20 janvier 2013

Les 1000 et une nuits

1001nuits

Shéhérazade, Ali Baba, Aladin et sa lampe merveilleuse, Sinbad le marin évoquent une petite partie des lectures de mon enfance, il était temps de les rencontrer. L'institut du monde arabe m'en a fourni l'occasion;  l'âge permet ce retour prodigieux aux sources de l'enfance qui nous ont construits tels que nous sommes devenus, et je ne rate jamais une occasion de relier le passé et le présent. Alors j'ai retrouvé mes yeux d'enfant pour regarder, écouter, rêver ... Des Mille et une Nuits Les mille et une nuits

originels, on ne sait rien, si ce n'est qu'ils étaient destinés aux rois; datent-ils d'avant Jésus Christ, rien n'est moins sûr, en 879, on trouve une première trace écrite des Nuits, auteurs inconnus, récits racontés, adaptés, remaniés, copiés, sont ils une traduction d'un ouvrage perse intitulé Mille Contes ou Mille récits extraordinaires, dont il ne reste rien, ou bien sont ils des écrits venus d'ailleurs pour une population ciblée, celle de sang royal, traduits par des savants, repris par des copistes, qui ont chacun re-travaillé le texte, apportant des personnages nouveaux, faisant des Mille et une Nuits un livre en perpétuelle évolution ?

Jacques Emile Blanche 1911

Shéhérazade est l'héroïne incontestable qui vient de l'origine, c'est évidemment celle qui m'a le plus marquée ! faut dire qu'une femme qui raconte des histoires pour ne pas mourir c'est pas banal, à cette époque, on leur demandait surtout de se taire, c'est plutôt réjouissant, caustique même ... nous sommes toutes des Shérérazades  qui racontons des histoires, souvent pour nous même d'ailleurs, n'a pas de Shâhriyâr qui veut, n'a pas de roi qui adore vous écouter qui veut ...Shahrâzâd ou Shéhérazade est la première auteure au final qui doit raconter au péril de sa vie, pas étonnant que les femmes se soient tues si longtemps, pas étonnant que les femmes soient contraintes à se taire encore si souvent ...

1000 et une Nuits

Shéhérazade est la première femme qui doit sa survie à son intelligence seule, à son érudition raffinée. Elle doit aussi cette promotion si je puis dire grâce à 2 autres femmes reines, adultères, tuées par leurs époux (qui étaient frères). Shâhriyâr, l'un des frères décide alors d'épouser chaque jour une vierge qu'il tuera après l'avoir déflorée; 3 ans plus tard, il n'y a plus de vierges vivantes, heureusement le vizir du roi a 2 filles dont l'une Shahrâzâd ou Shéhérazade a lu mille livres, elle propose à son père d'épouser le roi, elle apaise ses sens, tout en maintenant un suspens dans les contes qu'elle raconte, et ce durant mille et une nuits, le roi devenu amoureux décide d'arrêter sa vengeance et lui accorde, enfin, la vie sauve.Lucie Delarue-Mardrus 1906

   

Les manuscrits sont traduits en français pour la première fois en 1704-1717 par Antoine Galland, à partir d'un volume syrien du xv siècle contenant 35 contes, Galland modifie complète  épure. Succès et traduction en danois, allemand et anglais. En 1885-1888 un anglais Richard Burton fait une traduction plus complète, nouvelle traduction de Joseph-Charles Mardrus en 1899-1904 plus érotique, plus exotique, une photo de sa femme qui l'a sans doute inspiré.

 En 1986, traduction de René Kawam à partir de manuscrits originaux anciens. Les Mille et une nuits n'ont pas fini d'être traduits, corrigés, modifiés. Au début du 20ème siècle, l'orientalisme sévit dans tous les domaines artistiques, le cinéma s'en empare aussi, et fleurissent des Shéhérazades pour tous les goûts.Affiche de cinéma

Edmond Dulac 1907

 

Le voleur de Bagdad 1924

                                                 Les artistes illustrent les contes

 

Broche à cheveu René Lalique

L'exposition est hétéroclite et riche, manuscrits originaux, copies, films, musique, opéras, danses, objets orientaux, bijoux, costumes, points écoute de contes, gravures, tableaux ... un souk en somme, coloré, varié où l'on se perd avec délice.  

