27 mars 2015

La frise Beethoven de Gustav Klimt à la Pinacothèque

KlimtBien sûr, il serait outrancier et stupidement restrictif de ne voir en Gustav Klimt 1862-1918 qu'un chantre d'une peinture clinquante avec toute cette pléthore d'or et de petits motifs vivement colorés reproduits à l'infini comme ce fameux Baiser Le Baiser détail Klimtoù l'homme saisit la tête d'une femme agenouillée qui ne doit pas sa chute qu'à la force de ses pieds qui s'agrippent arc-boutés pour se maintenir dans une position fort inconfortable sous l'emprise d'un mâle un brin trop sûr de lui ou pas assez, oui chez Klimt l'homme fait cloche contre le corps de sa compagne jusqu'à parfois la cacher ou la nier. Il y a un je ne sais quoi qui me déplaît un peu chez Klimt. Il aime assurément le corps féminin et joue à le mettre en scène de deux façons soit il le déshabille et le réduit à la femme fatale dont il faut se méfier soit il l'habille et dans ce cas, il fait référence à la mère ou à l'épouse. Dans un cas la femme est nue, sexe souvent bien en évidence, femme-objet par excellence, elle représente à l'époque de Klimt la classe sociale la plus défavorisée, celle qui vit de ses charmes à l'époque où seule la femme de bonne naissance est glorifiée en tant que reproductrice, dot et maîtresse de maison qui n'a intéressé d'ailleurs Klimt qu'à travers des portraits toujours très marqués par son ornementation qui a constitué si je puis dire sa marque de fabrique : mosaïques d'or, couleurs très vives, petites fleurs ou  petits motifs style tapisserie qui envahissent la toile et font oublier le corps. Certes la sexualité féminine à cette époque est soit inexistante, soit considérée comme dépravation ou pire comme maladie, pourtant Klimt ne se prive pas de la représenter dans des attitudes plus jouissantes que jamais, ce qui choqua bien sûr la société bien pensante. Voilà sans doute une des ambiguïtés de Klimt quant à son regard sur la Femme, le plaisir féminin est toujours suspect. Dans la Frise Beethoven  dont une partie est exposée en ce moment à la Pinacothèque Les femmes de Klimt sont généralement belles et hiératiques, les yeux baissés ou le regard ailleurs, ce sont les femmes vertueuses. La vertu est belle.Luxure, lubricité et démesure 1902 Klimt

 La luxure ose, elle, vous regarder dans les yeux bien sûr, la démesure est grotesquement laide, quant aux forces hostiles elles sont décharnées, agressives sexuellement aux visages un peu cadavériques et menacent l'homme

Les Forces hostiles Klimt 1902

Les femmes de la poursuite du bonheur sont soit extatiques à la manière d'une Thèrese du Bernin, soit sans expression avec une bouche qui est soit à demi-close comme un chaste baiser, soit pincée qui va jusqu'à l'absence totale de bouche ! version idéalisée de l'épouse vierge (belle et muette en idéal) et transcendée plus tard par sa maternité obligatoire. Et elles, sont habillées forcément.

La poursuite du bonheur 1902 KlimtKlimt resta célibataire et proche de ses frères et soeurs, il eut une relation amicalo-amoureuse avec la soeur de sa belle soeur Emilie Flöge qui dura jusqu'à sa mort, et un grand nombre de maîtresses de bonne famille ou pas, avec une flopée de jeunes femmes modèles autour de lui : 3 enfants naturels, l'un de Maria Ucicky, les 2 autres de Maria Zimmermann (une source en indique 3). Bon il paraîtrait qu'à sa succession, 14 enfants se prétendaient illégitimes. Réconcilions tout le monde, aucun ne fut cependant reconnu. Klimt si partisan de la sécession en matière d'art apparaît comme un homme du passé partageant les interrogations et les inquiétudes des hommes de son temps entre la fin d'un monde et le début d'un autre où les hommes ne savent pas trop se situer, et encore moins situer les femmes, alors soit ils la diabolisent, soit ils la cantonnent au rôle de mère. Et pourtant, Klimt si précieux et sophistiqué dans son art à la limite de l'art sacré qui frise avec un symbolisme coquinPortrait d'Adèle Bloch- Bauer 1907 détail Klimt presque féminin finalement même dans son érotisme poussé et son goût extrême pour le décoratif, drôle de fin de siècle qui libéra curieusement dans le monde artistique les moeurs, les amours lesbiennes surtout, fort à la mode; Klimt leur donna une grande place au grand dam de la bonne société, dans quel but exactement, voilà une autre ambiguïté je trouve. Bon ne cédons pas à la tentation réductrice de ne limiter Klimt qu'à ce peintre du rutilant obsédé par le sexe féminin, il était un excellent dessinateur et coloriste, un excellent peintre en somme Tête d'homme allongé Klimt 1886-1888

