16 mai 2012

Musée Stéphane Mallarmé

Le musée de Vulaines sur Seine, ancienne maison occupée  par Mallarmé offre jusqu'en Juin 2012 une exposition autour des femmes, des amis, des relations de ce dernier. J'y ai retrouvé avec un certain plaisir des noms déjà cités dans ce blog, et petit à petit le puzzle de l'élite intellectuelle du milieu du 19ème jusqu'au début 20 ème se reconstitue, milieu finalement assez restreint où peintres, littéraires, musiciens que je n'évoque pas souvent, par méconnaissance, se mêlent. 

Orphelin, j'errais en noir et l'oeil vacant de famille (Réminiscence). Stéphane Mallarmé est né en 1842, sa soeur Marie en 1844. Leur mère meurt 3 ans plus tard. Leur père se remarie rapidement. Et Mallarmé a la douleur de perdre Marie âgée de 12 ans. Depuis que Marie m'a quitté pour aller dans une autre étoile .... j'ai toujours chéri la solitude. (Plainte d'automne). Mallarmé professeur d'anglais épouse en 1863Maria et Stéphane Mallarmé Maria fragile jeune femme qui ne se remettra pas de la mort, encore une, de leur fils Anatole à l'âge de 8 ans. Leur fille Geneviève veillera sur elle et sera proche de son pèrePaul Nadar 1856-1939

Mallarmé, il faut reconnaître que pour te lire, on a besoin d'un décodeur. Tu es carrément hermétique, parfois, souvent; certes tu estimes, à tort je trouve, que la poésie est réservée à une élite initiée, tu écris dans L'artiste  ' Toute chose sacrée et qui veut demeurer sacrée s'enveloppe de mystère ... l'art a les siens ... Les premiers venus entrent de plain-pied dans un chef- d'oeuvre, et, depuis qu'il y a des poètes, il n'a pas été inventé, pour l'écartement des importuns, une langue immaculée, des formules hiératiques dont l'étude aride aveugle le profane ...  et de fait, Mallarmé, tu t'y tiendras à cette idée fixe de vouloir écarter le profane, le non initié, le courant, presque tout le monde quoi !!! de quoi enorgueillir les intellectuels qui se pencheront sur toi et tu as raison, il y en aura de rares ... il faut reconnaître Mallarmé que pour compenser, ou pour donner le change ou par pur plaisir, tu fus un être sociable, tu aimas les femmes, tu adoras briller en salon avec l'élite artiste et intellectuelle de l'époque.  

 Mallarmé poursuit sa carrière littéraire en même temps qu'un professorat d'anglais avec beaucoup de doutes  et de découragement. Il se lie d'amitié avec les félibres (Mistral), avec Leconte de Lisle, Cazalis, Coppée, Mendès, Manet, qui lui fera rencontrer Berthe Morisot, Degas, Renoir,Frontispice pour Pages de Mallarmé Monet, RedonSirène 1898, les Natanson et bien d'autres encore, ce serait fastidieux de les énumérer tous. Mallarmé devait avoir un sens particulier de l'amitié qui lui a attaché de sincères relations avec l'élite intellectuelle toute confondue de l'époque. L'exposition nous montre des dessins, des pastels, des peintures, des gravures aux signatures prestigieuses aujourd'hui comme Manet, Morisot, Redon, Bonnard, Redon, Blanche etc .... Petit topo sur la vie de Mallarmé, les dates principales de sa vie, quelques écrits, correspondances, Monsieur Mallarmé avait un certain charme, un esprit brillant en société, une poésie pas aisée à aimer. Mallarmé portait en lui un tourment, inné, acquis ??? il avait une insatisfaction permanente en lui, que rien n'a vraiment comblé, même pas son art. Sur ce, il a bien vécu cet homme là,Questionnaire dans l'illusion, sans illusion !  Il publie 8 numéros d'un périodique assez étonnant 'La Dernière Mode', Périodiqueprétexte littéraire où s'affine son style dixit ses partisans, ou bien frivolité mystérieuse mais séductrice et nécessaire pour accepter, le reste, l'indicible, l'inaccessible réussite : Hérodiade restera un immense projet qui ne se finalisera pas, conçue pour être une tragédie théâtrale, Mallarmé en fera un poème ... inachevé. Hérodiade c'est en fait Salomé, la fille d'Hérodiade que Mallarmé célèbre, celle qui danse, celle qui demanda inconséquemment la tête de Jean Baptiste pour la donner à sa mère Hérodiade ( car Jean Baptiste ne reconnaissait pas son second mariage).  Salomé qui représente la femmeJeanne Jacquemin 1863-1938 , femme fatale et perverse connaîtra un succès fou avec ce 19ème siècle fort misogyne.     

