12 septembre 2012

Bernard Buffet

Bernard Buffet 19Tête de travesti28-1999 

aurait peint 8000 oeuvres, sans compter, ou en comptant, je ne sais trop, les faux ....

Trouver donc des peintures de Buffet devrait être aisé, mais non ! Elles ont été reléguées dans les archives ! ce peintre adulé alors qu'il avait 30 ans, a connu ensuite une vive Le Canal

désapprobation de la critique jusqu'à devenir honni par presque tous. On lui a reproché au final de ne pas évoluer dans son art, de buffetiser à tout va, en série, pour pouvoir vivre dans le luxe, en rolls, dans un château, être un des phares de la presse-people de l'époque .. 

Seulement, voilà, Buffet précisément à la une lors de mon enfance-ado est un des rares peintres de l'époque qui m'ait marquée ...     

 Bernard Buffet, fait partie de ces peintres maudits, comme Modigliani, Soutine qui eux ont eu la bonne idée de mourir tôt. Buffet mort à 30 ans en pleine gloire aurait sans doute encore un succès fou !

Nature morte dans l'atelier

 Bizarrerie  des humains !!! Faut dire que Buffet se la pétait beaucoup, et ça, cela ne passe jamais ! Faut dire qu'il a peint un peu toujours la même chose, toujours de la même façon. Et alors ? Buffet a eu très tôt un style personnel, bien à lui, il n'a pas l'étoffe d'un peintre-caméléon prolifiquement talentueux, genre Picasso ou  Dali, c'est vrai,  il n'avait pas le pouvoir ou le savoir d'évoluer alors il a continué à peindre ce qu'il savait faire. C'est pas un heureux, Buffet, c'est un triste, un désenchanté, son trait de crayon si caractéristique, noir, en dents de scie, minimaliste, ses couleurs ternies ...

Palmiers et voiliers 1958

tout cela n'incite pas à la joie ! Il a pourtant eu une vie bien remplie, des amours sincères, un certain talent, mais tout cela n'a pas suffi sans doute à ce qu'il puisse s'éclater.  

Voir un Buffet me ramène à mon enfance et c'est,  je crois, ce que j'aime en lui.  Portrait de Simone Combe

A Clermont, on peut le voir, Maurice et Simone Combe marchands et amateurs d'art ont légué au MARQ plus de 400 tableaux, dont pas mal de Buffet.

 

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08 septembre 2012

Moïse Kisling

Kisling Le modèle nu non daté

Petite rencontre fortuite qui assure la continuité avec Kiki de Montparnasse, Moïse Kisling 1891-1953 au MARQ de Clermont-Ferrand ( partie du legs des Combe, marchands et amateurs d'art au musée). 

Je ne le connaissais pas Kisling avant de savoir que Kiki était l'un de ses modèles. Né en Pologne, il s'installa à Paris en 1910 où il rencontra Braque, Picasso, Soutine, Modigliani, Max Jacob, Julian Gris, Cocteau ... En 1914Sous les palmiers 1917

Portrait de jeune femme vers 1950

 il s'engage dans la Légion étrangère, blessé, il y gagnera  en 1924 d'être naturalisé français. Il se marie avec Renée Gros en 1917 qui lui donnera 2 fils. Lors de la seconde guerre mondiale, il s'exilera aux Etats Unis. Il aura une maison à Sanary, mais il se baladera entre Paris, le Sud et ailleurs !!! 

Il aimait peindre des nus de femmes, des bouquets de fleurs, des portraits, des natures mortes. Il est de facture classique Kisling, mais est arrivé quand même à se démarquer.  A revoir donc, comme une connaissance-plaisir lors de mes pérégrinations !   

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02 août 2012

José Maria Sert

Nonobstant  (j'aime ces expressions superfétatoires)Misia lors de sa rencontre avec Sert

 Misia (1872-1950), je ne serais pas allée à la rencontre du peintre décorateur José Maria Sert (peintre catalan 1874-1945) dont elle fut successivement, l'amante, l'épouse puis à nouveau présente dans les dernières années de sa vie. Mais j'y ai vu un lien, forcément, qu'il me paraissait, comme d'habitude, urgent de nouer, d'autant plus que cette exposition, au Petit Palais se termine le 5 Août. Je ne suis pas trop attirée par ces grandes peintures commanditées par des particuliers. Inutile de chercher Misia, elle ne se cache pas sous un des nombreux personnages :  Misia ne servit jamais de modèle pour Sert;  il utilisa la photographie, des modèles humains au début

Silène et Bacchus charbon sur papier 1910

Etude photographique pour Silène et Bacchus 1910

puis des santons ( il en acheta plusieurs centaines à une crèche napolitaine), pour finir par utiliser des petits mannequins en bois articulés, qu'il mettait en scène les prenant en photos. Il raffolait des pyramides humaines, Sert, et les étudiait sur des mannequins avant de les peindre sur du bois.

