12 mars 2012

Le 31 du mois d'Août - Laurence Cossé

Laurence CosséLaurence Cossé née en 1950, journaliste, critique littéraire, producteur-délégué à France culture.

Le 31 du mois d'août est le premier livre que je lis d'elle, et ne sera pas le dernier. Car ce 31 août là ne m'a pas emballée, et j'ai pour habitude de vérifier si il s'agit de l'auteure qui me plaît moyennement, ou seulement du roman choisi.

Parti d'un fait divers mettant en scène des célébrités, ce roman pose la question du délit de fuite et de ses conséquences sur la vie du fuyard.

Lou a une petite fiat blanche, Lou conduit façon escargot, et oblige, un 31 août, un bolide noir à devoir se rabattre, freiner, et finalement finir sa course sur un pylône du pont de l'Alma. Lou ne s'arrête pas ....et n'en finit pas alors de fuir. Elle fuit les éventuelles poursuites judiciaires, et surtout sa vie qui à la lumière de cet accident lui devient impossible à vivre. L'écriture est concise, sans fioriture, sans littérature. Une plume de journaliste, sobre, narrative, impartiale, une plume de bon journaliste donc, ce qui se fait rare. Mais ce n'est pas ce que je cherche dans un livre. Je comprends que l'on puisse aimer, mais j'évite, généralement ce genre.

Bon, Lou aurait dû s'arrêter. C'est ma réponse. Le cours de sa vie a changé dés l'accident dont elle n'était pas responsable. Un grain de sable est venu enrayer une vie ordinaire et tranquille à tout jamais. Il produira le pire chez Lou qui basculera dans le criminel et le mensonge fort naturellement. Le hasard là n'y est pour rien, les aléas de la vie peuvent vous rendre pire ou meilleur, et Lou a choisi le pire. On a en ce domaine le choix. Bon, ça ne fait pas délirer ce livre, mais ça pose une question, et un débat peut suivre. Ce livre est un bon sujet pour débat télévisé !

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11 mars 2012

Baise main

Baise main

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10 mars 2012

Bref séjour chez les vivants - Marie Darrieussecq

marie DarrieussecqMarie Darrieussecq née en 1969. Psychanalyste, écrivain.  

 Si on aime les mots,  y en a, à profusion, à confusion jusqu'à presque répulsion.

Si on aime l'introspection labyrinthe, y en a aussi, entrecroisée, entremêlée, entre 4 esprits de femmes : 

Jeanne, l'aînée des 3 filles qui vit près de Buenos Aires, pas loin du Tigre avec Diego.

Anne, la seconde fille, linguiste, vit à Paris 'sensitive comme une madrépore'. extrait. Anne est celle qui croit que 'seulement elle souffre, a souffert, souffrira' . extrait. Celle qui ressemble le plus à sa mère. Un peu plus déjantée que les autres. 

Nore, Eléonore, la petite dernière des filles,' habitée, utilisée, disposée de telle ou telle façon par le rêve, recomposée par les rêves dont on n'était que le moyen'. extrait. Nore, étudiante en littérature (la mort de Sardanapale est-elle la mort du romantisme), vit avec sa mère qui vit avec Momo, un kabyle à la face de pizza. Nore a les yeux verts de son père John qui vit à Gibraltar.

La mère, the mother, la madre. Y pense tous les jours la mère à' ce matin, les roses fraîches, et le premier vent d'automne, clair, léger, odorant'. extrait.

Et lui, l'enfant-fantôme. 'Et lui jouant entre nous dans son petit maillot rouge, débitant ses histoires en babillant, il sentait la mer tout un côté de sa tête était un grand mollusque, ses propres chairs transformées par la mer en coquillage de lui même.' extrait.

 Si on aime le délirant, l'outre mesure, l'excessif, le débordant, y en a , y en a .. et moi j'aime.

Évidemment, c'est comme tout, quand ça dérange un peu, faut s'y faire, faut s'y adapter, faut s'y couler et se laisser dériver avec l'auteure, qui est une psychanalyste, qui a dû en entendre des mots décousus, des puzzles de mots à reconstituer.

