06 juin 2013

Les fruits du Congo 1951

Les Fruits du Congo

Alexandre Vialatte 1901-1971

Quels bonheurs on pouvait s'inventer dans les Îles. extrait  Les Îles : 'C'était le royaume du bonheur qu'on attend et qui ne viendra pas.' extrait

Voilà, c'est dit, c'est un livre sur les rêves, ceux présumés d'adolescents  nés il y a un peu plus de 100 ans déjà, c'est un livre sur le temps passé où l'imagination pouvait encore déborder, créer des aventures extraordinaires, des épopées fantastiques où il y a des élèves avec un principal particulier :  Monsieur Vantre Principal du collège buveur de chartreuse et autres liqueurs qui menait ses élèves  dans ses chasses d'une manière aussi lyrique qu'imaginaire, de telle sorte que les élèves virent au bout de la ville là où ce n'était que nu, plat et blanc, si désolé, une île d'abord celle de la mâchoire, à côté l'ile du moulin à vent avec une tour en ruine où un soir une lumière ... extrait

 élèves qui se transforment en petits chevaliers, elfes, héros, ce que vous voudrez, tous épris d'une princesse Dora.  

Dora, Reine des Îles, du Labyrinthe et du Moulin à vent : "peut être n'étais-tu, t'accrochant aux brins d'herbe et t'inventant des fétiches protecteurs, que le gibier traqué de M. Panado ? une enfant qui recule de cachette en cachette et qui jette du sable, affolée, pour aveugler celui qui vient " extrait C'était une grande fille souriante qui avait l'air tendre, intelligent, ironique et grave des Françaises. Elle sentait la pipe, la lavande, l'eau de javel et l'herbe mouillée.... et son rire, au milieu de cet océan vert, était comme une île de corail. extrait

Dora était Marthe Perrin-Darlin, Dora n'était qu'un rêve, une certaine idée de l'amour pour des jeunes gens imaginatifs et avides d'aimer comme on peut l'être à cet âge. Dora est morte, assassinée par le Temps qui tue presque tout. Dora d'or, Dora noire, Dora morte.

Le narrateur n'existe pour les 2/3 du livre que par sa narration, mais il se dévoile nostalgiquement de temps en temps en pleurant ces êtres disparus. Nous n'irons plus au Labyrinthe, aux Iles et au moulin à vent. Dans l'épilogue, il n'y a presque plus que lui qui fait le bilan, nous rapporte ce qu'ils sont tous devenus.   

Monsieur Panado n'est peut-être qu'un des visages du néant. Peut être n'existe-t-il que par sa propre absence ?  extrait. Monsieur Panado représente le Destin, la Mort, aucun nul n'échappera.

Les Vingtrinier, le père avocat, la mère morte, Marcel qui sera tué au front, un dont on ne sait rien, au début du livre et Joseph qui fut au collège. Habitent dans la rue Quattrebarbe. Joseph parti ' Loin de ce fils adroit et cynique, il (le père) tournait comme un homme sans âme, comme un escargot sans coquille ...il buvait de l'absinthe chez la veuve ... il se mit à tuer des mouches. Il les visait, les aplatissait d'un geste adroit, les attrapait délicatement par une patte. Monsieur Vingtrinier ne faisait donc rien, mais ce rien, il le faisait à l'heure. Il tenait un agenda serré de ce qu'il aurait fallu faire au moment où il écrivait. extrait Il s'occupait aussi de donner du mou à son chat Petit-Monsieur, il prenait le pernod du soir chez la mère de Marthe. Monsieur Vingtrinier est le fou assassin, il y a forcément de terrifiantes histoires d'assassins dans ces histoires. Monsieur Vingtrinié fut mis chez les fous.Et son cas servit à une thèse. extrait

La grande négresse : Ce fut au sein d'une grande mélancolie que la noire pharmacienne du boulevard Saint-Michel devint la dame plate, l'icône, la déesse en papier, de l'affiche des "Fruits du Congo". extrait. Cette affiche servait à attirer les jeunes Français à s'engager.

Fredéric Lamourette, orphelin, receuilli par son oncle le docteur Peyrolles, porte un melon, redouble ses math-élem, censé préparer Saint-Cyr, brillant mais son destin est d'être un héros tragique amoureux d'une fantomatique Dora. La Grande négresse le prendra dans ses bras,il mourra devant une ville défendue par les Turcs.

