08 juin 2012

Jeanne Vetter née Crouazel dite m'an Jeanne

Serions nous capables, tous, d'être peintres du dimanche, de cet art que l'on dit brut, naïf, singulier, outsider ou marginal ...Les enfants le sont tous peintres, certains déjà plus talentueux dans le dessin que d'autres, mais souvent tous créatifs. Et puis en acquérant un savoir stéréotypé, bien défini d'une Education Nationale où l'on a plus tendance à remplir les têtes qu'à les rendre bien faites, on perd peu à peu ces spontanéités de l'enfance où fusaient des dons naissants, incompatibles avec l'entonnoir réducteur d'une éducation identique pour tous, dons qui disparaissent et qui peuvent ressurgir par hasard un jour.

Jeanne VetterAinsi, Jeanne Vetter, née Crouazel ( 1902-1975) que la vie n'avait pas gâtée, Assistance Publique en guise de mère, scolarité réduite à la plus simple expression, vie pauvre et laborieuse, et pourtant un fils, Jean Louis, qui choisira de s'extraire de cette morosité, dans la musique, puis dans la sculpture, un fils qui amènera, par hasard ou pas, Jeanne à retrouver des gestes perdus de l'enfance, des pastels, une feuille, et un premier dessin.

Jeanne Vetter première périodeJeanne réapprendra à colorier.Jeanne Vetter deuxième période

 

 

 

Jeanne réapprendra à diversifier les formes,  à introduire des dessins qui seront le reflet de ses journées.

 Jeanne se dessinera, elle, son fils toujours représenté par un coq.Jeanne Vetter autoportrait

 Jeanne Vetter - Fernand Rolland

Fernand Rolland un poète-sculpteur-peintre qui fonde avec Jean Louis un Centre d'Art Contemporain dans une partie du château du Tremblay.

 

Jeanne Vetter 2 

Une Vierge en Majesté qui mérite

sa place au milieu des Dames Romanes

Jeanne Vetter Dernier dessin

 

 

 

                                                                         

Et puis, un dernier dessin, un geste de la main et puis s'en va 

 Jeanne, le corps usé, le coeur en paix, mourra, au ciel s'en ira.

 

Vite, des feutres, des pastels, des pinceaux. C'est possible non ?

 C'est comme tout, Il faut encore le vouloir !                                                    

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28 mai 2012

Louise Delorme peintre Haute-Loire

A l'Hôtel-Dieu du Puy, une rencontre particulière avec une Dame singulière et secrète qui nous propose le temps d'une visite un rare moment de plaisante sérénité. Plaisir des yeux, écoute silencieuse, écoute du silence dans un lieu où je suis la seule visiteuse .. avant qu'enfants des écoles, touristes n'envahissent le lieu. Objets de nécessité basiques, uniques : La chaise 1981une tableDrap rose oublié 1999, une chaise, un bougeoir, un pot, objets minimalistes mais nécessaires à la vie qui représentent le quotidien, la vie simple; objets qui deviennent vivants, témoins des douces habitudes qui remplissent les solitudes des vies. Solitude de la chaise face au spectateur solitaire et, improbable mais pourtant réelle, union entre ces 2 solitudes.

 Masses cylindriques que vous voyez comme vous voulez, Louise Delorme ne fait que suggérer, et laisse votre imagination faire le reste : énormes rochers,Force perpendiculaire et oblique noire 2000 orgues basaltiques, poutres des maisons, croix de pierre Poids et équilibre 2002des priants, croix de bois des souffrants, et puis quand la vie vous semble plus dure, les fleursBouquet tout écarté 1997Louise Delorme, les genêts, la paille, la terre, les chemins qui vous délivrent, qui vous ramènent à l'essentiel d'une vie. Et pour tous croyants ou non, une série de vierges en majesté, de Dames Romanes solitaires Vierge au manteau bleu 2000La Vierge, l'enfant et la croixelles aussi, puisque la solitude fait donc partie de la vie.

Louise Delorme est née en Haute Loire en 1928. Ses parents ont une ferme. En 1948, elle part à Paris où elle suivra des cours à l'école des Beaux Arts et dans l'atelier du peintre Henri Goetz. En 1950, elle expose au musée Crozatier. Elle vivra à Paris durant 30 ans, exposera dans plusieurs pays, puis reviendra vivre en Haute Loire.   

Exposition jusqu'au 6 juillet.  

Note pour ide :

Altiligérien : habitant de la Haute Loire.

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06 avril 2012

Degas et les nus

Le nu chez Degas (1834-1917) représente 1/5 ème de son oeuvre, sous toutes les formes, à l'huile, au pastel, au crayon, en lithographie, en sculpture. Le musée d'Orsay nous offre de contempler une partie de ces nus. Un parcours intéressant mais difficile à voir, tant il y a de monde !

Degas, issu Etude d'homme nu allongé 1857d'une famille bourgeoise aisée décide de copier au Louvre, dés l'obtention de son baccalauréat, il a 19 ans. En 1854, il fréquente l'atelier de Louis Lamothe, en 55 il rencontre Ingres. En copiant les maîtres dont, Michel -Ange, Mantegna, Degas affine son trait. Il montre  un goût prononcé pour le sujet historique. De 56 à 59 Degas copie les Antiques, dessine des nus masculins, apprend les ombres, les hachures. En 58 rencontre Gustave Moreau. il dira de cette époque 'ici le mieux est d'employer mon temps à étudier mon métier'.