Mais c'est ludique, un peu comme un jeu de piste avec des mots-maux, et d'ailleurs y a même dans l'histoire un momo. Et puis il y a une musique étrange née de ces mots en faux désordre, une symphonie poétique qui berce les douleurs que l'on porte en soi et que l'on apprend, ainsi, à apprivoiser pour continuer à vivre.   

 Mots pour ide

Sardanapale : dernier souverain d'Assyrie selon les grecs, personnage légendaire, tableau de Delacroix. Babylone assiégée, Sardanapale se suicide entouré de son harem et de ses chevaux.  

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08 mars 2012

Le fils - Michel Rostain

Le fils

Michel Rostain 1942 Maîtrise de philosophie, DEA d'histoire de la musique, metteur en scène de théâtre lyrique et musical, directeur de la Scène nationale de Quimper. Écrit son premier livre en 2011 : Le Fils

Bien sûr, je fus attirée, d'abord par le titre, forcément.

Lion, Le fils raconte le chagrin des ses parents lors de sa mort brutale due à une méningite foudroyante.

Quand vous avez de l'humour, l'humour reste, quand vous aimez la vie, l'amour de la vie demeure ...  Cela prend du temps, des larmes, des nuits sans sommeils, des regrets, des remords. Et au final, comme avec tout ou presque, on arrive aussi à trouver un petit arrangement avec ses morts. On oublie rien, on souffre toujours, mais on apprend à vivre sans.   

C'est bien écrit, cela se lit aisément, rapidement, les mots plaisent, les images qui découlent de ces mots aussi.

Mais je reste sur ma faim, un peu !

Forcément, madame Freud, forcément.

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06 mars 2012

Et Niki encore

fontaine-sculpture

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04 mars 2012

La fille de son père - Anne Berest

anne berestAnne Berest née en 1979, études littéraires sur la dramaturgie baroque, a travaillé aux Carnets du théâtre du Rond point, a participé à l'adaptation et la mise en scène d' Un Pedigree de Patrick Modiano' avec Edouard Baer et vient d'écrire son premier roman ' La fille de son père'. 

Les enterrements, elle connaît, celui de sa mère d'abord il y a 24 ans, puis, l'enterrement d'un amant de 15 rapports sexuels exactement, -'de la chair consommée sans importance-' (extrait), puis 10 ans plus tard l'enterrement de son père le géniteur, elle, la fille de son père. 

Trois soeurs, trois filles à son père donc, trois filles à Martine aussi, celle qui est morte à 38 ans, celle qui pollue la vie de Catherine, la belle mère des 3 soeurs qui ne l'acceptent pas cette Catherine qui offre pourtant un beurrier en forme de chaumière miniature sur une petite assiette verte, cette Catherine qui ose révéler que Martine  a fait un enfant avec un autre ce qui n'est pas très catholique. Et voilà, le pavé est lancé dans la mare, le roman alors s'emballe délicieusement dans une enquête pseudo policière, un indice nous a été donné .. mais la chute n'est pas dans le mystère défloré, mais dans la manière d'évacuer le problème : 'Ce qui de lui en moi demeure. Même moi j'ai oublié'. Le père est celui qui élève.

Assez jouissif ce roman sur les relations entre soeurs, les relations entre père et fille, l'auteure ne s'appesantit pas sur les ressentis des héros, ne psychotise rien, ce qui change agréablement de la plupart des romans actuels, livre court qui se lit fort rapidement et qui est prometteur. Un autre livre doit suivre, on l'attend.

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03 mars 2012

Pierres

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01 mars 2012

Ernani

ernani  Giuseppe Verdi 1813-1901

S'est inspiré de Victor Hugo, le présente en 1844 à Venise

L'histoire

Espagne 1519, une femme Elvira : la soprano Angela Meade, 3 hommes amoureux d'elle. 

Don Carlo, roi d'Espagne : Dmitri Hvorostovsky baryton russe

Don Ruy Gomez de Silva vieil oncle d'Elvira qui veut épouser Elvira: Ferruccio Furlanetto, voix basse, italien 

Et celui qu'elle aime Ernani : Marcello Giordani ténor italien.

