11 septembre 2012

Dame de Marsat

-Marie, ta ceinture choit.

-Et alors rétorque Marie, là où je vais, je n'en ai nul besoin.

Mystère de la mort de Marie, de son corps, point de traces juste quelques accessoires qui lui sont attribués, devenus précieuses reliques pour un peuple quiNotre-Dame de Marsat  a toujours besoin d'idoles. Une pantoufle qui se trouve au Trésor du Puy, un peu de lait et des vestiges de sa ceinture que plusieurs sanctuaires se partagent.

 Martial, en 250, évangélisateur de la Gaule aurait fondé un sanctuaire en l'honneur de Marie qui aurait abrité la dite ceinture à Marsat, près de Riom. Au VII ème siècle, Priest évêque de Clermont et le comte d'Auvergne fondent un monastère de femmes pour veiller sur la relique , on peut penser qu'une vierge de bois abrita alors la dite relique. On ne sait trop où se trouve la première Dame, ce qui est sûr, c'est qu'elle perdura, sous une forme ou une autre, peu importe.Marsat 63

Et celle là qui siège dorée et noire n'est évidemment pas celle d'origine, ni même du XII ème, je suppose que celle là polychromée fut brûlée par les révolutionnaires, en fait je n'en sais rien, l'histoire est muette à ce sujet. Toujours est il que Dame de Marsat revêtit cet habit de lumière en 1830 peinte par un restaurateur qui choisit aussi de la rendre noire. C'est beau une vierge noire et par dessus le marché dorée !! très décalé non ? il y eut un effet de mode, et d'autres Dames se couvrirent elles aussi de noir et d'or. 

Son visage est d'une beauté assez pure, mais dénuée de toute expression je trouve mis à part une indifférence totale au monde qui l'entoure.  

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08 septembre 2012

Moïse Kisling

Kisling Le modèle nu non daté

Petite rencontre fortuite qui assure la continuité avec Kiki de Montparnasse, Moïse Kisling 1891-1953 au MARQ de Clermont-Ferrand ( partie du legs des Combe, marchands et amateurs d'art au musée). 

Je ne le connaissais pas Kisling avant de savoir que Kiki était l'un de ses modèles. Né en Pologne, il s'installa à Paris en 1910 où il rencontra Braque, Picasso, Soutine, Modigliani, Max Jacob, Julian Gris, Cocteau ... En 1914Sous les palmiers 1917

Portrait de jeune femme vers 1950

 il s'engage dans la Légion étrangère, blessé, il y gagnera  en 1924 d'être naturalisé français. Il se marie avec Renée Gros en 1917 qui lui donnera 2 fils. Lors de la seconde guerre mondiale, il s'exilera aux Etats Unis. Il aura une maison à Sanary, mais il se baladera entre Paris, le Sud et ailleurs !!! 

Il aimait peindre des nus de femmes, des bouquets de fleurs, des portraits, des natures mortes. Il est de facture classique Kisling, mais est arrivé quand même à se démarquer.  A revoir donc, comme une connaissance-plaisir lors de mes pérégrinations !   

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06 septembre 2012

Notre Dame du Port

Découvertes lors d'une restauration de leur église d'origine (Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand)  2 têtes emmurées dans un trou de boulin. Copie ou original ? Mystère !  Une vierge romane existait dans la crypte du Port depuis le XIIè siècle. L'église du Port a été édifiée sur une ancienne église du VIè siècle, lors de la première croisade (1095) prêchée par le pape Urbain II à CleNotre Dame du Portrmont.

Les têtes sont habituellement conservées dans le trésor de la cathédrale Notre Dame de l'Assomption. Trésor accessible au public quelques heures par semaine et bien sûr pas dans mon créneau. Mais chance de mon côté, une exposition temporaire sur l'art roman à l'office du Tourisme, l'a fait sortir pour l'été, bon, la lumière de la vitrine était en panne ... 

