22 juillet 2012

Cafards - Fabienne Berthaud

cafards

Fabienne Berthaud née vers 1966 cinéaste, écrivain

Le cafard est un animal particulièrement peu sympathique, voire répugnant.

Le cafard est un genre de déprime. 

Cafards est un livre parfois répugnant à imager, parfois déprimant à penser, parfois jubilatoire à lire . L'écriture est singulière et recherchée dans un style cru, réaliste, où les miasmes en tous genre s'exhalent, oui c'est un livre à odeurs, nauséabondes souvent, à pustules qui suintent, à bouches qui bavent , à mots imagés (trogne, mouflée, clamser, nouille, chougner, guiboche ...) . J'aurais aimé que l'humour soit un peu plus présent, pour rendre le livre plus digeste, moins odorant, moins cafard profond.

C'est l'histoire d'une fille qui s'ennuie à mourir, et qui en mourant s'ennuie toujours, sans fin. La mort pour cette crevette n'existe pas. Elle s'ennuyait moins à vivre au final !

C'est une lecture à plusieurs degrés, au premier, c'est glauque, au second déjà plus tragique, au troisième, c'est selon l'humeur du moment, caricatural, décapant drôlement, épouvantablement réaliste, en bref, tous les degrés finissent par se mélanger et posent une question  : par qui ou quoi avez vous été inspirée en écrivant ce livre ? j'aimerais savoir.

 Particulière, Fabienne Berthaud, pas commune. J'avais bien aimé son film Pieds nus sur les limaces. Cafards ne me laisse pas indifférente, non plus.

Par contre son livre Un jardin sur le ventre ne me plaît pas trop.  Le titre est joli, l'histoire émouvante, mais il n' y a pas de rencontre entre ce livre et moi. Au final, je préfère l'écriture acide de Cafards !

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18 juillet 2012

Rêve d'amour - Laurence Tardieu

rêve d'amour

Laurence Tardieu née en 1972

Il n'y a pas de vérité, ni des êtres, ni du temps. Il n'y a que le présent, son éblouissement. extrait

J'aime ce livre, court, facile à lire et optimiste. Il regorge de phrases de ce genre, que l'on peut mettre en citation, gravement, sentencieusement, doctement, religieusement. Des phrases simples qui expriment des émotions simples.  Bien sûr il parle d'amour ce roman, du premier, de celui qui orientera votre vie amoureuse (oui oui, c'est mon opinion, discutable sans doute), de l'amour maternel, donc. Une mère aimante vous donne accès à la capacité d'aimer sans peur.  Alice Grangé a oublié sa mère morte alors qu'elle avait 5 ans. Son père a tout détruit de ses souvenirs, pas de photo, pas d'objet, pas d'histoire, rien. Il a effacé une femme qui avait choisi de le quitter.  Alice et son père s'aiment, très mal, sans pouvoir s'aider, sans pouvoir parler. Peu avant sa mort, le père lui fait cadeau du nom de l'amant que sa mère a aimé. Alice en connaissant cet homme apprendra, un peu, à connaître enfin sa mère et pourra ainsi s'autoriser à vivre sans se morfondre. C'est une sorte de passeport pour l'amour cette double rencontre, c'est l'ultime cadeau d'un père.  Un rêve quoi ! 

Un petit livre d'été, sympa, léger, pas compliqué et plein d'espoir.

L'écriture peut-elle redonner vie à ce qui n'est plus ? extrait

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05 juillet 2012

On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux - Robert Bober

Robert Bober

Robert Bober 1931

Il a un lourd passé ce Bober ... juif et d'origine polonaise, ce ne fut pas facile pour lui, sans doute mais plus chanceux que  les autres, ceux qui n'échappèrent pas aux exactions en tous genre des nazis à Berlin en 33 où il ne faisait pas bon d'être juif, ceux qui n'échappèrent pas, à Paris en 42, à la rafle du vélodrome d'hiver. C'est donc un survivant coupable de l'être qui va vivre une vie, plus intéressante que les autres, s'échapper de la banalité. C'est un chanceux, définitivement ce Bober, sans doute doué pour vivre. Il devient l'assistant de Truffaut pour 'les 400 coups, Jules et Jim. Il fera des documentaires sur l'Holocauste, le sort des juifs émigrés de Pologne, plus tard, ceux d'Ellis Island. Il a sans doute besoin de se rapprocher de tous les chanceux qui ont survécu. En 93, il écrit son premier roman ... C'est toujours le même sujet qui le hante, mais qu'il n'aborde jamais de front. Probablement est ce impossible pour lui, probablement est ce surtout inutile. 'On ne peut plus dormir tranquille quand on a ouvert les yeux' est une sorte de kaleidoscope,  difficilement résumable, où l'on voit une multitude d'histoires parfois anecdotiques, parfois dramatiques,chargées de mémoire historique, musicale, familiale, amicale, amoureuse ... tout s'emmêle, nous emmène dans un labyrinthe. Et au bout du labyrinthe, l'attend son père mort il y a longtemps.

