Seigneur Jean-Louis Fournier

UnJean Louis Fourniere addiction certaine de ma part, ce Jean-Louis Fournier. Sans doute pour relativiser mes petits ou grands malheurs. Cela fait un bien fou. Alors dans la famille Fournier, on pioche cette fois-ci la fille. Femme sous influence est devenue sa fille, sous la coupe d'un homme à certitudes, un Monseigneur, gourou ou mécréant, ou bien les deux. 

Petit livre court à l'humour arc en ciel, petit message court.

Et quand tu seras là haut Jean Louis, n'hésite pas à nous en faire un petit compte-rendu

Cela nous fera du bien, à tous.

Posté par maison43 à 12:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

16 avril 2016

Fanny Stevenson

Fanny

Nous devons à Alexandra Lapierre une intéressante biographie un peu romancée de cette femme Fanny Vandegrift 1840-1914, qui fut aussi Osbourne puis Stevenson par ses mariages. Femme qui ne fut jamais indépendante financièrement, mais qui lutta toute sa vie pour accomplir un incroyable destin où l'amour fut son moteur, aventurière, elle suivit son premier mari, chercheur d'or,dans les contrées inhospitalières du Nevada, fit de longs voyages tout aussi inconfortables, elle, qui souffrait du mal de mer, partit aux Marquises, Tahiti, Hawai, îles Gilbert, îles Samoa. Ce n'est pas une muse façon Misia Sert 1872-1950, ce n'est pas une femme de salon façon Apollonie Sabatier 1822-1890, ce n'est pas une séductrice façon Liane de Pougy 1869-1950, elle est en fait assez indéfinissable, avait un culot monstre, savait faire d'un taudis une douillette demeure, savait jardiner une terre aride, avait une imagination débridée mais n'écrivit jamais vraiment, même si elle collabora à certains récits de son second écrivain de mari Robert Louis Stevenson 1850-1894, celui que l'on connaît par L'île au trésor, L'étrange cas du docteur Jekyll et de Mr Hyde, ou depuis quelques années par la mise en vedette de son chemin qu'il narra dans un assez fade récit sous le titre de Voyages avec un âne dans les Cévennes, tandis que Fanny revenue en Amérique travaillait durement à divorcer de son mari. Fanny se forma un temps en compagnie de sa fille Isobel dite Belle à l'academie Julian à Paris, elle rencontra Stevenson à Grez-sur-Loing, elle estima alors ne pas avoir grand talent et abandonna toute velleité de peindre ou de dessiner. En l'épousant, plus âgée que lui et divorcée, elle défia les conventions sociales, mais renonca aussi à ses propres aspirations. Elle entreprit alors de se mettre au service de son mari pour lequel elle éprouva une passion houleuse et partagée. Elle se dévoua à soigner ses problèmes de santé (maladie de la plèvre possible) et s'y épuisa autant que lui, bien qu'elle lui survécût de longues années. 

Alexandra Lapierre

Sources: Fanny Stevenson Entre passion et liberté - Alexandra Lapierre. 

Posté par maison43 à 19:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

09 mars 2016

Kristin Marja Baldursdottir - Karitas livre 1 et livre 2

Baldursdottir 1Baldursdottir 2Il y a bien longtemps que je n'ai pas accroché à un livre. En voici, un rédigé par une islandaise née en 1949 et paru en 2 tomes, le premier intitulé L'esquisse d'un rêve, le second L'art de la vie.