Mais Dame du Port en est ainsi  plus mystérieuse,  plus émouvante, plus riche encore de ses secrets.

Profil

Elle est très primitive,  je trouve ! en même temps fort expressive de profil : c'est quoi cette moue dubitative, Dame ? 

Oui, les photos sont ratées ! mais un autre jour, j'y retournerai, plusieurs Dames Romanes m'ont fait défaut, ce séjour là, églises fermées, possesseurs des clés en vacances ....   

'Revenez aux journées du Patrimoine', c'est ouvert, m'a t'on assuré ! on reviendra, donc, une année ou l'autre.

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04 septembre 2012

Là bas

Matin d'été

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01 septembre 2012

Dame d'Heume - L'église

Petit village perché à 940 m d'altitude, en Haute-Combraille, petite église  isolée, miraculeusement ouverte, Dame Romane s'ennuie dans sa cage de verre,

Vierge d'Heume

petit trésor roman de 74 cm de hauteur datant de la fin du XIIe siècle en bois polychrome, restauré vers 1965, elle est de la lignée des Vierges de Moussages, d'Entremont, ou de Chanaleilles : les plis du manteau sont dits en chaînette étagés sur le buste, les épaules, les bras. Ses joues sont un peu trop rouges, ses lèvres un peu Vierge détail Heumetrop

pincées, ses yeux vides, couverte des talons jusqu'à la tête d'une tunique rouge dite talaire sous un manteau bleu, Dame d'Heume présente une joliesse assez rare au final chez les Dames. 

Un sourire l'aurait rendue belle, mais elle n'est pas là pour ça; Dame Romane n'est pas femme mais mère de Dieu asexuée présentant l'Enfant adulte miniature. Enfant d'Heume

Il a presque la coiffure de Monsieur Spock ! 

 

 Dames Romanes, petites idoles vénérées par nos ancêtres, petites Dames de bois, que restent ils de nos anciens, à part vous ? 

Des prières adressées ..  qu'en reste t'il ?

 

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04 août 2012

Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse

Kiki Souvenirs retrouvés

C'est son dernier amour  André Laroque qui lui dactylographie ses souvenirs. C'est le second livre de Kiki, le premier alors qu'elle a 28 ans est interdit par la censure américaine qui le saisit. Neuf ans plus tard, elle en écrit un second qui ne sera pas édité, la guerre l'en empêchant. Il dormira dans des cartons plus d'un demi-siècle et ne sera édité qu'en 2005 par José Corti.

C'était une reine, Kiki, une de Montparnasse. Une de la trempe de Misia, mais version populaire, sans le pouvoir que donne l'argent. Née en 1901 en Bourgogne, non reconnue par son père, elle connut une enfance miséreuse, eut une éducation restreinte, et travailla à l'âge de 13 ans. Pour échapper aux petits métiers difficiles, Alice Prin, dite Kiki,  posa des nus pour des peintres qui en échange la nourrissaient. Un soir d'hiver elle rencontra Soutine qui l'herberga pour la nuit, elle fréquenta La Rotonde, y cotoya Utrillo, Modigliani, Kisling, elle s'amusait déjà à esquisser quelques dessins, qu'elle échangeait contre 10 sous.

 Elle posa pour Kisling (1891-1953), pour Foujita, Man Ray, elle eut beaucoup d'amants, c' était une amoureuse,  Alice, l'argent n'était pas son moteur, elle fréquenta les surréalistes Desnos, Aragon, Prévert et d'ManRayautres avec lesKiki souritquels elle se mit en froid, elle, la gouailleuse n'ayant pas la langue dans sa poche, et venue du ruisseau. Elle chanta dans des cabarets, l'Océanie, le Boeuf sur le toit où passèrent au piano Wiener, Doucet, Aiwaz, où se produisirent les chanteuses Marianne Oswald, Yvonne Gorges, Frehel et Kiki.

