27 novembre 2013

Le père éternel - Anne Goscinny

Anne Goscinny

Il y a indéniablement un rythme musical dans les romans d'Anne Goscinny; toujours aussi plaisante, l'écriture est simple et douce à lire. 

Une chanson de la vie joyeuse et tragique, une berceuse en yiddish 'A Yiddishe Mame' où l'on retrouve chaque année, au temps des chrysanthèmes, une petite fille et un gardien de cimetière dans la ville du mimosa, Nice, alors mimosa oblige !

Une strophe pour Sophie, une strophe pour Max et puis le refrain qu'entonne Max chaque année. 

Pour Sophie, l'absent est ce père peu connu dont l'enfant oubliera presque tout, sublimé et incarné en la personne de pères de substitution qui resteront le temps d'une strophe, le père devenant peu à peu éternel, hiératique image. 

Pour Max, l'absente est Hanna morte à 17 ans gazée dont il attend l'éternel retour.

Sophie laisse une lettre sur la tombe que Max lit et conserve précieusement.

Max a 3 amies, la fleuriste Marylin, Thérèse celle de Lisieux et Sophie. 

  Il faudra à ces deux là, 22 consonnes de l'alphabet hébraïque pour enterrer leurs morts.

 

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22 novembre 2013

Le voleur de mère - Anne Goscinny

Anne Goscinny

Petit livre vite lu à l'écriture agréable et simple, écrit à la manière d'un journal à 6 mains, celles de Fa, celles de Sol et celles de Si.

Une petite cantate du bout des doigts, obsédante et maladroite ....

Petite musique, ode à une mère aimée et aimante morte trop jeune laissant une fille trop jeune, mais voilà cette morte est morte d'un double cancer : cancer du sein et cancer à visage humain sous la forme d'un Fa voleur de biens, voleur de vie, voleur de mort, et voleur de mère. Mais ce voleur là paiera cher ses trahisons, et Sol retrouvera le goût de la vie, celui d'aimer et le droit à l'amour maternel toujours vivant celui qui dure l'éternité.    

Petit livre-musique plaisant. Une petite cantate ....

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15 novembre 2013

Mal de pierres- Milena Agus

Mal de pierres

 Née en 1959.

Petit livre pour les paresseux, mais dont l'écriture sobre, concise et précise séduit agréablement. Milena Agus ne perd pas son temps, non plus, dans les descriptions où nous risquerions de nous perdre, rêveusement. La narratrice est là pour raconter sa grand-mère et lui redonner vie. Belle femme minée par des coliques néphrétiques dans une Sardaigne sauvage. Grande amoureuse initiée par un mari habitué des maisons closes, elle trouvera l'extase amoureuse avec un amant 'Le Rescapé'.

Mythomane la grand-mère, ou prenant ses rêves pour la réalité ? qui est le plus dérangé dans cette histoire, le grand-père, la grand-mère, le rescapé ? Il y a au final qu'une seule leçon à retirer de ce livre, n'arrêtons pas d'imaginer, et si nos vies nous déplaisent, inventons les. Écrivons.

'N'arrêtez pas d'imaginer. Vous n'êtes pas dérangée. Ne croyez plus jamais ceux qui disent cette chose injuste et méchante. Écrivez.' Extrait.   

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18 octobre 2013

Les marais- Dominique Rolin

rolin

Dominique Rolin (1913-2012) est née en Belgique. Une femme belle jusque dans sa vieillesse, un talent littéraire sûr, plusieurs hommes dans sa vie dont Philippe Sollers. Les marais achevés en 1940 seront publiés en feuilleton dans Cassandre, une revue contreversée dans cette période de guerre tenue par Paul Colin accusé de collaboration et qui sera assassiné en 43. Dominique Rolin s'est mariée en 37 pour fuir une vie familiale tumulteuse dont elle s'inspirera dans son roman. Pas simple la vie de famille chez les Rolin, comme chez tout le monde ou presque. Pas simple non plus la vie conjugale de Dominique Rolin qui quittera mari et fille pour aller à Paris. Pas simple non plus sa vie amoureuse.