Et il étudiera bien. 

  

 En 59 il loue un atelier à Paris. Il met en pratique ce qu'il a appris, avec sa propre inspirationJeune fille spartiate vers 1860 : ses nus sont plus contemporains qu'antiques. Degas ePetites filles spartiates provoquant des garçons 1860-62xcelle dans le dessin.  Il revisite à sa façon la peinture d'histoire, dessine les corps avec plus de réalisme ambigu, les Petites filles spartiates provoquant des garçons seront l'objet de plusieurs esquisses, au dessin, la jeune fille tendant le poing, assez agressive sur le dessin , plus provoquante  sur la peinture à l'huile date des années 60-62 restera chère à Degas. Souvenir de jeunesse où tout était possible.  En 65, Degas présente au salon ' Scène de guerre au Moyen Age', dont on  veut faire aujourd'hui un manifeste pour la cause des femmes violées en temps de guerre.Scène de guerre au moyen âge détail 63-65 Il aurait fallu que monsieur Degas se livre à ce sujet, mais Degas est un pudique sentimental et taiseux, sous ses dehors entiers, intransigeants, alors reste l'ambiguité prScène de guerre au Moyen Ageovoquée par ce type de peinture, certainement voulue : voyeurisme, provocation de carabin,désir d'humanité, ou tout simplement besoin bien légitime de s'essayer aux grands maîtres, en modernisant à sa façon , nous n'en saurons jamais vraiment rien. 

Et puis ce tableau intimiste, qui fera couler beaucoup d'encre, Intérieur. Hypothèse d'un viol ? séparation de 2 amants ? virginité perdue ? 

Au choixIntérieur 68-69

 

 

 

 De 1876 à 1879, finis les  beaux nus, les femmes violentées qui restent quand même belles, place au grotesque, à la caricature, aux pubis 'origine du monde' La fête de la patronne 77-77des dames des maisons closes qui se baladent toutes nues, dans des poses obscènes, qui assises écartent les jambes sans grâce .. Degas utilise le monotype à l'encre noire. Ces femmes ont toutes le même physique, cuisses et fesses charnues, petit ventre, visage grossier, ce qLa fête de la patronne Monotype encre noireui permettait de déclarer, selon la théorie scientifique en vogue de l'époque : la physiognomonie que les prostituées correspondaient à un type physique particulier, héréditaire qui plus est, théorie à la mode qui les déterminait, socialement, physiquement à n'être que prostituées. Là encore, que des hypothèses, Degas adhérait-il vraiment à ce courant (physiognomonie), ou bien, lui servait il d'alibi, de prétexte à s'exercer à une pornographie libératrice, malicieuse, licencieuse où la caricature et l'humour lui servaient aussi à exprimer ses peurs secrètes...  Auriez vous eu peur, monsieur Degas, pour des raisons qui vous appartiennent, du sexe féminin ?     

Degas continue à explorer, vers 1880, le nu féminin en nous faisant découvrir la vie la plus intime des femmes, celle que l'on n'évoque pas,Le petit déjeuner à la sortie du bain 95-98 pastel dans son monde, tout ce qui concerne les soins du corps, et là, il peindra à nouveau des femmes de la bourgeoisie, une servante est là pour témoigner du rang social. Degas incorrigible, si il n'accentue plus les traits (pubis, abdomen rebondi, trLe bain vers 1895 huile sur toileaits simiesques), met ses baigneuses dans des contorsions équilibristes, des poses qui ridiculisent un peu ces femmes qui interpellent, à moins que ce ne soit aussi un effet de style, une étude anatomique du mouvement.  Réjouissons nous de cette équité : prostituées ou bourgeoises, toutes effrayaient un peu Degas, sexuellement.Femme se grattant le dos 1881 pastel Il dira des femmes nues qu'il peint ' Je les montre sans leur coquetterie, à l'état de bêtes qui se nettoient'.Femme nue se coiffant vers 1881 huile sur toile  Degas est assez touchant dans ses contradictions, dans ses ambiguïtés, très humain, ce Degas. Degas aura de solides amitiés féminines, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Suzanne Valadon qui poseroAprès le bain, femme s'essuyant la nuque 95-98 pastelnt pour lui, pas nues, non !!. Il aura un faible pour une cantatrice Rose Caron. Degas n'est pas un réel misogyne, mais un homme plus fin et sensible qu'il n'y parait, qui a tout bonnement les idées de son époque en ce qui concerne les femmes. Peu à peu, Degas enfin libéré ou ayant dépassé ses préjugés, où bien se moquant de tout, peindra aussi et de plus en plus, des nus plus fondus Femme sortant du bain 1886 pastel sur monotypemoins réalistes mais devenus enfin gracieux, touchants, naturels où Degas alors n'est plus qu'un peintre soucieux du trait, des couleurs de ses pastels où les décors se fondront, évoquant les intérieurs futurs d'un VuillardFemme s'essuyant la nuque 1900-05 pastel et fusain. Degas est un peintre à part entière.