Roman qui traite d'une émancipation féminine en Islande, ce qui en 1915 (date du début du récit) reste encore une exception, et pas n'importe laquelle, il s'agit d'une femme  Karitas née en 1900 qui se vouera à l'art du dessin et de la peinture. Née du peuple, elle aura grâce à l'opinatreté d'une mère veuve chargée de 6 enfants une destinée peu commune. Cours Karitas et ne laisse personne t'arrêter. extrait. Mère de 3 enfants, elle en sera plus ou moins dépossédée au cours de l'histoire et ira à Paris en 1949 où elle verra les oeuvres contemporaines qui l'influenceront comme Poliakoff, De Staël, Vieira da Silva, Vasarely, et d'autres encore. Elle ira à Rome et à New York et atteindra une renommée internationale. La force de ce roman réside dans sa narration où chaque épisode important de sa vie se synthétise en une oeuvre d'art écrite rien que pour nos yeux libres d'imaginer cette peinture ou ce dessin. Côté romanesque, nous en avons aussi pour notre compte, un amour d'une vie, son mari, le père de ses enfants, marin qui lui préférera la mer bien souvent, ce qui tombe plutôt bien puisqu'elle même privilégiera toujours son art. Alors leurs rencontres fort peu fréquentes sont aussi un fil conducteur du roman, lui veille financièrement sur cette famille dispersée, elle, les suit de loin à travers ses tableaux où elle raconte la vie de ces femmes qui l'entourent, de ces hommes qui s'éloignent. Une de leurs petites filles continuera sur la voie de l'émancipation et briguera un poste de politicienne. Elle aura le bonheur de fermer les yeux de son mari revenu mourir à ses côtés en 1985, elle lui survivra 15 années en peignant toujours et puis à l'aube de ses 100 ans, elle, issue de la mer (sa mère la mit au monde en bordure de mer alors qu'elle ramassait des algues rouges) y retournera à cette mer lisse comme un miroir avec le soleil en face comme si elle pensait nager vers le large. extrait  

Livre de senteurs aussi ce film, fumet des poissons, arôme sucré des petits gâteaux, odeur de la peinture; livre qui laisse l'esprit vagabonder, s'envoler vers un ailleurs. Livre réjouissant qui célèbre la Femme plutôt que la Mère. 

Posté par maison43 à 14:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

05 décembre 2015

Plus loin mais où - Beatrix Beck

Beck

Premier livre que je lis de cette étonnante Dame (1914-2008) à la vie au final assez impressionnante, fille d'un écrivain et poète, secrétaire de Gide, obtient le prix Goncourt avec Léon Morin prêtre, part enseigner quelques années aux USA puis revient écrire en France quelques romans dont ce Plus loin mais où en 1997. Sa fille et sa petite fille ont suivi son chemin d'écrivain. Seul le film de Melville avec la belle gueule de Belmondo me reste en souvenir, ce Léon Morin prêtre qui en son temps fut quand même un petit scandale, 1961 était encore fort puritain et les prêtres avaient encore un sacré pouvoir, entre autres les têtes féminines devaient alors être couvertes dans l'église et personne ne bronchait. Bon je m'écarte du sujet. Revenons à ce plus loin mais où, non, ce n'est pas un livre de Jean Louis Fournier, mais bien de Béatrix Beck.

D'abord, ya Marceline Lantier qu'a pus d'dents et qui fait peur aux gens, elle est vieille, elle est libre, elle est seule, son langage est truculent (Jean Teulé a une rivale) et il faut en profiter, car elle ne fera pas long feu madame Lantier, elle a la liberté féroce et farouche de Béatrix Beck, elle en a certaines pensées incongrues et détonnantes. Un juif jeune universitaire roux l'étudie comme un fossile vivant et finit par s'y attacher tellement que même morte elle lui sert encore de référence, il rencontre une Marine vierge qui ne l'est plus après son départ, rencontre la femme de sa vie Lizzi qui lui fait 4 beaux enfants, est un éminent professeur, retrouve le fils fait à Marine, petit inceste de 2 de ses enfants au passage, et voilà que Lizzi meurt elle aussi brutalement, moralité : Ce n'est pas une raison parce que ma vie est incendiée pour que mes cours en souffrent. ' Voilà, c'est fini le livre, il nous a menés tous plus loin dans le temps, mais où ?? la question est posée dans la vie comme dans le roman. Ya pas de réponse, on continue, c'est tout.