L'écriture est simple, plaisante à lire. Les  petites histoires souvent décalées, mineures, banales, attendrissantes un peu comme des interludes, genre ' le petit train' de mon enfance à l'ORTF qui comblait une panne ... vous comblez quoi monsieur Bober ?   

C'est quoi le message, monsieur Bober ? il faut suivre sa route comme on peut, comme on veut, et au bout du compte, on a une réponse ...

Une réponse possible que vous donnez en citant Henri Calet :

" Je vadrouille autour de mon passé, j'en ramasse, ici et là, de menus morceaux, il en traîne un peu partout, je tâche à le reconstituer, comme si l'on pouvait exister une fois de plus ..." 

Exister une fois de plus. Est ce souhaitable ?

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09 juin 2012

Traîne pas trop sous la pluie - Richard Bohringer

BorhingerRichard Bohringer

J'aime bien, ce mec, une gueule, une voix, une humanité certaine, une rare humilité et des fêlures en veux tu en voilà. Assez talentueux en prime.

L'aéronef aveugle sillonne le ciel à la recherche de ses enfants perdus. Les shootés de l'interféron. Les shootés de l'hépatite C. extrait.

Borhinger est hospitalisé suite à une hépatite C.

Se mêlent aux marguerites tournoyantes (les infirmières) les rumeurs de l'Afrique, boubous multicolores dansent dans ma fièvre, extrait, et lui l'Indien Pas doué pour la vie sage. Un morceau d'humain sanguinolent ... extrait. Et puis pour survivre encore, se sauver en Colombie où Les lourds pélicans s'envolent devant la pirogue. L'heure mauve où la nature elle-même te regarde comme un gringo. extraits. Bohringer retrouve, dans son délire fiévreux des êtres qu'il ne connaîtra pas, son père, sa mère, et ses amis ceux qui sont morts. 

Il y a une musicalité dans l'écriture, façon tambour qui frappe des mots un peu cognés, c'est dire que cela tambourine, un humour un peu tendre, une nostalgie déchirante mais curieusement réconfortante : Ce qui n'a pas été ne sera pas. C'est aussi simple, les regrets ne servent à rien, sinon à écrire. Écrivons comme la locomotive tire ses wagons. Avec le sentiment de s'ouvrir au vent. D'ouvrir le vent. extrait. Exaltation qui en vaut bien une autre, désir éperdu de vivre et pas pressé d'aller Dans l'aéronef là-haut, j'ai mes amis, mes tendres compagnons d'amour. extrait. Aéronef qui viendra pourtant un jour nous chercher. En attendant vivre pour ceux qui vous aiment. C'est une première bonne idée.

Je ne sais pas écrire des histoires à la troisième personne, j'écris ce qui vient, ce qui est venu et j'appelle ce qui viendra. extrait. 

Appeller ce qui viendra. C'est une seconde bonne idée.

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06 mai 2012

Hygiène de l'assassin - Amélie Nothomb

A NothombAmélie Nothomb

Un plaisir certain à lire ce livre là, un agacement tout aussi certain dont l'origine demeure inconnue comme le cancer du héros de l'histoire, ce qui m'amuse un brin, d'ailleurs. Amélie Nothomb est meilleure que nos chercheurs en médecine, si on connaît bien le processus des cellules cancéreuses, on en connaît moins les origines, tout au plus on suspecte des causes probables. Voilà sans doute une des raisons de mon agacement, elle professe beaucoup dame Nothomb, elle a des idées péremptoires sur beaucoup de choses, et surtout des certitudes. Bon, la certitude de la jeunesse peut être ? c'est son premier livre écrit en 1992, elle a 25 ans.