Monsieur Tord est un drôle de père,qui aime déplaire à ses enfants, un peu tortionnaire par conviction, Madame Tord une femme qui appartient à la race des victimes et qui a fait des enfants froids et forts : Polenka qui va se marier, Alban et Ludegarde, Alexis et Barbe la petite qui ne va pas encore à l'école, la seule qui regarde son père avec amour et innocence. En dehors de Barbe qui aime son père et Alban, il n'y a pas d'amour dans cette famille ni de communication : chacun vit dans son monde, craintif de l'autorité paternelle et se libérant dans ses rêves. Alban a des visions d'apocalypse hallucinatoires et vit dans un monde onirique où les prés incurvés avaient la mollesse et le velouté des étoffes précieuses ruisselant aux creux des hanches d'une dormeuse, monde qu'il rejoindra un temps pour fuir l'atmosphère familiale pesante. Un cousin Ur débarque dans la famille, un qui est de la lignée des mâles de la famille, pâle, blond, sans relief qui prendra de l'assurance au fur et à mesure qu'il prendra l'autorité du père abattu par la mort de Barbe. Il choisira Ludegarde future victime consentante à l'image de sa mère. Pourtant Ludegarde fera une fugue, pas loin, chez le vieux Ramage et reviendra elle aussi dans la prison familiale dont Ur est devenu le geolier. Et l'histoire du début recommencera ou presque.

Livre écrit sous l'influence d'une vie familiale encore marquante, où les hommes éprouvent une certaine pitié empreinte de mépris envers les femmes, qui appartiennent à la race impure des esclaves. La petite enfance symbolisée par Barbe est curieusement épargnée, mais ne survit pas, l'innocence meurt, et la jeune fille devient femme que l'on soumet en alternant violence et tendresse. 

 Une lègère tendance préraphaélite dans le style de Dominique Rolin assez baroque dans ses expressions littéraires, ses descriptions enflammées 'ses cheveux frémissaient comme les buissons qu'il avait traversés. Il avait essayé de découvrir et de recueillir, ne fût-ce que l'espace d'un éclair, la parole qu'il savait enclose au fond des ravins, à l'endroit où les ruisseaux trébuchent'.  extrait. Ce premier livre est assez étrange, on hésite entre renoncer à le lire ou au contraire s'acharner à le lire, pour connaître la fin.

Pas décue cependant, je suis attirée par d'autres lectures de cette auteure qui suivront, j'en suis sûre.

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27 septembre 2013

Délirium Tremens Une enquête de Jack Taylor

Ken Bruen

Ken Bruen écrivain de romans policiers, irlandais né en 1951.

Ce qu'il y a de remarquable dans ce livre, ce n'est pas l'intrigue policière assez banale qu'on finirait presque par oublier, mais le réalisme sobre, efficace utilisé par Ken Bruen  dans des scènes non dénuées d'humour, noir évidemment, où le privé se vautre dans l'alcool, puis essaie de s'en sortir avant d'y replonger à nouveau, le tout rédigé d'une écriture particulière. Ken Bruen essaime son histoire de nombreuses références littéraires, cinématographiques, musicales qui ont marqué son époque. Son héros est aussi cultivé qu'addict à l'alcool, c'est dire ! Il y a un peu de tout dans ce roman :

                                                                        de la poésie

                                                                        de la philosophie

                                                                        et la drogue

                                                                        les polars américains (extrait)

Ne cherchez pas la poésie dans ce livre, Jack Taylor ne l'a pas trouvé dans sa vie, mais elle était toujours à portée de main sous la forme d'un livre de poésies de Francis Thompson poète anglais dont la poésie la plus célèbre s'intitule 'Le Lévrier du ciel'.

Un mépris désinvolte vis à vis des sentiments des autres. Oh oui ! J'avais une sacrée dose de culpabilité. Ajoutez-y une pincée de remords et des litres d'apitoiement sur soi, et vous aviez le parfait alcoolique dans toute sa gloire. Dehors, j'arrivais à supporter ce fardeau en buvant. Je faisais disparaître tous ces problèmes. J'anesthésiais la douleur. extrait.

