10 septembre 2013

Clèves - Marie Darrieussecq

Clèves

Difficile de classer ce livre, pornographique, pédagogique, initiatique ? en tout cas ni poétique ni classique. Il y a des vies qui sont dures et sombres et celle de Solange l'est partiellement.

Tout tourne autour de la sexualité, frustre, primitive, machiste. A croire que la puberté n'est que cela. A croire que pour une adolescente des années 80,  le désir sexuel n'est qu'histoire de bite, à sucer de préférence, la description assez savoureuse de la première fellation de Solange vaut le détour, on sent un certain vécu mais pas celui de tout le monde toutefois, une soumission à l'homme bien ancrée ... on sent que Marie Darrieussecq a entendu des confessions troubles, pas faciles d'enfances malmenées.

En fait, je suis très fleur bleue, toujours ! et je ne souhaite à personne un tel éveil à la sexualité; pour Solange la petite héroïne il y a d'abord la bite à son père entrevue (?) çà et là, puis celle de Monsieur Bihotz qui lui sert de nounou, après il y a celle des garçons de son âge ... ses désirs à elle, ses rêves ne comptent pas. D'ailleurs toute petite, elle comprend le mot pute : 'Elle comprend le mot, elle le comprend définitivement, pour la vie. Un avant et un après de la compréhension du mot pute; A l'intérieur d'une petite fille, il y a une pute.' extrait. Pute et soumise, tout un programme.

Voilà à la page 17, tout est dit, tout est décidé, programmé sans que Solange ne songe à se rebeller ni à chercher autre chose, même si Marie Darrieussecq lui permet une sensualité débridée à la fin du livre : ses expériences navrantes ne l'ont pas dégoûtée, ni de la vie, ni des hommes !!! ouf, belle nature que cette Solange là. 

Bon, Marie Darrieussecq se contente de narrer à mots grossiers la vie de Solange, qui n'est pas née dans le 16ème, même si dans le 16ème tout est loin d'être rose, mais c'est exprimé dans un langage plus châtié ! elle ne prend pas partie, n'explique pas, reste neutre, elle réagit en psychanalyste quoi ! C'est sans doute ce qui énerve un peu !!! C'est sans doute aussi le but recherché, éveiller les consciences, interpeller, amener à la reflexion.

Solange va s'en sortir; une suite lui est donnée dans le Darrieussecq de la cuvée 2013 'Il faut beaucoup aimer les hommes'.

A suivre donc.  

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21 juin 2013

Tout s'est bien passé - Emmanuèle Bernheim

tout s'est bien passé

Le début de 'Tout s'est bien passé' est laborieux, indéniablement un bon narratif, descriptif, d'un voyage en métro à prendre dans le sens de la marche quand on est stressé, on sent presque l'odeur du métro, puis re-belote avec l'hôpital, aux Urgences où l'on ne fait qu'attendre, odeur d'hôpital, les examens, puis les résultats, ensuite téléphoner à ses proches, avertir la mère qui erre entre dépression et parkinson, régler les formalités bancaires pour qu'une procuration soit faite aux filles, on n'y pense toujours trop tard à cela ...c'est bien écrit, mais au final un peu monotone à lire; un récit de fin de vie à lire, un de plus .. quand soudain à la page 50, un 'je veux que tu m'aides à en finir' est accrocheur ... on y est enfin dans le sujet du livre, le suicide assisté du père d'Emmanuelle Bernheim, André. Certes, c'est un sujet à la mode, traité avec efficacité dans le bon film de Stéphane Brizé 'Quelques heures de printemps', mais la gravité du sujet  peut justifier l'abondance de livres, essais, films, la rendre même nécessaire. Cela peut se passer en Suisse, à Berne, il faut être conscient, incurable, et capable de boire un verre seul, boire d'abord un anti-vomitif, puis boire la potion mortelle qui est amère et l'on s'endort tranquillement en écoutant de la musique. Emmanuelle Bernheim évoque le film 'Soleil vert' film que j'ai également vu, où les candidats à l'euthanasie meurent en regardant des paysages magnifiques à jamais disparus. André Bernheim ne pourrait arriver à anticiper sa fin, il a besoin de l'aide de ses filles, trop fatigué pour le faire seul .. Emmanuèle Bernheim écrit donc les étapes semées d'embûches de cette péripétie ... elle écrit bien, les moments d'angoisse, les moments cocasses qui provoquent des fous rires, la vie quoi qui prédomine chez les survivants ... Gonflé le père, collectionneur d'art, esthète, aimant la gente masculine, très égoïste, caustique avec ses filles, même sa mort est une manière d'emmerder encore, une dernière fois ses filles ... bon ce père, unique on l'aime bien quoiqu'il fasse, surtout que c'est un gentil monstre-apprenti, juste un homme égoïste, charmeur et attachant. On dit souvent que les enfants sont maintenant durs à élever, on ne dira jamais assez que c'est la même chose pour les parents en fin de vie, durs à mourir !!!!

