21 juin 2011

Caillebotte

Il y en a un qui fait de l'ombre à l'autre, est ce Martial le photographe ou Gustave le peintre ? Trop d'importance accordée au photographe, je trouve, et pas assez de toiles de Caillebotte, décidément il aura toujours la seconde place celui là, ce n'est pas assez de l'avoir négligé durant de longues années, d'avoir surtout mis en valeur son don de collectionneur inspiré, son mécénat auprès de Renoir, Monet, son obstination à faire reconnaître ceux que l'on nomme encore les 'intransigeants' par son legs constitué de 65 oeuvres de Manet, Cézanne, Renoir, Millet, Sisley, Pissaro, Monet, Degas. 

Moi je préfère Gustave, le moins conforme, le plus secret, le plus discret. Et pourtant il y a une similitude certaine entre les 2. Il y a parfois dans les toiles de Caillebotte une précision photographique dans les détails, comme le pavé luisant, de 'Rue de Paris' temps de pluie ou le parquet des raboteurs, toiles qui ne figurent d'ailleurs pas dans l'exposition.    

Je ne sais pas pourquoi, cela coince un peu ... les photographies montrent la belle famille de Martial, mise en scène bien orchestrée, petite atmosphère bourgeoise de l'époque, vues du Paris Haussmannien, jardins de famille. Et les toiles de Gustave suivent le même scénario, avec les passions communes aux 2 frères, yachting, philatélie, horticulture. Le mariage du frère en 1887 entraîne la légitime distension des liens fraternels, mais va un peu plus loin puisque la belle famille a du mal à supporter la bohème qu'apporte la vie d'un artiste, d'autant plus que Gustave vit maritalement avec une jeune femme Anne Marie Hagen dite Charlotte Berthier. Charlotte a 15 ans de moins que lui, ils vivront ensemble jusqu'à la mort de Gustave en 1894, durant 11 ans. Elle héritera d'une maison et bénéficiera d'une rente. Gustave est un gentleman. 

Trop de passions nuisent, usent, rabotent, éparpillent c'est cela qui coince, je crois, Gustave, tu aurais pu aller plus loin, tu en aurais eu, sans doute, le talent, mais il fallait sacrifier le monde, la famille, les peintres amis tant secourus par toi, les rites bourgeois qui te plaisaient, et tu n'en n'as pas eu envie. Tu as préféré vivre pleinement chaque passion, sans concession, et ta mort précoce prouva que tu avais raison.

IMG_0776      Ces 2 toiles ne figuraient pas à l'exposition.

Elles sont, à mon avis, de par la mise en scène pour l'une, de par son sujet pour l'autre, originales pour l'époque.

 

cail

 

Posté par maison43 à 21:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


07 mai 2011

Odilon Redon

Sacré Odilon (1840-1916) excellent dessinateur, partagé entre le rêve et sa réalité souvent endeuillée, se passionnant pour les sciences grâce à la rencontre avec Armand Claveau (botaniste) en 1857, il a alors 17 ans, pour la littérature grâce à sa rencontre avec Joris-Karl Huysmans écrivain et critique d'art en 1882, il a alors 42 ans. Il publie des albums où il interprète à sa façon les textes d'Edgard Poe, de Gustave Flaubert, de Baudelaire. Il ne met pas en image les textes choisis mais en tire inspiration et prétexte pour dessiner des noirs fantastiques où satyres, chimères, sirènes, têtes coupées, yeux volants, sphères lui permettent de se libérer de ses rêves les plus romantiquement symbolistes. Monet est né la même année que lui, et Gauguin est né 8 ans plus tard.

IMG_0382IMG_0384

Fusains qu'il nommera ses noirs,  pastels, peintures ... Redon donne aussi avec un certain bonheur dans la décoration avec des fresques décoratives pour le château de Sermizelles  et la bibliothèque de l'abbaye de Fontfroide. A cette période de sa vie, vers 1900 il semble laisser ses nombreux deuils derrière lui, s'ouvre à la vie et laisse éclater les couleurs. Il excelle dans le jaune et dans le bleu. Ses relations se nomment Gauguin, Denis, Bonnard, Vuillard, Signac ...   

