30 octobre 2019

Victoria Dubourg - Musée de Grenoble

Victoria Dubourg naît en 1840 dans une famille de petite bourgeoisie. Son père est professeur de français à Francfort en Allemagne où Victoria passa une partie de son enfance. Comme beaucoup de jeunes filles de sa classe sociale, elle étudie la musique et le dessin, elle entre dans l'atelier de Victorine Fanny Chéron 1830-1901. Elle a du talent Victoria et dans le piano et dans la peinture. On loue aussi son intelligence. Elle a pour soeur Charlotte 1836-1904Victoria Dubourg- portrait de Charlotte 1870

qui était selon certaines sources professeur d'allemand, Victoria la peint en 1870 cette soeur qui servira de modèle aussi à Henri Fantin-Latour, tableau conservé au musée de Grenoble. Elle épouse donc en 1876 Henri Fantin-Latour né en 1836 à Grenoble. A sa mort en 1904 Victoria se consacrera à mettre en valeur l'oeuvre de son mari. Elle peindra de rares portraits, des fleurs et des natures mortes dont celle exposée à Grenoble et peinte en 1884Victoria Dubourg - Nature morte 1884

 Elle a décidément beaucoup de qualités cette peintre là, elle devait avoir un sacré tempérament, dommage qu'on l'ait un peu oubliée.

Posté par maison43 à 10:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


19 septembre 2019

Gérard Garouste à Chambon sur Lignon été 2019

Garouste 6

De cet homme à multiples facettes, j'ai d'abord connu l'autobiographie 'L'intranquille' dont je ne livre, par paresse, que ce court passage :

Je suis peintre parce que mes mains ont fait ma force, parce que des toiles puissantes et belles m'ont convaincu qu'il y avait une voie pour moi. Mais je me méfie de la beauté, c'est du bluff, une manipulation qui peut laisser totalement passif celui qui le regarde. je préfère lui suggérer une question ... Le fou parle tout seul, il voit des signes et des choses que les autres ne voient pas. Je veux peindre ce qu'on ne dit pas. Et si le fou dérange, je veux que le peinre dérape. 

Il s'est soigné avec ses toiles, cet homme, mais pas que bien sûr, la medecine et la pharmacologie s'en sont mêlées, son épouse Elisabeth décoratrice d'intérieur de confession juive a sans doute aussi participé à sa façon à cette thérapie, la religion juive a capté le peintre, tout en lui laissant une liberté d'expression assez réjouissante.

Garouste 5 Le pont de Varsonie et les Ânnesses

Garouste 1

Garouste 4 Le sablier et

Garouste 3 Le sage et la tempête 2016

Cet été, le peintre a exposé quelques toiles au lieu de mémoire de Chambon sur Lignon en Haute Loire.

A vous revoir, Monsieur.

 

Posté par maison43 à 13:08 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

19 juin 2019

Musée Jean Jacques Henner 17è Paris

Jean Jacques Henner autoportrait 1877

Jean Jacques Henner 1829-1905 est un peintre dont on connaît peu de choses intimes. Sa peinture révèle peu de lui non plus ou rarement. Né dans le Haut Rhin, dans une famille d'agriculteurs aisés qui s'intéressent à l'art, nanti de 5 frères et soeurs qui lui donneront des neveux et nièces dont il sera très proche. En témoignent les portraits familiaux. Ci dessous : Paul, son neveu, Eugénie une soeur et Séraphin, un frère. 

Jean Jacques Henner Paul Henner vers 1866Jean Jacques Henner Eugénie Wetzel-Henner 1900Jean Jacques Henner Séraphin Henner 1877 il obtient une bourse départementale à 18 ans (1847) qui lui ouvre l'école des Beaux Arts de Paris. Il acquiert le prix de Rome en 1858 grace à ce tableau 'Adam et Eve trouvant le corps d'Abel'.

