15 décembre 2012

Arts

C'est un monde où je n'entrerai que comme spectatrice, voyeuse, mateuse, fouineuse, un formidable voyage à faire, spirituel le voyage, dans le temps, dans l'Histoire, dans le monde, une aventure plus intellectuelle que physique, celle au fond que je préfère, de celles qui nous ouvrent un peu plus les yeux, de celles qui nous apprennent toujours quelque chose et notamment que l'on ne sait jamais grand chose. Et ce voyage par l'Histoire de l'art, par le goût de lire, me fascine. Voilà pourquoi j'aime les Arts, quels qu'ils soient, une façon comme une autre d'appréhender une part des autres. Vaste entreprise infinie dont je ne verrai jamais le bout, et cette perspective m'enchante.

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14 décembre 2012

La Blessure la vraie François Bégaudeau

La Blessure la vraie

François Bégaudeau né en 1971, critique littéraire et de cinéma, romancier

Livre de souvenirs d'un adolescent qu'on appelle le Nantais, âgé de 15 ans au physique moyen; pour situer dans le temps, cela se situe au temps de la famille Barbapapa, série qui fut créée en 1974. L'époque est le règne de la Renault 18 voiture familiale moyenne, les boissons favorites sont le monaco, ou le demi panaché qui est un compromis à moitié satisfaisant pour un chico de 15 ans : 'La demi-teinte plutôt que le ridicule de la pleine assurance, c'est un autre choix perdant et c'est aussi le mien' Voilà, le ton est donné. Le Nantais est un demi perdant, pour tout. Il est aussi puceau. L'été 1986 sera la fin de cet état ou ne sera pas. Mais voilà 'Pas envie de dire oui, pas le courage de dire non'. Le Nantais est plutôt intellectuel, le beau gosse, car oui ya un beau gosse, Joe qui n'est pas très futé, pas, pas rien du tout d'ailleurs, pas délicat, pas raffiné, pas sentimental, juste baiseur à fond de petites nanas, pas d'état d'âme, juste 'tranquille serein cool.' Le Nantais est communiste tendance léniniste. Des filles, il pense que la catégorie assez fournie se situe autour d'un 9 sur 20, et sa question est de savoir si à 9 sur 20 elle sont baisables ou pas. Lui s'estime entre 9 et 12 sur 20, quoique avec un bouton, il penche plutôt vers le 9. Oui, il n'est pas qu'intellectuel pur le Nantais, il est un peu obnubilé par ses hormones, Et puis voilà t'y pas que surgit hors de la nuit une brune de Jupiter, une brune qui court vers l'aventure au galop (merde, j'écris comme Bégaudeau !), une brune qui pourrait devenir son amoureuse, oui amoureuse pas que baisée, amoureuse à baiser. Mais voilà t'y pas toujours, que la Céline de l'an dernier s'annonce, et voilà notre Nantais avec 2 brunes, 2 brunes à baiser. L'histoire se complique, d'autres brunettes sont là émoustillant les sens du Nantais puceau, brouillant les voies impénétrables (elles aussi) du destin. Notre Nantais a donc de cet été 86, une blessure d'amour, propre ou pas, mais une blessure dont il ne se remettra pas, 'une entorse incurable au bonheur'. Espérons qu'en nous la narrant, notre Nantais s'en portera mieux ! Parce que bon, il fait un peu schmir le Nantais, à se ressasser son problème  d'baisera, baisera pas. M'est avis que La mère Baquet, elle, doit avoir un autre avis sur la question.

C'est pourtant écrit, d'une écriture assez rigolote qui me plaît, qui se joue des mots et des expressions-clichés. Mais l'intrigue est un peu mince, un peu lassante à la longue. Dommage ! 

