19 février 2014

Archives des anges - Alix de Saint-André

Archives des anges

Une Histoire des anges, contée avec sérieux quant aux références, avec humour quant au fond, ce qui me convient parfaitement. Drôle cette Alix de Saint-André, un parcours atypique pour une catholique qui suit classiquement des études de lettres à la Sorbonne, puis un passage à Canal Plus, journaliste à Elle, elle écrit depuis romans ou essai comme celui des anges. Irrévérencieuse cette Alix de quoi me réconcilier, presque, avec la religion; bon en attendant l'impossible, penchons nous sur ces anges !   

Trois religions, juive, chrétienne et musulmane avec un premier point commun, Yahvé, Dieu le père ou Allah, le second point commun est la reconnaissance de l'existence des Anges, les petits messagers de Dieu. Beaux, les anges en général, le plus beau était parait-il Lucifer, le premier qui apparaît dans la bible et pas sous la forme d'un serpent initialement car c'est Dieu qui le condamne à ramper sur la terre après avoir perverti Eve ... donc c'était un bel ange qui séduisit Eve, ouf nous voilà rassurés sur la saine sexualité d'Eve, bon d'accord elle incite Adam à manger un fruit du seul arbre interdit de l'Eden, celui de la connaissance du Bien et du Mal, Adam et Eve purs produits de Dieu ne pensaient pas par eux même, éternels, ils s'emmerdaient au paradis !!! ouf le Malin les a rendus mortels, (punition de Dieu), mais capables de faire le bien et hélas le mal ... la pomme en fait était une figue, ou un autre fruit, et est devenue symbole du fruit défendu, symbolique du péché de chair ... interprétation purement humaine ... comme l'interprétation de tous les textes anciens d'ailleurs ...  pour les musulmans les démons sont en fait des djinns, intermédiaires entre les anges et les hommes, ils peuvent être d'ailleurs bons ou mauvais. Satan a emmené avec lui une partie des anges, dits anges déchus. Les Démons ont longtemps terrorisé les masses, de nos jours on ne parle plus de Malin, mais du Mal. Nuance légère où le Malin disparu n'a pas supprimé pour autant le Mal toujours bien présent chez les humains, misérables humains qui se tuent au nom d'un Dieu, misérables humains chassés du paradis.

Puissent les anges, infatigables tisserands d'invisibles liens, graver cette affectueuse ponctuation ailleurs que dans le marbre des pierres tombales , c'est leur rôle après tout. extrait.

Encore, faut il croire aux anges !

Et pour le reste, car ce message est un peu saboté et bien si cela vous dit, lisez le ce livre ! 

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07 février 2014

Anticorps - Fabienne Kanor

AnticorpsJacques 72 ans vit depuis 40 ans avec Louise 68 ans. Lui l'aime sans talent ni imagination, elle ne l'aime plus. Elle ne l'a d'ailleurs jamais aimé, une sorte de passage obligé ce mariage pour faire ce qu'on attendait d'elle : se marier, avoir des enfants, des dettes, un travail, une vie dans laquelle elle ne se reconnaît pas. Alors avec le temps, elle a ressassé une liste longue de reproches avec une rancoeur exacerbée. On découvre au fil des pages d'autres raisons à cette haine, Jacques n'est qu'un pis-aller, Louise a aimé un homme autrefois qui l'a quittée. Une nuit elle découvre Jacques nu, un soir avec son fils de 12 ans en situation équivoque, mais elle ferme les yeux, Louise, elle se soumet à l'homme, encore et toujours. C'est la vieillesse qu'elle ne supporte pas, Louise, c'est elle qui l'a fait craquer. Elle n'aime pas les vieux. Alors à 68 ans, Louise s'offre une crise de nerfs, on l'hospitalise, on lui découvre un cancer. Elle ne fléchit plus Louise, se montre odieuse envers les siens et continue à se remémorer sa triste vie. Jacques s'en va. Louise à la fin de sa vie vit dans un petit hôtel, et puis se dirige lentement vers sa mort, proche sans doute, solitaire, dans une chambre d'hôpital. Louise s'est révoltée au final au pire moment de sa vie. On ne la sent pas joyeuse d'avoir réglé ses comptes, elle croyait quoi Louise ?

