24 mai 2015

Bonnard et les femmes

Les femmes eurent une place importante chez Pierre Bonnard 1867-1947, bien qu'il resta discret sur le sujet, il ne fut ni insensible à leur charme, ni dédaigneux de leur influence : sa mère, sa soeur Andrée, son épouse Marthe 1870-1942, ses amantes, ses amies, ses relations. Et dans ses portraits féminins, je découvre un autre Bonnard qui privilégie les visages, dessine un sourire, exprime le bonheur ou l'indifférence et facétieux, ambigu et talentueux dans ce domaine aussi, Pierre Bonnard nous livre ainsi quelques indications sur sa vieLe corsage à carreaux 1892

Andrée sa soeur fut bien sûr un de ses premiers modèles, sa nièce suivra plus tard, portraits fort sages. Et puis Marthe arriva et Bonnard peignit le corps féminin avec une sensualité fort délicate, une grâce qui n'appartient qu'à lui.Renée Terrasse

 Pourtant il aima avant, sa cousine Berthe Schaedlin du même milieu que lui et sa famille ou elle même refusa le mariage proposé, l'année précédant ce refus elle lui servit aussi de modèle, il la croqua mutine et légère. Berthe c'est ce portrait

Portrait de Berthe Schaedlin 1892 Bonnard

aux marguerites et c'est aussi la femme des Femmes au jardin peint en 1891Femmes au jardin 1891

 Marthe effacera ce souvenir douloureux l'année suivante, Marthe au basset 1912

il ne l'épousera qu'en 1925. Bien sûr ce sera son modèle fétiche, mais d'autres jolis modèles passeront dans sa vie, Marthe fermera les yeux, acceptera même leur présence. Pierre Bonnard aima pendant Marthe d'autres femmes. La première rencontre importante se passe en 1916, elle se nomme Lucienne Dupuy de Frenelleportrait de lucienne dupuy de frenelle 1916

née vers 1890, épouse de leur médecin de famille il la peint plusieurs fois entre 1916 et 1918, la sculpturale jeune femme dans La cheminée 

Bonnard La Cheminée 1916

c'est elle, ils rompront en 1919, il rencontre alors une amie de Marthe, Renée Montchaty compagne du peintre Harry B. Lachman, on évoquera alors une possible relation à trois, en tout cas, Marthe ne s'y opposera pas à cette jeune femme que l'on verra nue dans plusieurs tableaux aux côtés d'une Marthe amicale. En 1925 Bonnard épousera Marthe, l'année du suicide de Renée. Bonnard retravaillera la toile Jeunes femmes au jardin où rayonne Renée après la mort de Marthe.Jeunes Femmes au jardin 1921-1923 repris en 1945-1946

A noter l'image des deux tableaux suivants : La glace du cabinet de toilette

Le miroir de la chambre verte 1909

et le Miroir dans la chambre verte

La Glace du cabinet de toilette

peints en 1908 où figure une blonde, un autre modèle ou deux que surveille Marthe qui a finalement partagé Bonnard plus souvent qu'on ne le pense, Marthe sera l'élément stable dont il aura besoin toute sa vie, en 1920 ce portrait d'une Renée attendrie

Pierre Bonnard

Portrait de Renée Montchaty 1920

et une Renée déjà fantomatique et perdue, Renée encore Piazza del Popolo à Rome l'année suivante où elle accompagne son peintre américainPiazza del popolo Rome

 Bonnard loge chez eux sans Marthe. Au retour de Pierre, Marthe prend des cours d'art avec une artiste peintre Louise Hervieu et sera pas mauvaise dit-on, elle exposera sous le nom de Marthe Solange, elle vendra ainsi 25 de ses tableaux. Marthe est une femme assez étonnante et son caractère un peu sauvage nous fit oublier sa particularité qui n'échappa à Bonnard. Parmi les amies il y aura Misia qu'il peindra plusieurs foisMisia Nathanson Bonnard 1906

 Berthe Signac, Hédy Hahnloser, et des femmes célèbres de l'époque qui lui demanderont de faire leur portrait. 