Etude photo pour Le Temps 1940

 

 

 

Le Temps détail 1940

 

 

 

 

 

 

Les visages chez Sert sont rarement beaux enfin pas genre grec,Europe ou l'automne détail 1917-1919 genre simiesque plutôt, plus proche de la caricature. Seuls les corps comptent pour Sert, dans toutes les positions : joufflus les chérubins,  musclés les mâles, souples, en force. Le mouvement, c'est ce qui l'intéressait, avec le mélange des genres artistiques, pris ça et là, au gré de ses rencontres, de ses voyages, de ses lubies, de ses clients.  C'était un bon dessinateur, Jose Maria Sert, il aurait pu émergé sans doute comme peintre, enfin peut être, mais a préféré se spécialiser dans la décoration où il eut beaucoup de succès ...  Il a rencontré en 1933 Diego Rivera,

Jose Maria Sert et Diego Rivera 1933

l'époux de Frida, une autre Femme particulière qui m'attire, mais c'est une autre histoire à explorer plus tard ! La grande oeuvre de sa vie à Sert, ce fut la décoration d'une église, celle de Vic, qui va l'occuper énormément, mais il ne reste rien de cette oeuvre : en 1936, l'église est brûlée, quelques membres du clergé exécutés, une raison évoquée possiblement pour expliquer l'adhésion, très contreversée, on s'en doute, de Sert à Franco.

Il était riche, Sert, richesse familiale,  il aimait la grande vie, la belle vie, cultivé et collectionneur, il emmena Misia dans les plus grands musées, et puis Misia devenue un peu vieillie et pas très commode,  il lui préféra une jeune Roussy ( Isabelle Roussadana Mdivani  1906-1938 fille d'un prince géorgien) qui lui offrit d'autres ouvertures par ses relations, un temps, le couple resta à 3, et puis lassé des commérages, ou lassé de Misia, subséquemment il demande l'annulation de son mariage religieux avec Misia pour cause de stérilité et épousa Roussy . Après le décès prématuré de Roussy 10 ans plus tard, il reprit une relation  avec Misia, devenue un peu fauchée, encore plus vieille et un peu esseulée; de lui, elle héritera  son appartement, rue de Rivoli.

Roussy Sert 1929 Mais si, j'ai aimé, un peu, j'aime découvrir de toutes façons,  j'aime cette rencontre avec un(e) inconnu(e),  j'aime cet instant magique de révélation d'une oeuvre,  après j'adhère ou pas, mais étant de nature bienheureuse, bienveillante ou carrément conne,( c'est une question d'appréciation)  je critique modérément en songeant que pour critiquer, il faut avoir un peu de talent dans l'art en question, ce que je n'ai pas, sinon, ce n'est que de la diffamation, de la jalousie, du blabla.

Ouaiiiis, dans tous les cas, c'est du blabla, c'est vrai !

Amérique ou l'hiver 1917-1978 huile sur bois

Donc Sert en temps que peintre décorateur, à première vue, j'adhère pas trop. C'est un décorateur d'un temps révolu, d'un milieu artistique d'une époque. Un petit instant charmeur d'histoire de l'Art, ce qui somme toute est déjà bien et ce qui n'enlève rien à la séduction fascinante de l'homme, un peu comme Misia en somme.

Le lien est noué ! 

Mais sans doute cette visite rapide et première gagnerait à être renouvelée, ailleurs, plus tard, sous d'autres cieux et dans une autre ambiance .... Il me faut du temps parfois pour apprécier.

Note pour ide :

Penser à aller voir à Barcelone l'hôtel de ville et le palais de justice, la banque d'Espagne décorés par Sert, ainsi que le MNAC qui a prêté d'ailleurs ses oeuvres au Petit Palais. 

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29 juin 2012

Amédéo Modigliani

Plutôt beau gosse, si l'on aime le type méditerranéen, de santé fragile, une mère cultivée. De quoi l'amener à choisir une voie artistique. Une tuberculose réchauffée au soleil de Naples, Capri et Rome où il se consacrera à l'histoire de l'art italien via Florence et Venise. Et évidemment Paris avec découverte du symbolisme, fauvisme, cubisme et tuttisme quantisme. Modigliani tente du portrait du Tout Paris de l'époque, puis se consacre à la sculpture, inspiré par Brancusi, puis revient à la peinture, au portrait à nouveau mais des proches ou d'anonymes et perfectionne son style. 

