26 décembre 2014

Gourlong en Haute Loire

 

Gourlong 2

Gourlond  à 500 m de Pont d'Alleyras en Haute-Loire, devient commanderie des Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem (Ordre de Malte) en 1163 sur la paroisse d'Alleyras grâce à Pierre de Mirmande qui fait don de son manse à Etienne Isnel Maître de l'Hôpital du Puy. Pierre de Mirmande entre dans l'Ordre en tant que Chevalier-Religieux avec l'assentiment de son épouse Guillaumette et de ses deux fils Odon et Etienne. Pierre de Mirmande s'illustrera en l'actuelle Syrie où il commandera le château du Krak des Chevaliers de 1193 à 1199. Bon revenons à Gourlong.

Gourlong 1

cette commanderie était constituée d'une chapelle dédiée à St Jean Baptiste, une maison dite du Commandeur, un enclos et un cimetière. Entre 1291 et 1304 Pons Baudasse est commandeur de Gourlong, en 1307 une reconnaissance est faite au profit de la commanderie par G. Chauchat d'une maison, d'un jardin et d'un pré avec pacte pour le dit Sieur de construire un moulin et de moudre au Commandeur et familiers de la maison de Gourlong sans aucun droit de moulure. La voie du Puy à Toulouse  passait à Montbonnet et à St Jean Lachalm, puis descendait vers Vabrettes pour arriver à Gourlong en traversant le bois de la Bourelle pour franchir l'Allier à l'actuel Pont d'Alleyras, et longer l'Allier jusqu'à Vabres pour se rendre ensuite à Sanis, Chambonnet et Croisances. D'autres passages de l'Allier sont mentionnés pour ce chemin à Rochefort et à St-Haon.

'Il existait en outre, en 1302, à "Pont de Vabres", un pont appelé, "Pont du mas de Gourlong" , dont l’origine passe pour être plus ancienne. Il fut détruit en 1589 par une crue mémorable et sera sans doute reconstruit, mais bien plus tard, puisqu’en 1642 l’abbé Aulagnier curé du Brignon, se rendant à Toulouse, empruntait un "bateau" pour traverser l’Allier.'  extrait du site www.memoiredehauteloire.com

 

Croix

Ce lieu de passage et la proximité du prieuré clunisien d'Alleyras justifiaient sans doute une commanderie qui hébergeait et soignait ceux qui empruntaient ce chemin. Au fil des années la situation de Gourlong dans une vallée peu accessible la fit peu à peu moins fréquentée. En 1723 on signale les ruines de la chapelle écroulée. A ce jour, subsiste une ruine délaissée, vestige de la Commanderie de Gourlong qui fut une étape importante entre 1160 et la fin de l'ancien régime, en bordure de route, édifice dont le lierre envahissant cache une croix de Malte.

Croix de Gourlong

 

 

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21 décembre 2014

L'ordre de Malte

C'est avant la première croisade (1096), aux environs de 1048, que des marchands du royaume de Naples obtinrent du calife d'Egypte Romensor de Moustesaph la permission de construire à Jérusalem un monastère desservi par des religieux de l'ordre de St Benoit venus d'Italie pour recevoir les pèlerins, puis les croisés. Ils créèrent un hôpital Le mystérieux Frère Gérard

Gérard de Martigues dit aussi Tenque ou Tunc nommé aussi Frère Gérard d'origine contreversée (amalfienne, provencale ou autre) en fut le premier chef. Après la prise de Jérusalem en 1099, Godefroy de Bouillon leur donna ainsi que d'autres seigneurs des terres en France. Gérard avec ses frères se sépara du monastère et créa une congrégation particulière sous la protection de St Jean Baptiste, ses membres prirent le nom d'Hospitaliers ou Frères de l'hôpital de St Jean Baptiste de Jérusalem. Son successeur Raymond du Puy Raymond du Puyfut le premier à prendre le titre de Grand Maître de l'Ordre à qui il donna une règle inspirée de celle de St Augustin. (pauvreté, chasteté, obéissance). Il proposa au roi de Jérusalem de s'unir à lui pour combattre les infidèles avec ses Hospitaliers. Ordre composé de 3 classes : Les nobles qui firent profession d'armes, les prêtres et chapelains qui s'occupèrent du service divin, et enfin les frères servants non nobles chargés de soigner et de combattre. Cet ordre reçut l'approbation du pape Innocent II en 1113. Du fait de l'avancée des Turcs en méditerranée, ils se retireront progressivement à Chypres, à Rhodes, enfin à Malte, ils ouvriront des établissements dans l'Europe entière. En 1834 l'Ordre de Malte s'installe à Rome toujours sous l'autorité du St Siège, ordre militaire et hospitalier, il prendra alors le nom d' Ordre souverain de St Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte. Sa vocation militaire se termine en 1798. A la base de la hiérarchie se trouvaient les commanderies rattachées aux grands prieurés qui eux relevaient des 8 langues (représentant les différentes nations qui composaient l'Ordre), langues définies en 1327 au chapître de Montpellier.