Jeanne JacqueminJeanne Jacquemin (1863-1938) relation amicale, se représenta en Salomé ( Saint Augustin la fait mourir décapitée par les glaces d'un lac gelé). 

Et l'on retrouve cette coquine de Méry Laurent née Anne Rose Louviot, modèle et amante de Manet, Gervex, Blanche, Nadar et d'autres encore ... muse et amante de Coppée, Mallarmé et d'autres encore. Méry était volage et fidèle à la fois, l'amour chez elle devint toujours amitié, on l'aima pour cela, pour son humour, sa culture, sa Charles Reutlinger 1816-1880générosité, sa tendre amitié. Elle compta beaucoup pour Mallarmé et réciproquement.

Tu es une compagne unique ...Tu es plus neuve, et je crois que c'est cela rester jeune, non pas seulement de ta grande personne très belle; mais en idée.  Lettre de Mallarmé à Méry Août 1891.

Mallarmé cultiva l'amitié féminine, avec Berthe Morisot qui en fit le tuteur de sa fille. Avec Renoir il s'occupera donc de Julie Manet et de ses 2 cousines orphelines, elles viendront chez Mallarmé passer des vacances. Edouard Vuillard 1868-1940Marie Cassatt illustrera un de ses poèmes. Nina de Callias la dame aux éventails de Manet  est une amie de jeunesse, Mallarmé fréquentera son salon. Augusta Holmès pianiste amie de Litz composera elle même un opéra. Misia Natanson muse des Nabis excellente pianiste s'installera avec son premier mari Thadée Natanson à Vulaines à côté de Mallarmé, MisiaMisia agrandira le cercle des relations de Mallarmé, avec Bonnard, Denis, Vuillard, Toulouse-Lautrec ....

Un jardin, une promenade le long de la Seine agrémentent cette visite et pour les gourmets un restaurant dont les menus sont sympathiques, où il faut sans doute réserver, comptez quand même 30 à 60 euros par personne.

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12 mai 2012

Buren Excentrique sous la Nef

 De la nef du Grand Palais, Buren dit : c'est son volume, l'air qui y circule, sa lumière. C'est un endroit extraordinaire pour sculpter l'air et lui donner une forme, capter la lumière et lui donner une couleur.espacelumièrecoupolemiroirparapluiesparasolsrêveriepourêvervolume 390 cercles, 1500 pieds, sous le soleil, le ciel, la prairie, la vie ..... au jour, en pleine nuit, et au dessus la grande verrière ... jaune, verte, bleue ou rouge. Sais pas, vous, elles, eux, mais moi, j'en suis ressortie avec du rêve possible dans la tête, après coup, pas tout de suite, quelques heures après ... une rêverie à 5 euros, ou une déception à 5 euros ! c'est comme vous voulez, c'est comme vous percevez. C'est bof, au début, un peu comme un être aimé que vous voyez rarement, et puis cela devient au fur et à mesure que vous y pensez, un plaisir à rêver, à garder, à renouveler, quelque chose d'éphémère et léger qui vous obsédera, parfois, longtemps, toujours.

Moi, au bout du compte, j'aime.

