31 décembre 2011

Paul Klee

A la cité de la Musique ...Paul Klee

Sais pas trop pourquoi mais étais follement attirée par ce peintre musicien, ne connaissais de lui que quelques tableaux, les petits carrés multicolores ... comme celui ci, qui ont l'air de rien, et qui sont follement travaillés, en perspective, en profondeur, un échiquier où les cases dessinées se voient attribuer chacune une couleur dont le teint et la lumière diffèrent à chaque fois, créant un relief, donnant une symphonie de tons,  musicalement oblige !  voilà, musicalement, la cité de la Musique accorde donc l'oeuvre de Paul Klee à la musique qu'il jouait, Bach, Mozart, Schumann, Beethoven, Wagner, Busoni ... L'exposition suit à travers la musique l'oeuvre de Paul Klee. (Né en 1879 en Suisse, d'un père allemand) :

 6 époques où l'on voyage trop rapidement avec quelques oeuvres de ceux qui ont marqué Paul Klee, musicales, picturales, exposées dans des vitrines .... trop, trop de choses à découvrir dans une foule qui ne permet guère que l'on s'attarde, alors, frustration obligée, je découvre un peu Paul Klee, mais je ne le phagocyte pas encore .. Encore un à approfondir donc, son musée à Berne me tente. Klee 

De 1903 à 1911, gravure, dessin satirique, il est aussi critique musical, et pratique intensément le violon. Le noir, le blanc l'intéressent. Il travaillera au développement de l'aquarelle noire.

 

A gauche donc, eau forte sur zinc,' Le héros à l'aile' qui fait partie des 'Inventions' : " Ce personnage né avec une seule aile d'ange, contrairement aux êtres divins, s'efforce infatigablement de prendre son essor. Ce faisant il se brise bras et jambes, mais n'en persévère pas moins dans son idée". Paul Klee - Journal. 

Mariage avec une pianiste Lily Stumpf, Félix naît en 1907, et c'est Paul Klee qui s'en occupera pendant que son épouse donne des cours de piano pour faire vivre le ménage .

 

 

 Fenêtres et toitsDe 1912 à 1915, il découvre la couleur, rencontre Wassily Kandinsky et Franz Marc, Robert Delaunay. Voyage à Tunis. Le jaune envahit ses toiles, oui, j'ai un gros faible pour le jaune.

de 1916 à 1920, il s'éloigne du dessin, du figuratif, et se dirige vers une peinture plus abstraite. Les petits carrés ... on y revient !!

De 1921 à 1933 il enseigne au Bauhaus à Weimar, puis à Dessau, puis à Düsseldorf avec entre autres Kandinsky.

Il adopte alors un style libéré de toutes les influences, aussi bien musicales, que picturales, en tous cas, c'est mon avis, Paul Klee s'est libéré, et est enfin lui même, en proie à une désillusion certaine dont les origines sont multiples, personnelles, événementielles ... mais c'est une autre exposition, une autre vision des choses, une autre vision d'un autre Klee  que celle présentée à la cité de la musique.

un autre jour, dans un autre lieu, je vous donne rendez vous, Paul Klee, et je m'en réjouis déjà.   

 Joueur de timbale

 

 

 

 Renvoyé de l'académie en 1933, il est obligé de se rapatrier sur Berne, son art étant estimé dégénéré par les Nazis, en 1935 il tombe malade, il souffrait de sclérodermie, ce qui le freina dans son activité, mais les 3 dernières années précédant sa mort (1940), il fut extrêmement productif, il peignit des oeuvres fortes, où sa tristesse relative aux évènements en Allemagne, à sa maladie, à sa demande de naturalisation en Suisse qui tarde, se décline en tonalités brunes grises, sombres et rivalise cependant avec des couleurs flamboyantes où son humour poétique demeure. A droite le 'joueur de timbale ou 'le timbalier' qui date de l'année de sa mort, le rouge et le noir couleurs symboliques de la souffrance et de la mort, les barres noires. Ce tableau évoque une face, avec un oeil cyclopéen, et un marteau dont le musicien se sert pour frapper la timbale, mais les lignes noires évoquent la mort, une marche funèbre jouée par le timbalier ( Marc Le Bot - Paul Klee)

On peut reprocher à l'exposition de donner une vision réductrice de l'homme qu'était Paul Klee, de l'artiste productif et si personnel qu'il fut, artiste qui s'inspira de plusieurs mouvements sans jamais les suivre, et qui sut créer son style. Mais c'était un excellent début pour se familiariser avec vous, monsieur Klee.