mais ... Bien, l'on sent je vous l'accorde un petit parti-pris de ma part, il y a un petit quelque chose qui me dérange chez Klimt. Bon  allez juger vous même si le coeur vous en dit, Klimt est rare chez nous quand même, allez voir l'exposition de la Pinacothèque intitulée 'Au temps de Klimt, la Sécession de Vienne' où vous trouverez également la célèbre Judith sur laquelle je reviendrai dans un autre message, et vous y trouverez peut être une pépite, moi ce fut Egon Schiele avec deux tableaux seulement exposés. Et j'y reviendrai sur ce Schiele beaucoup plus complexe que Klimt, quoique à la reflexion, ce n'est pas si sûr. A vous revoir donc monsieur Klimt.  

Pommier Klimt 1912

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20 février 2015

Théophile Alexandre Steinlen 1859-1923

Affiche Steinlen 2

Diversifié ce Théophile Alexandre Steinlen né en Suisse en 1859, il abandonne des études de théologie pour créer des motifs pour tissus à Mulhouse puis à Paris chez Demange, montmartrois il fréquentera Toulouse-Lautrec, Allais, Bruant, Vallotton. Ses affiches fort décoratives feront sa célébrité, mais il illustrera aussi des livres, et se distinguera par ses caricatures dans des revues politiques comme Le Chambard SocialisteAu mur des Fédérés Steinlen dit Petit Pierre

où il défendra les insurgés (Hommage aux 147 fédérés de la Commune fusillés en 1871), les miséreux, les milieux ouvriers et populaires. Mais ce tendre adorera les chats qu'il peindra à tire-larigotApothéose des chats 1885 Steinlen

précurseur des Aristochats avant Disney, il sera aussi sculpteur animalier, il se consacrera également aux nus

nu endormi

scènes de rues et croquis de guerre.

scène de rue 1904 Steinlen Au Petit Palais un tableau bon enfant et joyeux dans des teintes mates et fumeuses un 14 Juillet populaire bien évidemment ! 14 Juillet - 1881

    

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17 février 2015

Fernand Pelez 1848-1913

Dans la famille Pelez, originaire de Cordoue, il y a d'abord le père Raymond Pelez (Jean Louis Raymond Pelez Fernandez de Cordoba) 1815-1874 dessinateur et illustrateur, puisPelez 1 il y a l'oncle Fernand Pelez de Cordova 1820-1899 peintre naturaliste et pour finir il y a le premier fils Raymond Pelez dit Chalumeau 1838-1894 , peintre et illustrateur, alors pour Fernand le second fils né en 1848, il n'y a pas d'autre voie que de suivre. Il fera les Beaux Arts, sera élève de Cabanel puis débutera comme peintre d'histoire. Il se rapproche du mouvement dit naturalisme (qui s'intéresse au monde laborieux paysan et ouvrier) sans connaître une notoriété comme certains de ses confrères. C'est un peintre des humbles qu'il côtoie dans son quartier à Montmartre où il avait son atelier. C'est un peintre à la Zola englouti par la grande vague soulevée par les impressionnistes, oublié comme tant d'autres mais le monde de la peinture est assez vaste pour tous les contenir. Deux toiles vues au Petit Palais, Les saltimbanques qui sera exposé au salon de 1888, La vachalcade

Pelez 2

qui représente un défilé carnavalesque à Montmartre organisé en 1896 et 1897, défilé qui se moquait du traditionnel défilé du boeuf gras qui consistait entre autres à faire promener un boeuf décoré par la confrérie des bouchers, fête carnavalesque dont l'origine est ancienne qui connut un grand succès au XIX. Cette vachalcade ou cavalcade d'une vache enragée( en rapport avec la misère des artistes) s'accompagna d'une tombola et d'un concert au Moulin rouge au profit des artistes déshérités de Montmartre. 