 Plus peaufiné le second personnage, un autre double de Béatrice Beck, cultivé, singulier, à la parole aussi vacharde que Marceline mais raffinée et distinguée. Double personnage que Béatrix Beck qui toute sa vie sera double, femme de ménage et femme de lettres, appréciant la vie mais pleurant ses morts (mort du père alors qu'elle a 2 ans, mère qui se suicide pour fêter ses 22 ans, mari juif qui la laisse veuve à 28 ans, elle verra également sa fille Bernadette Szapiro mourir avant elle), peu conformiste cette Dame là au style littéraire jouissif où l'humour sarcastique est roi. Une défense comme une autre bien sûr dans une vie somme toute assez difficile.

Me donne envie ce livre d'en lire d'autres de la même auteure.

A vous relire donc Madame.  

Posté par maison43 à 18:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


30 novembre 2015

Ma mère du Nord - Jean-Louis Fournier

Fournier

Petit livre annuel depuis 1992 de Jean Louis Fournier né en 1938. Sa rencontre avec Pierre Desproges date de 1981. Il sera le réalisateur de la minute nécessaire de monsieur Cyclopède. Leur amitié dura 7 ans jusqu'à la mort de Pierre Desproges. Jean Louis Fournier écrit son premier manuel en 1992, suivi de plusieurs essais. En 1999 il commence ses écrits par son père.

Résilience et humour sont les deux atouts de Jean Louis Fournier, il écrit dans la lignée de son ami Pierre Desproges (qui a bien écrit, lecteur aimé, tous ses textes, et je parle bien du Desproges bien sûr) avec cependant moins de verve, plus de tendresse, et dans une écriture minimaliste qui perdure. Faut dire que pour la tendresse, c'est plus aisé vu qu'il évoque un par un tous les membres essentiels de sa famille. Dans la cuvée 2015, Jean Louis Fournier décortique sa mère avec un art certain, il ne juge pas, ne critique pas mais énonce quelques vérités rudes à vivre avec une élégance faussement détachée : Paimpolaise anxieuse, ma mère attendait avec angoisse, chaque soir, le retour de son bateau ivre. ou bien Ma mère se méfiait de sa sensibilité, comme ceux qui en ont trop.'

C'est au final un pudique Jean Louis Fournier qui se répand beaucoup. 

Posté par maison43 à 13:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 septembre 2015

Ma vie de pingouin - Katarina Mazetti

voyage

 J'aime assez cette auteure qui au final prend pas mal de risques en variant la forme de ses romans; avec Ma vie de pingouin elle nous propose en toile de fond une croisière en Antarctique, avec sa faune, sa flore bon là je galèje forcément, et ses paysages à couper le souffle (il y en a je vous l'accorde d'innombrables dans d'innombrables pays).  De Santiago, départ en avion pour Punta Arenas  ville portuaire chilienne dans le détroit de Magellan

punta_arenas

 puis nouvel avion jusqu'à l'aéroport des Malouines dites aussi  Falkland islands ou Islas Malvinas (territoire britannique) qui sont un archipel constitué de 2 îles principales séparées par un chenal le détroit des Falkland, et de multiples petites îles. La capitale est Port Stanley où débute la croisière. Escale à l'île Barren, petite île des Malouines ou Isla pelada  puis passage le long des côtes de la Géorgie du sud et arrêt dans la baie d'Elsehul où sévissaient  vers 1905 les norvégiens chasseurs de phoques et de baleines qui lui ont donné ce nom. Arrêt dans une autre baie à Gold Harbour

GoldHarbour

sur la côte Sud-Est de la Géorgie du Sud. Appelée  « Anna's Bay », « Gold-Hafen », « Sandwich Bay » ou « Forlris Bay », sa dénomination actuelle fut celle la plus employée par les chasseurs qui faisaient référence aux couchers de soleil sur le glacier Bertrab . Toujours en Géorgie du sud  Salisbury Plain

salisbury-plain

est une petite plaine côtière située au nord de la dite Géorgie au pied du glacier Grace. Elle est bordée par une plage de sable noir, elle est notamment connue pour être une importante colonie de manchots royaux.