Côté sculpture, Degas n'est pas très convaincant, seule, La Petite Danseuse émerge.Danseuse DegasPetite danseuse DegasC'est un peu lapidaire comme jugement, mais c'est mon droit.

 

Détail

A partir de 1890, ce solitaire s'isole davantage, devient 'indifférent', continue à vivre sans réel plaisir de vivre, mais se livre à ses collections, à sa peinture appréciée de ses contemporains, à ses rares amis qui se meurent d'ailleurs les uns après les autres. Les dernières années de sa vie, Degas sera une enveloppe vide soignée par sa servante Zoé. Il meurt sans souffrance en 1917.   

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02 avril 2012

Le bonheur de vivre de Matisse

En 1889 Henri Matisse travaille à Saint Quentin en temps que clerc d'avoué. Rien ne laisse présager qu'il deviendra peintre. Morne ennui de Matisse qui tombe heureusement malade un an plus tard. Sa mère, toujours bienveillante avec lui, lui offrira Mlle Felune boîte de couleurs qui initiera Matisse au sentiment d'aborder 'une espèce de paradis'. Il suit des cours de dessin à la fondation Quentin de la Tour, et s'intéresse aux esquisses exécutées au pastel par Quentin de la Tour qui représentent des visages.

Matisse dira plus tard ' La révélation dans l'étude du portrait m'est venue en pensant à ma mère' et au sujet des sourires peints par Quentin la Tour ' Ils m'impressionnaient au point d'en avoir moi-même les muscles du rire fatigués'. Il apprendra les classiques en gravissant une marche de plus à chaque passage dans un atelier que ce soit celui de Bouguereau, puis Gabriel Ferrier, et enfin Gustave Moreau dont il dira ' la grande qualité de G Moreau a été de considérer l'esprit d'un jeune élève comme devant subir un développement continu pendant toute Goya les Vieillesgoya les jeunessa vie et non de le pousser à satisfaire à différentes épreuves scolaires qui laissent l'artiste aux environs de la trentaine avec un esprit faussé. En 1896, il entre à l'école des beaux-arts. Il découvre Goya

Le choix de mes couleurs ne repose sur aucune théorie scientifique , il est basé sur l'observation, sur le sentiment, sur l'expérience de ma sensibilité.

Il ressent chez Ferrier, l'émotion que lui procurait la vision d'un corps féminin. Eté 96 en Bretagne, rencontre avec Emile Wery et John Russel qui le marquera. Palette encore sombre de sa peinture mais qui commence à s'éclaircir.

La Desserte MatisseEn 97 voit le legs Caillebotte, et peint La Desserte : Il rencontre  Rodin a fait un peu d''impressionisme et aime Césanne qu'il ne rencontrera jamais. En 94, il a une fille Marguerite de Caroline Joblaud qui pose pour La Desserte. La quitte en 97, épouse en 98 Amélie Parayre. Iront à Londres vL'olivier Matisse 1898oir Turner, puis en Corse où il découvre la lumière du sud.'Tout brille, tout est couleur, tout est lumière'. 

Père de 2 enfants, en 99, il quitte l'école des Beaux Arts, son père lui supprime la pension qu'il lui servait, Pierre nait en 1900. Amélie travaille dans un magasin de modiste et Matisse travaille pour le décorateur Jambon aux frises qui orneront le grand palais à l'occasion de l'Exposition Universelle. Il est obligé de retourner vivre chez ses parents avec femme et enfants de 1900 à 1903. Il se met à ce moment à travailler la sculpturPortrait à la raie vertee, étudiera chez Bourdelle.  En travaillant avec Signac et Cross, Matisse découvre ce qui l'éloigne du divisionnisme : un peu de rose, un peu de bleu, un peu de vert; une palette très limitée avec laquelle je ne me sentais pas à l'aise. 1904-1905 Luxe, calme et volupté. Eté 1905, Collioure avec Derain où il verra des oeuvres de Gauguin. Matisse passera alors 'aux beaux bleus, beaux rouges, beaux jaunes, des matières qui remuent le fond sensuel des hommes'. 1905, Portrait de Derain, Portrait de la femme au chapeau, Portrait à la raie verte.

Au salon de 1905 naîtra le mot 'fauve' dû au critique Louis Vauxcelles. Les Stein achetèrent 'La Femme au chapeau'.

En 1906, Le Bonheur de vivre est un hymne au corps dele bonheur de vivre la femme, à la courbe volupteuse du corps féminin que Matisse se plait à disposer librement. Picasso et Matisse se rencontrent à cette époque. 

Et Matisse arrive naturellement au Nu bleu, souvenir de Biskra en 1907, d'après une de ses sculpture souvenir d'un modèle sensuel (?) et provoquant, nu couché du bonheur de vivre , nu couché en torsion qui sera un thème cher à MatNu bleu, souvenir de Briskraisse et que l'on retrouvera dans une dizaine de ses tableaux et sculptures. Ce nu là scandalisera à tel point qu'il sera brûlé en éffigie en 1913, lors d'une exposition dans la surprenante Amérique si prude souvent. Ce nu là se retrouvera dans la série des gouaches bleues découpées, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. 

