03 décembre 2012

Hiroshige 1797-1858

L'ukiyo-e, terme japonais qui signifie images du monde flottant, le monde qui passe, est un courant artistique datant du 16ème siècle qui produit des estampes servant initialement à illuster des récits, et qui rapidement sera un art à part entière. La société japonaise évolue au profit d'une bourgeoisie citadine  qui va découvrir le tourisme. Les artistes peindront les lieux visités, tels les Monts Fuji et Oyama, les cultes religieux, les lieux de pélérinage. Cela génèrera un marché économique nouveau, où restaurants, maisons de thé, éditeurs d'estampes deviendront prospères.   

 Le XIX ème siècle dans sa seconde moitié artistique délaisse le clacissisme, va peindre en pleine nature, avec ses tubes de couleurs, puis en réaction préfère peindre en petites touches de couleurs, laisse place aux émotions et découvre aussi l'art japonais, avec ses paysages, ses personnages, ses scènes de vie délicatement dessinées, aux riches couleurs. Les impressionistes sont sensibilisés à cet art, et beaucoup s'en inspireront un temps, Monet, Renoir, Mary Cassatt, Degas, Van Gogh, Cezanne, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Henri Rivière 1864-1951, Pissaro ...

La Pinacothèque nous illustre à sa façon un peu trop partisane à mon avis cette tendance japonisante chez Van Gogh ..2 lieux différents, l'un consacré à Van Gogh avec des reproductions des estampes de Hiroshige, l'autre consacré à Hiroshige.

Utagawa Hiroshige 1797-1858

5000 estampes, 120 livres illustrés; Issu d'une famille cultivée et aisée, Hiroshige a intégré un atelier d'estampes, élève d'un Utagawa Toyohiro,  spécialiste de vues célèbres. Sa notoriété commencera quand son oeuvreRive du fleuve ÖI à Kanaya

Les 53 étapes du Tôkaidô sera éditée en 1833-34. Le Tôkaidô est une route célèbre reliant Edo (Tokyo) à Kyoto, 500 km qui longeait la mer et nécessitait 15 jours de marche. A chaque étape, il y avait un temple, une auberge, une maison de plaisirs. Cerisiers du soir à Nakanochô dans le Yoshiwara détail

Cette bande dessinée en 2 volumes eut un succès immédiate. 

69ème station Kusatsu détail

 

 

 

 

 

 

 

Fort de ce succès il se mit aux 69 étapes du Kisokaidô, avec un ami Eisen.

 

 

 

 

 

Plus longue, plus difficile cette route 65ème station Takamiya détailétait empruntée par des moines, des pèlerins des samouraïs.  

Et puis pour terminer sa carrière, pour clore sa vie, et pour le plaisir, Hiroshigue réalisa les 2 dernières années de sa vie, les 100 vues célèbres d'Edo. Il privilégia la perspective, les couleurs, rouge et bleu de Prusse, les paysages, au détriment de la réalité historique.     

    

 

Pluie soudaine à Shôno détail

C'était pour moi une première vraie rencontre avec l'art japonais. La foule dont je faisais partie fut difficilement conciliable avec une étude même superficielle des oeuvres, je ne suis pas patiente, faire la queue pour voir une oeuvre m'insupporte !!! A refaire donc un autre jour, autre lieu, si l'occasion m'est donnée à nouveau.    

série des 100 vues célèbres d'Edo

 

 

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10 octobre 2012

Henry-Eugène Delacroix

La Lutte pour la vieHenry-Eugène Delacroix.

Un autre naufrage sans doute où il ne fait pas bon d'être femme ! Néo classique le style, si différent du radeau de la Méduse, naufrage dont  je ne connais pas l'histoire, les plus forts restent à bord, les femmes nombreuses au demeurant sont éjectées avec force mais s'échouent gracieusement, voluptueusement, charnellement, sensuellement ... toute peinture a son histoire, celle là mériterait que l'on en connaisse plus ... au diable les métaphores supposées, les symboles possibles ... bien sûr, il ne s'agit peut être que d'illustrer ainsi une des théories de Darwin 1809-1882( La loi du plus fort), peut être est elle sexualisée : hommes prédateurs se battant contre femmes proies et concurrents possibles ..... 

on constate quand même une certaine jouissance du peintre à manipuler les corps, à mettre en valeur les muscles masculins, les rondeurs féminines ...