Bon, 3 hommes pour une femme, ce n'est pas aisé, surtout pour l'époque où la femme c'est rien ou presque. Par chance, Elvira n'en aime qu'un, par malchance, c'est celui qui complote, celui qui se cache, celui qui n'a plus rien, celui qu'on veut tuer à tout bout de champ. Le roi lui aspire à être empereur, ce qui tempère son ardeur amoureuse et il cède volontiers Elvira à Ernani. Mais le vieux Silva qui n'espère plus rien ne peut supporter de perdre la jeunesse d'Elvira, alors il rappelle à Ernani, le serment de se tuer si lui en décidait ainsi, et il le décide ainsi, ce vieux gredin crétin ... Et les 2 tourtereaux se font hara-kiri 

Les costumes sont beaux, Le décor très flonflon s'accordant parfaitement avec l'intrigue, les choeurs parfaits et les chanteurs pas si mal, le ténor manque un peu de conviction, le baryton est puissant et beau (ce qui ne gâche rien!), la basse s'en tire fort bien et la soprano réussit un beau parcours. Ernani n'est pas l'opéra le plus facile à écouter chez Verdi, je trouve, un peu ingrat si j'ose dire, et j'ose sans sourciller, mais l'ensemble se tient pour qui aime ... l'opéra.

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28 février 2012

Un très grand amour - Franz-Olivier Giesbert

giesbertFranz-Olivier Giesbert né en 1949 : 'je ne suis qu'une imposture qui a réussi. Autrement dit, un homme de médias, chroniqueur télévisuel, directeur d'un site littéraire, cancaneur, blogueur et conférencier.' extrait du livre. 

Alors, il en profite avec son clone Antoine Bradsock qu'il caricature, à peine, je pense. On oublie un peu trop que les vieillissants ont d'abord à affronter le vieillissement jugé toujours prématuré du corps qui lâche souvent en premier, alors que l'esprit lui demeure jeune, ce qui est, avouons le carrément insupportable, alors Giesbert parle fort bien d'un problème fréquent et particulier aux hommes, le désir de pouvoir ... désirer encore et surtout d'en garder les moyens. Et quand un cancer s'en mêle, cela complique tout y compris les fonctions naturelles, ce qui nous vaut une scène que je trouve particulièrement savoureuse, même si il en fait un peu trop sur le sujet. Antoine aime faire l'amour aux femmes qu'il aime, bon, il aime toutes les femmes ou presque, alors il cumule : les femmes, ce qui en découle souvent, les enfants, et forcément les chagrins d'amour. Pour Antoine chaque amour mérite un qualificatif singulier, est ce sa faute à lui si il y a autant d'adjectifs qui s'accomodent avec le mot amour ? Le dernier amour du livre est qualifié de vrai, sans doute, sans doute. Mais moi je ne m'en fais pas pour Antoine, pour cet homme amoureux de l'amour, son dernier amour sera  post-mortem : il sera éperdument amoureux de la somptueuse thanatopractrice qui prendra soin de sa dépouille.   

Giesbert est un roué : à trop s'accuser, on se justifie de tout, à caricaturer on évite aux autres de le faire pour vous. Mais c'est en cela qu'il me plait bien d'ailleurs !

note pour ide :

procrastination : tendance à remettre au lendemain.

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26 février 2012

Halle Saint Pierre

S'opposant à l'art dit contemporain, très intellectualisé, l'art brut, l'art singulier, l'art urbain se mêlent joyeusement dans une exposition que leur consacre le musée de la Halle Saint Pierre. Si certaines oeuvres sont facilement étiquetables, d'autres mélangent les genres, et flirtent avec le street art, le graffiti, la BD, le tattoo, les comics, le lowbrow art  et au final vous amènent à penser qu'en matière d'art moderne, il vous reste beaucoup à apprendre, voire tout.

Cet art là n'est pas timoré, en matière de sexe, ce serait même plutôt le contraire, extrêmement orienté  pour certains d'entre eux, ce qui n'est pas le signe d'une époque, mais plutôt d'une nature anticonformiste et carrément provocatrice, donc souvent pétrie d'humour.détail

 Pierre Bettencourt 1917-2006, un drôle de bonhomme, avec un drôle de talent, amoureux des mots, Bettencourt Espaces apparitionnels 1985à l'humour caustique et déjanté à mieux connaître donc , par l'ignare que je suis. Se fera spécialiste de hauts reliefs, où il utilisera des  grains de café, des fragments d'ardoises, des coquilles d'oeufs, et des sexes en pagaille, dans des positions érotiques assez traditionnelles au fond; il est assez drolatique d'ailleurs de constater l'intellectualisation outrancière des critiques au sujet de ces fresques, y compris de leur auteur, d'ailleurs. Le sexe doit pour être admis, même dans l'art, être intellectualisé, psychologisé au maximum, sorti de son animalité première, pour l'amener au niveau de l'esprit.

