18 décembre 2012

Hokusai 1760-1849

Un autre nom est associé à Hiroshige, associé donc aux impressionnistes, alors je suis allée vers lui, au musée Guimet qui présente un tout petit échantillon de son immense production. Mais cela se déguste petitement, cela s'apprivoise petit à petit, l'estampe japonaise !

C'est un monde inconnu de moi, une culture mystérieuse, un voyage spirituel à faire, plusieurs rencontres à faire, à mon gré, à mon rythme, quand je veux, quand je peux. Hokusai né en 1760 est un enfant d'origine inconnue, adopté. Il acquit une culture en travaillant comme commis dans une bibliothèque, entra en apprentissage à 14 ans chez un graveur sur bois : une vie vouée à l'art où il devint l'un des principaux représentants de l'ukiyo-e dont il arriva à s'échapper, pourtant, un ukiyo-e à sa façon. Peintures, dessins, estampes, livres illustrés constitue une oeuvre gigantesque incalculable. Ses thèmes préférés seront le mont Fuji, la mer, les personnages et les plantes. Ses visages sont particulièrement expressifs pour l'époque, ses femmes souples et gracieuses. L'influence occidentale se manifestera par l'usage de la perspective, les effets de clair-obscur, les ombres. 

Le musée Guimet présente actuellement 40 des peintures, estampes, dessins d'Hokusai. 

Hokusai 1830 Guerrier détail

A l'encre de chine, veille un guerrier sur son cheval cabré, matez donc le visage au regard acéré et mystérieux (si, si)du guerrier, des yeux de faune.

La vague,  des 36  vues du mont Fuji.

Kajikazawa dans la province de Kai- Hokusai

La grande vague 1830-32 Hokusai

Hokusai 1833-1834

En réalité des mille vues, Hokusai n'en réalisa que dix, chacune mettant en scène la vie des pêcheurs.

Démon de la jalousie riant 1831 Hokusai

Spectre d'Oiwa 1831 Hokusai

Issus de la série Cent Histoires de fantômes,  2 aimables spectres.

Hokusai musée Guimet

De celui là, je ne me souviens plus du titre, une histoire de filles qui dansent pour les garçons, je crois, peut être ! mais j'aime le raffinement du trait des visages, vêtements ....

Hokusai peindra jusqu'à la fin de sa vie, il meurt en 1849.  

Hokusai Autoportrait à l'âge de 83 ans 1842

 

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12 décembre 2012

Yue Minjun

yue Minjun 2012

Peintre né en 1962 en Chine, a d'abord dû travailler pour une entreprise de pétrole, à 23 ans en 1985, il va étudier l'art à l'école normale de Heibei, puis s'installe dans un village d'artistes marginaux et contestataires près de Pékin. Il fait partie du courant dit réalisme cynique, courant en opposition à la peinture propagande du pouvoir politique, qui, après les évènements du printemps de 1989 de la place de Tiananmen qui engendrèrent un nombre important de victimes, figea le processus de libéralisation entamé dans les années précédentes. Yue Minjun choisit alors de mettre le rire en avant, démesuré, exagéré, outrancier, monstrueux, caricatural. Il dit exprimer ainsi le tragique et le douloureux par l'intermédiaire du rire qui devient rictus, grimace, masque.     

Un des tableaux les plus connus de Minjun, un qui a établi un record de vente pour un artiste chinois 

Manet

 

Goya

 

Picasso

Exécution

 Exécution est sans doute célèbre car il fait référence à ceux de Goya (1808), de Manet (1867), de Picasso (1951), revu, corrigé à la manière universelle en somme de Yue Minjun un seul visage pour n'importe quelle exécution, un seul visage qui associe les bourreaux aux victimes, un humain contre un autre humain, vous, moi, lui ...  ses tableaux de cette époque (90-2000) représentent toujours un rapport de force, l'humanité contre les armes, contre la dictature politique qui muselle la pensée.     