Elle lasse un peu Louise et devient carrément insupportable à la fin du livre, rien ni personne ne trouvent grâce à ses yeux.

Vous savez quoi, on est heureux quand on tourne la dernière page, on est enfin débarrassé de Louise et elle va être bientôt elle débarrassée de sa vie.

La soumission, la haine, ce n'est vraiment pas une vie, Louise. La mort t'ira mieux.

Un peu énervante cette lecture !!! pas mal l'écriture, familière et  énervante  aussi, parfois.   

 

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01 février 2014

Les Années - Annie Ernaux

Annie Ernaux

Chroniques du XX siècle à la façon Ernaux qui offrent aux lecteurs avoisinant son âge, à une dizaine d'années près, une multitude de madeleines du Sieur Proust à déguster sans modération.

En même temps, une terrible mélancolie à l'évocation d'un temps proche où l'on ne sera plus et paradoxalement un réconfort pour les lecteurs qui se retrouvent pour beaucoup dans cette inquiétude universelle : Qui se souviendra de nous ?

'Tout s'effacera en une seconde. Le dictionnaire accumulé du berceau au dernier lit s'éliminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire. De la bouche ouverte il ne sortira rien. Ni je ni moi. La langue continuera à mettre en mots le monde. Dans les conversations autour d'une table de fête on ne sera qu'un prénom, de plus sans visage jusqu'à disparaître dans la masse anonyme d'une lointaine génération. extrait.

Alors Annie Ernaux emploie le on impersonnel et le elle pour se désigner, ni moi, ni je; son livre n'a qu'un seul but :

Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. extrait

Transmettre les histoires de famille via la grande Histoire, raconter les us et coutumes qui s'y rattachent, et parsemer le tout de photographies, c'est le rôle des anciens. Quoi déjà !!!    

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23 janvier 2014

L'arrière-saison Philippe Besson

Philippe Besson

Inspiré d'un tableau de Hopper 'Nighthawks' Noctambules peint en 1942.

Hopper a acheté un terrain à Cap Code en 1933 et y construit une maison atelier à South Truro où lui et sa femme Jo passeront les étés.

Philippe Besson reprend les personnages du tableau et raconte un moment de leur vie. Il s'agit d'un huit clos entre 4 personnages, l'un fantomatique qui ne sera jamais présent. Une femme Louise Cooper qui écrit des pièces de théâtre (souvent chez Philippe Besson une Louise écrivain, non ?). Ben le serveur, entre eux, une affection distanciée les lie ou une habitude de 10 ans ou encore une sorte de fraternité. Et puis un homme, Stéphen, forcément, celui du tableau, un revenant, premier amour de Louise mais qui préféra un confortable mariage aujourd'hui terminé, dans l'ombre, l'amant actuel de Louise marié qui ne viendra pas ce soir, ni les autres soirs d'ailleurs ... Alors face à face entre les 2 ex-amoureux, ce qu'ils se disent, ce qu'ils taisent, ce qu'ils souhaitent, ce qu'ils espèrent ...

Peu de surprises dans ce livre par ailleurs fort bien écrit, chacun raconte sa vie qu'on voit défiler devant nous. Calme, lente et attendue l'intrigue dés le début, comme Louise qui avait annoncé à Stéphen son futur échec en faisant un mariage de raison, on connaît d'emblée la fin possible du livre. Il n'y a pas d'intrigue d'ailleurs, juste un couple, elle vêtue de rouge, lui oiseau de nuit en costume sombre, qui se retrouvent devant leur témoin Ben, chez Phillies, un café situé à Cape Cod, un soir de Septembre encore clair, une belle arrière saison.  Un peu ennuyeux ce livre comme une belle journée de septembre lumineuse et oisive où l'on ne fait pas grand chose si ce n'est précisément savourer cet ennui qui repose et vous laisse à demi somnolent.

