02 mai 2012

6 mois à vivre

Marie DeroubaixMarie Deroubaix 1953-2011

Témoignage d'une femme qui à 56 ans est atteinte d'un cancer du poumon qui métastase, 16 mois plus tard au cerveau, sans espoir de guérison. Marie choisit de renoncer à tout traitement susceptible d'engendrer une plus grande souffrance encore. Elle refuse la chimiothérapie, la radiothérapie, en explique ses raisons, et constitue un dossier en Belgique pour mourir, euthanasiée.

 

 

christiane singerChristiane Singer 1943-2007

Écrivain. Lorsqu'elle apprend qu'elle n'a plus que 6 mois à vivre, elle décide d'écrire un journal  qui sera publié sous le nom de 'Derniers fragments d'un long voyage'. Catholique, elle choisit de vivre sa mort jusqu'au bout. Plus littéraire et plus philosophe que Marie Deroubaix, elle a une perception différente, qui sublime presque la mort. Littérature ou réalité ?

Deux manières différentes d'envisager cette condamnation à mort.  

 

Pour une troisième, très proche, il y eut à la fois, impérieux désir de vivre jusqu'au bout en supportant les pires souffrances engendrées par les traitements, volonté farouche et angoissée de se maintenir en vie à tout prix avec un énergique et constant refus de la mort . Ce sont nous, les non malades, qui l'avons accompagnée jusqu'à sa mort, qui avons craqué.

Je me demande ce que de tels témoignages peuvent apporter aux autres, mis à part pour les proches, mis à part pour ceux qui les écrivent. Chaque histoire est unique et se déroule pas à pas selon l'acteur infortuné qui la vit. Bien portant, on peut avoir un avis sur la question, être interpellé par ces approches différentes, mais je crois que ce n'est que confronté personnellement au problème que l'on se forgera une idée  sur la démarche à suivre : soins pallatifs, euthanasie à l'étranger, refus des soins etc ... 

Et si on peut l'éviter ce problème, ce sera bien.

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12 avril 2012

Les jolies choses - Virginie Despentes

 Virginie Despentes née en 1969.

Virginie DespentesUn ventre, mère effacée et dominée par le père, pour 2 jumelles, identiques, mais grimées différemment au point d'annihiler toute ressemblance physique.

L'une, Claudine catégorie pétasse, celle-ci éliminait du monde extrait geignarde mais bimbo, pétasse mais fragile, jambes longues, seins offerts, cul à se damner, une chatte chaude, trésor enfoui entre ses cuisses, une femme qui cherche à faire plaisir aux hommes extrait mais incapable d'aimer, juste une bouffonne, un peu conne et désespérée. Cette tristesse là, Pauline la touche pour la première fois, d'être autant convoitée, et de ne convoiter personne. extraitClaudine, enfant, éteinte et lente, mal aimée par un père violent, parti 3 ans de chez lui, puis revenu, retrouvant Claudine adolescente qui avait sauté sur l'occasion d'avoir un corps conforme aux normes extrait et son père l'avait alors remarquée.

L'autre, Pauline, pas bien humaine mais grunge, cheveu terne, sapée comme un sac, intelligente, mais sauvage, aimant l'amour avec un homme pour la vie, position missionnaire. Son seul truc à elle c'est sa voix J'aime vraiment bien sa voix, y a moyen de faire de jolies choses ... extrait. Elle, petite, avec de l'esprit, vive, plaisait à son père, et puis au retour du père, adolescente refusait d'être coquette comme on refuse de s'avilir extrait. Alors, le père, quand il revint, la rejeta.

Voilà, le père aura décidé ainsi du destin de ses filles. Claudine fera la pétasse pour plaire toujours à son père sans jamais grandir et en mourra. Pauline, plus futée, plus douée, prendra la place de sa soeur, se mettra facilement dans la peau d'une bimbo, car sous ses fringues se cache le même corps que celui de sa soeur, et comme elle a un cerveau, elle, elle mettra le monde à ses pieds, mais y perdra un peu son âme, qu'elle retrouvera avec Nicolas, amoureux des jumelles. Claudine revivra d'une certaine façon en Pauline réconciliée avec la vie. 