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19 juin 2013

Le Démon d' Hubert Selby Jr

Le démon

'Ses amis l'appelaient Harry. Mais Harry n'enculait pas n'importe qui. Uniquement des femmes... des femmes mariées.' extrait

Hubert Selby Jr 1928-2004 adore accrocher le chaland avec des mots grossiers dans des phrases banales. Le problème majeur d'Harry au début du livre, c'est le sexe, sans sentiment, et uniquement les femmes mariées, pas d'emmerdements ainsi .... Harry est un drogué de la baise, il est intelligent, brillant, a une gentille petite famille un peu débordante de bons sentiments, un patron qui l'apprécie, mais son addiction le prive de tout sens commun, le fait arriver en retard au travail, l'empêche de travailler, le rend petit à petit agressif  ... bon à la longue, cela finit par lasser, le problème de cet homme et l'on s'ennuie ferme; son mariage avec Linda l'apaise un court moment, et puis l'envie d'autres femmes reprend, mais le plaisir vient de l'avilissement ressenti avec une culpabilité envahissante qui le rend nerveux, malade, sujet au début à des troubles du comportement qui le mènent petit à petit à des troubles psychiatriques majeurs qui l'emmènent au meurtre .. cette seconde partie est nettement plus intéressante, Selby amène son héros à la folie, dans un crescendo de troubles de la personnalité passionnant. Je ne sais trop à quoi cela tient d'ailleurs, l'écriture répétitive jusqu'au lancinant ? le vocabulaire reste assez commun, peu recherché mais Selby a l'art du sens rythmique des phrases, prenant et efficace. Il a l'art de la transe Selby dans la description de ses meurtres, dans la narration des conséquences pour son héros. 

  

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07 juin 2013

Bestiaire

textes  issus des chroniques oubliées dans le journal La Montagne et écrits par Alexandre Vialatte 1901-1971 , donc textes réunis en un abécédaire intitulé 'Bestiaire' édité chez arléa.

Vialatte terminait ses chroniques, dans la Montagne, par ces mots 'Et c'est ainsi que Allah est grand'. Vialatte était écrivain, traducteur d'allemand (traduira Kafka, Goethe, Brecht, Nietzsche, entre autres), chroniqueur dans de nombreux journaux et revues. Ami d'Henri Pourrat et de Philippe Kaeppelin, entre autres bien sûr. 

Bien sûr, quand on lit ce Bestiaire, on pourrait croire qu'on lit du Desproges, et ce dernier ne cachait pas avoir été inspiré par Vialatte; Pierre Dac n'est pas loin non plus, avec un humour peut être plus délirant encore inspiré par Alphonse Allais ...

Un échantillon ..

Trois ânes

Cheval II

Qu'est-ce que le cheval ? Tout le monde a la notion du cheval. Si on ne l'a pas, il suffit à l'esprit de se représenter un âne, mais un grand âne avec la queue moins étriquée. Ou alors un boeuf, en moins gros, sans cornes et avec une crinière. Ou à la rigueur un homard, mais sans pinces et sans carapace, monumental, avec le poil luisant et des sabots qui sonnent sur une route asphaltée. Ou alors un très grand lapin, un gros lapin de cinq cents kilos qu'on pourrait atteler à une voiture et qui ressemblerait à un cheval. Ou encore un paquet de lapins, de cinq cents lapins d'un kilo pièce, agglomérés pour faire un lapin synthétique qui aurait une crinière abondante, avec une selle et un jockey. Bref, tous les animaux sont propres à donner une idée du cheval à condition de les faire déformer par l'esprit dans le sens qui les rapproche réellement du modèle. 