 

Yue Minjun peint dans un style comique des situations tragiques, douloureuses. Cela provoque au début le rire des spectateurs, mais si le regard persiste, on ne voit plus que le tragique qui s'impose.  Quand il était enfant, faire la queue, porter les mêmes habits que les autres, participer aux activités collectives lui était normal, en grandissant il s'est rendu compte que cette forme d'esclavage imposée par le régimeEverybody Connect to Everybody était

insupportable à vivre, et c'est ce qu'il choisit de montrer en peignant ses tableaux qui sont une accumulation de ce qu'il a vécu. 

 

Sky d'Yue -Minjun 1997

 Une évolution, le rire laisse place à un monsieur tout le monde qui rit encore, mais

Yue Minjun

prend un peu de liberté.

Une période où Minjun peint des labyrinthes vers 2007/2008,

mao xinglan

 qui posent une question : Le peuple chinois arrivera t'il à s'extirper de sa propre culture ?

      

 Et puis, une période de tourment pour le peintre, alors il a peint une feuille, l'a froissée puis redéployée, MinRe-Portrait 2012 Yue Minjunjun exprime par son art le ressenti de son tourment, le disloque et s'en débarrasse ainsi, sinon il serait devenu une souffrance,

 

 

  

cet autre tableau qui rappelle un peu Bacon, est une autre manière de s'échapper, de cet art cynique peut être, qui risque de l'enfermer ... alors il recherche d'autres possibilités ... 

Le rire s'est peut être éclaté ....yue 4 à voir à la Fondation Cartier

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11 décembre 2012

Van Gogh

On a en général une vision fort réductrice de Van Gogh, ses troubles psychologiques, son oreille coupée lors d'une altercation avec Gauguin, sa relation fidèle à son frère Théo, Anvers sur Oise, Gachet, son suicide. La Pinacothèque choisit elle de réduire son inspiration et établit un parallèle avec l'oeuvre de Hiroshige pas forcément convaincantHiroshige.

 

Le japonisant est bien sûr à la mode, et les peintres de l'époque vont plus ou moins japoniser, comme ils ont académisé avec les classiques,  les rois de l'académisme comme Thomas, Couture, Gérôme, avant de les rejeter ... et puis ceux qui sont plus talentueux, plus créatifs, plus doués, moins peureux, vont trouver leur style propre, celui qui nous fera reconnaître la patte du peintre. Pont basculant à Nieuw-Amsterdam 1883

  Le pont supendu est il japonisant ?

Vincent séjourne après sa séparation avec Sien, à Nieuw Amsterdam, dans un pays qui lui ressemble à ce moment là, désolé, couleurs pâles, eau qui domine, lumière faible, Vincent réussit fort bien les aquarelles. Si le Japon doit l'influencer, ce n'est pas dans cette aquarelle là, quant au pont sur le canal, il ressemble à beaucoup de ponts suspendus qui ne manquent pas en hollande.  Van Gogh était très érudit, doté d'une famille cultivée aisée qui comptait outre des Vincent en pagaille, de nombreux marchands d'art, ajoutez à cela que la mère de Van Gogh avait un fort joli coup de crayon, et qu'elle initia son fils au dessin. Vincent naquit 1 an après un premier Vincent mort-né, première ombre au tableau. Plusieurs Van Gogh sujets à des dépressions, deuxième ombre au tableau. Le père, pasteur, médiocre dans sa fonction, ce qui ne le sortit pas de son austère et anxieuse tristesse naturelle, troisième ombre au tableau. Un caractère d'insoumis, un physique de roux fort peu apprécié à l'époque, un internat forcé considéré comme une exclusion du milieu familial, voila pour les ombres de Vincent. Ensuite, il y eut la difficulté constante à se faire aimer d'une femme, ensuite il y eut cette obstination à vouloir être pasteur comme son père, il y eut beaucoup d'échecs chez Vincent qui eurent un double effet, l'un négatif à s'isoler du monde, à ruminer, à "criser à la folie", mais l'autre positif, à extérioriser son amour de la nature, son amour des humbles dans la peinture (comme dans la vie d'ailleurs) puis à vivre au final le bonheur par sa peinture. Il fréquentera toute sa vie les peintres et les livres. Alors, tout l'a inspiré Vincent, les peintres hollandais, les français, les japonais, en vrac Israels, les 3 frères Maris, Mauve, les 3 Cuyp, Rembrandt, Millet, Corot, Hiroshige, Hokusai, Monticelli, Rubens,Hiroshige Vue d'Ueno 100 vues célèbres d'Edo