Il y a du nabi en vous monsieur Redon, et vous japonisez un moment en leur compagnie.

IMG_0391

Il y a du symboliste en vous monsieur Redon, vous qui avez de l'imagination à revendre, vous qui êtes précis dans vos dessins, et quand vous mettrez un peu de couleur dans vos noirs, il y aura une sensualité suave qui s'en dégagera. Vous vous arrêterez à temps,

IMG_0399

juste avant que cela ne devienne un petit peu trop ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a du fauve en vous, aussi, il y a du Turner parfois, il y a une ébauche d'abstraction, il y aussi et curieusement quelque chose parfois qui ressemble à du naïf  ....

IMG_0385

Il y a beaucoup de monde en vous monsieur Redon .... mais il y a ce je ne sais quoi qui fait que l'on reconnaît votre facture en dépit de toutes les influences qu'aucun peintre ne peut éviter.

J'ai pris grand plaisir à me promener dans votre oeuvre monsieur Redon. Vos couleurs tour à tour douces, éclatantes m'ont procurée émotion d'autant plus surprenante que je ne m'y attendais pas.  

IMG_0395IMG_0397

 

 

Posté par maison43 à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

19 avril 2011

Bonnard

Bonnard achète en 1912 la Roulotte à Vernonnet, à 5 km de Giverny. Il a 45 ans. Il fréquente Monet qui en est à ses Nymphéas et qui conjugue le vert à tous les tons. Le vert seul ne va pas à Bonnard, et il le sait. Lui qui goûte déjà au midi ne peut s'empêcher de colorer de jaune, de rouge, de bleu, et c'est tant mieux. Les tons froids ne lui réussissent pas. Ce n'est pas un émotionnel, seules ses couleurs le sont. Il ne s'autorisera jamais à se lâcher cet homme, ses peintures lui procureront la liberté. Libre de quitter les Nabis, libre de se libérer de Monet à qui il doit cependant beaucoup, libre de se perdre dans la couleur avec un débordement dans un certain cadre, quand même.   

Mais en attendant, il se cherche le Bonnard :

D'abord façon Monet ...1913

IMG_0328

 

Puis façon Barbizonnade ... 1908

IMG_0339

Et rare chez Bonnard, à part ses autoportraits, un portrait au regard si particulier, si vivant et pourtant si lointain déjà en partance ou revenu de l'au delà comme on voudra  ...   1920.

Voilà qui me plaît sacrément. L'émotion, celle qui vient de l'âme, la seule qui existe pour moi, est là. IMG_0335

 

A plus monsieur Bonnard ...

Posté par maison43 à 14:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 mars 2011

Cranach

Mouvement : Renaissance allemande

Homme de cour, homme de pouvoir, homme d'argent, homme de commerce, homme de talent, homme d'art, cet homme là fut plusieurs hommes à la fois. La postérité n'a retenu que ses réussites, n'avait il pas ses faiblesses cet homme là, était il plus mercantile qu'artiste ? était il plus un disciple de Machiavel qu'un supporter de Luther ? On ne peut qu'interpréter. 

IMG_0166

Je laisserai aux spécialistes de l'histoire de l'Art le soin de détailler, les couleurs, le décor, le style de ce peintre, je me contenterai de ce tête à tête entre lui et moi, je me coIMG_0162ntenterai d'écrire ce que me disent ses peintures.

Il est né en 1472, apprit les rudiments de peinture avec son peintre de père, passa le flambeau à ses 2 fils qui oeuvrèrent à son atelier avec une petite dizaine de peintres. Certains parlent de 500, d'autres de 1000, en tout cas un nombre imposant de peintures relèvent de son atelier. Spécialisé dans le nu profane, il a peint les vierges et celles qui ne le sont plus. D'un côté, les petites Lolita aux seins ronds, des petites Betty Boop aguicheuses, qui suscitent le désir, de l'autre côté, des femmes plus alourdies, d'une sensualité repue qui évoquent le plaisir. Elles sont toutes idéalisées, blondes au visage assez semblable.