Modi, maudit, Modigliani rencontre l'alcool et les drogues. Ce qui n'est pas mauvais pour sa peinture. Par contre sa santé  va s'en ressentir, et à l'âge de 35 ans, Modigliani meurt avant que Flemming n'expérimente la pénicilline, en 1920 .

Elvire au col blanc Modigliani

Tout le monde est beau chez Modigliani, tout le monde est longiligne, tout le monde a un long cou. Lorsque les yeux ne sont pas vides, ils vous regardent fixement, parfois l'un est fermé, parfois l'un est aveugle. Ne pas regarder la mort en face, ne pas regarder la misère du monde, ne pas voir que Modigliani a trop bu, trop fumé, trop .... ne pas lui dire d'arrêter de boire, fumer, c'est sa vie après tout, il va où ses désirs le mModigliani Portrait de la jeune fille rousseènent, où ses besoins le dirigent. Alors pour éviter les yeux qui parlent trop, il les énuclée. Sa dernière compagne avec laquelle il vivra moins de 3 ans se nomme Jeanne, il la peindra 25 fois. Jeanne qui lorsqu'elle ouvre les yeux

Jeanne Hébuterne 1918 détail

a un regard trop éloquent, il la préfère douce, tendre et aveugle.

'Jeanne, ouvre les yeux, il y a une fenêtre là ..'

Jeanne a sauté, les yeux ouverts.

Fillette en bleu détail -Modigliani

                                                                            

Le Bonheur est un ange au

visage grave.

Modigliani 1913  

Modigliani Fillette en bleu En ce moment à la Pinacothèque, en compagnie de Soutine ... 

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28 juin 2012

Chaïm Soutine

Né en Biélorussie en 1893, Chaïm Soutine est de ceux qui viennent au monde, doués pour le désespoir et la démesure. Il est de ceux également qui savent utiliser ce côté obscur de leur caractère à des fins artistiques, ce qui ne les empêche nullement de se perdre un peu mais qui arrive quand même à donner un fil conducteur à leur vie. Ils ont en eux un potentiel créatif étonnant. Son père tailleur semble accepter assez facilement le côté fantaisiste de son fils plus doué pour le dessin que la couture. Il suit l'école des Beaux Arts à Vilna. Et à 18 ans,

Les Grands Arbres bleus Céret - Soutine

 il est à Paris, où fauvisme, cubisme commencent à attirer une certaine clientèle soucieuse de se constituer une collection.

 Une foison de jeunes artistes venus de tous les pays s'installe dans des lieux protégés, comme le Bateau-Lavoir, ou la Ruche, et des noms devenus prestigieux sont les compagnons de Soutine, comme Léger, Chagall, Delaunay, Zadkine, Archipenko ... Au Louvre, Soutine découvre Courbet, Ingres, Rembrandt. L'influence de VanGogh est évidente, mais curieusement ordonné  et régulier chez Van Gogh, le trait de peinture est plus saccagé chez Soutine, plus tourbillonnant,Les Platanes à Céret - Soutine à la manière d'un typhon qui emmène tout sur son passage.

 

Il y a tempête dans ses toiles, il y a gros vent, il y a chamboulement. Le rouge y est plus sanguinolent qu'ailleurs. Quant à ses visages, c'est juste après que le rouleau compresseur neModigliani - Soutine - détail soit passé dessus, alors forcément ces visages là ont mal, et font mal aussi. La caricature n'est pas loin.  En 1915, Soutine rencontre Modigliani, ils partagent 2 passions, la peinture et la boisson. Leur amitié sera à leur image, parfois miséreuse, parfois houleuse. Ils entretiendront ainsi l'un sa tuberculose, l'autre son ulcère. Les amours de Soutine feront moins de bruit que cette amitié. Un modèle Paulette Jourdain, une Déborah Melnik qui aurait eu une fille de lui non reconnue, une Gerda Groth et enfin Marie Berthe Aurenche. Voilà pour les connues. Soutine avait sûrement quelque chose d'aimable, à moins que ces femmes ne fussent attirées par son caractère de malheureux frusté permanent, nul n'en sait rien. Soutine finira par devenir célèbre et vivre enfin de sa peinture, mais son âme tourmentée ne trouvera pas la paix.

La Femme en vert - Soutine

Le bonheur ne fait pas partie du monde de Chaïm Soutine. Son ulcère se perfore, il en meurt à l'âge de 50 ans.  