 

    Détail

 

 

 

le repentir est une partie du tableau retouchée par le peintre

Henri-Eugène Delacroix  Henry Eugène Delacroix est né à Solesmes le 16 janvier 1845 de Henry Delacroix et d'Eugénie Ménard. Il fera les Beaux Arts à Paris et aura pour maître Cabanel, c'est dire qu'il est classique, il peindra moults fresques décoratives, pour la salle de mariage de L'Hay les Roses, pour la mairie de Solesmes, pour l'église Saint Julien de Saint Lys en Haute Garonne et sans doute pas mal d'autres lieux, ce peintre connut une notoriété certaine. Il meurt en 1930

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09 octobre 2012

Théodore Géricault

Pas aisé de voyager quand on est un tableau, fragile, qui mesure  7 mètres de largeur, pour une hauteur de 4m91, alors on ne voyage pas ! Le Radeau de la Méduse est donc resté au Louvre, seules les études préparatoires nombreuses ont fait le voyage, de Lille, de Paris, d'Angers, de Montauban , de Montpellier....

Tête d'étude d'après le modèle Gerfant

Pourquoi Géricault à Clermont ? Fin 1860, le duc de Morny donne à la ville de Clermont une étude de tête de Géricault pour le tableau de la méduse. Ce tableau connaîtra l'oubli jusqu'à même faire douter de son authenticité. Je passe les batailles d'experts .... Restauré, à nouveau attribué à Géricault, cette tête d'étude sert de prétexte à nous faire découvrir la démarche d'un peintre qui décida d'immortaliser un drame maritime scandaleux.

 

Géricault a longtemps travaillé à son tableau par une production de croquis, esquisses, tableaux réalistes de membres amputés provenant des cadavres de l'hôpital,

Fragments Anatomiques Etude musée Fabre

 

il a utilisé comme modèles, outre les cadavres, des rescapés du nauffrage comme Corréard et Savigny, des amis malades, des rapins et enfin des modèles professionnels . Son tableau final sera plus idéalisé, plus classique, mais les couleurs cadavériques, les expressions de Etude du pèreEtude du père tenant son fils sur les genoux mine de plomb et crayon noir

 

Tête d'étude pour le père du Radeau de la Méduse

Père du radeau de la Méduse

souffrance le distinguent d'un tableau néoclassique.     

 

Le drame maritime : En 1816, Louis XVIII est roi, les ultra-royalistes s'imposent et s'opposent aux libéraux. Le 17  juin 1816, La Méduse embarque  pour le Sénégal avec 396 personnes parmi lesquels, Savigny chirurgien, Corréard ingénieur géographe, 2 compagnies du bataillon d'Afrique où se mêlent Hommes de toutes les couleurs, cette frégate est sous les ordres d' Hugues Duroy de Chaumareys, ancien émigré officier de la vieille marine royale qui n'a pas vu un bateau depuis 25 ans. La Méduse est accompagnée de 3 autres bateaux L'Echo, l'Argus et la Loire.

Etude pour Corréard et Savigny

A la suite d'une erreur de navigation, La Méduse s'échoue sur du sable sur le littoral mauritanien, précisément sur le banc d'Arguin le 2 juillet.   Le 3 juillet pour suppléer au nombre insuffisant de canots, un grand radeau est construit, la Méduse le remorquera. Ordre est donné de couper les amarres et le radeau sur lequel 147 passagers se sont installés est laissé à la dérive. Dans la nuit du 6 au 7 Juillet, imbibés d'alcool, les nauffragés se battent, soldats contre notables dontEtude pour Savigny et Corréard

 Corréard et Savigny font partie. 45 passagers sont tués. Quelques naufragés affamés consomment des lanières de peau séchées des trépassés. Dans la nuit du 8 au 9 une nouvelle tuerie élimine une bonne soixantaine des sinistrés. Le cannibalisme se généralise et le 13 juillet, les valides jettent à la mer les blessés : la cantinière Marie Zaide seule femme à bord du radeau en fait partie. Le 17 juillet, l'Argus sauve les 15 survivants, 5 mourront peu après. Savigny fait un rapport du naufrage.  Chaumareys est mis aux arrêts en Octobre, il sera condamné à 3 ans de prison. Savigny et Correard publient un récit qui fera sensation en Novembre 1817.