Et je suis heureuse de terminer cette année 2011, qui fut assez noire pour moi, dans l'ensemble, par vous.       

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25 octobre 2011

Munch

Doit être à la mode ce peintre là, deux expositions sur Paris, l'une en 2010 à la Pinacothèque, l'autre en 2011 à Beaubourg avec le même désir de nous faire comprendre que Edvard Munch ne se résuLa vigne vierge rouge 1898me pas à son"cri" , faut dire qu'on est un peu obtus !! la première exposition n'avait pas suffit à nous faire découvrir le joyeux drille qu'il y avait en Munch ... La seconde n'y incite pas davantage. En fait, il serait plus simple de dire que Munch, ce n'est pas un seul cri, mais plusieurs .... et que de pouvoir crier en peignant lui a fait certainement beaucoup de bien.  

Chez Munch, il y a souvent des ombres noires menaçantes, des couleurs qui dégoulinent, une prédilection pour la couleur rouge sang,  des visages tourmentés ou effacés .. des bouches qui hurlent, des yeux hagards, sauf quand il peint des enfants ou de très jeunes filles, il ne peut pas nous échapper que Munch est un être tourmenté, pas franchement optimiste, enclin à la mélancolie. Bien sûr, il connut sans doute des moments de bonheur, de joie, mais le bonheur n'était pas une recherche chez lui. Il a beaucoup crié Edvard, de douleur pour ses morts nombreux il faut le reconnaître, de jalousie, de solitude, de non joie, de plaisir masochiste peut être aussi.  Nul ne nous le dira.   

Il naît en Norvège en 1863, second d'une fratrie de 5. Sa mère tuberculeuse meurt 5 ans plus tard, le père médecin très religieux flirte avec la dépression, est plutôt coléreux, Edvard, enfant souffre de rhumatismes et d'insomnie, sa soeur aînée meurt de tuberculose à 15 ans et une autre Laura souffrira de schizophrénie. Un début de vie pas forcément idéal, seule la soeur de  sa mère, Karen venue s'occuper d'eux leur apportera affection et soutien, elle aimait elle aussi peindre. En 1980, Edvard entame  des études d'histoire de l'art.

L'enfant malade en 1885 est le premier tableau d'une série consacrée à la mort, il le reproduira, ce tableau, plusieurs fois . Il y a de la tendresse pour la mourante, en 1885, elle illumine le tableau très sombre.détail enfant 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1907, l'émotion est éloignée, la couleur éclate, la douleur anesthésiée, mais pas domptée, Munch se fera hospitaliser en psychiatrie un an plus tard.détail 1907

Munch a une vision de la femme jeune, le deuxième âge de la femme, singulière, désirable par son corps, elle n'est pour lui que tromperie, l'homme est quoiqu'il arrive toujours une victime. Deux versions parmi d'autres de la femme vampireLe vampire 1893-1894

 

 

 

L'une est sombre, l'autre pas, postérieure, plus gaie, plus fauve. Munch oscille toujours entre 2 états en permanence, il est attiré par le sombre, mais se soigne par la couleur.

 

 

 

 

Vampire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand elle ne vampirise pas, la femme pleure, seule, la tête en forme de flaque de sang, la femme saigne .. il en a fait 7, ou un peu plus, je ne sais plus des versions de cette femme nue et abattue.  Femme en pleurs

 

 

 

 

 

 

 

Version plus jeune, la fillette pas encore pubère, mais déjà cernée par l'ombre menaçante de la femme qu'elle va devenir, en 2 versions, l'une toujours plus colorée et gaie.Puberté 1894-1895

Puberté 1914-1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exposition nous dit que Munch s'intéressait aussi à la société dans laquelle il vivait. C'est vrai, même si il préfère nous montrer comme toujours la violence que cette société engendre. Je comprends mieux pourquoi on qualifie Bonnard peintre du bonheur. Munch, lui est peintre du malheur. Bon d'accord, la vie fut, sans doute, plus douce pour Bonnard. IMG_3685

 

La Bagarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des autoportraits, il y en eut en pagaille, que ce soit en photographie, ou en peinture, Munch s'est beaucoup auto produit .. Dans cet autoportrait là, il était en forme, Munch, au sortir d'une dépression.