Ecriture qui ne manque pas d'humour, ni de mots orduriers, le poids des mots sans doute, avec le choc des images engendrées. C'est tout ou rien, ce style, cela plaît ou débecte ! moi, cela m'indiffère un peu, d'autant plus qu'elle sait aussi écrire de jolies choses.  

Bon, très ciblé, le livre de Virginie Despentes : il faut que les femmes cessent d'obéir aux diktats des médias qui ne pensent qu'à faire du fric : C'est une obéissance aux annonceurs, il faudra que tout le monde y passe. Ils régissent le truc, fil des pages : voilà ce qu'on vend, alors voilà ce qu'il faut être extrait. Là, il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas tort. Deuxième message :  Y a pas, c'est un sous genre, le sexe masculin. C'est même pas les filles qui les affolent à ce point, c'est l'idée qu'ils auront la trique. extrait. L'auteur a un compte à régler avec un certain type d'hommes, et c'est son droit, le milieu qu'elle a choisi de représenter permet sans doute cette polarisation sur le thème bimbo, pétasse, sexe etc .. 

Elle frappe fort Virginie Despentes, mais entre les pétasses et les coincées, il y a de la marge pour s'épanouir sexuellement et aimer, en même temps. Cela se nomme d'ailleurs fort simplement amour. Laissons lui le mot de la fin à cette révoltée de la vie qui trouve des solutions.

"Tu connais un truc qui s'appelle "le juste milieu" ? extrait

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10 avril 2012

Tuer le père - Amélie Nothomb

Amélie NothombAmélie Nothomb née en 1967 au Japon. Francophone belge.

C'est décidé, je relis du Nothomb. Me souviens plus du titre du premier roman que je lus d'elle il y a quelques années, mais ce fut aussi le dernier. Je réitère, maintenant, car j'ai le temps et la curiosité un peu titillée par cette échappée d'un roman de J.K Rowling  dont on se demande si elle est une moldu ou une cracmolle.

Amélie Nothom écrit des phrases courtes, sans fioriture. Un style aseptisé. Les adieux sont sans état d'âme. La mère se soucie du fils comme d'une guigne. Le fils méprise la mère. Cela m'évoque ces petites notes en marge dans une pièce de théâtre, qui donnent des informations sur le lieu d'une scène, le ton d'une réplique, les gestes à accomplir et que l'on nomme chose que j'ignorais ou avais oublié depuis des lustres didascalies. L'auteur donne des indications, sobres, libres de toute émotion et de tout jugement, sur ses personnages et sur le déroulement de l'intrigue. 'Elle était dans cet état d'acceptation absolue et de réjouissance universelle caractéristique de l'acide bien toléré' Sur cette notice là, manquent les contre-indications et les effets secondaires

Il n'y a pas vraiment de père, il n'y a pas vraiment de fils dans cette histoire.  C'est l'histoire de deux illusionnistes qui jouent à se leurrer avec l'illusion d'être un père et un fils. Un apprenti magicien doué Joe Whip prend pour professeur un grand magicien Norman Térence; doué aussi d'un certain sens moral, cet Oedipe-Joe-Whip là ne couchera pas avec sa vraie mère, mais avec sa fausse belle mère, compagne de Norman, illusion là aussi ! Plus que sur la tricherie, ce livre est un livre sur l'illusion, mais ce livre là demande à être développé.

Bon, cette lecture me fut laborieuse, mais ce n'est pas une raison suffisante, encore, pour ne pas récidiver et assouvir ma curiosité, toujours, présente.      