Anquetin, Seurat, Signac etc etc ....  En  1887 Van Gogh rencontre Gauguin, en 1888 Vincent est en Arles, il y recherche la lumière, sans doute la lumière et les couleurs gaies, c'est un peu le Japon des fresques japonaises question atmosphère, lieu de plaisir pour la caserne de zouaves, le pont de Trinquetaille autre pont suspendu, les arbres fleuris. Van Gogh se met à peindre des tableaux de vergers en fleurs, car il a besoin d'argent, Van Gogh, et à juste titre puisque le Japon est à la mode, et bien il fait des arbres à coups de brosse, hachés, discontinus, son trait à lui.Pins au coucher du soleil 1889

 

 

 

 

 

Des japonais, il retiendra le trait fin, précis, qu'il fera lui, Van Gogh, haché, virevoltant, en mouvement perpétuel, tourmenté; des impressionnistes il apprit la couleur; de Monticelli, il retiendra le contraste des explosions de couleurs en pâte, il n'était pas bégueule Van Gogh, il prit tout ce qu'il pouvait prendre des peintres qu'il rencontra, il s'en imprégna, et aboutit à sa peinture si reconnaissable, si particulière. 

Delacroix Le bon samaritain

 

 

Un petit dernier, Le Bon Samaritain, copie de Delacroix est il plus japonisant que van goghien copie Delacroix ? 

 

Le Bon Samaritin Van Gogh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des paysages de Van Gogh dont les couleurs éblouissent, la lumière de Van Gogh ... l'exposition modeste de la Pinacothèque vaut le déplacement rien que pour cela. Elle nous vaut aussi une rencontre japonaise, alors on ne boude pas son plaisir, on en pense ce que l'on veut, mais on y va. Paysage aux gerbes de blé sous la lune 1889

Route de campagne en Provence la nuit Van Gogh

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03 décembre 2012

Hiroshige 1797-1858

L'ukiyo-e, terme japonais qui signifie images du monde flottant, le monde qui passe, est un courant artistique datant du 16ème siècle qui produit des estampes servant initialement à illuster des récits, et qui rapidement sera un art à part entière. La société japonaise évolue au profit d'une bourgeoisie citadine  qui va découvrir le tourisme. Les artistes peindront les lieux visités, tels les Monts Fuji et Oyama, les cultes religieux, les lieux de pélérinage. Cela génèrera un marché économique nouveau, où restaurants, maisons de thé, éditeurs d'estampes deviendront prospères.   

 Le XIX ème siècle dans sa seconde moitié artistique délaisse le clacissisme, va peindre en pleine nature, avec ses tubes de couleurs, puis en réaction préfère peindre en petites touches de couleurs, laisse place aux émotions et découvre aussi l'art japonais, avec ses paysages, ses personnages, ses scènes de vie délicatement dessinées, aux riches couleurs. Les impressionistes sont sensibilisés à cet art, et beaucoup s'en inspireront un temps, Monet, Renoir, Mary Cassatt, Degas, Van Gogh, Cezanne, Toulouse-Lautrec, Bonnard, Henri Rivière 1864-1951, Pissaro ...

