20 mars 2011

Cranach

Mouvement : Renaissance allemande

Homme de cour, homme de pouvoir, homme d'argent, homme de commerce, homme de talent, homme d'art, cet homme là fut plusieurs hommes à la fois. La postérité n'a retenu que ses réussites, n'avait il pas ses faiblesses cet homme là, était il plus mercantile qu'artiste ? était il plus un disciple de Machiavel qu'un supporter de Luther ? On ne peut qu'interpréter. 

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Je laisserai aux spécialistes de l'histoire de l'Art le soin de détailler, les couleurs, le décor, le style de ce peintre, je me contenterai de ce tête à tête entre lui et moi, je me coIMG_0162ntenterai d'écrire ce que me disent ses peintures.

Il est né en 1472, apprit les rudiments de peinture avec son peintre de père, passa le flambeau à ses 2 fils qui oeuvrèrent à son atelier avec une petite dizaine de peintres. Certains parlent de 500, d'autres de 1000, en tout cas un nombre imposant de peintures relèvent de son atelier. Spécialisé dans le nu profane, il a peint les vierges et celles qui ne le sont plus. D'un côté, les petites Lolita aux seins ronds, des petites Betty Boop aguicheuses, qui suscitent le désir, de l'autre côté, des femmes plus alourdies, d'une sensualité repue qui évoquent le plaisir. Elles sont toutes idéalisées, blondes au visage assez semblable.

 

 

 

 

 

 

 

  Quand il habille ses femmes, Cranach leur donnent des regards rusés, des lèvres fines au sourire, vorace, complice ou coupable. Et quand leurs visages restent innocents, leurs mains détiennent soit un glaive tâché de sang, soit une tête décapitée ...Diable, diable monsieur Cranach, vous n'avez aimé les femmes que déshabillées, les mêmes, revêtues ne vous plaisaient plus et concentraient alors toute votre misogynie. Pour votre défense, il est vrai qu'à votre époque, cette défiance envers les femmes était monnaie courante.

IMG_0164IMG_0165à gauche la mine déconfite, soumise, de la femme adultère, à droite, la mine rusée d'une femme qui sait comment prendre le pouvoir sur un homme, fut il Hercule en personne, et qui par ce sourire de connivence invite ses comparses à faire de même ... 

Mais au final, peut être s'agit il tout simplement pour Cranach, de répondre aux critères de son époque, de sembler ainsi servir la cause de Luther, de répondre aussi au besoin nouveau de ses contemporains de posséder des oeuvres d'art et de pouvoir ainsi vivre richement de son art. Quant à nous, c'est une belle occasion de nous re-intéresser autrement à cette époque tourmentée de réforme religieuse. Aborder Luther par Cranach, voilà un bon début. 

  

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16 février 2011

Tony Cragg, Messerschmidt

Tony Cragg sculpteur anglais né en 1949 expose 8 de ses oeuvres au Louvre. Il travaille le louvrebois, le bronze, le carbone. Semblable à la nature qui façonne au fil des ans ses rochers, il montre selon le point de vue que vous avez, soit un rocher sculpté par l'érosion, soit un visage de profil (semblable à l'indien sur la route de St Didier; certains y voient un animal, moi c'est un indien) Ce sculpteur joue aussi avec la matière et vous invite ainsi au toucher de l'oeuvre : Pierre ou bois ?

 

 

  

 

 

 

 

Une pieuvre vous attend dans la cour Marly, et quand vous vous approchez ce sont 2 mains qui menacent de vous emprisonner ... un peu tentaculaires !

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Pour continuer la balade, les têtes de Franz Messerschmidt (Sculpteur autrichien  1736-1783) jouent aux moaï, aussi mystérieuses quant à leur signification originelle, mais plus amusantes à interpréter. Messerschmidt prend sa revanche sur ses détracteurs contemporains, et un peu retiré des oubliettes, 

vient nous faire un coucou de l'éternité.

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En histoire de l'art, rien ne se perd, jamais.

 

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12 février 2011

La Pietragalla, Eve et nous

Il y a indéniablement une histoire, celle de la Femme, à laquelle on n'est pas insensible, il y a la grâce, la légèreté, la fougue de cette danseuse étoile, mais il manque ce petit je ne sais quoi qui fait la réussite d'un spectacle. Cela tient à quoi ? non pas aux musiques choisies, non pas à la perception différente qu'offre la danse de la Pietragalla, et qui est une ouverture intéressante, mais peut être à l'insuffisance de technicité qui engendre une frustration. La danseuse étoile ne va pas jusqu'au bout, elle semble dans certaines scènes s'économiser, se reposer presque, mais peut être est ce là, le noeud du problème. La danseuse est rattrapée par le temps qui passe, sa beauté va s'adapter, évoluer, là n'est pas le problème, par contre peut être que la danseuse est limitée maintenant dans son art, et arrivée à son sommet amorce l'inexorable descente.