La Mutinerie sur le radeau

Géricault le lit, rencontre les 2 rescapés. En 1818 il louera un atelier près de l'hôpital Beaujon, et commencera à faire plusieurs études,  il reconstituera une maquette du tableau. Fin août 1819, il expose son tableau au Salon, sous le nom de 'Scène de naufrage'. 

Scène de cannibalisme étude détail

Théodore Géricault est né en 1791. Père avocat. En1808, il hérite de sa mère. Il fréquente en secret l'atelier de Carle Vernet 1758-1836, peintre d'histoire et de chevaux durant 2 ans, puis celui de Pierre Guérin 1774-1833 autre peintre d'histoire néo classique, il rencontre dans son atelier Eugène Delacroix en 1815-16. En 1812, il hérite de sa grand mère ce qui lui assure son indépendance financière. De caractère ombrageux, il se fait exclure des Beaux Arts. 1814 c 'est sa période équestre, engagé dans la garde nationale à cheval de Paris, il peint en même temps plusieurs équidés. Puis balade à Florence, Rome, Naples. En 1817, il s'intéresse au naufrage de la Méduse.

Le Radeau de la Méduse L'Argus en vue (2ème esquisse)

 Fin août 1819, exposition du tableau au salon.  Côté politique, Géricault est tendance ultra-libérale, son tableau est une sorte de manifeste politique et social. Il est plus qu'un peintre d'histoire, il prend position pour les exclus, les indigents.  Après le Radeau, il envisageait une composition représentant la traite des noirs, mais l'état de santé de Géricault va se dégrader progressivement à partir de la fin de 1819, dépressif, atteint d'une tuberculose osseuse,  chutes de cheval qui entraineront des opérations mal supportées, Théodore Géricault connaîtra une fin de vie  longue et source de souffrances. Il meurt à 32 ans en Janvier 1824.

Etudes de Noir pour le Radeau de la Méduse (détail)

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28 septembre 2012

Lucien Gires

Son père était sabotier à Saugues, sa mère qui venait d'une famille de tailleurs de pierre sut cultiver les talents artistiques La Tour des Anglais Huile sur toile

de ses enfants, Joseph, Louis et enfin Lucien le dernier né en 1937 à Saugues.  Zélina Gires aida souvent son fils, à tirer des affiches, à coudre des vêtements pour les personnages du diorama de Saint Bénilde. Lucien Gires se disait artisan.

Lui qui savait tailler le bois, la pierre, lui qui savait peindre, dessiner,  commença à faire des affiches pour les bals, les fêtes votives, son premier vrai travail fut de participer à la réalisation du Diorama St Joseph à Espaly avant l'armée où il apprit la technique de la sérigraphie. Le maire de Saugues lui loua la Tour des Anglais La forêt nourricière

La Forêt nourricière détail

Les saisons

à charge pour lui de la rénover. Il en fit son atelier. 

Il peint les paysages saugains, il peint les anciens métiers. Il peint sur toile, sur jute pour l'église de Saugues, il sculpte des Christs. Il peint des portraits de saugains. Lucien Gires est avant tout un peintre de la mémoire de Saugues et de ses habitants. 

L Gires

En  1989, il s'attaque à son ultime projet :

 Le musée de la bête du Gévaudan qui lui demandera 5 ans de démarches diverses avant de commencer à le concrétiser  en 1995. Sa fille Blandine lui sera d'une aide précieuse. Le musée ouvrira en 1999.

A l'office du Tourisme de Saugues, cet été ont été exposés une dizaine de ses tableaux. Lucien Gires artiste altiligérien est mort en 2002.

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12 septembre 2012

Bernard Buffet

Bernard Buffet 19Tête de travesti28-1999 

aurait peint 8000 oeuvres, sans compter, ou en comptant, je ne sais trop, les faux ....

Trouver donc des peintures de Buffet devrait être aisé, mais non ! Elles ont été reléguées dans les archives ! ce peintre adulé alors qu'il avait 30 ans, a connu ensuite une vive Le Canal

désapprobation de la critique jusqu'à devenir honni par presque tous. On lui a reproché au final de ne pas évoluer dans son art, de buffetiser à tout va, en série, pour pouvoir vivre dans le luxe, en rolls, dans un château, être un des phares de la presse-people de l'époque .. 