Hercules Bay, puis Prion Island, Grytviken

Grytviken

 puis le navire trace vers la mer de Weddell, partie de l'océan austral pour se rendre à la péninsule antarctique, mer dont la majeure partie est glacée en permanence. Passage maritime souvent difficile !  Arrêt à l'île Paulet 

ile paulet

au petit cratère et aux 20 000 manchots , l'île de la déception, vieux volcan  (entendre illusion ou duperie) île qui semble n'être qu'un rocher, mais qui en forme de fer à cheval se révèle être le meilleur port de l'Antarctique avec une entrée directe, puis traversée du chenal Lemaire, détroit de l'Antarctique de 11 km de long où les glaciers se reflètent dans l'eau. Au passage de Drake, également appelé détroit de Drake qui est un large bras de mer qui sépare l'extrémité sud de l'Amérique du sud et l'Antarctique. C'est une des zones maritimes les plus agitées. Retour par le détroit de Beagle puis arrivée à Ushuaia.

Vous sentez les embruns, les lampées de sel, le froid, le vent, le roulis, la tempête, la mer démontée, le mal de mer, les effluves malodorantes du guano des manchots, les zodiacs tanguants, les petrels géants

petrel antarctique

de neige, les chionis,

chioni

les damiers du cap, les éléphants de mer, les manchots papous, orange, royaux, à jugulaire, royaux, Adélie, les gorfous sauteurs,

gorfou sauteur

 les phoques, les orques, les otaries, le vorace léopard de neige aux dents acérés, les dauphins, le rorqual, le tussack (touffe d'herbe), la canche (plante à fleurs), les albatros hurleurs ou pas, les chasseurs de baleines norvégiens ou pas, les rennes apportés par les dit norvégiens, le bruit des bateaux broyés par les glaces comme l'Endurance, les fantômes des nombreux explorateurs, Scott, Weddell, Paulet, Lemaire qui ont donné leur nom aux îles, détroits, plages et bien sûr, des icebergs, des falaises, des montagnes ...

 Charmante et agréable croisière en compagnie d'une Dame aventurière (pas si vieille !) Alba, d'une jeune femme dynamique (pas en si bonne santé que cela) Wilma, d'un jeune homme mou et défaitiste (pas si malheureux que cela) Tomas et le reste de la croisière et de l'équipage (un petit échantillon d'humanité assez savoureux à côtoyer). 

A bientôt Katarina Mazetti pour une autre aventure, un voyage au centre de la terre, sur la lune ou dans les cieux, moi je suis partante. 

NB : Photos empruntées à des sites de voyageurs que vous pouvez consulter pour mieux voyager en rêve à défaut d'y aller.

 

 

 

Posté par maison43 à 10:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

28 juin 2015

Héloïse et Abélard façon Jean Teulé

Héloïse, ouille !

Il n'y a rien à dire sur le style de Jean Teulé identique à lui même : la même recherche dans le procédé d'écriture, fouillée, recherchée et extrêmement savoureuse pour qui aime, comme moi, la même curiosité inquisitrice qui nous amène au coeur de l'histoire réelle où l'imagination de Jean Teulé produit le reste jusqu'à nous faire partager l'intimité des personnalités choisies. Mais pour une fois, c'est à mon goût moins jubilatoire, le sujet de l'amour d'Héloïse et d'Abélard relève du mythe alimenté par nous tous, et appartenant par ce procédé à tous et à personne à la fois; Par ce livre, Jean Teulé nous livre un Abélard dont l'amour au final ne tient qu'à ses attributs de mâle, et qui le sublime cet amour profane, une fois émasculé, en l'amour du Christ, ce qui bien sûr ne comble pas la tendre Héloïse qui par amour pour son mari se fait nonne elle qui ne croit en rien sauf en l'amour d'un homme. Bien sûr c'est le choix de Jean Teulé de faire d'Héloïse une éternelle grande amoureuse qui seule au final se chargera de faire le lien entre le vivant Abélard châtré et complexé et l'Abélard défunt qui retrouvera sa virilité en enfonçant la tête de son fémur dans le bassin de son Héloïse fort patiente. Quel farceur ce Jean Teulé qui restitue à Héloïse ce petit élément viril qui manqua si fort aux deux amoureux. Et les restes de ces deux amants se retrouveront mêlés ainsi pour l'éternité, ouf l'amour est sauf ! Un peu démystifié l'Abélard à mon avis par le récit de Jean Teulé en ce qui concerne son amour pour Héloïse nettement plus rigolote d'ailleurs, plus humaine, plus à la hauteur d'un ... heu qui donc au fait !!! diable l'amour fou résistant à tout ne serait il que du côté des femmes ? oui, oui, mutilons une femme et l'on verra si son amour ne s'épuise pas un brin, ou ne se spiritualise pas à la manière d'un Abélard ..