Gisele Belleud

Maria Lani

Leila Anet 1930 Sources : Bonnard, jardins secrets Olivier Renault    

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27 mars 2015

La frise Beethoven de Gustav Klimt à la Pinacothèque

KlimtBien sûr, il serait outrancier et stupidement restrictif de ne voir en Gustav Klimt 1862-1918 qu'un chantre d'une peinture clinquante avec toute cette pléthore d'or et de petits motifs vivement colorés reproduits à l'infini comme ce fameux Baiser Le Baiser détail Klimtoù l'homme saisit la tête d'une femme agenouillée qui ne doit pas sa chute qu'à la force de ses pieds qui s'agrippent arc-boutés pour se maintenir dans une position fort inconfortable sous l'emprise d'un mâle un brin trop sûr de lui ou pas assez, oui chez Klimt l'homme fait cloche contre le corps de sa compagne jusqu'à parfois la cacher ou la nier. Il y a un je ne sais quoi qui me déplaît un peu chez Klimt. Il aime assurément le corps féminin et joue à le mettre en scène de deux façons soit il le déshabille et le réduit à la femme fatale dont il faut se méfier soit il l'habille et dans ce cas, il fait référence à la mère ou à l'épouse. Dans un cas la femme est nue, sexe souvent bien en évidence, femme-objet par excellence, elle représente à l'époque de Klimt la classe sociale la plus défavorisée, celle qui vit de ses charmes à l'époque où seule la femme de bonne naissance est glorifiée en tant que reproductrice, dot et maîtresse de maison qui n'a intéressé d'ailleurs Klimt qu'à travers des portraits toujours très marqués par son ornementation qui a constitué si je puis dire sa marque de fabrique : mosaïques d'or, couleurs très vives, petites fleurs ou  petits motifs style tapisserie qui envahissent la toile et font oublier le corps. Certes la sexualité féminine à cette époque est soit inexistante, soit considérée comme dépravation ou pire comme maladie, pourtant Klimt ne se prive pas de la représenter dans des attitudes plus jouissantes que jamais, ce qui choqua bien sûr la société bien pensante. Voilà sans doute une des ambiguïtés de Klimt quant à son regard sur la Femme, le plaisir féminin est toujours suspect. Dans la Frise Beethoven  dont une partie est exposée en ce moment à la Pinacothèque Les femmes de Klimt sont généralement belles et hiératiques, les yeux baissés ou le regard ailleurs, ce sont les femmes vertueuses. La vertu est belle.Luxure, lubricité et démesure 1902 Klimt

 La luxure ose, elle, vous regarder dans les yeux bien sûr, la démesure est grotesquement laide, quant aux forces hostiles elles sont décharnées, agressives sexuellement aux visages un peu cadavériques et menacent l'homme

Les Forces hostiles Klimt 1902

Les femmes de la poursuite du bonheur sont soit extatiques à la manière d'une Thèrese du Bernin, soit sans expression avec une bouche qui est soit à demi-close comme un chaste baiser, soit pincée qui va jusqu'à l'absence totale de bouche ! version idéalisée de l'épouse vierge (belle et muette en idéal) et transcendée plus tard par sa maternité obligatoire. Et elles, sont habillées forcément.

La poursuite du bonheur 1902 KlimtKlimt resta célibataire et proche de ses frères et soeurs, il eut une relation amicalo-amoureuse avec la soeur de sa belle soeur Emilie Flöge qui dura jusqu'à sa mort, et un grand nombre de maîtresses de bonne famille ou pas, avec une flopée de jeunes femmes modèles autour de lui : 3 enfants naturels, l'un de Maria Ucicky, les 2 autres de Maria Zimmermann (une source en indique 3). Bon il paraîtrait qu'à sa succession, 14 enfants se prétendaient illégitimes. Réconcilions tout le monde, aucun ne fut cependant reconnu. Klimt si partisan de la sécession en matière d'art apparaît comme un homme du passé partageant les interrogations et les inquiétudes des hommes de son temps entre la fin d'un monde et le début d'un autre où les hommes ne savent pas trop se situer, et encore moins situer les femmes, alors soit ils la diabolisent, soit ils la cantonnent au rôle de mère. Et pourtant, Klimt si précieux et sophistiqué dans son art à la limite de l'art sacré qui frise avec un symbolisme coquinPortrait d'Adèle Bloch- Bauer 1907 détail Klimt presque féminin finalement même dans son érotisme poussé et son goût extrême pour le décoratif, drôle de fin de siècle qui libéra curieusement dans le monde artistique les moeurs, les amours lesbiennes surtout, fort à la mode; Klimt leur donna une grande place au grand dam de la bonne société, dans quel but exactement, voilà une autre ambiguïté je trouve. Bon ne cédons pas à la tentation réductrice de ne limiter Klimt qu'à ce peintre du rutilant obsédé par le sexe féminin, il était un excellent dessinateur et coloriste, un excellent peintre en somme Tête d'homme allongé Klimt 1886-1888