Exposé en ce moment à la Pinacothèque, n'y est pas tout seul, en bonne compagnie de Modigliani, Utrillo, Valadon, Derain, Ebiche, Hayden, et d'autres que j'ai oubliés. Trop de peintres pour s'attacher à un seul. Dommage, on se disperse un peu trop. Alors, Soutine, il me faudra le revoir à nouveau, seul cette fois ci.  

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16 juin 2012

Lucian Freud

Rubens peut aller rhabiller ses nus académiques et charnus.

Reflet avec deux enfants (Autoportrait) 1965

Freud, Lucian est son prénom, né en 1922, mort en 2011, petit fils du psychanalyste fait éclater les chairs féminines gélatineuses, vibrer les énormes cuisses,

Cadre d'une société de prévoyance sociale endormie 1995

dégouliner les graisses des ventres trop pleins, trembloter les chairs marbrées, vieillies, et pourtant il les magnifie ces femmes, leur rend leur féminité exquise et maniérée,     

c'est une main fine et délicate,

Détail

une bouche enfantine,                                                                                            une posture d'abandon gracieux,

Femme nue sur un canapé 1984-85

 

 

une fossette inattendue ...

Détail2

 

 

 

 

 

 

En ce qui concerne les hommes, on ne voit que le sexe, cela dérange un brin,David et Elie 2003-04le sexe masculin. Ou bien, est ce, ce que cela suggère dans notre esprit qui dérange ?

David et Eli version pour ma mère

 Un inconscient collectif qui mêlé à une éducation moralisatrice donnerait aux attributs sexuels masculins dénudés une image dont la signification nous heurterait. Alors, on peut préférer d'autres versions que Freud  voudra bien me pardonner. 

Faut dire que Freud, n'est pas très clair sur le sujet, le peintre met en valeur ces pièces, d'une précision anatomique. Freud disait 'ce qui m'intéresse vraiment chez les gens, c'est leur côté animal'. Moi, je dirais plutôt que ce qui l'intéressait Freud, c'était de sexualiser le nu chez l'homme en l'exposant un peu plus qu'un autre. Il n'y a rien d'animal là dedans. L'homme dépasse largement l'animal. Freud se veut dégagé de tout fantasme sexuel  dans ses nus, ainsi il peint ses propres filles, nues, outrancie les défauts physiques et les éloigne ainsi d'un académisme où la beauté idéale, n'aurait pour seul but que de suggérer de possibles fantasmes, sans bousculer la morale bien pensante ambiante. Mais voilà, il est quand même un peu ambigu, Freud, et ses nus qui dérangent, attirent, repoussent, posent de drôles de questions ... bravo monsieur Freud, il y a quelque chose de très humain et de très paradoxal, humain quoi, dans vos peintures. 

Freud a donc choisi un hyperréalisme

 

La Mère du peintre se reposant III 1977

outrancier parfois, mais comme il aime ses modèles, cet homme là, le peintre les a peints avec une grande tendresse qui se dégage dans la plupart de ses tableaux. Ses personnages réflètent toujours des émotions, même leur apparente indifférence est parlante.

 

Cela fait un petit moment que j'ai vu cette exposition à Beaubourg, 2 ans ou peut être ou plus, je ne sais plus. Mais seulement, maintenant, je trouve matière d'en Intérieur avec plante, reflet écoutant (Autoportrait) 1967-68

parler. Lucian Freud mérite le détour, et que l'on s'y plonge. Mais il faut que le désir d'en parler naisse; plus que d'autres peintres qui ont choisi une peinture plus ... moins ... autre. Lucian Freud est un peintre de l'extrême, du bord de l'abîme, de ces lieux habités et étranges comme le sont certaines forêts. Et j'aime beaucoup.

Ta Gueule, Sigmund, ce n'est pas à toi que je parle ! 

Faut aller vers Lucian, quand on est prêt. C'est un peu comme pour l'autre, en fait. Ils ne demandent qu'à s'exprimer ces Freud, si on l'on veut bien prendre la peine de les écouter ...

Et curieusement, je me sens aujourd'hui prête. Bon, y a encore du boulot sur le sujet. Lucian Freud nécessite que l'on y revienne. 

 A vous revoir.

Note pour ide :

Lire : La Bonne Étoile d'Esther Freud, une des filles de Lucian Freud.

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08 juin 2012

Jeanne Vetter née Crouazel dite m'an Jeanne

Serions nous capables, tous, d'être peintres du dimanche, de cet art que l'on dit brut, naïf, singulier, outsider ou marginal ...Les enfants le sont tous peintres, certains déjà plus talentueux dans le dessin que d'autres, mais souvent tous créatifs. Et puis en acquérant un savoir stéréotypé, bien défini d'une Education Nationale où l'on a plus tendance à remplir les têtes qu'à les rendre bien faites, on perd peu à peu ces spontanéités de l'enfance où fusaient des dons naissants, incompatibles avec l'entonnoir réducteur d'une éducation identique pour tous, dons qui disparaissent et qui peuvent ressurgir par hasard un jour.