Autoportrait dans la clinique du Dr Jacobson 1909 

Et puis il y eut des tableaux bonheur, reposants .. on va clore sur ce bonheur là.Cheval au galop 1910-1912Le tronc jaune 1911-1912 

 

 

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21 juillet 2011

Manet

Peintures d'après nature ou d'après photographie. Rapports de couleurs précis, touches de peintures accentuées pour mettre en relief les formes, en évidence les volumes. Manet peignait, puis repeignait plusieurs fois par petites touches des détails qu'il mettait ainsi en évidence. Peintre de portraits, peintre de son époque, il oscille entre le réalisme et l'impressionisme sans rallier véritablement un courant.  

on dit cela de Manet. On dit aussi qu'en lui l'art de la dissimulation était énorme. Sa paternité jamais reconnue en témoigne; la double personnalité d'un bourgeois dandy, et d'un artiste souffrant de ne pas être reconnu.

On dit aussi cela de Manet. Mais au final, on ne fait que supputer. Il eut une brève vie, mais bien remplie, il finit par connaître le succès, et il mourut de syphilis comme beaucoup de ses contemporains.

on ne saura jamais vraiment qui fut vraiment Edouard Manet, inclassable dans sa vie familiale, dans ses amours, dans sa peinture.  

Manet aima beaucoup les femmes et elles lui rendirent bien. Ses amours passagères lui restèrent fidèles en amitié, ce qui n'est pas si fréquent.

D'abord, la première qui compta beaucoup, au propre comme au figuré. La mère, Eugénie Fournier née en 1811, qui a pour parrain Bernadotte qui la dotera à son mariage, dot qui sera enrichie par l'héritage de Joseph Fournier, son père mort en 1824. Elle se marie en 1831 avec Auguste Manet de 14 ans son aîné, d'un caractère austère, d'un conformisme respectable et franchement pas plaisant à vivre. On comprend qu'Eugénie ait pris du plaisir à élever ses fils, notamment le fantasque Edouard né en 1832. Elle gardera toujours auprès de son fils, le rôle de maîtresse de maison jusqu'à la fin de sa vie, Manet recevra ses amis chez sa mère. Elle financera souvent et écrira 'Je me suis assez ruinée pour mes 2 fils'. Femme emprisonnée, ce qui explique son air austère, un peu égaré pour le premier portrait : normal elle pose à côté de son mari(malade, paralysé par la syphilis, il mourra 2 ans plus tard), un peu désabusé mais regardant droit dans les yeux, pour le second (enfin libre, mais l'est on jamais vraiment ...) née un peu trop tôt madame Manet ... bonne musicienne, chanteuse, cultivée, elle avait sûrement des dons à exploiter ... elle se contenta de soutenir, toujours ses fils, ce qui n'est pas si mal.        E

 E Manet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Manet a 17 ans quand il rencontre Suzanne Leenhoff, celle qui deviendra beaucoup plus tard, madame Manet. Le père de Suzanne est organiste en Hollande. Franz Liszt, aurait encouragé Suzanne à poursuivre ses études. Est ce une des raisons pour laquelle, âgée de 19 ans, elle émigra à Paris ? pianiste émérite, elle fut facile à vivre, ferma souvent les yeux et ne sembla pas en vouloir à son mari de lui donner une place fort réduite. Son ambition d'être une femme respectable fut atteinte. Elle reconnut fort tard son fils Léon qu'elle persista longtemps à faire passer pour son frère. Manet, lui ne le reconnut jamais. Manet la peignit au début de leur vie commune appétissante,Suzanne 1859-1861

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  une gourmandise autorisée sucrée  molle et sans risque, confortable quoi.

 Puis gentleman il la peignit respectable et discrète épouse, établissant avec elle une affectueuse relation, encore belle à ses yeux.

La Lecture 1865 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Et pour finir

il la peignit, vénérable, indéboulonnable, matrone, épouse-mère.