mais ... Bien, l'on sent je vous l'accorde un petit parti-pris de ma part, il y a un petit quelque chose qui me dérange chez Klimt. Bon  allez juger vous même si le coeur vous en dit, Klimt est rare chez nous quand même, allez voir l'exposition de la Pinacothèque intitulée 'Au temps de Klimt, la Sécession de Vienne' où vous trouverez également la célèbre Judith sur laquelle je reviendrai dans un autre message, et vous y trouverez peut être une pépite, moi ce fut Egon Schiele avec deux tableaux seulement exposés. Et j'y reviendrai sur ce Schiele beaucoup plus complexe que Klimt, quoique à la reflexion, ce n'est pas si sûr. A vous revoir donc monsieur Klimt.  

Pommier Klimt 1912

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19 novembre 2013

Erin Lawlor

Erin lawlor 2010

Erin Lawlor 2012

Evoquée par Abdelwahab Meddeb sur France Culture, alors qu'il recevait Najia Mehadji, entendu le rapprochement fait entre la peinture de cette dernière citée avec Erin Lawlor. Et moi, superbe ignorante, ai voulu en savoir un peu plus sur cette peintre Erin Lawlor .. on ne peut tout connaître, hélàs, une vie même bien remplie n'y suffirait pas, alors chercher par tous les moyens des bribes de savoir entendues, vues ou lues, et surtout s'en souvenir ! Pas de tri intellectuel ou réfléchi chez moi, uniquement l'instinct que cela me plaît, alors le garder en mémoire. Ce blog m'y aide un peu.

Erin Lawlor est née en Angleterre en 1969. Vit et travaille en France depuis 1987.

Elle utilise des brosses larges, joue avec les ombres et les couleurs.

Son site : http://erinlawlor.com/

'Une ouverture vers les hasards/accidents qui s'opèrent sur la toile, l'instant qu'on laisse survivre'

Citation d'Erin Lawlor. 

L'instant qu'on laisse survivre, voilà qui me plaît bien.

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12 novembre 2013

Najia Mehadji

Drapé Najia Mehadji

Née en 1950 à Paris, peintre franco-marocaine.

Calligraphie, drapés, volutes, fleurs, inspirée par sa double culture.

Fleur de grenade 2003 Najia Mehadji

Pinceaux chinois, sticks, craies à l'huile, acryliques, encres, fusains, gouaches, aquarelles, graphite

Mouvements des derviches tourneurs, tracés amples sur fonds monochromes

Danse mystique Najia Mehadji
Langeac

Papier, toile brute, toile ....

Eros et Thanatos 2009 Najia Mehadji

en vrac, en bric-à-brac, en fourbi, en bazar, en n'importe quoi ... en grosfouillis quoi, quelques toiles  pour me faire une idée du travail de l'artiste, car, une écoute de France Culture, c'est bien, mais voir son travail est mieux, même si le ressenti lors de la visite d'une exposition manque terriblement.

 site de l'Artiste : http://www.najia-mehadji.com/

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26 mai 2013

Marie Laurencin

Marie Laurencin 1883-1956 commence comme Renoir à peindre des porcelaines à la manufacture de Sèvres  de 1901 à 1903, elle se diversifie dans son style, se cherche, mais a trouvé son thème favori ' les jeunes filles'. Elle aime déjà les chats et les visages féminins. Elle peaufine son dessin en suivant l'Ecole de Dessins de la ville de Paris, puis suivra les cours de l'Académie Humbert. M-Laurencin AutoportraitElle commence son apprentissage de peinture à l'huile, classiquement au début, puis tour à tour, cubiste mais du bout des ongles,Le Pont de Passy 1912l

 à la manière d'un Rousseau mais laurenciséApollinaire et ses amis

un peu orientalisée en autoportraitM-Laurencin détail puis avec une prédilection pour les teintes doucesMédaillon pour la Maison Cubiste. Du fauvisme elle retiendra la liberté d'appliquer ses propres couleurs qui seront toujours son style même si sa palette s'élargira au cours de sa vie, couleurs un peu délavées à la térébenthine. Elle qui a trouvé un style reconnaissable à la manière des grands qu'on reconnaît sans se tromper, elle fera du Laurencin jusqu'au bout : Des yeux noirs, impénétrables, des nez à peine esquissés ou carrément absents et des bouches petites charnues et rosesCollection Combe... elles ressemblent souvent à Marie, ces jeunes femmes, petites soeurs fidèles, éthérées aux visages lisses, blancs et assez inexpressifs de geishas qui l'accompagneront tout au long de sa vie.La Danse - détail