Pelez 3

 Une autre toile vue dernièrement à Senlis au musée d'art et d'archéologie qui célèbre une jeune asphyxiée par des émanations toxiques d'un poêle déficient.

Une dernière installée récemment à la place de la Vachalcade en balade  Sans Asile  qui met en scène des miséreux qui viennent d'être explulsés, réalisée en 1883. 

Pélez 1883

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05 février 2015

Marcel Gromaire 1892-1974

Celui là, chère Anthologie de la peinture (une de mes références vénérées) je l'avais oublié, certes une peintureLa Guerre 1925 Gromaire

'La Guerre' ne m'était pas inconnue, mais ne me donnait pas envie non plus d'aller plus loin, tant elle est rébarbative, par son sujet bien sûr, par le choix trop réaliste d'un style brut de pomme si j'ose dire, par ses couleurs un peu trop ternes. Bon, en même temps, ce sujet précis n'est pas fait pour faire envie ! alors c'est réussi Marcel, il n'y a rien à dire de plus. La guerre, il l'a faite Marcel Gromaire, blessé en 1916, il sera ensuite interprète auprès des américains à Saint Nazaire. Il peindra ces farouches soldats, automates pour tuer ou être tués, en 1925.  Et puis toujours au musée Carnavalet, un autre tableau de Marcel Gromaire ignoré de moi ou oublié je ne sais,Place Blanche Gromaire 1925

Place Blanche de la même année que La Guerre, aux couleurs plus éclatantes, au dessin un peu moins rude, mais tout aussi dérangeant par sa froideur figée; sa peinture reflète sa vision de la vie, où il dénonce : la guerre qui envoie les hommes à la mort, la misère ouvrière, les vices des bourgeois qui s'encanaillent la nuit, dans des bars aux bras d'une jolie femme indifférente et résignée à recevoir un hommage qui lui pèse mais qui la nourrit. Le corps de cette jeune femme irradie de clarté offert à la lumière et à tous, seul le visage fermé est assombri et désabusé. Marcel Gromaine se détendra d'ailleurs en peignant des nus féminins érotiques, aux formes fermes et rondes. Ses paysannes au bain, ressemblent plus à des naïades aguicheuses qu'à des paysannes, dans un décor digne du Douanier Rousseau.Les paysannes au bain

Personnalité multiple Marcel Gromaire. Il dénonce primitivement et rudement, il aime joliment presque mièvrement et oui, il aime les jolies femmes vénales ou pas; moins critique, plus bienveillant, plus décoratif, presque plus joyeux. Ses nus constitueront plus de la moitié de son oeuvre graphique. Un volcan sous un glacier, Marcel Gromaire. 

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30 janvier 2015

Robert Delaunay

Photo R Delaunay

Mari de Sonia Delaunay mais pas que .. elle c'est la pragmatique dans le couple, elle Disque (le premier disque) 1913utilise son art pour faire vivre le couple, elle assure les produits dérivés, reproduction de ses volutes multicolores sur tissus d'ameublements, manteaux, robes, lui Robert c'est le créatif obnubilé par la perception des couleurs par l'oeil humain qu'Eugène Chevreulcercle chromatique de Chevreul

(chimiste et directeur des laboratoires de teinture à la manufacture des Gobelins) étudia; ce dernier inventa la roue des couleurs qui représentent les trois couleurs primaires que sont le rouge, le jaune et le bleu, et les couleurs secondaires obtenues en mélangeant deux couleurs primaires. L'utilisation des couleurs fut transformée et ce sont les impressionnistes qui l'expérimentèrent. Robert Delaunay en fit son cheval de bataille, avec des carrés, des cercles colorés en faisant vibrer la couleur comme des notes de musique sur une partition, je vous l'accorde cette jolie phrase ne Soleil, Tour, Aéroplaneveut pas dire grand chose, mais je laisse la parole à notre peintre musicien ' je jouais avec les couleurs comme on pourrait s'exprimer en musique par la fugue. Son ami Guillaume Appollinaire invente à ce propos le terme orphisme, Delaunay préférera le terme de simultanisme : La juxtaposition de certaines couleurs crée une sensation que l'oeil interprète comme un mouvement. Et Delaunay donne du mouvement à ses toiles en les faisant parfois tournoyer; c'est intéressant et fort décoratif.Champ de Mars La tour rouge 1911 reprise vers 1923