 Elle exposa ses  petites peinturesAlice Prin dite KIKI 1926

chez Bernheim, chanta au concert Mayol, enterra son amant, sa mère. A 33 ans et 80 kgs, elle posait encore pour Per Krogh ( peintre norvégien 1889 1965) , et puis elle s'adonna un temps  aux stupéfiants, enfin, elle ouvrit son propre cabaret. Elle mourut en 1953.   

Bien sûr, elle n'a pas  la fibre écrivain, Alice,  les mots ne la font pas vibrer, l'écriture est sobre, simple,  mais peu importe, ces mots là écrits par elle, perdus, retrouvés et enfin édités sont sans doute ce qu'elle désirait laisser à la postérité, une version minimale  de sa vie tumultueuse, folle et libertine,  pour couper court à tout commérage superflu.  Rien de très intime, rien de très croustillant,  Alice dite Kiki de Montparnasse est morte avec ses secrets,  elle demeure à jamais l'une des muses préférées de  Man Ray. Le Violon d'Ingres, c'est elle.  Pas mal comme souvenir Alice, pas mal !  

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02 août 2012

José Maria Sert

Nonobstant  (j'aime ces expressions superfétatoires)Misia lors de sa rencontre avec Sert

 Misia (1872-1950), je ne serais pas allée à la rencontre du peintre décorateur José Maria Sert (peintre catalan 1874-1945) dont elle fut successivement, l'amante, l'épouse puis à nouveau présente dans les dernières années de sa vie. Mais j'y ai vu un lien, forcément, qu'il me paraissait, comme d'habitude, urgent de nouer, d'autant plus que cette exposition, au Petit Palais se termine le 5 Août. Je ne suis pas trop attirée par ces grandes peintures commanditées par des particuliers. Inutile de chercher Misia, elle ne se cache pas sous un des nombreux personnages :  Misia ne servit jamais de modèle pour Sert;  il utilisa la photographie, des modèles humains au début

Silène et Bacchus charbon sur papier 1910

Etude photographique pour Silène et Bacchus 1910

puis des santons ( il en acheta plusieurs centaines à une crèche napolitaine), pour finir par utiliser des petits mannequins en bois articulés, qu'il mettait en scène les prenant en photos. Il raffolait des pyramides humaines, Sert, et les étudiait sur des mannequins avant de les peindre sur du bois.

Etude photo pour Le Temps 1940

 

 

 

Le Temps détail 1940

 

 

 

 

 

 

Les visages chez Sert sont rarement beaux enfin pas genre grec,Europe ou l'automne détail 1917-1919 genre simiesque plutôt, plus proche de la caricature. Seuls les corps comptent pour Sert, dans toutes les positions : joufflus les chérubins,  musclés les mâles, souples, en force. Le mouvement, c'est ce qui l'intéressait, avec le mélange des genres artistiques, pris ça et là, au gré de ses rencontres, de ses voyages, de ses lubies, de ses clients.  C'était un bon dessinateur, Jose Maria Sert, il aurait pu émergé sans doute comme peintre, enfin peut être, mais a préféré se spécialiser dans la décoration où il eut beaucoup de succès ...  Il a rencontré en 1933 Diego Rivera,

Jose Maria Sert et Diego Rivera 1933

l'époux de Frida, une autre Femme particulière qui m'attire, mais c'est une autre histoire à explorer plus tard ! La grande oeuvre de sa vie à Sert, ce fut la décoration d'une église, celle de Vic, qui va l'occuper énormément, mais il ne reste rien de cette oeuvre : en 1936, l'église est brûlée, quelques membres du clergé exécutés, une raison évoquée possiblement pour expliquer l'adhésion, très contreversée, on s'en doute, de Sert à Franco.