Mme Manet dans la serre 1879

 Suzanne Manet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Victorine Meurent née en 1844 est la scandaleuse, la première dont il fut amoureux, . Modèle au charme certain, elle était sans doute piquante, intelligente et sensible. Manet avec elle peindra la femme réelle, pas celle idéalisée par les peintres académiques, une femme dont le regard dirigé sur vous établit d'emblée une relation, ce qui gênera tous les bourgeois qui se frottaient clandestinement à de semblables regards; cette femme ainsi que les autres sujets de Manet ne sont que des humains, loin des héros des peintres en vogue.  Victorine eut un petit talent en temps que peintre, et amusant ... sera exposée au Salon en 1876 avec son autoportrait et récidivera en 79 avec une Bourgeoise de Nuremberg au XVI siècle, itou en 85 avec Le Jour des Rameaux. Elle sera alors modèle et compagne présumée de Norbert Goeneutte 1854-1894 (ami de Guérard et de Renoir enterré à Auvers sur Oise) jusqu'en 94. Elle finira en étant ouvreuse dans un théâtre, tout en continuant à peindre et dessiner. Elle mourra en 1927 aidée dans sa vieillesse par Robert-Fleury et Toulouse-Lautrec. Étonnante, cette femme.  Victorine 1863

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le déjeuner sur l'herbe 1863 Détail

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Berthe Morisot, l'amour impossible rencontré en 1868, Manet a 36 ans, il a épousé Suzanne 5 ans plus tôt, Berthe a 28 ans, a été élève de CorotBerthe Morisot et possède un véritable talent créateur. Il la peindra 11 fois, bien sûr, Berthe fut son plus beau modèle, car peut être le plus aimé, il ne fut pas difficile à Manet de la rendre belle, mais il donna vie à ses yeux noirs, rose à sa bouche boudeuse. Berthe fut sans doute très amoureuse de Manet, lui aussi,un temps; en épousant Eugène, Berthe deviendra une Manet, et finira par légitimer ainsi une tendre relation entre son beau frère et elle. Ils pourront continuer à se voir dans leur atelier respectif sans nuire à la bienséance. Je reviendrai souvent sur la peinture de Berthe Morisot dans d'autres messages.

 

 

 

Berthe Manet

Eva Gonzales a 7 ans de moins que Berthe, fille d'Emmanuel Gonzales écrivain et journaliste, lorsque Manet la prend pour élève en 1869, ce qui déplaira fortement à Berthe, sacré Manet qui pourra ainsi mieux manipuler l'indomptable et tourmentée BerthEva Gonzalese à moins qu'il ne se lasse un peu de son caractère ombrageux, il mettra 2 ans pour faire le portrait d'Eva dans une pose un peu  mièvre, presque trop académique, mais peut être qu'Eva plus accessible que Berthe, moins compliquée, obtiendra de Manet un peu plus qu'il n'accorda à Berthe, elle épousera le peintre Henri Guérard et mourra 6 jours après Manet à 34 ans après avoir accouché d'un fils. Elle restera en contact avec lui jusqu'à leur mort.

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  En 1873 Charles Cros peintre et Ninapoète invite Manet chez sa maîtresse Marie-Anne Gaillard plus connue sous le nom de Nina de Callias , elle porte le nom de son mari dont elle est séparée. Elle touche une rente de son père, ne dépend donc de personne et mène une vie amoureuse indépendante, elle a son jour où elle reçoit peintres, journalistes, politiques ..Il y rencontrera aussi Mallarmé dont il sera proche.

Elle a une bouche tendre et moqueuse, et des yeux qui questionnent. Quoi, qui ?

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 Au salon de 1876, l'autoporMéry Laurenttrait réalisé par Victorine Meurent est accepté, les 2 tableaux de Manet Le Linge et L'artiste sont refusés, il organise une exposition dans son atelier. Une femme apprécie vivement Le Linge, il s'agit de Méry Laurent née en 1849 à Nancy qui se nomme alors Rose Louviot qui commence une carrière de danseuse de cabaret avant de devenir chanteuse d'opérette, elle est l'interprète en 1867 Vénus dans La Belle Hélène. Elle aura, entre autres, une liaison avec Mallarmé, et avec Manet. Intelligente, drôle, belle, elle manifestera toujours une joie de vivre, un goût prononcé pour les arts, et restera fidèle amie avec Manet jusqu'à la mort de ce dernier qu'elle visitera souvent lors de sa fin de vie. Méry mourra en 1900 à l'âge de 50 ans.  