Les personnages rencontrés dans ce livre sont très typiques eux aussi et contribuent à donner une certaine atmosphère toute irlandaise bien sûr ! La fin de ce polar est assez réjouissante, Jack Taylor, sorte de cow boy justicier (dont le refrain préféré pourrait être Im' a poor lonesome cowboy) peut reprendre sa course alcoolisée, solitaire et désespérée.  

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19 septembre 2013

Sabina Berman - Moi

Moi

Née en 1956 à Mexico, a suivi des études de psychologie, écrit des pièces de théâtre, des poèmes, des romans, réalisatrice de longs métrages.

Moi, la fille qui plongeait dans le coeur du monde.

Karen petite mexicaine a la chance de naître une seconde fois en 1978, elle a quelques années déjà .. un passé obscur d'enfant mal aimé, laissé à l'abandon, on dirait que c'est une autiste, Sabina Berman a étudié l'autisme durant ses études, alors, allons-y pour une petite autiste. Donc à la mort de sa soeur, Isabelle recueille sa nièce Karen petite sauvage et décide de la faire rentrer dans les normes. Elle sait plus de choses que les humains, cette Karen, ces drôles d'humains qui ne connaissent les choses que par leur nom, et qui méconnaissent l'existence des choses sans les inutiles mots qui les qualifient. Karen est différente, de cette différence que l'on ne peut normaliser. 'Je serai près des humains, mais loin' extrait. Belle définition des différents en tous genres, je trouve. Tout ce qui concerne Karen et sa difficulté de vivre son anormalité dans un monde normal me plaît, cela se gâte avec les thons !

Outre les êtres différents, Sabina Berman connaît aussi les thons, du moins l'exploitation industrielle des dits thons .... elle évoque donc le massacre des thons (ce qui évoque pour moi celui des baleines, le massacre des éléphants,l' exploitation des fourrures de tous poils etc ), en bref elle évoque la disparition des espèces animales engendrée par les humains, avec pour question majeure : quel est le plus bête des deux ? le roman s'égare un peu dans tous les sens, je trouve, et patauge un peu, comme moi d'ailleurs dans la suite de la lecture de ce roman; j'ai du mal à comprendre où Sabrina Berman cherche à nous emmener. Je suis comme Karen je crois, je ne comprends pas tout, je suis d'une intelligence sélective !!!! 

J'attends cependant avec impatience de pouvoir lire un autre livre de cette auteure pour confirmer ou infirmer cette drôle d'impression que me laisse le livre.

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17 septembre 2013

Truismes - Marie Darrieussecq

Truismes

Cet été, dans ma campagne montagneuse, j'ai donné dans la lecture animaliste, après les thons de Sabina Berman, la truie de Marie Darrieussecq, animal renommé pour sa saleté, mais pas que, et qui métaphoriquement tient une grande place dans le coeur de l'humanité : un homme peu raffiné est vite traité de sale porc, pour une femme on optera pour une sale truie, par contre quand il s'agira de définir le côté salace, sexe confondu, on parlera de vieux cochon, ou de grosse cochonne ... Vous noterez  au passage que les adjectifs donnés à l'animal renforcent surtout le caractère de l'humain que l'on veut ainsi déprécier ou insulter, car un vieux cochon si il n'est qu'animal, n'est qu'un animal vieilli, de même qu'une grosse cochonne n'est qu'une truie grasse, par contre associé à l'humain le vieux cochon est un homme lubrique, quant à la grosse cochonne, c'est une nymphomane, une femme qui aime la baise plus que la bienséance ne le tolère ...et la bienséance est par essence intolérante. Bref c'est l'humain qui apporte à l'animal les défauts humains et pas le contraire ... Alors, c'est donc l'histoire d'une femme, grosse cochonne qui peu à peu se transforme en truie qui comme chacun sait a tous les défauts du monde y compris celui de tuer sa propre mère, une truie matricide donc, mais sentimentale puisqu'amoureuse d'un magnifique loup garrou ... Dommage pour la suite du roman, la truie est stérile, faute d'avortements en série, alors pas de métis loup garou-truie en vue pour la suite des aventures. Notre petite truie, oui notez l'adjectif qui prend là une connotation bien humaine d'affection ... car on s'y attache à cette femme cochonne qui pourrait être vous, qui pourrait être moi, les humains apportent le mal, la pourriture, la mort ... les animaux eux ne sont que pauvres animaux sans autre défense que celles que la nature a bien voulu leur donner, et chez le cochon, si tout est bon, question défense, il est plutôt mal pourvu !!