Il était riche, Sert, richesse familiale,  il aimait la grande vie, la belle vie, cultivé et collectionneur, il emmena Misia dans les plus grands musées, et puis Misia devenue un peu vieillie et pas très commode,  il lui préféra une jeune Roussy ( Isabelle Roussadana Mdivani  1906-1938 fille d'un prince géorgien) qui lui offrit d'autres ouvertures par ses relations, un temps, le couple resta à 3, et puis lassé des commérages, ou lassé de Misia, subséquemment il demande l'annulation de son mariage religieux avec Misia pour cause de stérilité et épousa Roussy . Après le décès prématuré de Roussy 10 ans plus tard, il reprit une relation  avec Misia, devenue un peu fauchée, encore plus vieille et un peu esseulée; de lui, elle héritera  son appartement, rue de Rivoli.

Roussy Sert 1929 Mais si, j'ai aimé, un peu, j'aime découvrir de toutes façons,  j'aime cette rencontre avec un(e) inconnu(e),  j'aime cet instant magique de révélation d'une oeuvre,  après j'adhère ou pas, mais étant de nature bienheureuse, bienveillante ou carrément conne,( c'est une question d'appréciation)  je critique modérément en songeant que pour critiquer, il faut avoir un peu de talent dans l'art en question, ce que je n'ai pas, sinon, ce n'est que de la diffamation, de la jalousie, du blabla.

Ouaiiiis, dans tous les cas, c'est du blabla, c'est vrai !

Amérique ou l'hiver 1917-1978 huile sur bois

Donc Sert en temps que peintre décorateur, à première vue, j'adhère pas trop. C'est un décorateur d'un temps révolu, d'un milieu artistique d'une époque. Un petit instant charmeur d'histoire de l'Art, ce qui somme toute est déjà bien et ce qui n'enlève rien à la séduction fascinante de l'homme, un peu comme Misia en somme.

Le lien est noué ! 

Mais sans doute cette visite rapide et première gagnerait à être renouvelée, ailleurs, plus tard, sous d'autres cieux et dans une autre ambiance .... Il me faut du temps parfois pour apprécier.

Note pour ide :

Penser à aller voir à Barcelone l'hôtel de ville et le palais de justice, la banque d'Espagne décorés par Sert, ainsi que le MNAC qui a prêté d'ailleurs ses oeuvres au Petit Palais. 

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31 juillet 2012

Pierre Favier

Peintre vellave figurant dans mon salon et faisant partie de l'histoire familiale ... Ce tableau est ce qui me reste du mas d'Oura. 

Est ce un original , yo, no lo sé ! on dirait, en tout cas.

Un site sur Pierre Favier, sur lequel je suis tombée par hasard, ce que je nomme une rencontre fortuite.

http://voreysien.free.fr/Historique/pierre-favier/p-favier.htm

Pierre Favier un jour, on se rencontrera donc, monsieur Favier.

Et on en saura peut être plus sur votre paysan, peint en 1933.

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28 juillet 2012

Joana Vasconcelos à Versailles

Née en 1971 à Paris, élevée à Lisbonne, de culture franco portugaise. Joana Vasconcelos a fait ses études au Centre d'art et de communication visuelle de Lisbonne.

De son origine, Joana a gardé le folklore un peu kitsch des petites pièces tricotées, en crochet, en dentelle, en laine .

De son imagination débordante, elle crée des oeuvres décalées, gigantesques, où l'humour transcende le quotidien, où le quotidien se magnifie. Dans son atelier de Lisbonne, 28 personnes ont travaillé pour l'exposition de Versailles, et son équipe compte 8 brodeuses. Joana Vasoncelos glane ses tissus lors de ses voyages.

Marilyn détail 4

Versailles 3

Détail Maryline 2011

Des casseroles en inox transformées par la fée Vasoncelos en escarpins

 

 

 

 

 

Un bijou porté en pendentif par les femmes du nord du Portugal le jour de leur mariage où fourchettes, cuillères, couteaux  s'emmêlent

Détail flou Joana Vasconcelos 2006

Versailles 2

Gardes 2012 Versailles

La dentelle délicate féminise un max le lion de marbre et le muselle. 