La Pinacothèque nous illustre à sa façon un peu trop partisane à mon avis cette tendance japonisante chez Van Gogh ..2 lieux différents, l'un consacré à Van Gogh avec des reproductions des estampes de Hiroshige, l'autre consacré à Hiroshige.

Utagawa Hiroshige 1797-1858

5000 estampes, 120 livres illustrés; Issu d'une famille cultivée et aisée, Hiroshige a intégré un atelier d'estampes, élève d'un Utagawa Toyohiro,  spécialiste de vues célèbres. Sa notoriété commencera quand son oeuvreRive du fleuve ÖI à Kanaya

Les 53 étapes du Tôkaidô sera éditée en 1833-34. Le Tôkaidô est une route célèbre reliant Edo (Tokyo) à Kyoto, 500 km qui longeait la mer et nécessitait 15 jours de marche. A chaque étape, il y avait un temple, une auberge, une maison de plaisirs. Cerisiers du soir à Nakanochô dans le Yoshiwara détail

Cette bande dessinée en 2 volumes eut un succès immédiate. 

69ème station Kusatsu détail

 

 

 

 

 

 

 

Fort de ce succès il se mit aux 69 étapes du Kisokaidô, avec un ami Eisen.

 

 

 

 

 

Plus longue, plus difficile cette route 65ème station Takamiya détailétait empruntée par des moines, des pèlerins des samouraïs.  

Et puis pour terminer sa carrière, pour clore sa vie, et pour le plaisir, Hiroshigue réalisa les 2 dernières années de sa vie, les 100 vues célèbres d'Edo. Il privilégia la perspective, les couleurs, rouge et bleu de Prusse, les paysages, au détriment de la réalité historique.     

    

 

Pluie soudaine à Shôno détail

C'était pour moi une première vraie rencontre avec l'art japonais. La foule dont je faisais partie fut difficilement conciliable avec une étude même superficielle des oeuvres, je ne suis pas patiente, faire la queue pour voir une oeuvre m'insupporte !!! A refaire donc un autre jour, autre lieu, si l'occasion m'est donnée à nouveau.    

série des 100 vues célèbres d'Edo

 

 

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10 octobre 2012

Henry-Eugène Delacroix

La Lutte pour la vieHenry-Eugène Delacroix.

Un autre naufrage sans doute où il ne fait pas bon d'être femme ! Néo classique le style, si différent du radeau de la Méduse, naufrage dont  je ne connais pas l'histoire, les plus forts restent à bord, les femmes nombreuses au demeurant sont éjectées avec force mais s'échouent gracieusement, voluptueusement, charnellement, sensuellement ... toute peinture a son histoire, celle là mériterait que l'on en connaisse plus ... au diable les métaphores supposées, les symboles possibles ... bien sûr, il ne s'agit peut être que d'illustrer ainsi une des théories de Darwin 1809-1882( La loi du plus fort), peut être est elle sexualisée : hommes prédateurs se battant contre femmes proies et concurrents possibles ..... 

on constate quand même une certaine jouissance du peintre à manipuler les corps, à mettre en valeur les muscles masculins, les rondeurs féminines ...

 

    Détail

 

 

 

le repentir est une partie du tableau retouchée par le peintre

Henri-Eugène Delacroix  Henry Eugène Delacroix est né à Solesmes le 16 janvier 1845 de Henry Delacroix et d'Eugénie Ménard. Il fera les Beaux Arts à Paris et aura pour maître Cabanel, c'est dire qu'il est classique, il peindra moults fresques décoratives, pour la salle de mariage de L'Hay les Roses, pour la mairie de Solesmes, pour l'église Saint Julien de Saint Lys en Haute Garonne et sans doute pas mal d'autres lieux, ce peintre connut une notoriété certaine. Il meurt en 1930

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09 octobre 2012

Théodore Géricault

Pas aisé de voyager quand on est un tableau, fragile, qui mesure  7 mètres de largeur, pour une hauteur de 4m91, alors on ne voyage pas ! Le Radeau de la Méduse est donc resté au Louvre, seules les études préparatoires nombreuses ont fait le voyage, de Lille, de Paris, d'Angers, de Montauban , de Montpellier....