bon, soit, allez ... pff ! sans doute, sans doute.

Laissons la fin de ce message à Jean Teulé qui le mérite bien, forcément !

Les os du philosophe bousculé se sont déplacés, ont bougé. La tête (la tête !) d'un fémur s'est plantée entre les cuisses d'Héloïse et s'y enfonce. Elle qui, scolare, a suffisamment gonflé son précepteur comme quoi elle était plutôt vagina-a-a-ale, la voilà servie ! Redevenue épave éparse à tous les flots du vice de son amant complexé, elle le reçoit entièrement. Héloïse; ils en avaient une comme çà, tes jongleurs ?!

Moi, j'adore ! J'évoque bien entendu le style de Jean Teulé.

Posté par maison43 à 18:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 mai 2015

La Femme Solaire - Paule Salomon

SalomonDifficile de définir ce qui relève du mythe ou de la vérité, dans ce livre où l'auteure passe en revue toutes les légendes inspirées de faits réels ou pas mettant en scène une femme qui détient le pouvoir, une femme qui choisit l'homme, une femme dont le rayonnement est divin, une femme qui descendrait de la Déesse-mère, divinité qui aurait précédé les dieux masculins. Paule Salomon l'écrit : ' Les premières statuettes représentant le divin étaient féminines. Dieu était une femme, une mère.' C'est dit elle la Civilisation de la Coupe, civilisation où le ciel et le soleil étaient féminins, la lune correspondait à l'homme. La civilisation suivante nommée Civilisation de l'Epée a fait prédominer par la force un dieu masculin avec un patriarcat où l'homme domine la femme et l'enfant. Nous en sommes toujours là et la troisième civilisation dite éclairée est à venir et parait aussi mythique que la première civilisation quand on pense à l'oppression dramatique et souvent mortelle que l'orient masculin fait subir actuellement à ses femmes et ses enfants. La Déesse mère portait selon les pays plusieurs noms, Ishtar en Mésopotamie, Isis en Egypte, Gaïa en Grèce, Cerridwen en Irlande, son culte remonte au paléolithique, soit 25 000 ans avant J.-C jusqu'à l'an 500 où il sera éradiqué. On parle de société matrilinéaire où la transmission des biens et des terres se faisait par la lignée des femmes, car la seule filiation connue alors était celle de la mère. Dans cette société, nulle violence, mais une égalité et une coopération entre hommes et femmes. La Déesse était représentée par une grande prêtresse qui prenait pour compagnon un roi temporaire qui mourait de mort violente (lèger paradoxe quand même !) à l'automne et ressuscitait au printemps suivant dans la personne d'un autre jeune homme; la sexualité de la Déesse et des prêtresses relevait du divin, et leur virginité avait le sens d'une autonomie spirituelle, ce qui était bien pratique et bien éloignée des civilisations chrétiennes et musulmanes qui instaureront fissa un patriarcat, une reprise en main de la sexualité féminine qui sera réduite à la virginité ou au mariage avec une fidélité sans appel. Inutile de préciser que ce dogme de la Déesse mère est fort controversé et réduit à néant par moult chercheurs en tous genres. Paule Salomon le reconnaît elle même' Il faut bien reconnaître que toutes les spéculations sur les civilisations primitives ne sont que des hypothèses'. Mais c'est une théorie fort alléchante, avouons le, et les féministes s'en sont emparées dans les années 70-80. Après tout peu importe si c'est vrai ou pas, cette civilisation peut-être imaginaire offre aujourd'hui une possible ouverture pour tenter de ré-équilibrer harmonieusement le rapport homme-femme sans antagonisme quelconque. Elle permettra aussi de redonner à la femme une estime qu'elle a perdue, et à se libérer d'un conditionnement qui la bride.