Travail sur les villes  la tour Eiffel, la ville de Paris, l'église Saint Séverin.La ville de Paris 1912

Cela flirte avec le cubisme, mais c'est plus vivant et coloré et ça bouge plus, ça swingue ! Robert Delaunay qui est né en 1885 est une sorte de fils à papa en opposition à son père, ce qui est incontournable, alors il sera anticonformLa Ville 1911iste tout en gardant un dégoût certain pour tout ce qui concerne les contingences matérielles de la vie, Robert Delaunay est un esthète plus intéressé par le côté épique de la vie que par son côté matériel. Autoportrait 1906 Robert Delaunay

il est certain que Sonia le protégera toujours de la réalité de la vie. Il est passionné par les performances technologiques que permet entre autres la fée électricité; du côté pictural, il touchera à tout ce qui l'entoure, impressionnisme, fauvisme, divisionnisme, cubisme, il s'intéressera particulièrement à la lumière, au mouvement, à la couleur : ' La lumière dans la Nature crée le mouvement des couleurs.' Bon, l'exposition que lui consacre Beaubourg est une ébauche restrictive, pour plus de détails voir le message consacré à Sonia Delaunay. Robert Delaunay fut réformé en 1916 et passa 7 ans en Espagne.St Séverin 1 1909

Il me faudra attendre une exposition plus complète pour bien saisir le peintre. Bien sûr après guerre il continua à peindre un peu, beaucoup moins cependant que ses jeunes années et s'attela à la décoration du palais de l'air à l'exposition universelle de 1937, mais ce ne sont plus ses années fastes, un peu d'usure sans doute  due à des problèmes de santé qui causèrent sa mort prématurée en 1941.  Allez un petit peu encore pour terminer ce message pas vraiment réussi, j'en conviens, un peu de froideur de ma part, la rencontre entre Robert et moi ne s'est pas vraiment faite. Un rendez vous à re-provoquer ... Quand vous voudrez monsieur !Les trois fenêtres la Tour et la Roue 1912

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07 janvier 2015

Marcel Duchamp

Yvonne et Madeleine déchiquetées 1911 M

Pas facile d'être un Duchamp entre un Villon qui fait une belle carrière et un Duchamp-Villon qui s'illustre dans la sculpture, alors celui qui reste simplement Duchamp mais Marcel se marquera autrement et voilà comment sont nés les ready-made, voilà comment par provocation amusée mais déterminée Marcel Duchamp a marqué son siècle et est devenu le père de l'art contemporain. C'est bien la seule paternité qu'il aurait peut être aimé revendiquer, qui sait, avec Marcel si burlesque dans le choix du nom de ses peintures, si enclin au mystère qu'il déclenche ainsi Marcel Duchamp

la Mariée mise à nu par ses célibataires même ou grand verre, c'est rigolo, quand on pense à ses deux mariées à lui, la première mariée éphémère de sa vie épousée par erreurMariée 1912