Tête d'étude d'après le modèle Gerfant

Pourquoi Géricault à Clermont ? Fin 1860, le duc de Morny donne à la ville de Clermont une étude de tête de Géricault pour le tableau de la méduse. Ce tableau connaîtra l'oubli jusqu'à même faire douter de son authenticité. Je passe les batailles d'experts .... Restauré, à nouveau attribué à Géricault, cette tête d'étude sert de prétexte à nous faire découvrir la démarche d'un peintre qui décida d'immortaliser un drame maritime scandaleux.

 

Géricault a longtemps travaillé à son tableau par une production de croquis, esquisses, tableaux réalistes de membres amputés provenant des cadavres de l'hôpital,

Fragments Anatomiques Etude musée Fabre

 

il a utilisé comme modèles, outre les cadavres, des rescapés du nauffrage comme Corréard et Savigny, des amis malades, des rapins et enfin des modèles professionnels . Son tableau final sera plus idéalisé, plus classique, mais les couleurs cadavériques, les expressions de Etude du pèreEtude du père tenant son fils sur les genoux mine de plomb et crayon noir

 

Tête d'étude pour le père du Radeau de la Méduse

Père du radeau de la Méduse

souffrance le distinguent d'un tableau néoclassique.     

 

Le drame maritime : En 1816, Louis XVIII est roi, les ultra-royalistes s'imposent et s'opposent aux libéraux. Le 17  juin 1816, La Méduse embarque  pour le Sénégal avec 396 personnes parmi lesquels, Savigny chirurgien, Corréard ingénieur géographe, 2 compagnies du bataillon d'Afrique où se mêlent Hommes de toutes les couleurs, cette frégate est sous les ordres d' Hugues Duroy de Chaumareys, ancien émigré officier de la vieille marine royale qui n'a pas vu un bateau depuis 25 ans. La Méduse est accompagnée de 3 autres bateaux L'Echo, l'Argus et la Loire.

Etude pour Corréard et Savigny

A la suite d'une erreur de navigation, La Méduse s'échoue sur du sable sur le littoral mauritanien, précisément sur le banc d'Arguin le 2 juillet.   Le 3 juillet pour suppléer au nombre insuffisant de canots, un grand radeau est construit, la Méduse le remorquera. Ordre est donné de couper les amarres et le radeau sur lequel 147 passagers se sont installés est laissé à la dérive. Dans la nuit du 6 au 7 Juillet, imbibés d'alcool, les nauffragés se battent, soldats contre notables dontEtude pour Savigny et Corréard

 Corréard et Savigny font partie. 45 passagers sont tués. Quelques naufragés affamés consomment des lanières de peau séchées des trépassés. Dans la nuit du 8 au 9 une nouvelle tuerie élimine une bonne soixantaine des sinistrés. Le cannibalisme se généralise et le 13 juillet, les valides jettent à la mer les blessés : la cantinière Marie Zaide seule femme à bord du radeau en fait partie. Le 17 juillet, l'Argus sauve les 15 survivants, 5 mourront peu après. Savigny fait un rapport du naufrage.  Chaumareys est mis aux arrêts en Octobre, il sera condamné à 3 ans de prison. Savigny et Correard publient un récit qui fera sensation en Novembre 1817.

La Mutinerie sur le radeau

Géricault le lit, rencontre les 2 rescapés. En 1818 il louera un atelier près de l'hôpital Beaujon, et commencera à faire plusieurs études,  il reconstituera une maquette du tableau. Fin août 1819, il expose son tableau au Salon, sous le nom de 'Scène de naufrage'. 