  Marie Laurencin aura beaucoup d'amis, d'amants, d'amantes, des célèbres un peu pygmalions mais surtout tremplins comme Henri-Pierre Roché, Guillaume Apollinaire, des amantes comme Nicole Groult ou Yvonne Crotti, 1 mari allemand qui la contraindra à s'exiler durant la guerre de 14-18 en Espagne, mari dont elle divorcera en 21, en Espagne elle rencontre Rivera, les Delaunay, Kisling, Picabia qui la distrairont de ce triste exil. Braque lui a donné confiance en elle, Apollinaire l'introduira au Bateau Lavoir, elle y rencontrera Picasso, Max Jacob, le douanier Rousseau, Gertrude Stein, Villon, Derain, Matisse, Blaise Cendrars, Reverdy, André Salmon, Francis Carco etc ...  Après son divorce elle deviendra  une portraitiste fort demandée par les gens du Monde, hommes et femmesMadame André Groult née Nicole Poiret - détailCocteau 1921

La baronne Napoléon Gourgaud au manteau rose 1923

ce sont les années folles y compris pour Marie adulée qui dessinera des costumes de scènes, des décors  de ballets;  ses biches, ses fleurs, ses chiens, ses longues femmes trouveront leur place, opportuniste Marie ? sans aucun doute, elle devait avoir un sacré charme persuasif : Elle restera libre de toutes influences, prenant ce qu'elle veut, et laissant le reste. Elle fera du Laurencin, un point c'est tout. De tempérament mélancolique qu'elle cachera sous une espièglerie mutine, elle peindra son idéal féminin qu'elle choisira commeFemme à la guitare - détail

modèle, presque toujours, fin, aérien, de couleur tendre, les yeux souvent noirs où une légère mélancolie régnera aérienne elle aussi !! Les années de crise de 30  jusqu'à l'apojée de la seconde guerre mondiale feront paraître la peinture de Marie d'abord démodée et surtout en décalage avec l'actualité, elle se révélera un brin pro allemande et antisémite, vouera un culte au maréchal Pétain et continuera d'être mondaine durant l'occupation allemande, où elle peindra portraits et fleurs, optant pour son monde à elle idéalisé, celui qui lui permettra de supporter les années de la guerre. En 1943 son appartement est réquisitionné pour loger un pro du marché noir, elle commence alors à réaliser que la guerre n'est pas si jolie ! et quand Max Jacob  est emprisonné et meurt d'une pneumonie, elle est atterrée et tombe loudement dans la réalité des horreurs de la guerre, rejetée, alors, son indifférente bienveillance vis à vis des allemands; un peu inconséquente, Marie, parfois ou bien trop dans sa tour d'ivoire où tout n'est que rose, gris ou bleu.La Répétition 1936

Le Cheval noir ou la Promenade

Trois jeunes femmes - détail

A la fin de la guerre, Marie n'échappe pas à l'épuration, et séjournera au camp de Drancy une semaine, elle n'oubliera pas bien sûr cette semaine, et sa souffrance ancienne longtemps maintenue en laisse, va désormais prendre le dessus, elle va devenir sauvage, s'isoler un peu du monde, peindra encore, mais peu, 70 toiles durant les 11 dernières années de sa vie, du Laurencin un peu édulcoré. Sa peinture est fort appréciée des japonais un musée entier lui est consacré au Japon.  Peu d'aquarelles dans cette exposition, des huiles sur panneau, toile, bois, carton, environ 1400 qu'elle peignit  contre environ 1800 huiles. La peinture de Marie Laurencin, femme particulière, est entrée dans l'Histoire, une époque, une atmosphère. Marie, tu as résisté au temps, que l'on n'aime ou pas, tes tableaux font partie de l'Histoire.La Femme-Cheval

M-Laurencin Détail

laurencin_1916_nu_au_miroir

Mon portrait 1924

Collection Combe 2Sources :

Marie Laurencin de Flora Groult

Marie Laurencin de Bertrand Meyer-Stabley 

Commentaires Musée Marmottan où exposition jusqu'au 30 Juin 2013.