 

L'automne Méry Laurent 1881

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Isabelle Lemonnier sera la dernière lumière qui illuminera les moments Isabelle plongeant 1880difficiles de la fin de vie qui approche, trop rapidement venue. Elle ne sera pas toujours tendre avec lui, Manet dont la maladie émousse le charme se fera un peu plaintif avec elle .. Fille d'un joaillier, et belle soeur de Georges Charpentier un éditeur mécène. Renoir peindra sa soeur Madame Charpentier et ses enfants. Manet fera en 1879 six portraits d'elle, elle est jeune, elle est libre, elle sera le dernier modèle qui le stimulera. Cela ne sera ni un amour, ni une passion mais un dernier feu où Manet s'illusionnera une ultime fois, notamment sur sa maladie. Elle sans doute sera un moment flattée par cet hommage, un court moment.  Elle critiquera plus tard sa façon de dessiner. On comprend mieux quand on voit Isabelle plongeant, qui ne la flatte pas. Il se rachètera avec les portraits.

Isabelle Lemonnier 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Et puis il y aura des modèles pour le plaisir de séduire, d'être séduit, pour la joie que procure la compagnie des jolies femmes, quelques unes femmes du monde, d'autres dites demi-mondaines, en vrac Henriette Hauser, Madame Guillemet, Louise Valtesse, Ellen Andrée, Jeanne de Marsy et d'autres anonymes ... mais au final, aucune ne sera insignifiante.

Henriette Hauser posera pour Nana et le Skating.

Nana 1877

1877 Le Skating

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ellen Andrée, actrice posera entre autres pour La Serveuse de bocks

La Serveuse de bocks 1879

La jolie chanteuse d'opérette Louise Valtesse qui deviendra contesse de La Bigne.

Valtesse

 Le 25 Mars 1883, Elisa, la domestique de Méry Laurent apporte des friandises, Manet en profite pour la peindre, le portrait restera inachevé. Manet mourra le 30 Avril à 51 ans.

Un sacré charmeur, ce Manet, cela au moins est certain.

Sources :

La vie d'artiste au XIX ème siècle - Anne Martin-Fugier

Manet - Eric Darragon

Manet un rebelle en redingote Beth Archer Brombert 

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24 juin 2011

Chagall à Nice

Première rencontre officielle entre  ce peintre et moi. Bien sûr, je le connais, un peu, de loin, ce Russe au sourire de faune, à l'inspiration onirique, mais pas de quoi faire battre mon coeur un peu plus vite.

Musée National Message Biblique Marc Chagall,  ce titre entraîne chez moi un à priori désapprobateur et source d'une méfiance à l'égard du dit message, biblique ou pas ! Mes lectures précédant la visite sur le sujet n'arrangent rien. Mais curieusement, des couleurs éclatantes des toiles accrochées, se dégage une aura particulière de sérénité béate qui me tiendra jusqu'au soir ... Derrière le message biblique, Chagall livre des messages personnels que l'on ne peut décrypter qu'en s'initiant à la vie personnelle du peintre, et pour cela, il faudra d'autres rencontres, d'autres moments ... cela viendra en son temps.    

Une vision très licencieuse, je le reconnais de la tentation d'Eve, aux prises avec un serpent facétieux et inspirant.IMG_0930

 

En fait, l'interprétation officielle est moins amusante, il s'agit d'une représentation de Dieu sous la forme d'un nuage, cette toile se nomme Le Paradis. 

Des Faunes, multicolores se baladent un peu partout dans les toiles, il s'agit de Moïse ... sont ce des cornes ou des rayons lumineux, représentation d'une présence divine, cornue ou rayonnante ? Dieu se représente t'il ainsi à travers ses porteurs de message ? divin naturellement ! Plus pointue qu'il n'y paraît, la question et intéressante, à mes yeux bien sûr !

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Ses secrets partout qu'il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé
Louis Aragon

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 Couleur rosée des femmes, le Cantique des Cantiques, message d'amour pour une femme. Voilà un message que je comprends bien et qui me va.

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 A plus, donc.