Seulement, voilà, Buffet précisément à la une lors de mon enfance-ado est un des rares peintres de l'époque qui m'ait marquée ...     

 Bernard Buffet, fait partie de ces peintres maudits, comme Modigliani, Soutine qui eux ont eu la bonne idée de mourir tôt. Buffet mort à 30 ans en pleine gloire aurait sans doute encore un succès fou !

Nature morte dans l'atelier

 Bizarrerie  des humains !!! Faut dire que Buffet se la pétait beaucoup, et ça, cela ne passe jamais ! Faut dire qu'il a peint un peu toujours la même chose, toujours de la même façon. Et alors ? Buffet a eu très tôt un style personnel, bien à lui, il n'a pas l'étoffe d'un peintre-caméléon prolifiquement talentueux, genre Picasso ou  Dali, c'est vrai,  il n'avait pas le pouvoir ou le savoir d'évoluer alors il a continué à peindre ce qu'il savait faire. C'est pas un heureux, Buffet, c'est un triste, un désenchanté, son trait de crayon si caractéristique, noir, en dents de scie, minimaliste, ses couleurs ternies ...

Palmiers et voiliers 1958

tout cela n'incite pas à la joie ! Il a pourtant eu une vie bien remplie, des amours sincères, un certain talent, mais tout cela n'a pas suffi sans doute à ce qu'il puisse s'éclater.  

Voir un Buffet me ramène à mon enfance et c'est,  je crois, ce que j'aime en lui.  Portrait de Simone Combe

A Clermont, on peut le voir, Maurice et Simone Combe marchands et amateurs d'art ont légué au MARQ plus de 400 tableaux, dont pas mal de Buffet.

 

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08 septembre 2012

Moïse Kisling

Kisling Le modèle nu non daté

Petite rencontre fortuite qui assure la continuité avec Kiki de Montparnasse, Moïse Kisling 1891-1953 au MARQ de Clermont-Ferrand ( partie du legs des Combe, marchands et amateurs d'art au musée). 

Je ne le connaissais pas Kisling avant de savoir que Kiki était l'un de ses modèles. Né en Pologne, il s'installa à Paris en 1910 où il rencontra Braque, Picasso, Soutine, Modigliani, Max Jacob, Julian Gris, Cocteau ... En 1914Sous les palmiers 1917

Portrait de jeune femme vers 1950

 il s'engage dans la Légion étrangère, blessé, il y gagnera  en 1924 d'être naturalisé français. Il se marie avec Renée Gros en 1917 qui lui donnera 2 fils. Lors de la seconde guerre mondiale, il s'exilera aux Etats Unis. Il aura une maison à Sanary, mais il se baladera entre Paris, le Sud et ailleurs !!! 

Il aimait peindre des nus de femmes, des bouquets de fleurs, des portraits, des natures mortes. Il est de facture classique Kisling, mais est arrivé quand même à se démarquer.  A revoir donc, comme une connaissance-plaisir lors de mes pérégrinations !   

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02 août 2012

José Maria Sert

Nonobstant  (j'aime ces expressions superfétatoires)Misia lors de sa rencontre avec Sert

 Misia (1872-1950), je ne serais pas allée à la rencontre du peintre décorateur José Maria Sert (peintre catalan 1874-1945) dont elle fut successivement, l'amante, l'épouse puis à nouveau présente dans les dernières années de sa vie. Mais j'y ai vu un lien, forcément, qu'il me paraissait, comme d'habitude, urgent de nouer, d'autant plus que cette exposition, au Petit Palais se termine le 5 Août. Je ne suis pas trop attirée par ces grandes peintures commanditées par des particuliers. Inutile de chercher Misia, elle ne se cache pas sous un des nombreux personnages :  Misia ne servit jamais de modèle pour Sert;  il utilisa la photographie, des modèles humains au début

Silène et Bacchus charbon sur papier 1910

Etude photographique pour Silène et Bacchus 1910

puis des santons ( il en acheta plusieurs centaines à une crèche napolitaine), pour finir par utiliser des petits mannequins en bois articulés, qu'il mettait en scène les prenant en photos. Il raffolait des pyramides humaines, Sert, et les étudiait sur des mannequins avant de les peindre sur du bois.