Bon, c'est rigolo, ce roman à tous les points de vue, et très bien écrit pour une truie, il y a bien sûr côté humain, plein de moralités à tirer ... à vous de choisir la vôtre: côté truie ? on ne sait pas trop  : Rien n'est meilleur que la terre chaude autour de soi quand on s'éveille le matin, l'odeur de son propre corps mélangée à l'odeur de l'humus .... extrait. Oui, vous avez raison, il y a encore de l'humain chez cette truie là !   

 En tout homme il y a un cochon qui sommeille dit-on, c'est ça qui est dérangeant dans ce roman, il peut éveiller le côté bestial de l'humain, (point de vue d'ailleurs strictement humain !!! on n'en sort pas).  Il faudrait interviewer une truie, une vraie, bon j'en parlerai à ... mon cheval, il en connait peut être.

Salut les bêtes.

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10 septembre 2013

Clèves - Marie Darrieussecq

Clèves

Difficile de classer ce livre, pornographique, pédagogique, initiatique ? en tout cas ni poétique ni classique. Il y a des vies qui sont dures et sombres et celle de Solange l'est partiellement.

Tout tourne autour de la sexualité, frustre, primitive, machiste. A croire que la puberté n'est que cela. A croire que pour une adolescente des années 80,  le désir sexuel n'est qu'histoire de bite, à sucer de préférence, la description assez savoureuse de la première fellation de Solange vaut le détour, on sent un certain vécu mais pas celui de tout le monde toutefois, une soumission à l'homme bien ancrée ... on sent que Marie Darrieussecq a entendu des confessions troubles, pas faciles d'enfances malmenées.

En fait, je suis très fleur bleue, toujours ! et je ne souhaite à personne un tel éveil à la sexualité; pour Solange la petite héroïne il y a d'abord la bite à son père entrevue (?) çà et là, puis celle de Monsieur Bihotz qui lui sert de nounou, après il y a celle des garçons de son âge ... ses désirs à elle, ses rêves ne comptent pas. D'ailleurs toute petite, elle comprend le mot pute : 'Elle comprend le mot, elle le comprend définitivement, pour la vie. Un avant et un après de la compréhension du mot pute; A l'intérieur d'une petite fille, il y a une pute.' extrait. Pute et soumise, tout un programme.

Voilà à la page 17, tout est dit, tout est décidé, programmé sans que Solange ne songe à se rebeller ni à chercher autre chose, même si Marie Darrieussecq lui permet une sensualité débridée à la fin du livre : ses expériences navrantes ne l'ont pas dégoûtée, ni de la vie, ni des hommes !!! ouf, belle nature que cette Solange là. 

Bon, Marie Darrieussecq se contente de narrer à mots grossiers la vie de Solange, qui n'est pas née dans le 16ème, même si dans le 16ème tout est loin d'être rose, mais c'est exprimé dans un langage plus châtié ! elle ne prend pas partie, n'explique pas, reste neutre, elle réagit en psychanalyste quoi ! C'est sans doute ce qui énerve un peu !!! C'est sans doute aussi le but recherché, éveiller les consciences, interpeller, amener à la reflexion.

Solange va s'en sortir; une suite lui est donnée dans le Darrieussecq de la cuvée 2013 'Il faut beaucoup aimer les hommes'.

A suivre donc.  