Scène de cannibalisme étude détail

Théodore Géricault est né en 1791. Père avocat. En1808, il hérite de sa mère. Il fréquente en secret l'atelier de Carle Vernet 1758-1836, peintre d'histoire et de chevaux durant 2 ans, puis celui de Pierre Guérin 1774-1833 autre peintre d'histoire néo classique, il rencontre dans son atelier Eugène Delacroix en 1815-16. En 1812, il hérite de sa grand mère ce qui lui assure son indépendance financière. De caractère ombrageux, il se fait exclure des Beaux Arts. 1814 c 'est sa période équestre, engagé dans la garde nationale à cheval de Paris, il peint en même temps plusieurs équidés. Puis balade à Florence, Rome, Naples. En 1817, il s'intéresse au naufrage de la Méduse.

Le Radeau de la Méduse L'Argus en vue (2ème esquisse)

 Fin août 1819, exposition du tableau au salon.  Côté politique, Géricault est tendance ultra-libérale, son tableau est une sorte de manifeste politique et social. Il est plus qu'un peintre d'histoire, il prend position pour les exclus, les indigents.  Après le Radeau, il envisageait une composition représentant la traite des noirs, mais l'état de santé de Géricault va se dégrader progressivement à partir de la fin de 1819, dépressif, atteint d'une tuberculose osseuse,  chutes de cheval qui entraineront des opérations mal supportées, Théodore Géricault connaîtra une fin de vie  longue et source de souffrances. Il meurt à 32 ans en Janvier 1824.

Etudes de Noir pour le Radeau de la Méduse (détail)

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28 septembre 2012

Lucien Gires

Son père était sabotier à Saugues, sa mère qui venait d'une famille de tailleurs de pierre sut cultiver les talents artistiques La Tour des Anglais Huile sur toile

de ses enfants, Joseph, Louis et enfin Lucien le dernier né en 1937 à Saugues.  Zélina Gires aida souvent son fils, à tirer des affiches, à coudre des vêtements pour les personnages du diorama de Saint Bénilde. Lucien Gires se disait artisan.

Lui qui savait tailler le bois, la pierre, lui qui savait peindre, dessiner,  commença à faire des affiches pour les bals, les fêtes votives, son premier vrai travail fut de participer à la réalisation du Diorama St Joseph à Espaly avant l'armée où il apprit la technique de la sérigraphie. Le maire de Saugues lui loua la Tour des Anglais La forêt nourricière

La Forêt nourricière détail

Les saisons

à charge pour lui de la rénover. Il en fit son atelier. 

Il peint les paysages saugains, il peint les anciens métiers. Il peint sur toile, sur jute pour l'église de Saugues, il sculpte des Christs. Il peint des portraits de saugains. Lucien Gires est avant tout un peintre de la mémoire de Saugues et de ses habitants. 

L Gires

En  1989, il s'attaque à son ultime projet :

 Le musée de la bête du Gévaudan qui lui demandera 5 ans de démarches diverses avant de commencer à le concrétiser  en 1995. Sa fille Blandine lui sera d'une aide précieuse. Le musée ouvrira en 1999.

A l'office du Tourisme de Saugues, cet été ont été exposés une dizaine de ses tableaux. Lucien Gires artiste altiligérien est mort en 2002.

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12 septembre 2012

Bernard Buffet

Bernard Buffet 19Tête de travesti28-1999 

aurait peint 8000 oeuvres, sans compter, ou en comptant, je ne sais trop, les faux ....

Trouver donc des peintures de Buffet devrait être aisé, mais non ! Elles ont été reléguées dans les archives ! ce peintre adulé alors qu'il avait 30 ans, a connu ensuite une vive Le Canal

désapprobation de la critique jusqu'à devenir honni par presque tous. On lui a reproché au final de ne pas évoluer dans son art, de buffetiser à tout va, en série, pour pouvoir vivre dans le luxe, en rolls, dans un château, être un des phares de la presse-people de l'époque .. 

Seulement, voilà, Buffet précisément à la une lors de mon enfance-ado est un des rares peintres de l'époque qui m'ait marquée ...     