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20 janvier 2014

Passion simple - Annie Ernaux

A Ernaux

Livre court, 66 pages d'écriture pour l'édition Gallimard, la police est idéale pour les presbytes. Un thème : La passion amoureuse, soit une dissection anatomique et sèche des affects ressentis par Annie Ernaux lors de sa passion brève avec un homme marié, monsieur A, en déplacement en France pour son travail. Une addiction impérative plus que de l'amour-passion je trouve, car il n'y a pas de place pour les sentiments amoureux, domine seul dans ce couple un attrait irresistible et violent pour le sexe où tout tourne autour de cet homme 'Les seules actions où j'engageais ma volonté, mon désir et quelque chose qui dit être l'intelligence humaine (prévoir, évaluer le pour et le contre, les conséquences) avaient toutes un lien avec cet homme.' extrait. Lire est devenu pour elle 'un moyen d'user le temps entre deux rencontres'. Cette incorrigible preneuse de mots écrit avant la rencontre et après la rencontre pour en fixer les paroles et les gestes échangés.

Témoignage, confidence, procès verbal, commentaire de texte, quel est le mode d'écriture choisi par Annie Ernaux ? un peu de tout sans valeur morale, sans émotion débordante. Pas de fusion entre eux, pas d'harmonieuse communication, aucune illusion sur un amour partagé et durable, une passion sexuelle et cérébrale  car Annie Ernaux s'adonne sans limites aux sensations ressenties où son imagination débordante l'emmène, elle est son propre cobaye et note ses impressions à la manière d'une scientifique. Elle aime mettre en scène les rapports sexuels, de la même façon impersonnelle qu'elle traite sa passion, elle les visualise et nous les met en image, il y a un côté militant tenace chez Annie Ernaux un peu surrané je trouve.

 Monsieur A repartant dans son pays, le sevrage brutal sera évidemment douloureux, le corps entier me faisait mal et puis le chemin de la guérison qui passe par l'écriture pour rester, d'abord, dans le temps passé de la passion, ensuite, pour sauver cette passion du temps qui passe, la garder dans la mémoire et au final la rendre d'utilité publique pour ceux qui la liront, et la rendre ainsi universelle, faisant partie de la mémoire des autres. Mais en même temps cette passion lui aura apporté un regard différent sur ses semblables. Cette passion l'a reliée au monde des autres, dans ce que chacun peut éprouver lorqu'il est addict à un être, il n'y a plus de limite qui la sépare de ses semblables puisqu'elle a agi comme les autres qu'elle trouvait insensés. Cet homme par ce qu'elle a vécu d'outrancier dans sa passion lui a apporté un peu plus d'humanité, un regard différent et compréhensif sur les autres . 'Une sorte de don reversé'.

Une passion éphémère de 2 ans qui vous ouvre aux autres et vous rend meilleure.

Un luxe conclut Annie Ernaux.

Pas faux, je trouve, mais cette conclusion est significative, et  je pense  et cela n'engage que moi qu'Annie Ernaux manifeste ainsi un besoin de se protéger de l'amour en le limitant dans l'écrit au sexe seul, en en niant l'impact amoureux. Annie Ernaux en parle trop de cette passion pour la restreindre à une Passion simple. Mais rien n'est simple, là non non plus.

 

 

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15 janvier 2014

De là on voit la mer - Philippe Besson

Philippe Besson

Philippe Besson nous offre là un beau type de femme, moderne, libre, égoïste, courageuse, ambitieuse et amoureuse. Louise est écrivain et ne tolère aucune entrave à ce besoin d'écrire vital pour elle. Alors, la solitude est bienvenue, la maternité refusée, l'amour modelé à sa manière. Un nouvel amour se présente, et peu importe qu'il soit de 20 ans moins âgé qu'elle, il prend une place que l'habitude a usé, celle du mari François. L'action principale se situe à Livourne, ville dont la beauté détruite suffit à ce que l'on accepte sa laideur actuelle, comme l'on peut continuer à aimer toujours une femme vieillie (oui, ça c'est une extrapolation personnelle). Et c'est vrai, le petit centre historique de Livourne avec ses canaux témoigne du charme passé, Livourne, justement l'héroïne l'aime pour cette singularité : 'C'est l'Italie malchanceuse, bancale, ratée où le passé ne gouverne pas.' extrait.