Et finalement, à la réflexion, on l'accepte, cette histoire là est l'histoire de toutes les femmes qui naissent, vieillissent et meurent. La danseuse est humaine, comme nous. 

La tentation d'Eve devient le destin de chaque femme. La Pietragalla nous le fait vivre en dansant, en souffrant, en étant.

Alors, on découvre au final, que le spectacle est réussi.

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09 février 2011

Ernest Pignon-Ernest

Mouvement : Graffiti Art, Street Art, Art Urbain

 

Ernest Pignon-Ernest est un niçois né en 1942. Dessinateur inspiré entextase2re autres par le Caravage, Le Bernin, il réalise depuis quelques années un travail sur le corps féminin, d'une maigreur ascétique, ses sujets ont néanmoins gardé des seins pleins et des cuisses rondes qui témoignent de l'ambiguïté controversée de l'exaltation religieuse de ces femmes qui ont choisi comme époux le fils d'un Dieu.

Thérèse d'Avila inspirée de la Thérèse de Rome du Bernin, est figurée dans ce premier dessin préparatoire, de manière traditionnelle, genre mater dolorosa romantique.

 

  

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La voilà revisitée, si je puis me permettre, plus féminine, moins religieuse. Femme particulière, Thérèse marqua son époque par son mysticisme exalté. Elle peut faire partie de la lignée des Grandes Amoureuses :

Vivo sin vivir en mi

Y tan alta viva espero

Que muero porque no muero!

Et voilà le dessin final qui figure dans la chapelle des Carmélites, au musée d'Art et d 'Histoire de St Denis.

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Entre les dessins préparatoires et les oeuvres finales, Ernest P-E donne à ses femmes une poitrine encore charnue, étonnante sur un torse tout en côtes : le rêve de toutes les femmes ! et de beaucoup d'hommes aussi. Les cuisses, autre symbole de féminité restent musclées et belles. Les visages que l'on voit peu ne respirent ni la paix ni la joie, mais c'est l'effet recherché, le corps parle à lui tout seul, et selon son auditoire, ce qu'il nous dit est personnel et intime.

        extase20extase19Ernest Pignon-Ernest nous invite à un voyage avec Marie Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila, Marie de l'Incarnation, Madame Guyon. Ce voyage éveille en chacun des réactions, dérange, inquiète, ravit ou provoque le tout à la fois.

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25 janvier 2011

Faites le mur

Mouvement : Graffiti Art

Documentaire de Banksy ou un français Thierry Guetta filme le Banksy masqué, jusqu'à réaliser au final un film sur son propre personnage qu'il baptisera Brainwash et qui montera une exposition réalisable grâce à une multitude d'artisans, exposition qui remportera son franc succès. Guetta est avant tout un excellent commercial, fumisterie ou réalité ?

On découvre dans le film quelques noms du Street Art comme : 

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Invader, artiste urbain français qui souhaite rester anonyme qui se fit connaître par la pose sauvage

de petites mosaïques inspirées de jeux vidéos, comme Spaces invader créé par les japonais en 1978.

 

 

 

 

 

 

 

 

Shépard Fairey artiste graphiste américain né an 1970 connu entre autres pour ses affiches pour soutenir la campagne d'Obama.

Banksy anglais né en 1974. Il utilise, inspiré par Blek le rat, graffitis pochoirs, avec des slogans humanistes ou humoristiques.Banksy_lovers

Banksy qui a réalisé le documentaire Faites le mur et Thierry Guetta qui filme Banksy puis détourne le film à son profit ne font ils qu'un ? peu importe après tout, le sujet du film est l'oeuvre d'art dans la rue, le street art. C'est quoi une oeuvre d'art ? Peut on la dissocier de l'époque où elle a été produite ? Peut on la dissocier des idées reçues, véhiculées par la dite époque ? La réponse pour moi est négative. Vis a vis de ses contemporains, une oeuvre d'art se définit par sa temporalité, soit elle adhère aux idées du moment, soit elle est considérée nulle et rejetée. Puis sortie de son contexte, une fois l'époque achevée, elle reste auréolée de gloire ou restera obscure et oubliée, mais à jamais témoin d'une certaine forme d'art dans l'histoire de l'art. Le marché de l'art ne tient qu'à une époque, une histoire de goût, une histoire pour riches amateurs ou clients inspirés. Alors oui en ce moment fait recette pour certains le street art que ce soit du Banksy, Fairey, Invader et d'autres obscurs qui attendent leur possible heure de gloire. Ils sont plus ou moins talentueux, plus ou moins plagiats, plus ou moins fumistes. 

