16 février 2015

La chair interdite - Diane Ducret

Ducret

On n'a jamais parlé autant du sexe féminin que dans les revues féminines actuelles où l'on évoque sans tabou ce sexe que nous connaissons pourtant encore parfois si peu dans ses détails et usages, si j'ose dire. Le désir est la revendication la plus commune, car ce désir ignoré durant des siècles fut quand même reconnu pour de l'hystérie pure il y a un peu plus d'un siècle, ce n'est pas si loin de nous et c'est dire si on a du retard à rattraper en ce domaine ! Le docteur Charcot en fera sa pathologie préférée de ce désir féminin frustré. Les excès les plus incroyables seront pour les moins chanceuses l'ablation pure et simple du clitoris, et pour les plus veinardes l'orgasme médicalement assisté pour arriver à la fabrication du premier vibromasseur toujours sous contrôle médical. Freud y verra dans ce clitoris un vestige du phallus, et créera ainsi ce fameux complexe de posséder toutes un pénis que nous envierions toutes chez les hommes, on se demande bien pourquoi !! on l'aime ce sexe masculin mais chez l'homme, à de rares exceptions près, comme si les hommes nous enviaient la maternité ! là aussi il y a des exceptions mais elles restent rares. Toi Homme, moi Femme, cela aurait pu être simple comme histoire, une complémentarité dans un sens ou dans l'autre, une différence assumée selon nos natures, un sexe différent mais égalitaire ... seulement voilà, l'un a plus de muscles que l'autre, donc plus de pouvoir alors la tendance fâcheuse de soumettre la femme a tenté l'homme et c'est devenu souvent, moi chasseur, toi gibier, moi puissant, toi ta gueule, alors on a galéjé sur notre chair intime, essayé d'en percer le mystère, au propre comme au figuré jusqu'a nous violenter toujours et encore. Quand on veut humilier une femme, on s'introduit de force dans son sexe, on se livre aux pires perversités jusqu'au meurtre final. C'est assez désespérant au fond, car cela dure toujours. Diane Ducret nous établit une chronologie du sexe féminin assez joliment racontée, bien documentée avec beaucoup d'humour dans la forme, centrée uniquement sur ce sexe féminin, aimé, haï, maudit, vénéré et toujours au final mystérieux pour les hommes.

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02 février 2015

Oona & Salinger Fréderic Beigbeder

beigbeder

J'avoue que j'ai un petit faible pour ce gosse de riche qu'est Frédéric Beigbeder dont l'impertinence sans grand risque, quand même, m'amuse beaucoup, Je suis ses livres depuis le titre accrocheur (pour raison personnelle) 'Nouvelles sous ecstasy' et ma foi, je connais plus vilaine façon de se construire une vie qui peut, sans doute, irriter certains, mais qui au final n'est pas si mal. Beigbeder parle de lui, de son époque et j'aime assez cette petite fenêtre ouverte sur une certaine jeunesse, celle de mes enfants plus si jeunes donc; son analyse de la guerre est rarement aussi crûment narrée, il évoque ce que l'on tait, cette guerre qui était aussi une guerre d'amphétamines et de speedextrait Il y eut de nombreux cas de viols dans les villages libérés extrait. Des centaines de soldats allemands furent liquidés alors qu'ils sortaient de leurs bunkers les mains en l'air extrait. Beigbeder évoque aussi le goût des hommes mûrs pour les gazelles, il aurait pu, parité oblige (rire !) évoquer l'attirance des femmes matures pour les jeunes hommes, qui relève de la même motivation, je trouve. Bien sûr Beigbeder prêche pour sa paroisse, il aime lui aussi les jeunes gazelles. Et c'est son droit. Que viennent faire Oona et Salinger me direz vous, j'y arrive; le prétexte aux confidences de ce vieux jeune homme est la furtive histoire d'amour entre deux personnages singuliers, histoire complètement imaginée par Fréderic Beigbeder à partir de  la réelle mais brève idylle entre Oona O'Neill épouse Chaplin et J-D Salinger. Ce sujet met en scène des fantômes de ma jeunesse, enfin de mon adolescence, n'exagérons pas !! Oona est née en 1925, Chaplin lui en 1889, ce qui remonte quand même à une ou 2 générations en arrière pour moi, non mais ! mais à la réflexion, Beigbeder réunit ainsi dans son bavardage plusieurs générations où certains des miens revivent aussi un peu, et ce n'est pas désagréable de plonger un moment dans ces souvenirs là. Bon, si Beigbeder vous escagasse un brin, ménagez vous, ne le lisez pas, sinon, vous passerez un petit moment  agréable. Et moi, les moments agréables, j'aime bien.