L'histoire est simple, un dialogue tout au long du livre entre le sieur Tach écrivain célèbre mourant, qui est la provocation personnifiée, et un journaliste en face de lui, à la répartie moins vive, à la sensibilité extrême, voire pleurnicharde, ce qui est plutôt rare en général chez nos journalistes. Il n'en faut pas moins de 4 plus nuls les uns que les autres pour permettre à Amélie Nothomb de s'exprimer sur des sujets bateaux, enfance, femmes, masturbation, sexe etc .. puis enfin, une femelle qui sort du lot s'attaque au tas de saindoux et lui fait cracher sa graisse ... peu élégants les termes, j'en conviens, mais à la façon de l'auteure qui écrit par ailleurs assez bien. L'histoire devient un peu abracadabrante, un peu trop laborieuse, et rend le personnage principal plus atteint psychiatriquement que réellement mauvais, ce qui est pour moi un peu décevant.  

Bon, je sens que je vais récidiver dans le Nothomb, encore une fois.

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12 avril 2012

Les jolies choses - Virginie Despentes

 Virginie Despentes née en 1969.

Virginie DespentesUn ventre, mère effacée et dominée par le père, pour 2 jumelles, identiques, mais grimées différemment au point d'annihiler toute ressemblance physique.

L'une, Claudine catégorie pétasse, celle-ci éliminait du monde extrait geignarde mais bimbo, pétasse mais fragile, jambes longues, seins offerts, cul à se damner, une chatte chaude, trésor enfoui entre ses cuisses, une femme qui cherche à faire plaisir aux hommes extrait mais incapable d'aimer, juste une bouffonne, un peu conne et désespérée. Cette tristesse là, Pauline la touche pour la première fois, d'être autant convoitée, et de ne convoiter personne. extraitClaudine, enfant, éteinte et lente, mal aimée par un père violent, parti 3 ans de chez lui, puis revenu, retrouvant Claudine adolescente qui avait sauté sur l'occasion d'avoir un corps conforme aux normes extrait et son père l'avait alors remarquée.

L'autre, Pauline, pas bien humaine mais grunge, cheveu terne, sapée comme un sac, intelligente, mais sauvage, aimant l'amour avec un homme pour la vie, position missionnaire. Son seul truc à elle c'est sa voix J'aime vraiment bien sa voix, y a moyen de faire de jolies choses ... extrait. Elle, petite, avec de l'esprit, vive, plaisait à son père, et puis au retour du père, adolescente refusait d'être coquette comme on refuse de s'avilir extrait. Alors, le père, quand il revint, la rejeta.

Voilà, le père aura décidé ainsi du destin de ses filles. Claudine fera la pétasse pour plaire toujours à son père sans jamais grandir et en mourra. Pauline, plus futée, plus douée, prendra la place de sa soeur, se mettra facilement dans la peau d'une bimbo, car sous ses fringues se cache le même corps que celui de sa soeur, et comme elle a un cerveau, elle, elle mettra le monde à ses pieds, mais y perdra un peu son âme, qu'elle retrouvera avec Nicolas, amoureux des jumelles. Claudine revivra d'une certaine façon en Pauline réconciliée avec la vie. 

Ecriture qui ne manque pas d'humour, ni de mots orduriers, le poids des mots sans doute, avec le choc des images engendrées. C'est tout ou rien, ce style, cela plaît ou débecte ! moi, cela m'indiffère un peu, d'autant plus qu'elle sait aussi écrire de jolies choses.  

Bon, très ciblé, le livre de Virginie Despentes : il faut que les femmes cessent d'obéir aux diktats des médias qui ne pensent qu'à faire du fric : C'est une obéissance aux annonceurs, il faudra que tout le monde y passe. Ils régissent le truc, fil des pages : voilà ce qu'on vend, alors voilà ce qu'il faut être extrait. Là, il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas tort. Deuxième message :  Y a pas, c'est un sous genre, le sexe masculin. C'est même pas les filles qui les affolent à ce point, c'est l'idée qu'ils auront la trique. extrait. L'auteur a un compte à régler avec un certain type d'hommes, et c'est son droit, le milieu qu'elle a choisi de représenter permet sans doute cette polarisation sur le thème bimbo, pétasse, sexe etc .. 

Elle frappe fort Virginie Despentes, mais entre les pétasses et les coincées, il y a de la marge pour s'épanouir sexuellement et aimer, en même temps. Cela se nomme d'ailleurs fort simplement amour. Laissons lui le mot de la fin à cette révoltée de la vie qui trouve des solutions.

"Tu connais un truc qui s'appelle "le juste milieu" ? extrait

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05 avril 2012

Les adieux à la Reine - Chantal Thomas

Chantal Thomas

Les adieux à la reineUniversitaire, historienne, née en 1945, a écrit de nombreux essais sur le XVIII ème siècle.

Les adieux à la reine, est son premier roman, paru en 2002.  