J'aime bien l'écriture précise et sobre de Philippe Besson, j'aime ce personnage de femme particulier, si peu conforme à l'image traditionnelle des femmes, et attachant quand même  car elle s'interroge sans cesse, se juge aussi, mais au final s'accepte telle qu'elle est en prenant le risque d'une possible solitude. Le besoin d'écrire est à ce prix.

La puissance de l'inspiration créatrice, la puissance d'une passion amoureuse sont fort bien décrites dans ce livre. Et il y a un entrelacement de ces 2 passions joliment dessiné, une tresse de vie où se mêlent l'exaltation d'écrire et l'exaltation amoureuse, l'une dominante et essentielle, l'autre un peu subie et plus mineure. Pour un écrivain, tout est prétexte à écrire, tout est théâtre, difficile au fond de dissocier pour eux dans leur vie, ce qui sera matière à écrire et ce qui est leur vie propre, cela se confond souvent, et seul prédomine l'art exigeant qu'est l'écriture, la littérature.   

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07 janvier 2014

Dragons - Marie Desplechin

Dragons

VI siècle, Dragon dragonnant un max sévit sur Batz, petite île bretonne, il se nourrit d'hommes, de femmes, de bêtes et mets plus raffiné encore de tendres petits enfants. Pol Aurélien naît dans le pays de Galle en 490. Devenu prêtre Il débarque en 517 en Ouessan pour lutter contre le pélagianisme, puis se rend sur Batz où son cousin le comte Withur lui demande de supprimer Dragon. Pol lui met son étole au cou et le tue en le précipitant dans la mer, ce lieu se nomme depuis lors le trou du serpent.  Pol fonde un monastère, est nommé évêque, meurt en 567. Ses reliques sont sauvées des Barbares, mais pas des Huguenots en 1567, seul un os appartenant à son bras aurait résisté et conservé en la cathédrale Saint Paul à St Pol de Léon.     

Marie Desplechin (1959 écrivain, journaliste) reprend fort joliment cette légende et nous la narre de façon épique où le Saint Homme équipé de chiens et d'anges s'en va guerroyer l'immonde bestiole qui se défend comme un diable et entraîne dans sa chute Pol qui ne laisse de lui que son étole. Dragonne, car c'était une femelle, dort au fond de son trou d'océan, en son ventre un petit monstre conçu lors du combat entre le Saint et Dragonne.  Le moment semble venu pour la naissance, et les Éléments se mettent doucement à échapper au contrôle des hommes sur l'ile de Batz ... 

Ile de Batz toujours où 2 couples ( l'un nanti de 2 enfants) , une mère et sa fille vont mêler leur vie, le temps d'un WE sur cette île qui semble éveiller en chacun d'entre eux la partie la plus sombre d'eux, où terreurs, souvenirs contenus d'enfance, hallucinations, rêves et réalités se confondent. Au dessus de ces personnages plane un homme mort depuis 8 ans qui n'a pas trouvé le moyen de partir, qui a attrapé le goût de la mort, Emmanuel permet ainsi l'évocation d'un monde parallèle, de façon assez nébuleuse d'ailleurs, d'un monde où chaque personnage se perd un peu, livré à lui même dans un monde qu'il ne reconnaît plus, oui, je vous l'ai bien dit c'est nébuleux !!! Damien sera la première victime de cette catastrophe annoncée qui vient de la nuit des temps, celle où le dragon-chaos-Dieu nous détruira tous, la fin du monde quoi.  

Il y a une atmosphère particulière dans ce livre à l'écriture agréable, un suspens qui tient en haleine, une sorte de mystère qui tient à la fois d'un peu de mythologie, de science fiction, de croyances en tous genres de celles qui ont marqué l'imagination populaire et qui hantent nos mémoires. Si l'on accepte d'entrer dans ce monde là, on aimera le livre. 

