19 mai 2013

L'écume des jours

L'écume des jours

Film de Michel Gondry avec Audrey Tatou, Romain Duris, Gad Elmaleh, Omar Sy, Aissa Maiga

Film en 2 parties, l'une gaie, l'autre pas, l'une riche en couleurs, l'autre en noir et gris, l'une bonheur et l'autre malheur, l'une richesse et joyeuse oisiveté, l'autre pauvreté et labeur épuisant ... des trouvailles amusantes, abracadabrantes, féeriques, délicieusement décalées pour la première partie avec une musique jazz à la Vian, un rêve drôle et délicieux, et puis avec la fleur qui envahit les poumons de Chloé, le rêve se transforme en cauchemar, le monde enchanté de Colin et de Chloé se désagrège, se rapetisse jusqu'à devenir un sombre et infâme taudis, la folie guette les uns, la misère les autres, une drôle d'atmosphère où tout est noirceur, dévastation, presque un état de guerre ... et l'amour dans tout ça, et bien il est là du début jusqu'à la fin, il colore la vie quand tout est bonheur, et il se met en deuil au fur et à mesure de la dégradation de la santé de Chloé, l'humour se fait plus grinçant et plus rare, mais le fantastique se porte bien du début à la fin, et moi j'aime bien ...  J'avoue que j'ai oublié le roman de Boris Vian, alors cela évite les comparaisons, et c'est tant mieux ! ce film m'a donné envie de relire le roman.  

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18 mai 2013

Le Passé

Le Passé

Film de Asghar Farhadi avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa.

C'est l'histoire d'un adultère, où le suicide manqué d'un protagoniste du trio transforme le drame en thriller psychologique assez bien mené avec moults rebondissements, le 4ème membre, mari (séparé)de l'amante vient d'Iran pour divorcer, c'est lui qui aide à démêler les noeuds de l'intrigue en intervenant auprès de sa future ex-femme, de la fille aînée de celle ci, et du jeune fils de l'amant ...Bérénice Bejo joue cette femme, qui a 2 enfants d'un précédent mariage, Ali Mosaffa en joue le mari, séparé d'elle depuis 4 ans, Tahar Rahim joue l'amant dont l'épouse est en coma dépassé suite à un suicide manqué ... oui, c'est compliqué, forcément comme dans la vie. Il n'y a pas de fin, ni heureuse, ni malheureuse, même pas de question franchement posée, en tous cas le film ne donne aucune réponse, c'est à chacun de choisir la fin qu'il préfère, mais on peut supposer qu'il n'y aura pas de fin, et que cahin-caha le trio perdurera, et le 4ème ? lui, il retourne dans son pays, n'ayant au final pas d'autre choix, contre, peut être, son coeur défendant.

Pas de parti pris chez Farhadi, il se contente de mettre en scène un scénario habilement monté, où les pièces de ce puzzle se mettent en place lentement, il n'y a rien d'affirmatif chez lui, des vérités suggérées, et une fin qui n'en n'est pas une, laissant toutes les portes ouvertes. Personne n'est coupable, personne n'est innocent, comme dans la vie en somme !

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14 mai 2013

Tender

Tender

A t'il fait partie de ces aventuriers du rail, vers 1857, de ceux qui ont construit 98 tunnels, 46 viaducs, qui constituent 154 km en terre sauvage difficile d'accès qui longe durant 60 km les gorges de l'Allier, qui va de Prades à La Bastide et qui appartient à la ligne des Cevennes, ou  plutôt était-il chauffeur ou mécanicien de locomotive à vapeur comme pourrait l'indiquer sa tombe  ... Il habitait près de Chapeauroux, dans la commune de Saint-Haon, de lui reste sa tombe qui évoque un tender de locomotive à vapeur. 

Locomotive à tender séparé

Un tender est un wagon placé immédiatement après une locomotive à vapeur pour assurer son approvisionnement en eau et en charbon.

Saint-Haon

 

Émouvant témoignage d'une épopée, d'une vie. Entre Margeride et Haut Allier.