Depuis 1906, un collectionneur russe CMatisse et la Dansehtchoukine achète des oeuvres de Matisse, il lui commande un panneau décoratif sur la danse en 1910. Matisse a déjà représenté une farandole dans le Bonheur de vivre(1905). Elle était en moi, cette danse. Je n'ai pas eu besoin de me chauffer : j'ai marché sur des éléments vivants. Il y en aura de nombreuses, des Danses.

Voyages en Bavière, à Berlin, à Moscou, en Espagne, à Tanger. En 1908, il entreprendMatisse la conversation la conversation qu'il achève en 1912. Matisse prend du recul, et commence à s'éloigner un peu de sa famille qui restera toujours ce qu'il aime, mais qui ne constiLa leçon de musique 1917tuera pas un frein au but que s'est fixé Matisse : la peinture est ce qu'il aime avant tout, il tient à assurer le matériel de cette famille, mais ne veut pas en être prisonnier. En 1914, Matisse, réformé, s'installe à Collioure. A partir de 1921, il partage son temps entre Nice et Paris. L'atelier devient pour lui lieu de solitude, lieu d'action et de contemplation. D'autres modèles remplacent Madame Matisse. des modèles qui seronl'italienne 2t pour Matisse un tremplin- 'c'est une porte que je dois enfoncer pour accéder au jardin dans lequel je suis seul et si bien.' Laurette ou Lorette apparue en 1916 sera reproduite une trentaine de fois.  

Et puis il y aura Antoinette Arnoux, 'une femme colosse, ella a des nichons comme des bouteilles de chianti de deux litres.'

Antoinette dont la beauté faisait vibrer Matisse, curieusement, cela ressemble peu à du Matisse, ce chapeau là, mais cette Antoinette fera basculer Matisse dans la volupté qui mène au bout du compte à lui seul.Chapeau plumes 1919

 

odalisque à la culotte rouge

 

 

 Et puis il y aura Henriette Darricarrère qui posera de 1920 à 1927, Henriette qui jouera avec Matisse, théâtralisant ses poses, lui, peignant déjà l'idée de la volupté, pratiquant un érotisme visuel.

 

Voyage à Tahiti, retour aux USA, en 1932 où Matisse travaille à La Danse pour la Fondation Barnes et rencontre avec Lydia Delectorskaya qui restera auprès de Matisse, tour à tour, modèle, aide, secrétaire, compagne  durant les 22 dernières années de sa vie.Le rêve Lydia

 

Et puis pour clore, cette vie, si longue, si riche, une autre femme, Monique Bougeois, qui le soignera, comme autrefois, sa mère, et qui deviendra soeur Jacques-Marie :

La chapelle de Vence, une autre rencontre à venir un prochain jour. Il faut que j'insiste encore avec vous monsieur Matisse, il y a chez vous des tableaux que j'aime bien, mais sans émotion particulière, mis à part un plaisir visuel éphémère, rien ne passe entre nous. Une indifférence certaine.

Curieux, non ? 

Sources : 

Marcelin Pleynet - Henri Matisse

Matisse - Catalogue Centre Pompidou, collections du MAM.

Matisse - Xavier Girard

Internet

mes impressions personnelles.

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29 mars 2012

Matisse

Cher monsieur Matisse. Nous nous rencontrâmes à Nice, rapidement entre 2 vitraux, 2 gouaches bleues, 2 céramiques ...  une rencontre sans lendemain, dont vous ne vous souvenez pas, ce qui ne surprend guère de votre part, mais plus étonnante chez moi qui m'enthousiasme assez souvent pour certains de vos congénères. Averti par l'un de vos anges gardiens, vous me donnâtes une seconde chance, ce dont je vous suis reconnaissante, le lundi 19 Mars à Beaubourg. Je remarque au passage qu'une foule eût droit aux mêmes faveurs, mais votre notoriété l'exige, et je ne vous en tiens pas rigueur. Le thème choisi, fort à la mode en ce moment d'ailleurs, réside en paires et séries. Bon, pas si folichon, ce thème ni très original, mais il a le mérite de nous faire aller plus loin, et c'est peut être le but. 

Vous êtes né en 1869. En 1890, vous réalisez votre première nature morte aux livres, puis à Paris, vous entrez dans l'atelier de Gustave Moreau où vous découvrez le milieu symbolique. La couleur utilisée par les peintres hollandais vous attire, votre style est encore académique, vous copiez les maîtres, vous dessinez bien, vous vous formez. Marguerite votre fille naît en 1994. Entré à l'école des Beaux Arts en 95, vous découvrez Turner, vous vous initiez à l'impressionisme et d'autres courants avec Pissaro, Monet, Van Gogh, Cezanne, Signac, Puvis de Chavanne ... Vous aussi irez à la recherche de la lumière, en Bretagne, en Corse ou vous naissez à la lumière. Voilà, vous allez devenir coloriste, vous pointillez en bonne compagnie avec Seurat,

Luxe calme et voluptéLuxe calme et volupté (1904-1905) que Signac achèrera et puis vous lâchez cet agencement de couleurs que vous jugez trop enfermant  'Je me suis cherché partout'  direz vous alors. Vous rencontrez Bonnard qui fera parti du cercle de vos amis. Au salon d'automne 1905, 'La femme au chapeau' fera  de vous un fauve. Il s'agit de votre femme Amélie qui vous donnera 3 enfants et dont vous divorcerez en 1940. 