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21 juin 2011

Caillebotte

Il y en a un qui fait de l'ombre à l'autre, est ce Martial le photographe ou Gustave le peintre ? Trop d'importance accordée au photographe, je trouve, et pas assez de toiles de Caillebotte, décidément il aura toujours la seconde place celui là, ce n'est pas assez de l'avoir négligé durant de longues années, d'avoir surtout mis en valeur son don de collectionneur inspiré, son mécénat auprès de Renoir, Monet, son obstination à faire reconnaître ceux que l'on nomme encore les 'intransigeants' par son legs constitué de 65 oeuvres de Manet, Cézanne, Renoir, Millet, Sisley, Pissaro, Monet, Degas. 

Moi je préfère Gustave, le moins conforme, le plus secret, le plus discret. Et pourtant il y a une similitude certaine entre les 2. Il y a parfois dans les toiles de Caillebotte une précision photographique dans les détails, comme le pavé luisant, de 'Rue de Paris' temps de pluie ou le parquet des raboteurs, toiles qui ne figurent d'ailleurs pas dans l'exposition.    

Je ne sais pas pourquoi, cela coince un peu ... les photographies montrent la belle famille de Martial, mise en scène bien orchestrée, petite atmosphère bourgeoise de l'époque, vues du Paris Haussmannien, jardins de famille. Et les toiles de Gustave suivent le même scénario, avec les passions communes aux 2 frères, yachting, philatélie, horticulture. Le mariage du frère en 1887 entraîne la légitime distension des liens fraternels, mais va un peu plus loin puisque la belle famille a du mal à supporter la bohème qu'apporte la vie d'un artiste, d'autant plus que Gustave vit maritalement avec une jeune femme Anne Marie Hagen dite Charlotte Berthier. Charlotte a 15 ans de moins que lui, ils vivront ensemble jusqu'à la mort de Gustave en 1894, durant 11 ans. Elle héritera d'une maison et bénéficiera d'une rente. Gustave est un gentleman. 

Trop de passions nuisent, usent, rabotent, éparpillent c'est cela qui coince, je crois, Gustave, tu aurais pu aller plus loin, tu en aurais eu, sans doute, le talent, mais il fallait sacrifier le monde, la famille, les peintres amis tant secourus par toi, les rites bourgeois qui te plaisaient, et tu n'en n'as pas eu envie. Tu as préféré vivre pleinement chaque passion, sans concession, et ta mort précoce prouva que tu avais raison.

IMG_0776      Ces 2 toiles ne figuraient pas à l'exposition.

Elles sont, à mon avis, de par la mise en scène pour l'une, de par son sujet pour l'autre, originales pour l'époque.

 

cail

 

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07 mai 2011

Odilon Redon

Sacré Odilon (1840-1916) excellent dessinateur, partagé entre le rêve et sa réalité souvent endeuillée, se passionnant pour les sciences grâce à la rencontre avec Armand Claveau (botaniste) en 1857, il a alors 17 ans, pour la littérature grâce à sa rencontre avec Joris-Karl Huysmans écrivain et critique d'art en 1882, il a alors 42 ans. Il publie des albums où il interprète à sa façon les textes d'Edgard Poe, de Gustave Flaubert, de Baudelaire. Il ne met pas en image les textes choisis mais en tire inspiration et prétexte pour dessiner des noirs fantastiques où satyres, chimères, sirènes, têtes coupées, yeux volants, sphères lui permettent de se libérer de ses rêves les plus romantiquement symbolistes. Monet est né la même année que lui, et Gauguin est né 8 ans plus tard.

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Fusains qu'il nommera ses noirs,  pastels, peintures ... Redon donne aussi avec un certain bonheur dans la décoration avec des fresques décoratives pour le château de Sermizelles  et la bibliothèque de l'abbaye de Fontfroide. A cette période de sa vie, vers 1900 il semble laisser ses nombreux deuils derrière lui, s'ouvre à la vie et laisse éclater les couleurs. Il excelle dans le jaune et dans le bleu. Ses relations se nomment Gauguin, Denis, Bonnard, Vuillard, Signac ...   

Il y a du nabi en vous monsieur Redon, et vous japonisez un moment en leur compagnie.

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Il y a du symboliste en vous monsieur Redon, vous qui avez de l'imagination à revendre, vous qui êtes précis dans vos dessins, et quand vous mettrez un peu de couleur dans vos noirs, il y aura une sensualité suave qui s'en dégagera. Vous vous arrêterez à temps,

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juste avant que cela ne devienne un petit peu trop ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a du fauve en vous, aussi, il y a du Turner parfois, il y a une ébauche d'abstraction, il y aussi et curieusement quelque chose parfois qui ressemble à du naïf  ....