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22 novembre 2012

Mary Cassatt

Madeleine Lemaire 1845-1928, Louise Abbéma 1853-1927 ont étudié chez Charles Chaplin, Jean Jacques Henner, Carolus-Duran. Blanche Odin 1865-1957 sera une des élèves de Madeleine;  Femmes-peintres fort académiques (par nécessité) des fleurs, des femmes et des enfants, puisque rien d'autre ne leur était permis, puisque les écoles d'art leur étaient interdites. Rosa Bonheur 1822-1899, elle, choisit la peinture animalière et a ainsi une place à part, socialement d'abord, semblable à G Sand, elle aura l'autorisation de porter un pantalon, affichera son goût pour les femmes sans que cela pose trop de problème, elle bénéficiera donc d'un statut à part, comme G. Sand, comme quoi le port du pantalon était subversif !!!!  Un point commun pour toutes ces femmes, elles se rallient à l'ambiance très misogyne de l'époque, ce ne sont ni des suffragettes, ni des militantes, mais elles participent quand même, indirectement, au féminisme naissant, grâce à leur réussite sociale qui permettra aux féministes de mettre en avant le talent des femmes. Le trio Berthe Morisot 1841-1895, Eva Gonzales 1849-1883, et Mary Cassatt 1844-1926 associé au groupe des impressionnistes, fit entrer les femmes véritablement dans l'histoire de la peinture. Il restait encore un pas à franchir en ce qui concerne les thèmes, mais elles ont montré que les femmes bourgeoises étaient capables de sortir de l'académisme convenu, du carcan épouse-mère dans lesquels la société du  XIX siècle les avait emprisonnées. Mary Cassatt 1844-1926

 

 

Mary Cassatt se dégage de ce trio qui deviendra duo, à la mort précoce d'Eva Gonzalès. Mais tout comme Berthe Morisot se distinguera du lot par sa modernité, Mary Cassatt se distinguera, elle, par sa singularité. Américaine, elle séjourne en France dés l'âge de 6 ans, de 1850 à 1855, date de la mort de son frère soigné à Paris. A l'âge de 16 ans en 1860, elle étudie à l'académie des Beaux Arts de Philadephie. 6 ans plus tard, elle revient à Paris où elle sera l'élève de Charles Chaplin, puis de Gérôme. Elle est libre Mary, la vie convenue d'une bourgeoise mariée ne l'intéresse pas, elle changera plusieurs fois de maîtres( Frère, Soyer, Couture, Bellay, Raimondi) voyageuse elle se rendra à Rome, à Parme, à Madrid, Séville, avec des retours aux USA. En 1877, elle rencontre Degas, Pissarro, Berthe Morisot avec lesquels elle sympathise. Lorsque Degas lui demande de participer à son projet de revue (qui ne se réalisera pas) consacré à la gravure avec Pissarro et Félix Bracquemond, Mary Cassatt se met alors à la gravure, aux dessins, eaux fortes, contre-épreuves. Célibataire, par choix semble t'il, elle peindra aussi pour vivre, des portraits, des commandes, comme 2 copies de Courrège pour la cathédrale de Pittsburgh. Ses oeuvres se vendront bien et lui assureront de confortables revenus. Elle achètera le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus, où elle travaillera avec acharnement, les siens morts, libre, seule mais célèbre. ....

c'est donc ce que nous propose en ce moment le Mona Bismark American Center à Paris. Ambroise Vollard, marchand d'art, acquit  un grand nombre de ses dessins et gravures, et les conserva jusqu' à sa mort. Ce sont ces 67 dessins et gravures que l'on nous présente. 

Pointe-sèche

Céleste et Marjorie vers 1898 pointe sèche

détail

détail Margot appuyée contre sa mère vers 1902 pointe-sèche

Le Thé détail vers 1890

La Leçon 1890 Pointe sèche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pointe sèche, vernis mou, aquatinte en couleurs

Bain d'enfant 1890-1891 pointe sèche, vernis mou et aquatinte

Enfant nu détail

Jeune femme essayant une robe 1890-1891 pointe sèche et aquatinte

Contre- épreuve de pastel : Reproduction inversée obtenue en appliquant le pastel contre 1 feuille de papier japonais humide avant de le passer sous presse.