Jean Jacques Henner A

 

prix qui lui permet de vivre 5 ans à la villa Médicis. Les paysages de Jean Jacques Henner ne m'enthousiasment pasJean Jacques Henner Vue du Vésuve 1862

 Il peindra souvent son AlsaceJean Jacques Henner

qu'il n'oubliera jamais. A Paris, il sort dîner tous les soirs, se crée ainsi un cercle d'amateurs qui lui commanderont leur portrait, fort sociable il fréquentera les hommes célèbres de son temps et sera fidèle aussi bien à sa famille qu'à ses amis.

Jean Jacques Henner L'architecte Georges Ernest Coquart 1860

 

Jean Jacques Henner Jules Janssen 1874

En 1871, son tableau L'Alsace, elle attend le rend célèbre. Il choisit la France et attend lui aussi. 

Jean Jacques Henner L'Alsace elle attend

 

 

On le désigne célibataire endurci, on ne lui connait pas d'enfant, il aura cependant beaucoup de femmes autour de lui, ses modèles fort nombreux, ses élèves, quand en 1874, il ouvrira avec Carolus-Duran peintre ami l'atelier des Dames qui durera 15 années. Certaines de ses élèves auront une petite notoriété comme Louise Abbema, Madeleine Smith et d'autres encore.  Les femmes, il les aime bien, Jean Jacques Henner, il les peint rousses, même si elles sont blondes, un peu d'incandescence dans sa vie, un peu de flamboyant, un peu de mystère

Jean Jacques Henner 3

 

Jean Jacques Henner 6

 

Jean Jacques Henner La Femme qui lit dit La Liseuse 1883

Au final c'est un homme de son temps ce peintre là.  Talentueux dans ce qu'il sait faire mais pas aventureux ni innovateur. Il est resté dans le rang, il a privilégié les apparences, est resté dans les normes. Même son goût pour la couleur rousse fort utilisée à cette époque ne le démarque pas. ll  peindra également des toiles religieuses, son Christ sera rouxJean Jacques Henner 10

Jean Jacques Henner tête de Christ 1883-1884

ou assez singulier dans cette étude plutôt osée pour l'époque assez irrévencieuseJean Jacques Henner Académie d'homme Christ en croix entre 1852 et 1858

je trouve. Henner désacralise le Christ, ce n'est qu'un homme souffrant, et sa rousseur le met au même rang que ses femmes sensuelles peintes. Singulières et communes à la fois. On sent que peut être Jean Jacques Henner n'a pas osé tout développer de sa secrète personnalité. On sent qu'il a préféré respecter les convenances. Mais pas toujours au final. Et ses peintures témoignent un peu de cette dualité. 

Posté par maison43 à 17:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 février 2019

Alphonse MUCHA 1860-1939

Mucha autoportrait 1907Alphonse Mucha naît en Juillet 1860 en Moravie du sud alors dépendante de l'empire d'Autriche-Hongrie donc des Habsbourg depuis 1526. Les nationalistes revendiquent leur culture slave, divers mouvements révolutionnaires amènent à la reconnaissance d'une  Première République tchécoslovaque (1918-1938) où les tchèques et les slovaques ne représentent que 50% de la population, face aux allemands, ukrainiens, polonais et hongrois ce qui déclenche toujours de fortes tensions. L'arrivée d'Hitler en 1933 augmentera les conflits jusqu'à l'occupation de la partie tchèque en 1939 date de la mort de Mucha qui revenu dans son pays en 1910 sera arrêté par la Gestapo en 1939, jugé comme peintre réactionnaire avec son Épopée slave sa dernière oeuvre.