Etude photo pour Le Temps 1940

 

 

 

Le Temps détail 1940

 

 

 

 

 

 

Les visages chez Sert sont rarement beaux enfin pas genre grec,Europe ou l'automne détail 1917-1919 genre simiesque plutôt, plus proche de la caricature. Seuls les corps comptent pour Sert, dans toutes les positions : joufflus les chérubins,  musclés les mâles, souples, en force. Le mouvement, c'est ce qui l'intéressait, avec le mélange des genres artistiques, pris ça et là, au gré de ses rencontres, de ses voyages, de ses lubies, de ses clients.  C'était un bon dessinateur, Jose Maria Sert, il aurait pu émergé sans doute comme peintre, enfin peut être, mais a préféré se spécialiser dans la décoration où il eut beaucoup de succès ...  Il a rencontré en 1933 Diego Rivera,

Jose Maria Sert et Diego Rivera 1933

l'époux de Frida, une autre Femme particulière qui m'attire, mais c'est une autre histoire à explorer plus tard ! La grande oeuvre de sa vie à Sert, ce fut la décoration d'une église, celle de Vic, qui va l'occuper énormément, mais il ne reste rien de cette oeuvre : en 1936, l'église est brûlée, quelques membres du clergé exécutés, une raison évoquée possiblement pour expliquer l'adhésion, très contreversée, on s'en doute, de Sert à Franco.

Il était riche, Sert, richesse familiale,  il aimait la grande vie, la belle vie, cultivé et collectionneur, il emmena Misia dans les plus grands musées, et puis Misia devenue un peu vieillie et pas très commode,  il lui préféra une jeune Roussy ( Isabelle Roussadana Mdivani  1906-1938 fille d'un prince géorgien) qui lui offrit d'autres ouvertures par ses relations, un temps, le couple resta à 3, et puis lassé des commérages, ou lassé de Misia, subséquemment il demande l'annulation de son mariage religieux avec Misia pour cause de stérilité et épousa Roussy . Après le décès prématuré de Roussy 10 ans plus tard, il reprit une relation  avec Misia, devenue un peu fauchée, encore plus vieille et un peu esseulée; de lui, elle héritera  son appartement, rue de Rivoli.

Roussy Sert 1929 Mais si, j'ai aimé, un peu, j'aime découvrir de toutes façons,  j'aime cette rencontre avec un(e) inconnu(e),  j'aime cet instant magique de révélation d'une oeuvre,  après j'adhère ou pas, mais étant de nature bienheureuse, bienveillante ou carrément conne,( c'est une question d'appréciation)  je critique modérément en songeant que pour critiquer, il faut avoir un peu de talent dans l'art en question, ce que je n'ai pas, sinon, ce n'est que de la diffamation, de la jalousie, du blabla.

Ouaiiiis, dans tous les cas, c'est du blabla, c'est vrai !

Amérique ou l'hiver 1917-1978 huile sur bois

Donc Sert en temps que peintre décorateur, à première vue, j'adhère pas trop. C'est un décorateur d'un temps révolu, d'un milieu artistique d'une époque. Un petit instant charmeur d'histoire de l'Art, ce qui somme toute est déjà bien et ce qui n'enlève rien à la séduction fascinante de l'homme, un peu comme Misia en somme.

Le lien est noué ! 

Mais sans doute cette visite rapide et première gagnerait à être renouvelée, ailleurs, plus tard, sous d'autres cieux et dans une autre ambiance .... Il me faut du temps parfois pour apprécier.

Note pour ide :

Penser à aller voir à Barcelone l'hôtel de ville et le palais de justice, la banque d'Espagne décorés par Sert, ainsi que le MNAC qui a prêté d'ailleurs ses oeuvres au Petit Palais. 

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29 juin 2012

Amédéo Modigliani

Plutôt beau gosse, si l'on aime le type méditerranéen, de santé fragile, une mère cultivée. De quoi l'amener à choisir une voie artistique. Une tuberculose réchauffée au soleil de Naples, Capri et Rome où il se consacrera à l'histoire de l'art italien via Florence et Venise. Et évidemment Paris avec découverte du symbolisme, fauvisme, cubisme et tuttisme quantisme. Modigliani tente du portrait du Tout Paris de l'époque, puis se consacre à la sculpture, inspiré par Brancusi, puis revient à la peinture, au portrait à nouveau mais des proches ou d'anonymes et perfectionne son style. 