Trois jours d'un mois de Juillet extraordinaire de 1789 au château de Versailles, trois jours où l'on n'entend que les rumeurs, incroyables, de prise de la Bastille, de populace en colère qui se révolte, trois jours d'inquiétude qui font tomber les barrières sociales où les vêtements de nuit aristocratiques se mêlent aux vêtements de nuit plébéiens, dans les couloirs sombres du château dans l'attente de nouvelles. Trois jours où les fastes encore présents de la royauté commencent à péricliter, les serviteurs plus vraiment là, les gardes partis, Marie Antoinette déjà condamnée. Loin des tumultes de la révolution, des cris de la foule, des hurlements de terreur et de douleur des suppliciés,  on accompagne l'incertitude incrédule des courtisans que l'on voit se transformer en angoisse insomniaque, puis en panique d'être décapité pour les uns, violé pour les autres par des lépreux syphilitiques de surcroit puis massacré .... une sorte de thriller révolutionnaire, agrémenté d'images délicates, de petits usages de cour surannés qui ne pouvaient plus durer, futurs vestiges d'une classe qui va mourir brutalement, par manque d'anticipation et d'aveuglement.

Écriture sans défaut, histoire non contestable, personnages savoureux, hauts en couleur, tout est plaisant. On est tour à tour lectrice de la reine, courtisane, servante, favorite, aristocrate coincée, et même, même reine de France. Bon, jusqu'à un certain point cependant, et on se carapate vite fait avec Madame de Polignac et Agathe-Sidonie Laborde sur le chemin d'un exil salvateur.     

Livre à lire avant d'aller voir le film de Benoit Jacquot. Il faut d'abord s'imprégner de l'atmosphère romanesque du livre avant d'aller goûter à la beauté des images du film, où les femmes sont trop belles, les robes itou, et le décor aussi. Le livre en tête,  vous ne céderez pas trop vite à la tentation de vous laisser aller au plaisir des yeux, à la fascination qu'exerce la beauté, en lectrice avertie vous y veillerez ! bon, la caméra à l'épaule qu'encense la critique donne mal au coeur et est en ce qui me concerne non seulement superfétatoire, mais carrément génante. Dieu merci, ces instants durent peu.   

A débattre :

J'en suis convaincue - et ce ne sont pas les dernières images que j'emporterai de ce monde qui pourraient me persuader du contraire -, l'humanité ne progresse pas. Extrait

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23 mars 2012

Chevalier de l'ordre et du mérite - Sylvie Testud

Sylvie TestudSylvie Testud née en 1971 actrice, romancière, réalisatrice de 'La vie d'une autre' au cinéma.

Ce petit livre aurait gagné à être encore plus condensé. Des détails sans importance au début du récit engendrent un ennui assuré, un désir d'arrêter cette lecture, ce qui est dommage, car il y a un fond certain dans cette histoire, desservi dans les passages inintéressants par l'écriture minimaliste, mais curieusement mis en valeur, ce fond, quand il fait surface par le style même de cette écriture, Sylvie Testud utilise bien l'humour (minimaliste aussi) quand elle a quelque chose à dire, et elle le dit, son héroïne, que sa vie ne lui plaît pas, que son ami ne lui convient pas, cette jeune femme veut exister par elle même, mais ne sait pas qui elle est vraiment, cette jeune femme veut s'assumer seule mais a peur de la solitude, cette jeune femme fait toujours le mauvais choix, professionnel, sentimental, domestique, rien ne va. C'est un constat négatif, désastreux, douloureux.

Qui est cette jeune femme ? une hors normes, une atypique, une particulière, une solitaire, une emmerdeuse, une toquée du rangement de l'ordre et du mérite, ou une femme qui est tout cela à la fois, issue de cette génération qui refuse, à juste titre, le formatage, mais qui peine à trouver la forme de vie idéale. A ce propos, y en a t'il une ? 

Extraits :

Quand le téléphone sonne, c'est obligatoirement pour moi. Il ne sonne jamais.

Maintenant c'est vraiment mieux. Sauf que maintenant j'ai peur de savoir ce que je vais devenir, seule, bientôt vieille, bientôt moche. 

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22 mars 2012

Le coin du voile - Laurence Cossé

L CosséLaurence Cossé

Paru en 1996, ce livre m'attire davantage que le 31 du mois d'Août. Le sujet en est plus savoureux, voire loufoque. Quant à l'écriture, elle flirte avec un humour léger et bon enfant presque tout au long du livre.