S'ensuit tout un développement intéressant sur les étapes de la soumission de la femme à l'homme, puis des modèles de femmes et d'hommes qui induisent des comportements de couples, avec comme exemples tous les couples légendaires que l'on revisite avec plaisir. Chacun se reconnaîtra ou pas dans ces démonstrations, le but étant d'arriver à devenir une femme solaire, et à réaliser, écrit Paule Salomon un couple androgyne qui ne cultive pas la relation guerrière, la conquête et le combat, mais recherche les trames de l'ouverture des coeurs et la fusion des âmes. Bon, c'est un peu mièvre cette phrase, mais l'idée générale n'est pas si stupide ! De là, à faire de la terre un nouvel Eden, c'est un tantinet présomptueux et chimérique.

Bon, comme tous ces livres qui veulent nous orienter vers un développement de soi qui frise l'idéal, il y a un peu à prendre et beaucoup à laisser, mais il permet de réfléchir à son comportement, peut donner quelques clés et développe à coup sùr notre sens critique.

Posté par maison43 à 19:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 mai 2015

Les Belles Ames - Lydie Salvayre

Les Belles Ames

Hasard de mes lectures, encore un pamphlet où l'auteure décortique à plaisir un petit échantillon d'humanité : des touristes blasés par les merveilles du monde qui souhaitent une immersion dans le monde européen des démunis, rien de sensationnel, on évitera les quartiers brûlants de violences en tous genres, il s'agit simplement d'aborder les cités banales où la laideur domine, où la laideur s'entasse, où la laideur enferme les humains et les rend indifférents, abêtis, avilis, déjà morts. Les 13 touristes se composent entre autres d'un écrivain raté, un professeur averti ou qui croit l'être, un industriel en pâtes et farines, une belle jeune et ambitieuse journaliste, un homme d'affaires (dont le bien mal acquis profite pleinement), 2 couples de petits bourgeois dont un mari aux ordres de Madame ... oui des caricatures forcément, mais pas tant que cela si on y réfléchit bien, en opposition des personnages encore plus stéréotypés mais beaucoup plus savoureux à suivre : une métisse bouche à pipes Olympe, (mais préférable aux tournantes non ? remarque personnelle), un accompagnateur ancien séminariste, un accompagnateur du dit accompagnateur Jason belle petite racaille de cités (et oui je m'y mets aussi !!!) ... voilà bien sûr des idées reçues, des clichés que nous véhiculons tous, même les plus généreux et les plus intelligents d'entre nous, alors oui, cela fait un peu mal, même si l'on choisit d'en rire, on se sent complètement impuissant; la bêtise et la méchanceté sont en tous cas partagées équitablement entre riches ou pauvres. On s'en doutait un peu. 

Lydie Salvayre s'amuse de nos travers, ne donne aucune solution, a elle même ses bêtes noires (les espagnols dont elle est issue) et se tire vite fait à la fin du conte, abandonnant lâchement ses héros-cobayes que l'on quitte aussi avec la même joie empressée d'ailleurs ! 

Lydie Salvayre est née en 1948, parents espagnols. Licence de lettres, faculté de médecine, spécialisation en psychiatrie

 

Posté par maison43 à 17:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]