 et la seconde épousée en 1954, joueuse d'échecs elle aussi,  bien sûr on galèje dessus aimablement en évoquant une mère plus proche de ses 3 filles que de ses 3 garçons, une soeur un peu trop aimée Suzanne A propos de jeune soeur 1911 M dont les 2 mariages auraient pu être à l'origine de cette réflexion sur la mariée, d'autres y voient aussi de l'érotisme, très anatomique quand même cet érotisme où la mariée est un jeu de tuyauteries fort compliqué et l'amour une histoire de chimie; ce Grand Verre a pris 10 années de sa vie à Marcel de 1912 à 1923.  mais sa dernière oeuvre découverte après sa mort Étant donnés : 1 la chute d'eau, 2 le gaz d'éclairage l'a occupé durant 20 ans de 1946 à 1966, cette oeuvre est encore plus énigmatique et provoque là aussi divers interprétations, le corps représenté est celui d'après moulage d''une amante follement aimée Maria Martins 1894-1973 repartie dans son Brésil natal, intéressante cette femme là d'ailleurs sculptrice qu'il connût à New York, elle tient dans la main un bec Auer allumé, certains y voient le mythe de Psyché, symbole de son amour impossible avec Maria mariée, d'autres y voient un être hybride à la manière de Rrose Sélavy, réalité ou Etant donnés 1° la chute d'eau 2° le gaz d'éclairageapparence trompeuse ? Lui seul aurait pu l'expliquer si tel avait été son désir, mais Marcel Duchamp reste une énigme, un talent indéniable de peintre stoppé volontairement, un talent plus discutable de plasticien paresseux et farceur avec ses zônes d'ombre. Marcel Duchamp est devenu un lent jouisseur de la vie, du temps qui passe, il aura pleinement vécu sa vie sans trop de contrainte, libre, je crois, avec ce don de s'inspirer des autres avec une originalité particulière. Né en 1887, il fréquente l'école Julian durant 1 an, ses premières toiles qui comptent  d'influence cézanienne sont La Partie d'échecs (jeu cher aux Duchamp) reprise en version cubisteLa Partie d'échecs 1910Joueurs d'échecs 1911

et le portrait de son père en 1910Portrait du père de l'artiste M

 en 1911 il réalise des nus d'inspiration fauvienne, Il s'essaie au symbolismePortrait du Dr Dumouchel 1910 Met trouve un mode d'expression assez plaisant dans le cubisme en mouvement, son Nu descendant l'escalierNu descendant dans l'escalier n°2 1912

en 1912 toile qui sera décriée par ses propres frères, ce qui le blessera un peu ou son jeune homme triste dans un train 1911-1912 sont intéressantes, tout autant que le sont les titres, comme Le roi et la reine entourés de nus vites en 1912Le Roi et la Reine entourés de nus vites 1912les corps chez Duchamp roulent mécaniquement sur eux même dans une lente chute qui n'appartient je crois qu'à lui. Et ce sont à mon avis ses plus belles créations. Il est à ce moment là très productif, il chemine vite et puis à partir de 1912-1913, il regarde d'un autre oeil l'art, en conteste les valeurs défendues jusque là, il revendique une liberté, celle de penser autrement et de relativiser les valeurs imposées. En 1913, il peint une broyeuse de chocolatLa Broyeuse de chocolat 1914 où dit-il le Célibataire broie son chocolat lui même, facétieux Marcel Duchamp qui ne songera plus alors qu'à provoquer par ses ready-meade, ce qui est pour l'époque scandaleux, impensable, voilà c'est presque terminé pour Marcel Duchamp sa carrière de peintre. Il commencera à réfléchir à sa mariée mise à nu qui ne reproduit rien de neuf d'ailleurs, par rapport à ce qu'il a déjà peint. Il donne vie en 1921 à sa Rrose Sélavy qu'on peut lire Eros, c'est la vie' Rrose Selavycar Duchamp aime les jeux de mots, calembours, ce double féminin qui ajoute du mystère ou qui témoigne de son humour dadaïste. Il vivra aux États Unis, reviendra, repartira, ira en Belgique, jouera aux échecs avec passion, ses amis seront Picabia, Man Ray, Peggy Guggenheim, en 27 sans le sou il épousera puis divorcera 6 mois plus tard. Il participera à plusieurs élaborations d'expositions. En 1954 il se remarie et sa toile Les joueurs d'échecs est achetée par le Musée d'Art moderne. En 1955 il adopte la nationalité américaine. Il meurt en 1968 à Paris auprès de sa seconde épouse.  