 Bernard Buffet, fait partie de ces peintres maudits, comme Modigliani, Soutine qui eux ont eu la bonne idée de mourir tôt. Buffet mort à 30 ans en pleine gloire aurait sans doute encore un succès fou !

Nature morte dans l'atelier

 Bizarrerie  des humains !!! Faut dire que Buffet se la pétait beaucoup, et ça, cela ne passe jamais ! Faut dire qu'il a peint un peu toujours la même chose, toujours de la même façon. Et alors ? Buffet a eu très tôt un style personnel, bien à lui, il n'a pas l'étoffe d'un peintre-caméléon prolifiquement talentueux, genre Picasso ou  Dali, c'est vrai,  il n'avait pas le pouvoir ou le savoir d'évoluer alors il a continué à peindre ce qu'il savait faire. C'est pas un heureux, Buffet, c'est un triste, un désenchanté, son trait de crayon si caractéristique, noir, en dents de scie, minimaliste, ses couleurs ternies ...

Palmiers et voiliers 1958

tout cela n'incite pas à la joie ! Il a pourtant eu une vie bien remplie, des amours sincères, un certain talent, mais tout cela n'a pas suffi sans doute à ce qu'il puisse s'éclater.  

Voir un Buffet me ramène à mon enfance et c'est,  je crois, ce que j'aime en lui.  Portrait de Simone Combe

A Clermont, on peut le voir, Maurice et Simone Combe marchands et amateurs d'art ont légué au MARQ plus de 400 tableaux, dont pas mal de Buffet.

 

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08 septembre 2012

Moïse Kisling

Kisling Le modèle nu non daté

Petite rencontre fortuite qui assure la continuité avec Kiki de Montparnasse, Moïse Kisling 1891-1953 au MARQ de Clermont-Ferrand ( partie du legs des Combe, marchands et amateurs d'art au musée). 

Je ne le connaissais pas Kisling avant de savoir que Kiki était l'un de ses modèles. Né en Pologne, il s'installa à Paris en 1910 où il rencontra Braque, Picasso, Soutine, Modigliani, Max Jacob, Julian Gris, Cocteau ... En 1914Sous les palmiers 1917

Portrait de jeune femme vers 1950

 il s'engage dans la Légion étrangère, blessé, il y gagnera  en 1924 d'être naturalisé français. Il se marie avec Renée Gros en 1917 qui lui donnera 2 fils. Lors de la seconde guerre mondiale, il s'exilera aux Etats Unis. Il aura une maison à Sanary, mais il se baladera entre Paris, le Sud et ailleurs !!! 

Il aimait peindre des nus de femmes, des bouquets de fleurs, des portraits, des natures mortes. Il est de facture classique Kisling, mais est arrivé quand même à se démarquer.  A revoir donc, comme une connaissance-plaisir lors de mes pérégrinations !   

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02 août 2012

José Maria Sert

Nonobstant  (j'aime ces expressions superfétatoires)Misia lors de sa rencontre avec Sert

 Misia (1872-1950), je ne serais pas allée à la rencontre du peintre décorateur José Maria Sert (peintre catalan 1874-1945) dont elle fut successivement, l'amante, l'épouse puis à nouveau présente dans les dernières années de sa vie. Mais j'y ai vu un lien, forcément, qu'il me paraissait, comme d'habitude, urgent de nouer, d'autant plus que cette exposition, au Petit Palais se termine le 5 Août. Je ne suis pas trop attirée par ces grandes peintures commanditées par des particuliers. Inutile de chercher Misia, elle ne se cache pas sous un des nombreux personnages :  Misia ne servit jamais de modèle pour Sert;  il utilisa la photographie, des modèles humains au début

Silène et Bacchus charbon sur papier 1910

Etude photographique pour Silène et Bacchus 1910

puis des santons ( il en acheta plusieurs centaines à une crèche napolitaine), pour finir par utiliser des petits mannequins en bois articulés, qu'il mettait en scène les prenant en photos. Il raffolait des pyramides humaines, Sert, et les étudiait sur des mannequins avant de les peindre sur du bois.