  

 

 

 

 

 

Versailles 5

Versailles 6

Au déjeuner, repas de rois, heu ... de dauphins plutôt : langoustes   

  Et puis les Valkyries, de patchwork,  populaire de laine, feutre, maille, tissu industriel pour le peuple

Succession de Valkyries Galerie des Batailles

Versailles 8

Versailles 10

valkyrie trousseau détail 2

valkyrie trousseau détail 1

valkyrie trousseau détail 3

 

 

 

 

 

 

 

 

et patchwork royal  de taffetas, de soie, de mousseline, de perles, cousues d'or pour les reines emprisonnées dans les tentacules d'un protocole de cour .

Versailles 9détail Golden Valkyriedétail bis golden valkyriedétail 3 

Chambre de la Reine

 Ébène, acajou, laiton baigné à l'or avec postiches pour tête coupée. 

Joana Vasconcelos investit la chambre de la Reine, avec un humour

noir assez féroce : Marie Antoinette si futile entière, si utile martyrisée ...

  

     Joana Vasconcelos Parterre d'eau Versailles 

blue champagne détail

Versailles 12détail lilicoptèreChampagne pour une balade en lilicoptère ... Lilicoptère détail

Il y a une autre dimension dans l'oeuvre de Joana Vasconcelos, issue d'un art contemporain, populaire  et intellectualisé  à la fois : l'art gigantesque et décalé de cette artiste symbolise la réappropriation d'un haut lieu historique  par le peuple, très cosmopolite, dense, émerveillé ou blasé ( un peu dense à mon goût, à cette période, il est vrai) : une autre forme de révolution en douceur, en crochet et fil d'or ! 

Joana Vasconcelos, actuellement à Versailles jusqu'au 30 septembre 2012. 

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26 juillet 2012

Misia

Misia 1897

Misia détail Bonnard

A défaut d'amour maternel (mère morte à sa naissance), Marie Sophie Olga Zénaïde Godebska  dite Misia 1872-1950 ne manqua pas d'amour, sa vie durant. Issue d'un milieu artistique nanti, père sculpteur, grand père maternel violoncelliste réputé, oncles maternels compositeur chef d'orchestre pour l'un, violoncelliste pour l'autre, oncle par alliance ténor. Misia était, elle même, une pianiste talentueuse. Mais voilà, Misia préfèra se marier, ce qui était plutôt tendance à l'époque,  plutôt que de gagner elle même sa vie. 

Misia eut ce talent de se trouver à 3 reprises, des maris riches, critique d'art, patron de presse mécène et peintre. En prime pour le plaisir, elle sut se faire aimer par des amants, talentueux eux aussi. Misia n'eut de cesse de se faire aimer avec une certaine goinfrerie qui la desservit à la longue. Séductrice, pas une beauté renversante mais charmeuse de ... gens de talent ! Elle pose  un peu allumeuse, un peu boudeuse, un peu rêveuse.

Misia posant

 Beaucoup d'amoureux se lassèrent de n'être pas uniques ou de son aimable indifférence qui sait ! Les maris en épousèrent une autre. Et puis l'âge venant, sa beauté du diable s'estompa, son besoin d'être mis en lumière s'aggrava, et Misia acheva une vie orientée vers les arts, sans être artiste, follement occupée, mais au final n'ayant jamais trop donné de sa personne.  Du moins, c'est ce que l'on dit ! Je suppose que cette Misia avait un charme fou, qui devait un peu être jalousé, libre d'esprit, elle suivit sa route sans trop s'occuper des autres, généreuse elle le fut souvent, sans doute aussi pour se faire plaisir, mais la générosité n'est ce pas avant tout cela ?  