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12 décembre 2012

Yue Minjun

yue Minjun 2012

Peintre né en 1962 en Chine, a d'abord dû travailler pour une entreprise de pétrole, à 23 ans en 1985, il va étudier l'art à l'école normale de Heibei, puis s'installe dans un village d'artistes marginaux et contestataires près de Pékin. Il fait partie du courant dit réalisme cynique, courant en opposition à la peinture propagande du pouvoir politique, qui, après les évènements du printemps de 1989 de la place de Tiananmen qui engendrèrent un nombre important de victimes, figea le processus de libéralisation entamé dans les années précédentes. Yue Minjun choisit alors de mettre le rire en avant, démesuré, exagéré, outrancier, monstrueux, caricatural. Il dit exprimer ainsi le tragique et le douloureux par l'intermédiaire du rire qui devient rictus, grimace, masque.     

Un des tableaux les plus connus de Minjun, un qui a établi un record de vente pour un artiste chinois 

Manet

 

Goya

 

Picasso

Exécution

 Exécution est sans doute célèbre car il fait référence à ceux de Goya (1808), de Manet (1867), de Picasso (1951), revu, corrigé à la manière universelle en somme de Yue Minjun un seul visage pour n'importe quelle exécution, un seul visage qui associe les bourreaux aux victimes, un humain contre un autre humain, vous, moi, lui ...  ses tableaux de cette époque (90-2000) représentent toujours un rapport de force, l'humanité contre les armes, contre la dictature politique qui muselle la pensée.     

 

Yue Minjun peint dans un style comique des situations tragiques, douloureuses. Cela provoque au début le rire des spectateurs, mais si le regard persiste, on ne voit plus que le tragique qui s'impose.  Quand il était enfant, faire la queue, porter les mêmes habits que les autres, participer aux activités collectives lui était normal, en grandissant il s'est rendu compte que cette forme d'esclavage imposée par le régimeEverybody Connect to Everybody était

insupportable à vivre, et c'est ce qu'il choisit de montrer en peignant ses tableaux qui sont une accumulation de ce qu'il a vécu. 

 

Sky d'Yue -Minjun 1997

 Une évolution, le rire laisse place à un monsieur tout le monde qui rit encore, mais

Yue Minjun

prend un peu de liberté.

Une période où Minjun peint des labyrinthes vers 2007/2008,

mao xinglan

 qui posent une question : Le peuple chinois arrivera t'il à s'extirper de sa propre culture ?

      

 Et puis, une période de tourment pour le peintre, alors il a peint une feuille, l'a froissée puis redéployée, MinRe-Portrait 2012 Yue Minjunjun exprime par son art le ressenti de son tourment, le disloque et s'en débarrasse ainsi, sinon il serait devenu une souffrance,

 

 

  

cet autre tableau qui rappelle un peu Bacon, est une autre manière de s'échapper, de cet art cynique peut être, qui risque de l'enfermer ... alors il recherche d'autres possibilités ... 

Le rire s'est peut être éclaté ....yue 4 à voir à la Fondation Cartier

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11 décembre 2012

Van Gogh

On a en général une vision fort réductrice de Van Gogh, ses troubles psychologiques, son oreille coupée lors d'une altercation avec Gauguin, sa relation fidèle à son frère Théo, Anvers sur Oise, Gachet, son suicide. La Pinacothèque choisit elle de réduire son inspiration et établit un parallèle avec l'oeuvre de Hiroshige pas forcément convaincantHiroshige.

 

Le japonisant est bien sûr à la mode, et les peintres de l'époque vont plus ou moins japoniser, comme ils ont académisé avec les classiques,  les rois de l'académisme comme Thomas, Couture, Gérôme, avant de les rejeter ... et puis ceux qui sont plus talentueux, plus créatifs, plus doués, moins peureux, vont trouver leur style propre, celui qui nous fera reconnaître la patte du peintre. Pont basculant à Nieuw-Amsterdam 1883

  Le pont supendu est il japonisant ?