Modi, maudit, Modigliani rencontre l'alcool et les drogues. Ce qui n'est pas mauvais pour sa peinture. Par contre sa santé  va s'en ressentir, et à l'âge de 35 ans, Modigliani meurt avant que Flemming n'expérimente la pénicilline, en 1920 .

Elvire au col blanc Modigliani

Tout le monde est beau chez Modigliani, tout le monde est longiligne, tout le monde a un long cou. Lorsque les yeux ne sont pas vides, ils vous regardent fixement, parfois l'un est fermé, parfois l'un est aveugle. Ne pas regarder la mort en face, ne pas regarder la misère du monde, ne pas voir que Modigliani a trop bu, trop fumé, trop .... ne pas lui dire d'arrêter de boire, fumer, c'est sa vie après tout, il va où ses désirs le mModigliani Portrait de la jeune fille rousseènent, où ses besoins le dirigent. Alors pour éviter les yeux qui parlent trop, il les énuclée. Sa dernière compagne avec laquelle il vivra moins de 3 ans se nomme Jeanne, il la peindra 25 fois. Jeanne qui lorsqu'elle ouvre les yeux

Jeanne Hébuterne 1918 détail

a un regard trop éloquent, il la préfère douce, tendre et aveugle.

'Jeanne, ouvre les yeux, il y a une fenêtre là ..'

Jeanne a sauté, les yeux ouverts.

Fillette en bleu détail -Modigliani

                                                                            

Le Bonheur est un ange au

visage grave.

Modigliani 1913  

Modigliani Fillette en bleu En ce moment à la Pinacothèque, en compagnie de Soutine ... 

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28 juin 2012

Chaïm Soutine

Né en Biélorussie en 1893, Chaïm Soutine est de ceux qui viennent au monde, doués pour le désespoir et la démesure. Il est de ceux également qui savent utiliser ce côté obscur de leur caractère à des fins artistiques, ce qui ne les empêche nullement de se perdre un peu mais qui arrive quand même à donner un fil conducteur à leur vie. Ils ont en eux un potentiel créatif étonnant. Son père tailleur semble accepter assez facilement le côté fantaisiste de son fils plus doué pour le dessin que la couture. Il suit l'école des Beaux Arts à Vilna. Et à 18 ans,

Les Grands Arbres bleus Céret - Soutine

 il est à Paris, où fauvisme, cubisme commencent à attirer une certaine clientèle soucieuse de se constituer une collection.

 Une foison de jeunes artistes venus de tous les pays s'installe dans des lieux protégés, comme le Bateau-Lavoir, ou la Ruche, et des noms devenus prestigieux sont les compagnons de Soutine, comme Léger, Chagall, Delaunay, Zadkine, Archipenko ... Au Louvre, Soutine découvre Courbet, Ingres, Rembrandt. L'influence de VanGogh est évidente, mais curieusement ordonné  et régulier chez Van Gogh, le trait de peinture est plus saccagé chez Soutine, plus tourbillonnant,Les Platanes à Céret - Soutine à la manière d'un typhon qui emmène tout sur son passage.

 

Il y a tempête dans ses toiles, il y a gros vent, il y a chamboulement. Le rouge y est plus sanguinolent qu'ailleurs. Quant à ses visages, c'est juste après que le rouleau compresseur neModigliani - Soutine - détail soit passé dessus, alors forcément ces visages là ont mal, et font mal aussi. La caricature n'est pas loin.  En 1915, Soutine rencontre Modigliani, ils partagent 2 passions, la peinture et la boisson. Leur amitié sera à leur image, parfois miséreuse, parfois houleuse. Ils entretiendront ainsi l'un sa tuberculose, l'autre son ulcère. Les amours de Soutine feront moins de bruit que cette amitié. Un modèle Paulette Jourdain, une Déborah Melnik qui aurait eu une fille de lui non reconnue, une Gerda Groth et enfin Marie Berthe Aurenche. Voilà pour les connues. Soutine avait sûrement quelque chose d'aimable, à moins que ces femmes ne fussent attirées par son caractère de malheureux frusté permanent, nul n'en sait rien. Soutine finira par devenir célèbre et vivre enfin de sa peinture, mais son âme tourmentée ne trouvera pas la paix.

La Femme en vert - Soutine

Le bonheur ne fait pas partie du monde de Chaïm Soutine. Son ulcère se perfore, il en meurt à l'âge de 50 ans.  