Croix_de_Malte

Le royaume de France se composait de 3 langues :  

La langue de Provence, la plus ancienne dans le prieuré de St Gilles le premier constitué en Occident dés le début du XII siècle (port d'embarquement des croisés pour la terre sainte), elle regroupe le prieuré de St Gilles, Toulouse, la Provence, le Comté de Nice, le bas Dauphiné, le Languedoc, le Roussillon, le Comté de Foix, la Gascogne, le Haut Béarn. 

La langue d'Auvergne recouvrait l'Auvergne, le Limousin, Les Marches, le Bourbonnais, le Lyonnais, la Basse Bourgogne, la Franche-Comté, la Savoie, le Haut Dauphiné, le Haut Languedoc dont le Vélay. Elle comprenait 56 commanderies.

La langue de France avec 3 grands prieurés, Paris, Poitiers, Voulaines à la tête de la Bretagne, Anjou, Saumurois, Poitou, Saintonge, Bas Berry, Tourraine, Maine, Normandie, Orléanais, Ile de France, Artois, Picardie, Flandre, Champagne, Sedan, Lorraine, Haute Bourgogne et Nivernais.

 En Vélay une première mention de l'Ordre Hospitalier est faite en 1153 où ils s'installèrent à l'Hôpital St Jean du Puy. Pour rappel, l'ordre des Templiers s'installa lui en 1170 à la maison templière St Barthélémy. Je dois avouer une certaine confusion dans mon esprit entre les localisations de la maison templière Saint Barthélémy et celles de la maison St Jean de la Chevalerie appartenant aux Hospitaliers, certes les biens des Templiers passèrent aux Hospitaliers en 1312, et l'église St Barthélemy devint possession des hospitaliers, mais je ne trouve aucune trace de l'Hôpital St Jean, à re-vérifier donc à la bibliothèque du Puy.

Sources Auguste Chassaing 1882

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18 décembre 2014

Le procès des Templiers

miniature du Maître de Virgile

Dans la nuit du 12 au 13 Octobre 1307, des hommes d'armes déboulèrent dans toutes les commanderies de France, pour arrêter sans résistance les Templiers surpris, beaucoup furent soumis à la torture et avouèrent tout ce que l'on voulut d'eux. A Paris, 25 chevaliers moururent lors des interrogations. 54 d'entre eux furent brûlés en Mai 1310 à Paris, 9 à Senlis. Le roi Philippe Le Bel obtint du pape Clément V qui résidait en Avignon la dissolution de l'ordre qui fut décidée au concile de Vienne en 1311. Le 18 Mars 1314, le grand maître des Templiers Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay maître de Normandie montaient sur le bûcher.

Les Templiers du Puy en Vélay plus chanceux réussirent à s'enfuir, on ne sait pas trop où. On pense que certains se réfugièrent dans des grottes, comme celles du Mont Jonas. Lieu qu'il me faudra découvrir.

Site_de_Jonas

Seuls 5 frères servants furent arrêtés, ils furent internés à Nîmes. 2 frères du Vélay furent emprisonnés à Aigues-Mortes, Bertand de la Seauve et Bernard de Siaugues (commandeur à St Gilles). Tous furent interrogés par Oudard de Maubuisson commissaire du Roi. Des 7, 5 eurent la vie sauve, et restèrent emprisonnés 5 ans. Bertrand de la Seauve et Marc Bonneteau seraient morts en captivité. Les trésors du prieuré du Puy furent confisqués, les bâtiments donnés aux Chevaliers Hospitaliers de St Jean. 