Jeanne VetterAinsi, Jeanne Vetter, née Crouazel ( 1902-1975) que la vie n'avait pas gâtée, Assistance Publique en guise de mère, scolarité réduite à la plus simple expression, vie pauvre et laborieuse, et pourtant un fils, Jean Louis, qui choisira de s'extraire de cette morosité, dans la musique, puis dans la sculpture, un fils qui amènera, par hasard ou pas, Jeanne à retrouver des gestes perdus de l'enfance, des pastels, une feuille, et un premier dessin.

Jeanne Vetter première périodeJeanne réapprendra à colorier.Jeanne Vetter deuxième période

 

 

 

Jeanne réapprendra à diversifier les formes,  à introduire des dessins qui seront le reflet de ses journées.

 Jeanne se dessinera, elle, son fils toujours représenté par un coq.Jeanne Vetter autoportrait

 Jeanne Vetter - Fernand Rolland

Fernand Rolland un poète-sculpteur-peintre qui fonde avec Jean Louis un Centre d'Art Contemporain dans une partie du château du Tremblay.

 

Jeanne Vetter 2 

Une Vierge en Majesté qui mérite

sa place au milieu des Dames Romanes

Jeanne Vetter Dernier dessin

 

 

 

                                                                         

Et puis, un dernier dessin, un geste de la main et puis s'en va 

 Jeanne, le corps usé, le coeur en paix, mourra, au ciel s'en ira.

 

Vite, des feutres, des pastels, des pinceaux. C'est possible non ?

 C'est comme tout, Il faut encore le vouloir !                                                    

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28 mai 2012

Louise Delorme peintre Haute-Loire

A l'Hôtel-Dieu du Puy, une rencontre particulière avec une Dame singulière et secrète qui nous propose le temps d'une visite un rare moment de plaisante sérénité. Plaisir des yeux, écoute silencieuse, écoute du silence dans un lieu où je suis la seule visiteuse .. avant qu'enfants des écoles, touristes n'envahissent le lieu. Objets de nécessité basiques, uniques : La chaise 1981une tableDrap rose oublié 1999, une chaise, un bougeoir, un pot, objets minimalistes mais nécessaires à la vie qui représentent le quotidien, la vie simple; objets qui deviennent vivants, témoins des douces habitudes qui remplissent les solitudes des vies. Solitude de la chaise face au spectateur solitaire et, improbable mais pourtant réelle, union entre ces 2 solitudes.

 Masses cylindriques que vous voyez comme vous voulez, Louise Delorme ne fait que suggérer, et laisse votre imagination faire le reste : énormes rochers,Force perpendiculaire et oblique noire 2000 orgues basaltiques, poutres des maisons, croix de pierre Poids et équilibre 2002des priants, croix de bois des souffrants, et puis quand la vie vous semble plus dure, les fleursBouquet tout écarté 1997Louise Delorme, les genêts, la paille, la terre, les chemins qui vous délivrent, qui vous ramènent à l'essentiel d'une vie. Et pour tous croyants ou non, une série de vierges en majesté, de Dames Romanes solitaires Vierge au manteau bleu 2000La Vierge, l'enfant et la croixelles aussi, puisque la solitude fait donc partie de la vie.

Louise Delorme est née en Haute Loire en 1928. Ses parents ont une ferme. En 1948, elle part à Paris où elle suivra des cours à l'école des Beaux Arts et dans l'atelier du peintre Henri Goetz. En 1950, elle expose au musée Crozatier. Elle vivra à Paris durant 30 ans, exposera dans plusieurs pays, puis reviendra vivre en Haute Loire.   

Exposition jusqu'au 6 juillet.  

Note pour ide :

Altiligérien : habitant de la Haute Loire.

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06 avril 2012

Degas et les nus

Le nu chez Degas (1834-1917) représente 1/5 ème de son oeuvre, sous toutes les formes, à l'huile, au pastel, au crayon, en lithographie, en sculpture. Le musée d'Orsay nous offre de contempler une partie de ces nus. Un parcours intéressant mais difficile à voir, tant il y a de monde !