Vincent séjourne après sa séparation avec Sien, à Nieuw Amsterdam, dans un pays qui lui ressemble à ce moment là, désolé, couleurs pâles, eau qui domine, lumière faible, Vincent réussit fort bien les aquarelles. Si le Japon doit l'influencer, ce n'est pas dans cette aquarelle là, quant au pont sur le canal, il ressemble à beaucoup de ponts suspendus qui ne manquent pas en hollande.  Van Gogh était très érudit, doté d'une famille cultivée aisée qui comptait outre des Vincent en pagaille, de nombreux marchands d'art, ajoutez à cela que la mère de Van Gogh avait un fort joli coup de crayon, et qu'elle initia son fils au dessin. Vincent naquit 1 an après un premier Vincent mort-né, première ombre au tableau. Plusieurs Van Gogh sujets à des dépressions, deuxième ombre au tableau. Le père, pasteur, médiocre dans sa fonction, ce qui ne le sortit pas de son austère et anxieuse tristesse naturelle, troisième ombre au tableau. Un caractère d'insoumis, un physique de roux fort peu apprécié à l'époque, un internat forcé considéré comme une exclusion du milieu familial, voila pour les ombres de Vincent. Ensuite, il y eut la difficulté constante à se faire aimer d'une femme, ensuite il y eut cette obstination à vouloir être pasteur comme son père, il y eut beaucoup d'échecs chez Vincent qui eurent un double effet, l'un négatif à s'isoler du monde, à ruminer, à "criser à la folie", mais l'autre positif, à extérioriser son amour de la nature, son amour des humbles dans la peinture (comme dans la vie d'ailleurs) puis à vivre au final le bonheur par sa peinture. Il fréquentera toute sa vie les peintres et les livres. Alors, tout l'a inspiré Vincent, les peintres hollandais, les français, les japonais, en vrac Israels, les 3 frères Maris, Mauve, les 3 Cuyp, Rembrandt, Millet, Corot, Hiroshige, Hokusai, Monticelli, Rubens,Hiroshige Vue d'Ueno 100 vues célèbres d'Edo

Anquetin, Seurat, Signac etc etc ....  En  1887 Van Gogh rencontre Gauguin, en 1888 Vincent est en Arles, il y recherche la lumière, sans doute la lumière et les couleurs gaies, c'est un peu le Japon des fresques japonaises question atmosphère, lieu de plaisir pour la caserne de zouaves, le pont de Trinquetaille autre pont suspendu, les arbres fleuris. Van Gogh se met à peindre des tableaux de vergers en fleurs, car il a besoin d'argent, Van Gogh, et à juste titre puisque le Japon est à la mode, et bien il fait des arbres à coups de brosse, hachés, discontinus, son trait à lui.Pins au coucher du soleil 1889

 

 

 

 

 

Des japonais, il retiendra le trait fin, précis, qu'il fera lui, Van Gogh, haché, virevoltant, en mouvement perpétuel, tourmenté; des impressionnistes il apprit la couleur; de Monticelli, il retiendra le contraste des explosions de couleurs en pâte, il n'était pas bégueule Van Gogh, il prit tout ce qu'il pouvait prendre des peintres qu'il rencontra, il s'en imprégna, et aboutit à sa peinture si reconnaissable, si particulière. 

Delacroix Le bon samaritain

 

 

Un petit dernier, Le Bon Samaritain, copie de Delacroix est il plus japonisant que van goghien copie Delacroix ? 

 

Le Bon Samaritin Van Gogh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des paysages de Van Gogh dont les couleurs éblouissent, la lumière de Van Gogh ... l'exposition modeste de la Pinacothèque vaut le déplacement rien que pour cela. Elle nous vaut aussi une rencontre japonaise, alors on ne boude pas son plaisir, on en pense ce que l'on veut, mais on y va. Paysage aux gerbes de blé sous la lune 1889

Route de campagne en Provence la nuit Van Gogh

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09 décembre 2012

L'amour est une île

Claudie Gallay

Claudie Gallay 1961

Écrit au présent, voilà un scénario possible de film à la française, sur fond de festival d'Avignon. Les femmes seront solitaires, belles et déchirées, les mères seront solitaires, maternantes et chaleureuses, les hommes jeunes seront solitaires musclés et beaux, les moins jeunes encore beaux et toujours solitaires auront du charme et les vieux seront ... les vieux, tiens parlons en, c'est ce regard sur le temps qui passe, sur la vieillesse qui m'a touchée.