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08 mai 2012

Deux regards sur la Haute-Loire

Photos et peintures de sites connus, aimés qui jouent avec nos souvenirs, nos rêves, nos possibles  et nous offrent un chant du monde à la manière de Giono à l'Hôtel Dieu, du Puy en Velay, qui vient de ré-ouvrir ses portes après un sommeil hivernal. Philippe Bousseaud est le photographe et Lu Yongzhong est le peintre, ils ont travaillé ensemble et nous offrent chacun leur vision d'un même site .Aiguilhe

                                     Un temple boudhiste perché sur le rocher d'Aiguilhe

Lever du soleilUne petite chapelle au Soleil Levant 

 

 

 

 

 

 

 

L'un joue avec les ombres, les reflets, les éléments naturels, l'autre y met de la vie, de la couleur et de la poésie. Pinatelle                                       

Quelques pins de boulange La danse des arbres dorés

sur le mont Denise.

         

 

Les arbres dorés dansent sous

           le pinceau de LU Yongzhong.  

 

 

cascade de la Beaume

Chutes d'eau de la Beaume au vert printemps pour Philippe Bousseaud, Printemps de mars

 

 

                Chutes bleues où animaux se baignent

                                                pour le peintre.  

 

 

 

    Un fort joli début de saison Lumières d'une cité célestepour l' Hôtel Dieu dont on attend la Bol du bonheur (détail)suite : Louise Delorme artiste peintre née en 1928 en Haute Loire du 12 mai au 6 juillet, puis une exposition ' Au fil des araignées' de juillet à Octobre, et ... à nouveau l'hiver.   

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06 mai 2012

Hygiène de l'assassin - Amélie Nothomb

A NothombAmélie Nothomb

Un plaisir certain à lire ce livre là, un agacement tout aussi certain dont l'origine demeure inconnue comme le cancer du héros de l'histoire, ce qui m'amuse un brin, d'ailleurs. Amélie Nothomb est meilleure que nos chercheurs en médecine, si on connaît bien le processus des cellules cancéreuses, on en connaît moins les origines, tout au plus on suspecte des causes probables. Voilà sans doute une des raisons de mon agacement, elle professe beaucoup dame Nothomb, elle a des idées péremptoires sur beaucoup de choses, et surtout des certitudes. Bon, la certitude de la jeunesse peut être ? c'est son premier livre écrit en 1992, elle a 25 ans.

L'histoire est simple, un dialogue tout au long du livre entre le sieur Tach écrivain célèbre mourant, qui est la provocation personnifiée, et un journaliste en face de lui, à la répartie moins vive, à la sensibilité extrême, voire pleurnicharde, ce qui est plutôt rare en général chez nos journalistes. Il n'en faut pas moins de 4 plus nuls les uns que les autres pour permettre à Amélie Nothomb de s'exprimer sur des sujets bateaux, enfance, femmes, masturbation, sexe etc .. puis enfin, une femelle qui sort du lot s'attaque au tas de saindoux et lui fait cracher sa graisse ... peu élégants les termes, j'en conviens, mais à la façon de l'auteure qui écrit par ailleurs assez bien. L'histoire devient un peu abracadabrante, un peu trop laborieuse, et rend le personnage principal plus atteint psychiatriquement que réellement mauvais, ce qui est pour moi un peu décevant.  

Bon, je sens que je vais récidiver dans le Nothomb, encore une fois.

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05 mai 2012

Christ Saugues

 

Saugues Christ

Jo Gires

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04 mai 2012

Dame de Saugues

Exposée à l'hôtel Dieu, elle avait fièreDame Saugues allure, un peu austère, sévère, antipathique même, et curieusement dans son églDameise Saint Médard, à Saugues, dans sa cage, à l'abri des regards, presque cachée, elle semble plus humble, plus douce, plus ronde, en même temps, elle a un peu perdu de sa morgue, de sa force, de son côté hiératique .. bon une question d'éclairage certainement, une question de perspective, une question d'appareil photo moins performant, sans doute, car elle est située en l'air cette Dame à Saugues, il faut grimper sur un banc pour la prendre en photo, mais n'empêche, le doute s'insinue ! il y a beaucoup de copies de ces statues, que l'on offre aux curieux à la place des originaux cachés en lieux sûrs ...