Repose dans cette tombe également un résistant Paul Menut, résistant du groupe du Haut Allier.

 

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13 mai 2013

Julio Le Parc

Bois métal lumière

Voyage initiatique dans un domaine qui m'est étranger, un peu entrevu Musée de T 11avec les Néons de François Morellet rencontrés au hasard de mes balades muséales.

L'exposition actuelle au Palais de Tokyo me permet d'entrer dans un monde inconnu, l'art visuel,

Déplacements

Musée de T

l'art cinétique (parties de l'oeuvre en mouvement) l'art optique ou l'Op Art (illusion optique du mouvement). Julio Le Parc est né en Argentine en 1928.

Membre fondateur du G.R.A.V. (Groupe de recherche d'art visuel). Défenseur des droits de l'homme, il s'est souvent opposé aux institutions, au pouvoir politique, aux dictatures d'Amérique latine. Il travaille sur le champ visuel, la lumière, le mouvement.

Modulations (noir et blanc)

Palais de T 2

L'exposition du Palais de Tokyo est une rétrospective de ses oeuvres, et est particulièrement attrayante.                     

Musée de T8

Modulations couleur

 

Musée de T 3

Musée de T 7

Musée de T 6

Musée de T5

Alors en vrac, je n'ai pas et de loin la

Mobiles

Musée de T 13

Sphère rouge Julio Le Parc

maîtrise de son oeuvre, ni son évolution ...  Mais ce labyrinthe un peu obscur au début, ombre et lumière, s'est ouvert sur un espace coloré, toujours aussi énigmatique pour moi dans le fond, mais ce fut un laisser-passer dans un monde différent où un ravissement certain se suffit à lui même. 

Surfaces

Musée de T9

Palais de T9

 

 

 

 

 

http://www.julioleparc.org/

   

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23 avril 2013

François Curlet

Musée de Tokyo

Bunker

Difficile de classer François Curlet né en 1967. C'est un détourneur d'objets qui souhaite réveiller les consciences en nous incitant à réfléchir, consommateurs sans cerveau, nous ne nous étonnons plus de rien, soumis à des habitudes de vie qui nous emprisonnent autant qu'elles nous libèrent, François Curlet joue avec le paradoxe,

Musée Tokyo

Djellaba

l'ambiguïté, avec beaucoup d'humour et peu de moyens, grâce à son imagination, il invite à la réflexion et titille notre imagination ... un peu, parfois .....

Tout n'est pas convaincant pour moi, l'humour manque parfois et la composition devient alors art de patronage ou d'atelier ergonomique  .. mais encore 2 petites dernières qui m'ont séduite, l'une pour le jeu de

Tokyo 2013

mots, l'autre pour le paradoxe  un bolide-corbillard où la mort arrive par un plaisir, idée qui vient du film Harold et Maud (1971).

C'est quoi l'Art ?Corbillard

Un aller pour ailleurs ..

Oui, dans cet art là, on s'embarque pour nulle part, on sort des normes, et ça, j'aime bien.

A voir au Palais de Tokyo jusqu'en Mai.

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21 avril 2013

Les Gamins

Les Gamins

Film d'Anthony Marciano avec Max Boublil co-scénariste avec Marciano, Alain Chabat, Sandrine Kimberlain, Mélanie Bernier, des seconds rôles sympa dont Kheiron savoureux et inquiétant en homme politique iranien, Mélusine Mayance petite chanteuse tyrannique, François Dunoyer qui incarne la perfection faite homme. Chaque personnage est hors normes, outrancier mais terriblement humain dans ses excès.

 Un homme de 50 ans lassé de sa vie d'homme canapé-télé, incite son futur gendre à fuir le mariage, et l'entraine dans un classique pétage de plomb, filles-alcool-fric, tous 2 musiciens avortés  ...Bien sûr la militante épouse va aller voir ailleurs si son charme opère toujours, bien sûr la petite fiancée va séduire aussi, leurs 2 séducteurs sont chacun à leur façon des branquignoles et .... les 2 fêtards repentis reviendront dans les bras de leurs belles.