Extraits

-Ce qui nous attend est donc désespérant ?-- Oui ... Le temps passe, nous devenons piteux et nous allons finir seuls. 

Avant est un pays magique.

'Les jours qui restent seront ils supportables ? Pourra t'elle aimer celui qui vient ? Et s'il en reste dix ou vingt, pourra-t'-elle les aimer aussi ? Et si ce n'est qu'une heure l'aimer quand même.  

Les vies que l'on n'a pas sont-elles toujours les plus belles ?

Le destin fait cela parfois. Il emporte. C'est comme ça. Sans issue. Des départs comme des massacres. Ceux qui restent pleurent. Ils s'en veulent. On ne refait pas l'histoire.Jamais rien ne se récrit.

La voiture prend de la vitesse. Le fleuve dessine une courbe. Avignon ressemble à une île qui s'éloigne.

Et puis il y a les digitales ' Des digitales pourpres, les plus belles, les plus toxiques.' Les digitales chères à mon coeur.

Fin, générique, musique.

C'est un livre sur la solitude-ensemble. Les héros sont seuls, par choix, par nécessité, ou bien est ce parce que c'est ça la vie, être toujours un peu seul, et c'est parfois, tant mieux, parfois tant pis, et dans le fond, ce qui importe le plus, c'est de vivre d'abord pour soi, les autres suivent ou pas. Pour moi, c'est ce qui se dégage de ce livre, le reste, l'intrigue romanesque pas désagréable à lire d'ailleurs n'est qu'aimable fioriture.

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07 décembre 2012

Cogan : Killing them softly

Cogan

Des losers en Amérique contemporaine, des tripots gérés par la Mafia puissante et protégée, des promesses électorales vibrantes de patriotisme bien pensant d'un Obama en 2008 en décalage avec une petite histoire sordide de braquage où 3 branquignols tragiques vont irrémédiablement se faire tuer, où les tueurs à gage ont des états d'âme pour l'un, et pour l'autre une intention particulière : tuer sans déclencher de pathos inutile chez l'assassiné, alors tuer de loin, surtout, tuer sans affect.  Et bizarrement, on les trouve attachants ces perdants, ces oubliés qui font aussi partie du système. 'L'amérique, ce n'est plus un pays, c'est devenu un business'. Un peu pessimiste, un peu désabusé, un peu réaliste ...

De bons acteurs, un moment plaisant d'oubli, que demander de plus un jour de pluie ? 

Film d'Andrew Dominik avec Brad Pitt, Scoot McNairy, James Gandolfini  

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03 décembre 2012

Hiroshige 1797-1858

L'ukiyo-e, terme japonais qui signifie images du monde flottant, le monde qui passe, est un courant artistique datant du 16ème siècle qui produit des estampes servant initialement à illuster des récits, et qui rapidement sera un art à part entière. La société japonaise évolue au profit d'une bourgeoisie citadine  qui va découvrir le tourisme. Les artistes peindront les lieux visités, tels les Monts Fuji et Oyama, les cultes religieux, les lieux de pélérinage. Cela génèrera un marché économique nouveau, où restaurants, maisons de thé, éditeurs d'estampes deviendront prospères.   

 Le XIX ème siècle dans sa seconde moitié artistique délaisse le clacissisme, va peindre en pleine nature, avec ses tubes de couleurs, puis en réaction préfère peindre en petites touches de couleurs, laisse place aux émotions et découvre aussi l'art japonais, avec ses paysages, ses personnages, ses scènes de vie délicatement dessinées, aux riches couleurs. Les impressionistes sont sensibilisés à cet art, et beaucoup s'en inspireront un temps, Monet, Renoir, Mary Cassatt, Degas, Van Gogh, Cezanne, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Henri Rivière 1864-1951, Pissaro ...

La Pinacothèque nous illustre à sa façon un peu trop partisane à mon avis cette tendance japonisante chez Van Gogh ..2 lieux différents, l'un consacré à Van Gogh avec des reproductions des estampes de Hiroshige, l'autre consacré à Hiroshige.