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21 juin 2013

Tout s'est bien passé - Emmanuèle Bernheim

tout s'est bien passé

Le début de 'Tout s'est bien passé' est laborieux, indéniablement un bon narratif, descriptif, d'un voyage en métro à prendre dans le sens de la marche quand on est stressé, on sent presque l'odeur du métro, puis re-belote avec l'hôpital, aux Urgences où l'on ne fait qu'attendre, odeur d'hôpital, les examens, puis les résultats, ensuite téléphoner à ses proches, avertir la mère qui erre entre dépression et parkinson, régler les formalités bancaires pour qu'une procuration soit faite aux filles, on n'y pense toujours trop tard à cela ...c'est bien écrit, mais au final un peu monotone à lire; un récit de fin de vie à lire, un de plus .. quand soudain à la page 50, un 'je veux que tu m'aides à en finir' est accrocheur ... on y est enfin dans le sujet du livre, le suicide assisté du père d'Emmanuelle Bernheim, André. Certes, c'est un sujet à la mode, traité avec efficacité dans le bon film de Stéphane Brizé 'Quelques heures de printemps', mais la gravité du sujet  peut justifier l'abondance de livres, essais, films, la rendre même nécessaire. Cela peut se passer en Suisse, à Berne, il faut être conscient, incurable, et capable de boire un verre seul, boire d'abord un anti-vomitif, puis boire la potion mortelle qui est amère et l'on s'endort tranquillement en écoutant de la musique. Emmanuelle Bernheim évoque le film 'Soleil vert' film que j'ai également vu, où les candidats à l'euthanasie meurent en regardant des paysages magnifiques à jamais disparus. André Bernheim ne pourrait arriver à anticiper sa fin, il a besoin de l'aide de ses filles, trop fatigué pour le faire seul .. Emmanuèle Bernheim écrit donc les étapes semées d'embûches de cette péripétie ... elle écrit bien, les moments d'angoisse, les moments cocasses qui provoquent des fous rires, la vie quoi qui prédomine chez les survivants ... Gonflé le père, collectionneur d'art, esthète, aimant la gente masculine, très égoïste, caustique avec ses filles, même sa mort est une manière d'emmerder encore, une dernière fois ses filles ... bon ce père, unique on l'aime bien quoiqu'il fasse, surtout que c'est un gentil monstre-apprenti, juste un homme égoïste, charmeur et attachant. On dit souvent que les enfants sont maintenant durs à élever, on ne dira jamais assez que c'est la même chose pour les parents en fin de vie, durs à mourir !!!!

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19 juin 2013

Le Démon d' Hubert Selby Jr

Le démon

'Ses amis l'appelaient Harry. Mais Harry n'enculait pas n'importe qui. Uniquement des femmes... des femmes mariées.' extrait

Hubert Selby Jr 1928-2004 adore accrocher le chaland avec des mots grossiers dans des phrases banales. Le problème majeur d'Harry au début du livre, c'est le sexe, sans sentiment, et uniquement les femmes mariées, pas d'emmerdements ainsi .... Harry est un drogué de la baise, il est intelligent, brillant, a une gentille petite famille un peu débordante de bons sentiments, un patron qui l'apprécie, mais son addiction le prive de tout sens commun, le fait arriver en retard au travail, l'empêche de travailler, le rend petit à petit agressif  ... bon à la longue, cela finit par lasser, le problème de cet homme et l'on s'ennuie ferme; son mariage avec Linda l'apaise un court moment, et puis l'envie d'autres femmes reprend, mais le plaisir vient de l'avilissement ressenti avec une culpabilité envahissante qui le rend nerveux, malade, sujet au début à des troubles du comportement qui le mènent petit à petit à des troubles psychiatriques majeurs qui l'emmènent au meurtre .. cette seconde partie est nettement plus intéressante, Selby amène son héros à la folie, dans un crescendo de troubles de la personnalité passionnant. Je ne sais trop à quoi cela tient d'ailleurs, l'écriture répétitive jusqu'au lancinant ? le vocabulaire reste assez commun, peu recherché mais Selby a l'art du sens rythmique des phrases, prenant et efficace. Il a l'art de la transe Selby dans la description de ses meurtres, dans la narration des conséquences pour son héros. 

  

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