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Il y a beaucoup de monde en vous monsieur Redon .... mais il y a ce je ne sais quoi qui fait que l'on reconnaît votre facture en dépit de toutes les influences qu'aucun peintre ne peut éviter.

J'ai pris grand plaisir à me promener dans votre oeuvre monsieur Redon. Vos couleurs tour à tour douces, éclatantes m'ont procurée émotion d'autant plus surprenante que je ne m'y attendais pas.  

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19 avril 2011

Bonnard

Bonnard achète en 1912 la Roulotte à Vernonnet, à 5 km de Giverny. Il a 45 ans. Il fréquente Monet qui en est à ses Nymphéas et qui conjugue le vert à tous les tons. Le vert seul ne va pas à Bonnard, et il le sait. Lui qui goûte déjà au midi ne peut s'empêcher de colorer de jaune, de rouge, de bleu, et c'est tant mieux. Les tons froids ne lui réussissent pas. Ce n'est pas un émotionnel, seules ses couleurs le sont. Il ne s'autorisera jamais à se lâcher cet homme, ses peintures lui procureront la liberté. Libre de quitter les Nabis, libre de se libérer de Monet à qui il doit cependant beaucoup, libre de se perdre dans la couleur avec un débordement dans un certain cadre, quand même.   

Mais en attendant, il se cherche le Bonnard :

D'abord façon Monet ...1913

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Puis façon Barbizonnade ... 1908

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Et rare chez Bonnard, à part ses autoportraits, un portrait au regard si particulier, si vivant et pourtant si lointain déjà en partance ou revenu de l'au delà comme on voudra  ...   1920.

Voilà qui me plaît sacrément. L'émotion, celle qui vient de l'âme, la seule qui existe pour moi, est là. IMG_0335

 

A plus monsieur Bonnard ...

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20 mars 2011

Cranach

Mouvement : Renaissance allemande

Homme de cour, homme de pouvoir, homme d'argent, homme de commerce, homme de talent, homme d'art, cet homme là fut plusieurs hommes à la fois. La postérité n'a retenu que ses réussites, n'avait il pas ses faiblesses cet homme là, était il plus mercantile qu'artiste ? était il plus un disciple de Machiavel qu'un supporter de Luther ? On ne peut qu'interpréter. 

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Je laisserai aux spécialistes de l'histoire de l'Art le soin de détailler, les couleurs, le décor, le style de ce peintre, je me contenterai de ce tête à tête entre lui et moi, je me coIMG_0162ntenterai d'écrire ce que me disent ses peintures.

Il est né en 1472, apprit les rudiments de peinture avec son peintre de père, passa le flambeau à ses 2 fils qui oeuvrèrent à son atelier avec une petite dizaine de peintres. Certains parlent de 500, d'autres de 1000, en tout cas un nombre imposant de peintures relèvent de son atelier. Spécialisé dans le nu profane, il a peint les vierges et celles qui ne le sont plus. D'un côté, les petites Lolita aux seins ronds, des petites Betty Boop aguicheuses, qui suscitent le désir, de l'autre côté, des femmes plus alourdies, d'une sensualité repue qui évoquent le plaisir. Elles sont toutes idéalisées, blondes au visage assez semblable.

 

 

 

 

 

 

 

  Quand il habille ses femmes, Cranach leur donnent des regards rusés, des lèvres fines au sourire, vorace, complice ou coupable. Et quand leurs visages restent innocents, leurs mains détiennent soit un glaive tâché de sang, soit une tête décapitée ...Diable, diable monsieur Cranach, vous n'avez aimé les femmes que déshabillées, les mêmes, revêtues ne vous plaisaient plus et concentraient alors toute votre misogynie. Pour votre défense, il est vrai qu'à votre époque, cette défiance envers les femmes était monnaie courante.

IMG_0164IMG_0165à gauche la mine déconfite, soumise, de la femme adultère, à droite, la mine rusée d'une femme qui sait comment prendre le pouvoir sur un homme, fut il Hercule en personne, et qui par ce sourire de connivence invite ses comparses à faire de même ... 