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21 janvier 2015

Le démantèlement du coeur

Daniel de Roulet

Livre de Daniel de Roulet.

Dernier volet de 10 romans sur un sujet brûlant qui divise, l'énergie nucléaire. L'héroïne sait de quoi elle parle, née un certain 9 Août 1945 à Nagasaki, Shizuko Tsutsui irradie depuis toujours, cette délicieuse hibakusha (victime de la bombe) a contaminé d'amour Max vom Pokk le temps de se faire faire un enfant et de disparaître de sa vie tout en lui envoyant une lettre annuelle. Mirafiori leur fils est un métisse qui vit au Japon, a fait de la prison et qui sous contrôle de la mafia travaille lui aussi dans une centrale nucléaire et pas n'importe laquelle, car le destin veille, Fukushima, celle là même qui un 11 mars 2011 fut ravagée d'abord par un tremblement de terre puis par un tsunami qui démantèlera entre autres le coeur de la centrale. C'est une histoire d'amour qui se poursuit jusqu'à la mort bravache et stupide de Max pour un problème d'amiante 'Shizuko son grand amour, une histoire qui ne finira jamais' extrait , c'est l'histoire de la solitude d'un être Mirafiori qui décidera d'effacer la page sur laquelle on a écrit les aventures d'une existence. extrait  C'est l'histoire de Shizuko spécialiste mondiale du traitement des déchets qui contrôle le respect des procédures de sécurité lors de la déconstuction de la centrale de Malville. Shizuko a d'abord cru que l'atome pouvait être "pour la paix", puis a compris qu'une bombe et une centrale ont la même capacité de nuisance' extrait. Shizuko recevra le dernier soupir de son fils, vive le nucléaire. extrait

Le romancier tricote la dernière manche de ce trio familial (qui a passé son temps à se fuir donc à se rater) au point de croix, une croix pour chacun, il donne à ses personnages un profil fataliste et désespéré, et laisse le premier rôle à l'atome nucléaire, arme à double tranchant, sa capacité de nuire est irrémédiablement enclenchée dés lors qu'on l'utilise.  Livre intéressant à l'écriture agréable. 

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16 janvier 2015

Le Viking qui voulait épouser la fille de soie

 K

Livre de Katarina Mazetti.

Les vikings (ou Hommes du Nord ou Normands nommés ainsi par les peuples francs) ont envahi différents territoires dont l'ouest de la France avec moults autres invasions d'étrangers de tous bords qui peuplèrent ainsi la France, sans oublier les Sarrasins qui envahirent le sud. C'est dire que nos origines sont multiples, et c'est un peu aussi de notre Histoire que ces vikings qui sont peut être, qui sait, nos ascendants. Avec ses vikings- hommes du nord, Katarina Mazetti abandonne le ton léger et agréable de ses romans-bluette comme Le mec de la tombe d'à côté ou les Larmes de Tarzan et aborde un style historique, bien sûr romancé mais qui s'appuie sur d'authentiques recherches.