Théo Gardi le violon tzigane du café Russe. Forcefil atteint de diabète graisseux  qui mourut en 3ème, Potter et Pechmarty, le petit Bonheur dont le père tenait les 'plaisirs de Corée' ... un fourmillement de petits personnages, croqués avec humour et exactitude. Family, lampe Pigeon ... Livre à relire, tant il y a de détails qui peuvent un brin lasser si l'on veut tout saisir d'emblée, alors y revenir, car on devient curieusement dépendant de ce récit, parfois il agace, souvent il ravit, mais dans tous les cas il ne laisse pas indifférent.

Les choses périssables ont péri. Le monde s'est vidé des choses, il n'est resté que leur reflet. ... Et la lumière était si belle et si étrange qu'on aurait dit aussi la lumière du bonheur. Les années ne font rien aux choses. Dora a laissé dans nos coeurs le regret d'un bonheur que nous n'avons plus connu. Il y a peut-être un"bonheur des Îles" qui n'est pas fait comme les autres.

Je sais bien aujourd'hui que les pommes du voisin ne sont pas meilleures que celles du verger familial, et cependant toute notre vie est réglée sur cette illusion. Nous ne croyons qu'aux fruits de la négresse.

Et de quoi vous plaindriez vous ? Vous n'aurez "que le ciel et les sables" ? Le ciel et les sables sont grands.

Ce livre est un livre sur la maturité qui évoque un type d'adolescence, il s'en dégage une douce et tendre nostalgie, où l'espoir reste présent, oui, le ciel et les sables sont grands, encore.

Posté par maison43 à 18:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


11 avril 2013

Une bonne raison de se tuer- Philippe Besson

Une bonne raison de se tuer

Y a t'il une bonne raison pour se tuer ? Pas de réponse précise à chercher dans le livre de Philippe Besson, sans doute parce qu'il n'y en a pas, il n'y a que des circonstances favorables qui une fois toutes réunies décident du passage à l'acte. Chez Laura Parker, personnage du livre, chez Patrick, chez Brigitte personnages réels de la vie, les circonstances favorables ont été un moment réunies, ce fut une affaire de secondes, une personne injoignable au téléphone, des mots non prononcés, des proches absents, endormis  que sais je, la solitude en tous cas à ce moment précis et le basculement irrémédiable. Chez Samuel Jones autre personnage du roman, c'est moins intense, plus lié à une circonstance précise, le suicide de son fils, plus de chances pour lui de continuer à vivre, car la chance fait aussi partie des circonstances, celle de naître moins fragile, celle de toujours trouver une bonne raison de ne pas se tuer. L'un l'a cette chance, l'autre pas. Philippe Besson a su mettre en valeur la solitude particulière de ces déprimés qui s'enferment dans leur souffrance, celle qui les fait vivre isolés même au milieu des autres, celle où plus rien ne peut les retenir au monde, et ce n'est la faute de personne.

Posté par maison43 à 18:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 avril 2013

OH ... Philippe Djian

OH

L'histoire commence par un viol et se termine par la mort du violeur. Que la morale se rassure, l'honneur est sauf donc ! l'honneur de l'héroïne qui murmure ce 'oh' si joliment simpliste pour marquer sa surprise ou sa satisfaction à la fin du livre ... mais voilà rien n'est simple ni dans la vie, ni dans les romans de Philippe Djian qui s'amuse à forcer les traits de ses personnages, qui ne fait jamais dans la dentelle. Le père de Michèle, l'héroïne a tué pas moins de 70 enfants dans un club Mickey, alors avec ce lourd héritage, elle est un peu blasée, Michèle, sur les facéties de la vie, elle est un peu déphasée. C'est quoi l'anormal quand on a vécu adolescente une telle horreur ? coucher avec le mari de sa meilleure amie, se faire violer et estimer alors qu'elle a connu pire avec des hommes librement choisis, entretenir une liaison sadomasochiste avec son violeur .... mais Dieu merci, elle est une mère parfaitement normale qui se mêle un peu trop de la vie de son fils Vincent et qui pleure sur la mort de son chat. Philippe Djian s'amuse, comme toujours à mettre en scène l'effrayante complexité des êtres humains qui les dépasse souvent; le milieu familial est le terrain de jeux qu'il affectionne le plus, sans doute parce qu'il est en partie à l'origine de ce que nous sommes devenus, source de névroses possibles, générateur de conflits, il n'est bien sûr jamais neutre et influence toujours nos vies. 

On ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman, et les personnages n'arrivent pas à nous lasser comme ceux d'Impuretés du même auteur qui s'engluent dans leurs faiblesses jusqu'à lasser le lecteur, les héros de OH sont à plusieurs facettes, terriblement humains. 

Posté par maison43 à 15:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 février 2013

Longtemps j'ai habité dehors- Elina Dumont

Elina Dumont

A 17 ans Elina enfant placée par la DDASS,  a déjà connu beaucoup de drames, elle décide de fuguer et se retrouve dans la rue durant une quinzaine d'années, elle témoigne de ce qu'elle y a vécu, ses essais pour s'en sortir, ses addictions, ses galères. Son profil particulier, jeune, belle, intelligente et propre sur elle, la fait sortir du lot, en Octobre 98, elle joue avec d'autres SDF dans 'Les Bas Fonds' de Gorki, pièce mise en scène par Serge Sandor, elle reçoit un peu plus tard l'aide de Marie Desplechin écrivaine qui l'héberge dans une chambre et sera marraine de son spectacle ' Des quais à la scène'. Elle est appréciée des Médias, car sous sa gouaille toujours présente, elle sait cultiver son jardin, Elina, qui passe d'abord par une apparence adéquate à ce que l'on attend d'elle. Elina nous rappelle qu'être dans la rue est rarement un choix, mais un concours de circonstances qui peut amener, un jour, qui sait, chacun d'entre nous dans la rue.

Tout le monde n'ayant pas la chance d'avoir un fils SDF, le livre d'Elina Dumont est un bon plaidoyer, je trouve, bien sûr, il n'est pas exhaustif, chaque SDF a son histoire, et son potentiel à s'en sortir ou pas, cela est difficile pour tous, impossible pour certains, mais il est réjouissant de constater que pour quelques uns, cela peut marcher. 

Posté par maison43 à 18:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 février 2013

Veuf - Jean Louis Fournier

Veuf

Dans la lignée de 'on va où papa', écriture drôle, concise, synthétique ... L'auteur aguérri au malheur sait le dompter, s'en tenir à distance, le traiter par l'humour thérapie, par l'ironie un peu caustique ... un malheur, un livre ... pas mal de malheurs donc pour un seul homme, mais un phénix, le bonhomme, un solide qui ne coule pas, une merveille de la résilience. Je reconnais que cela m'agace un peu et je ne sais pas trop pourquoi, ce qui est encore plus agaçant !

Bon, il est quand même le créateur de la Noiraude, et c'était un proche de Pierre Desproges. Il m'agace un peu moins.

Je devrais écrire un livre sur mon fils hummm, c'est peut être là où cela coince chez moi, les malheurs de Jean Louis Fournier (enfants handicapés, perte de sa femme aimée)... écrire ses malheurs suscite une compassion que j'envie ... une sympathie spontanée d'un public qui adore les malheurs à condition qu'ils soient médiatisés par un livre, une télé réalité ..

Merci, madame Freud d'avoir ainsi mis en lumière une certaine mesquinerie chez moi ! Normal que cela m'agace !

Étonnant, non ? 

Posté par maison43 à 20:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


18 janvier 2013

Cinquantes nuances de grey

50 nuances de grey

Romance érotique écrite par une britannique Erika Léonard James, qualifiée par certains de porno de la ménagère, considérée par d'autres comme un livre initiateur à la sexualité pour jeunes filles; l'auteure a commencé par écrire cette série sur internet et y a trouvé une notoriété certaine. Le sujet oscille entre une histoire d'amour pour l'héroïne Anastasia et une nième histoire de sexe pour Grey, le héros, incapable d'éprouver de l'amour, mais sachant le faire avec talent, puisque le plaisir provoqué chez sa partenaire est intense et se renouvelle sans fin (ce qui explique peut être le succès d'un livre qui prend comme sujet le plaisir féminin) et même si  le rapport pervers de dominant/soumise est bien réel, il pimente un peu l'histoire d'amour qui serait à la longue carrément ennuyeuse. Et pour que la morale soit sauve, l'héroïne-soumise revient à la raison à la fin du livre, ouf ou dommage c'est selon !  L'écriture relève du langage parlé sans aucun effet littéraire, mais ce n'est vraiment pas le but du livre. Pour que ce livre s'assimile à une notice d'informations en pratiques sexuelles, il manque beaucoup d'explications et de précisions. Mais 2 autres tomes suivent ...

