20 août 2017

Abbaye de Pébrac en Haute Loire

Pébrac

Proche du prieuré de Chanteuges, se trouve cette abbaye laissée un peu à l'abandon malgré l'Association des amis de Pébrac qui fait ce qu'elle peut. Coule la Desges qui se jette dans l'Allier à Chanteuges. Ce petit village charmant se compose de l'ancien bourg où quelques maisons vides, et du nouveau bourg fort coquet en contrebas sur une calade.Pébrac 7

L'abbaye de Pébrac doit sa fondation à Pierre de Chavanon né vers 1007, en 1062 il se rendit à Pébrac pour restaurer son église; des nobles de la région dont Dalmas de Pébrac abandonnèrent leurs droits sur l'église, des dons en prieurés et en terres permirent à Pierre d'agrandir les bâtiments et d'y accueillir des religieux, sous la règle de St Augustin. Pierre de Chavanon meurt en 1080. En 1097, le pape Urbain II érige l'église de Pébrac en abbaye dont les prieurés qui s'étendent sur les diocèses de Saint Flour, Viviers et de Rodez assurent la fortune de cette abbaye.Pébrac 3

 Au début du XVè siècle, la pratique du népotisme (vient du latin nepos qui signifie neveu, mot qui vient de la tendance de certains papes qui favorisèrent leur famille dont leurs neveux). A Astorg de Torsiac en 1412 succéda son neveu, puis Armand de Flaghac fit de même avec les siens Guillaume et Jean ce qui nous mène à 1525 où l'application de la réforme du Concordat de Bologne de 1516 change considérablement la donne.  Voir la conclusion sur les effets de ce concordat :  https://francearchives.fr/commemo/recueil-2016/39504 .Pébrac 4

En 1626 la vie spirituelle de l'abbaye est au plus bas, son abbé Jean-Jacques Olier échoue à la réformer, en 1649 l'abbaye est unie à la Congrégation de France dont le siège est situé dans l'abbaye de St Geneviève, d'où le nom de génovéfains pour les religieux qui suivent strictement la règle de St Augustin. Les bâtiments et les revenus sont alors partagés entre les deux communautés.Pebrac 1062

 L'abbaye perd alors de son aura, les Génovéfains réaménagent les bâtiments, reclassent les archives et c'est à eux que l''on doit ces renseignements par l'entremise cependant, entre autres, peut être, d'Yves Soulingeas 1948-2004  qui a rédigé un petit livret (à se procurer pour 5 euros à l'église) dont vous trouverez la biographie sur le site suivant : http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2004_num_162_2_463474

Il y a 7 ans, je découvrais cette abbaye et son jardin entretenu par l'association des amis de Pébrac. Revenue cette année, je constate hélàs son délabrement, notamment au niveau de sa tour qui se lézarde profondément.Pébrac 5

Attenante à cette abbaye, l'église de PébracPébrac 8

et son joli petit jardin où l'on cultive les simples.Jardin Pebrac 2

Jardin Pebrac

  

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14 novembre 2010

L'an Mil en vrac et en gros

Exit les Carolingiens, Hugues Capet fonde la dynastie capétienne en 987. Les invasions ont chassé les riches des villes qui se sont retirés dans leur domaine campagnard et qui en 2 ou 3 générations, vont y perdre leur vernis social et culturel .... La nature rustique reprend ses droits ! Chez les miséreux, la famine domine, l'outillage encore débutant ne permet pas une culture des terres suffisante, seule la forêt pourvoyeuse en bois, cire, miel, baies et gibier nourrit également le bétail. Les céréales en bouillie constituent l'essentiel de l'alimentation chez les pauvres.

Hugues Capet est roi de France mais n'est vraiment un chef qu'autour de Paris et d'Orléans, pour les autres circonscriptions, un comte siège, il tient cette fonction par héritage ainsi que la dotation foncière. Pierre Charbonnier dans son 'Histoire de l'Auvergne' cite qu'à cette époque, en ce qui concerne l'Auvergne, il y avait 3 autorités sous le roi, le duc d'Acquitaine, le comte d'Auvergne, et un seigneur châtelain, par château, et vu que les châteaux pullulaient, les seigneurs aussi forcément !! Une forte aristocratie foncière s'est ainsi constituée; une puissance religieuse existe aussi dans les cités par les évêchés, les monastères que les aumônes des grands et des petits ont dotés. La France de l'an mil a ses esclaves : les serfs qui appartiennent à leurs seigneurs. Les paysans, eux ont des terrains en concession permanente et versent une rente aux seigneurs, ils leur fournissent les produits de la terre. L'aristocratie échappe à la disette et au travail. Le commerce existe par les foires, l'usage de la monnaie reste limité, et le troc est utilisé largement. Les conflits armés entre seigneurs étaient monnaie courante.

La culture est devenue le monopole des dignitaires du clergé. L'évangélisation qui dure depuis 7 siècles a solidifié l'église. L'évêque riche en terres est tout puissant spirituellement sur le clergé et sur les laïcs, son arme est l'excommunication. Il est secondé par une équipe de clercs qui constituent le chapître, les chanoines qui possèdent un patrimoine foncier particulier, distinct de la dotation épiscopale surveillent le clergé rural : des petites églises annexes campagnardes, propriétes du seigneur sont pour la plus part d'anciens oratoires privés et ont des desservants souvent rustres issus du milieu serf ou paysan, à la solde du seigneur.

Les moines à la différence des clercs ne s'occupent pas des âmes, mais de leur salut propre. Ces monastères sont prospères, les riches s'y retirent dans leur vieillesse, y placent des membres de leur famille. Ils payent à la communauté de substantielles aumônes en terres principalement. Les abbayes sont souvent des fondations privées intégrées dans le patrimoine d'une famille : les moines choisissent un abbé agréé par les seigneurs qui parfois eux même revêtent sans quitter leur style de vie la dignité abbatiale. Les seigneurs ont ainsi une influence pesante sur les ecclésiastiques.

En 910 le fondateur de Cluny change la donne en instaurant l'élection des hauts dignitaires en dehors de toute intervention extérieure donc seigneuriale.

Robert de Turlande naît en 1001, cadet, il rentre dans les ordres et officie à Brioude. Insatisfait, il fait le choix de se retirer du monde et choisit de vivre en ermite. Il s'installe un peu plus tard dans le Livradois près de la Dore et de la Senouire sur un petit mont et fonde la Casa Dei, l'abbaye de la Chaise Dieu en 1043. Une dizaine d'années plus tard Robert fonde un monastère pour femmes et choisit dans la vallée de la Senouire un village nommé Comps. Ce n'est qu'à la fin du 15ième siècle que Comps deviendra par autorisation royale 'Vallis Dei', soit Lavaudieu.

Les dames de Lavaudieu sont nées au monde religieux.

Posté par maison43 à 15:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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