En 1906, vous peindrez' Le Bonheur de vivre' où vous célébrez le corps des femmes dans leur rondeur voluptueuse, nues, allongées, les bras levés ..  vos sculptures à venir.   

  

 le dessin épuré que vous pratiquez fort bien laissera la première place à la recherche des couleurs, alors oui, vous vous mettrez à reproduire des tableaux pour tenter d'arriver à un idéal, un peu obsessionnel sur le sujet. Je suis donc un vieux cinglé qui veut recommencer sa peinture pour mourir enfin satisfait (juin 1947)  Intérieur jaune et bleu 1946intérieur rouge de Venise

 En fait,  la peinture est ce qui prime pour vous, une exigence que vous soumettrez à votre intuition, et à votre raisonnement. Et vous y soumettrez aussi les vôtres, famille, modèles, amours, mais ça c'est un autre sujet.

 

 

 

 

 

 Monsieur Matisse vous marquerez votre présence sur certains tableaux, issus de la même inspiration, avec une recherche picturale, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre !!! j'exagère le trait forcément,vous utiliserez les figures de femmes un peu de la même façon, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait une autre.Intérieur, bocal de poissons rougesPoissons rouges et palette Un détail dans les poissons rouges et la palette, votre pouce qui jaillit de la palette ... volontiers ambigu monsieur, vous êtes parfois !détail Elles assurent ces séries une continuité dans la peinture de Matisse, cela lui permet ces séries renouvelées à chaque fois d'avancer vers son but : de la peinture avant toute chose. Bon, l'homme est complexe, il faudra y revenir. 

Vous mettrez rapidement dans vos tableaux de la sensualité, dans les formes rondes des femmes, dans les couleurs à déguster ... oui, je sens là une ouverture, un créneau où m'engouffrer, vous êtes secret, il faut donc revenir et revenir sans cesse sur vos tableaux.Nu bleu II 1952Nu bleu III

De vos débuts à la fin, il y a une continuité, un aboutissement de votre peinture, 1952, c'est presque la fin : Êtes vous enfin satisfait monsieur Matisse ? Je crois que oui.

Je sens entre vous et moi une possible connivence. Je suis patiente, j'attendrai que spontanément vous veniez à moi, enfin presque spontanément, puisque c'est moi qui irai vers vous, forcément !

Pour aujourd'hui, cela suffit.

A vous revoir monsieur Matisse

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28 mars 2012

La sorcière et le chat

La sorcière et le chat Orsay

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26 février 2012

Halle Saint Pierre

S'opposant à l'art dit contemporain, très intellectualisé, l'art brut, l'art singulier, l'art urbain se mêlent joyeusement dans une exposition que leur consacre le musée de la Halle Saint Pierre. Si certaines oeuvres sont facilement étiquetables, d'autres mélangent les genres, et flirtent avec le street art, le graffiti, la BD, le tattoo, les comics, le lowbrow art  et au final vous amènent à penser qu'en matière d'art moderne, il vous reste beaucoup à apprendre, voire tout.

Cet art là n'est pas timoré, en matière de sexe, ce serait même plutôt le contraire, extrêmement orienté  pour certains d'entre eux, ce qui n'est pas le signe d'une époque, mais plutôt d'une nature anticonformiste et carrément provocatrice, donc souvent pétrie d'humour.détail

 Pierre Bettencourt 1917-2006, un drôle de bonhomme, avec un drôle de talent, amoureux des mots, Bettencourt Espaces apparitionnels 1985à l'humour caustique et déjanté à mieux connaître donc , par l'ignare que je suis. Se fera spécialiste de hauts reliefs, où il utilisera des  grains de café, des fragments d'ardoises, des coquilles d'oeufs, et des sexes en pagaille, dans des positions érotiques assez traditionnelles au fond; il est assez drolatique d'ailleurs de constater l'intellectualisation outrancière des critiques au sujet de ces fresques, y compris de leur auteur, d'ailleurs. Le sexe doit pour être admis, même dans l'art, être intellectualisé, psychologisé au maximum, sorti de son animalité première, pour l'amener au niveau de l'esprit.

 

Blue Girl

 

Titine K Leu née vers 1968 épouse Filip Leu, issu d'une famille célèbre de tatoueurs, suit une vie de bohème hors normes. Elle dit avoir pris grand plaisir à peindre ces tableaux de tatoués, célèbres ou pas, peintures kitsch, baba cools, riches en couleurs, peintures qui sont pour moi des fenêtres ouvertes sur un monde qui m'est étranger. L'art quelqu'il soit nous sort de notre carcan, nous ouvre aux autres de la plus jolie manière qui soit, attise notre curiosité, fait vaciller nos convictions, nous emmène vers un ailleurs.  

 

Dave Cooper esune des twinst né en 1967 au Canada, auteur de bandes dessinées, peintre autodidacte, il mène de front une carrière de créateur de jouets, de films d'animations, de livres pour enfants, de livres animés pour adultes et de peintre. 

Ces 2 petites nanas aux seins petits, aux fesses rebondies, le tout ayant l'aspect de la gelée anglaise tremblotante qui attire et révulse à la fois, aux yeux noirs et vifs, ont une bouche, une putain de bouche rouge et pulpeuse, mais lorsqu'elles sourient, ces petites nanas deviennent de véritables piranhas, nul doute que le sieur Freud nous pondrait là dessus un laïus édifiant et sans appel, et comme c'est devenu politiquement correct, on emmerde le sieur Freud et on aime ces drôles de petites poupées faites pour le désir et la castration ! ta gueule madame Freud !       