Utagawa Hiroshige 1797-1858

5000 estampes, 120 livres illustrés; Issu d'une famille cultivée et aisée, Hiroshige a intégré un atelier d'estampes, élève d'un Utagawa Toyohiro,  spécialiste de vues célèbres. Sa notoriété commencera quand son oeuvreRive du fleuve ÖI à Kanaya

Les 53 étapes du Tôkaidô sera éditée en 1833-34. Le Tôkaidô est une route célèbre reliant Edo (Tokyo) à Kyoto, 500 km qui longeait la mer et nécessitait 15 jours de marche. A chaque étape, il y avait un temple, une auberge, une maison de plaisirs. Cerisiers du soir à Nakanochô dans le Yoshiwara détail

Cette bande dessinée en 2 volumes eut un succès immédiate. 

69ème station Kusatsu détail

 

 

 

 

 

 

 

Fort de ce succès il se mit aux 69 étapes du Kisokaidô, avec un ami Eisen.

 

 

 

 

 

Plus longue, plus difficile cette route 65ème station Takamiya détailétait empruntée par des moines, des pèlerins des samouraïs.  

Et puis pour terminer sa carrière, pour clore sa vie, et pour le plaisir, Hiroshigue réalisa les 2 dernières années de sa vie, les 100 vues célèbres d'Edo. Il privilégia la perspective, les couleurs, rouge et bleu de Prusse, les paysages, au détriment de la réalité historique.     

    

 

Pluie soudaine à Shôno détail

C'était pour moi une première vraie rencontre avec l'art japonais. La foule dont je faisais partie fut difficilement conciliable avec une étude même superficielle des oeuvres, je ne suis pas patiente, faire la queue pour voir une oeuvre m'insupporte !!! A refaire donc un autre jour, autre lieu, si l'occasion m'est donnée à nouveau.    

série des 100 vues célèbres d'Edo

 

 

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30 novembre 2012

Argo

argo

Les critiques sont, soit, fort élogieuses, et le classent meilleur film de l'année, soit, fort sévères et critiquent son patriotisme bêta et surrané ... je trouve que ce film est un bon thriller, qui met en scène un pan méconnu de ce que l'on a nommé la crise iranienne des otages  dans un Iran où la République Islamique de l'ayatollah Khomeini avait succédé à l'empire du Shah. Réfugié alors au Méxique, le shah se rendra aux USA pour y être soigné, ce qui déclenchera l'assaut de l'ambassade des États Unis à Téhéran en Novembre 1979. Argo filme les 6 membres de l'ambassade qui ont réussi à sortir et se sont réfugiés à l'ambassade du Canada. Un plan particulièrement loufoque sera échafaudé pour les libérer... et c'est ce que le réalisateur acteur Ben Affleck nous propose de voir, et je ne suis pas sûre que ce soit, seul, le pouvoir de fascination du cinéma qui ait eu raison du pouvoir iranien, c'est sans doute un facteur chance lié à des circonstances rendues favorables par la jeunesse de la République Islamique encore balbutiante. L'histoire, la grande, semble encore, d'ailleurs bien plus compliquée encore, peu importe, on s'en moque, ce film n'est pas un film historique, son rythme est soutenu, le suspens, bien que l'on connaisse l'heureux dénouement, nous tient en haleine, alors place au plaisir d'un bon moment de cinéma et rien de plus.       