dam sdam sauPlis couchés des voiles-capuches à hauteur des oreilles, cheveux cachés, voiles porté bas sur le Dame Saugues détailfront, plis des tuniques repassés en vagues moulant le corps, enfants aux cheveux courts ramenés sur le front, jambes de biais, enfants identiques tenant un livre fermé, les pieds des Dames sont rognés, les mains sont longues. Mis à part la face, elles sont donc identiques, alors peut être que cette Dame a plusieurs visages à offrir, comme la vérité ! Cette Dame du XII ème siècle, sans doute du même atelier que sa consoeur Dame d'Estours résidant à Monistrol,  mesure 70 cm, est en bois polychrome; sur une photo prise en 1895, son visage etait noirci, elle a donc été restaurée mais a bien souffert des ans, quand même, cette Dame là.

 

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02 mai 2012

6 mois à vivre

Marie DeroubaixMarie Deroubaix 1953-2011

Témoignage d'une femme qui à 56 ans est atteinte d'un cancer du poumon qui métastase, 16 mois plus tard au cerveau, sans espoir de guérison. Marie choisit de renoncer à tout traitement susceptible d'engendrer une plus grande souffrance encore. Elle refuse la chimiothérapie, la radiothérapie, en explique ses raisons, et constitue un dossier en Belgique pour mourir, euthanasiée.

 

 

christiane singerChristiane Singer 1943-2007

Écrivain. Lorsqu'elle apprend qu'elle n'a plus que 6 mois à vivre, elle décide d'écrire un journal  qui sera publié sous le nom de 'Derniers fragments d'un long voyage'. Catholique, elle choisit de vivre sa mort jusqu'au bout. Plus littéraire et plus philosophe que Marie Deroubaix, elle a une perception différente, qui sublime presque la mort. Littérature ou réalité ?

Deux manières différentes d'envisager cette condamnation à mort.  

 

Pour une troisième, très proche, il y eut à la fois, impérieux désir de vivre jusqu'au bout en supportant les pires souffrances engendrées par les traitements, volonté farouche et angoissée de se maintenir en vie à tout prix avec un énergique et constant refus de la mort . Ce sont nous, les non malades, qui l'avons accompagnée jusqu'à sa mort, qui avons craqué.

Je me demande ce que de tels témoignages peuvent apporter aux autres, mis à part pour les proches, mis à part pour ceux qui les écrivent. Chaque histoire est unique et se déroule pas à pas selon l'acteur infortuné qui la vit. Bien portant, on peut avoir un avis sur la question, être interpellé par ces approches différentes, mais je crois que ce n'est que confronté personnellement au problème que l'on se forgera une idée  sur la démarche à suivre : soins pallatifs, euthanasie à l'étranger, refus des soins etc ... 

Et si on peut l'éviter ce problème, ce sera bien.

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30 avril 2012

Berthe Morisot

Berthe Morisot est née la même année que Renoir en 1841. Mallarmé naît l'année d'après en 1842. Monet l'année d'avant en 1840. Voilà pour la maternelle. Dans la cour des grands, il y a Degas âgé de 7 ans, Fantin Latour âgé de 5Bert Morisot ans et Manet âgé de 11 ans. Rien que du beau monde qui se côtoiera rapidement. Si les hommes ont suivi plus ou moins d'ailleurs des cours aux Beaux Arts, les femmes n'y ont pas accès, mais Berthe apprendra tôt le dessin, 12 heures par semaine, puis aura un élève d'Ingres et de Delacroix comme professeur, Guichard, qui lui fera faire des copies au Louvre et lui fera rencontrer Fantin Latour, puis Camille Corot qui deviendra son professeur, et lui fera connaître  Charles Daubigny.  Berthe sera entourée rapidement de jeunes talents,ceux qui sont du même âge qu'elle et les plus âgés comme les Manet. Pas une facile, Berthe, pas une commode, elle sait ce qu'elle veut, peindre avant tout, Elle doit se battre en permanence contre les idées reçues, contre son père, contre sa mère qui aimerait la marier, comme elle a marié ses 2 autres filles, mais Berthe persiste, quitte à manifester de la mauvaise humeur, quitte à se morfondre dans la mélancolie et à se replier sur elle. Pas aisé d'être libre pour une jeune fille de bonne famille à cette époque, alors que l'on rêve d'être peintre, alors que l'on a un talent qui vaut bien celui d'un homme. En 1863, sa soeur Edma la peint, en peintre .. Berthe a alors 22 ans. On parlera de rivalité entre les 2 soeurs, il n'y en aura pas, pas en ce qui concerne la peinture en tout cas. Edma a pour but de se marier. Berthe se liera d'amitié avec la duchesse de Castiglione Colonna sculptrice connue sous le nom de Marcello, femme libre. Elle fréquentera aussi Mary Cassatt.    

