05 février 2013

Django unchained

Film de Quentin Tarantino

django

C'est du grand Tarantino, avec de l'hémoglobine couleur tomate (pas la vraie, celle qui se fige en infâme croûte foncée), avec des trous pleins les peaux noires ou blanches qui éclatent fort joyeusement en splash carmin du plus bel effet, avec des cris de douleur aussi vrais que nature, de la violence certes mais de la violence orientée; les cris des noirs martyrisés justifient les cris des blancs tués à petits feux ... voilà, film jubilatoire où les méchants qui ne sont pas que blancs sont toujours punis, et sévèrement selon leur degré de cruauté. Les paysages sont magnifiques, les musiques du film sont soit style musique des westerns d'antan avec voix à la John William (dans le train sifflera 3 fois), remplacé ici par par Luis Bacalov, soit  des classiques comme Requiem Dies Irae de Verdi, ou Beethoven avec sa fameuse lettre, soit du Morricone, John Legend, Elisa Toffoli et même un mix improbable et convaincant de James Brown et de Tupac Shakim, bref une bande-son où tous les genres se mêlent pour notre bonheur. Il y a bien sûr beaucoup d'humour, de l'absurde souvent, la scène des cagoules ne manque pas d'attrait, au diable l'intellectualisation bien pensante de certains critiques, c'est du spectacle, et c'est du bon.     

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03 février 2013

Veuf - Jean Louis Fournier

Veuf

Dans la lignée de 'on va où papa', écriture drôle, concise, synthétique ... L'auteur aguérri au malheur sait le dompter, s'en tenir à distance, le traiter par l'humour thérapie, par l'ironie un peu caustique ... un malheur, un livre ... pas mal de malheurs donc pour un seul homme, mais un phénix, le bonhomme, un solide qui ne coule pas, une merveille de la résilience. Je reconnais que cela m'agace un peu et je ne sais pas trop pourquoi, ce qui est encore plus agaçant !

Bon, il est quand même le créateur de la Noiraude, et c'était un proche de Pierre Desproges. Il m'agace un peu moins.

Je devrais écrire un livre sur mon fils hummm, c'est peut être là où cela coince chez moi, les malheurs de Jean Louis Fournier (enfants handicapés, perte de sa femme aimée)... écrire ses malheurs suscite une compassion que j'envie ... une sympathie spontanée d'un public qui adore les malheurs à condition qu'ils soient médiatisés par un livre, une télé réalité ..

Merci, madame Freud d'avoir ainsi mis en lumière une certaine mesquinerie chez moi ! Normal que cela m'agace !

Étonnant, non ? 

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01 février 2013

Amitiés Sincères

Amitiés Sincères

Film de Stephan Archinard et de François Prévôt-Leygonie. C'est l'histoire d'un zèbre qui meurt à 15 ans, le coeur éclaté en 2, parait-il. Avec dans le rôle du zèbre, un zèbre, dans celui du maître du zèbre Gérard Lanvin, dans le rôle de ses 2 amis Jean Luc Anglade et Wladimir Yordanoff, dans le rôle de la fille du maître du zèbre Ana Girardot, et dans celui de l'ex épouse Zabou Breitman. Il y a aussi un chien dans son propre rôle. C'est aussi l'histoire d'un homme au caractère entier qui a établi une dictature de la vérité à tout prix, la sienne bien sûr, étriquée et intolérante ce qui oblige son entourage familial et amical à lui mentir. C'est une comédie agréable avec de bons acteurs à voir un jour de pluie non-stop, et c'est bon à prendre.

Une mention spéciale pour les peignoirs-zèbre qui siéent à merveille à Anglade et Yordanoff. Lanvin ne s'y est pas risqué, dommage ! 

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29 janvier 2013

Château de Monistrol d'Allier

Monistrol 43

 Après les Dames de bois, une autre lubie à suivre se profile, elle concerne les châteaux autour de Saint Privat d'Allier d'abord ...Lubie à approfondir sur place, mais amorcée superficiellement à ce jour. Si un lecteur a plus de connaissance sur le sujet et souhaite m'en faire part, bienvenue !  Avant le X siècle, les châteaux étaient, selon quelques historiens, des forteresses publiques en bois non habitées mais constituant un point de concentration de troupes surveillant les envahisseurs possibles et manants du coin. 

 Monistrol d'Allier doit son nom à un petit prieuré "Monasteriolum" dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu depuis 1145.