C'est donc l'histoire d'une famille viking d'une île au sud de la Suède région que l'on nommait alors Blecinga au Xè siècle, le chef de cette famille se nomme Säbjörn. Cette famille rencontrera un jour au hasard de pérégrinations savoureuses une famille slave originaire de Kiev dont le père se nomme Chernek Kuritzev : 1200 kms, la mer Baltique, la religion, le mode de vie les séparent. Le viking dont l'épouse a disparu a deux fils Kare et Svarte. Le slave-rus, veuf a un fils Radoslav homosexuel et une fille Milka raffinée jeune fille. Les hommes du Nord (dont Svarte) grands, barbus, tatoués, peu civilisés commercent à Kiev en arrivant par le Dniepr pour vendre les esclaves enlevés le long des rives, du fer, des armes et des peaux. Le slave-rus Kuritzev se joint parfois à eux pour descendre vers le sud à Constantinople. Bien sûr, les navires ne sont pas tous voués au commerce, certains préfèrent vivre de pillages avec tueries et viols en prime. A Kiev assiégée par les Petchénègues, Milka est obligée de fuir avec ses 2 petites esclaves; rejointe par son frère, ils voient leur maison brûler, tandis que de l'autre côté de la Baltique, Säbjörn qui a récupéré son fils Kara revenu d'une longue absence doit protéger son clan d'une menace ennemie; secouru par un voisin le Storködrott, il lui promet en échange son fils Svarte pour sa fille aînée. Radoslava et Milka suivie de ses petites esclaves embarquent sur le bateau de Svarte. Le viking Svarte a enfin trouvé sa fille slave de soie Milka. Vous me suivez ? Bon pas facile à narrer ce livre tant il y a de personnages dont les vies entremêlées cherchent à nous égarer un brin. Alors faites un effort, lisez le vous même si ce pseudo résumé ne vous en dissuade pas ! Nous en sommes à la page 76. Le roman pourrait se terminer ainsi, mais Katarine Mazetti a encore 169 pages pour nous raconter les péripéties épiques de ses héros dont le destin est loin d'être achevé. C'est bourré d'anecdotes, de cris sauvages d'hommes au combat, de femmes esclaves vouées à enfanter des petits sang-mêlés, de banquets arrosés de bière brune et d'hydromel, c'est assez réjouissant à lire, une petite évasion sans danger au contact pittoresque des vikings.

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04 janvier 2015

L'ultime conviction du désir - Richard Bohringer

Richard Borhinger

Un autre rebelle pour ce début d'année, pour d'autres raisons que Kendell Geers, d'autres combats aussi, Richard Borhinger qui a vécu ses rêves et même ses cauchemars avec une intense conviction. Il assume tout, la drogue, l'alcool, la fuite pour vivre, l'amour violent pour l'Afrique tout aussi violente elle aussi.' Un autre s'est levé de moi. En moi. Un homme que je ne connaissais pas.' Son graal à lui c'est le désir de réaliser sa vie, d'aimer ce qu'il vit à défaut d'aimer ce qu'il est 'je voulais mes enfants que vous le sachiez. La vie est mon histoire d'amour passion. J'ai été fidèle à mes principes aventureux. Je me suis brûlé tout entier. Oui j'aime. Le bonheur est éphémère les regrets sont éternels.'C'est aujourd'hui le courage.

Un coup de gueule contre les pillards de l'Afrique et de son art, les rallyes des milliardaires qui te disent au coin du feu que le désert c'est tellement beau, et qu'eux ils sont tellement gentils, contre les marchands de petites filles à Manille, contre l'Afrique qui torture ses femmes  et puis la chance d'avoir eu des amours qui à défaut d'accepter vraiment cette errance l'ont tolérée, hommage à ses amours, à sa blonde (son amarre profonde)qui l'aime sans concession, hommage à ses 4 enfants, foi en cette jeunesse même si Borhinger reste pessimiste sur l'humanité qu'il connaît bien.

Une écriture un peu folle, très créative, poétique, un peu saccadée, Ce livre se lit vite, mais nous échappe parfois dans sa diversité, alors y revenir souvent.

Ce livre se raconte mal, ce livre doit être lu au final, un peu comme une épopée.

Il faut du courage pour être un combattant toujours plus près de l'humble. Mieux vaut mourir brûlant.

Oui, monsieur Borhinger, il en faut au final du courage pour avoir vécu cette vie là. Et puisqu'il faut mourir, autant rester vivant jusqu'au bout, brûlant de vie. 

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05 décembre 2014

Les Eternelles - Yves Simon

Y- Simon

Déclinaison du verbe aimer sous toutes ses formes, très bienséantes cependant, avec des mots un peu crus pour la femme-sexe Irène, des mots de reconnaissance pour la femme-Eve Leïla, des mots d'apaisement pour Céleste la femme-consolatrice, des mots-requiem pour Lola la femme-Perséphone qui sera celle qui l'attend à jamais.

Le narrateur à défaut de savoir aimer vraiment, est un beau parleur qui écrit l'amour avec talent et fort joliment. La seule femme qu'il aime totalement est celle qui l'aime aussi le plus, sa mère. 

Éternelles ces femmes, chacune à leur façon, comme le narrateur les a aimées, mais le souvenir que je préfère est celui que lui laissera Irène, confinée  dans une  bulle de sablier ' Ainsi je pense à elle les jours d'oeufs à la coque. Trois minutes d'Irène, sans parler des mouillettes.'  Ça fait rêver, non ?