Degas, issu Etude d'homme nu allongé 1857d'une famille bourgeoise aisée décide de copier au Louvre, dés l'obtention de son baccalauréat, il a 19 ans. En 1854, il fréquente l'atelier de Louis Lamothe, en 55 il rencontre Ingres. En copiant les maîtres dont, Michel -Ange, Mantegna, Degas affine son trait. Il montre  un goût prononcé pour le sujet historique. De 56 à 59 Degas copie les Antiques, dessine des nus masculins, apprend les ombres, les hachures. En 58 rencontre Gustave Moreau. il dira de cette époque 'ici le mieux est d'employer mon temps à étudier mon métier'.

Et il étudiera bien. 

  

 En 59 il loue un atelier à Paris. Il met en pratique ce qu'il a appris, avec sa propre inspirationJeune fille spartiate vers 1860 : ses nus sont plus contemporains qu'antiques. Degas ePetites filles spartiates provoquant des garçons 1860-62xcelle dans le dessin.  Il revisite à sa façon la peinture d'histoire, dessine les corps avec plus de réalisme ambigu, les Petites filles spartiates provoquant des garçons seront l'objet de plusieurs esquisses, au dessin, la jeune fille tendant le poing, assez agressive sur le dessin , plus provoquante  sur la peinture à l'huile date des années 60-62 restera chère à Degas. Souvenir de jeunesse où tout était possible.  En 65, Degas présente au salon ' Scène de guerre au Moyen Age', dont on  veut faire aujourd'hui un manifeste pour la cause des femmes violées en temps de guerre.Scène de guerre au moyen âge détail 63-65 Il aurait fallu que monsieur Degas se livre à ce sujet, mais Degas est un pudique sentimental et taiseux, sous ses dehors entiers, intransigeants, alors reste l'ambiguité prScène de guerre au Moyen Ageovoquée par ce type de peinture, certainement voulue : voyeurisme, provocation de carabin,désir d'humanité, ou tout simplement besoin bien légitime de s'essayer aux grands maîtres, en modernisant à sa façon , nous n'en saurons jamais vraiment rien. 

Et puis ce tableau intimiste, qui fera couler beaucoup d'encre, Intérieur. Hypothèse d'un viol ? séparation de 2 amants ? virginité perdue ? 

Au choixIntérieur 68-69

 

 

 

 De 1876 à 1879, finis les  beaux nus, les femmes violentées qui restent quand même belles, place au grotesque, à la caricature, aux pubis 'origine du monde' La fête de la patronne 77-77des dames des maisons closes qui se baladent toutes nues, dans des poses obscènes, qui assises écartent les jambes sans grâce .. Degas utilise le monotype à l'encre noire. Ces femmes ont toutes le même physique, cuisses et fesses charnues, petit ventre, visage grossier, ce qLa fête de la patronne Monotype encre noireui permettait de déclarer, selon la théorie scientifique en vogue de l'époque : la physiognomonie que les prostituées correspondaient à un type physique particulier, héréditaire qui plus est, théorie à la mode qui les déterminait, socialement, physiquement à n'être que prostituées. Là encore, que des hypothèses, Degas adhérait-il vraiment à ce courant (physiognomonie), ou bien, lui servait il d'alibi, de prétexte à s'exercer à une pornographie libératrice, malicieuse, licencieuse où la caricature et l'humour lui servaient aussi à exprimer ses peurs secrètes...  Auriez vous eu peur, monsieur Degas, pour des raisons qui vous appartiennent, du sexe féminin ?     

Degas continue à explorer, vers 1880, le nu féminin en nous faisant découvrir la vie la plus intime des femmes, celle que l'on n'évoque pas,Le petit déjeuner à la sortie du bain 95-98 pastel dans son monde, tout ce qui concerne les soins du corps, et là, il peindra à nouveau des femmes de la bourgeoisie, une servante est là pour témoigner du rang social. Degas incorrigible, si il n'accentue plus les traits (pubis, abdomen rebondi, trLe bain vers 1895 huile sur toileaits simiesques), met ses baigneuses dans des contorsions équilibristes, des poses qui ridiculisent un peu ces femmes qui interpellent, à moins que ce ne soit aussi un effet de style, une étude anatomique du mouvement.  Réjouissons nous de cette équité : prostituées ou bourgeoises, toutes effrayaient un peu Degas, sexuellement.Femme se grattant le dos 1881 pastel Il dira des femmes nues qu'il peint ' Je les montre sans leur coquetterie, à l'état de bêtes qui se nettoient'.Femme nue se coiffant vers 1881 huile sur toile  Degas est assez touchant dans ses contradictions, dans ses ambiguïtés, très humain, ce Degas. Degas aura de solides amitiés féminines, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Suzanne Valadon qui poseroAprès le bain, femme s'essuyant la nuque 95-98 pastelnt pour lui, pas nues, non !!. Il aura un faible pour une cantatrice Rose Caron. Degas n'est pas un réel misogyne, mais un homme plus fin et sensible qu'il n'y parait, qui a tout bonnement les idées de son époque en ce qui concerne les femmes. Peu à peu, Degas enfin libéré ou ayant dépassé ses préjugés, où bien se moquant de tout, peindra aussi et de plus en plus, des nus plus fondus Femme sortant du bain 1886 pastel sur monotypemoins réalistes mais devenus enfin gracieux, touchants, naturels où Degas alors n'est plus qu'un peintre soucieux du trait, des couleurs de ses pastels où les décors se fondront, évoquant les intérieurs futurs d'un VuillardFemme s'essuyant la nuque 1900-05 pastel et fusain. Degas est un peintre à part entière.