Mucha L'Epopée Slave l'apothéose des slaves 1926

Il fut libéré en raison de son état de santé et mourra quelques semaines plus tard. L'histoire tumultueuse de son pays où plusieurs peuples se disputent le terrain sera à l'origine de cette peinture d'Histoire qui l'occupera 18 années de sa vie, elle est composée de 20 toiles monumentales de 8m de large sur 6m de haut, épopée du peuple slave de son origine à l'avènement de la première république

Mucha L'Epopée Slave 1

 

Mucha L'Epopée Slave 3

 

Mucha L'Epopée Slave 4

Il en fera don en 1928 à la ville de Prague. Les évènements historiques qui suivront en feront un paria, et son Épopée slave sera  d'abord reléguée dans un dépôt par les nazis, puis méprisée par les communistes arrivés en 1948. A partir de 1963 elle trouvera enfin sa place dans un château situé près du village natal de Mucha. En 2012 la ville de Prague la récupère, enfin, dans la maison de la Municipalité en attendant de trouver sa place définitive d'ici 2 ans dans l'ancien Musée lapidaire dont la rénovation est en cours.  Le parcours de Mucha sera soumis à ses rencontres avec des mécènes qui seront toujours là au bon moment; refusé par les Beaux Arts de Prague il se rendra à Vienne où il sera peintre en décors de théâtreMucha costumes de théâtre

 il arpentera les musées et galeries d'art. Repéré par un mécène et son frère, il en décorera les châteaux, et intégrera les Beaux Arts de Munich. Il a alors 25 ans. Il s'initie à la peinture d'histoire et à la caricature dans une revue satirique tchèque. Mucha se rendra à Paris en 1887, Paris qui prépare l'Exposition universelle de 1889, Paris fin de siècle, marqué par un formidable développement industriel scientifique et économique, a besoin de trouver par l'intermédiaire de certains artistes un idéal que le mouvement Art nouveau va développer jusqu'à toucher les classes populaires, cet art s'exprimera dans les affiches, les vitraux (dans les maisons bourgeoises), la verrerie, la céramique, les bijoux, les meubles, les sculptures où se mêleront plusieurs tendances comme japonisme, symbolisme, stylisation florale et botanique.Mucha Rêverie 1897 lithographie couleur

Rien ne semblait destiner Mucha à briller dans cette voie, il rencontre Sérusier, Vuillard, Bonnard, Denis, fréquente l'académie Julian puis celle de Colarossi où il côtoie Gauguin. En  décembre 1894, on lui commande une affiche pour une pièce où joue Sarah Bernhardt, ce qui lance Mucha dans cette discipline où il connaîtra alors cette célébrité qui dure encore à ce jour. Il illustrera aussi livres scolaires, romans, calendriers. Riches années agréables pour ce peintre illustrateur dessinateur amateur de jolies femmes, il est fidèle au même type de femme

Mucha dessin menu 1900

Longue liane sensuelle, visage fin et chevelure foisonnante rousse, blonde ou brune, son style évoluera un peu, il en peindra alors des mutines, des presque nues, des lascives, des érotiques.  A travers ses femmes peintes d'après photographies

Mucha photographies

(2000 photographies de Mucha conservées à la Fondation Mucha) il délivre un message d'optimisme dans un univers idéalisé où le bonheur peut être à la portée de tous. En 1903 il rencontre la femme de sa vie, une fort jolie tchèque Maruska Chytilova. De sa période américaine, plusieurs époques entre 1904 et 1909, on peut retenir sa rencontre avec Charles Richard Crane qui financera son Épopée slave. Mucha était un homme qui aimait la vie et qui prônait une utopique paix entre tous les hommes, il connut pas mal de critiques, mais cela n'entama pas son enthousiasme à peindre finalement toujours ce qu'il voulut avec un talent certain. Les trente dernières années de sa vie, outre son épopée, il réalisera, nourri par l'esprit humaniste franc-maçon, des affiches propagandes de paix ou dénonciatrices des misères de la guerre, ses femmes perdront de leur légèreté et seront plus proches de la réalité.

