23 décembre 2013

La famille Semianyki

La famille Semianyki

Une mère (Olga Eliseeva) enceinte au ventre qui swingue au rythme de j'm just a gigolo, un père (Alexander Gusarov) alcoolique qu'un bâton de ski emmanché dans sa veste n'empêche pas de boire, un fils (Kasyan Ryvkin) petit-diable-en-boite au corps à ressort et à tête hirsute d'un Einstein en pleine inspiration, une sale gosse (Elena Sadkova), petite dernière, qui arrache la tête de ses poupées, une nattée (Marina Makhaeva), une robe verte (Yulia Sergeeva) gamines délurées forment donc cette joyeuse troupe de mimes déjantés et irrévérencieux. 

Cela commence d'abord lentement, quoique caustiquement quand même, puisqu'ils tentent d'asphyxier le père à la pince à linge, mais on n'est pas encore dans le bain, on ne sait trop si l'on va rire franchement ou s'ennuyer un brin, et puis ... cela se précise, les gags s'enchaînent, les mimiques réjouissantes, les provocations en tous genres aussi et c'est parti pour une bonne heure 30 où l'on rit  sans retenue, ils n'ont pas de limites ces clowns là, tournent leur violence en dérision, car il s'agit quand même pour eux de vouloir occire leur père à tout bout de champ, de se mettre de belles tannées, de se faire des farces bouffonnes pas toujours gentilles, mais la tendresse n'est jamais loin de leur rôle d'affreux, sales et méchants, car la mère tour à tour aguicheuse ou mère louve veille sur sa troupe, pas du tout ménagère-de-moins-de-50 ans la Dame car il règne aussi un fouillis indescriptible sur cette scène où tout se balance par dessus tête y compris sur les premiers rangs qui sont souvent sollicités, jusqu'au final où le désordre gagne joyeusement toute la salle ... Une musique entraînante les emmène de bout en bout sur un rythme trépidant, et ... et nous avec.

Cette troupe vient de l'Ecole de Théâtre Teatr Licedei, école de mimes fondée à Saint Petersbourg (devenue Leningrad de 1924 à 1991) en 1968 par Slava Polunine. 

Le spectacle se termine début janvier en ce qui concerne Paris, mais tournée prévue dans toute la France pour 2014.

 

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22 décembre 2013

1789

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Mis en scène par Giuliano Peparini qui à 17 ans se forme à la School of American Ballet de New York, puis danse auprès de Roland Petit, intègre ensuite l'école de théâtre et Cinéma à Paris, c'est dire qu'outre un don particulier, cet homme là s'est aussi bien formé, donc mise en scène par cet artiste chorégraphe, 1789 la comédie musicale réunit danseurs, chanteurs, comédiens, musiciens.. A noter la performance d'un Olivier Mathieu, un des 2 danseurs qui accompagnent Auguste Ramard ( petit cloporte déjanté et mouchard qui prévoit aussi l'avenir) interprété par Willy Rovelli, donc  à noter un Olivier Matthieu issu de l'INSEEC de Paris comme quoi l'INSEEC peut mener à tout surtout quand on est passionné de breakdanse et de Capoeira. Le décorateur-scénographe Bernard Arnould issu lui de l'Ecole Boulle et des Beaux Arts a voulu, dit-il habiter l'espace avec des panneaux pivotant à 360°, sur lesquels on peut projeter des images, des ombres, et des lumières. Et c'est parfaitement réussi, grâce aussi au concepteur-réalisateur de lumières et créateur sonore Xavier Lauwers.

Il ne faut pas négliger non plus, les apports des autres corps de métiers : Costumier, maquilleuse, perruquier, régisseur, machinistes et j'en oublie qui font de ce spectacle une jolie réussite pour un moment de plaisir; qui a dit que l'Histoire était rébarbative ? bien sûr hâtivement survolée l'Histoire en question, mais c'est un joli point de départ cependant pour évoquer La Révolution Française à des petits gnomes.

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22 décembre 2012

Le gros la vache et le mainate

Le gros la vache et le mainate

Alors, là il y en a des mots grossiers à la pelle, des scènes vulgaires qui décapent, qui font rire car le texte corrosif supporte la dite vulgarité, la transcende même. Cette pièce-opérette est un défoulement jubilatoire pour les artistes qui assurent, pour les spectateurs qui libérés de tout assujettissement s'exclaffent et se moquent ainsi de leurs humaines destinées. Car il s'agit aussi de cela dans cette audacieuse farce complètement déjantée, arriver à se moquer de sujets graves, comme la mort, la vieillesse, le droit à la différence, la société devenue un peu grotesque, avec un sens du burlesque que j'ai pour ma part rarement vu.  J'ai adoré, jubilé, je me suis éclatée, et cela fait un bien fou.

Les comédiens sont performants, excellents. Une mention spéciale à  Jean Paul Muel. La pièce est écrite par Pierre Guillois, le metteur en scène est Bernard Ménez. 

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20 novembre 2012

A la française

Théâtre Marigny

Si on apprécie modérément Edouard Baer, on évite, si on aime, on y court ! comme moi qui suis fan de son humour potache, décapant, suave, tendre, l'intrigue est simple : il s'agit pour Edouard Baer d'organiser un spectacle pour les membres du G20, l'idée étant de valoriser la France. Edouard s'y met la veille et improvise une sorte de spectacle genre patronage, où chaque personnage fait son numéro : Philippe Duquesne incarne un stagiaire incompétent mais fils de ... Guilaine Londez est la femme de ménage, Alka Balbir est la France, Léa Drucker est l'assistante de Baer, Atmen Kelif est un dresseur de chat, excellent en bibliothèque Mitterand, un chat, un cochon ... Baer nous livre une douce satyre de nos travers, de cette vie où Français de souche et adoptés cohabitent, délicieusement incorrect et légèrement subversif le Baer.  Alors oui, c'est un peu foutoir, pas d'intrigue réelle, mais c'est un amusement à la française qui se termine bien sûr ... par une chanson.      