Côté sculpture, Degas n'est pas très convaincant, seule, La Petite Danseuse émerge.Danseuse DegasPetite danseuse DegasC'est un peu lapidaire comme jugement, mais c'est mon droit.

 

Détail

A partir de 1890, ce solitaire s'isole davantage, devient 'indifférent', continue à vivre sans réel plaisir de vivre, mais se livre à ses collections, à sa peinture appréciée de ses contemporains, à ses rares amis qui se meurent d'ailleurs les uns après les autres. Les dernières années de sa vie, Degas sera une enveloppe vide soignée par sa servante Zoé. Il meurt sans souffrance en 1917.   

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02 avril 2012

Le bonheur de vivre de Matisse

En 1889 Henri Matisse travaille à Saint Quentin en temps que clerc d'avoué. Rien ne laisse présager qu'il deviendra peintre. Morne ennui de Matisse qui tombe heureusement malade un an plus tard. Sa mère, toujours bienveillante avec lui, lui offrira Mlle Felune boîte de couleurs qui initiera Matisse au sentiment d'aborder 'une espèce de paradis'. Il suit des cours de dessin à la fondation Quentin de la Tour, et s'intéresse aux esquisses exécutées au pastel par Quentin de la Tour qui représentent des visages.

Matisse dira plus tard ' La révélation dans l'étude du portrait m'est venue en pensant à ma mère' et au sujet des sourires peints par Quentin la Tour ' Ils m'impressionnaient au point d'en avoir moi-même les muscles du rire fatigués'. Il apprendra les classiques en gravissant une marche de plus à chaque passage dans un atelier que ce soit celui de Bouguereau, puis Gabriel Ferrier, et enfin Gustave Moreau dont il dira ' la grande qualité de G Moreau a été de considérer l'esprit d'un jeune élève comme devant subir un développement continu pendant toute Goya les Vieillesgoya les jeunessa vie et non de le pousser à satisfaire à différentes épreuves scolaires qui laissent l'artiste aux environs de la trentaine avec un esprit faussé. En 1896, il entre à l'école des beaux-arts. Il découvre Goya

Le choix de mes couleurs ne repose sur aucune théorie scientifique , il est basé sur l'observation, sur le sentiment, sur l'expérience de ma sensibilité.

Il ressent chez Ferrier, l'émotion que lui procurait la vision d'un corps féminin. Eté 96 en Bretagne, rencontre avec Emile Wery et John Russel qui le marquera. Palette encore sombre de sa peinture mais qui commence à s'éclaircir.

La Desserte MatisseEn 97 voit le legs Caillebotte, et peint La Desserte : Il rencontre  Rodin a fait un peu d''impressionisme et aime Césanne qu'il ne rencontrera jamais. En 94, il a une fille Marguerite de Caroline Joblaud qui pose pour La Desserte. La quitte en 97, épouse en 98 Amélie Parayre. Iront à Londres vL'olivier Matisse 1898oir Turner, puis en Corse où il découvre la lumière du sud.'Tout brille, tout est couleur, tout est lumière'. 

Père de 2 enfants, en 99, il quitte l'école des Beaux Arts, son père lui supprime la pension qu'il lui servait, Pierre nait en 1900. Amélie travaille dans un magasin de modiste et Matisse travaille pour le décorateur Jambon aux frises qui orneront le grand palais à l'occasion de l'Exposition Universelle. Il est obligé de retourner vivre chez ses parents avec femme et enfants de 1900 à 1903. Il se met à ce moment à travailler la sculpturPortrait à la raie vertee, étudiera chez Bourdelle.  En travaillant avec Signac et Cross, Matisse découvre ce qui l'éloigne du divisionnisme : un peu de rose, un peu de bleu, un peu de vert; une palette très limitée avec laquelle je ne me sentais pas à l'aise. 1904-1905 Luxe, calme et volupté. Eté 1905, Collioure avec Derain où il verra des oeuvres de Gauguin. Matisse passera alors 'aux beaux bleus, beaux rouges, beaux jaunes, des matières qui remuent le fond sensuel des hommes'. 1905, Portrait de Derain, Portrait de la femme au chapeau, Portrait à la raie verte.