Premier roman que je lis d'Yves Simon. Plusieurs niveaux de lecture en ce qui concerne ce livre, que je trouve au final, pour ma part, fort caustique dans cet hymne à l'amour qui révèle surtout qu'il est difficile d'aimer (comme le chante Gilles Vigneault).

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21 novembre 2014

Ainsi vivent les morts Will Self

ainsi vivent les morts

Ouf, enfin un livre qui me plaît, où la richesse du vocabulaire, l'humour caustique, la dérision, l'absurde, l'intrigue vous arrachent enfin des platitudes habituelles. Je suis une lectrice exigeante. J'aime consulter le dictionnaire. Et là je suis servie jusqu'à l'agacement ! C'est un sacré capharnaüm que le roman de Will Self avec une constante : l'opposition hargneuse de l'héroïne qui a le don de ne voir des êtres qui l'entourent que le pire, tout comme Will Self qui règlent aussi quelques comptes. 

Depuis 10 ans déjà, Lily Bloom est une vieille morte de 65 ans (et oui !!!) nantie d'un foetus calcifié (un lithopédion) mort et conçu en 1967 et d'un garçonnet mort accidentellement à 9 ans expert en grossièretés qui s'accrochent à ses basques, un gourou gay la coache dans cette vie parallèle, car c'est confirmé par Will Self, la mort n'existe pas. Il n'y a aucun répit ! Après la mort, la vie continue, pareille, l'émotion et les sensations en moins. Lily est condamnée à porter en elle toutes ses culpabilités, entre autres celle d'avoir été une mauvaise mère, ayant causé la mort accidentelle de son fils, et d'avoir pondu une fille snob et une autre droguée. C'est pas drôle du tout Will Self !!! Cloué soit le seigneur, l'écriture est suffisamment jouissive pour que l'on y prenne quand même son pied ! Au royaume des morts, les arrivées sont forcément incessantes, l'occasion pour Will Self de nous évoquer tous les évènements catastrophiques et meurtriers d'une planète qui en regorge. Nonobstant sa hargne de vivre, elle remet ça, la vieille Lily, elle se réincarne et se prépare ainsi à d'autres bonnes nouvelles aventures.    

 

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10 octobre 2014

Melodrama - Jorge Franco

Melodrama

Trois générations se suivent dans une aventure assez réjouissante dans ses excès, qui rappelle les mélodrames de la fin du XIX siècle, dans un style toutefois plus contemporain et assez original, dans une mise en scène théâtrale où la voix off d'un des héros du livre Vidal donne quelques informations de façon à ce que nous nous restions toujours dans le doute quant à la véracité des souvenirs. ' Une partie vient de mes souvenirs, une autre de ce qu'on m'a raconté et le reste je l'invente' extrait. Voilà aussi la force de ce roman, des petites pensées universelles dans lesquelles le lecteur peut se retrouver. Autre particularité du roman, rien n'est dévoilé vraiment d'emblée, tout se déroule par petites énigmes qui se résolvent au fur et à mesure de la lecture.

Le narrateur, c'est Vidal un colombien né en 1967 beau comme un Dieu qui fréquente les hammams qui sont pour lui le seul moyen de survivre, de vivre de son corps, et d'en mourir aussi d'ailleurs ! Sa mère c'est Perla mariée à un Osvaldo pour se libérer de l'emprise maternelle qui concevra son fils au cours d'une unique nuit torride avec un inconnu; en 1969 Amstrong pose le pied sur la lune, Perla commence à boire et Vidal âgé de 2 ans suscite déjà le désir chez son initiateur oncle Amorcito. C'est également à l'âge de 2 ans que mourra noyée Sandrita, fille du couple Perla-Osvaldo, partie se baigner avec Perla ivre-morte. Perla aimera son fils fusionnellement jusqu'à l'inceste une unique nuit Vidal alors adolescent. Perla détruite par sa mère qui détruira elle aussi. Troisième personnage important du roman, celle qui est à l'origine de tout finalement, la grand mère Libia jeune oie blanche dont la défloration fera d'elle une persécutante aigrie et maniaque pour ses filles, et autour de ces 3 là, une multitude de petits personnages portant chacun une blessure, car chez Jorge Franco (écrivain colombien né en 1964) il n'y a que  des êtres meurtris dans son roman. En parallèle l'évocation de la Colombie de ses catastrophes géographiques et violences sociales en tous genres que Jorge Franco nomme Le Monstre. Monstre que Vidal voudra fuir et qu'il emmènera tapi au fond de lui, car tous nous avons des petits monstres qui nous suivent où que nous allions. Livre dense, assez cru parfois qui se déroule soit en Colombie, soit à Paris avec des analepses (retours en arrière) permanents qui nous amènent tout doucement au dénouement final. 