 

Sara souriant portant un grand chapeau et tenant son chien 1901

Simone assise sur l'herbe près de sa mère 1902-1904

 

 

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16 novembre 2012

Blonde - Joyce Carol Oates

Joyce Carol Oates 1938

blonde

D'emblée, quelque chose me gêne : l'auteure signale que ce n'est pas dans Blonde qu'il faut rechercher des faits biographiques concernant Marylin Monroe, mais précise que les faits relatés s'inspirent des faits de la vie de l'artiste même si ils sont fictifs. On peut donc dire qu'il s'agit d'un roman puisque l'imagination de l'auteure a produit des faits similaires mais non vécus par l'artiste. ' La synecdoque' en est le principe écrit-elle en préface. Allégorie, comparaison, symbole, périphrase, métaphore, métonymie, synecdoque sont tous des tropes et un trope c'est :  

Un trope (substantif masculin), du grec τρόπος, tropos (« tour »), est une figure de style ou ou figure de rhétorique, de signification destinée à embellir un texte ou à le rendre plus vivant qui consiste à employer un mot ou une expression dans un sens détourné de son sens propre (exemple : voiles pour vaisseaux).

Donc ce roman est fictif, seuls les personnages ont vécu réellement, les situations sont inspirées librement de la vie de ces dits personnages. Vouis !!! dans la mémoire collective, ce roman restera quand même une des vies de Maryline Monroe, avec des pensées intimes qui n'appartiennent  qu'à l'imagination de Joyce Carol Oates .. il y a je trouve un peu d'usurpation d'identité là dedans, et mon goût maladif pour l'authenticité en est chagriné !!! et pour moi, ce livre n'est pas un roman mais une  pseudo biographie déguisée, erronée et essentiellement exploitable.

Marylin Monroe est une légende qui appartient à tout le monde, Norma Jane Baker n'appartient qu'à elle même, et il n'est pas sûr qu'elle aurait aimé l'exploitation de son identité privée, car indéniablement il y a derrière le mythe qui perdure une exploitation commerciale énorme. Le reste, ses fans, ceux qui l'aiment pour toutes les raisons du monde, appartient à la légende, ce qui est différent. Question de vocabulaire ? non question de comportement, question d'éthique. 

L'auteure décortique la vie de l'héroïne depuis la prime enfance, avec une mère psychotique et traumatisante, puis la vie difficile dans un foyer, puis le placement dans une famille d'accueil, et enfin le premier mariage à 16 ans ... l'absence de père lui fera chercher à travers tout homme un père pour la protéger, mais pas que père puisque la sensualité débordante, parfois inconsciente de l'héroïne naïve, belle, photogénique, déterminera son rapport aux hommes. Puis, début dans le monde de la photographie et cinématographique de l'époque qui passe obligatoirement par le sexe. L'héroïne naïve et immature confond le sexe avec l'amour. L'héroïne n'a aucune confiance en elle, bégaie, mais dés que son partenaire masculin entre par un baiser, une caresse, dans son monde, elle l'identifie à l'un de ses fantômes masculins issus de son enfance : elle peut alors devenir actrice, toute peur annihilée, elle est devenue personnage de cinéma, elle qui n'existe pas vraiment . Seulement voilà, il lui faut passer toujours par un sexe d'homme à cette héroïne pour exister, et elle recherchera vainement un homme qui arrive à l'aimer .... il lui en faudra des hommes ... et tout ça, pour ne jamais rien comprendre à rien ...à la page 631, je feuillete les autres pages, mais voilà, le fait est là : ce livre m'ennuie profondément, et je ne le finirai pas, cela m'est impossible, ce qui est rarissime chez moi ... 1110 pages, c'est énorme, trop, pour raconter une vie de femme morte à 36 ans où l'on parle presque exclusivement de ses rapports aux hommes, où l'auteure se livre parfois à des exercices de style sans intérêt, où l'auteure, se met trop à la place de l'héroïne et nous livre ses confidences intimes. 

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11 novembre 2012

Jayne Mansfield 1967 - Simon Liberati

Simon Liberati 1960 journaliste, écrivain.