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05 avril 2012

Les adieux à la Reine - Chantal Thomas

Chantal Thomas

Les adieux à la reineUniversitaire, historienne, née en 1945, a écrit de nombreux essais sur le XVIII ème siècle.

Les adieux à la reine, est son premier roman, paru en 2002.  

Trois jours d'un mois de Juillet extraordinaire de 1789 au château de Versailles, trois jours où l'on n'entend que les rumeurs, incroyables, de prise de la Bastille, de populace en colère qui se révolte, trois jours d'inquiétude qui font tomber les barrières sociales où les vêtements de nuit aristocratiques se mêlent aux vêtements de nuit plébéiens, dans les couloirs sombres du château dans l'attente de nouvelles. Trois jours où les fastes encore présents de la royauté commencent à péricliter, les serviteurs plus vraiment là, les gardes partis, Marie Antoinette déjà condamnée. Loin des tumultes de la révolution, des cris de la foule, des hurlements de terreur et de douleur des suppliciés,  on accompagne l'incertitude incrédule des courtisans que l'on voit se transformer en angoisse insomniaque, puis en panique d'être décapité pour les uns, violé pour les autres par des lépreux syphilitiques de surcroit puis massacré .... une sorte de thriller révolutionnaire, agrémenté d'images délicates, de petits usages de cour surannés qui ne pouvaient plus durer, futurs vestiges d'une classe qui va mourir brutalement, par manque d'anticipation et d'aveuglement.

Écriture sans défaut, histoire non contestable, personnages savoureux, hauts en couleur, tout est plaisant. On est tour à tour lectrice de la reine, courtisane, servante, favorite, aristocrate coincée, et même, même reine de France. Bon, jusqu'à un certain point cependant, et on se carapate vite fait avec Madame de Polignac et Agathe-Sidonie Laborde sur le chemin d'un exil salvateur.     

Livre à lire avant d'aller voir le film de Benoit Jacquot. Il faut d'abord s'imprégner de l'atmosphère romanesque du livre avant d'aller goûter à la beauté des images du film, où les femmes sont trop belles, les robes itou, et le décor aussi. Le livre en tête,  vous ne céderez pas trop vite à la tentation de vous laisser aller au plaisir des yeux, à la fascination qu'exerce la beauté, en lectrice avertie vous y veillerez ! bon, la caméra à l'épaule qu'encense la critique donne mal au coeur et est en ce qui me concerne non seulement superfétatoire, mais carrément génante. Dieu merci, ces instants durent peu.   

A débattre :

J'en suis convaincue - et ce ne sont pas les dernières images que j'emporterai de ce monde qui pourraient me persuader du contraire -, l'humanité ne progresse pas. Extrait

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30 mars 2012

Charly 9 - Jean Teulé

Jean Teulé

Jean TeuléLes faits relatés traditionnellement :

 Catherine de Médicis s'est révélée assez fine politique, et bonne négociatrice : elle tentera de garder l'équilibre entre les 2 cultes protestants et catholiques, pour éviter à tout prix une guerre civile. Et puis, pour se débarrasser d'un Coligny, elle lancera, après quelques péripéties de cour, le massacre des chefs protestants, et puis, et puis, pourquoi ne pas éradiquer le problème dans son intégralité, alors elle choisira de tirer parti de la faiblesse de son fils Charles IX pour obtenir ce 'Tuez les tous' qui fera d'elle une reine criminelle et qui finira par déséquilibrer complètement le roi Charles IX, alias Charly 9. On y vient donc à ce Charly 9, fou à lier, fou à tuer. Et la truculence de Jean Teulé nous fait re-découvrir ce pan particulièrement sanglant de notre histoire.