Ce roman avec pour toile de fond Dieu se passe sur 8 jours.  L'affaire vient de la base religieuse, les casuistes, théologiens qui ont réponse à tout au nom de la raison et de leur foi (bonne évidemment). L'affaire en question c'est la preuve de l'existence de Dieu établie par un doux illuminé Martin Mauduit professeur de physique chimie et prêtre dans le passé, Il avait perdu - la foi, sans doute pas, il n'avait jamais eu exactement la foi, puisqu'il lui fallait la certitude-, en tout cas la claire vision de son ministère. extrait. Mauduit soumet cette preuve à un Bertrand Beaulieu, un radical, scrupuleux, un fossoyeur de la tradition qui la soumet à son tour à un autre prêtre Hervé Montgaroult capable tout au plus de seriner son cours d'ontologie cataphatique. Les deux branquignoles soutanés le soumettent à Hervé Le Dangeolet, leur provincial qui met sur place in petto et fissa (il adore ça, ces petites expressions le Dangeolet) une commission d'examen de la preuve avec 2 spécialistes, Michalet et Schmuckermann. Sur ce pour éviter la contagion, il coffre-fort la dite preuve. Les 2 experts sont contaminés à leur tour. Le Provincial avise alors la haute sphère : le Général de la compagnie des casuistes.

Les politiques vont s'en mêler, pour eux il y a risque de passer dans le domaine publique si l'affaire s'ébruite, et de là à susciter un trouble publique, il n'y a qu'un pas. Il faut 'en-di-guer-la-la-me-de-fond' (extrait). Détruire la preuve et neutraliser les branquignoles devient leur course poursuite qui les mènera, bien sûr, tous à Rome.

Laurence Cossé ne lève aucun voile sur la preuve de l'existence de Dieu, le contraire aurait été surprenant ! Elle n'argumente rien, ne prend pas parti, se contente de nous offrir un échantillon assez jubilatoire, limité à l'espèce humaine politique et religieuse. Elle met en scène une pièce où le pouvoir religieux et le pouvoir politique trouvent une entente pour écarter toute menace extérieure susceptible de rogner leur souveraineté au détriment bien sûr des moins puissants. Cela se passe en douceur, sans violence, presque sans victime, enfin une seule. Ce n'est pas très grave.( extrait) 

Le doute sur l'existence de Dieu était la seule formule viable pour l'humanité. Croyait qui voulait, ne croyait pas qui préférait. Pas plus de certitude pour l'un que pour l'autre. Un respect mutuel- mis à part les ères de certitude. La certitude, quelque soit son bord engendre le fanatisme. (extrait) 

Au fond, le doute est le seul contrepoids aux folies humaines. C'est la raison, le doute. extrait.

Alors, n'hésitons pas, doutons. 

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12 mars 2012

Le 31 du mois d'Août - Laurence Cossé

Laurence CosséLaurence Cossé née en 1950, journaliste, critique littéraire, producteur-délégué à France culture.

Le 31 du mois d'août est le premier livre que je lis d'elle, et ne sera pas le dernier. Car ce 31 août là ne m'a pas emballée, et j'ai pour habitude de vérifier si il s'agit de l'auteure qui me plaît moyennement, ou seulement du roman choisi.

Parti d'un fait divers mettant en scène des célébrités, ce roman pose la question du délit de fuite et de ses conséquences sur la vie du fuyard.

Lou a une petite fiat blanche, Lou conduit façon escargot, et oblige, un 31 août, un bolide noir à devoir se rabattre, freiner, et finalement finir sa course sur un pylône du pont de l'Alma. Lou ne s'arrête pas ....et n'en finit pas alors de fuir. Elle fuit les éventuelles poursuites judiciaires, et surtout sa vie qui à la lumière de cet accident lui devient impossible à vivre. L'écriture est concise, sans fioriture, sans littérature. Une plume de journaliste, sobre, narrative, impartiale, une plume de bon journaliste donc, ce qui se fait rare. Mais ce n'est pas ce que je cherche dans un livre. Je comprends que l'on puisse aimer, mais j'évite, généralement ce genre.

Bon, Lou aurait dû s'arrêter. C'est ma réponse. Le cours de sa vie a changé dés l'accident dont elle n'était pas responsable. Un grain de sable est venu enrayer une vie ordinaire et tranquille à tout jamais. Il produira le pire chez Lou qui basculera dans le criminel et le mensonge fort naturellement. Le hasard là n'y est pour rien, les aléas de la vie peuvent vous rendre pire ou meilleur, et Lou a choisi le pire. On a en ce domaine le choix. Bon, ça ne fait pas délirer ce livre, mais ça pose une question, et un débat peut suivre. Ce livre est un bon sujet pour débat télévisé !

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