 

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15 décembre 2014

Les Templiers en Vélay

 Monastère des Templiers

Rive gauche du Dolaizon, à l'extérieur de la porte d'Avignon, une forteresse monastère, un pont-levis  sur un large fossé, une chapelle romane construite en pierres de Blavosy, un cimetière. Cette construction commandait une des plus importantes voies du midi jusqu'à Avignon. Ses habitants étaient chevaliers, au manteau blanc orné d'une croix rougeCroix des Templiers

 ils appartenaient à l'ordre du Temple. L'ordre fut fondé à la première croisade (1096-1099) à l'initiative d'Hugues de Payns, nommé milita christi dans un premier temps, milice du christ à la fonction militaire de protection des pèlerins, installée sur un emplacement de l'ancien temple de Salomon, ils prirent un peu plus tard le nom de Templiers. Cet ordre fut reconnu au concile de Troyes en 1128 et reçut une règle dictée par St Bernard. Milieu XII une partie de cet ordre s'installa en Occident, constituée de grands propriétaires terriens, comportant 15 000 chevaliers avec une multitudes de frères servants, ils possédaient des manoirs, forteresses dont celle de la Maison du Temple à Paris où le roi Philippe le Bel se réfugia lors d'une émeute. Le trésor royal fut conservé en cette maison de 1146 au début du règne de Philippe le Bel. Les templiers du Puy s'installèrent en leur forteresse-monastère Saint Barthélemy en 1170 avec une église du même nom.Monastère des Hospitaliers

Au bas de la hiérarchie, il y avait de simples commanderies, comme Chantoin, Gourlong, La Glutonie. Au dessus un prieuré dont dépendaient plusieurs commanderies. Plusieurs prieurés constituaient une province. Les provinces formaient une nation et l'ensemble des nations était placé sous le commandement du grand-maître des Templiers. Le monastère du Puy était un prieuré avec à sa tête un maître précepteur. Toutes les commanderies du Vélay relevaient de ce prieuré du Puy qui à son tour relevait du grand prieuré de Provence siégeant à Montpellier. Ils demeurèrent au Puy de 1170 à 1311. Ils étaient fort riches, beaucoup de seigneurs leur faisaient des donations, Pons de Polignac leur fit don du mas de Chantoin ( 4km de Bains), Armand Portefaix donna sa part de la forêt de Mirmande, Jacques Chazeaux ses droits sur le mas de Chazeaux ... certains seigneurs qui désiraient se faire enterrer dans leur cimetière firent des dons d'argent, d'autres itou pour racheter leuTempliers du Puyr faute, les biens des templiers devinrent si considérables qu'on les évalua 3 fois plus importants que ceux des Chevaliers hospitaliers de St Jean de Jérusalem, autre ordre né à peu près à la même époque plus connu sous le nom d'Ordre de Malte. Entre Saint Jean Lachalm et au delà de Bains, beaucoup de terres leur appartenaient et l'on trouve plusieurs commanderies à Seneujols, Chantoin, Belvezet, La Glutonie, Rossignol. L'immense richesse des templiers, leur pouvoir grandissant suscita l'envie de certains, le vif agacement royal, leur principale raison d'être, défense des lieux saints tomba avec la chute de St Jean d'Acre dernière forteresse de la Chrétienté en 1291. En Septembre 1307 un guet-apens fut fomenté par Guillaume de Nogaret, garde du sceau, sous Philippe Le Bel pour aboutir à la dissolution (après arrestations et procès des Templiers) de l'ordre en 1311. La couronne se servit largement, le reste des biens, notamment les commanderies et prieuré furent donnés aux Chevaliers Hospitaliers de St Jean 

Sources : Les Carmes et les Templiers du Puy - Albert Chaurand 1944 --Cartulaire des Templiers du Puy en Velay - Augustin Chassaing 1882 