 

Michel Gouéry né en 1959. Etudes d'art, pensionnaire de la Vortum 2011Villa Médicis à Rome. Peintre, puis sculpteur. Ici sur terre cuite émaillée, un masque antique, une pub pour masque de plongeur, un petit frère à monsieur Spock ? ou autre chose qui m'esdétail1t étangère ?  Là, détail d'un phallus géant  et ... surpeuplé.  Une promesse ce plasticien là, à rencontrer au gré de mes balades.

 

 

 

 

 

 

 Une qui me ravit délicieusement :- fine et délicate Suzan qu'avez vous donc au coeur ?Susan

 -Charlottemais dites moi infortunée Charlotte, auriez vous perdu la tête ?

Elle se nomme Jessica Harrison est née en Angleterre en 1982, est diplômée de la Edinburgh College of Art et ne se limite pas à ces raffinées porcelaines .

Moi, j'adore cet humour là, et la Dame a un humour décapant. Allez voir sur son site si vous êtes attiré

http://www.jessicaharrison.co.uk/index.htm

a rather noble cock

                                                        

Un qui est fascinant par son esprit créatif, par son travail minutieux qui débouche sur un monde obscur, un peu dérangeant, là où se trouve la non-frontière de ce qui est (a)normal et il y en pas mal aussi dans cette exposition. L'humour est encore là bien présent chez Kris Kuksi ne en 1973 aux USA

 

 

 

 

  

Et puis, ceux qui utilisent l'art pour exorciser la férocité, la cruauté, l'âpreté d'une vie ... ce qui donne une peinture à l'image de leurs cauchemars. Darger

The Medecine Show

 

 

 

 

 

 Marianne 2011

 

 

 

 

 

 

 

  

Et pour finir, Yu Jinyoung née en 1977 en Corée qui crée une petite bonne femme au visage adorable mais désespéré, au corps emprisonné, symbole de l'être humain pris au piège dans la société contemporaine

et un maître duThe Disguised noir, et oui Soulages a fait des émules Dan Witz né en 1957 aux USAHOODY 1996

  

 

 

 

 

 

 

 

Des 60 artistes exposés, on est loin du compte, mais il faut savoir se limiter, parait il; moi je ne sais pas trop me limiter, alors disons que c'est un début ! et disons surtout que cela m'arrange d'arrêter là.

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12 janvier 2012

Jacques Villon

Gaston Duchamp est né en 1875, dans une famille bourgeoise, père notaire et compréhensif qui financera ses fils, mère sensibilisée à l'art par son père Emile-Frédéric Nicolle, dont la passion était la peinture et les eaux fortes. Sur les 6 enfants de cette famille, 4 furent célèbres, Gaston sous le pseudonyme de Jacques Villon, Raymond né en 76 sous celui de Duchamp-VillonMarcel Duchamp l'extravagant né en 1887, Suzanne née en 89. Ils apprirent le dessjacques villon illustration pour l'Assiette au beurre 1901in avec leur grand-père. 

Gaston se passionnera, tôt, pour le Traité de la peinture de Léonard de Vinci. Gaston prend le pseudonyme de Jacques Villon quand il devient dessinateur humoristique, pour ne pas entacher le nom de son père, dans des revues au nom suggestif comme Cocorico, le Frou-Frou  ou Le Rire. Jacques a un trait vif, précis, pertinent, mordant. Il croque bien Jacques avec délicatesse, humour et impertinence.  

 

 

 

 

 

 

Il excelle aussi dans les aquatintes et pointes sèches, progressivement, ses hachures deviennent plus drues, serrées, noires, construites.

L'équilibriste 1913 Pointe-sècheInstallé à Puteaux, cet homme demeure un peu en retrait du monde artistique, il s'intéresse de loin à Bonnard, Vuillard, Denis sans les approcher. Il passera par une période fauve, puis en 1910 sa carrière de dessinateur humoristique s'achève. Le groupe de Puteaux se constitue avec Kupka, Picabia, Mare, Léger,  face au groupe de Picasso et de Braque alors en pleine période cubiste. Villon s'y intéresse grâce à Kupka, il voit dans le cubisme une catégorie nouvelle de peinture, " une chose qui a les possibilités du rêve". Jacques Villon qui aime l'ordre et la discipline découvre que la technique cubiste peut lui servir.

  

 

 

 Il utilisera la construction géométrique pour faire du tableau une architecture de couleurs, que le sujet soit figure animale ou humaine, paysage, nature morte. Il synthétisera le mouvement avec le même procédé. Jacques Villon Soldats en marche

Cubisme, mais à la façon d'un Villon qui quadrille de façon systématique, par un savant calcul, les formes en mouvement, qui juxtapose sur sa feuille les mouvements qui se succèdent frénétiquement jusqu'à obtenir une forme abstraite figurative .. 