Un château est attesté à Monistrol en 1277 et en 1377 dans les mains des Seigneurs de Peyre, notamment un Astorg de Peyre qui se plaint en 1286 que le bailli de Mercoeur en fonction pour Saugues a indûmment planté près du château de Monistrol des fourches patibulaires(gibet) aux armes de son maître. Source (Eveil de la Haute Loire14/1/94 Serge COLLIN°

Rien ne subsiste de ce site.

En 1537 mention est faite d'un prieur Saint Martin de Monistrol d'Allier.

Le 13 Septembre 1791, la mise en vente d'une propriété dépendant des bénédictines de la Chaise Dieu est affichée à Monistrol d'Allier, bien confisqué qui consiste en une vieille masure dite chapelle Saint Martin. Elle aurait été située dans le vieux bourg après le pont Eiffel, amorce d'un virage de 900 m qui fera suivre jusqu'au pont de Pouzas le cours de l'Ance. Sur un promontoire une petite villa, c'est là que se situait cette chapelle. Le lot fut attribué à 2 laboureurs Michel et Bourrel.

Sources :

L'Almanach 97, article Serge Colin Mai 1996

Le château de Monistrol  mythes et réalités  par André Séguron & Alain Thomas conférence en 2009 :  suivre cette piste, retourner en mairie.

 

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28 janvier 2013

Zero Dark thirty

Zero Dark Thirty

Film de Kathryn Bigelow  qui narre la Traque de Ben Laden qui dura 10 ans effectuée entre autres par un agent de la CIA, une belle rousse qui se prénomme Maya jouée par Jessica Chastain. Film qu'encense la critique qui veut y voir une dénonciation de la torture. On parle aussi de réalisme du film ... je ne suis pas sûre que la torture soit aussi aseptisée que le film nous la montre, je ne suis pas sûre que les bombes soient aussi douces que celles que l'on nous montre, il n'y a rien de réaliste dans ce film, hormis, je le reconnais quand même l'assaut de la maison fortifiée de Ben Laden, sans doute le scénario s'accorde t'il  aux faits historiques relatés par les américains, sans doute la grande machine cinématographique du cinéma hollywoodien est au meilleur de sa forme, sobre mais efficace dans ses effets spéciaux, mais au final, ce film ne raconte rien en tout cas pas plus qu'un documentaire qui aurait eu lui le mérite d'être plus explicatif, plus pédagogique, plus complet. Là on assiste à un film froid qui ne passionne pas vraiment, qui se pose les mêmes questions que nous, sans nous éclairer davantage; on peut même se demander si ce parti-pris de neutralité  ne sert pas à amnistier les écarts américains connus lors de la guerre anti terroriste notamment en Afghanistan. Le film commence très fort par la bande-son des victimes des tours et se termine par une autre image forte, la barbe de Ben Laden qui dépasse de sa housse. Entre les 2, une héroïne pas wonder woman pour 2 sous, mais âpre, dure, déterminée à tuer Ben Laden.

Je fais amende honorable, oui, cela m'arrive de plus en plus souvent, je trouve, ce film a  quand même un intérêt, il fait débat, ce qui n'est pas si mal.

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26 janvier 2013

Rue Mandar

rue Mandar

Film d'Idit Cebula, actrice, scénariste et réalisatrice, curieux d'ailleurs comme cette jolie femme vouée aux seconds rôles reste pourtant encore une inconnue pour la majeure partie du public, film donc d'Idit Cebula, avec dans le rôle du fils Richard Berry, qui gagne à vieillir, plus séduisant que jamais en cheveux grisonnants, dans le rôle de la fille aînée Emmanuelle Devos une fille au charme fou, et dans celui de la benjamine la délicieuse et enfantine Sandrine Kiberlain, les seconds rôles sont pas mal non plus, une Micheline Presle à la bouche un peu trop botoxée mais savoureuse en vieille dame gentille-un-peu-con (ne faites plus rien à votre bouche, Madame, vous êtes très belle sans cela), un Jackie Berroyer parfait en vieux beauf libidineux, un Lionel Abelanski (acteur que l'on connaît bien sûr, tout en oubliant toujours son nom !) personnage falot dans l'histoire mais coureur à pied fort élégant, dansant même, un Mehdi Nebbou que je ne connaissais pas mais parfait en amoureux rassurant et enfin une petite dernière Emmanuelle Bercot que l'on aimerait voir plus souvent.   

C'est l'histoire d'une famille de 3 enfants, différents, opposés, qui s'engeulent comme savent le faire les familles juives, ou italiennes, ou comme la mienne et beaucoup d'autres, mais qui s'aime quand même, et qui décide à la mort de la mère de ne plus se lâcher. Comédie fort sympathique. 