 

Blue Girl

 

Titine K Leu née vers 1968 épouse Filip Leu, issu d'une famille célèbre de tatoueurs, suit une vie de bohème hors normes. Elle dit avoir pris grand plaisir à peindre ces tableaux de tatoués, célèbres ou pas, peintures kitsch, baba cools, riches en couleurs, peintures qui sont pour moi des fenêtres ouvertes sur un monde qui m'est étranger. L'art quelqu'il soit nous sort de notre carcan, nous ouvre aux autres de la plus jolie manière qui soit, attise notre curiosité, fait vaciller nos convictions, nous emmène vers un ailleurs.  

 

Dave Cooper esune des twinst né en 1967 au Canada, auteur de bandes dessinées, peintre autodidacte, il mène de front une carrière de créateur de jouets, de films d'animations, de livres pour enfants, de livres animés pour adultes et de peintre. 

Ces 2 petites nanas aux seins petits, aux fesses rebondies, le tout ayant l'aspect de la gelée anglaise tremblotante qui attire et révulse à la fois, aux yeux noirs et vifs, ont une bouche, une putain de bouche rouge et pulpeuse, mais lorsqu'elles sourient, ces petites nanas deviennent de véritables piranhas, nul doute que le sieur Freud nous pondrait là dessus un laïus édifiant et sans appel, et comme c'est devenu politiquement correct, on emmerde le sieur Freud et on aime ces drôles de petites poupées faites pour le désir et la castration ! ta gueule madame Freud !       

 

Michel Gouéry né en 1959. Etudes d'art, pensionnaire de la Vortum 2011Villa Médicis à Rome. Peintre, puis sculpteur. Ici sur terre cuite émaillée, un masque antique, une pub pour masque de plongeur, un petit frère à monsieur Spock ? ou autre chose qui m'esdétail1t étangère ?  Là, détail d'un phallus géant  et ... surpeuplé.  Une promesse ce plasticien là, à rencontrer au gré de mes balades.

 

 

 

 

 

 

 Une qui me ravit délicieusement :- fine et délicate Suzan qu'avez vous donc au coeur ?Susan

 -Charlottemais dites moi infortunée Charlotte, auriez vous perdu la tête ?

Elle se nomme Jessica Harrison est née en Angleterre en 1982, est diplômée de la Edinburgh College of Art et ne se limite pas à ces raffinées porcelaines .

Moi, j'adore cet humour là, et la Dame a un humour décapant. Allez voir sur son site si vous êtes attiré

http://www.jessicaharrison.co.uk/index.htm

a rather noble cock

                                                        

Un qui est fascinant par son esprit créatif, par son travail minutieux qui débouche sur un monde obscur, un peu dérangeant, là où se trouve la non-frontière de ce qui est (a)normal et il y en pas mal aussi dans cette exposition. L'humour est encore là bien présent chez Kris Kuksi ne en 1973 aux USA

 

 

 

 

  

Et puis, ceux qui utilisent l'art pour exorciser la férocité, la cruauté, l'âpreté d'une vie ... ce qui donne une peinture à l'image de leurs cauchemars. Darger

The Medecine Show

 

 

 

 

 

 Marianne 2011

 

 

 

 

 

 

 

  

Et pour finir, Yu Jinyoung née en 1977 en Corée qui crée une petite bonne femme au visage adorable mais désespéré, au corps emprisonné, symbole de l'être humain pris au piège dans la société contemporaine

et un maître duThe Disguised noir, et oui Soulages a fait des émules Dan Witz né en 1957 aux USAHOODY 1996

  

 

 

 

 

 

 

 

Des 60 artistes exposés, on est loin du compte, mais il faut savoir se limiter, parait il; moi je ne sais pas trop me limiter, alors disons que c'est un début ! et disons surtout que cela m'arrange d'arrêter là.

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