31 décembre 2011

Paul Klee

A la cité de la Musique ...Paul Klee

Sais pas trop pourquoi mais étais follement attirée par ce peintre musicien, ne connaissais de lui que quelques tableaux, les petits carrés multicolores ... comme celui ci, qui ont l'air de rien, et qui sont follement travaillés, en perspective, en profondeur, un échiquier où les cases dessinées se voient attribuer chacune une couleur dont le teint et la lumière diffèrent à chaque fois, créant un relief, donnant une symphonie de tons,  musicalement oblige !  voilà, musicalement, la cité de la Musique accorde donc l'oeuvre de Paul Klee à la musique qu'il jouait, Bach, Mozart, Schumann, Beethoven, Wagner, Busoni ... L'exposition suit à travers la musique l'oeuvre de Paul Klee. (Né en 1879 en Suisse, d'un père allemand) :

 6 époques où l'on voyage trop rapidement avec quelques oeuvres de ceux qui ont marqué Paul Klee, musicales, picturales, exposées dans des vitrines .... trop, trop de choses à découvrir dans une foule qui ne permet guère que l'on s'attarde, alors, frustration obligée, je découvre un peu Paul Klee, mais je ne le phagocyte pas encore .. Encore un à approfondir donc, son musée à Berne me tente. Klee 

De 1903 à 1911, gravure, dessin satirique, il est aussi critique musical, et pratique intensément le violon. Le noir, le blanc l'intéressent. Il travaillera au développement de l'aquarelle noire.

 

A gauche donc, eau forte sur zinc,' Le héros à l'aile' qui fait partie des 'Inventions' : " Ce personnage né avec une seule aile d'ange, contrairement aux êtres divins, s'efforce infatigablement de prendre son essor. Ce faisant il se brise bras et jambes, mais n'en persévère pas moins dans son idée". Paul Klee - Journal. 

Mariage avec une pianiste Lily Stumpf, Félix naît en 1907, et c'est Paul Klee qui s'en occupera pendant que son épouse donne des cours de piano pour faire vivre le ménage .

 

 

 Fenêtres et toitsDe 1912 à 1915, il découvre la couleur, rencontre Wassily Kandinsky et Franz Marc, Robert Delaunay. Voyage à Tunis. Le jaune envahit ses toiles, oui, j'ai un gros faible pour le jaune.

de 1916 à 1920, il s'éloigne du dessin, du figuratif, et se dirige vers une peinture plus abstraite. Les petits carrés ... on y revient !!

De 1921 à 1933 il enseigne au Bauhaus à Weimar, puis à Dessau, puis à Düsseldorf avec entre autres Kandinsky.

Il adopte alors un style libéré de toutes les influences, aussi bien musicales, que picturales, en tous cas, c'est mon avis, Paul Klee s'est libéré, et est enfin lui même, en proie à une désillusion certaine dont les origines sont multiples, personnelles, événementielles ... mais c'est une autre exposition, une autre vision des choses, une autre vision d'un autre Klee  que celle présentée à la cité de la musique.

un autre jour, dans un autre lieu, je vous donne rendez vous, Paul Klee, et je m'en réjouis déjà.   

 Joueur de timbale

 

 

 

 Renvoyé de l'académie en 1933, il est obligé de se rapatrier sur Berne, son art étant estimé dégénéré par les Nazis, en 1935 il tombe malade, il souffrait de sclérodermie, ce qui le freina dans son activité, mais les 3 dernières années précédant sa mort (1940), il fut extrêmement productif, il peignit des oeuvres fortes, où sa tristesse relative aux évènements en Allemagne, à sa maladie, à sa demande de naturalisation en Suisse qui tarde, se décline en tonalités brunes grises, sombres et rivalise cependant avec des couleurs flamboyantes où son humour poétique demeure. A droite le 'joueur de timbale ou 'le timbalier' qui date de l'année de sa mort, le rouge et le noir couleurs symboliques de la souffrance et de la mort, les barres noires. Ce tableau évoque une face, avec un oeil cyclopéen, et un marteau dont le musicien se sert pour frapper la timbale, mais les lignes noires évoquent la mort, une marche funèbre jouée par le timbalier ( Marc Le Bot - Paul Klee)

On peut reprocher à l'exposition de donner une vision réductrice de l'homme qu'était Paul Klee, de l'artiste productif et si personnel qu'il fut, artiste qui s'inspira de plusieurs mouvements sans jamais les suivre, et qui sut créer son style. Mais c'était un excellent début pour se familiariser avec vous, monsieur Klee.