Las, y en a déjà 2 de partis chez moi, les 2 autres qui restent et moi, on ne se lâche pas, hein ?

C'est décidé, on ne se lâche plus.

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22 janvier 2013

Alceste à Bicyclette

Alceste à Bicyclette

Film de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Lambert Wilson, et Maya Sansa.

Il s'agit d'un rapport de pouvoir entre 2 hommes, l'un joué par Luchini, Serge comédien de qualité, grincheux qui a choisi de se retirer à l'Ile de Ré désenchanté par les êtres, l'autre joué par Wilson, Gauthier acteur de feuilleton TV, starisé, narcissique et un tantinet ridicule. Gauthier qui veut monter le Misanthrope  propose à Serge de jouer le rôle d'Alceste en alternance avec celui de Philinte. Gauthier souhaite effacer par sa prestation le Misanthrope de Serge. Célimène est présente aussi, la voix roucoulante et charmeuse, Francesca (Maya Sansa) en plein divorce douloureux teste son charme auprès de Serge, mais son corps balance à Gauthier présent au bon moment, Gauthier veut tous les pouvoirs et gagne. Serge à nouveau trahi décide, soit de jouer seul Alceste, soit de se retirer, Gauthier refuse, Serge quitte la scène. Quelques mois plus tard, jour de la première : en une effroyable minute, Gauthier bute sur 'indicible' et perd. Serge sur son île, est Alceste gagnant face à la mer, seul, indiciblement et peut être effroyablement heureux.

Entre le texte de Molière mis en valeur par les 2 comédiens truculents et les dialogues savoureux, il y a mille petits détails qui enchantent, le pardessus et la coiffure de Gauthier, le charme de l'ile de Ré grise et déserte, le visage las de Serge dans la glace, la grâce d'une ingénue qui joue du porno candidement, les mimiques impayables d'une fan de Gauthier etc .. Film exquis à déguster sans modération.    

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20 janvier 2013

Les 1000 et une nuits

1001nuits

Shéhérazade, Ali Baba, Aladin et sa lampe merveilleuse, Sinbad le marin évoquent une petite partie des lectures de mon enfance, il était temps de les rencontrer. L'institut du monde arabe m'en a fourni l'occasion;  l'âge permet ce retour prodigieux aux sources de l'enfance qui nous ont construits tels que nous sommes devenus, et je ne rate jamais une occasion de relier le passé et le présent. Alors j'ai retrouvé mes yeux d'enfant pour regarder, écouter, rêver ... Des Mille et une Nuits Les mille et une nuits

originels, on ne sait rien, si ce n'est qu'ils étaient destinés aux rois; datent-ils d'avant Jésus Christ, rien n'est moins sûr, en 879, on trouve une première trace écrite des Nuits, auteurs inconnus, récits racontés, adaptés, remaniés, copiés, sont ils une traduction d'un ouvrage perse intitulé Mille Contes ou Mille récits extraordinaires, dont il ne reste rien, ou bien sont ils des écrits venus d'ailleurs pour une population ciblée, celle de sang royal, traduits par des savants, repris par des copistes, qui ont chacun re-travaillé le texte, apportant des personnages nouveaux, faisant des Mille et une Nuits un livre en perpétuelle évolution ?

Jacques Emile Blanche 1911

Shéhérazade est l'héroïne incontestable qui vient de l'origine, c'est évidemment celle qui m'a le plus marquée ! faut dire qu'une femme qui raconte des histoires pour ne pas mourir c'est pas banal, à cette époque, on leur demandait surtout de se taire, c'est plutôt réjouissant, caustique même ... nous sommes toutes des Shérérazades  qui racontons des histoires, souvent pour nous même d'ailleurs, n'a pas de Shâhriyâr qui veut, n'a pas de roi qui adore vous écouter qui veut ...Shahrâzâd ou Shéhérazade est la première auteure au final qui doit raconter au péril de sa vie, pas étonnant que les femmes se soient tues si longtemps, pas étonnant que les femmes soient contraintes à se taire encore si souvent ...