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18 novembre 2014

Les vanités

Vanité 1

Vain, du latin vanus qui signifie vide. Vaine la fragilité des biens terrestres avec une mort inéluctable. Quelles sont les solutions pour ne pas tomber dans une vaine dépression ? soit adopter une philosophie épicurienne ou stoïque telle les intellectuels grecs avec le Carpe Diem d'Horace : incitation à profiter des plaisirs simples de la vie avec modération, au jour le jour.(Le célèbre Vanité des vanités, tout est vanité daterait, lui, du III siècle avant Jésus Christ et est tiré d'un livre L'écclesiaste qui fait partie de la Bible hébraïque et qui très grosso modo donne le même message). Soit se retourner vers le christianisme qui offre une espérance en une vie éternelle. Les premières vanités sont des natures mortes qui datent du II et III siècles avant JC et qui ont disparu, ne subsistent que des fresques murales retrouvées à Pompei, Herculanum ou autres fouilles. Les mosaïques dites au sol non balayé (asaroton)sol non balayé

sol non balayé détail

sont les premières natures mortes en décomposition, prémices des futures vanités qui illustreront la finitude humaine. Durant 1000 ans, l'objet n'est qu'accessoire dans une scène toujours religieuse et la nature ne réapparaît qu'avec la Renaissance italienne, notamment avec Giotto. La mort omni-présente par les épidémies, les guerres est prise en main si j'ose dire par l'église qui propose aux pêcheurs de sauver leur âme, la mort est alors représentée par un squelette,

Danse macabre détail

les Danses Macabres à l'honneur montrent l'égalité sociale de la mort, on en arrive même à représenter la décomposition du squelette avec les Transis.

Le squelette

Les jésuites brandissent des têtes de mort, pour maintenir les âmes dans la peur de la mort, version moderne du Memento Mori (Souviens toi que tu vas mourir) qu'un esclave susurrait parait-il à l'oreille des généraux romains triomphants, ce qui avait moins d'effets que le christianisme nettement plus virulent dans ses actes. A partir du XVI  le crâne prend le pas sur le squelette. Le Golgotha (cité dans les évangiles, à l'emplacement demeuré inconnu) dont le nom signifie crâne était une colline située à l'extérieur de Jérusalem, colline où les romains crucifiaient leurs condamnés, où fut crucifié aussi Jésus. La tradition religieuse veut que l'on aurait aussi retrouvé en ce lieu le crâne d'Adam, ce qui explique que l'on retrouve des crânes d'Adam dans les toiles de crucifixion au pied de la croix.Hans Memling 1491 La crucifixion

Le crâne devient un must au XVII dans toutes les vanités qui fleurissent alors en Hollande et qui s'étendront ensuite en Europe. A ce crâne s'ajoutent des objets, des fruits, des fleurs à la symbolique forte comme le sablier, la bougie, la bulle de savon, les pierres qui se lézardent, objets symboles du temps qui passe, symboles de la fragilité de la vie, d'autres comme la pivoine symbolise la prospérité, la tulipe fleur hollandaise qui connaît un vif engouement au 17è est signe de richesse vaine, les livres sont vanité du savoir, la pipe, le vin représentent les plaisirs futiles, le miroir (qui peut se casser facilement comme le fil de la vie) où l'artiste contemple son reflet vieilli, etc

vanités aux portraits 1651

Et symbole suprême de la putréfaction, la mouche apparaît dans les vanités comme un mémento mori, elle peut aussi être servir de faire-valoir du talent de l'artiste, autre vanité plus subtile !

La vierge à l'enfant Carlo Crivelli 1480

Elle peut aussi symboliser la Passion du Christ comme dans le tableau de Crivelli.

Crivelli 1480 détail

Les vanités disparaissent du XVIII siècle pour ré-apparaître à la fin du XIX  jusqu'à nos jours. Mais elles ont perdu leur sens premier strictement religieux et moral. L'angoisse de vieillir a supplanté celle de mourir, une nouvelle angoisse collective face aux catastrophes naturelles, au terrorisme, aux crises financières et politiques nous ramène d'une autre façon à notre humble condition humaine et peut être nous protégeons-nous de nos peurs en nous riant de la mort en la portant comme colifichet (boucle d'oeille, tête de mort sur t-shirt etc ..) en essayant de l'apprivoiser cette mort à travers l'art contemporain qui re-visite d'une manière provocante, humoristique, les vanités du XVII siècle. Un message entier pourrait y être consacré d'ailleurs.    