 

 

 

 

 

Villon est un intellectuel, doublé d'un mathématicien, il dessine ses thèmes, géométriquement, mathématiquement, il structure, construit, trace, tire des traits .. voici 3 oeuvres qui montrent (un peu), sa façon de faire ... Villon fait énormément de dessins avant de peindre. Le petit dessinateur 1935 Encre sur papier calqueLe petit dessinateur 1935 Eau-forteJacques Villon Homme dessinant 1935  

 

 

 

  

Et puis, Villon joue avec les couleurs, classiques dans ses débuts, puis criardes à la fin Jacques Villon L'oiseau empailléde sa vie, il s'éclate dans les verts, les roses,les mauves. Il pointille parfois,, en fait Jacques Villon expérimente aussi les couleurs, les marie entre elles avec plus ou moins de bonheur, arrive à les faire hurler ses couleurs, puis nous surprend à peindre des demi-tons plus doux, sentimentaux,Guitare et lauriers 1938 romantiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

A la fin de sa vie, enfin reconnu, vivant largement de sa peinture, il simplifiera ses dessins, fera du Villon, mais assagi, rassuré, sereinComme il vous plaira ascension enfin, n'ayant plus rien à se prouver.Les grues près de Rouen 1960

 

 

 

 

 

 

 

Je le préfère dans ses eaux fortes, ses dessins, Jacques villon, un petit dernier pour le plaisir. Jacques Villon La Lutte 1939

Bon, on ne s'est pas tout dit, je suis allée à Angers vous voir, mais où nous reverrons nous monsieur Villon ? vous êtes rare en France ... quelques oeuvres à Beaubourg, mais où êtes vous ailleurs ? mis à part les US, bien sûr.

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31 décembre 2011

Paul Klee

A la cité de la Musique ...Paul Klee

Sais pas trop pourquoi mais étais follement attirée par ce peintre musicien, ne connaissais de lui que quelques tableaux, les petits carrés multicolores ... comme celui ci, qui ont l'air de rien, et qui sont follement travaillés, en perspective, en profondeur, un échiquier où les cases dessinées se voient attribuer chacune une couleur dont le teint et la lumière diffèrent à chaque fois, créant un relief, donnant une symphonie de tons,  musicalement oblige !  voilà, musicalement, la cité de la Musique accorde donc l'oeuvre de Paul Klee à la musique qu'il jouait, Bach, Mozart, Schumann, Beethoven, Wagner, Busoni ... L'exposition suit à travers la musique l'oeuvre de Paul Klee. (Né en 1879 en Suisse, d'un père allemand) :

 6 époques où l'on voyage trop rapidement avec quelques oeuvres de ceux qui ont marqué Paul Klee, musicales, picturales, exposées dans des vitrines .... trop, trop de choses à découvrir dans une foule qui ne permet guère que l'on s'attarde, alors, frustration obligée, je découvre un peu Paul Klee, mais je ne le phagocyte pas encore .. Encore un à approfondir donc, son musée à Berne me tente. Klee 

De 1903 à 1911, gravure, dessin satirique, il est aussi critique musical, et pratique intensément le violon. Le noir, le blanc l'intéressent. Il travaillera au développement de l'aquarelle noire.

 

A gauche donc, eau forte sur zinc,' Le héros à l'aile' qui fait partie des 'Inventions' : " Ce personnage né avec une seule aile d'ange, contrairement aux êtres divins, s'efforce infatigablement de prendre son essor. Ce faisant il se brise bras et jambes, mais n'en persévère pas moins dans son idée". Paul Klee - Journal. 

Mariage avec une pianiste Lily Stumpf, Félix naît en 1907, et c'est Paul Klee qui s'en occupera pendant que son épouse donne des cours de piano pour faire vivre le ménage .

 

 

 Fenêtres et toitsDe 1912 à 1915, il découvre la couleur, rencontre Wassily Kandinsky et Franz Marc, Robert Delaunay. Voyage à Tunis. Le jaune envahit ses toiles, oui, j'ai un gros faible pour le jaune.

de 1916 à 1920, il s'éloigne du dessin, du figuratif, et se dirige vers une peinture plus abstraite. Les petits carrés ... on y revient !!

De 1921 à 1933 il enseigne au Bauhaus à Weimar, puis à Dessau, puis à Düsseldorf avec entre autres Kandinsky.

Il adopte alors un style libéré de toutes les influences, aussi bien musicales, que picturales, en tous cas, c'est mon avis, Paul Klee s'est libéré, et est enfin lui même, en proie à une désillusion certaine dont les origines sont multiples, personnelles, événementielles ... mais c'est une autre exposition, une autre vision des choses, une autre vision d'un autre Klee  que celle présentée à la cité de la musique.

un autre jour, dans un autre lieu, je vous donne rendez vous, Paul Klee, et je m'en réjouis déjà.   

