24 juillet 2012

Putain

Nelly Arcan

Nelly Arcan née Isabelle Fortier 1975-2009

Récit autobiographique sur les années de prostitution d'une jeune femme

Ce roman ne se raconte pas, il n'y a pas d'histoire juste des réflexions qui amènent à d'autres réflexions personnelles donc discutables :

 Pas stupide cette Nelly Arcan qui a fait un mémoire de maîtrise en littérature sur les rapports de la littérature et de la folie  avec les mémoires d'un névropathe (qui a écrit son histoire lors de son internement) mais particulière et fragile, elle fut sans doute marquée par son éducation religieuse, celle donnée par son père dévot obtus attendant la fin du monde, celle donnée par l'école religieuse où elle fit connaissance d'une communauté  de femmes au nom d'emprunt, vouées à une vie de sacrifice, que l'on nomme soeurs ou mères, autre confusion des mots et des rôles.  Ces religieuses ne cherchaient elles pas à se dégager de leur famille, de l'acte sexuel qui les fit naître ? se demande t'elle. Et oui, tout le monde n'a pas la chance de Jésus : être né d'une immaculée conception. L'acte sexuel d'où tout commence. Eve première femme qui fut séduite, qui porte tous les péchés du monde, séduisante déjà, femelle qui ne pensait qu'à séduire ... Pour Nelly-Isabelle, il n'y a pas d'alternative : la femme est réduite à un sexe, dominée par l'homme, réduite à n'être qu'un corps, jeune, beau, désirable, réduite à n'être qu'une bouche recevant des queues, une fente recevant du sperme et rien d'autre. La religion étant le monde de son père, elle refusa aussi le monde de sa mère, épouse vouée qu'à un seul homme devenue une larve plus désirée qui ne devint même pas mère, ni femme ni mère comme si chez une femme tout pouvait être dissocié !! archaique idée de la féminité !  ne lui resta à cette jeune femme que le monde de la prostitution : sorte de communauté où l'on a un nom d'emprunt, où l'acte de chair reproduit xfois, rénuméré devient alors sacrifice. Nelly s'est ainsi sacrifiée jusqu'à perdre son âme, mais les femmes ont elles une âme  dans le monde de Nelly-Isabelle ? 

De cette prostitution, elle en tira de l'argent bien sûr qu'elle utilisa pour devenir encore plus belle, elle n'arrive décidément  pas à sortir de ce shéma .  Elle en tira aussi, dit elle, de la jouissance physique, mais en même temps, donnée par des hommes de l'âge du père, qu'elle méprise profondément ????  Elle en tira aussi un certaine satisfaction de ne pas devenir comme sa mère, la larve qui comate dans son lit. 

Mais enfermée dans ses idées, elle n'eut pas le temps d'aller vers une porte de sortie. Et pourtant, elle en avait du talent, elle aurait pu s'exalter dans l'écriture, dans des causes humanitaires, sortir de ce nombrilisme dévastateur, réducteur et suicidaire.  

  Elle condamne les hommes qui payent pour jouir et trouvent que cela mérite reflexion. Ces hommes qui fréquentent des prostituées ne bandent pas pour la prostituée mais pour la putasserie idéalisée : ce pourrait être aussi une poupée .. la pute n'existe pas en temps qu'être humain, mais en temps qu'idéal oui,  idéal d'une féminine beauté éternelle réduite à une fente. Les hommes ne souhaitent faire l'amour qu'à de jeunes femmes belles et soumises. L'amour a disparu dans son monde.

Cette jeune femme, belle, qui désire plaire à tout prix, pour ne pas vieillir comme sa mère est condamnée à mourir jeune.  Elle est atypique, hors normes : se détester à ce point, et continuer à s'avilir, car elle estime s'avilir profondément, dépasse l'entendement. Pourquoi continuer ? l'argent facile qui sert à rester belle ? pour qui, pourquoi ?

Le gros problème de cette jeune femme était qu'elle considérait la femme uniquement comme un corps désirable devant le rester à tout prix. Une fente, une bouche, une tirelire en somme à 2 orifices !!! réducteur, et surtout erroné. Elle semblait penser que tous les hommes le souhaitent aussi.  La beauté est rare, le savait elle ? C'est curieux ce culte de la beauté à tout prix. Beauté rarement naturelle d'ailleurs, la chirurgie esthétique remplit les poches des chirurgiens, c'est un gouffre qui emmène ceux et celles qui s'y plongent. C'est souvent réservé à une clientèle fortunée et nombriliste.

Les jeunes femmes que je connais, que j'ai connues sont belles, assez belles,  moins belles, normales quoi. Elles ont des mères belles, assez belles, moins belles qui acceptent leurs rides, souhaitent certes retarder la décrépitude, ce qui me semble très sain mais acceptent avec sagesse le vieillissement : on peut vieillir en restant belle, certes cette beauté n'est pas celle des magazines, mais cette beauté n'existe que là.  Beaucoup de femmes ne s'y laissent pas prendre.  Er les hommes vieillissants continuent à aimer les femmes vieillissantes, bien sûr quelques un(e)s s'intéressent à des plus jeunes et alors ? si chacun y trouve son compte.

Je ne sais pas trop ce qu'a voulu prouver Nelly Arcan, mais a t'elle voulu prouver autre chose que son profond désarroi, son inaptitude à vivre ? je n'en suis pas si sûre. Elle a certes manqué de référence maternelle, mais elle est loin d'être la seule. Elle a joué une partie qu'elle ne pouvait que perdre, et elle le savait très bien,  mais là sans doute était son destin. 

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22 juillet 2012

Cafards - Fabienne Berthaud

cafards

Fabienne Berthaud née vers 1966 cinéaste, écrivain

Le cafard est un animal particulièrement peu sympathique, voire répugnant.

Le cafard est un genre de déprime. 

Cafards est un livre parfois répugnant à imager, parfois déprimant à penser, parfois jubilatoire à lire . L'écriture est singulière et recherchée dans un style cru, réaliste, où les miasmes en tous genre s'exhalent, oui c'est un livre à odeurs, nauséabondes souvent, à pustules qui suintent, à bouches qui bavent , à mots imagés (trogne, mouflée, clamser, nouille, chougner, guiboche ...) . J'aurais aimé que l'humour soit un peu plus présent, pour rendre le livre plus digeste, moins odorant, moins cafard profond.

C'est l'histoire d'une fille qui s'ennuie à mourir, et qui en mourant s'ennuie toujours, sans fin. La mort pour cette crevette n'existe pas. Elle s'ennuyait moins à vivre au final !

C'est une lecture à plusieurs degrés, au premier, c'est glauque, au second déjà plus tragique, au troisième, c'est selon l'humeur du moment, caricatural, décapant drôlement, épouvantablement réaliste, en bref, tous les degrés finissent par se mélanger et posent une question  : par qui ou quoi avez vous été inspirée en écrivant ce livre ? j'aimerais savoir.

 Particulière, Fabienne Berthaud, pas commune. J'avais bien aimé son film Pieds nus sur les limaces. Cafards ne me laisse pas indifférente, non plus.

Par contre son livre Un jardin sur le ventre ne me plaît pas trop.  Le titre est joli, l'histoire émouvante, mais il n' y a pas de rencontre entre ce livre et moi. Au final, je préfère l'écriture acide de Cafards !

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18 juillet 2012

Rêve d'amour - Laurence Tardieu

rêve d'amour

Laurence Tardieu née en 1972

Il n'y a pas de vérité, ni des êtres, ni du temps. Il n'y a que le présent, son éblouissement. extrait

J'aime ce livre, court, facile à lire et optimiste. Il regorge de phrases de ce genre, que l'on peut mettre en citation, gravement, sentencieusement, doctement, religieusement. Des phrases simples qui expriment des émotions simples.  Bien sûr il parle d'amour ce roman, du premier, de celui qui orientera votre vie amoureuse (oui oui, c'est mon opinion, discutable sans doute), de l'amour maternel, donc. Une mère aimante vous donne accès à la capacité d'aimer sans peur.  Alice Grangé a oublié sa mère morte alors qu'elle avait 5 ans. Son père a tout détruit de ses souvenirs, pas de photo, pas d'objet, pas d'histoire, rien. Il a effacé une femme qui avait choisi de le quitter.  Alice et son père s'aiment, très mal, sans pouvoir s'aider, sans pouvoir parler. Peu avant sa mort, le père lui fait cadeau du nom de l'amant que sa mère a aimé. Alice en connaissant cet homme apprendra, un peu, à connaître enfin sa mère et pourra ainsi s'autoriser à vivre sans se morfondre. C'est une sorte de passeport pour l'amour cette double rencontre, c'est l'ultime cadeau d'un père.  Un rêve quoi ! 

Un petit livre d'été, sympa, léger, pas compliqué et plein d'espoir.

L'écriture peut-elle redonner vie à ce qui n'est plus ? extrait

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17 juillet 2012

Dos à dos - Sophie Bassignac

dos à dos

Sophie Bassignac née en 1960

Des pins parasol qui ressemblent à des brocolis géants. Voilà pour la cuisine Un soleil en pleins préliminaires qui caresse les jambes, voilà pour le sexe. Une femme qui veut sentir dans la bouche de sa fille la langue de l'homme de sa vie, voilà pour la relation mère-fille qui n'est pas le thème du livre, d'ailleurs juste un aparté. Regard de Guinevere pierres de lune extra-terrestres, translucides et impénétrables de déesse baroque, voilà pour le travail de l'écriture.

Le sujet du livre  évoque la difficulté d'écrire, avec Gabriel le père écrivain en panne d'écriture, écrivain qui trouve son inspiration en regardant les autres vivre 'pauvre voleur qui avait rempli ses poches de petits fragments de la vie des autres' ( extrait) ce qui lui fait oublier de vivre avec son fils Arnaud, jeune paumé perdu entre son écrivain de père et sa mère qui a fait carrière dans l'édition des livres de cuisine. Deux êtres pas forcément faits pour devenir des parents, pour fonder une famille. Arnaud, éternel enfant mal aimé, qui semble n'avoir aucun talent pour vivre par lui même s'orientera vers l'interdit, normal  ! et en mourra.

 Un climat désenchanté dans ce livre où des gens riches, intelligents, cultivés survivent  dés-ensemble . Un désespoir léger mais irrémédiable qui emmène vers une mort rapide pour le fils, lente, on présume pour ses parents qui reprennent dés la mort de leur fils, leur vie encore plus dés-ensemble. Lui, l'écrivain retrouve son envie de s'inspirer des autres, elle, en profite pour s'allonger et s'endormir. Et demain ? ils verront ... le fils, étoile filante, n'aura fait que traverser leur vie.

Je l'ai lu, ce roman avec un plaisir très modéré, détaché, sans m'intéresser vraiment. Je ne sais trop à quoi cela tient.  A moi, sans doute qui n'accroche pas à l'histoire, ni aux mots, et pourtant il y a une histoire et des mots !  En fait, c'est un peu trop tiédasse, pour moi. Les héros principaux sont  ennuyeux, attendus, convenus. Les rôles secondaires, eux, sont plus savoureux : une japonaise, un détective, une vieille américaine ... oui, les rôles secondaires me plaisent bien. 

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05 juillet 2012

J'ai oublié de la tuer - Tristane Banon

Tristane Banon

Tristane Banon 1979

C'est un livre sur l'oubli. Le père oublie qu'il a un enfant adultérin. La mère oublie qu'elle a un enfant. La bonne Amira s'oublie dans l'alcool, L'alcool lui fait oublier toute mesure. L'enfant, Flore, oublie d'oublier, le temps d'un livre, l'amour maternel qu'elle n'a pas, la lâcheté masculine qu'elle généralisera, les attouchements qu'elle taira. Elle rêvera de tuer Amira, puis de se tuer. A 14 ans, Flore devient jeune fille au pair, dans une famille où elle peut oublier sa vie d'avant. A 17 ans, elle prend un petit studio et poursuit ses études. Elle s'étonne et nous aussi lecteurs que son monde ne se soit jamais écroulé.

Mais voilà, elle a ce don énorme cette jeune femme de vouloir oublier les pires passages de sa vie. Elle n'efface rien, elle choisit d'oublier.

'Fou comme on oublie, il suffit de laisser faire, je crois.'

J'adhère ! rien ne s'efface, jamais, mais tout peut s'oublier, pour peu qu'on le veuille, bien sûr.

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On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux - Robert Bober

Robert Bober

Robert Bober 1931

Il a un lourd passé ce Bober ... juif et d'origine polonaise, ce ne fut pas facile pour lui, sans doute mais plus chanceux que  les autres, ceux qui n'échappèrent pas aux exactions en tous genre des nazis à Berlin en 33 où il ne faisait pas bon d'être juif, ceux qui n'échappèrent pas, à Paris en 42, à la rafle du vélodrome d'hiver. C'est donc un survivant coupable de l'être qui va vivre une vie, plus intéressante que les autres, s'échapper de la banalité. C'est un chanceux, définitivement ce Bober, sans doute doué pour vivre. Il devient l'assistant de Truffaut pour 'les 400 coups, Jules et Jim. Il fera des documentaires sur l'Holocauste, le sort des juifs émigrés de Pologne, plus tard, ceux d'Ellis Island. Il a sans doute besoin de se rapprocher de tous les chanceux qui ont survécu. En 93, il écrit son premier roman ... C'est toujours le même sujet qui le hante, mais qu'il n'aborde jamais de front. Probablement est ce impossible pour lui, probablement est ce surtout inutile. 'On ne peut plus dormir tranquille quand on a ouvert les yeux' est une sorte de kaleidoscope,  difficilement résumable, où l'on voit une multitude d'histoires parfois anecdotiques, parfois dramatiques,chargées de mémoire historique, musicale, familiale, amicale, amoureuse ... tout s'emmêle, nous emmène dans un labyrinthe. Et au bout du labyrinthe, l'attend son père mort il y a longtemps.

L'écriture est simple, plaisante à lire. Les  petites histoires souvent décalées, mineures, banales, attendrissantes un peu comme des interludes, genre ' le petit train' de mon enfance à l'ORTF qui comblait une panne ... vous comblez quoi monsieur Bober ?   

C'est quoi le message, monsieur Bober ? il faut suivre sa route comme on peut, comme on veut, et au bout du compte, on a une réponse ...

Une réponse possible que vous donnez en citant Henri Calet :

" Je vadrouille autour de mon passé, j'en ramasse, ici et là, de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l'on pouvait exister une fois de plus ..." 

Exister une fois de plus. Est ce souhaitable ?

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02 juillet 2012

La septième vague - Daniel Glattauer

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Daniel Glattauer 1960

Seconde partie, parait il du roman 'Quand souffle le vent du nord', moins pertinente, moins enlevée que le vent, la septième vague, écrivent les lecteurs, sur le net bien sûr! Je n'en sais rien puisque je n'ai pas lu le premier. Mais celui là me suffit. Point besoin de lire le précédent ou alors, si, un jour, si il se propose lors de mes balades livresques. Petite bluette internet entre un homme et une femme qui échangent des messages. Rien de nouveau, donc si ce n'est la technicité qui permet un dialogue instantané parfois de cette relation épistolaire.  Se lit très facilement, idéal quand vous devez surveiller un sauté de veau qui mijote, une brioche qui doit lever, ou des enfants dans un bac à sable.

Les deux protagonistes finissent par se rejoindre, dans la vraie vie : Votre sauté de veau est prêt à être dégusté, votre brioche déjà engloutie par vos invités, et vos petits en train de tremper dans la baignoire.

Vite fait, vite lu, vite oublié, quoique, quoique... vite dit !

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01 juillet 2012

Des gens très bien - Alexandre Jardin

jardin

Alexandre Jardin 1965

Petit plaisir de lecture, en général, ce Jardin, où l'on s'échappe le temps d'un livre, pour une virée dans un monde superficiel et léger où l'adultère est joyeux, l'amour toujours bon à prendre, les pères aimants et fantasques (les grand-pères encore plus) les mères très légères (les grand-mères encore plus). Tout cela dans de belles demeures, ensoleillées, où l'argent coule à flot, où des êtres cultivés et élégants donnent le ton, où règne au final une aimable indifférence jubilatoire, licencieuse, libérée de toute émotion négative ou positive. Cela se lit facilement, cela s'oublie facilement, et l'on n'en demande pas plus.

Avec Des gens très bien, Alexandre Jardin reprend les mêmes personnages familiaux : le Nain Jaune, le zubial, la mère, la grand mère, mais c'est leur versant sombre qu'il choisit de nous montrer.

Du côté du grand père, le Nain Jaune, Jean Jardin, c'est carrément noir. 'Mon grand père -Jean Jardin dit le Nain Jaune- fut du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, le principal collaborateur du plus grand collabo des hommes d'Etat français : Pierre Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain. Le matin de la rafle du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1942, il était donc son directeur de cabinet; son double. extrait.

 Du côté du père, dit le zubial, Pascal Jardin, c'est masque et habit de fête en permanence.' Le Zubial lui même ne pouvait sans doute pas avoir une opinion sur Vichy. Ou seulement par instants fugitifs. Son psychisme entier s'était réfugié dans une logique qui excluait le réel. Fictionner la vie et la vivre follement demeurait son opium'. extrait.  

Quant à lui, Alexandre Jardin, il choisit d'écrire sa vérité d'une histoire familiale devenue si pesante qu'elle lui est intolérable '  Il choisit de quitter le monde rose et bleu qu'à l'instar de son père, il avait créé dans ses livres et dans sa vie personnelle. 'Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera. Tu feras un livre pour le camoufler. Au même âge que toi, j'en ferai un pour l'exposer. Et je vivrai la deuxième partie de ta vie ... la mienne'. écrit Alexandre à Pascal son père.  extrait

La démarche est intéressante, et peu importent les faits réels, l'exacte vérité. Alexandre Jardin dépasse ainsi la faute des pères et peut être, modifie t'il ainsi le devenir d'une famille qui se perdait dans des illusions mensongères encombrantes et destructrices. Il en prend seul la responsabilité, en se faisant à la fois juge et avocat. C'est assez intelligent je trouve.

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09 juin 2012

Traîne pas trop sous la pluie - Richard Bohringer

BorhingerRichard Bohringer

J'aime bien, ce mec, une gueule, une voix, une humanité certaine, une rare humilité et des fêlures en veux tu en voilà. Assez talentueux en prime.

L'aéronef aveugle sillonne le ciel à la recherche de ses enfants perdus. Les shootés de l'interféron. Les shootés de l'hépatite C. extrait.

Borhinger est hospitalisé suite à une hépatite C.

Se mêlent aux marguerites tournoyantes (les infirmières) les rumeurs de l'Afrique, boubous multicolores dansent dans ma fièvre, extrait, et lui l'Indien Pas doué pour la vie sage. Un morceau d'humain sanguinolent ... extrait. Et puis pour survivre encore, se sauver en Colombie où Les lourds pélicans s'envolent devant la pirogue. L'heure mauve où la nature elle-même te regarde comme un gringo. extraits. Bohringer retrouve, dans son délire fiévreux des êtres qu'il ne connaîtra pas, son père, sa mère, et ses amis ceux qui sont morts. 

Il y a une musicalité dans l'écriture, façon tambour qui frappe des mots un peu cognés, c'est dire que cela tambourine, un humour un peu tendre, une nostalgie déchirante mais curieusement réconfortante : Ce qui n'a pas été ne sera pas. C'est aussi simple, les regrets ne servent à rien, sinon à écrire. Écrivons comme la locomotive tire ses wagons. Avec le sentiment de s'ouvrir au vent. D'ouvrir le vent. extrait. Exaltation qui en vaut bien une autre, désir éperdu de vivre et pas pressé d'aller Dans l'aéronef là-haut, j'ai mes amis, mes tendres compagnons d'amour. extrait. Aéronef qui viendra pourtant un jour nous chercher. En attendant vivre pour ceux qui vous aiment. C'est une première bonne idée.

Je ne sais pas écrire des histoires à la troisième personne, j'écris ce qui vient, ce qui est venu et j'appelle ce qui viendra. extrait. 

Appeller ce qui viendra. C'est une seconde bonne idée.

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31 mai 2012

Journal d'un corps - Daniel Pennac

journalDaniel Pennac

J'avais bien aimé la série  des Malaussène, je crois me souvenir de l'humour particulier de Pennac qui m'avait enchantée ..

Il écrit toujours aussi bien, c'est toujours profond ce qu'il écrit, avec un peu d'humour, pas trop quand même,  cela manque un peu trop d'humour d'ailleurs, d'ironie, de sarcasmes qui auraient allégé le tout, ah oui, me direz vous, c'est l'histoire d'un corps  sans état d'âme, mais ... c'est long une vie, c'est pas toujours rigolo un corps avec ses déjections diverses et variées, c'est chiant, c'est larmoyant, c'est sécrétant, de multiples façons qui plus est, c'est parfois débectant, pour les autres surtout et pourtant moi dont le métier était de prodiguer des soins aux corps souffrants, j'en ai manipulé des corps aux escarres puantes, aux varices internes éclatant, aux bouches vomissantes, aux orifices souillés de sang, de merde et d'urine .. et sans aucun dégoût jamais de ma part. Mais faut il en faire un livre ? certes, le thème est original, peu couru, mais au bout de 74 années, je vous laisse imaginer tout ce qu'un corps peut vivre ..Les critiques sur ce livre sont fort bonnes en général, certains même attendent avec impatience qu'une femme nous livre les secrets les plus intimes de son corps ... diable, j'en frémis un peu, une femme a plus encore à dire ..

Au bout d'un moment, c'est un peu lassant, alors à lire en plusieurs fois, le laisser en plan puis y revenir un peu pour s'en fatiguer encore.

Moi, au secret des corps, je préfère celui des âmes. On s'y perd beaucoup plus.

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