Et je suis heureuse de terminer cette année 2011, qui fut assez noire pour moi, dans l'ensemble, par vous.       

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07 mai 2011

Odilon Redon

Sacré Odilon (1840-1916) excellent dessinateur, partagé entre le rêve et sa réalité souvent endeuillée, se passionnant pour les sciences grâce à la rencontre avec Armand Claveau (botaniste) en 1857, il a alors 17 ans, pour la littérature grâce à sa rencontre avec Joris-Karl Huysmans écrivain et critique d'art en 1882, il a alors 42 ans. Il publie des albums où il interprète à sa façon les textes d'Edgard Poe, de Gustave Flaubert, de Baudelaire. Il ne met pas en image les textes choisis mais en tire inspiration et prétexte pour dessiner des noirs fantastiques où satyres, chimères, sirènes, têtes coupées, yeux volants, sphères lui permettent de se libérer de ses rêves les plus romantiquement symbolistes. Monet est né la même année que lui, et Gauguin est né 8 ans plus tard.

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Fusains qu'il nommera ses noirs,  pastels, peintures ... Redon donne aussi avec un certain bonheur dans la décoration avec des fresques décoratives pour le château de Sermizelles  et la bibliothèque de l'abbaye de Fontfroide. A cette période de sa vie, vers 1900 il semble laisser ses nombreux deuils derrière lui, s'ouvre à la vie et laisse éclater les couleurs. Il excelle dans le jaune et dans le bleu. Ses relations se nomment Gauguin, Denis, Bonnard, Vuillard, Signac ...   

Il y a du nabi en vous monsieur Redon, et vous japonisez un moment en leur compagnie.

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Il y a du symboliste en vous monsieur Redon, vous qui avez de l'imagination à revendre, vous qui êtes précis dans vos dessins, et quand vous mettrez un peu de couleur dans vos noirs, il y aura une sensualité suave qui s'en dégagera. Vous vous arrêterez à temps,

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juste avant que cela ne devienne un petit peu trop ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a du fauve en vous, aussi, il y a du Turner parfois, il y a une ébauche d'abstraction, il y aussi et curieusement quelque chose parfois qui ressemble à du naïf  ....

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Il y a beaucoup de monde en vous monsieur Redon .... mais il y a ce je ne sais quoi qui fait que l'on reconnaît votre facture en dépit de toutes les influences qu'aucun peintre ne peut éviter.

J'ai pris grand plaisir à me promener dans votre oeuvre monsieur Redon. Vos couleurs tour à tour douces, éclatantes m'ont procurée émotion d'autant plus surprenante que je ne m'y attendais pas.  

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19 avril 2011

Bonnard

Bonnard achète en 1912 la Roulotte à Vernonnet, à 5 km de Giverny. Il a 45 ans. Il fréquente Monet qui en est à ses Nymphéas et qui conjugue le vert à tous les tons. Le vert seul ne va pas à Bonnard, et il le sait. Lui qui goûte déjà au midi ne peut s'empêcher de colorer de jaune, de rouge, de bleu, et c'est tant mieux. Les tons froids ne lui réussissent pas. Ce n'est pas un émotionnel, seules ses couleurs le sont. Il ne s'autorisera jamais à se lâcher cet homme, ses peintures lui procureront la liberté. Libre de quitter les Nabis, libre de se libérer de Monet à qui il doit cependant beaucoup, libre de se perdre dans la couleur avec un débordement dans un certain cadre, quand même.   

Mais en attendant, il se cherche le Bonnard :

D'abord façon Monet ...1913

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Puis façon Barbizonnade ... 1908

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Et rare chez Bonnard, à part ses autoportraits, un portrait au regard si particulier, si vivant et pourtant si lointain déjà en partance ou revenu de l'au delà comme on voudra  ...   1920.

Voilà qui me plaît sacrément. L'émotion, celle qui vient de l'âme, la seule qui existe pour moi, est là. IMG_0335

 

A plus monsieur Bonnard ...

Posté par maison43 à 14:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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