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09 décembre 2014

Château de Mercoeur commune de St Privat d'Allier 43

Château de Mercoeur St P d'Allier

A 1000 m d'altitude, au nord de Saint Privat d'Allier, un château fort qui appartenait à une branche de la puissante famille des Mercoeur, lignage qui apparaît comme les Bourbon à la même époque, lignage plus riche que les dits Bourbon mais qui sera moins prestigieux dans son devenir. La famille de Mercoeur originelle s'éteindra en 1321 avec la mort du dernier héritier sans descendance Beraud X. Les biens des Mercoeur passeront au petit fils d'Alixent de Mercoeur sa tante et de son troisième époux Robert III de Clermont. Cette Alixent même, Dame de St Privat d'Allier  qui se fera construire le château de Mercoeur par son père Béraud VII de Mercoeur sur les ruines d'un château construit au XI siècle.Château de Mercoeur

L'héritier prendra le nom de Beraud Ier dauphin d'Auvergne, Comte de Clermont, sire de Mercoeur. Le nom de Mercoeur apparaît pour la première fois en 911 dans une donation faite au chapitre de Brioude émanant d'Ithier II de Mercoeur, nom que l'on peut rapprocher d'un Itier (sans h) installé par Charlemagne en Auvergne en 778, mais aucun document ne le confirme. Bon je reconnais que cela donne un peu mal à la tête, ces histoires de famille; selon les auteurs, il peut y avoir des différences. Le fils d'Ithier II,  Béraud I dit Le Grand (939-980, mais les dates divergent) eut ribambelle d'enfants dont Saint Odilon abbé de Cluny né vers 962 à Saint Cirgues en Haute Loire; on retrouve en ce lieu un premier château à un Mercoeur situé à 14 km de Brioude en Haute Loire, ainsi qu'un second château construit dans le puy de Dôme en Ardes à 30 km de Brioude, démoli sous le règne de Louis XIII dont il ne reste qu'un pan de mur nommé le doigt de Mercoeur. Les terres des Mercoeur étaient alors entre Brivadois et Cantal.Mercoeur 3

Revenons au château du Mercoeur près de Saint Privat d'Allier, qui était alors possession comme les châteaux de Saint Didier d'Allier et de Rochegude d'une branche de la famille de Mercoeur : Alixent de Mercoeur 1245-1286 qui épousa en premières noces Pons de Montlaur en 1257 fit construire cette forteresse, qui permettait d'avoir vue sur Saint Privat et sur St Didier. Lorsque la branche Mercoeur s'éteignit en 1321, les Montlaur en devinrent les seigneurs puis cédèrent en 1390  le château de Mercoeur aux Du Saunier qui conservèrent le château jusqu'en 1764 où par alliance, le propriétaire fut Jean Martin de Matussières. Le château brûla lors de la guerre de Cent Ans, fut fortifié en 1439, puis en 1764, un petit corps de logis de style Louis XVI fut construit, arrêté par la révolution. En 1846 une descendante épousa le comte de Miramon Fargues.

Mercoeur

Depuis 1914, le château n'est plus habité, le logement ancien s'effondre, restent les tours en ruine et le bâtiment du XVIII.

Sources : Châteaux de Haute-Loire - Edition Watel, Histoire de l'Auvergne des origines à nos jours - Pierre Charbonnier, Internet.

 

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06 octobre 2014

Le rocher Corneille et sa Dame de fonte - Le Puy en Vélay

Gravure d'Etienne Martellange Le PUY 1607

On nommait alors le rocher Corneille le mont Anis, on nommait alors Le Puy en Vélay, Anicium. Le nom Podium est également mentionné. C'était au temps des romains qui envahirent la Gaule en 57 avant JC, les vellaves virent donc les romains construire un temple sur leur ancien lieu de culte druidique, les historiens ne sont pas d'accord sur le sujet, je ne transmets (mal) qu'une version et pas forcément la vraie ! donc un sanctuaire aurait célébré un culte impérial (Auguste mort en 14) associé à une divinité locale Adidon dérivée d'Apollon. Lire à ce sujet le site suivant : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1996_num_74_1_4100 

Au IIIè siècle, une matrone gallo romaine aurait été guérie des fièvres par la Vierge qui lui aurait demandé de s'allonger sur un ancien dolmen que l'on nomme depuis Pierre des fièvres. Je vous préviens, cela ne marche pas pour tout, cette histoire de guérison !!!été 2010

la Vierge exprima alors son souhait de voir ériger une église sur le mont Anis. Entre 415 et 430 ce sera fait. Le Puy devient évêché en 593. En 950 l'évêque Godescalc est le premier pèlerin du chemin de Saint Jacques, les pèlerins suivront en nombre, le Puy deviendra un lieu protégé par les papes et les rois. De nombreux conciles seront tenus. La cathédrale actuelle sera construite fin XI - XII siècle. Le culte marial prendra de plus en plus d'importance.