Livre sorti en 2006, traduit en 2010.

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19 septembre 2014

Qu'as tu fait de tes frères ? Claude Arnaud

claude-arnaud

Une famille vraiment pas ordinaire des années 60, 2 frères brillants scolairement mais déjà révoltés, un avant petit dernier né en 1955 Claude serviable, spontané et déjà versatile. La mère est plus épouse et femme que mère, fine et intelligente et ... corse. Le père, par son autorité, correspond à l'époque, époque où les générations ne communiquaient pas. Cette famille fut un formidable terreau pour le bouleversement de Mai 68, ce qui est assez étonnant je trouve, et les 3 fils chacun à leur manière vont être des précurseurs en révolution politique, sociale, sexuelle ...  Des 3 aînés, seul Claude s'en sortira vivant, et destiné à écrire pour remplir le vide qu'a laissé ses frères qui lui faisaient de l'ombre.   

'Je n'aurais sans doute pas écrit ce livre s'ils étaient encore en vie.'   

Claude Arnaud ne se pose pas en historien, loin de là, c'est juste un témoignage singulier sur cette période de Mai 68 et de ses conséquences, et c'est aussi, peut être, une certaine forme de résilience que ce livre où il nous livre sa version des faits familiaux et sociaux et de ce point de vue là, il est fort intéressant. Quelle vie que la leur !

 

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14 juillet 2014

Trente ans d'amour fou - Dominique Rolin

Dominique RolinDominique Rolin  1913-2012 mêle dans ses romans quelques parcelles autobiographiques à une fiction où se confrontent le Temps, la Mémoire et l'Amour. Confrontation entre le Dessus et le Dessous, soit l'Aujourd'hui et l'Autrefois. Jim est l'amoureux depuis 30 ans, elle, est plus âgée d'une beauté toujours bouleversante. Entre eux de l'amour et de l'écriture. Elle a un double, celui que le miroir lui donne, elle entretient avec cet autre ego un rapport particulier, basé sur une bienveillante sympathie. Celle du miroir vieillit, Celle du miroir détient les temps anciens tantôt unissants, tantôt hostiles, mais qui permettent à l'autre elle de rester en toute plénitude celle qu'elle veut être, donc ce qu'elle est. Elle doit à Jim de ne plus être soumise à ses souvenirs, mais de les dominer. Ainsi elle les transforme à sa guise, ces souvenirs qui correspondent à la réalité qu'elle a recréée, à sa vérité qu'elle a rêvée, mythe ou réalité qu'importe après tout, cela devient de la belle écriture. Le présent ce sont ces 30 ans passés dans la présence d'un être aimé, pas à elle, ni même toujours à ses côtés, mais toujours là à l'aimer( livre écrit en 1988).

Ce sont en fait 55 ans passés à s'aimer, quand même et toujours, jusqu'à la mort de Dominique Rolin en 2013. Le passé rejoint ainsi le présent. 23 ans d'écart entre Jim et la narratrice, et l'amour qui résiste à tout, au temps qui la vieillit si bien, à d'autres amours de l'homme aimé, discrétion sur ses possibles autres amours à elle, et par dessus tout l'écriture qui leur est indispensable à tous les deux et qui les fait vivre autant que l'amour qu'ils veulent bien se donner. Jim est Philippe Sollers. 

Il y a plusieurs lectures possibles du livre de Dominique Rolin, et l'on peut choisir celle qui nous convient le mieux.

C'est pour moi un hymne à la vie, un hymne à l'amour, c'est aussi un hymne à l'écriture, aux mots, à l'inspiration.

La vie est bonne avec ses courbures irrésistibles, ses capricieux détours qui n'en sont pas et ses feintes, merci, merci, Vie ! Je peux tout juste commencer à entrevoir ce que, dès le début, elle a voulu de moi. extrait

Je vis parce que j'écris. J'écris parce que Jim est là vivant. extrait.

'J'ai été la dactylo de mes rêves' 15 Décembre 2005 'Interlocution' Dominique Rolin- Philippe Sollers

Sacrée femme cette Dominique Rolin et restée belle jusquà la fin de sa vie.

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