De prime abord et conjoncturellement, j'adhère à ce livre avec une retenue surprenante chez une fan de Teulé. Les massacres multiples dans notre monde, le fanatisme religieux bien présents encore, donnent au massacre de la Saint Barthélemy une resonance particulièrement contemporaine. Certes, je retrouve toujours la verve du langage teuléen avec plaisir, la paillardise gourmande des mots, mais le fond de ce roman me parait pour une fois facile, Jean Teulé nous a habitués à détourner les clichés, et là, je trouve qu'il étoffe lourdement, les personnages qui historiquement ont été déjà bien habillés. L'histoire s'est chargée, sans doute à juste titre de les figer dans une réalité horrifique jusqu'à la caricature, est il besoin d'en rajouter, d'autant plus que Teulé touche aussi à la barbarie humaine, si présente de nos jours encore et toujours fort inventive. Et puis, avec le recul, je me dis que bouder mon plaisir est somme toute ridicule, et que ce détournement d'une partie de notre histoire ne fait que révéler avec un humour noir certain, la noirceur potentielle qui est susceptible d'exister en tout humain jusqu'à l'outrance. Et ce n'est pas la faute de Jean Teulé, si hélas, c'est toujours d'actualité.

Sur le plan personnel, cela montre, cette retenue, qu'il y a encore chez moi un vieux fond de conformisme. Ouf, je suis rassurée ! 

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23 mars 2012

Chevalier de l'ordre et du mérite - Sylvie Testud

Sylvie TestudSylvie Testud née en 1971 actrice, romancière, réalisatrice de 'La vie d'une autre' au cinéma.

Ce petit livre aurait gagné à être encore plus condensé. Des détails sans importance au début du récit engendrent un ennui assuré, un désir d'arrêter cette lecture, ce qui est dommage, car il y a un fond certain dans cette histoire, desservi dans les passages inintéressants par l'écriture minimaliste, mais curieusement mis en valeur, ce fond, quand il fait surface par le style même de cette écriture, Sylvie Testud utilise bien l'humour (minimaliste aussi) quand elle a quelque chose à dire, et elle le dit, son héroïne, que sa vie ne lui plaît pas, que son ami ne lui convient pas, cette jeune femme veut exister par elle même, mais ne sait pas qui elle est vraiment, cette jeune femme veut s'assumer seule mais a peur de la solitude, cette jeune femme fait toujours le mauvais choix, professionnel, sentimental, domestique, rien ne va. C'est un constat négatif, désastreux, douloureux.

Qui est cette jeune femme ? une hors normes, une atypique, une particulière, une solitaire, une emmerdeuse, une toquée du rangement de l'ordre et du mérite, ou une femme qui est tout cela à la fois, issue de cette génération qui refuse, à juste titre, le formatage, mais qui peine à trouver la forme de vie idéale. A ce propos, y en a t'il une ? 

Extraits :

Quand le téléphone sonne, c'est obligatoirement pour moi. Il ne sonne jamais.

Maintenant c'est vraiment mieux. Sauf que maintenant j'ai peur de savoir ce que je vais devenir, seule, bientôt vieille, bientôt moche. 

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22 mars 2012

Le coin du voile - Laurence Cossé

L CosséLaurence Cossé

Paru en 1996, ce livre m'attire davantage que le 31 du mois d'Août. Le sujet en est plus savoureux, voire loufoque. Quant à l'écriture, elle flirte avec un humour léger et bon enfant presque tout au long du livre.

Ce roman avec pour toile de fond Dieu se passe sur 8 jours.  L'affaire vient de la base religieuse, les casuistes, théologiens qui ont réponse à tout au nom de la raison et de leur foi (bonne évidemment). L'affaire en question c'est la preuve de l'existence de Dieu établie par un doux illuminé Martin Mauduit professeur de physique chimie et prêtre dans le passé, Il avait perdu - la foi, sans doute pas, il n'avait jamais eu exactement la foi, puisqu'il lui fallait la certitude-, en tout cas la claire vision de son ministère. extrait. Mauduit soumet cette preuve à un Bertrand Beaulieu, un radical, scrupuleux, un fossoyeur de la tradition qui la soumet à son tour à un autre prêtre Hervé Montgaroult capable tout au plus de seriner son cours d'ontologie cataphatique. Les deux branquignoles soutanés le soumettent à Hervé Le Dangeolet, leur provincial qui met sur place in petto et fissa (il adore ça, ces petites expressions le Dangeolet) une commission d'examen de la preuve avec 2 spécialistes, Michalet et Schmuckermann. Sur ce pour éviter la contagion, il coffre-fort la dite preuve. Les 2 experts sont contaminés à leur tour. Le Provincial avise alors la haute sphère : le Général de la compagnie des casuistes.