Exposé en ce moment à la Pinacothèque, n'y est pas tout seul, en bonne compagnie de Modigliani, Utrillo, Valadon, Derain, Ebiche, Hayden, et d'autres que j'ai oubliés. Trop de peintres pour s'attacher à un seul. Dommage, on se disperse un peu trop. Alors, Soutine, il me faudra le revoir à nouveau, seul cette fois ci.  

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16 juin 2012

Lucian Freud

Rubens peut aller rhabiller ses nus académiques et charnus.

Reflet avec deux enfants (Autoportrait) 1965

Freud, Lucian est son prénom, né en 1922, mort en 2011, petit fils du psychanalyste fait éclater les chairs féminines gélatineuses, vibrer les énormes cuisses,

Cadre d'une société de prévoyance sociale endormie 1995

dégouliner les graisses des ventres trop pleins, trembloter les chairs marbrées, vieillies, et pourtant il les magnifie ces femmes, leur rend leur féminité exquise et maniérée,     

c'est une main fine et délicate,

Détail

une bouche enfantine,                                                                                            une posture d'abandon gracieux,

Femme nue sur un canapé 1984-85

 

 

une fossette inattendue ...

Détail2

 

 

 

 

 

 

En ce qui concerne les hommes, on ne voit que le sexe, cela dérange un brin,David et Elie 2003-04le sexe masculin. Ou bien, est ce, ce que cela suggère dans notre esprit qui dérange ?

David et Eli version pour ma mère

 Un inconscient collectif qui mêlé à une éducation moralisatrice donnerait aux attributs sexuels masculins dénudés une image dont la signification nous heurterait. Alors, on peut préférer d'autres versions que Freud  voudra bien me pardonner. 

Faut dire que Freud, n'est pas très clair sur le sujet, le peintre met en valeur ces pièces, d'une précision anatomique. Freud disait 'ce qui m'intéresse vraiment chez les gens, c'est leur côté animal'. Moi, je dirais plutôt que ce qui l'intéressait Freud, c'était de sexualiser le nu chez l'homme en l'exposant un peu plus qu'un autre. Il n'y a rien d'animal là dedans. L'homme dépasse largement l'animal. Freud se veut dégagé de tout fantasme sexuel  dans ses nus, ainsi il peint ses propres filles, nues, outrancie les défauts physiques et les éloigne ainsi d'un académisme où la beauté idéale, n'aurait pour seul but que de suggérer de possibles fantasmes, sans bousculer la morale bien pensante ambiante. Mais voilà, il est quand même un peu ambigu, Freud, et ses nus qui dérangent, attirent, repoussent, posent de drôles de questions ... bravo monsieur Freud, il y a quelque chose de très humain et de très paradoxal, humain quoi, dans vos peintures. 

Freud a donc choisi un hyperréalisme

 

La Mère du peintre se reposant III 1977

outrancier parfois, mais comme il aime ses modèles, cet homme là, le peintre les a peints avec une grande tendresse qui se dégage dans la plupart de ses tableaux. Ses personnages réflètent toujours des émotions, même leur apparente indifférence est parlante.

 

Cela fait un petit moment que j'ai vu cette exposition à Beaubourg, 2 ans ou peut être ou plus, je ne sais plus. Mais seulement, maintenant, je trouve matière d'en Intérieur avec plante, reflet écoutant (Autoportrait) 1967-68

parler. Lucian Freud mérite le détour, et que l'on s'y plonge. Mais il faut que le désir d'en parler naisse; plus que d'autres peintres qui ont choisi une peinture plus ... moins ... autre. Lucian Freud est un peintre de l'extrême, du bord de l'abîme, de ces lieux habités et étranges comme le sont certaines forêts. Et j'aime beaucoup.

Ta Gueule, Sigmund, ce n'est pas à toi que je parle ! 

Faut aller vers Lucian, quand on est prêt. C'est un peu comme pour l'autre, en fait. Ils ne demandent qu'à s'exprimer ces Freud, si on l'on veut bien prendre la peine de les écouter ...

Et curieusement, je me sens aujourd'hui prête. Bon, y a encore du boulot sur le sujet. Lucian Freud nécessite que l'on y revienne. 

 A vous revoir.

Note pour ide :

Lire : La Bonne Étoile d'Esther Freud, une des filles de Lucian Freud.

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