Etude photo pour Le Temps 1940

 

 

 

Le Temps détail 1940

 

 

 

 

 

 

Les visages chez Sert sont rarement beaux enfin pas genre grec,Europe ou l'automne détail 1917-1919 genre simiesque plutôt, plus proche de la caricature. Seuls les corps comptent pour Sert, dans toutes les positions : joufflus les chérubins,  musclés les mâles, souples, en force. Le mouvement, c'est ce qui l'intéressait, avec le mélange des genres artistiques, pris ça et là, au gré de ses rencontres, de ses voyages, de ses lubies, de ses clients.  C'était un bon dessinateur, Jose Maria Sert, il aurait pu émergé sans doute comme peintre, enfin peut être, mais a préféré se spécialiser dans la décoration où il eut beaucoup de succès ...  Il a rencontré en 1933 Diego Rivera,

Jose Maria Sert et Diego Rivera 1933

l'époux de Frida, une autre Femme particulière qui m'attire, mais c'est une autre histoire à explorer plus tard ! La grande oeuvre de sa vie à Sert, ce fut la décoration d'une église, celle de Vic, qui va l'occuper énormément, mais il ne reste rien de cette oeuvre : en 1936, l'église est brûlée, quelques membres du clergé exécutés, une raison évoquée possiblement pour expliquer l'adhésion, très contreversée, on s'en doute, de Sert à Franco.

Il était riche, Sert, richesse familiale,  il aimait la grande vie, la belle vie, cultivé et collectionneur, il emmena Misia dans les plus grands musées, et puis Misia devenue un peu vieillie et pas très commode,  il lui préféra une jeune Roussy ( Isabelle Roussadana Mdivani  1906-1938 fille d'un prince géorgien) qui lui offrit d'autres ouvertures par ses relations, un temps, le couple resta à 3, et puis lassé des commérages, ou lassé de Misia, subséquemment il demande l'annulation de son mariage religieux avec Misia pour cause de stérilité et épousa Roussy . Après le décès prématuré de Roussy 10 ans plus tard, il reprit une relation  avec Misia, devenue un peu fauchée, encore plus vieille et un peu esseulée; de lui, elle héritera  son appartement, rue de Rivoli.

Roussy Sert 1929 Mais si, j'ai aimé, un peu, j'aime découvrir de toutes façons,  j'aime cette rencontre avec un(e) inconnu(e),  j'aime cet instant magique de révélation d'une oeuvre,  après j'adhère ou pas, mais étant de nature bienheureuse, bienveillante ou carrément conne,( c'est une question d'appréciation)  je critique modérément en songeant que pour critiquer, il faut avoir un peu de talent dans l'art en question, ce que je n'ai pas, sinon, ce n'est que de la diffamation, de la jalousie, du blabla.

Ouaiiiis, dans tous les cas, c'est du blabla, c'est vrai !

Amérique ou l'hiver 1917-1978 huile sur bois

Donc Sert en temps que peintre décorateur, à première vue, j'adhère pas trop. C'est un décorateur d'un temps révolu, d'un milieu artistique d'une époque. Un petit instant charmeur d'histoire de l'Art, ce qui somme toute est déjà bien et ce qui n'enlève rien à la séduction fascinante de l'homme, un peu comme Misia en somme.

Le lien est noué ! 

Mais sans doute cette visite rapide et première gagnerait à être renouvelée, ailleurs, plus tard, sous d'autres cieux et dans une autre ambiance .... Il me faut du temps parfois pour apprécier.

Note pour ide :

Penser à aller voir à Barcelone l'hôtel de ville et le palais de justice, la banque d'Espagne décorés par Sert, ainsi que le MNAC qui a prêté d'ailleurs ses oeuvres au Petit Palais. 

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