Au final, je crois que E L James s'est bien amusée à écrire ce bouquin, elle a libéré une partie de ses phantasmes, elle a libéré aussi d'une certaine façon la parole sur ce sujet si mystérieux qu'est le plaisir féminin, c'est au fond pas si mal.    

Posté par maison43 à 18:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

30 décembre 2012

A ce soir - Laure Adler

Laure Adler

Laure Adler écrit un livre sur la fin de vie de son fils Rémi mort au cours de sa première année.

17 ans après, elle souhaite l'évoquer dans un livre qui se lit aisément, à la belle écriture sans sensibilité larmoyante. Des mots qui expriment la douleur profonde, celle qui égare, celle où les larmes sont dépassées, celle où l'on s'enferme comme un insecte sous une lampe ou sous un verre, qui cherche inutilement à sortir de cet emprisonnement de douleur, se heurtant, devenu fou, aux parois. 

Laure Adler redonne vie à ce fils, le concrétise sous forme de livre. Elle y soigne sa douleur, sa culpabilité d'avoir vécu après. On n'oublie jamais la mort d'un enfant, on s'habitue à la douleur.

La vie n'est plus la même après un tel déchirement. La mort rôde autour de vous toujours et 'a vite fait de vous murmurer à sa façon, en A ce soir qui résonne comme une menace'. extrait

Posté par maison43 à 18:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

21 décembre 2012

Une semaine de vacances - Christine Angot

une semaine de vacances

Sulfureuse et subtile Christine Angot qui choisit de faire de son histoire un livre que l'on peut qualifier d'érotico-pornographique, et ce n'est pas, les 'c'est bon papa' qui vont apporter au texte à première vue une autre dimension. A la seconde approche, Je crois par contre que ce roman est un espoir pour tous ceux qui subissent l'inceste qui ravage leur jeune vie, Christine Angot démontre par ce livre dont la précision clinique évoque celle de Sade, version très édulcorée de Sade d'ailleurs, donc elle démontre que l'on peut se remettre d'un tel traumatisme, je n'ai pas dit guérir, car on en porte toujours la blessure, mais on peut le sublimer; ce qu'elle arrive à faire avec un parti pris certain pour l'ambiguité qu'elle provoque par le pouvoir érotisant de ce texte chez le lecteur, histoire de le mettre mal à l'aise. Et c'est en cela qu'elle est sulfureuse Christine Angot, pas sur les termes employés, ni sur les images crues ainsi dévoilées. Elle joue sur les 2 tableaux, exciter sexuellement le lecteur, mais en même temps lui rappeler sans cesse qu'il s'agit d'un inceste, et donc chercher à le mettre en situation de père incestueux si d'aventure il est émoustillé, ce qui va forcément l'indisposer à des degrés divers. Belle écriture, sans doute, avec un pouvoir particulier donné aux mots, pas de mots grossiers, uniquement les mots communs que notre société pudibonde a écarté de la conversation ordinaire, leur donnant ainsi une connotation soit érotique jusqu'à la pornographie, soit pseudo médicale. Christine Angot les remet à leur place, ces mots là, et nous laisse libres de les interpréter à notre façon; cela peut déranger.

   

Posté par maison43 à 18:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 décembre 2012