Le rocher Corneille qui est sur le mont Anis est un neck, une ancienne cheminée volcanique haute de 130 mètres. Il y aurait eu sur ce roc une petite tour de guet qui protégeait la ville, d'où l'on donnait l'alerte en sonnant du cor, Corneille serait dérivé du mot cornille (sonner du cor en vieux français).le puyLe Puy en Velay gravure de Meunier   C'est en 1850 que germa l'idée de rendre honneur à la Vierge en construisant une statue monumentale sur le roc Corneille.Virgin 10

En 1853 un concours réunit 53 artistes et c'est la maquette de Jean Marie Bonnassieux qui fut retenue. Une souscription nationale fut lancée, insuffisante, on y remédia en fondant les 213 canons russes que l'armée française sous les ordres du général Pelissier s'empara lors du siège de Sébastopol durant la guerre de Crimée sous Napoléon III.

vierge3

Elle mesure 16 mètres, 22 mètres avec le piédestal.

Belle plante, cette Dame là, une chevelure de 7 mètresVIRGIN2

 un pied d'un mètre 90, une main de 1 mètre 56

Vierge

 elle pèse 110 tonnes.

VIRGIN'Vierge belle, de soleil vêtue et couronnée d'étoiles'

Attribué à Pétrarque.

Les photos sont faites par Oriane L.

Je l'en remercie.

 

    

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02 octobre 2014

Les falaises de BLOT en Haute Loire

Blot 2

Elle me ressemble un peu cette femme, brune, de type protomagdalénien ou gravettien final  une des phases du paléolithique supérieur,  vers 20 000 ans avant JC, le teint foncé, sensiblement de ma taille, musclée, surprise autant que moi, faut dire que sa robe en peau de bête (de loup et de renard) jure avec ma tenue de marcheuse, faut dire que son silex (pointe de la gravette)pointe-gravettien

jure aussi avec mon bâton de marche, faut dire aussi que son charabia un peu guttural (langue préhistorique) ne trouve pas d'écho en ma langue pourtant simplifiée 'vous d'ici ?' Cela a pour effet quand même de la faire rire, un rire particulier où elle se trémousse faisant cliqueter ses pendeloques en ivoire. Après un échange amical de nos armes respectives, elle m'emmène au pied de la falaise impressionnante (Falaise du Blot commune de Cerzat en Haute Loire) 30m de hauteur sur 300m de long, une vaste falaise basaltique qui domine l'BlotAllier à une centaine de mètres de là, où un abri sous roche fermé par des branchages offre un habitat inattendu. Plusieurs huttes d'où sortent des enfants, et des êtres vêtus comme ma brune préhistorique. Il fait nettement plus froid, tout à coup, et mon gilet semble bien ridicule face aux peaux de bêtes qui tapissent les huttes. Des burins, perçoirs, becs, racloirs jonchent le sol, des microgravettes sont nettoyées par des chasseurs. Les femmes font cuire du poisson et des légumineuses. Des chiens viennent me renifler. Je suis conviée à leur repas.

-José, tu rêves ?

Heu, oui, c'est bizarre, il y avait là du monde, un petit clan d'hommes et de femmes, et il n'y a plus rien, que des tôles ... qui protègent le site archéologique.Pressoir à raisin

Et venus à pied de Saint Ilpize à travers des sentiers mal entretenus ou disparus dans les champs, nous quittons le site pour retourner d'où nous venons, nous admirons au passage un pressoir dans un petit village Josan. 

 Balade de 9km non balisée à travers champs parfois, agréable nonobstant quelques montées difficiles au soleil brûlant ! 