Simon Liberati

Singulier, ce livre, basé sur la mort accidentelle et médiatique en 1967 d'une actrice blonde américaine extrêmement controversée et qui bien que célèbre en son temps par sa plastie et ses extravagances tombera un jour dans l'oubli, si ce n'est déjà fait d'ailleurs. Cette femme restera pourtant le symbole d'un moment de l'histoire du cinéma hollywoodien, un des symboles d'une certaine génération ravagée par le LSD, qui causa des drames sanglants chez les stars de l'époque, comme chez les quidams. Liberati, au début de son roman semble se complaire dans un voyeurisme froid, clinique, factuel; un rapport d'autopsie, et d'expert en accidentologie en somme, assez ennuyeux, mais, il réussit à nous faire entrer par un détail qui m'avait frappée, une précision anodine : Jayne Mansfield n'a pas été décapitée, mais son visage a été déchiqueté, Libérati ,donc, réussit à nous faire entrer, à notre esprit défendant, dans ce rôle de voyeur, rôle que je déteste particulièrement, mais son but n'est pas que de nous amener là, il dépasse ce stade pour aller à la rencontre d'une destinée pas banale et peu enviable, celle d'une movie star, symbole de l'Hollywood des blondes platines, aux formes voluptueuses, lancée par la Fox contre sa rivale Marilyn Monroe, star déchue à 34 ans, avant même la consécration, Jayne Mansfield jouerait la victime expiatoire de la seconde chasse aux sorcières, celle des stars populaires, par les tenants d'une Amérique culturelle, inspirée du modèle européen. Mais, ce n'est pas que la mort d'un système que Jayne symbolise, car elle n'y avait plus sa place de vamp blonde formatée, c'est aussi un des symboles de cette contre-culture qu'était le psychédélisme et Jayne s'y perdra. Elle était devenue à partir de 1962, une sorte d'attraction foraine, rose et blonde à forte poitrine, Une de ces femmes qui, ayant fini d'être belles, deviennent des monstres dans l'espoir d'entretenir l'attention. De sa rencontre avec LaVey (fondateur de l'église de Satan), elle espéra y trouver, nous dit-on, une gloire éternelle, Liberati choisit d'y voir le début d'une sorte de pacte-malédiction avec le Diable. Nul doute de toutes façons que Jayne Mansfield  avait choisi, depuis le début de sa courte carrière, une des pires façons de descendre aux enfers, dont il est difficile de remonter. Le destin décida d'abréger ses souffrances. Et au final, j'en arrive à penser que cette femme qui a voulu se forger un destin, avec un acharnement névrotique, a réussi son but, même si c'est au détriment de ce qui aurait pu être une autre vie. Et pourtant Vera Jayne Parler 1933-1967, devenue par ses soins Jayne Mansfield avait dans son jeu des atouts certains, la beauté, l'intelligence ... mais le destin et elle même en avaient destiné autrement. Et, pour moi, voilà le thème essentiel du livre : Est on toujours maître de son destin, ou en sommes nous, souvent, le jouet ? 

'Malgré son alcoolisme et ses excès, Jayne Mansfield, élevée sévèrement par une mère institutrice presbytérienne, appliquait une main sérieuse à ce qui comptait le plus à ses yeux : les minutes d'un destin machiné par elle même.'  

Ce point de vue, car il ne s'agit que d'un point de vue, est intéressant, et dans mon histoire personnelle fort agréable à lire, puis à intégrer !!!! 

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04 août 2012

Souvenirs retrouvés de Kiki de Montparnasse

Kiki Souvenirs retrouvés

C'est son dernier amour  André Laroque qui lui dactylographie ses souvenirs. C'est le second livre de Kiki, le premier alors qu'elle a 28 ans est interdit par la censure américaine qui le saisit. Neuf ans plus tard, elle en écrit un second qui ne sera pas édité, la guerre l'en empêchant. Il dormira dans des cartons plus d'un demi-siècle et ne sera édité qu'en 2005 par José Corti.

C'était une reine, Kiki, une de Montparnasse. Une de la trempe de Misia, mais version populaire, sans le pouvoir que donne l'argent. Née en 1901 en Bourgogne, non reconnue par son père, elle connut une enfance miséreuse, eut une éducation restreinte, et travailla à l'âge de 13 ans. Pour échapper aux petits métiers difficiles, Alice Prin, dite Kiki,  posa des nus pour des peintres qui en échange la nourrissaient. Un soir d'hiver elle rencontra Soutine qui l'herberga pour la nuit, elle fréquenta La Rotonde, y cotoya Utrillo, Modigliani, Kisling, elle s'amusait déjà à esquisser quelques dessins, qu'elle échangeait contre 10 sous.