Comédie divertissante au comique pas toujours très fin, mais qui fait passer un bon moment. Il y a une certaine loufoquerie qui aurait pu être exploitée davantage.

Les Profs

 

Film de Pierre-François Martin-Laval à voir avec des petites filles ravies des gags qu'elles trouvent géniaux, côté humour, c'est essentiellement un comique de situation, de gestes, de caractère, de mots parfois, une sorte de farce donc. Alors on se moque bien que ce soit crédible ou pas, au final, je trouve que ce film pourrait être une bonne étude du procédé comique, pour un prof de français. Je craque, comme toujours pour Isabelle Nanty ....

 

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15 avril 2013

Chagall rapidement ...

Vue de la fenêtre

On dit que les bouquets chez Chagall sont une image de lui même, on dit aussi aussi que ce sont des images allégoriques du bonheur, on dit aussi que les fleurs le renvoient à des évènementLe Paysage bleu 1949 détails familiaux heureux, en offrant ses bouquets il rend ainsi hommage aux Arts, à la vie, à la liberté, à la joie de vivre. J'aime  ces petits bouquets-fouillis, ébauchés, jetés, petits messages d'amourIMG_8866

de la part de Chagall qui fut amoureux

détail Monde rouge et noir

de ses femmes, de la vie.  Pour Chagall chaque figure raconte quelque chose de sa vie, et il n'oublie rien Chagall, ni son village de Vitebsk, ni le juif condamné à être errant, ni l'âne, le bouc, le coq, le coq symbole du renouveau (lever du jour), symbole de la repentance, référence à une tradition juive où un coq supporte les péchés des participants et est ensuite égorgé rituellement.Homme-coq au dessus de Vitebsk 1925 détail

C'est Chagall en homme-coq qui se repent de ne pas être resté dans son pays, d'avoir fui toujours. Chagall est un peintre  non militant à messages. Chagall en exil aux États Unis pense participer ainsi à la guerre en témoignant de la persécution des juifs avec ses nombreuses représentations du Christ en croix, symbole du martyr des juifs. En 1944, mort de sa femme Bella qu'il représenta souvent avec son voile de mariée. Chagall est un amoureux fidèle, Bella morte restera présente, même si après une relation avec Virginia Haggard dont il aura un fils Marc, il s'unira pour 30 nouvelles années avec Valentine Brodsky.  Chagall n'arrête pas de parler de lui, des siens, de la religion, dans ses toiles. Rarement à mon humble avis, un peintre n'a autant laissé de lui dans ses toiles jusqu'à l'obsession. Ses couleurs éclatantes, qui se suffisent à elles même nous font oublier ces répétitions un peu lancinantes à la longue. Rien n'est laissé au hasard dans ses toiles chaque couleur est symbolique et a une signification différente selon le thème exploité, le rougeLa Danse 1950-1952 détail peut être dramatique ou au contraire renforcer la puissance d'un lien amoureux ou du divin. Là c'est un hymne à l'Art, le rouge.Le Chandelier et les Roses Blanches 1929 détail

 Le blanc ? oui, parlez moi encore du blanc, encore, longtemps, toujours ... Moi, je vois là le blanc rosé sensuel des roses, le blanc viril des bougies éteintes, fête qui vient de s'achever ... pourquoi toujours lire les mêmes rengaines sur Chagall ? Chagall était un amoureux de la Vie, avec des inquiétudes bien sûr, des peines immenses, mais c'était un Phenix, Chagall. Il a toujours opté délibérément du côté de la vie, de sa vie.

A vous découvrir encore. 

A vous revoir encore, monsieur ..... on n'en n'a pas fini, ni avec les couleurs ... ni avec rien, du reste d'ailleurs.