On a tout dit ou presque de Berthe, pour moi, elle représente la victoire d'une femme sur une époque où seul l'homme avait des droits , malgré sa classe sociale si misogyne, si sclérosante pour les femmes. Il lui en fallu de l'obstination pour persister à peindre, pour contrer les volontés opposantes, d'abord celle de son père heurté sans doute par cette fille ombrageuse et fantasque, puis celle de sa mère qui l'encouragea souvent, mais qui  interprète mal la sensibilité de Berthe plus préoccupée par son art que par la recherche d'un mari pour fonder un foyer, sa mère qui s'inquiète de sa maigreur et la voudrait grasse et fertile, et je ne parle pas des critiques qui la traitent de peintre de ménage, qui la disent folle.

Bien sûr, elle bénéficPortrait de B Morisot et sa fille huileia d'un mari précurseur dans sa modernité, qui lui facilita la vie pour l'aider au mieux à exercer sa peinture, qui lui donna une fille Julie, qu'elle aima passionnément, cet amour maternel qui combla certainement ce manque d'amour réel de sa vie. Et puis, elle eut beaucoup d'amis, Berthe, en vrac, Manet l'amour manqué, Degas, Mallarmé, Renoir, Monet elle aimait briller Berthe, et brilla souvent grâce à cette petite cour de fidèles fort respectueux, toujours, qui gravitèrent autour d'elle. 

Berthe Morisot, une peintre qui osjeune femme en gris étendue huilea la modernité plus que toute autre, une belle femme, une peintre de talent, une putain de sacrée de bonne femme !  Elle avait un coup de pinceau, puissant rageur, parfois, les traits des visages flirtant avec l'abstraction, elle  joue avec les couleurs et les décline dans tous les tons.

Elle peint villa dans les orangers Nice- Huilela nature par petites touches, un petit fouillis de fleurs et branches mêlées au vent, au flou, à un je ne sais quoi d'inachevé 

 

 

 

 

La vie ne l'épargne pas, lui enlève Edouard Manet en 1883Portrait de Marcelle dernier tableau, puis son second beau frère Gustave en 1884, et sa belle mère un mois plus tard. Eugène son mari a une tuberculose et végétera 5 longues années soigné tendrement par Berthe. Il meurt en 1892. La soeur aînée de Berthe meurt elle aussi cette année là. Berthe se consacre à Julie âgée de 14 ans et à sa peinture. Elles sortent avec Renoir, Mallarmé, vont à Giverny, reçoivent à nouveau les habitués, dont Rodin. Elle s'occupe de ses nièces, orphelines, PB Morisotaule et Jeannie Gobillard. Berthe peint ces jeunes filles assez classiquement, puis se met à peindre des nus, d'après des jeunes modèles, des femmes à leur toilette. Berthe Morisot semble avoir trouvé la sérénité, mais ce n'est qu'une apparence, elle doute toujours de son talent, recommence plusieurs fois ses tableaux, les reprend et ne les achève pour ainsi dire jamais. Le dernier tableau sera celui de Marcelle, toujours ces petits traits de pinceaux qui la caractérisent.  Julie est grippée en ce début d'année 1895, Berthe est atteinte à son tour et meurt lucide, le 2 Mars. Elle avait 54 ans.  