 Elle posa pour Kisling (1891-1953), pour Foujita, Man Ray, elle eut beaucoup d'amants, c' était une amoureuse,  Alice, l'argent n'était pas son moteur, elle fréquenta les surréalistes Desnos, Aragon, Prévert et d'ManRayautres avec lesKiki souritquels elle se mit en froid, elle, la gouailleuse n'ayant pas la langue dans sa poche, et venue du ruisseau. Elle chanta dans des cabarets, l'Océanie, le Boeuf sur le toit où passèrent au piano Wiener, Doucet, Aiwaz, où se produisirent les chanteuses Marianne Oswald, Yvonne Gorges, Frehel et Kiki.

 Elle exposa ses  petites peinturesAlice Prin dite KIKI 1926

chez Bernheim, chanta au concert Mayol, enterra son amant, sa mère. A 33 ans et 80 kgs, elle posait encore pour Per Krogh ( peintre norvégien 1889 1965) , et puis elle s'adonna un temps  aux stupéfiants, enfin, elle ouvrit son propre cabaret. Elle mourut en 1953.   

Bien sûr, elle n'a pas  la fibre écrivain, Alice,  les mots ne la font pas vibrer, l'écriture est sobre, simple,  mais peu importe, ces mots là écrits par elle, perdus, retrouvés et enfin édités sont sans doute ce qu'elle désirait laisser à la postérité, une version minimale  de sa vie tumultueuse, folle et libertine,  pour couper court à tout commérage superflu.  Rien de très intime, rien de très croustillant,  Alice dite Kiki de Montparnasse est morte avec ses secrets,  elle demeure à jamais l'une des muses préférées de  Man Ray. Le Violon d'Ingres, c'est elle.  Pas mal comme souvenir Alice, pas mal !  

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28 juillet 2012

Joana Vasconcelos à Versailles

Née en 1971 à Paris, élevée à Lisbonne, de culture franco portugaise. Joana Vasconcelos a fait ses études au Centre d'art et de communication visuelle de Lisbonne.

De son origine, Joana a gardé le folklore un peu kitsch des petites pièces tricotées, en crochet, en dentelle, en laine .

De son imagination débordante, elle crée des oeuvres décalées, gigantesques, où l'humour transcende le quotidien, où le quotidien se magnifie. Dans son atelier de Lisbonne, 28 personnes ont travaillé pour l'exposition de Versailles, et son équipe compte 8 brodeuses. Joana Vasoncelos glane ses tissus lors de ses voyages.

Marilyn détail 4

Versailles 3

Détail Maryline 2011

Des casseroles en inox transformées par la fée Vasoncelos en escarpins

 

 

 

 

 

Un bijou porté en pendentif par les femmes du nord du Portugal le jour de leur mariage où fourchettes, cuillères, couteaux  s'emmêlent

Détail flou Joana Vasconcelos 2006

Versailles 2

Gardes 2012 Versailles

La dentelle délicate féminise un max le lion de marbre et le muselle. 

  

 

 

 

 

 

Versailles 5

Versailles 6

Au déjeuner, repas de rois, heu ... de dauphins plutôt : langoustes   

  Et puis les Valkyries, de patchwork,  populaire de laine, feutre, maille, tissu industriel pour le peuple

Succession de Valkyries Galerie des Batailles

Versailles 8

Versailles 10

valkyrie trousseau détail 2

valkyrie trousseau détail 1

valkyrie trousseau détail 3

 

 

 

 

 

 

 

 

et patchwork royal  de taffetas, de soie, de mousseline, de perles, cousues d'or pour les reines emprisonnées dans les tentacules d'un protocole de cour .

Versailles 9détail Golden Valkyriedétail bis golden valkyriedétail 3 

Chambre de la Reine

 Ébène, acajou, laiton baigné à l'or avec postiches pour tête coupée. 

Joana Vasconcelos investit la chambre de la Reine, avec un humour

noir assez féroce : Marie Antoinette si futile entière, si utile martyrisée ...

  

     Joana Vasconcelos Parterre d'eau Versailles 

blue champagne détail

Versailles 12détail lilicoptèreChampagne pour une balade en lilicoptère ... Lilicoptère détail

Il y a une autre dimension dans l'oeuvre de Joana Vasconcelos, issue d'un art contemporain, populaire  et intellectualisé  à la fois : l'art gigantesque et décalé de cette artiste symbolise la réappropriation d'un haut lieu historique  par le peuple, très cosmopolite, dense, émerveillé ou blasé ( un peu dense à mon goût, à cette période, il est vrai) : une autre forme de révolution en douceur, en crochet et fil d'or ! 

Joana Vasconcelos, actuellement à Versailles jusqu'au 30 septembre 2012. 

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