 Joueur de timbale

 

 

 

 Renvoyé de l'académie en 1933, il est obligé de se rapatrier sur Berne, son art étant estimé dégénéré par les Nazis, en 1935 il tombe malade, il souffrait de sclérodermie, ce qui le freina dans son activité, mais les 3 dernières années précédant sa mort (1940), il fut extrêmement productif, il peignit des oeuvres fortes, où sa tristesse relative aux évènements en Allemagne, à sa maladie, à sa demande de naturalisation en Suisse qui tarde, se décline en tonalités brunes grises, sombres et rivalise cependant avec des couleurs flamboyantes où son humour poétique demeure. A droite le 'joueur de timbale ou 'le timbalier' qui date de l'année de sa mort, le rouge et le noir couleurs symboliques de la souffrance et de la mort, les barres noires. Ce tableau évoque une face, avec un oeil cyclopéen, et un marteau dont le musicien se sert pour frapper la timbale, mais les lignes noires évoquent la mort, une marche funèbre jouée par le timbalier ( Marc Le Bot - Paul Klee)

On peut reprocher à l'exposition de donner une vision réductrice de l'homme qu'était Paul Klee, de l'artiste productif et si personnel qu'il fut, artiste qui s'inspira de plusieurs mouvements sans jamais les suivre, et qui sut créer son style. Mais c'était un excellent début pour se familiariser avec vous, monsieur Klee.

Et je suis heureuse de terminer cette année 2011, qui fut assez noire pour moi, dans l'ensemble, par vous.       

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25 octobre 2011

Munch

Doit être à la mode ce peintre là, deux expositions sur Paris, l'une en 2010 à la Pinacothèque, l'autre en 2011 à Beaubourg avec le même désir de nous faire comprendre que Edvard Munch ne se résuLa vigne vierge rouge 1898me pas à son"cri" , faut dire qu'on est un peu obtus !! la première exposition n'avait pas suffit à nous faire découvrir le joyeux drille qu'il y avait en Munch ... La seconde n'y incite pas davantage. En fait, il serait plus simple de dire que Munch, ce n'est pas un seul cri, mais plusieurs .... et que de pouvoir crier en peignant lui a fait certainement beaucoup de bien.  

Chez Munch, il y a souvent des ombres noires menaçantes, des couleurs qui dégoulinent, une prédilection pour la couleur rouge sang,  des visages tourmentés ou effacés .. des bouches qui hurlent, des yeux hagards, sauf quand il peint des enfants ou de très jeunes filles, il ne peut pas nous échapper que Munch est un être tourmenté, pas franchement optimiste, enclin à la mélancolie. Bien sûr, il connut sans doute des moments de bonheur, de joie, mais le bonheur n'était pas une recherche chez lui. Il a beaucoup crié Edvard, de douleur pour ses morts nombreux il faut le reconnaître, de jalousie, de solitude, de non joie, de plaisir masochiste peut être aussi.  Nul ne nous le dira.   

Il naît en Norvège en 1863, second d'une fratrie de 5. Sa mère tuberculeuse meurt 5 ans plus tard, le père médecin très religieux flirte avec la dépression, est plutôt coléreux, Edvard, enfant souffre de rhumatismes et d'insomnie, sa soeur aînée meurt de tuberculose à 15 ans et une autre Laura souffrira de schizophrénie. Un début de vie pas forcément idéal, seule la soeur de  sa mère, Karen venue s'occuper d'eux leur apportera affection et soutien, elle aimait elle aussi peindre. En 1980, Edvard entame  des études d'histoire de l'art.

L'enfant malade en 1885 est le premier tableau d'une série consacrée à la mort, il le reproduira, ce tableau, plusieurs fois . Il y a de la tendresse pour la mourante, en 1885, elle illumine le tableau très sombre.détail enfant 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1907, l'émotion est éloignée, la couleur éclate, la douleur anesthésiée, mais pas domptée, Munch se fera hospitaliser en psychiatrie un an plus tard.détail 1907

Munch a une vision de la femme jeune, le deuxième âge de la femme, singulière, désirable par son corps, elle n'est pour lui que tromperie, l'homme est quoiqu'il arrive toujours une victime. Deux versions parmi d'autres de la femme vampireLe vampire 1893-1894

 

 

 

L'une est sombre, l'autre pas, postérieure, plus gaie, plus fauve. Munch oscille toujours entre 2 états en permanence, il est attiré par le sombre, mais se soigne par la couleur.

 

 

 

 

Vampire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand elle ne vampirise pas, la femme pleure, seule, la tête en forme de flaque de sang, la femme saigne .. il en a fait 7, ou un peu plus, je ne sais plus des versions de cette femme nue et abattue.  Femme en pleurs

 

 

 

 

 

 

 

Version plus jeune, la fillette pas encore pubère, mais déjà cernée par l'ombre menaçante de la femme qu'elle va devenir, en 2 versions, l'une toujours plus colorée et gaie.Puberté 1894-1895

Puberté 1914-1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exposition nous dit que Munch s'intéressait aussi à la société dans laquelle il vivait. C'est vrai, même si il préfère nous montrer comme toujours la violence que cette société engendre. Je comprends mieux pourquoi on qualifie Bonnard peintre du bonheur. Munch, lui est peintre du malheur. Bon d'accord, la vie fut, sans doute, plus douce pour Bonnard. IMG_3685

 

La Bagarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des autoportraits, il y en eut en pagaille, que ce soit en photographie, ou en peinture, Munch s'est beaucoup auto produit .. Dans cet autoportrait là, il était en forme, Munch, au sortir d'une dépression.

Autoportrait dans la clinique du Dr Jacobson 1909 

Et puis il y eut des tableaux bonheur, reposants .. on va clore sur ce bonheur là.Cheval au galop 1910-1912Le tronc jaune 1911-1912 

 

 

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