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06 juin 2013

Les fruits du Congo 1951

Les Fruits du Congo

Alexandre Vialatte 1901-1971

Quels bonheurs on pouvait s'inventer dans les Îles. extrait  Les Îles : 'C'était le royaume du bonheur qu'on attend et qui ne viendra pas.' extrait

Voilà, c'est dit, c'est un livre sur les rêves, ceux présumés d'adolescents  nés il y a un peu plus de 100 ans déjà, c'est un livre sur le temps passé où l'imagination pouvait encore déborder, créer des aventures extraordinaires, des épopées fantastiques où il y a des élèves avec un principal particulier :  Monsieur Vantre Principal du collège buveur de chartreuse et autres liqueurs qui menait ses élèves  dans ses chasses d'une manière aussi lyrique qu'imaginaire, de telle sorte que les élèves virent au bout de la ville là où ce n'était que nu, plat et blanc, si désolé, une île d'abord celle de la mâchoire, à côté l'ile du moulin à vent avec une tour en ruine où un soir une lumière ... extrait

 élèves qui se transforment en petits chevaliers, elfes, héros, ce que vous voudrez, tous épris d'une princesse Dora.  

Dora, Reine des Îles, du Labyrinthe et du Moulin à vent : "peut être n'étais-tu, t'accrochant aux brins d'herbe et t'inventant des fétiches protecteurs, que le gibier traqué de M. Panado ? une enfant qui recule de cachette en cachette et qui jette du sable, affolée, pour aveugler celui qui vient " extrait C'était une grande fille souriante qui avait l'air tendre, intelligent, ironique et grave des Françaises. Elle sentait la pipe, la lavande, l'eau de javel et l'herbe mouillée.... et son rire, au milieu de cet océan vert, était comme une île de corail. extrait

Dora était Marthe Perrin-Darlin, Dora n'était qu'un rêve, une certaine idée de l'amour pour des jeunes gens imaginatifs et avides d'aimer comme on peut l'être à cet âge. Dora est morte, assassinée par le Temps qui tue presque tout. Dora d'or, Dora noire, Dora morte.

Le narrateur n'existe pour les 2/3 du livre que par sa narration, mais il se dévoile nostalgiquement de temps en temps en pleurant ces êtres disparus. Nous n'irons plus au Labyrinthe, aux Iles et au moulin à vent. Dans l'épilogue, il n'y a presque plus que lui qui fait le bilan, nous rapporte ce qu'ils sont tous devenus.   

Monsieur Panado n'est peut-être qu'un des visages du néant. Peut être n'existe-t-il que par sa propre absence ?  extrait. Monsieur Panado représente le Destin, la Mort, aucun nul n'échappera.

Les Vingtrinier, le père avocat, la mère morte, Marcel qui sera tué au front, un dont on ne sait rien, au début du livre et Joseph qui fut au collège. Habitent dans la rue Quattrebarbe. Joseph parti ' Loin de ce fils adroit et cynique, il (le père) tournait comme un homme sans âme, comme un escargot sans coquille ...il buvait de l'absinthe chez la veuve ... il se mit à tuer des mouches. Il les visait, les aplatissait d'un geste adroit, les attrapait délicatement par une patte. Monsieur Vingtrinier ne faisait donc rien, mais ce rien, il le faisait à l'heure. Il tenait un agenda serré de ce qu'il aurait fallu faire au moment où il écrivait. extrait Il s'occupait aussi de donner du mou à son chat Petit-Monsieur, il prenait le pernod du soir chez la mère de Marthe. Monsieur Vingtrinier est le fou assassin, il y a forcément de terrifiantes histoires d'assassins dans ces histoires. Monsieur Vingtrinié fut mis chez les fous.Et son cas servit à une thèse. extrait

La grande négresse : Ce fut au sein d'une grande mélancolie que la noire pharmacienne du boulevard Saint-Michel devint la dame plate, l'icône, la déesse en papier, de l'affiche des "Fruits du Congo". extrait. Cette affiche servait à attirer les jeunes Français à s'engager.

Fredéric Lamourette, orphelin, receuilli par son oncle le docteur Peyrolles, porte un melon, redouble ses math-élem, censé préparer Saint-Cyr, brillant mais son destin est d'être un héros tragique amoureux d'une fantomatique Dora. La Grande négresse le prendra dans ses bras,il mourra devant une ville défendue par les Turcs.

Théo Gardi le violon tzigane du café Russe. Forcefil atteint de diabète graisseux  qui mourut en 3ème, Potter et Pechmarty, le petit Bonheur dont le père tenait les 'plaisirs de Corée' ... un fourmillement de petits personnages, croqués avec humour et exactitude. Family, lampe Pigeon ... Livre à relire, tant il y a de détails qui peuvent un brin lasser si l'on veut tout saisir d'emblée, alors y revenir, car on devient curieusement dépendant de ce récit, parfois il agace, souvent il ravit, mais dans tous les cas il ne laisse pas indifférent.

Les choses périssables ont péri. Le monde s'est vidé des choses, il n'est resté que leur reflet. ... Et la lumière était si belle et si étrange qu'on aurait dit aussi la lumière du bonheur. Les années ne font rien aux choses. Dora a laissé dans nos coeurs le regret d'un bonheur que nous n'avons plus connu. Il y a peut-être un"bonheur des Îles" qui n'est pas fait comme les autres.

Je sais bien aujourd'hui que les pommes du voisin ne sont pas meilleures que celles du verger familial, et cependant toute notre vie est réglée sur cette illusion. Nous ne croyons qu'aux fruits de la négresse.

Et de quoi vous plaindriez vous ? Vous n'aurez "que le ciel et les sables" ? Le ciel et les sables sont grands.

Ce livre est un livre sur la maturité qui évoque un type d'adolescence, il s'en dégage une douce et tendre nostalgie, où l'espoir reste présent, oui, le ciel et les sables sont grands, encore.

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11 avril 2013

Une bonne raison de se tuer- Philippe Besson

Une bonne raison de se tuer

Y a t'il une bonne raison pour se tuer ? Pas de réponse précise à chercher dans le livre de Philippe Besson, sans doute parce qu'il n'y en a pas, il n'y a que des circonstances favorables qui une fois toutes réunies décident du passage à l'acte. Chez Laura Parker, personnage du livre, chez Patrick, chez Brigitte personnages réels de la vie, les circonstances favorables ont été un moment réunies, ce fut une affaire de secondes, une personne injoignable au téléphone, des mots non prononcés, des proches absents, endormis  que sais je, la solitude en tous cas à ce moment précis et le basculement irrémédiable. Chez Samuel Jones autre personnage du roman, c'est moins intense, plus lié à une circonstance précise, le suicide de son fils, plus de chances pour lui de continuer à vivre, car la chance fait aussi partie des circonstances, celle de naître moins fragile, celle de toujours trouver une bonne raison de ne pas se tuer. L'un l'a cette chance, l'autre pas. Philippe Besson a su mettre en valeur la solitude particulière de ces déprimés qui s'enferment dans leur souffrance, celle qui les fait vivre isolés même au milieu des autres, celle où plus rien ne peut les retenir au monde, et ce n'est la faute de personne.

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07 avril 2013

OH ... Philippe Djian

OH

L'histoire commence par un viol et se termine par la mort du violeur. Que la morale se rassure, l'honneur est sauf donc ! l'honneur de l'héroïne qui murmure ce 'oh' si joliment simpliste pour marquer sa surprise ou sa satisfaction à la fin du livre ... mais voilà rien n'est simple ni dans la vie, ni dans les romans de Philippe Djian qui s'amuse à forcer les traits de ses personnages, qui ne fait jamais dans la dentelle. Le père de Michèle, l'héroïne a tué pas moins de 70 enfants dans un club Mickey, alors avec ce lourd héritage, elle est un peu blasée, Michèle, sur les facéties de la vie, elle est un peu déphasée. C'est quoi l'anormal quand on a vécu adolescente une telle horreur ? coucher avec le mari de sa meilleure amie, se faire violer et estimer alors qu'elle a connu pire avec des hommes librement choisis, entretenir une liaison sadomasochiste avec son violeur .... mais Dieu merci, elle est une mère parfaitement normale qui se mêle un peu trop de la vie de son fils Vincent et qui pleure sur la mort de son chat. Philippe Djian s'amuse, comme toujours à mettre en scène l'effrayante complexité des êtres humains qui les dépasse souvent; le milieu familial est le terrain de jeux qu'il affectionne le plus, sans doute parce qu'il est en partie à l'origine de ce que nous sommes devenus, source de névroses possibles, générateur de conflits, il n'est bien sûr jamais neutre et influence toujours nos vies. 

On ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman, et les personnages n'arrivent pas à nous lasser comme ceux d'Impuretés du même auteur qui s'engluent dans leurs faiblesses jusqu'à lasser le lecteur, les héros de OH sont à plusieurs facettes, terriblement humains. 

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07 février 2013

Longtemps j'ai habité dehors- Elina Dumont

Elina Dumont

A 17 ans Elina enfant placée par la DDASS,  a déjà connu beaucoup de drames, elle décide de fuguer et se retrouve dans la rue durant une quinzaine d'années, elle témoigne de ce qu'elle y a vécu, ses essais pour s'en sortir, ses addictions, ses galères. Son profil particulier, jeune, belle, intelligente et propre sur elle, la fait sortir du lot, en Octobre 98, elle joue avec d'autres SDF dans 'Les Bas Fonds' de Gorki, pièce mise en scène par Serge Sandor, elle reçoit un peu plus tard l'aide de Marie Desplechin écrivaine qui l'héberge dans une chambre et sera marraine de son spectacle ' Des quais à la scène'. Elle est appréciée des Médias, car sous sa gouaille toujours présente, elle sait cultiver son jardin, Elina, qui passe d'abord par une apparence adéquate à ce que l'on attend d'elle. Elina nous rappelle qu'être dans la rue est rarement un choix, mais un concours de circonstances qui peut amener, un jour, qui sait, chacun d'entre nous dans la rue.

Tout le monde n'ayant pas la chance d'avoir un fils SDF, le livre d'Elina Dumont est un bon plaidoyer, je trouve, bien sûr, il n'est pas exhaustif, chaque SDF a son histoire, et son potentiel à s'en sortir ou pas, cela est difficile pour tous, impossible pour certains, mais il est réjouissant de constater que pour quelques uns, cela peut marcher. 

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03 février 2013

Veuf - Jean Louis Fournier

Veuf

Dans la lignée de 'on va où papa', écriture drôle, concise, synthétique ... L'auteur aguérri au malheur sait le dompter, s'en tenir à distance, le traiter par l'humour thérapie, par l'ironie un peu caustique ... un malheur, un livre ... pas mal de malheurs donc pour un seul homme, mais un phénix, le bonhomme, un solide qui ne coule pas, une merveille de la résilience. Je reconnais que cela m'agace un peu et je ne sais pas trop pourquoi, ce qui est encore plus agaçant !

Bon, il est quand même le créateur de la Noiraude, et c'était un proche de Pierre Desproges. Il m'agace un peu moins.

Je devrais écrire un livre sur mon fils hummm, c'est peut être là où cela coince chez moi, les malheurs de Jean Louis Fournier (enfants handicapés, perte de sa femme aimée)... écrire ses malheurs suscite une compassion que j'envie ... une sympathie spontanée d'un public qui adore les malheurs à condition qu'ils soient médiatisés par un livre, une télé réalité ..

Merci, madame Freud d'avoir ainsi mis en lumière une certaine mesquinerie chez moi ! Normal que cela m'agace !

Étonnant, non ? 

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18 janvier 2013

Cinquantes nuances de grey

50 nuances de grey

Romance érotique écrite par une britannique Erika Léonard James, qualifiée par certains de porno de la ménagère, considérée par d'autres comme un livre initiateur à la sexualité pour jeunes filles; l'auteure a commencé par écrire cette série sur internet et y a trouvé une notoriété certaine. Le sujet oscille entre une histoire d'amour pour l'héroïne Anastasia et une nième histoire de sexe pour Grey, le héros, incapable d'éprouver de l'amour, mais sachant le faire avec talent, puisque le plaisir provoqué chez sa partenaire est intense et se renouvelle sans fin (ce qui explique peut être le succès d'un livre qui prend comme sujet le plaisir féminin) et même si  le rapport pervers de dominant/soumise est bien réel, il pimente un peu l'histoire d'amour qui serait à la longue carrément ennuyeuse. Et pour que la morale soit sauve, l'héroïne-soumise revient à la raison à la fin du livre, ouf ou dommage c'est selon !  L'écriture relève du langage parlé sans aucun effet littéraire, mais ce n'est vraiment pas le but du livre. Pour que ce livre s'assimile à une notice d'informations en pratiques sexuelles, il manque beaucoup d'explications et de précisions. Mais 2 autres tomes suivent ...

Au final, je crois que E L James s'est bien amusée à écrire ce bouquin, elle a libéré une partie de ses phantasmes, elle a libéré aussi d'une certaine façon la parole sur ce sujet si mystérieux qu'est le plaisir féminin, c'est au fond pas si mal.    

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