 

 

 

 

 

 

 

  Quand il habille ses femmes, Cranach leur donnent des regards rusés, des lèvres fines au sourire, vorace, complice ou coupable. Et quand leurs visages restent innocents, leurs mains détiennent soit un glaive tâché de sang, soit une tête décapitée ...Diable, diable monsieur Cranach, vous n'avez aimé les femmes que déshabillées, les mêmes, revêtues ne vous plaisaient plus et concentraient alors toute votre misogynie. Pour votre défense, il est vrai qu'à votre époque, cette défiance envers les femmes était monnaie courante.

IMG_0164IMG_0165à gauche la mine déconfite, soumise, de la femme adultère, à droite, la mine rusée d'une femme qui sait comment prendre le pouvoir sur un homme, fut il Hercule en personne, et qui par ce sourire de connivence invite ses comparses à faire de même ... 

Mais au final, peut être s'agit il tout simplement pour Cranach, de répondre aux critères de son époque, de sembler ainsi servir la cause de Luther, de répondre aussi au besoin nouveau de ses contemporains de posséder des oeuvres d'art et de pouvoir ainsi vivre richement de son art. Quant à nous, c'est une belle occasion de nous re-intéresser autrement à cette époque tourmentée de réforme religieuse. Aborder Luther par Cranach, voilà un bon début. 

  

Posté par maison43 à 13:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 février 2011

Ernest Pignon-Ernest

Mouvement : Graffiti Art, Street Art, Art Urbain

 

Ernest Pignon-Ernest est un niçois né en 1942. Dessinateur inspiré entextase2re autres par le Caravage, Le Bernin, il réalise depuis quelques années un travail sur le corps féminin, d'une maigreur ascétique, ses sujets ont néanmoins gardé des seins pleins et des cuisses rondes qui témoignent de l'ambiguïté controversée de l'exaltation religieuse de ces femmes qui ont choisi comme époux le fils d'un Dieu.

Thérèse d'Avila inspirée de la Thérèse de Rome du Bernin, est figurée dans ce premier dessin préparatoire, de manière traditionnelle, genre mater dolorosa romantique.

 

  

extase6

   

La voilà revisitée, si je puis me permettre, plus féminine, moins religieuse. Femme particulière, Thérèse marqua son époque par son mysticisme exalté. Elle peut faire partie de la lignée des Grandes Amoureuses :

Vivo sin vivir en mi

Y tan alta viva espero

Que muero porque no muero!

Et voilà le dessin final qui figure dans la chapelle des Carmélites, au musée d'Art et d 'Histoire de St Denis.

extase13

Entre les dessins préparatoires et les oeuvres finales, Ernest P-E donne à ses femmes une poitrine encore charnue, étonnante sur un torse tout en côtes : le rêve de toutes les femmes ! et de beaucoup d'hommes aussi. Les cuisses, autre symbole de féminité restent musclées et belles. Les visages que l'on voit peu ne respirent ni la paix ni la joie, mais c'est l'effet recherché, le corps parle à lui tout seul, et selon son auditoire, ce qu'il nous dit est personnel et intime.

        extase20extase19Ernest Pignon-Ernest nous invite à un voyage avec Marie Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila, Marie de l'Incarnation, Madame Guyon. Ce voyage éveille en chacun des réactions, dérange, inquiète, ravit ou provoque le tout à la fois.

Posté par maison43 à 14:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

28 décembre 2010

Mondrian

Mouvement : Néoplasticisme

Ce peintre là au parcours si particulier me laisse perplexe. Pieter Cornelis Morldrian naît en Hollande dans une famille protestante en 1872. Il meurt à New York en 1944. mondrian1

Il fait partie d'un mouvement de pensée cet homme là, toujours, que ce soit le groupe de calvinistes, ou le groupe du mouvement De Stijl,  a du mal à trouver sa place, il s'essaye au début de sa vie de peintre aux paysages, sans atteindre l'intensité de ses prédécesseurs, il peint d'une peinture fade et floue, un peu désenchantée, puis il se réconcilie avec les couleurs, est tenté par le pointillisme, le fauvisme, le cubisme et là il réussit de belles réalisations, toujours un peu dans le désenchantement un peu dénué de passion qui semble l'avoir imprégné sa vie durant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mondrian

 

Il est tenté par le cubisme et peint de belles toiles qu'il colorie tout en nuances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il opte ensuite pour des couleurs primaires, jaune, rouge et bleu, avec les non couleurs noir et blanc. Il minimalise ensuite le trait, le géométrise et arrive à l'abstraction géométrique qui le caractérise le plus et qui le fait ainsi distinguer des autres.