  

 Les génies exaucent les voeux, profitons en.Le songe de Cosrou 1875

détail Edmond Dulac illustration

 

 

 

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18 janvier 2013

Cinquantes nuances de grey

50 nuances de grey

Romance érotique écrite par une britannique Erika Léonard James, qualifiée par certains de porno de la ménagère, considérée par d'autres comme un livre initiateur à la sexualité pour jeunes filles; l'auteure a commencé par écrire cette série sur internet et y a trouvé une notoriété certaine. Le sujet oscille entre une histoire d'amour pour l'héroïne Anastasia et une nième histoire de sexe pour Grey, le héros, incapable d'éprouver de l'amour, mais sachant le faire avec talent, puisque le plaisir provoqué chez sa partenaire est intense et se renouvelle sans fin (ce qui explique peut être le succès d'un livre qui prend comme sujet le plaisir féminin) et même si  le rapport pervers de dominant/soumise est bien réel, il pimente un peu l'histoire d'amour qui serait à la longue carrément ennuyeuse. Et pour que la morale soit sauve, l'héroïne-soumise revient à la raison à la fin du livre, ouf ou dommage c'est selon !  L'écriture relève du langage parlé sans aucun effet littéraire, mais ce n'est vraiment pas le but du livre. Pour que ce livre s'assimile à une notice d'informations en pratiques sexuelles, il manque beaucoup d'explications et de précisions. Mais 2 autres tomes suivent ...

Au final, je crois que E L James s'est bien amusée à écrire ce bouquin, elle a libéré une partie de ses phantasmes, elle a libéré aussi d'une certaine façon la parole sur ce sujet si mystérieux qu'est le plaisir féminin, c'est au fond pas si mal.    

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14 janvier 2013

14 Janvier 2011

Un chapeau noir coiffe ma tête, le long voile noir s'enroule autour de mon corps de fillette rêveuse, un renard à petite tête pointue, douce fourrure autour de mon cou, les escarpins de ma mère, ceux des joyeuses cérémonies, je me scrute dans la glace de cette petite coiffeuse en merisier, des merisiers de mon grand père, coiffeuse offerte pour les 20 ans de ma mère.

Ce même chapeau noir sur la tête de ma mère en pleurs.- Embrasse ton grand père pour la dernière fois. -J'veux pas, non .. oh le froid de sa peau, le visage figé ...

C'est drôle, je ne sais pas si j'ai aimé ce grand père, je ne me souviens que de la froideur de sa peau, que de sa glaciale dépouille.

Longtemps, je me suis tenue à l'écart des morts que j'aimais.

A ce jour, mes morts et moi, on se supporte bien.

Déjà, deux ans, ma belle que tu veilles sur moi, bienveillante. 

Et aujourd'hui, plus particulièrement encore. 

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09 janvier 2013

Renoir

Renoir

Film de Gilles Bourdos avec Michel Bouquet, Christa Théret, Vincent Rottiers, Romane Borhinger (dans une trop courte apparition) sur la fin de vie d'un Renoir souffreteux, mais toujours sensible à la carnation délicate des belles jeunes filles, sur le début de vie fortement amoché par les horreurs de la guerre de son fils Jean qui se distinguera dans l'art cinématographique, grâce à une jeune femme délicieusement jouée par Christa Théret.

C'est un film sensuel à déguster dans un bon fauteuil, par un après midi d'hiver, c'est un film où l'on se plonge dans un univers de femmes belles virevoltant autour d'un Renoir à l'oeil parfois encore vif, où la lumière dorée lumineuse a le reflet des tableaux si colorés de Renoir renoirisant, celui un peu kitsch si décrié par les critiques, un paysage foisonnant de fleurs odorantes, de jeunes femmes pulpeuses à la chair dorée se lovant nues sur des canapés, les voilages des fenêtres ouvertes flottant sous une brise légère ... pas d'histoire précise, du flou, des petits messages glanés ça et là, un Coco Renoir qui pense être mal aimé, un Jean qui veut trouver sa place face à un père envahissant, un modèle qui doit se faire épouser, pour ne pas finir prostituée ou bonne à tout faire ...