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14 novembre 2014

Léon Lhermitte 1844-1925

Les Halles Léon Lhermitte

Vu au Petit Palais musée de la ville de Paris qui vaut vraiment le détour, donc vu récemment un tableau de ce peintre du mouvement dit  naturalisme qui peignit de grandes toiles célèbres en son temps, toiles qui témoignent aujourd'hui d'un Paris, d'une France disparus. Les Halles vers 1900

Les Halles (décor principal du Ventre de Paris d'Emile Zola) près de l'église Saint Eustache furent remplacées (ré-aménagées à Rungis)Les Halles 1970

dans les années 70 par la construction d'une gare RER Chatelet-Les Halles, d'un centre commercial souterrain le Forum des Halles et d'un jardin. Depuis 2011, ce quartier est à nouveau en rénovation jusqu'en 2018 où tous les travaux seront achevés.

Léon Lhermitte était un excellent dessinateur, il fera les Beaux Arts. Il vivra de gravures faites entre France et Angleterre puis à partir de 1874 il sera reconnu au salon, il fait partie de ceux qui sont aujourd'hui un peu oubliés. Cette famille compte 2 neurologues réputés et un acteur.

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09 novembre 2014

Le marché aux chevaux - Rosa Bonheur

Le marché aux chevauxAu musée du cheval à Chantilly qui a ouvert après restauration en Juin 2013, une rencontre avec une Dame dont la personnalité me séduit : l'artiste peintre Rosa Bonheur. Ce n'est pas un original, c'est juste une lithographie d'après une étude d'un tableau célèbre Le marché aux chevaux peint en 1853 qui appartient au Musée Métropolitan de New York. Rosa Bonheur réalisa plusieurs études de ce tableau durant 1 an et demi, effectuées dans les écuries ou marchés de la région parisienne. Cette toile connut un grand succès et fut largement diffusé grâce à la gravure. Elle connaîtra avec ce tableau une renommée internationale. Cette lithographie fut gravée en 1857 par Thomas Landseer à Londres.

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31 octobre 2014

Sonia Delaunay au Musée d'Art moderne

Dit Petit Flamenco détail 1915 Sonia Delaunay

De la couleur, du mouvement, du paraître, un goût certain pour les objets du quotidien, les marquer de son empreinte, décorer couverture, coffrets, abat jour, livres, vêtements et murs, une vitalité à toute épreuve.  Il y a un vide chez Sonia une rupture d'enfance qu'elle comblera par de la couleur, par une hyperactivité artistique et sociale.Sonia Terk 1901

Elle ne mentira jamais, elle éludera toujours, elle dissimulera ce qui l'ennuie. C'est une force de vie qui l'aidera tout au long de sa vie : éluder ce qui fâche et sourire toujours. Née en Russie en 1885 dans une modeste famille, Sarah Stern devient à l'âge de 5 ans Sofia ou Sonia Terk, du nom de son oncle maternel avocat à St Pétersbourg qui l'éduquera. Elle ne reverra jamais ses parents. Elle bénéficiera ainsi d'une éducation bourgeoise. Son oncle Henri Terk est un érudit féru d'art. Sonia dira de rares fois qu'elle n'aimait pas sa mère, ni sa tante non plus. Elle comblera ce manque d'amour donné, ce manque d'amour reçu, en se concentrant sur son devenir : émerger du lot et briller.  Sonia entre dans l'atelier de Schmidt-Reutter, en Allemagne en 1903 et y apprend les bases.Autoportrait 1904 Sonia Terk

Bord de l'eau 1906 Sonia Terk

En 1905, Paris où elle s'inscrit à l'Académie de la Palette, elle sera adoptée par la colonie russe. Elle se passionne pour les fauves,Deux fillettes finlandaises 1907 Sonia Terk

Cezanne, la gravure et se lie à Wilhelm Uhde collectionneur et marchand d'art. Philomène 1907 Sonia Terk détailElle commence à broder en 1908

Broderie

Objets réalisésCouverture

elle épouse Uhde en décembre, un arrangement confortable, elle y gagne le droit de rester à Paris et de connaitre ainsi tous les peintres qui percent : Braque, Derain, Dufy, Vlamink, Picasso, Robert Delaunay. Elle appréciait l'amour de l'art d'Uhde, elle découvre l'amour avec le peintre Robert Delaunay exalté, imprévisible, talentueux, fou de couleurs comme elle. Il y a chez Sonia une soif d'absolu, une exigence extrême où l'art est omnipotent. Robert Delaunay incarne cette particularité dont a besoin Sonia pour pouvoir aimer; il la stimule, comble son besoin d'énergie.Les Delaunay