Au salon de 1905 naîtra le mot 'fauve' dû au critique Louis Vauxcelles. Les Stein achetèrent 'La Femme au chapeau'.

En 1906, Le Bonheur de vivre est un hymne au corps dele bonheur de vivre la femme, à la courbe volupteuse du corps féminin que Matisse se plait à disposer librement. Picasso et Matisse se rencontrent à cette époque. 

Et Matisse arrive naturellement au Nu bleu, souvenir de Biskra en 1907, d'après une de ses sculpture souvenir d'un modèle sensuel (?) et provoquant, nu couché du bonheur de vivre , nu couché en torsion qui sera un thème cher à MatNu bleu, souvenir de Briskraisse et que l'on retrouvera dans une dizaine de ses tableaux et sculptures. Ce nu là scandalisera à tel point qu'il sera brûlé en éffigie en 1913, lors d'une exposition dans la surprenante Amérique si prude souvent. Ce nu là se retrouvera dans la série des gouaches bleues découpées, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. 

Depuis 1906, un collectionneur russe CMatisse et la Dansehtchoukine achète des oeuvres de Matisse, il lui commande un panneau décoratif sur la danse en 1910. Matisse a déjà représenté une farandole dans le Bonheur de vivre(1905). Elle était en moi, cette danse. Je n'ai pas eu besoin de me chauffer : j'ai marché sur des éléments vivants. Il y en aura de nombreuses, des Danses.

Voyages en Bavière, à Berlin, à Moscou, en Espagne, à Tanger. En 1908, il entreprendMatisse la conversation la conversation qu'il achève en 1912. Matisse prend du recul, et commence à s'éloigner un peu de sa famille qui restera toujours ce qu'il aime, mais qui ne constiLa leçon de musique 1917tuera pas un frein au but que s'est fixé Matisse : la peinture est ce qu'il aime avant tout, il tient à assurer le matériel de cette famille, mais ne veut pas en être prisonnier. En 1914, Matisse, réformé, s'installe à Collioure. A partir de 1921, il partage son temps entre Nice et Paris. L'atelier devient pour lui lieu de solitude, lieu d'action et de contemplation. D'autres modèles remplacent Madame Matisse. des modèles qui seronl'italienne 2t pour Matisse un tremplin- 'c'est une porte que je dois enfoncer pour accéder au jardin dans lequel je suis seul et si bien.' Laurette ou Lorette apparue en 1916 sera reproduite une trentaine de fois.  

Et puis il y aura Antoinette Arnoux, 'une femme colosse, ella a des nichons comme des bouteilles de chianti de deux litres.'

Antoinette dont la beauté faisait vibrer Matisse, curieusement, cela ressemble peu à du Matisse, ce chapeau là, mais cette Antoinette fera basculer Matisse dans la volupté qui mène au bout du compte à lui seul.Chapeau plumes 1919

 

odalisque à la culotte rouge

 

 

 Et puis il y aura Henriette Darricarrère qui posera de 1920 à 1927, Henriette qui jouera avec Matisse, théâtralisant ses poses, lui, peignant déjà l'idée de la volupté, pratiquant un érotisme visuel.

 

Voyage à Tahiti, retour aux USA, en 1932 où Matisse travaille à La Danse pour la Fondation Barnes et rencontre avec Lydia Delectorskaya qui restera auprès de Matisse, tour à tour, modèle, aide, secrétaire, compagne  durant les 22 dernières années de sa vie.Le rêve Lydia

 

Et puis pour clore, cette vie, si longue, si riche, une autre femme, Monique Bougeois, qui le soignera, comme autrefois, sa mère, et qui deviendra soeur Jacques-Marie :

La chapelle de Vence, une autre rencontre à venir un prochain jour. Il faut que j'insiste encore avec vous monsieur Matisse, il y a chez vous des tableaux que j'aime bien, mais sans émotion particulière, mis à part un plaisir visuel éphémère, rien ne passe entre nous. Une indifférence certaine.

Curieux, non ? 

Sources : 

Marcelin Pleynet - Henri Matisse

Matisse - Catalogue Centre Pompidou, collections du MAM.

Matisse - Xavier Girard

Internet

mes impressions personnelles.

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