Les politiques vont s'en mêler, pour eux il y a risque de passer dans le domaine publique si l'affaire s'ébruite, et de là à susciter un trouble publique, il n'y a qu'un pas. Il faut 'en-di-guer-la-la-me-de-fond' (extrait). Détruire la preuve et neutraliser les branquignoles devient leur course poursuite qui les mènera, bien sûr, tous à Rome.

Laurence Cossé ne lève aucun voile sur la preuve de l'existence de Dieu, le contraire aurait été surprenant ! Elle n'argumente rien, ne prend pas parti, se contente de nous offrir un échantillon assez jubilatoire, limité à l'espèce humaine politique et religieuse. Elle met en scène une pièce où le pouvoir religieux et le pouvoir politique trouvent une entente pour écarter toute menace extérieure susceptible de rogner leur souveraineté au détriment bien sûr des moins puissants. Cela se passe en douceur, sans violence, presque sans victime, enfin une seule. Ce n'est pas très grave.( extrait) 

Le doute sur l'existence de Dieu était la seule formule viable pour l'humanité. Croyait qui voulait, ne croyait pas qui préférait. Pas plus de certitude pour l'un que pour l'autre. Un respect mutuel- mis à part les ères de certitude. La certitude, quelque soit son bord engendre le fanatisme. (extrait) 

Au fond, le doute est le seul contrepoids aux folies humaines. C'est la raison, le doute. extrait.

Alors, n'hésitons pas, doutons. 

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12 mars 2012

Le 31 du mois d'Août - Laurence Cossé

Laurence CosséLaurence Cossé née en 1950, journaliste, critique littéraire, producteur-délégué à France culture.

Le 31 du mois d'août est le premier livre que je lis d'elle, et ne sera pas le dernier. Car ce 31 août là ne m'a pas emballée, et j'ai pour habitude de vérifier si il s'agit de l'auteure qui me plaît moyennement, ou seulement du roman choisi.

Parti d'un fait divers mettant en scène des célébrités, ce roman pose la question du délit de fuite et de ses conséquences sur la vie du fuyard.

Lou a une petite fiat blanche, Lou conduit façon escargot, et oblige, un 31 août, un bolide noir à devoir se rabattre, freiner, et finalement finir sa course sur un pylône du pont de l'Alma. Lou ne s'arrête pas ....et n'en finit pas alors de fuir. Elle fuit les éventuelles poursuites judiciaires, et surtout sa vie qui à la lumière de cet accident lui devient impossible à vivre. L'écriture est concise, sans fioriture, sans littérature. Une plume de journaliste, sobre, narrative, impartiale, une plume de bon journaliste donc, ce qui se fait rare. Mais ce n'est pas ce que je cherche dans un livre. Je comprends que l'on puisse aimer, mais j'évite, généralement ce genre.

Bon, Lou aurait dû s'arrêter. C'est ma réponse. Le cours de sa vie a changé dés l'accident dont elle n'était pas responsable. Un grain de sable est venu enrayer une vie ordinaire et tranquille à tout jamais. Il produira le pire chez Lou qui basculera dans le criminel et le mensonge fort naturellement. Le hasard là n'y est pour rien, les aléas de la vie peuvent vous rendre pire ou meilleur, et Lou a choisi le pire. On a en ce domaine le choix. Bon, ça ne fait pas délirer ce livre, mais ça pose une question, et un débat peut suivre. Ce livre est un bon sujet pour débat télévisé !

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10 mars 2012

Bref séjour chez les vivants - Marie Darrieussecq

marie DarrieussecqMarie Darrieussecq née en 1969. Psychanalyste, écrivain.  

 Si on aime les mots,  y en a, à profusion, à confusion jusqu'à presque répulsion.

Si on aime l'introspection labyrinthe, y en a aussi, entrecroisée, entremêlée, entre 4 esprits de femmes : 

Jeanne, l'aînée des 3 filles qui vit près de Buenos Aires, pas loin du Tigre avec Diego.

Anne, la seconde fille, linguiste, vit à Paris 'sensitive comme une madrépore'. extrait. Anne est celle qui croit que 'seulement elle souffre, a souffert, souffrira' . extrait. Celle qui ressemble le plus à sa mère. Un peu plus déjantée que les autres. 

Nore, Eléonore, la petite dernière des filles,' habitée, utilisée, disposée de telle ou telle façon par le rêve, recomposée par les rêves dont on n'était que le moyen'. extrait. Nore, étudiante en littérature (la mort de Sardanapale est-elle la mort du romantisme), vit avec sa mère qui vit avec Momo, un kabyle à la face de pizza. Nore a les yeux verts de son père John qui vit à Gibraltar.

La mère, the mother, la madre. Y pense tous les jours la mère à' ce matin, les roses fraîches, et le premier vent d'automne, clair, léger, odorant'. extrait.

Et lui, l'enfant-fantôme. 'Et lui jouant entre nous dans son petit maillot rouge, débitant ses histoires en babillant, il sentait la mer tout un côté de sa tête était un grand mollusque, ses propres chairs transformées par la mer en coquillage de lui même.' extrait.

 Si on aime le délirant, l'outre mesure, l'excessif, le débordant, y en a , y en a .. et moi j'aime.

Évidemment, c'est comme tout, quand ça dérange un peu, faut s'y faire, faut s'y adapter, faut s'y couler et se laisser dériver avec l'auteure, qui est une psychanalyste, qui a dû en entendre des mots décousus, des puzzles de mots à reconstituer.

Mais c'est ludique, un peu comme un jeu de piste avec des mots-maux, et d'ailleurs y a même dans l'histoire un momo. Et puis il y a une musique étrange née de ces mots en faux désordre, une symphonie poétique qui berce les douleurs que l'on porte en soi et que l'on apprend, ainsi, à apprivoiser pour continuer à vivre.   

 Mots pour ide

Sardanapale : dernier souverain d'Assyrie selon les grecs, personnage légendaire, tableau de Delacroix. Babylone assiégée, Sardanapale se suicide entouré de son harem et de ses chevaux.  

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08 mars 2012

Le fils - Michel Rostain

Le fils

Michel Rostain 1942 Maîtrise de philosophie, DEA d'histoire de la musique, metteur en scène de théâtre lyrique et musical, directeur de la Scène nationale de Quimper. Écrit son premier livre en 2011 : Le Fils

Bien sûr, je fus attirée, d'abord par le titre, forcément.

Lion, Le fils raconte le chagrin des ses parents lors de sa mort brutale due à une méningite foudroyante.

Quand vous avez de l'humour, l'humour reste, quand vous aimez la vie, l'amour de la vie demeure ...  Cela prend du temps, des larmes, des nuits sans sommeils, des regrets, des remords. Et au final, comme avec tout ou presque, on arrive aussi à trouver un petit arrangement avec ses morts. On oublie rien, on souffre toujours, mais on apprend à vivre sans.   

C'est bien écrit, cela se lit aisément, rapidement, les mots plaisent, les images qui découlent de ces mots aussi.

Mais je reste sur ma faim, un peu !

Forcément, madame Freud, forcément.

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