Esquisse pour la Vie 1964 Chagall

Chagall - Musée du Luxembourg 21 février - 21 juillet 2013

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11 avril 2013

Une bonne raison de se tuer- Philippe Besson

Une bonne raison de se tuer

Y a t'il une bonne raison pour se tuer ? Pas de réponse précise à chercher dans le livre de Philippe Besson, sans doute parce qu'il n'y en a pas, il n'y a que des circonstances favorables qui une fois toutes réunies décident du passage à l'acte. Chez Laura Parker, personnage du livre, chez Patrick, chez Brigitte personnages réels de la vie, les circonstances favorables ont été un moment réunies, ce fut une affaire de secondes, une personne injoignable au téléphone, des mots non prononcés, des proches absents, endormis  que sais je, la solitude en tous cas à ce moment précis et le basculement irrémédiable. Chez Samuel Jones autre personnage du roman, c'est moins intense, plus lié à une circonstance précise, le suicide de son fils, plus de chances pour lui de continuer à vivre, car la chance fait aussi partie des circonstances, celle de naître moins fragile, celle de toujours trouver une bonne raison de ne pas se tuer. L'un l'a cette chance, l'autre pas. Philippe Besson a su mettre en valeur la solitude particulière de ces déprimés qui s'enferment dans leur souffrance, celle qui les fait vivre isolés même au milieu des autres, celle où plus rien ne peut les retenir au monde, et ce n'est la faute de personne.

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08 avril 2013

Sous le figuier. Quartet

Sous le figuier

Quartet

Pour ceux qui ne souhaitent pas mourir façon Haneke, 2 films tendres et sucrés comme les roudoudou, comme les petites souris en caramel et chocolat pour lesquelles, enfant, j'aurais vendu mon âme au diable, 2 petites douceurs donc à déguster si vous arrivez à la maturité, ou si vous adorez votre grand mère ..

Sous le figuier réalisé par Anne-Marie Etienne, avec Gisèle Casadesus, qui joue Selma âgée de 95 ans élégante et malicieuse vieille Dame sur le point de mourir qui transmet ses clés du bonheur à 3 êtres un peu perdus, avec Anne Consigny, Jonathan Zaccai et Marie Kremer. 

Quartet  réalisé par Dustin Hoffman avec moults vieux comédiens, musiciens, chanteurs d'opéra, dans une douceur anglaise, très smart bien sûr, cosy bien sûr, qui continuent à vivre leur passion, malgré les années. Délicieusement too much. 

   

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07 avril 2013

OH ... Philippe Djian

OH

L'histoire commence par un viol et se termine par la mort du violeur. Que la morale se rassure, l'honneur est sauf donc ! l'honneur de l'héroïne qui murmure ce 'oh' si joliment simpliste pour marquer sa surprise ou sa satisfaction à la fin du livre ... mais voilà rien n'est simple ni dans la vie, ni dans les romans de Philippe Djian qui s'amuse à forcer les traits de ses personnages, qui ne fait jamais dans la dentelle. Le père de Michèle, l'héroïne a tué pas moins de 70 enfants dans un club Mickey, alors avec ce lourd héritage, elle est un peu blasée, Michèle, sur les facéties de la vie, elle est un peu déphasée. C'est quoi l'anormal quand on a vécu adolescente une telle horreur ? coucher avec le mari de sa meilleure amie, se faire violer et estimer alors qu'elle a connu pire avec des hommes librement choisis, entretenir une liaison sadomasochiste avec son violeur .... mais Dieu merci, elle est une mère parfaitement normale qui se mêle un peu trop de la vie de son fils Vincent et qui pleure sur la mort de son chat. Philippe Djian s'amuse, comme toujours à mettre en scène l'effrayante complexité des êtres humains qui les dépasse souvent; le milieu familial est le terrain de jeux qu'il affectionne le plus, sans doute parce qu'il est en partie à l'origine de ce que nous sommes devenus, source de névroses possibles, générateur de conflits, il n'est bien sûr jamais neutre et influence toujours nos vies. 

On ne s'ennuie pas une seconde dans ce roman, et les personnages n'arrivent pas à nous lasser comme ceux d'Impuretés du même auteur qui s'engluent dans leurs faiblesses jusqu'à lasser le lecteur, les héros de OH sont à plusieurs facettes, terriblement humains. 

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