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29 novembre 2012

Accident nocturne - Patrick Modiano

Patrick Modiano

La petite Bijou

Après un Sollers, un Modiano surprend, et puis on se laisse aller à une douce paresse, pas de mots à consulter, pas de noms à rechercher, pas de pensées sur tout et rien, juste l'histoire floue d'un homme qui a toujours manqué d'oxygène, un homme qui a toujours marché avec une seule chaussure, un homme qui a fait de ses brèves rencontres des souvenirs empreints de mystère, un homme qui a oublié des pans entiers de sa vie qui lui reviennent, façon madeleine, sa madeleine à lui étant une bouffée d'éther; et il se souvient vaguement de son père qui l'a délaissé, de sa mère qui ressemble  à un cauchemar oublié, d'une amante dans un hôtel de passage  qui partira dans le brouillard londonien .... tout est vague, nébuleux chez cet homme, une rencontre douloureuse entre sa cheville et une fiat couleur vert d'eau deviennent pour un temps un évènement essentiel de sa vie, un point fixe où s'accrocher, quelque chose de rassurant; l'achat d'un livre Les Merveilles Célestes lui révèlent que dans l'infini, il n'est effectivement rien mais dans cet espace infiniment grand, il constate qu'il peut enfin respirer. Rien ne semble l'accrocher cet homme là, la résilience n'est pas pour lui. Il n'est cependant pas malheureux. Il sait qu'il est de passage. Il vit dans un monde parallèle. ' je me rends compte que le passé est définitivement révolu sans que je sache très bien dans quel présent je vis'. Les humains ne sont pas fiables pour lui, seuls les souvenirs flous l'amènent vers un futur indéfini où il ne peut se projeter. 

La Petite Bijou

Version féminine du héros d'Accident Nocturne, Thérèse, dont le problème est aussi de trouver un point fixe. Recherche d'une mère partie au Maroc, père inconnu, errances dans les rues, souvenirs vagues, éther, accident, chien, évènements traumatisants de la petite enfance, on retrouve les mêmes thèmes. Il semble pourtant qu'une issue heureuse soit possible, a t'elle trouvé son point fixe Thérèse ?

L'écriture est agréable, un peu fade pour moi. Il semblerait que Patrick Modiani n'en finisse pas avec ses fantômes, il a sans doute dû s'y attacher, y trouver son point fixe où s'accrocher. Ses fantômes lui servent de cannes. Il fait partie des auteurs qui se soignent en écrivant et qui peuvent donc provoquer un surdosage chez les lecteurs. A lire entre 2 Sollers !!!!   

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27 novembre 2012

Thérèse Desqueyroux

Thérèse Desqueyroux

Il faut bien le dire, Mauriac, c'est pas un rigolo ! c'est plutôt le drame lourd, pesant, qui domine dans ses romans. Bourgeois, nantis, besogneux, inhumains, ses héros sont tiraillés entre la Foi et le sexe, entre l'argent et le pouvoir, entre le qu'en-dira-t'on et le m'as-tu-vu-sur-mon-prie-Dieu, alors forcément, il faut que les sentiments exultent quand même, et cela donne des monstres froids qui commettent des actes noirs sans qu'il y ait forcément une cause directe. Thérèse tente de tuer son mari car elle ne supporte plus la vie dans laquelle il l'enferme, il y en aurait d'autres qui prendraient un amant, s'enfuiraient, se réfugieraient dans les bonnes oeuvres, l'amour des animaux, l'amour des enfants, la religion, elle, choisit tout simplement d'empoisonner son mari en falsifiant ses ordonnances de valériane prescrite pour des palpitations. Curieux pour une femme réputée intelligente et cultivée ! hein Mauriac ?

Le Thérèse Desqueyroux de Claude Miller restitue bien l'ambiance confinée des romans de Mauriac au milieu des forêts landaises, Audrey Tautou est une Thérèse convaincante, dont la froideur pourrait s'échauffer pour peu qu'elle trouve des gens qui pensent comme elle et c'est ce que choisit de lui donner Miller à la fin du film, elle s'envole Thérèse vers une liberté retrouvée. Son mari ici, Gilles Lellouche joue lui aussi avec beaucoup de finesse entre le cuistre soucieux de l'image de la Famille, et l'homme qu'il aurait pu être, et que définitivement, on le sait, il ne sera pas. Il y a de l'humain chez ces gens là !

Au total bon sujet d'étude littéraire ce film, pour les professeurs de lettres qui souhaitent amener leurs élèves à Mauriac, les plus concernés liront le livre, les autres se contenteront de voir le film, ce qui n'est pas si mal. 

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