La Blessure la vraie François Bégaudeau

La Blessure la vraie

François Bégaudeau né en 1971, critique littéraire et de cinéma, romancier

Livre de souvenirs d'un adolescent qu'on appelle le Nantais, âgé de 15 ans au physique moyen; pour situer dans le temps, cela se situe au temps de la famille Barbapapa, série qui fut créée en 1974. L'époque est le règne de la Renault 18 voiture familiale moyenne, les boissons favorites sont le monaco, ou le demi panaché qui est un compromis à moitié satisfaisant pour un chico de 15 ans : 'La demi-teinte plutôt que le ridicule de la pleine assurance, c'est un autre choix perdant et c'est aussi le mien' Voilà, le ton est donné. Le Nantais est un demi perdant, pour tout. Il est aussi puceau. L'été 1986 sera la fin de cet état ou ne sera pas. Mais voilà 'Pas envie de dire oui, pas le courage de dire non'. Le Nantais est plutôt intellectuel, le beau gosse, car oui ya un beau gosse, Joe qui n'est pas très futé, pas, pas rien du tout d'ailleurs, pas délicat, pas raffiné, pas sentimental, juste baiseur à fond de petites nanas, pas d'état d'âme, juste 'tranquille serein cool.' Le Nantais est communiste tendance léniniste. Des filles, il pense que la catégorie assez fournie se situe autour d'un 9 sur 20, et sa question est de savoir si à 9 sur 20 elle sont baisables ou pas. Lui s'estime entre 9 et 12 sur 20, quoique avec un bouton, il penche plutôt vers le 9. Oui, il n'est pas qu'intellectuel pur le Nantais, il est un peu obnubilé par ses hormones, Et puis voilà t'y pas que surgit hors de la nuit une brune de Jupiter, une brune qui court vers l'aventure au galop (merde, j'écris comme Bégaudeau !), une brune qui pourrait devenir son amoureuse, oui amoureuse pas que baisée, amoureuse à baiser. Mais voilà t'y pas toujours, que la Céline de l'an dernier s'annonce, et voilà notre Nantais avec 2 brunes, 2 brunes à baiser. L'histoire se complique, d'autres brunettes sont là émoustillant les sens du Nantais puceau, brouillant les voies impénétrables (elles aussi) du destin. Notre Nantais a donc de cet été 86, une blessure d'amour, propre ou pas, mais une blessure dont il ne se remettra pas, 'une entorse incurable au bonheur'. Espérons qu'en nous la narrant, notre Nantais s'en portera mieux ! Parce que bon, il fait un peu schmir le Nantais, à se ressasser son problème  d'baisera, baisera pas. M'est avis que La mère Baquet, elle, doit avoir un autre avis sur la question.

C'est pourtant écrit, d'une écriture assez rigolote qui me plaît, qui se joue des mots et des expressions-clichés. Mais l'intrigue est un peu mince, un peu lassante à la longue. Dommage ! 

Posté par maison43 à 17:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 décembre 2012

L'amour est une île

Claudie Gallay

Claudie Gallay 1961

Écrit au présent, voilà un scénario possible de film à la française, sur fond de festival d'Avignon. Les femmes seront solitaires, belles et déchirées, les mères seront solitaires, maternantes et chaleureuses, les hommes jeunes seront solitaires musclés et beaux, les moins jeunes encore beaux et toujours solitaires auront du charme et les vieux seront ... les vieux, tiens parlons en, c'est ce regard sur le temps qui passe, sur la vieillesse qui m'a touchée.

Extraits

-Ce qui nous attend est donc désespérant ?-- Oui ... Le temps passe, nous devenons piteux et nous allons finir seuls. 

Avant est un pays magique.

'Les jours qui restent seront ils supportables ? Pourra t'elle aimer celui qui vient ? Et s'il en reste dix ou vingt, pourra-t'-elle les aimer aussi ? Et si ce n'est qu'une heure l'aimer quand même.  

Les vies que l'on n'a pas sont-elles toujours les plus belles ?

Le destin fait cela parfois. Il emporte. C'est comme ça. Sans issue. Des départs comme des massacres. Ceux qui restent pleurent. Ils s'en veulent. On ne refait pas l'histoire.Jamais rien ne se récrit.

La voiture prend de la vitesse. Le fleuve dessine une courbe. Avignon ressemble à une île qui s'éloigne.

Et puis il y a les digitales ' Des digitales pourpres, les plus belles, les plus toxiques.' Les digitales chères à mon coeur.

Fin, générique, musique.

C'est un livre sur la solitude-ensemble. Les héros sont seuls, par choix, par nécessité, ou bien est ce parce que c'est ça la vie, être toujours un peu seul, et c'est parfois, tant mieux, parfois tant pis, et dans le fond, ce qui importe le plus, c'est de vivre d'abord pour soi, les autres suivent ou pas. Pour moi, c'est ce qui se dégage de ce livre, le reste, l'intrigue romanesque pas désagréable à lire d'ailleurs n'est qu'aimable fioriture.

Posté par maison43 à 09:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :