18 juillet 2012

Rêve d'amour - Laurence Tardieu

rêve d'amour

Laurence Tardieu née en 1972

Il n'y a pas de vérité, ni des êtres, ni du temps. Il n'y a que le présent, son éblouissement. extrait

J'aime ce livre, court, facile à lire et optimiste. Il regorge de phrases de ce genre, que l'on peut mettre en citation, gravement, sentencieusement, doctement, religieusement. Des phrases simples qui expriment des émotions simples.  Bien sûr il parle d'amour ce roman, du premier, de celui qui orientera votre vie amoureuse (oui oui, c'est mon opinion, discutable sans doute), de l'amour maternel, donc. Une mère aimante vous donne accès à la capacité d'aimer sans peur.  Alice Grangé a oublié sa mère morte alors qu'elle avait 5 ans. Son père a tout détruit de ses souvenirs, pas de photo, pas d'objet, pas d'histoire, rien. Il a effacé une femme qui avait choisi de le quitter.  Alice et son père s'aiment, très mal, sans pouvoir s'aider, sans pouvoir parler. Peu avant sa mort, le père lui fait cadeau du nom de l'amant que sa mère a aimé. Alice en connaissant cet homme apprendra, un peu, à connaître enfin sa mère et pourra ainsi s'autoriser à vivre sans se morfondre. C'est une sorte de passeport pour l'amour cette double rencontre, c'est l'ultime cadeau d'un père.  Un rêve quoi ! 

Un petit livre d'été, sympa, léger, pas compliqué et plein d'espoir.

L'écriture peut-elle redonner vie à ce qui n'est plus ? extrait

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17 juillet 2012

Dos à dos - Sophie Bassignac

dos à dos

Sophie Bassignac née en 1960

Des pins parasol qui ressemblent à des brocolis géants. Voilà pour la cuisine Un soleil en pleins préliminaires qui caresse les jambes, voilà pour le sexe. Une femme qui veut sentir dans la bouche de sa fille la langue de l'homme de sa vie, voilà pour la relation mère-fille qui n'est pas le thème du livre, d'ailleurs juste un aparté. Regard de Guinevere pierres de lune extra-terrestres, translucides et impénétrables de déesse baroque, voilà pour le travail de l'écriture.

Le sujet du livre  évoque la difficulté d'écrire, avec Gabriel le père écrivain en panne d'écriture, écrivain qui trouve son inspiration en regardant les autres vivre 'pauvre voleur qui avait rempli ses poches de petits fragments de la vie des autres' ( extrait) ce qui lui fait oublier de vivre avec son fils Arnaud, jeune paumé perdu entre son écrivain de père et sa mère qui a fait carrière dans l'édition des livres de cuisine. Deux êtres pas forcément faits pour devenir des parents, pour fonder une famille. Arnaud, éternel enfant mal aimé, qui semble n'avoir aucun talent pour vivre par lui même s'orientera vers l'interdit, normal  ! et en mourra.

 Un climat désenchanté dans ce livre où des gens riches, intelligents, cultivés survivent  dés-ensemble . Un désespoir léger mais irrémédiable qui emmène vers une mort rapide pour le fils, lente, on présume pour ses parents qui reprennent dés la mort de leur fils, leur vie encore plus dés-ensemble. Lui, l'écrivain retrouve son envie de s'inspirer des autres, elle, en profite pour s'allonger et s'endormir. Et demain ? ils verront ... le fils, étoile filante, n'aura fait que traverser leur vie.

Je l'ai lu, ce roman avec un plaisir très modéré, détaché, sans m'intéresser vraiment. Je ne sais trop à quoi cela tient.  A moi, sans doute qui n'accroche pas à l'histoire, ni aux mots, et pourtant il y a une histoire et des mots !  En fait, c'est un peu trop tiédasse, pour moi. Les héros principaux sont  ennuyeux, attendus, convenus. Les rôles secondaires, eux, sont plus savoureux : une japonaise, un détective, une vieille américaine ... oui, les rôles secondaires me plaisent bien. 

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05 juillet 2012

J'ai oublié de la tuer - Tristane Banon

Tristane Banon

Tristane Banon 1979

C'est un livre sur l'oubli. Le père oublie qu'il a un enfant adultérin. La mère oublie qu'elle a un enfant. La bonne Amira s'oublie dans l'alcool, L'alcool lui fait oublier toute mesure. L'enfant, Flore, oublie d'oublier, le temps d'un livre, l'amour maternel qu'elle n'a pas, la lâcheté masculine qu'elle généralisera, les attouchements qu'elle taira. Elle rêvera de tuer Amira, puis de se tuer. A 14 ans, Flore devient jeune fille au pair, dans une famille où elle peut oublier sa vie d'avant. A 17 ans, elle prend un petit studio et poursuit ses études. Elle s'étonne et nous aussi lecteurs que son monde ne se soit jamais écroulé.

Mais voilà, elle a ce don énorme cette jeune femme de vouloir oublier les pires passages de sa vie. Elle n'efface rien, elle choisit d'oublier.

'Fou comme on oublie, il suffit de laisser faire, je crois.'

J'adhère ! rien ne s'efface, jamais, mais tout peut s'oublier, pour peu qu'on le veuille, bien sûr.

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On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux - Robert Bober

Robert Bober

Robert Bober 1931

Il a un lourd passé ce Bober ... juif et d'origine polonaise, ce ne fut pas facile pour lui, sans doute mais plus chanceux que  les autres, ceux qui n'échappèrent pas aux exactions en tous genre des nazis à Berlin en 33 où il ne faisait pas bon d'être juif, ceux qui n'échappèrent pas, à Paris en 42, à la rafle du vélodrome d'hiver. C'est donc un survivant coupable de l'être qui va vivre une vie, plus intéressante que les autres, s'échapper de la banalité. C'est un chanceux, définitivement ce Bober, sans doute doué pour vivre. Il devient l'assistant de Truffaut pour 'les 400 coups, Jules et Jim. Il fera des documentaires sur l'Holocauste, le sort des juifs émigrés de Pologne, plus tard, ceux d'Ellis Island. Il a sans doute besoin de se rapprocher de tous les chanceux qui ont survécu. En 93, il écrit son premier roman ... C'est toujours le même sujet qui le hante, mais qu'il n'aborde jamais de front. Probablement est ce impossible pour lui, probablement est ce surtout inutile. 'On ne peut plus dormir tranquille quand on a ouvert les yeux' est une sorte de kaleidoscope,  difficilement résumable, où l'on voit une multitude d'histoires parfois anecdotiques, parfois dramatiques,chargées de mémoire historique, musicale, familiale, amicale, amoureuse ... tout s'emmêle, nous emmène dans un labyrinthe. Et au bout du labyrinthe, l'attend son père mort il y a longtemps.

L'écriture est simple, plaisante à lire. Les  petites histoires souvent décalées, mineures, banales, attendrissantes un peu comme des interludes, genre ' le petit train' de mon enfance à l'ORTF qui comblait une panne ... vous comblez quoi monsieur Bober ?   

C'est quoi le message, monsieur Bober ? il faut suivre sa route comme on peut, comme on veut, et au bout du compte, on a une réponse ...

Une réponse possible que vous donnez en citant Henri Calet :

" Je vadrouille autour de mon passé, j'en ramasse, ici et là, de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l'on pouvait exister une fois de plus ..." 

Exister une fois de plus. Est ce souhaitable ?

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02 juillet 2012

La septième vague - Daniel Glattauer

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Daniel Glattauer 1960

Seconde partie, parait il du roman 'Quand souffle le vent du nord', moins pertinente, moins enlevée que le vent, la septième vague, écrivent les lecteurs, sur le net bien sûr! Je n'en sais rien puisque je n'ai pas lu le premier. Mais celui là me suffit. Point besoin de lire le précédent ou alors, si, un jour, si il se propose lors de mes balades livresques. Petite bluette internet entre un homme et une femme qui échangent des messages. Rien de nouveau, donc si ce n'est la technicité qui permet un dialogue instantané parfois de cette relation épistolaire.  Se lit très facilement, idéal quand vous devez surveiller un sauté de veau qui mijote, une brioche qui doit lever, ou des enfants dans un bac à sable.

Les deux protagonistes finissent par se rejoindre, dans la vraie vie : Votre sauté de veau est prêt à être dégusté, votre brioche déjà engloutie par vos invités, et vos petits en train de tremper dans la baignoire.

Vite fait, vite lu, vite oublié, quoique, quoique... vite dit !

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01 juillet 2012

Des gens très bien - Alexandre Jardin

jardin

Alexandre Jardin 1965

Petit plaisir de lecture, en général, ce Jardin, où l'on s'échappe le temps d'un livre, pour une virée dans un monde superficiel et léger où l'adultère est joyeux, l'amour toujours bon à prendre, les pères aimants et fantasques (les grand-pères encore plus) les mères très légères (les grand-mères encore plus). Tout cela dans de belles demeures, ensoleillées, où l'argent coule à flot, où des êtres cultivés et élégants donnent le ton, où règne au final une aimable indifférence jubilatoire, licencieuse, libérée de toute émotion négative ou positive. Cela se lit facilement, cela s'oublie facilement, et l'on n'en demande pas plus.

Avec Des gens très bien, Alexandre Jardin reprend les mêmes personnages familiaux : le Nain Jaune, le zubial, la mère, la grand mère, mais c'est leur versant sombre qu'il choisit de nous montrer.