Premier mari Thadée Natanson, critique d'art fondateur de La Revue Blanche , époque peintresMisia assise ds une bergère 1901 détail

 

La nuque de Misia 1897-1899

Vuillard d'abord,  amoureux transi, qui la peint les années Natanson

Le corsage rayé détail 1895

Misia à sa coiffeuse 1898 détail

 

Félix Valloton probable amant de passage éconduit ou lassé ..

A table chez Mr et Mme Natanson 1895

 

 

 

Toulouse-Lautrec

qui la croquera en tenancière 

 

 

Bonnard détail Couverture Revue Blanche

Le petit déjeuner de Misia Natanson détail 1899

 

 

Misia au piano 1902

 

 

Bonnard  lui préfèrera le charme effacé de Marthe, mais sera sans doute un ami Bizarrement, elle  se ressemble peu sur  2 de ces toiles, pourquoi ? muse sans visage peut être, muse sans passion, sans doute et quand Bonnard a trouvé sa muse malléable à merci, elle, il peint enfin  Misia comme il peut enfin la voir ! Misia au piano, c'est bien elle, jeune, boudeuse et charmante et inaccessible. On est en 1902, Bonnard connaît Marthe et Misia ne le fait plus rêver, il peut se permettre de la peindre telle qu'elle est. Il sera un des rares à continuer à la peindre durant l'époque Edwards.

 Durant les années Edwards patron de presse plus fortuné que Natanson  en 1905, vie luxueuse, yatch, Renoir qui fait un portrait d'elle très très boîte de chocolats,

Misia Edwards 1908

Misia 1904

Renoir est un peu amoureux comme d'hab !! Bonnard qui joue à Renoir en mieux, avec plus de subtilité, plus de finesse.

  Elle sera donc un temps certain épouse d'Edwards, habite à Paris quai Voltaire. Bonnard toujours présent lui peindra des panneaux pour son intérieur. Il voyage à bord de leur yatch, en 1905, il navigue en compagnie de Ravel.

En yatch vers 1906

 

Période verte de Bonnard

Le yatch d'Edwards 1912

 Puis

Misia allongée sur un divan 1907-1914

Bonnard se met à la couleur,  et peint Misia  avant d'ouvrir ses fenêtres en grand.

 

 

 un amant écrivain Romain Coolus puis rencontre avec Diaghilev imprésario qui permettra à Misia de jouer à la décoratrice, à la costumière, à la chorégraphe par artistes interposés : Debussy, Cocteau, Nijinski, Ravel, Sert qui alors est son amant dés 1905 ...

c'est son époque Ballets Russes. Période sans doute intense de sa vie où Misia n'est plus muse, elle a un rôle important ou qui se veut important, je n'en sais rien, dans le milieu artistique musical de l'époque. Satie, Ravel, Stravinski  .... Misia a toujours aimé la musique et jouera du piano jusqu'à la fin de sa vie.  Edwards divorce en 1909, meurt en 1914.

Elle épousera Sert, peintre décorateur, en 1920. Et ce sera sa période écrivains Proust, Mirbeau, Cocteau s'en inspireront pour certains de leurs personnages. Elle sera louée, décriée, Misia, peinte, photographiée. Elle demeure une des icones d'une fin de siècle un peu trop ... et d'un début de siècle, pas assez ...  pas vraiment courtisane, ou demi mondaine, encore que ... seule son origine sociale lui donne une autre couverture ! mais qu'importe, elle était muse, égérie, découvreuse de talents, mécène evidemment ... une femme particulière au talent particulier. Sa vie sera liée aussi à celle d'une autre femme particulière Coco Chanel, dont elle adoptera d'ailleurs le style les dernières années de sa vie, faut dire que Chanel lui restera fidèle jusqu'à sa mort en 1950, même si cette amitié fut parfois tumulteuse.   

Une femme libre Misia ? pas vraiment, une femme qui s'écouta beaucoup, sut profiter des autres, mais les autres évoluèrent par elle, grâce à elle. Une femme particulière certainement.

Exposition au Musée d'Orsay, le temps d'un été.

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