Balade des Falaises du Blot

La culture protomagdalénienne est connue en France dans le Sud-Ouest. L'isolement géographique du site du Blot demeure une énigme. Ce site fut découvert par un agriculteur en 1934. 

Blot

  

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25 septembre 2014

Les grottes de Couteaux en Haute Loire

Couteaux 7

Une balade au Moyen Age, loin des fêtes médiévales que la région nous offre généreusement, une balade qui fait appel à notre imagination. Près de Lantriac dans le massif du Meygal, toujours en Vélay a 20 km du Puy. Un ancien village troglodyte creusé au Moyen Age. Balade de 6km sans difficulté qui nous fait passer par l'ancienne ligne ferrovière inachevée qui devait relier Clermont à Nîmes  et nous donne une vue sur les monts du Meygal.

Cette époque fut une période faste pour ce type d'habitat, pour divers raisons :

- économie évidente de matériaux de construction

- protection naturelle envers des assaillants possibles

- lieu abrité des vents et du froid, exposition au sud.

Le site de Couteaux fut choisi en fonction de la roche tendre déposée lors d'une première éruption de type maar, une seconde explosion de type strombolien a fait couler de la lave basaltique beaucoup plus dure que la roche tendre et qui constitue le plateau de la champ haute.Couteaux 2

Voilà pour la construction, il suffira de creuser à l'aide de pics en pierre ou métalliques. Le village est linéaire mais comporte des étages.Couteaux 1

La première partie se constitue de petits habitats qui avaient une petite cour, la seconde partie concerne le collectif : une forgecouteaux 4

une ferme et un lieu de culte

Couteaux 3

La troisième partie est interdite au public par risque d'effondrement, on suppose qu'elle aurait servi de logements pour les desservants.

Couteaux 5

Bien entendu, il faut imaginer des portes, des palissades en bois qui ferment ces cavités, des coffres, des lits garnis de paillasse, et des fourrures ou tentures si possible

Couteaux 8

A noter qu'une circulation d'air interne permettait aux humains de bénéficier de la chaleur des bêtes. Le soleil hivernal pénétrait dans la cavité, chauffait les roches qui diffusaient lentement de la chaleur la nuit. Et le soleil estival plus haut ne pénétrait pas dans les grottes où la fraicheur se préservait.

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23 septembre 2014

Les Chibottes de Vals le Puy

Chibotte

On ne va pas chipoter sur le terme de chibotte, encore que j'y prendrais un plaisir notable !! on va se limiter à ce que Dame Wikipédia indique, suivis ou précédés je n'en sais rien, des guides concernant la Haute Loire .. donc chibotte viendrait du terme vellave tsibota ou tsabota, ou même encore tsabana ou tsabone qui signifie en vellave cabane, et pour compliquer un peu plus, on ajoute que le terme chibotte viendrait de chabatta, terme médiéval qui signifierait une masure, terme employé par Albert Boudon-Lashermes 1882-1967 , poète, auteur de nombreux livres sur le Vélay qui donc aurait popularisé ces tsabones en chibottes. Bref ce sont des petites constructions en pierres sèches vraisemblablement utilisées dans les vignessommet

 comme petit abri fort rudimentaire et utilisé occasionnellement, d'autres attribuent l'origine de ces constructions aux Ligures qui se seraient aventurés jusque dans le massif central...

Quoiqu'il en soit, ces chibottes là sont situées dans le vallon du Crouzas à 3 km de la mairie de Vals le Puy sur un côteau de la vallée du Dolaison entre Vals Le Puy et St Christophe sur Dolaison.Chibotte 2

Vue sur Vals

Plusieurs départs soit de la mairie de Vals, soit du parking sur la route entre Vals et St Christophe signalé par un panneau, et selon l'endroit, selon les éventuelles méprises sur les directions, vous pourrez marcher de 2 à 8 km voire un peu plus ... une quinzaine de chibottes, dont certaines privées, ont été restaurées ou reconstruites et un sentier aménagé avec plusieurs directions possibles. 

Eboulis

Éviter les temps de pluie et les chaussures légères, une petite difficulté au niveau des somptueux éboulis qui nécessite de bonnes articulations même si  vous pouvez vous retenir à un câble.