1000 et une Nuits

Shéhérazade est la première femme qui doit sa survie à son intelligence seule, à son érudition raffinée. Elle doit aussi cette promotion si je puis dire grâce à 2 autres femmes reines, adultères, tuées par leurs époux (qui étaient frères). Shâhriyâr, l'un des frères décide alors d'épouser chaque jour une vierge qu'il tuera après l'avoir déflorée; 3 ans plus tard, il n'y a plus de vierges vivantes, heureusement le vizir du roi a 2 filles dont l'une Shahrâzâd ou Shéhérazade a lu mille livres, elle propose à son père d'épouser le roi, elle apaise ses sens, tout en maintenant un suspens dans les contes qu'elle raconte, et ce durant mille et une nuits, le roi devenu amoureux décide d'arrêter sa vengeance et lui accorde, enfin, la vie sauve.Lucie Delarue-Mardrus 1906

   

Les manuscrits sont traduits en français pour la première fois en 1704-1717 par Antoine Galland, à partir d'un volume syrien du xv siècle contenant 35 contes, Galland modifie complète  épure. Succès et traduction en danois, allemand et anglais. En 1885-1888 un anglais Richard Burton fait une traduction plus complète, nouvelle traduction de Joseph-Charles Mardrus en 1899-1904 plus érotique, plus exotique, une photo de sa femme qui l'a sans doute inspiré.

 En 1986, traduction de René Kawam à partir de manuscrits originaux anciens. Les Mille et une nuits n'ont pas fini d'être traduits, corrigés, modifiés. Au début du 20ème siècle, l'orientalisme sévit dans tous les domaines artistiques, le cinéma s'en empare aussi, et fleurissent des Shéhérazades pour tous les goûts.Affiche de cinéma

Edmond Dulac 1907

 

Le voleur de Bagdad 1924

                                                 Les artistes illustrent les contes

 

Broche à cheveu René Lalique

L'exposition est hétéroclite et riche, manuscrits originaux, copies, films, musique, opéras, danses, objets orientaux, bijoux, costumes, points écoute de contes, gravures, tableaux ... un souk en somme, coloré, varié où l'on se perd avec délice.  

  

 Les génies exaucent les voeux, profitons en.Le songe de Cosrou 1875

détail Edmond Dulac illustration

 

 

 

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18 janvier 2013

Cinquantes nuances de grey

50 nuances de grey

Romance érotique écrite par une britannique Erika Léonard James, qualifiée par certains de porno de la ménagère, considérée par d'autres comme un livre initiateur à la sexualité pour jeunes filles; l'auteure a commencé par écrire cette série sur internet et y a trouvé une notoriété certaine. Le sujet oscille entre une histoire d'amour pour l'héroïne Anastasia et une nième histoire de sexe pour Grey, le héros, incapable d'éprouver de l'amour, mais sachant le faire avec talent, puisque le plaisir provoqué chez sa partenaire est intense et se renouvelle sans fin (ce qui explique peut être le succès d'un livre qui prend comme sujet le plaisir féminin) et même si  le rapport pervers de dominant/soumise est bien réel, il pimente un peu l'histoire d'amour qui serait à la longue carrément ennuyeuse. Et pour que la morale soit sauve, l'héroïne-soumise revient à la raison à la fin du livre, ouf ou dommage c'est selon !  L'écriture relève du langage parlé sans aucun effet littéraire, mais ce n'est vraiment pas le but du livre. Pour que ce livre s'assimile à une notice d'informations en pratiques sexuelles, il manque beaucoup d'explications et de précisions. Mais 2 autres tomes suivent ...

Au final, je crois que E L James s'est bien amusée à écrire ce bouquin, elle a libéré une partie de ses phantasmes, elle a libéré aussi d'une certaine façon la parole sur ce sujet si mystérieux qu'est le plaisir féminin, c'est au fond pas si mal.    

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14 janvier 2013

14 Janvier 2011

Un chapeau noir coiffe ma tête, le long voile noir s'enroule autour de mon corps de fillette rêveuse, un renard à petite tête pointue, douce fourrure autour de mon cou, les escarpins de ma mère, ceux des joyeuses cérémonies, je me scrute dans la glace de cette petite coiffeuse en merisier, des merisiers de mon grand père, coiffeuse offerte pour les 20 ans de ma mère.

Ce même chapeau noir sur la tête de ma mère en pleurs.- Embrasse ton grand père pour la dernière fois. -J'veux pas, non .. oh le froid de sa peau, le visage figé ...

C'est drôle, je ne sais pas si j'ai aimé ce grand père, je ne me souviens que de la froideur de sa peau, que de sa glaciale dépouille.

Longtemps, je me suis tenue à l'écart des morts que j'aimais.

A ce jour, mes morts et moi, on se supporte bien.

Déjà, deux ans, ma belle que tu veilles sur moi, bienveillante. 

Et aujourd'hui, plus particulièrement encore. 

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