Petit instant de vie à la Renoir ,dernier bel été, embelli, idéalisé, empaqueté à la façon d'un cadeau. La souffrance du Renoir rhumatisant n'y change rien, pas plus que la vision des gueules cassées, elles ne sont là finalement que pour rendre crédible cette jolie page, et l'on veut bien y croire, nous, oui, on veut bien y croire.     

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07 janvier 2013

Edward Hopper 1882-1967

autoportrait Jo Hopper 1956

Moi, Josephine Nivinson Hopper dite Jo, j'ai tenu à jour les registres d'Edward Hopper depuis 1924, date de notre mariage,  jusqu'au dernier jour d'Eddie en 1967; il s'agissait au début de tenir un inventaire de ses oeuvres, et des ventes.

Croquis d'un régistre , commentaire de Jo

 Une fois ses tableaux peints, Hopper en réalisait une esquisse et les annotait d'informations techniques, moi, je les commentais,  les agrémentais d'anecdotes sur notre vie. Avec le recul, je crois que c'était la façon de Hopper de m'intégrer à sa vie de peintre, et c'était ma façon à moi de communiquer avec lui. Je fus peintre moi aussi, de talent moindre que celui d'Hopper qui me fit de l'ombre, qui ne s'intéressa pas à ma peinture, ce qui rendit parfois nos relations tendues, ce qui me rendit parfois hargneuse, mais au final, je fus une excellente compagne pour Eddie. Il prit plaisir à la tenue de ces registres, et moi cela me permit de vivre à travers lui, par lui, pour lui.  Bien sûr mon tempérament excessif le fit souffrir, bien sûr son tempérament d'introverti me fit souffrir, mais au bout du compte, Eddie a laissé une belle oeuvre à la postérité où moi, Jo, je fus épouse,

 Hopper détailSummertime 1943 Hopper détail

 muse, coach, secrétaire, modèle, anti modèle et divertissante, oui car je l'ai amusé longtemps Eddie, lui le taciturne, l'introverti... Le reste, mes réflexions acerbes, ses silences qui me tuaient, l'incommunicabilité qui en résultait, tout cela a disparu avec nous. Hopper a fait ce qu'il aimait le plus, peindre, moi je l'ai secondé du mieux que j'ai pu, j'ai continué à peindre aussi toujours. Notre mariage tardif ne laissa aucune place à une descendance, les registres furent nos enfants.

Lui, Edward Hopper est né en 1882 dans une famille dont le père commerçant assure une vie agréable, passionné de lecture, il transmettra ce goût de lire à son fils, quant à la mère, elle l'initiera  à l'art et au théâtre. Il dessine depuis toujours, il aime la solitude très tôt, c'est un contemplatif qui observe minutieusement les êtres, la nature ville, campagne, mer. Il est un géant perdu au milieu des autres, il construit son monde à lui. En 1900, à 18 ans, il entre à la New York School of Art où il restera 6 ans. Les cours d'illustration suivis l'année de ses 17 ans lui permettront de gagner sa vie en temps que dessinateur publicitaire de 1910 à 1924; 1924 année où le succès arrive enfin, il a 42 ans, il vient d'épouser Jo, âgée de 41 ans. Ce n'est pas le grand amour entre lui et Jo, mais heureuse association où lui peut se reposer pour tous les détails pratiques sur Jo, où elle trouve un autre sens à sa vie, assurer la promotion de son peintre de mari, tout en espérant pouvoir donner à sa peinture une notiorété qui lui manque; ce sera moins réussi de ce côté, mais qu'importe, Jo peindra, vendra ses toiles pour rien, arrivera à tenir une petite galerie un temps.

Couple Drinking Aquarelle, mine de plomb

Parisian détail

A Paris Hopper découvre ou redécouvre les peintres comme Courbet, Degas qu'il apprécie,  l'ensemble des impressionistes et ceux qui les suivent, mais sans grand intérêt de sa part. Lui, Hopper, c'est un indépendant, un qui suit seul sa route, ne tient compte d'aucun courant. A Paris, il croquera au propre, comme au figuré les parisiennes, les sites parisiens, Le Louvre, les ponts, les quais ... De retour à New York 

Cowboy- Hopper 1906-1914

il illustre pour s'alimenter ... il prend plaisir aux gravures qu'il exécute entre 1915 et 1928, 26 images.