Mucha dessin préparatoire pour une légende bosniaque 1899

 

Mucha étude de Femme dans le désert 1923

 

Mucha 1922 affiche

 

Mucha La France embrassant la Bohème 1919

 Mucha au Musée du Luxembourg, c'est comme une promenade dans un jardin fleuri où l'on passe du printemps à l'hiver

Mucha Noel en Amérique 1919 huile sur toile

sa vie fut certainement intense et pleine non dénuée d'une certaine nostalgie, très slave somme toute, qui l'accompagna, au delà des apparences trompeuses de la folle période parisienne, toute sa vie.  

 

Posté par maison43 à 16:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

07 décembre 2018

Jacques Monory 1924-2018 Musée de St Etienne

Jacques Monory 1968

Jacques Monory appartient au mouvement Figuration narrative, réaction de certains artistes au pop art considéré comme un simple constat d'une société de consommation sans la critiquer, la Figuration narrative dénonce notre civilisation polluée par la surconsommation, la violence qui reste présente. Le peintre devient un militant contestataire, il privilégie le message social ou politique. Je ne peux évoquer que cette peinture vue à St Etienne qui représente une scène de rue banale où cependant se déroule un meurtre de façon anodine, à gauche une main qui tient un pistolet, à droite un homme atteint par le projectile dont on peut suivre la trace. La couleur bleue apaisante en petite quantité peut rapidement devenir oppressante en seule utilisation.

Pour en connaître davantage sur ce peintre aller sur son site : 

https://www.jacquesmonory.com/

Posté par maison43 à 11:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


17 octobre 2018

Charlotte Musson 1903-1975

Charlotte Musson par Elise Rieuf Lavis

Charlotte Musson est une autre peintre habituée de l'atelier de Marguerite Jeanne Carpentier où elle se liera à Elise Rieuf. Outre sa peinture, elle participera régulièrement à un salon littéraire mené par Gonzague Truc 1877-1972 dont elle sera d'abord la secrétaire puis la compagne, puis l'épouse. Certainement connu par des plus érudits que moi ce Gonzague qui fut un critique littéraire, essayiste et biographe. Il fréquenta quelques célébrités  comme Marcel Aymé, Maurice Genevois, Madeleine Robinson (actrice), Blaise CendrarsCharlotte Musson Blaise Cendrars pastel

Colette, Marguerite Yourcenar (ci-dessous)Charlotte Musson Marguerite Yourcenar pastel 1934

Marguerite Moréno (actrice) et d'autres noms oubliés comme Françoise Christophe (actrice)

Charlotte Musson Françoise Christophe pastel détail

Pierre Bertin (comédien) André Thérive (critique et romancier).  Charlotte est née à Paris, un frère organiste réputé, une soeur Jeanne haut-fonctionnaire qui la soutiendra financièrement, et puis plus tard la rencontre avec Gonzague Truc. Tout cet environnement crée un milieu favorisé et favorable ce qui permettra à Charlotte de se consacrer à son art.  Elle ouvrira un atelier, elle peindra Paris

Charlotte Musson rue Brantôme

et fera les portraits de tout son entourage, des membres de sa famille

Charlotte Musson Jeanne Musson aquarelle

Charlotte Musson Mme Musson au châle bleu pastel

à ceux des célébrités rencontrées.  Vie que je suppose fort agréable et riche de rencontres que celle de Charlotte Musson.Toutes ces toiles se trouvent au musée Elise Rieuf à Massiac dans le Cantal.  

Posté par maison43 à 16:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

13 octobre 2018

Joan Miró 1893-1983

Miró Autoportrait 1919

Farouche catalan, Miró aime aussi la France. Pas incompatible me direz vous, il y en a d'autres. Mystérieux il se livre peu et ses toiles révèlent de lui peu de choses d'emblée. Touche à tout mais inclassable ce peintre s'inspire des divers mouvements picturaux de son époque mais y met sa patte particulière originale

Miró Nu debout 1918

stylisant déjà les formes avec un sens inné du détail, une harmonie très recherchée dans la composition très sophistiquée de ses tableauxMiró La Ferme 1921-1922