Du côté du grand père, le Nain Jaune, Jean Jardin, c'est carrément noir. 'Mon grand père -Jean Jardin dit le Nain Jaune- fut du 20 avril 1942 au 30 octobre 1943, le principal collaborateur du plus grand collabo des hommes d'Etat français : Pierre Laval, chef du gouvernement du maréchal Pétain. Le matin de la rafle du Vél d'Hiv, le 16 juillet 1942, il était donc son directeur de cabinet; son double. extrait.

 Du côté du père, dit le zubial, Pascal Jardin, c'est masque et habit de fête en permanence.' Le Zubial lui même ne pouvait sans doute pas avoir une opinion sur Vichy. Ou seulement par instants fugitifs. Son psychisme entier s'était réfugié dans une logique qui excluait le réel. Fictionner la vie et la vivre follement demeurait son opium'. extrait.  

Quant à lui, Alexandre Jardin, il choisit d'écrire sa vérité d'une histoire familiale devenue si pesante qu'elle lui est intolérable '  Il choisit de quitter le monde rose et bleu qu'à l'instar de son père, il avait créé dans ses livres et dans sa vie personnelle. 'Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera. Tu feras un livre pour le camoufler. Au même âge que toi, j'en ferai un pour l'exposer. Et je vivrai la deuxième partie de ta vie ... la mienne'. écrit Alexandre à Pascal son père.  extrait

La démarche est intéressante, et peu importent les faits réels, l'exacte vérité. Alexandre Jardin dépasse ainsi la faute des pères et peut être, modifie t'il ainsi le devenir d'une famille qui se perdait dans des illusions mensongères encombrantes et destructrices. Il en prend seul la responsabilité, en se faisant à la fois juge et avocat. C'est assez intelligent je trouve.

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09 juin 2012

Traîne pas trop sous la pluie - Richard Bohringer

BorhingerRichard Bohringer

J'aime bien, ce mec, une gueule, une voix, une humanité certaine, une rare humilité et des fêlures en veux tu en voilà. Assez talentueux en prime.

L'aéronef aveugle sillonne le ciel à la recherche de ses enfants perdus. Les shootés de l'interféron. Les shootés de l'hépatite C. extrait.

Borhinger est hospitalisé suite à une hépatite C.

Se mêlent aux marguerites tournoyantes (les infirmières) les rumeurs de l'Afrique, boubous multicolores dansent dans ma fièvre, extrait, et lui l'Indien Pas doué pour la vie sage. Un morceau d'humain sanguinolent ... extrait. Et puis pour survivre encore, se sauver en Colombie où Les lourds pélicans s'envolent devant la pirogue. L'heure mauve où la nature elle-même te regarde comme un gringo. extraits. Bohringer retrouve, dans son délire fiévreux des êtres qu'il ne connaîtra pas, son père, sa mère, et ses amis ceux qui sont morts. 

Il y a une musicalité dans l'écriture, façon tambour qui frappe des mots un peu cognés, c'est dire que cela tambourine, un humour un peu tendre, une nostalgie déchirante mais curieusement réconfortante : Ce qui n'a pas été ne sera pas. C'est aussi simple, les regrets ne servent à rien, sinon à écrire. Écrivons comme la locomotive tire ses wagons. Avec le sentiment de s'ouvrir au vent. D'ouvrir le vent. extrait. Exaltation qui en vaut bien une autre, désir éperdu de vivre et pas pressé d'aller Dans l'aéronef là-haut, j'ai mes amis, mes tendres compagnons d'amour. extrait. Aéronef qui viendra pourtant un jour nous chercher. En attendant vivre pour ceux qui vous aiment. C'est une première bonne idée.

Je ne sais pas écrire des histoires à la troisième personne, j'écris ce qui vient, ce qui est venu et j'appelle ce qui viendra. extrait. 

Appeller ce qui viendra. C'est une seconde bonne idée.

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31 mai 2012

Journal d'un corps - Daniel Pennac

journalDaniel Pennac

J'avais bien aimé la série  des Malaussène, je crois me souvenir de l'humour particulier de Pennac qui m'avait enchantée ..

Il écrit toujours aussi bien, c'est toujours profond ce qu'il écrit, avec un peu d'humour, pas trop quand même,  cela manque un peu trop d'humour d'ailleurs, d'ironie, de sarcasmes qui auraient allégé le tout, ah oui, me direz vous, c'est l'histoire d'un corps  sans état d'âme, mais ... c'est long une vie, c'est pas toujours rigolo un corps avec ses déjections diverses et variées, c'est chiant, c'est larmoyant, c'est sécrétant, de multiples façons qui plus est, c'est parfois débectant, pour les autres surtout et pourtant moi dont le métier était de prodiguer des soins aux corps souffrants, j'en ai manipulé des corps aux escarres puantes, aux varices internes éclatant, aux bouches vomissantes, aux orifices souillés de sang, de merde et d'urine .. et sans aucun dégoût jamais de ma part. Mais faut il en faire un livre ? certes, le thème est original, peu couru, mais au bout de 74 années, je vous laisse imaginer tout ce qu'un corps peut vivre ..Les critiques sur ce livre sont fort bonnes en général, certains même attendent avec impatience qu'une femme nous livre les secrets les plus intimes de son corps ... diable, j'en frémis un peu, une femme a plus encore à dire ..

Au bout d'un moment, c'est un peu lassant, alors à lire en plusieurs fois, le laisser en plan puis y revenir un peu pour s'en fatiguer encore.

Moi, au secret des corps, je préfère celui des âmes. On s'y perd beaucoup plus.

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06 mai 2012

Hygiène de l'assassin - Amélie Nothomb

A NothombAmélie Nothomb

Un plaisir certain à lire ce livre là, un agacement tout aussi certain dont l'origine demeure inconnue comme le cancer du héros de l'histoire, ce qui m'amuse un brin, d'ailleurs. Amélie Nothomb est meilleure que nos chercheurs en médecine, si on connaît bien le processus des cellules cancéreuses, on en connaît moins les origines, tout au plus on suspecte des causes probables. Voilà sans doute une des raisons de mon agacement, elle professe beaucoup dame Nothomb, elle a des idées péremptoires sur beaucoup de choses, et surtout des certitudes. Bon, la certitude de la jeunesse peut être ? c'est son premier livre écrit en 1992, elle a 25 ans.

L'histoire est simple, un dialogue tout au long du livre entre le sieur Tach écrivain célèbre mourant, qui est la provocation personnifiée, et un journaliste en face de lui, à la répartie moins vive, à la sensibilité extrême, voire pleurnicharde, ce qui est plutôt rare en général chez nos journalistes. Il n'en faut pas moins de 4 plus nuls les uns que les autres pour permettre à Amélie Nothomb de s'exprimer sur des sujets bateaux, enfance, femmes, masturbation, sexe etc .. puis enfin, une femelle qui sort du lot s'attaque au tas de saindoux et lui fait cracher sa graisse ... peu élégants les termes, j'en conviens, mais à la façon de l'auteure qui écrit par ailleurs assez bien. L'histoire devient un peu abracadabrante, un peu trop laborieuse, et rend le personnage principal plus atteint psychiatriquement que réellement mauvais, ce qui est pour moi un peu décevant.  

Bon, je sens que je vais récidiver dans le Nothomb, encore une fois.

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02 mai 2012

6 mois à vivre

Marie DeroubaixMarie Deroubaix 1953-2011

Témoignage d'une femme qui à 56 ans est atteinte d'un cancer du poumon qui métastase, 16 mois plus tard au cerveau, sans espoir de guérison. Marie choisit de renoncer à tout traitement susceptible d'engendrer une plus grande souffrance encore. Elle refuse la chimiothérapie, la radiothérapie, en explique ses raisons, et constitue un dossier en Belgique pour mourir, euthanasiée.

 

 

christiane singerChristiane Singer 1943-2007

Écrivain. Lorsqu'elle apprend qu'elle n'a plus que 6 mois à vivre, elle décide d'écrire un journal  qui sera publié sous le nom de 'Derniers fragments d'un long voyage'. Catholique, elle choisit de vivre sa mort jusqu'au bout. Plus littéraire et plus philosophe que Marie Deroubaix, elle a une perception différente, qui sublime presque la mort. Littérature ou réalité ?

Deux manières différentes d'envisager cette condamnation à mort.  

 

Pour une troisième, très proche, il y eut à la fois, impérieux désir de vivre jusqu'au bout en supportant les pires souffrances engendrées par les traitements, volonté farouche et angoissée de se maintenir en vie à tout prix avec un énergique et constant refus de la mort . Ce sont nous, les non malades, qui l'avons accompagnée jusqu'à sa mort, qui avons craqué.

Je me demande ce que de tels témoignages peuvent apporter aux autres, mis à part pour les proches, mis à part pour ceux qui les écrivent. Chaque histoire est unique et se déroule pas à pas selon l'acteur infortuné qui la vit. Bien portant, on peut avoir un avis sur la question, être interpellé par ces approches différentes, mais je crois que ce n'est que confronté personnellement au problème que l'on se forgera une idée  sur la démarche à suivre : soins pallatifs, euthanasie à l'étranger, refus des soins etc ... 

Et si on peut l'éviter ce problème, ce sera bien.

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