Mais pourquoi pas ? L'art est dans la rue pour notre plaisir. Et ceux qui souhaitent en faire commerce en ont bien le droit. Nul n'est contraint de les acheter, ces oeuvres non ?

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21 janvier 2011

Invasion

Invader

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20 janvier 2011

Le canyon du Rouchoux

Vous avez remarqué, on a tous une vision différente des choses que nous vivons, ce socascade_rudent souvent les mêmes faits, les mêmes acteurs, mais nous les vivons différemment, en fonction de nos sentiments, nos réactions, nos vécus qui nous sont personnels et que l'on ne peut partager ..

Le Rouchoux nous évoque Patrick et si on regardait autrement ?

Voici une autre façon d'appréhender le Rouchoux : sensations garanties

Bon c'est décidé, nous irons avec Nel descendre ce petit canyon en rappel ou sur les fesses, comme on pourra !!

Revenue sur les lieux début juillet, j'ai interviewé un moniteur ' sportif, madame, si cela vous dit de descendre en rappel une cascade qui fait 17 m, à vous de voir'. Vu, Christian le fera et me narrera ... c'est bien aussi !

Il y a plusieurs toboggans qui se succèdent, je m'en réjouis à l'avance et la cascade finale en douche revigorante doit être ... vivifiante.

Allez regarder les autres photos en cliquant sur le lien ...

http://www.descente-canyon.com/canyoning/canyon/2337/Rouchoux.html

Ouiiii, un peu peur, peut être ..

Bon, bien sûr, aujourd'hui, la cascade du Rouchoux nous évoque, aussi, Marie Françoise.

Y en a encore beaucoup qui vont y retourner au Rouchoux chez les L ?

N'en restent plus que trois.   

 

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10 janvier 2011

Andrée Putman

Un peu décevante cette exposition sponsorisée entre autres par nespresso, c'est comme Georges, beau et chic, Klasse et sobre, en damier noir et blanc, mais cela manque de peps, de gouaille, d'humanité, de vie quoi !

Tout est lisse et froid et aussi glaçant que du marbre. Cette exposition ressemble à une pierre tombale chic, klasse, sobre, mais cela reste quand même une pierre tombale.

Il me semble que l'on a voulu habiller la Dame chic, klasse, et raffinée en dame chic, klasse et raffinée. Il y avait autre chose en dessous. Son regard tour à tour hautain, pétillant, glacial, malicieux, nous laisse sur notre faim.

Mais c'était peut être le but !

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30 décembre 2010

Dame a toujours raison

Ce que Dame veut

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28 décembre 2010

Mondrian

Mouvement : Néoplasticisme

Ce peintre là au parcours si particulier me laisse perplexe. Pieter Cornelis Morldrian naît en Hollande dans une famille protestante en 1872. Il meurt à New York en 1944. mondrian1

Il fait partie d'un mouvement de pensée cet homme là, toujours, que ce soit le groupe de calvinistes, ou le groupe du mouvement De Stijl,  a du mal à trouver sa place, il s'essaye au début de sa vie de peintre aux paysages, sans atteindre l'intensité de ses prédécesseurs, il peint d'une peinture fade et floue, un peu désenchantée, puis il se réconcilie avec les couleurs, est tenté par le pointillisme, le fauvisme, le cubisme et là il réussit de belles réalisations, toujours un peu dans le désenchantement un peu dénué de passion qui semble l'avoir imprégné sa vie durant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il est tenté par le cubisme et peint de belles toiles qu'il colorie tout en nuances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il opte ensuite pour des couleurs primaires, jaune, rouge et bleu, avec les non couleurs noir et blanc. Il minimalise ensuite le trait, le géométrise et arrive à l'abstraction géométrique qui le caractérise le plus et qui le fait ainsi distinguer des autres.

 

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Il peut alors Mondrianiser à souhait.

Si Mondrian vivait par et dans sa peinture, on peut se demander quelle vie il a vécue, solitaire, austère et curieusement fort décorative et pseudo conformiste. A moins que là aussi il n'ait voulu laisser à la postérité la même image que ses tableaux, ceux qui ont fait sa notoriété, ceux qui le définissent comme un Mondrian et rien d'autre. Une réalité qui en cachait une autre. Mondrian se voulait avant tout être un théoricien et laisser à la postérité cette illusion. Fiction ou réalité ?

Vous me laissez perplexe, monsieur Mondrian...

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