Summer Twilight 1920 Hopper

Train and Bathers 1920 Hopper

En 1914,

Soir bleu 1914

Soir Bleu sera décisif pour Hopper, c'est à la fois un adieu à Paris et un prémice au monde d'Hopper tel qu'il le conçoit, lui clown blanc grimé, eux, faces inexpressives maquillées à outrance pour les femmes, Hopper aime ce côté féminin canaille qui le fait fantasmer, décor minimal, importance des Eléments, ici l'air dans un ciel-mer-air. Cette toile n'aura aucun succès, contrairement aux gravures qui se vendent bien. En 1921, il commence à dessiner des nus, y peint des femmes aux courbes voluptueuses, lui le timide s'extériorise par la peinture. Il aime opposer les rondeurs féminines aux angles des murs, il aime ouvrir les fenêtres ,Hopper, sur l'intimité des êtres  Il peint aussi Joséphine, souvent même si la caricature parfois n'est pas loin, pour la faire bisquer ? qui sait, Hopper a ses faiblesses lui aussi ! Il peint Hopper, le couple dans sa solitude, de toutes façons chez Hopper, tout est par nécessité, solitude,

Ground Swell 1939

Corn Hill Truro 1930 Hopper

il préfère les paysages naturels, la mer, les villas 'Maison près de la voie ferrée, dont Hitchcock s'inspirera pour la maison Bates de Psychose,

Maison près de la voie ferrée

il aime le cinéma, la scène, le théâtre, et ses tableaux sont des mini représentations, les visages  sont vides, à nous de combler ce manque voulu à notre gré, et les critiques ne s'en privent pas : que d'interprétations sur les tableaux de Hopper ! 1941, il peint Girlie Show

Hopper

 c'est Jo en effeuilleuse, c'est Jo rajeunie, grandie, plantureuse, c'est Jo fantasmée, c'est Jo et ce n'est pas elle. Hopper est un homme qui semble se suffire à lui même, son besoin des autres est utilitaire, mais pas que ...car rien n'est simple là non plus, il représente à nouveau Jo dans  11 ans plus tard dans Morning Sun, elle a 69 ans Jo, elle est encore belle, sans fard, naturelle comme elle

Morning sun Hopper 1952 détail

Josephine Hopper

aime l'être, un peu seule, un peu triste, mais bien présente, hommage d'Eddie à sa femme. Il aime le silence, la solitude, Hopper, le vide d'une pièce au soleil qui joue avec les ombres, une pièce vide à remplir de ce que vous voulez.

sun in an empty Room 1963 Hopper

 Hopper vieillit, il a des ennuis de santé, Jo l'aide fidèlement. Hopper prépare sa sortie, en 1966 Two Comedians

two comedians 1966 Hopper

 clôt le théâtre de sa vie inauguré par le tableau de 1914 Soir Bleu. Jo et lui même font leur ultime révérence, Edward Hopper en 1967, Joséphine Hopper en 1968. Elle aura eu le temps de léguer au Whitney museum à New York l'intégralité des oeuvres, documents, régistres, journaux

photo de L Dahl-Wolfe 1932

intimes.  

Une oeuvre qui ne figure pas dans l'exposition du Grand Palais et qui donne, je trouve, une autre vision de la peinture d'Hopper, un autre chemin à suivre ...   comme quoi, tout n'a pas été dit sur Hopper, rien n'a été dit. Le silence, parfois, c'est bien. Reclining Nude 1924-1927 Hopper

    

 