Pris de 32 à 60 euros. Oui, c'est cher. D'une manière générale, le divertissement reste un luxe.

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08 avril 2012

Manon

Manon 2012Manon opéra de Jules Massenet (1842-1912)

Montesquieu  aurait résumé l'Histoire du Chevalier des Grieux et de Manon Lescaut de l'abbé Prévost (dont Massenet s'est inspiré) ainsi ' le héros est un fripon et l'héroine est une catin'.

On lui pardonne volontiers son sexisme au sieur tout Montesquieu qu'il est ... de nos jours on pourrait résumer ' le héros est un oisif un peu mou et l'héroine une femme née à la mauvaise époque. Aujourd'hui elle aurait été call-girl de luxe, star du cinéma, ou femme d'affaires. L'amour qui les réunit triomphera, même si la mort de Manon est une fin obligée que la morale nécessite.

Bon, les dialogues sont parfois percutants de niaiserie : ô ma Rosalinde, je veux gravir le Pinde pour te chanter ....est celui que j'ai relevé comme étant le fleuron, mais on s'en moque, là n'est vraiment pas l'intérêt de l'opéra et la musique souvent enlevée de Massenet est réjouissante à écouter. Il faut dire que la voix de la soprano Anna Netrebko qui est une voix puissante et légère à la fois, au vocalisme sûr, est diablement agréable à l'oreille et nous fait vibrer, quant à son physique fort sensuel, il donne un charme fou à cette Manon si légère qu'on lui pardonne son inconstance bien volontiers. Côté ténor, Piotr Beczala qui joue Des Grieux ne dépare pas, son regard, non plus. Les seconds rôles sont bien tenus. Au final, un spectacle fort plaisant, léger, digeste, distrayant.

Note pour ide:

Le Pinde est un massif montagneux situé au nord de la Grèce, massif qui était consacré à Apollon et aux muses dans la littérature antique grecque.

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01 mars 2012

Ernani

ernani  Giuseppe Verdi 1813-1901

S'est inspiré de Victor Hugo, le présente en 1844 à Venise

L'histoire

Espagne 1519, une femme Elvira : la soprano Angela Meade, 3 hommes amoureux d'elle. 

Don Carlo, roi d'Espagne : Dmitri Hvorostovsky baryton russe

Don Ruy Gomez de Silva vieil oncle d'Elvira qui veut épouser Elvira: Ferruccio Furlanetto, voix basse, italien 

Et celui qu'elle aime Ernani : Marcello Giordani ténor italien.

Bon, 3 hommes pour une femme, ce n'est pas aisé, surtout pour l'époque où la femme c'est rien ou presque. Par chance, Elvira n'en aime qu'un, par malchance, c'est celui qui complote, celui qui se cache, celui qui n'a plus rien, celui qu'on veut tuer à tout bout de champ. Le roi lui aspire à être empereur, ce qui tempère son ardeur amoureuse et il cède volontiers Elvira à Ernani. Mais le vieux Silva qui n'espère plus rien ne peut supporter de perdre la jeunesse d'Elvira, alors il rappelle à Ernani, le serment de se tuer si lui en décidait ainsi, et il le décide ainsi, ce vieux gredin crétin ... Et les 2 tourtereaux se font hara-kiri 

Les costumes sont beaux, Le décor très flonflon s'accordant parfaitement avec l'intrigue, les choeurs parfaits et les chanteurs pas si mal, le ténor manque un peu de conviction, le baryton est puissant et beau (ce qui ne gâche rien!), la basse s'en tire fort bien et la soprano réussit un beau parcours. Ernani n'est pas l'opéra le plus facile à écouter chez Verdi, je trouve, un peu ingrat si j'ose dire, et j'ose sans sourciller, mais l'ensemble se tient pour qui aime ... l'opéra.

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12 février 2011

La Pietragalla, Eve et nous

Il y a indéniablement une histoire, celle de la Femme, à laquelle on n'est pas insensible, il y a la grâce, la légèreté, la fougue de cette danseuse étoile, mais il manque ce petit je ne sais quoi qui fait la réussite d'un spectacle. Cela tient à quoi ? non pas aux musiques choisies, non pas à la perception différente qu'offre la danse de la Pietragalla, et qui est une ouverture intéressante, mais peut être à l'insuffisance de technicité qui engendre une frustration. La danseuse étoile ne va pas jusqu'au bout, elle semble dans certaines scènes s'économiser, se reposer presque, mais peut être est ce là, le noeud du problème. La danseuse est rattrapée par le temps qui passe, sa beauté va s'adapter, évoluer, là n'est pas le problème, par contre peut être que la danseuse est limitée maintenant dans son art, et arrivée à son sommet amorce l'inexorable descente.

Et finalement, à la réflexion, on l'accepte, cette histoire là est l'histoire de toutes les femmes qui naissent, vieillissent et meurent. La danseuse est humaine, comme nous. 

La tentation d'Eve devient le destin de chaque femme. La Pietragalla nous le fait vivre en dansant, en souffrant, en étant.

Alors, on découvre au final, que le spectacle est réussi.

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