Mais au final, peut être s'agit il tout simplement pour Cranach, de répondre aux critères de son époque, de sembler ainsi servir la cause de Luther, de répondre aussi au besoin nouveau de ses contemporains de posséder des oeuvres d'art et de pouvoir ainsi vivre richement de son art. Quant à nous, c'est une belle occasion de nous re-intéresser autrement à cette époque tourmentée de réforme religieuse. Aborder Luther par Cranach, voilà un bon début. 

  

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09 février 2011

Ernest Pignon-Ernest

Mouvement : Graffiti Art, Street Art, Art Urbain

 

Ernest Pignon-Ernest est un niçois né en 1942. Dessinateur inspiré entextase2re autres par le Caravage, Le Bernin, il réalise depuis quelques années un travail sur le corps féminin, d'une maigreur ascétique, ses sujets ont néanmoins gardé des seins pleins et des cuisses rondes qui témoignent de l'ambiguïté controversée de l'exaltation religieuse de ces femmes qui ont choisi comme époux le fils d'un Dieu.

Thérèse d'Avila inspirée de la Thérèse de Rome du Bernin, est figurée dans ce premier dessin préparatoire, de manière traditionnelle, genre mater dolorosa romantique.

 

  

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La voilà revisitée, si je puis me permettre, plus féminine, moins religieuse. Femme particulière, Thérèse marqua son époque par son mysticisme exalté. Elle peut faire partie de la lignée des Grandes Amoureuses :

Vivo sin vivir en mi

Y tan alta viva espero

Que muero porque no muero!

Et voilà le dessin final qui figure dans la chapelle des Carmélites, au musée d'Art et d 'Histoire de St Denis.

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Entre les dessins préparatoires et les oeuvres finales, Ernest P-E donne à ses femmes une poitrine encore charnue, étonnante sur un torse tout en côtes : le rêve de toutes les femmes ! et de beaucoup d'hommes aussi. Les cuisses, autre symbole de féminité restent musclées et belles. Les visages que l'on voit peu ne respirent ni la paix ni la joie, mais c'est l'effet recherché, le corps parle à lui tout seul, et selon son auditoire, ce qu'il nous dit est personnel et intime.

        extase20extase19Ernest Pignon-Ernest nous invite à un voyage avec Marie Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila, Marie de l'Incarnation, Madame Guyon. Ce voyage éveille en chacun des réactions, dérange, inquiète, ravit ou provoque le tout à la fois.

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28 décembre 2010

Mondrian

Mouvement : Néoplasticisme

Ce peintre là au parcours si particulier me laisse perplexe. Pieter Cornelis Morldrian naît en Hollande dans une famille protestante en 1872. Il meurt à New York en 1944. mondrian1

Il fait partie d'un mouvement de pensée cet homme là, toujours, que ce soit le groupe de calvinistes, ou le groupe du mouvement De Stijl,  a du mal à trouver sa place, il s'essaye au début de sa vie de peintre aux paysages, sans atteindre l'intensité de ses prédécesseurs, il peint d'une peinture fade et floue, un peu désenchantée, puis il se réconcilie avec les couleurs, est tenté par le pointillisme, le fauvisme, le cubisme et là il réussit de belles réalisations, toujours un peu dans le désenchantement un peu dénué de passion qui semble l'avoir imprégné sa vie durant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Il est tenté par le cubisme et peint de belles toiles qu'il colorie tout en nuances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il opte ensuite pour des couleurs primaires, jaune, rouge et bleu, avec les non couleurs noir et blanc. Il minimalise ensuite le trait, le géométrise et arrive à l'abstraction géométrique qui le caractérise le plus et qui le fait ainsi distinguer des autres.

 

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Il peut alors Mondrianiser à souhait.

Si Mondrian vivait par et dans sa peinture, on peut se demander quelle vie il a vécue, solitaire, austère et curieusement fort décorative et pseudo conformiste. A moins que là aussi il n'ait voulu laisser à la postérité la même image que ses tableaux, ceux qui ont fait sa notoriété, ceux qui le définissent comme un Mondrian et rien d'autre. Une réalité qui en cachait une autre. Mondrian se voulait avant tout être un théoricien et laisser à la postérité cette illusion. Fiction ou réalité ?

Vous me laissez perplexe, monsieur Mondrian...

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