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05 janvier 2013

Eléphants à Paris

Institut du monde arabe

Nadim Karam détail

Moucharabieh sur un éléphant

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03 janvier 2013

L'homme qui rit

L'homme qui rit

Film de Jean Pierre Améris avec Marc André Grondin dans le rôle de l'homme qui rit, Christa Théret dans le rôle de l'ingénue aveugle, Gérard Depardieu dans le rôle du gentil bougon au coeur noble, Emmanuelle Seigner dans le rôle de la duchesse sensuelle mais pas aussi méchante qu'elle le voudrait, et puis il y a pléthores de pauvres sales, de riches poudrés cruels : la cour des miracles, les misérables, oui, Victor Hugo est bien présent, presque caricaturalement mis en scène, à nos yeux de nantis et hygiéniques humains du 21me siècle .. en fait ce devait être vraiment cela la pauvreté au XIX siècle, ce devait être vraiment cela la noblesse engoncée dans ses privilèges, avec sans doute la poésie et la beauté en moins, car la mise en scène choisit de privilégier, le rêve, l'irréalité des héros, l'absence d'émotions fortes. Chaque personnage est un archétype qui fait de ce film une fable universelle, intemporelle, parfaitement inutile quant à la morale conclusion, comme toutes les fables d'ailleurs, mais assez désenchantée finalement quand on pense qu'au bout du compte, toujours, la barbarie humaine finit par l'emporter. Notre monde actuel le prouve quotidiennement. Chaque scène est une petite scenette de théâtre, qui nous ramène à la grandiloquence souvent théâtrale, ampoulée de Victor Hugo, mais finement écrite bien sûr, superbement écrite. ouf, je m'en tire bien !!!

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30 décembre 2012

A ce soir - Laure Adler

Laure Adler

Laure Adler écrit un livre sur la fin de vie de son fils Rémi mort au cours de sa première année.

17 ans après, elle souhaite l'évoquer dans un livre qui se lit aisément, à la belle écriture sans sensibilité larmoyante. Des mots qui expriment la douleur profonde, celle qui égare, celle où les larmes sont dépassées, celle où l'on s'enferme comme un insecte sous une lampe ou sous un verre, qui cherche inutilement à sortir de cet emprisonnement de douleur, se heurtant, devenu fou, aux parois. 

Laure Adler redonne vie à ce fils, le concrétise sous forme de livre. Elle y soigne sa douleur, sa culpabilité d'avoir vécu après. On n'oublie jamais la mort d'un enfant, on s'habitue à la douleur.

La vie n'est plus la même après un tel déchirement. La mort rôde autour de vous toujours et 'a vite fait de vous murmurer à sa façon, en A ce soir qui résonne comme une menace'. extrait

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29 décembre 2012

Mes héros

Mes Héros

Film  d'Eric Besnard avec Josiane Balasko, Gérard Jugnot et Clovis Cornillac. Petit film gentillet, un peu planplan, un peu gnangnan, un peu concon où l'on prend un peu de plaisir avec les comédiens, on se moque de l'histoire, on sait d'avance sans rien connaître du film qu'elle sera sans surprise, agréable à regarder, mais oubliable illico presto .. le décor est style nain de jardin, un peu kitsch donc, un peu vieillot, les personnages bougons avec un coeur gros comme ça, les flics un peu cons mais au final humains; aller voir ce film c'est comme aller voir de vieux cousins qui vous offrent une boisson sirupeuse à souhait, c'est comme retrouver avec plaisir de vieux souvenirs rangés dans une malle poussiéreuse d'un improbable grenier, c'est comme parfois, souvent, rarement, votre vie ou la mienne en somme. Et à part ça ? rien d'autre mais un sirop fraise ou un charmant souvenir, c'est pas si mal ... parfois, souvent, rarement.  

C'est rare un film que l'on n'oublie pas, non ?

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26 décembre 2012

Main dans la main

Main dans la main

Beaucoup de mythique dans le troisième film de Valérie Donzelli, le lieu principal du film : l'opéra Garnier et sa chantilly de petits rats, la madeleine de Commercy où Jérémy Elkaïm  habite et travaille dans une miroiterie, la voix off du film qui rappelle la voix monocorde de Truffaut, les paysages pris en travelling version 70 filmée en super 8, et le corps nu sublime de Valérie Lemercier qui se drape dans un long rideau et défile ainsi dans les rues à la manière de la non moins sublime Charlize Théron qui s'adore en Dior. L'histoire est celle d'un amour, pas franchement coup de foudre, plutôt coup du sort insupportable au début pour Joachim et Valérie soumis malgré eux à une synchronisation de leurs gestes ... Leurs différences multiples finiront pas trouver un accord; J'ai adhéré à ce joli film, qui a des longueurs pour rêver un peu, des réparties pertinentes et amusantes sur le couple, l'amour, la solitude.  Valérie Donzelli est la soeur de Jérémy Elkaim. A noter Béatrice de Staël savoureuse.

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