Miró La Fermière 1922-193

Miró Le Cheval La pipe et la Fleur rouge 1920

Un père orfèvre, un beau père ébéniste, voilà d'où viennent peut être son opiniâtreté à trouver un style où une certaine technicité toujours à approfondir fut un but constant à surpasser toujours.Miró Le lièvre 1927

Miró Le cheval de cirque 1928

Son père fut hostile un bref temps à son désir de peindre. sa convalescence (suite à une dépression) à Montroig dans une ferme achetée par son père lui inspirera quelques années plus tard le tableau La Ferme, c'est un inventaire des choses qu'il aime traiter encore sous une forme figurative comme l'oiseau, l'échelle, la femme, les lettres, le soleil, ces thèmes là il les re-visitera plus tard à sa manière entre un surréalisme et une abstraction très personnels parfois simplifiés à l'extrême non sans une certaine ironieMiiró Carnaval d'Arlequin 1924-1925

Miró Intérieur hollansais 1928

En 1920 il viendra travailler à Paris tous les hivers. Il y rencontre les peintres et poètes André Masson, André Breton, Paul Eluard, Louis Aragon, Michel Leiris, Robert Desnos, Antonin Artaud, Max Ernst, Arp cette période enflamma son imagination où il prit grand plaisir à orchestrer, avec beaucoup de poésie et de fantasque dans certaines de ses oeuvres, une sorte de rébus en dessins qu'il nous faut détailler. Les êtres, les bêtes, les astres, le mouvement même sont symbolisé par des signes, le tout toujours dans une vision rythmée de l'ensemble qu'il faut prendre le temps de regarder pour bien déchiffrer-Miró Femmes encerclées par le vol d'un oiseau 1941

Miró Peinrure Escargot femme fleur étoile 1934

Miró peinture Oiseaux et insectes 1938

Seins, soleils, yeux, poissons spermatozoïdes, animaux minuscules plus ou moins monstrueux, petites flammèches parfois auréolées de poils ou suivis de pointillés, petites formes indéfinies, petits sexes féminins rouges signes de fécondité ou noirs qui deviennent alors méchantes araignées, échelles à emprunter pour nous éloigner du monde matériel et rejoindre le spirituel, tout se mêle sans s'emmêler 

Miró Sans titre Soirée snob chez la princesse 1946

Miró Personnages et oiseaux en fête pour la nuit qui approche 1968

 Dans les 20 dernières années de sa vie, Miro ira vers une peinture plus minimalisteMiró Femme devant le soleil 1974

Miró Bleu 1961

tout en trouvant une autre forme d'expression dans la sculpture où il prendra un malin plaisirMiró Femme 1969

Ses toiles brûlées s'opposent à ses grands triptyques quasi monochromes, et prouvent que jusqu'au bout de sa vie, il aura joué aussi avec le regardeur en le surprenant toujours. Dense cette exposition au Grand Palais jusqu'au 4 Février 2019. Miró Toile brûlée 1973

 

Posté par maison43 à 15:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

30 septembre 2018

Elise Rieuf 1897-1990 - Musée à Massiac

Elise Rieuf autoportrait huile

Native de Massiac dans le Cantal, Elise Rieuf née en 1897 a eu une vie peu commune, peintre, voyageuse, femme émancipée et libre de mener sa vie comme elle le souhaitait.

Elise Rieuf Marie Malaval pastel

Issue d'une famille aisée, père ingénieur des Travaux publics, oncles maternels, l'un ingénieur des Ports et Phares d'Egypte, l'autre agrégé de Mathématiques