 

mondrian3

Il peut alors Mondrianiser à souhait.

Si Mondrian vivait par et dans sa peinture, on peut se demander quelle vie il a vécue, solitaire, austère et curieusement fort décorative et pseudo conformiste. A moins que là aussi il n'ait voulu laisser à la postérité la même image que ses tableaux, ceux qui ont fait sa notoriété, ceux qui le définissent comme un Mondrian et rien d'autre. Une réalité qui en cachait une autre. Mondrian se voulait avant tout être un théoricien et laisser à la postérité cette illusion. Fiction ou réalité ?

Vous me laissez perplexe, monsieur Mondrian...

Posté par maison43 à 10:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

10 décembre 2010

Hans Hartung

Mouvement : Art informel dit aussi art abstrait lyrique.

Exposition BNF

Avec Hans Hartung né en Allemagne en 1904 naturalisé français en 1946, mort à Antibes en 1989, on peut croire que peindre est aisé, et qu'il suffit d'être technique et pas trop maladroit.hans2

Alors, il vous faut un support papier, carton, toile, et des poils en veux tu en voilà, sous n'importe quelle forme, pinceaux, brosses, genêts, il faut aussi des rouleaux, des pulvérisateurs, des pistolets ...et puis il faut utiliser des craies, des fusains, des encres, des mines de plomb, des pastels, des sanguines,des vinyles. Il faut savoir aussi gratter, marteler, griffer ...facile, je vous dis !!!!

Bon, vous êtes prêts, mettez un peu de musique classique, Hans Hartung en avait besoin et laissez vous aller aux mouvements verticaux, aux gestes, vifs, saccadés; tout d'abord utilisez un stylet, un grattoir seuls, puis passez ensuite dessus une couleur noire, au pinceau, à la brosse, au rouleau, recouvrez le d'une couche de peinture jaune à l'aide d'un pulvérisateur, changer de couleur au deuxième tiers du tableau, et terminer par une 3ième couleur pour le dernier tiers. Regrattez le tout ensuite, toujours dans le mouvement.

Je vous le concède, le résultat est piteux, n'est pas Hans Hartung qui veut !! 

  hans4

 

Bon c'est bien sûr un Hans Hartung celui là, finalement ce n'est pas si aisé à faire !!!

Hans Hartung s'intéresse à la gravure dans les années 20 et déclinera la graphie sous plusieurs formes, bois, pierre, zinc, soit litho(pierre)graphie, Xylo(bois)graphie, zincographie. L' exposition à la BNF expose des estampes, dont un certain nombre donnés par la fondation Hartung Berman d'Antibes.

Cela interpelle, cette exposition, cela rend curieux, cela suggère en vous un désir de vous y essayer, vous aussi à la peinture, et au mieux pour les autres, au pire pour vous, restera en vous cet inaccessible talent.

En rêve, c'est bien aussi.

Posté par maison43 à 12:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 novembre 2010

Jean Michel Basquiat

Mouvement : Graffiti Art

Au début, de l'expo, on se dit que pour des graffitis, c'est pas mal, mais que cela risque de devenir un tantinet lassant. Puis un malaise s'installe : les masques grimaçants, les dents qui niaquent, les écrits, où les mots se suivent dans un désordre fou mais cohérent dans cette folie même, nbasqous renvoient à l'enfermement prolifique en tous genres de ceux qui se droguent ... certains tableaux sont produits sous influences manifestes ainsi revendiquées. Quand on sait que la mort est au bout du chemin, on a envie d'arrêter là, et l'on se dit que l'on connaît trop la chanson, douloureusement, personnellement. Et puis, les tableaux s'organisent, les thèmes prennent corps, les couleurs éclatent et cela devient de l'art qui vous scotche le regard. Basquiat est devenu peintre et s'ouvre au monde. Son rapport à la drogue est sans doute moins fusionnel, et le remet en liberté. Il reste cependant sauvage et indépendant jusqu'à la rencontre avec Warhol. Ils peignent ensemble quelques tableaux où ils se partagent la vedette en 84. Les critiques ne furent pas enthousiasmés. Moi si, j'ai bien aimé cette association. Basquiat retourne un peu plus tard à ses démons, ses peintures évoquent à nouveau ses tourments obsessionnels et son aliénation retrouvée.