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18 décembre 2013

Les Bonnes intentions Agnès Desarthe

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Ce qui me passionne dans ce livre c'est  la narratrice qui se nomme Sonia. C'est un petit OVNI, cette femme là, étrangère au monde où elle vit, pas dans le moule, mais s'efforçant de faire comme si. Alors elle se donne l'air 'Hommes et femmes confondus croisent un genou sur l'autre. C'est mauvais pour le dos, mais c'est bon pour l'ego. Elle pratique l'humour assez bien 'Noël, moi, je m'en fiche, bien que se ficher de Noël requière un effort de concentration ininterrompu sur plus d'un mois de temps.'Elle a peur de tout, de la police, des dames âgées, du bruit, des cafards du voisin,  elle oscille entre une mésestime d'elle où elle se retranche de la vie et une vindicative assurance qu'elle prend alors pour de l'héroïsme qui la pousse à se fourrer dans de sacrés pétrins. Elle a des idées idiotes qui lui traversent l'esprit comme voir en sa concierge Simone la réincarnation d'un chien mort recemment. Elle a appris très tôt à considérer la réalité sous un angle différent. Ce qui est curieux et frustrant c'est qu'elle rejoint la norme dans la culpabilité. Et on en arrive au principal thème du livre qui est l'inertie que nous pratiquons tous devant les nombreuses injustices de la vie : le racisme, la solitude des vieux, l'arrachement d'un marronnier centenaire qui fait trop d'ombre, les atrocités du monde etc .. inertie qui engendre la culpabilité, ' je ne suis bonne qu'à constater 'Je reste à la lisière'. Alors elle se lamente Pourquoi faut il que la misère existe' elle se trouve mesquine vis a vis de son vieux voisin qu'elle aide avec parcimonie, du bout du coeur. Ce problème de culpabilité est bien abordé je trouve, il aurait pu être plus travaillé, plus approfondi, plus subversif, mais Agnès Desarthe choisit une fin qui ne prouve pas grand chose, même si le titre veut nous en donner une idée, ce n'est tout simplement pas approprié à l'histoire et cela déçoit un peu, il y a un souci de moralisation inutile qui nuit. 

Dommage !

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27 novembre 2013

Le père éternel - Anne Goscinny

Anne Goscinny

Il y a indéniablement un rythme musical dans les romans d'Anne Goscinny; toujours aussi plaisante, l'écriture est simple et douce à lire. 

Une chanson de la vie joyeuse et tragique, une berceuse en yiddish 'A Yiddishe Mame' où l'on retrouve chaque année, au temps des chrysanthèmes, une petite fille et un gardien de cimetière dans la ville du mimosa, Nice, alors mimosa oblige !

Une strophe pour Sophie, une strophe pour Max et puis le refrain qu'entonne Max chaque année. 

Pour Sophie, l'absent est ce père peu connu dont l'enfant oubliera presque tout, sublimé et incarné en la personne de pères de substitution qui resteront le temps d'une strophe, le père devenant peu à peu éternel, hiératique image. 

Pour Max, l'absente est Hanna morte à 17 ans gazée dont il attend l'éternel retour.

Sophie laisse une lettre sur la tombe que Max lit et conserve précieusement.

Max a 3 amies, la fleuriste Marylin, Thérèse celle de Lisieux et Sophie. 

  Il faudra à ces deux là, 22 consonnes de l'alphabet hébraïque pour enterrer leurs morts.

 

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22 novembre 2013

Le voleur de mère - Anne Goscinny

Anne Goscinny

Petit livre vite lu à l'écriture agréable et simple, écrit à la manière d'un journal à 6 mains, celles de Fa, celles de Sol et celles de Si.

Une petite cantate du bout des doigts, obsédante et maladroite ....

Petite musique, ode à une mère aimée et aimante morte trop jeune laissant une fille trop jeune, mais voilà cette morte est morte d'un double cancer : cancer du sein et cancer à visage humain sous la forme d'un Fa voleur de biens, voleur de vie, voleur de mort, et voleur de mère. Mais ce voleur là paiera cher ses trahisons, et Sol retrouvera le goût de la vie, celui d'aimer et le droit à l'amour maternel toujours vivant celui qui dure l'éternité.    

Petit livre-musique plaisant. Une petite cantate ....

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