Elise Rieuf La femme au châle 1983 lavis

Élise montre un don pour dessiner de bonne heure. Après l'Ecole des Beaux Arts de Clermont Ferrand elle part à Paris préparer le professorat de dessin. Elle rencontre Marguerite Jeanne Carpentier dont elle devient une habituée de son atelier, elle côtoie alors les modèles Isadora Ducan, Loïe Fuller, les sculpteurs Albert Bartholomé, François Pompon, Jean Escoula et des jeunes femmes peintres avec lesquelles elle forme le Groupe d'Auteuil, on note aussi quelques jeunes gens d'après les écrits d'Élise Rieuf. En 1923 son diplôme obtenu, Élise part 1 an au lycée français de Dusseldorf puis à Agen. Lors de ses séjours en Auvergne, elle rencontre Paul Veysseyre un architecte qui s'est fait un nom en Chine, elle l'épouse et part en Chine avec lui en 1927

Elise Rieuf La petite chinoise huile

Elise Rieuf Mère et enfant pastel

De cette union assez courte, elle en fera un roman 'Sur les eaux chinoises' paru en 1957. Élise n'est pas faite pour s'occuper d'un intérieur fut il pourvu de domestiques, elle préfère dessiner et peindre encore et toujours.Elle aime enseigner son art, elle crée un cours de dessin, elle se fait un nom en tant que portraitiste, mais son mari s'y oppose un peu, beaucoup. Élise retourne seule en France en 1930. Elle mettra 3 ans pour se séparer définitivement de ce mari aimé mais trop conformiste pour elle, elle choisira la liberté, son professorat pour la faire vivre, ses voyages à l'étranger  en Norvège, Hollande, Angleterre, Italie, Espagne

Elise Rieuf conversation dans la neige huile

Elise Rieuf Venise et Saint Marc huile

Elise Rieuf Arbres aux troncs jumeaux

et par dessus tout sa passion de la peinture et sa région natale où elle voit sa proche famille. Elle écrit aussi, un ouvrage sur son art 'La leçon des Maîtres'. Elle se retire à Aix-en-Provence, elle passe ses dernières années à Massiac en maison de retraite où jusqu'au bout, elle se voue à ses passions, écriture, lecture, dessin et peinture.

Elise Rieuf Tanie tricotant

Elle lègue à son neveu son oeuvre, qui fait don à la ville de Massiac de 178 de ses toiles.

Posté par maison43 à 10:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

25 juillet 2018

L'Atelier des Lumières - rue Saint Maur - Paris

Les Baux de Provence ont leurs Carrières de lumière, espace vaste où l'on peut se promener immergés dans des tableaux projetés numériquement sur les murs sous fond sonore de musique, espace géré par un organisme culturel privé Culturespaces qui assure aussi la gestion du musée Jacquemard André et du musée Maillol entre autres lieux situés en province.Atelier

Paris a depuis peu son Atelier de Lumières qui offre les mêmes prestations, en plus réduit, que les carrières de lumières. Il serait vain de vouloir comparer cet espace à un musée traditionnel, les 2 formules ont chacune leur intérêt propre, l'une plus contemporaine grâce à l'image mais plus superficielle sans doute, l'autre muséale moins festive, moins ludique, mais qui apporte forcément plus de connaissance sur le peintre.Atelier des Lumières aujourd'hui

L'une ne dispense pas de l'autre, chacun fait ce qu'il veut. Cet atelier est une ancienne fonderiefonderie

dite du Chemin Vert créée en 1835 par la famille Plichon, elle fabriquait des pièces en fonte pour la Marine et les Chemins de fer, en 1933 la fonderie ferme et est vendue à la famille Martin qui loue ses locaux à une entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente de machines-outils, cette entreprise déménage en 2000. Le président de Culturespaces découvre le lieu et a l'idée de louer ces locaux pour créer l'Atelier des Lumières.Atelier 2

Klimt, Schiele, Hundertwasseur 1928-2000 Atelier - Hundertwasser

peintre et architecte viennois inaugurent ce nouveau lieu d'expositions.