 

Mais au final, Basquiat aura trouvé sa place dans l'histoire de l'art, marqué son époque, justifié par son oeuvre de l'utilité de sa courte vie. Les critiques d'art se sont emparés de Basquiat. Se confronter à ses peintures lui rend ce qui a été sa vie, ses errances, ses souffrances, son parcours artistique, et ce qui domine par dessus tout son réel talent de coloriste.

Basquiat est né en 1960 à Brooklyn d'une mère portoricaine et d'un père haïtien. Issu de la moyenne bourgeoisie, sa mère l'initie à l'art en lui faisant découvrir les musées. C'est un passionné de BD. En 76 il commence à peindre sur les murs, et s'initie à la drogue. En 79 il commence à se faire une petite notoriété. En 88 il meurt d'une overdose.

Posté par maison43 à 17:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 novembre 2010

Jean-Léon Gérôme

Vous ne connaissez pas Gérôme ? vous en avez le droit, après tout les historiens d'art l'ont bien oublié, eux aussi.

Art académique, Néo-Grec, pompier, technique picturale sans originalité, peignant pour vendre et en vivre richement, te voilà bien défini  Gérôme, Jean Léon. Ajoutons que tu es né en 1824 année de la mort de Louis XVIII, que 1830 est la conquête d'Alger, que c'est également en France une révolution qui fera passer la France de Charles X à Louis Philippe qui règnera jusqu'en 1848. Tu vivras ensuite la présidence de Louis Napoléon qui deviendra Napoleon III en 1852. Un peu de stabilité avec ce second empire qui chutera en 1870. Et tu connaîtras la III ième république avec 7 présidents différents. Tu auras des commandes officielles, tu épouseras la fille d'un marchand de tableaux Adolphe Goupil qui possède des magasins à Paris, Berlin, New York, Bruxelles et Londres, ce qui te fera connaître, d'autant plus que la maison Goupil produisit des photogravures à bon marché de tes tableaux. Célèbre et riche tu fus très aimé et très critiqué. Pas toujours souple, ni même tolérant, l'impressionnisme débutant te rendit carrément obtus, à la limite de la connerie sur le sujet. Mais les impressionnistes qui rapidement s'imposèrent contribuèrent à te faire tomber dans l'oubli. Tu es mort en 1904.

Ne boudons pas notre plaisir, oublions les idées reçues et plongeons nous avec délice dans ce petit moment d'histoire coloré que nous offre le musée d'Orsay. Gérôme est à la peinture ce que l'accordéon est à la musique. Certains l'exècrent, d'autres l'adorent. Mais parmi ceux qui ne l'aiment pas, parce que c'est populo, ringue, out, il y en a qui se mettent à danser au son de l'accordéon, rien que pour le plaisir ... et bien Gérôme c'est pareil ...

C'est une question d'atmosphère (!!), laissez vous aller à la nostalgie de votre enfance aimée ou pasG_r_me, de l'école que vous haïssiez peut être, d'images d'un passé (le votre) qui se souvient d'un personnage, d'un lieu, d'une odeur, d'un livre, d'un film, d'ambiance morose, glacée ou vous vous ennuyiez à mourir. Gérôme, c'est le Jules César assassiné par le Brutus( Toi aussi mon fils), ce sont les lions qui dévorent du chrétien, ce sont les gladiateurs qui saluent César (Ave César morituri te salutant), ce sont aussi les portes des harems qui s'ouvrent sur des odalisques nues, ah les nus de Gérôme ! ils ont tous les mêmes fesses, malicieuses, coquines de son modèle préféré. Ce sont les années plon plon, celle des Napo, celle des riches intérieurs bourgeois, boisés, tapissés  où la couleur rouge est éclatante.

Bon, on ne ferait pas de Gérôme notre quotidien, pas plus que l'accordéon, mais, on  peut y revenir à l'occasion, car on aime quand même.

Posté par maison43 à 12:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,