 Qui est le maître dans ce couple ? Difficile à dire. Elle, est l'organisatrice, la gérante, la garantie de leur union. La peinture est leur façon de s'aimer jusqu'à la jouissance, lui se laisse guider par son besoin de peindre, elle, assure le tout. En 1910 elle l'épouse. En 1911 naissance d'un fils. Elle commence ses premiers abat-jour simultanés appliquant la théorie de Chevreuil sur le contraste simultané (contraste constitué par des couleurs perçues simultanément).Recherches pour PublicitésElle réalise ses premiers collages, des reliures en papiers appliqués et en déchets de tissu, elle fait des coussins, des gilets. 'La couleur l'excite' dit elle. Séductrice, Sonia Delaunay s'entourera toujours d'hommes talentueux et fragiles, Apollinaire, Blaise Cendrars, André Breton Louis Aragon, Philippe Soupault, Tristan Tzara, René Crevel, Joseph Delteil, Vladimir Maïakovski. Ces poètes seront un temps ses amis, mettront son art du costume en poèmes, beaucoup auront une destinée tragique, mais un temps ils auront traversé le ciel de Sonia, l'illuminant d'étoiles ... simultanées. Sonia aime s'amuser, le balBal Bullier 1913

Bullier est aussi un prétexte pour exposer ses robes qui bougent au rythme du tango ... simultanées bien sûr.Le bal Bullier détail 1913 Sonia Delaunay

1914 Robert réformé, ils partent en Espagne, puis au Portugal où les marchés de pastèques, melons, les costumes, la musique inspirent Sonia.PortugalMarché au Minho 1915 S DelaunayLes mouvements des corps et des couleurs  se contrarient et donnent un rythme.Chanteurs de flamenco 1915 S- Delaunay

 Cette guerre amènera pour Sonia la fin de sa rente provenant de biens immobiliers de Russie, en 1917 les bolcheviks nationalisent, Sonia est ruinée. Mais la rencontre avec Serge Diaghilev la sauve en lui proposant de créer les décors et costumes d'un ballet Cléopâtre.CostumeSonia décide alors d'arrêter de peindre pour gagner sa vie. Décor de théâtre, ouverture d'une casa Sonia en Espagne où elle vend ses objets, robes, chapeaux, meubles, tissus.Scène d'intérieur 1922 Sonia Delaunay gouache

La vente d'un tableau les aide à se ré-installer à Paris vers 1921. Sonia s'attèle aux costumes d'une pièce 'Coeur à gaz', d'une fête de charité. Sonia Delaunay crée sans arrêt tissus, robes et manteaux.Manteau

 L'exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 la consacre avec sa boutique simultanée.S Delaunay

Atelier simultané

Robe du soir 1926 Delaunay

Elle créera même l'habillage d'une voiture. Financièrement cela dérape un peu, Sonia continue cependant ses travaux alimentaires. Lors de l'exposition Internationale de 1937 les Delaunay décorent 2 pavillons dont le Pavillon de l'Air.Décoration 1937Elle expose au salon des Tuileries, au salon des Réalités nouvelles des Rythmes qui rappellent un peu certaines toiles de Robert Delaunay . Et puis c'est la guerre et l'exode.Rythme couleur 1939

 La mort de Robert en 1941 la laisse désemparée. Elle se consacre à l'exposition rétrospective de son mari en 1946 et à son oeuvre. Elle renaîtra en 1953 à la peinture, la sienne. En 1960 elle peint un jeu de cartes esquissé lors de sa jeunesse.Composition

En 1966, elle rencontre son dernier poète Jacques Damase, elle réalisera autour de ses poèmes 11 pochoirs. Elle recrée des tapis, des lithographies, des décors, des costumes, des toiles

Rythme couleur 1965 Elle meurt en 1979.  

Sources : Sonia Delaunay de Dominique Desanti

Sonia Delaunay rythmes et couleurs

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