Pour les curieux dont je suis, un site intéressant à consulter qui chipote sur les chibottes pour notre plus grand plaisir.

   http://www.pierreseche.com/mythe_chibottes.html

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17 septembre 2014

Château de Vabres - Haute Loire

Vabres 43

Comme toujours, il est extrêmement ardu d'avoir un historique des grandes maisons du Vélay, surtout quand paresseusement comme moi on se contente de lire les recherches d'aucuns. Quelques faits précis donnent des dates, pour le reste un grand flou règne en ce qui concerne l'histoire de ces familles connues qui se mêlent et se démêlent par le jeu des mariages, de plus il est parfois difficile de différencier les suzerains qui possèdent le château des vassaux qui les ont en fiefs. On compte en Vélay 18 Baronnies, familles les plus puissantes du Vélay.

Les dix-huit baronnies diocésaines du Velay donnaient à leurs possesseurs, le droit de siéger aux assemblées des Etats  du Velay, présidées par l'évêque du Puy, comte de Velay, et composées des trois  ordres : l'Eglise, la noblesse et le tiers-état.

Château de Vabres à 1 km de Vabres en Haute Loire, château situé en Gévaudan à la limite du Vélay.

Vabres 2

Les barons de Montlaur sont les premiers possesseurs connus de ce château, en 1173 on retrouve le nom de Pons de Montlaur.

En 1223 Pons III de Montlaur fait hommage à l'évèque de Mende Guillaume de Peyre comte de Gévaudan de ses châteaux du Gévaudan dont Vabres et Douchanès en remerciement de son intervention armée contre son vassal rebelle Pons des deux chiens.

En 1285 les Montlaur l'inféodent à la famille d'Apchier, en même temps que les châteaux du Chambon et de Douchanez qui posséderont alors Vabres sous la suzeraineté de Mende et des Montlaur, ils y résideront sans doute très peu. 

1369 Guerin IV d'Apchier est seigneur de Vabres, le 14 Octobre il rend hommage à son gendre Guy de Montlaur qui a épousé sa fille Jaucerande. Les mariages à cette époque entre seigneurs ne sont que prétextes à prendre de nouvelles terres, à s'assurer plus de puissance. Le château  de Vabres servait essentiellement à garder le passage de l'Allier d'Alleyras situé dans le Vélay à Vabres situé en Gévaudan.

Jacques d'Apchier Cathédrale du Puy

1513 Jacques d'Apchier est accidenté par la chute d'un arbre en son jardin de Vabres, il se voue à Dame du Puy et fut guéri de ses nombreuses blessures : il rendit hommage à la vierge par un tableau ex-voto conservé au musée religieux de la cathédrale du Puy.

1559 Jean d'Apchier délaisse le château de Vabres et devient seigneur de la Baume situé à quelques kilomètres de Vabres par son mariage, marié à Charlotte de Sinzelles Dame de la Baume en 1545. Il est fait mention de ce château dés 1301, il passa à la famille de Freycenet qui possédait également Sinzelles.

1579 Jacques II d'Apchier occupe Le château de la Baume. Le château est assiégé par le capitaine huguenot particulièrement sanguinaire Mathieu Merle qui brûle le château et fait prisonniers ses occupants. Il sera reconstruit. Par le jeu des alliances il passera au 19è aux Lusançay, puis à la famille de la Garanderie qui le possède encore aujourd'hui.Château de la Baume Alleyras

 

Quant au château de Vabres il sera d'abord délaissé peu à peu au profit du château de la Baume, puis rasé sous Louis XIV en 1667 par une sentence de la cour de justice extraordinaire dite grands jours de Languedoc  (commission qui succéda aux grands jours d'Auvergne) où plusieurs seigneurs du Vélay et du Gévaudan eurent des condamnations plus ou moins sévères (de la décapitation au bannissement en passant par biens confisqués) en représailles de faits qu'on leur attribua à tort ou à raison.  Ne reste de ce château que des ruines.    

Inféodation : Acte par lequel un suzerain cédait un château et ses terres à un vassal en échange de services (Aide militaire, financière). Par la cérémonie de l'Hommage, le vassal se met au service de son seigneur le suzerain. 

Sources : Châteaux de Haute-Loire Edition WATEL, Internet.

 

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