Marmottan nous propose jusqu'au 1ier Juillet 2012, une belle rencontre avec cette peintre. La dernière, en France remonte à 50 ans, alors si vous aimez, et n'être plus très jeune, c'est l'occasion ou jamais !

 

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12 avril 2012

Les jolies choses - Virginie Despentes

 Virginie Despentes née en 1969.

Virginie DespentesUn ventre, mère effacée et dominée par le père, pour 2 jumelles, identiques, mais grimées différemment au point d'annihiler toute ressemblance physique.

L'une, Claudine catégorie pétasse, celle-ci éliminait du monde extrait geignarde mais bimbo, pétasse mais fragile, jambes longues, seins offerts, cul à se damner, une chatte chaude, trésor enfoui entre ses cuisses, une femme qui cherche à faire plaisir aux hommes extrait mais incapable d'aimer, juste une bouffonne, un peu conne et désespérée. Cette tristesse là, Pauline la touche pour la première fois, d'être autant convoitée, et de ne convoiter personne. extraitClaudine, enfant, éteinte et lente, mal aimée par un père violent, parti 3 ans de chez lui, puis revenu, retrouvant Claudine adolescente qui avait sauté sur l'occasion d'avoir un corps conforme aux normes extrait et son père l'avait alors remarquée.

L'autre, Pauline, pas bien humaine mais grunge, cheveu terne, sapée comme un sac, intelligente, mais sauvage, aimant l'amour avec un homme pour la vie, position missionnaire. Son seul truc à elle c'est sa voix J'aime vraiment bien sa voix, y a moyen de faire de jolies choses ... extrait. Elle, petite, avec de l'esprit, vive, plaisait à son père, et puis au retour du père, adolescente refusait d'être coquette comme on refuse de s'avilir extrait. Alors, le père, quand il revint, la rejeta.

Voilà, le père aura décidé ainsi du destin de ses filles. Claudine fera la pétasse pour plaire toujours à son père sans jamais grandir et en mourra. Pauline, plus futée, plus douée, prendra la place de sa soeur, se mettra facilement dans la peau d'une bimbo, car sous ses fringues se cache le même corps que celui de sa soeur, et comme elle a un cerveau, elle, elle mettra le monde à ses pieds, mais y perdra un peu son âme, qu'elle retrouvera avec Nicolas, amoureux des jumelles. Claudine revivra d'une certaine façon en Pauline réconciliée avec la vie. 

Ecriture qui ne manque pas d'humour, ni de mots orduriers, le poids des mots sans doute, avec le choc des images engendrées. C'est tout ou rien, ce style, cela plaît ou débecte ! moi, cela m'indiffère un peu, d'autant plus qu'elle sait aussi écrire de jolies choses.  

Bon, très ciblé, le livre de Virginie Despentes : il faut que les femmes cessent d'obéir aux diktats des médias qui ne pensent qu'à faire du fric : C'est une obéissance aux annonceurs, il faudra que tout le monde y passe. Ils régissent le truc, fil des pages : voilà ce qu'on vend, alors voilà ce qu'il faut être extrait. Là, il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas tort. Deuxième message :  Y a pas, c'est un sous genre, le sexe masculin. C'est même pas les filles qui les affolent à ce point, c'est l'idée qu'ils auront la trique. extrait. L'auteur a un compte à régler avec un certain type d'hommes, et c'est son droit, le milieu qu'elle a choisi de représenter permet sans doute cette polarisation sur le thème bimbo, pétasse, sexe etc .. 

Elle frappe fort Virginie Despentes, mais entre les pétasses et les coincées, il y a de la marge pour s'épanouir sexuellement et aimer, en même temps. Cela se nomme d'ailleurs fort simplement amour. Laissons lui le mot de la fin à cette révoltée de la vie qui trouve des solutions.

"Tu connais un truc qui s'appelle "le juste milieu" ? extrait

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11 avril 2012

Villa Marguerite 1910

villa marguerite

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