Posté par maison43 à 19:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 juillet 2018

Foujita 1886-1968

Foujita Auto portrait 1910

Rare, une exposition des toiles de Foujita, il y a ainsi une multitude de peintres qu'on voit peu, même à Paris, le musée Maillol répare un peu cet oubli en mettant en valeur uniquement le peintre des années folles, les années Montparnasse qui débutèrent vers 1900 avec un Pic après guerre où la Ruche abrita Chagall, Soutine, Laurencin, Brancusi, Léger, quand d'autres artistes comme Modigliani (dont il s'inspirera un bref temps)

Foujita Le baiser de l'oiseau 1917

  Utrillo ( qu'il copiera aussi un peu)

Foujita Montmartre Place du tertre sous la neige 1913

et  Picasso se retrouvaient dans les cafés à la mode comme la Coupole, le Dôme ou le Select où brillaient aussi les intellectuels fêtards comme Apollinaire, Hemingway, Desnos, Prévert, Artaud etc ... Oublier les femmes serait une erreur, des modèles célèbres comme Kiki de Montparnasse

Foujita Nu allongé 1922

 Youki, Fernande passaient à tour de rôle dans leur vie. Foujita arrivé en 1913 de son Japon se mêla rapidement à cette communauté artistique dont il fut un ardent adepte. Fils d'un général, médecin de l'armée impériale, il est plutôt nanti, Foujita, et connaît assez rapidement le succès avec ses toiles dont le style franco-japonais plaît bien

Foujitas Panneaux 1927-1929

Foujita Grande composition et comats 1928

Foujita détail

une première épouse Fernande Barrey peintre modèle qui liera amitié avec Jeanne Hébuterne , une nouvelle épouse Lucie Badoud dite Youki tout aussi belle que la précédente qui le quittera pour Robert Desnos, Youki qu'il peindra ou dessinera nue, délicate dans un style épuré et précieux à la fois

Foujita Nu YOUKI 1927

Foujita Portrait de Youki assoupie 1926

il mène alors une vie débridée entre amours diverses, dépenses luxueuses et moults fêtes où il s'encanaille un brin

Foujita Le salon à Montparnasse 1930

Foujita Trois femmes 1930

 un redressement fiscal en 1928 l'amène à changer de vie. On le retrouve en 1931 en Amérique du Sud avec une nouvelle compagne Madeleine Lequeux plus fragile que les précédentes

Foujita Le Mexique détail

Foujita Le Mexique 1933

de retour en 1933 à Tokyo où il se renfloue, ses toiles ayant toujours autant d'amateurs. Madeleine meurt 3 ans plus tard, il rencontre celle qui sera sa dernière épouse Kimiyo Horiuchi. En 1938, il se rend en Chine et commence une carrière de peintre de guerre qu'il poursuivra de 39 à 45 pour le compte de l'armée impériale japonaise. En 1949, il partira pour New York assurer la promotion de son art qui se vend toujours aussi bien. En 1950, Foujita retourne à Paris, le succès toujours là, le peintre âgé de 64 ans a besoin de trouver la sérénité, il devient français en 1955 puis se fait baptiser ainsi que sa femme en 1959. En 1960 il achète une maison à Villiers-Le-Bâcle en Essonne que l'on peut visiter aujourd'hui, son dernier grand chantier de 65 à 66 sera la décoration de la Chapelle Notre Dame de la Paix à Reims. Il meurt d'un cancer en 1968. La dernière toile de Foujita de cette exposition consacrée à ses folles années date de 1940, il se représente enfant habillé en soldat, teintes brunes pour une période où il peindra la guerre. Si une autre rencontre avec Foujita a lieu, j'y reviendrai. En attendant voici un site pour se renseigner sur la riche vie et l'oeuvre de ce peintre. Ce peintre eut plusieurs vies, chacune bien remplié d'évènements, de femmes, de peintures et de costumes différents.

Foujita Foujita 7 ans 1940

Foujita Auto portrait 1921

 

 ttp://www.fondation-foujita.org/wp-content/uploads/sites/8/2016/06/Foujita-Monumental-Enfer-et-Paradis-MARS-2010-DP.pdf

Posté par maison43 à 16:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :