07 janvier 2013

Edward Hopper 1882-1967

autoportrait Jo Hopper 1956

Moi, Josephine Nivinson Hopper dite Jo, j'ai tenu à jour les registres d'Edward Hopper depuis 1924, date de notre mariage,  jusqu'au dernier jour d'Eddie en 1967; il s'agissait au début de tenir un inventaire de ses oeuvres, et des ventes.

Croquis d'un régistre , commentaire de Jo

 Une fois ses tableaux peints, Hopper en réalisait une esquisse et les annotait d'informations techniques, moi, je les commentais,  les agrémentais d'anecdotes sur notre vie. Avec le recul, je crois que c'était la façon de Hopper de m'intégrer à sa vie de peintre, et c'était ma façon à moi de communiquer avec lui. Je fus peintre moi aussi, de talent moindre que celui d'Hopper qui me fit de l'ombre, qui ne s'intéressa pas à ma peinture, ce qui rendit parfois nos relations tendues, ce qui me rendit parfois hargneuse, mais au final, je fus une excellente compagne pour Eddie. Il prit plaisir à la tenue de ces registres, et moi cela me permit de vivre à travers lui, par lui, pour lui.  Bien sûr mon tempérament excessif le fit souffrir, bien sûr son tempérament d'introverti me fit souffrir, mais au bout du compte, Eddie a laissé une belle oeuvre à la postérité où moi, Jo, je fus épouse,

 Hopper détailSummertime 1943 Hopper détail

 muse, coach, secrétaire, modèle, anti modèle et divertissante, oui car je l'ai amusé longtemps Eddie, lui le taciturne, l'introverti... Le reste, mes réflexions acerbes, ses silences qui me tuaient, l'incommunicabilité qui en résultait, tout cela a disparu avec nous. Hopper a fait ce qu'il aimait le plus, peindre, moi je l'ai secondé du mieux que j'ai pu, j'ai continué à peindre aussi toujours. Notre mariage tardif ne laissa aucune place à une descendance, les registres furent nos enfants.

Lui, Edward Hopper est né en 1882 dans une famille dont le père commerçant assure une vie agréable, passionné de lecture, il transmettra ce goût de lire à son fils, quant à la mère, elle l'initiera  à l'art et au théâtre. Il dessine depuis toujours, il aime la solitude très tôt, c'est un contemplatif qui observe minutieusement les êtres, la nature ville, campagne, mer. Il est un géant perdu au milieu des autres, il construit son monde à lui. En 1900, à 18 ans, il entre à la New York School of Art où il restera 6 ans. Les cours d'illustration suivis l'année de ses 17 ans lui permettront de gagner sa vie en temps que dessinateur publicitaire de 1910 à 1924; 1924 année où le succès arrive enfin, il a 42 ans, il vient d'épouser Jo, âgée de 41 ans. Ce n'est pas le grand amour entre lui et Jo, mais heureuse association où lui peut se reposer pour tous les détails pratiques sur Jo, où elle trouve un autre sens à sa vie, assurer la promotion de son peintre de mari, tout en espérant pouvoir donner à sa peinture une notiorété qui lui manque; ce sera moins réussi de ce côté, mais qu'importe, Jo peindra, vendra ses toiles pour rien, arrivera à tenir une petite galerie un temps.

Couple Drinking Aquarelle, mine de plomb

Parisian détail

A Paris Hopper découvre ou redécouvre les peintres comme Courbet, Degas qu'il apprécie,  l'ensemble des impressionistes et ceux qui les suivent, mais sans grand intérêt de sa part. Lui, Hopper, c'est un indépendant, un qui suit seul sa route, ne tient compte d'aucun courant. A Paris, il croquera au propre, comme au figuré les parisiennes, les sites parisiens, Le Louvre, les ponts, les quais ... De retour à New York 

Cowboy- Hopper 1906-1914

il illustre pour s'alimenter ... il prend plaisir aux gravures qu'il exécute entre 1915 et 1928, 26 images.

Summer Twilight 1920 Hopper

Train and Bathers 1920 Hopper

En 1914,

Soir bleu 1914

Soir Bleu sera décisif pour Hopper, c'est à la fois un adieu à Paris et un prémice au monde d'Hopper tel qu'il le conçoit, lui clown blanc grimé, eux, faces inexpressives maquillées à outrance pour les femmes, Hopper aime ce côté féminin canaille qui le fait fantasmer, décor minimal, importance des Eléments, ici l'air dans un ciel-mer-air. Cette toile n'aura aucun succès, contrairement aux gravures qui se vendent bien. En 1921, il commence à dessiner des nus, y peint des femmes aux courbes voluptueuses, lui le timide s'extériorise par la peinture. Il aime opposer les rondeurs féminines aux angles des murs, il aime ouvrir les fenêtres ,Hopper, sur l'intimité des êtres  Il peint aussi Joséphine, souvent même si la caricature parfois n'est pas loin, pour la faire bisquer ? qui sait, Hopper a ses faiblesses lui aussi ! Il peint Hopper, le couple dans sa solitude, de toutes façons chez Hopper, tout est par nécessité, solitude,

Ground Swell 1939

Corn Hill Truro 1930 Hopper

il préfère les paysages naturels, la mer, les villas 'Maison près de la voie ferrée, dont Hitchcock s'inspirera pour la maison Bates de Psychose,

Maison près de la voie ferrée

il aime le cinéma, la scène, le théâtre, et ses tableaux sont des mini représentations, les visages  sont vides, à nous de combler ce manque voulu à notre gré, et les critiques ne s'en privent pas : que d'interprétations sur les tableaux de Hopper ! 1941, il peint Girlie Show

Hopper

 c'est Jo en effeuilleuse, c'est Jo rajeunie, grandie, plantureuse, c'est Jo fantasmée, c'est Jo et ce n'est pas elle. Hopper est un homme qui semble se suffire à lui même, son besoin des autres est utilitaire, mais pas que ...car rien n'est simple là non plus, il représente à nouveau Jo dans  11 ans plus tard dans Morning Sun, elle a 69 ans Jo, elle est encore belle, sans fard, naturelle comme elle

Morning sun Hopper 1952 détail

Josephine Hopper

aime l'être, un peu seule, un peu triste, mais bien présente, hommage d'Eddie à sa femme. Il aime le silence, la solitude, Hopper, le vide d'une pièce au soleil qui joue avec les ombres, une pièce vide à remplir de ce que vous voulez.

sun in an empty Room 1963 Hopper

 Hopper vieillit, il a des ennuis de santé, Jo l'aide fidèlement. Hopper prépare sa sortie, en 1966 Two Comedians

two comedians 1966 Hopper

 clôt le théâtre de sa vie inauguré par le tableau de 1914 Soir Bleu. Jo et lui même font leur ultime révérence, Edward Hopper en 1967, Joséphine Hopper en 1968. Elle aura eu le temps de léguer au Whitney museum à New York l'intégralité des oeuvres, documents, régistres, journaux

photo de L Dahl-Wolfe 1932

intimes.  

Une oeuvre qui ne figure pas dans l'exposition du Grand Palais et qui donne, je trouve, une autre vision de la peinture d'Hopper, un autre chemin à suivre ...   comme quoi, tout n'a pas été dit sur Hopper, rien n'a été dit. Le silence, parfois, c'est bien. Reclining Nude 1924-1927 Hopper

    

 

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12 décembre 2012

Yue Minjun

yue Minjun 2012

Peintre né en 1962 en Chine, a d'abord dû travailler pour une entreprise de pétrole, à 23 ans en 1985, il va étudier l'art à l'école normale de Heibei, puis s'installe dans un village d'artistes marginaux et contestataires près de Pékin. Il fait partie du courant dit réalisme cynique, courant en opposition à la peinture propagande du pouvoir politique, qui, après les évènements du printemps de 1989 de la place de Tiananmen qui engendrèrent un nombre important de victimes, figea le processus de libéralisation entamé dans les années précédentes. Yue Minjun choisit alors de mettre le rire en avant, démesuré, exagéré, outrancier, monstrueux, caricatural. Il dit exprimer ainsi le tragique et le douloureux par l'intermédiaire du rire qui devient rictus, grimace, masque.     

Un des tableaux les plus connus de Minjun, un qui a établi un record de vente pour un artiste chinois 

Manet

 

Goya

 

Picasso

Exécution

 Exécution est sans doute célèbre car il fait référence à ceux de Goya (1808), de Manet (1867), de Picasso (1951), revu, corrigé à la manière universelle en somme de Yue Minjun un seul visage pour n'importe quelle exécution, un seul visage qui associe les bourreaux aux victimes, un humain contre un autre humain, vous, moi, lui ...  ses tableaux de cette époque (90-2000) représentent toujours un rapport de force, l'humanité contre les armes, contre la dictature politique qui muselle la pensée.     

 

Yue Minjun peint dans un style comique des situations tragiques, douloureuses. Cela provoque au début le rire des spectateurs, mais si le regard persiste, on ne voit plus que le tragique qui s'impose.  Quand il était enfant, faire la queue, porter les mêmes habits que les autres, participer aux activités collectives lui était normal, en grandissant il s'est rendu compte que cette forme d'esclavage imposée par le régimeEverybody Connect to Everybody était

insupportable à vivre, et c'est ce qu'il choisit de montrer en peignant ses tableaux qui sont une accumulation de ce qu'il a vécu. 

 

Sky d'Yue -Minjun 1997

 Une évolution, le rire laisse place à un monsieur tout le monde qui rit encore, mais

Yue Minjun

prend un peu de liberté.

Une période où Minjun peint des labyrinthes vers 2007/2008,

mao xinglan

 qui posent une question : Le peuple chinois arrivera t'il à s'extirper de sa propre culture ?

      

 Et puis, une période de tourment pour le peintre, alors il a peint une feuille, l'a froissée puis redéployée, MinRe-Portrait 2012 Yue Minjunjun exprime par son art le ressenti de son tourment, le disloque et s'en débarrasse ainsi, sinon il serait devenu une souffrance,

 

 

  

cet autre tableau qui rappelle un peu Bacon, est une autre manière de s'échapper, de cet art cynique peut être, qui risque de l'enfermer ... alors il recherche d'autres possibilités ... 

Le rire s'est peut être éclaté ....yue 4 à voir à la Fondation Cartier

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11 décembre 2012

Van Gogh

On a en général une vision fort réductrice de Van Gogh, ses troubles psychologiques, son oreille coupée lors d'une altercation avec Gauguin, sa relation fidèle à son frère Théo, Anvers sur Oise, Gachet, son suicide. La Pinacothèque choisit elle de réduire son inspiration et établit un parallèle avec l'oeuvre de Hiroshige pas forcément convaincantHiroshige.

 

Le japonisant est bien sûr à la mode, et les peintres de l'époque vont plus ou moins japoniser, comme ils ont académisé avec les classiques,  les rois de l'académisme comme Thomas, Couture, Gérôme, avant de les rejeter ... et puis ceux qui sont plus talentueux, plus créatifs, plus doués, moins peureux, vont trouver leur style propre, celui qui nous fera reconnaître la patte du peintre. Pont basculant à Nieuw-Amsterdam 1883

  Le pont supendu est il japonisant ?

Vincent séjourne après sa séparation avec Sien, à Nieuw Amsterdam, dans un pays qui lui ressemble à ce moment là, désolé, couleurs pâles, eau qui domine, lumière faible, Vincent réussit fort bien les aquarelles. Si le Japon doit l'influencer, ce n'est pas dans cette aquarelle là, quant au pont sur le canal, il ressemble à beaucoup de ponts suspendus qui ne manquent pas en hollande.  Van Gogh était très érudit, doté d'une famille cultivée aisée qui comptait outre des Vincent en pagaille, de nombreux marchands d'art, ajoutez à cela que la mère de Van Gogh avait un fort joli coup de crayon, et qu'elle initia son fils au dessin. Vincent naquit 1 an après un premier Vincent mort-né, première ombre au tableau. Plusieurs Van Gogh sujets à des dépressions, deuxième ombre au tableau. Le père, pasteur, médiocre dans sa fonction, ce qui ne le sortit pas de son austère et anxieuse tristesse naturelle, troisième ombre au tableau. Un caractère d'insoumis, un physique de roux fort peu apprécié à l'époque, un internat forcé considéré comme une exclusion du milieu familial, voila pour les ombres de Vincent. Ensuite, il y eut la difficulté constante à se faire aimer d'une femme, ensuite il y eut cette obstination à vouloir être pasteur comme son père, il y eut beaucoup d'échecs chez Vincent qui eurent un double effet, l'un négatif à s'isoler du monde, à ruminer, à "criser à la folie", mais l'autre positif, à extérioriser son amour de la nature, son amour des humbles dans la peinture (comme dans la vie d'ailleurs) puis à vivre au final le bonheur par sa peinture. Il fréquentera toute sa vie les peintres et les livres. Alors, tout l'a inspiré Vincent, les peintres hollandais, les français, les japonais, en vrac Israels, les 3 frères Maris, Mauve, les 3 Cuyp, Rembrandt, Millet, Corot, Hiroshige, Hokusai, Monticelli, Rubens,Hiroshige Vue d'Ueno 100 vues célèbres d'Edo

Anquetin, Seurat, Signac etc etc ....  En  1887 Van Gogh rencontre Gauguin, en 1888 Vincent est en Arles, il y recherche la lumière, sans doute la lumière et les couleurs gaies, c'est un peu le Japon des fresques japonaises question atmosphère, lieu de plaisir pour la caserne de zouaves, le pont de Trinquetaille autre pont suspendu, les arbres fleuris. Van Gogh se met à peindre des tableaux de vergers en fleurs, car il a besoin d'argent, Van Gogh, et à juste titre puisque le Japon est à la mode, et bien il fait des arbres à coups de brosse, hachés, discontinus, son trait à lui.Pins au coucher du soleil 1889

 

 

 

 

 

Des japonais, il retiendra le trait fin, précis, qu'il fera lui, Van Gogh, haché, virevoltant, en mouvement perpétuel, tourmenté; des impressionnistes il apprit la couleur; de Monticelli, il retiendra le contraste des explosions de couleurs en pâte, il n'était pas bégueule Van Gogh, il prit tout ce qu'il pouvait prendre des peintres qu'il rencontra, il s'en imprégna, et aboutit à sa peinture si reconnaissable, si particulière. 

Delacroix Le bon samaritain

 

 

Un petit dernier, Le Bon Samaritain, copie de Delacroix est il plus japonisant que van goghien copie Delacroix ? 

 

Le Bon Samaritin Van Gogh

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des paysages de Van Gogh dont les couleurs éblouissent, la lumière de Van Gogh ... l'exposition modeste de la Pinacothèque vaut le déplacement rien que pour cela. Elle nous vaut aussi une rencontre japonaise, alors on ne boude pas son plaisir, on en pense ce que l'on veut, mais on y va. Paysage aux gerbes de blé sous la lune 1889

Route de campagne en Provence la nuit Van Gogh

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22 novembre 2012

Mary Cassatt

Madeleine Lemaire 1845-1928, Louise Abbéma 1853-1927 ont étudié chez Charles Chaplin, Jean Jacques Henner, Carolus-Duran. Blanche Odin 1865-1957 sera une des élèves de Madeleine;  Femmes-peintres fort académiques (par nécessité) des fleurs, des femmes et des enfants, puisque rien d'autre ne leur était permis, puisque les écoles d'art leur étaient interdites. Rosa Bonheur 1822-1899, elle, choisit la peinture animalière et a ainsi une place à part, socialement d'abord, semblable à G Sand, elle aura l'autorisation de porter un pantalon, affichera son goût pour les femmes sans que cela pose trop de problème, elle bénéficiera donc d'un statut à part, comme G. Sand, comme quoi le port du pantalon était subversif !!!!  Un point commun pour toutes ces femmes, elles se rallient à l'ambiance très misogyne de l'époque, ce ne sont ni des suffragettes, ni des militantes, mais elles participent quand même, indirectement, au féminisme naissant, grâce à leur réussite sociale qui permettra aux féministes de mettre en avant le talent des femmes. Le trio Berthe Morisot 1841-1895, Eva Gonzales 1849-1883, et Mary Cassatt 1844-1926 associé au groupe des impressionnistes, fit entrer les femmes véritablement dans l'histoire de la peinture. Il restait encore un pas à franchir en ce qui concerne les thèmes, mais elles ont montré que les femmes bourgeoises étaient capables de sortir de l'académisme convenu, du carcan épouse-mère dans lesquels la société du  XIX siècle les avait emprisonnées. Mary Cassatt 1844-1926

 

 

Mary Cassatt se dégage de ce trio qui deviendra duo, à la mort précoce d'Eva Gonzalès. Mais tout comme Berthe Morisot se distinguera du lot par sa modernité, Mary Cassatt se distinguera, elle, par sa singularité. Américaine, elle séjourne en France dés l'âge de 6 ans, de 1850 à 1855, date de la mort de son frère soigné à Paris. A l'âge de 16 ans en 1860, elle étudie à l'académie des Beaux Arts de Philadephie. 6 ans plus tard, elle revient à Paris où elle sera l'élève de Charles Chaplin, puis de Gérôme. Elle est libre Mary, la vie convenue d'une bourgeoise mariée ne l'intéresse pas, elle changera plusieurs fois de maîtres( Frère, Soyer, Couture, Bellay, Raimondi) voyageuse elle se rendra à Rome, à Parme, à Madrid, Séville, avec des retours aux USA. En 1877, elle rencontre Degas, Pissarro, Berthe Morisot avec lesquels elle sympathise. Lorsque Degas lui demande de participer à son projet de revue (qui ne se réalisera pas) consacré à la gravure avec Pissarro et Félix Bracquemond, Mary Cassatt se met alors à la gravure, aux dessins, eaux fortes, contre-épreuves. Célibataire, par choix semble t'il, elle peindra aussi pour vivre, des portraits, des commandes, comme 2 copies de Courrège pour la cathédrale de Pittsburgh. Ses oeuvres se vendront bien et lui assureront de confortables revenus. Elle achètera le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus, où elle travaillera avec acharnement, les siens morts, libre, seule mais célèbre. ....

c'est donc ce que nous propose en ce moment le Mona Bismark American Center à Paris. Ambroise Vollard, marchand d'art, acquit  un grand nombre de ses dessins et gravures, et les conserva jusqu' à sa mort. Ce sont ces 67 dessins et gravures que l'on nous présente. 

Pointe-sèche

Céleste et Marjorie vers 1898 pointe sèche

détail

détail Margot appuyée contre sa mère vers 1902 pointe-sèche

Le Thé détail vers 1890

La Leçon 1890 Pointe sèche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pointe sèche, vernis mou, aquatinte en couleurs

Bain d'enfant 1890-1891 pointe sèche, vernis mou et aquatinte

Enfant nu détail

Jeune femme essayant une robe 1890-1891 pointe sèche et aquatinte

Contre- épreuve de pastel : Reproduction inversée obtenue en appliquant le pastel contre 1 feuille de papier japonais humide avant de le passer sous presse.

 

Sara souriant portant un grand chapeau et tenant son chien 1901

Simone assise sur l'herbe près de sa mère 1902-1904

 

 

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10 octobre 2012

Henry-Eugène Delacroix

La Lutte pour la vieHenry-Eugène Delacroix.

Un autre naufrage sans doute où il ne fait pas bon d'être femme ! Néo classique le style, si différent du radeau de la Méduse, naufrage dont  je ne connais pas l'histoire, les plus forts restent à bord, les femmes nombreuses au demeurant sont éjectées avec force mais s'échouent gracieusement, voluptueusement, charnellement, sensuellement ... toute peinture a son histoire, celle là mériterait que l'on en connaisse plus ... au diable les métaphores supposées, les symboles possibles ... bien sûr, il ne s'agit peut être que d'illustrer ainsi une des théories de Darwin 1809-1882( La loi du plus fort), peut être est elle sexualisée : hommes prédateurs se battant contre femmes proies et concurrents possibles ..... 

on constate quand même une certaine jouissance du peintre à manipuler les corps, à mettre en valeur les muscles masculins, les rondeurs féminines ...

 

    Détail

 

 

 

le repentir est une partie du tableau retouchée par le peintre

Henri-Eugène Delacroix  Henry Eugène Delacroix est né à Solesmes le 16 janvier 1845 de Henry Delacroix et d'Eugénie Ménard. Il fera les Beaux Arts à Paris et aura pour maître Cabanel, c'est dire qu'il est classique, il peindra moults fresques décoratives, pour la salle de mariage de L'Hay les Roses, pour la mairie de Solesmes, pour l'église Saint Julien de Saint Lys en Haute Garonne et sans doute pas mal d'autres lieux, ce peintre connut une notoriété certaine. Il meurt en 1930

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09 octobre 2012

Théodore Géricault

Pas aisé de voyager quand on est un tableau, fragile, qui mesure  7 mètres de largeur, pour une hauteur de 4m91, alors on ne voyage pas ! Le Radeau de la Méduse est donc resté au Louvre, seules les études préparatoires nombreuses ont fait le voyage, de Lille, de Paris, d'Angers, de Montauban , de Montpellier....

Tête d'étude d'après le modèle Gerfant

Pourquoi Géricault à Clermont ? Fin 1860, le duc de Morny donne à la ville de Clermont une étude de tête de Géricault pour le tableau de la méduse. Ce tableau connaîtra l'oubli jusqu'à même faire douter de son authenticité. Je passe les batailles d'experts .... Restauré, à nouveau attribué à Géricault, cette tête d'étude sert de prétexte à nous faire découvrir la démarche d'un peintre qui décida d'immortaliser un drame maritime scandaleux.

 

Géricault a longtemps travaillé à son tableau par une production de croquis, esquisses, tableaux réalistes de membres amputés provenant des cadavres de l'hôpital,

Fragments Anatomiques Etude musée Fabre

 

il a utilisé comme modèles, outre les cadavres, des rescapés du nauffrage comme Corréard et Savigny, des amis malades, des rapins et enfin des modèles professionnels . Son tableau final sera plus idéalisé, plus classique, mais les couleurs cadavériques, les expressions de Etude du pèreEtude du père tenant son fils sur les genoux mine de plomb et crayon noir

 

Tête d'étude pour le père du Radeau de la Méduse

Père du radeau de la Méduse

souffrance le distinguent d'un tableau néoclassique.     

 

Le drame maritime : En 1816, Louis XVIII est roi, les ultra-royalistes s'imposent et s'opposent aux libéraux. Le 17  juin 1816, La Méduse embarque  pour le Sénégal avec 396 personnes parmi lesquels, Savigny chirurgien, Corréard ingénieur géographe, 2 compagnies du bataillon d'Afrique où se mêlent Hommes de toutes les couleurs, cette frégate est sous les ordres d' Hugues Duroy de Chaumareys, ancien émigré officier de la vieille marine royale qui n'a pas vu un bateau depuis 25 ans. La Méduse est accompagnée de 3 autres bateaux L'Echo, l'Argus et la Loire.

Etude pour Corréard et Savigny

A la suite d'une erreur de navigation, La Méduse s'échoue sur du sable sur le littoral mauritanien, précisément sur le banc d'Arguin le 2 juillet.   Le 3 juillet pour suppléer au nombre insuffisant de canots, un grand radeau est construit, la Méduse le remorquera. Ordre est donné de couper les amarres et le radeau sur lequel 147 passagers se sont installés est laissé à la dérive. Dans la nuit du 6 au 7 Juillet, imbibés d'alcool, les nauffragés se battent, soldats contre notables dontEtude pour Savigny et Corréard

 Corréard et Savigny font partie. 45 passagers sont tués. Quelques naufragés affamés consomment des lanières de peau séchées des trépassés. Dans la nuit du 8 au 9 une nouvelle tuerie élimine une bonne soixantaine des sinistrés. Le cannibalisme se généralise et le 13 juillet, les valides jettent à la mer les blessés : la cantinière Marie Zaide seule femme à bord du radeau en fait partie. Le 17 juillet, l'Argus sauve les 15 survivants, 5 mourront peu après. Savigny fait un rapport du naufrage.  Chaumareys est mis aux arrêts en Octobre, il sera condamné à 3 ans de prison. Savigny et Correard publient un récit qui fera sensation en Novembre 1817.

La Mutinerie sur le radeau

Géricault le lit, rencontre les 2 rescapés. En 1818 il louera un atelier près de l'hôpital Beaujon, et commencera à faire plusieurs études,  il reconstituera une maquette du tableau. Fin août 1819, il expose son tableau au Salon, sous le nom de 'Scène de naufrage'. 

Scène de cannibalisme étude détail

Théodore Géricault est né en 1791. Père avocat. En1808, il hérite de sa mère. Il fréquente en secret l'atelier de Carle Vernet 1758-1836, peintre d'histoire et de chevaux durant 2 ans, puis celui de Pierre Guérin 1774-1833 autre peintre d'histoire néo classique, il rencontre dans son atelier Eugène Delacroix en 1815-16. En 1812, il hérite de sa grand mère ce qui lui assure son indépendance financière. De caractère ombrageux, il se fait exclure des Beaux Arts. 1814 c 'est sa période équestre, engagé dans la garde nationale à cheval de Paris, il peint en même temps plusieurs équidés. Puis balade à Florence, Rome, Naples. En 1817, il s'intéresse au naufrage de la Méduse.

Le Radeau de la Méduse L'Argus en vue (2ème esquisse)

 Fin août 1819, exposition du tableau au salon.  Côté politique, Géricault est tendance ultra-libérale, son tableau est une sorte de manifeste politique et social. Il est plus qu'un peintre d'histoire, il prend position pour les exclus, les indigents.  Après le Radeau, il envisageait une composition représentant la traite des noirs, mais l'état de santé de Géricault va se dégrader progressivement à partir de la fin de 1819, dépressif, atteint d'une tuberculose osseuse,  chutes de cheval qui entraineront des opérations mal supportées, Théodore Géricault connaîtra une fin de vie  longue et source de souffrances. Il meurt à 32 ans en Janvier 1824.

Etudes de Noir pour le Radeau de la Méduse (détail)

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28 septembre 2012

Lucien Gires

Son père était sabotier à Saugues, sa mère qui venait d'une famille de tailleurs de pierre sut cultiver les talents artistiques La Tour des Anglais Huile sur toile

de ses enfants, Joseph, Louis et enfin Lucien le dernier né en 1937 à Saugues.  Zélina Gires aida souvent son fils, à tirer des affiches, à coudre des vêtements pour les personnages du diorama de Saint Bénilde. Lucien Gires se disait artisan.

Lui qui savait tailler le bois, la pierre, lui qui savait peindre, dessiner,  commença à faire des affiches pour les bals, les fêtes votives, son premier vrai travail fut de participer à la réalisation du Diorama St Joseph à Espaly avant l'armée où il apprit la technique de la sérigraphie. Le maire de Saugues lui loua la Tour des Anglais La forêt nourricière

La Forêt nourricière détail

Les saisons

à charge pour lui de la rénover. Il en fit son atelier. 

Il peint les paysages saugains, il peint les anciens métiers. Il peint sur toile, sur jute pour l'église de Saugues, il sculpte des Christs. Il peint des portraits de saugains. Lucien Gires est avant tout un peintre de la mémoire de Saugues et de ses habitants. 

L Gires

En  1989, il s'attaque à son ultime projet :

 Le musée de la bête du Gévaudan qui lui demandera 5 ans de démarches diverses avant de commencer à le concrétiser  en 1995. Sa fille Blandine lui sera d'une aide précieuse. Le musée ouvrira en 1999.

A l'office du Tourisme de Saugues, cet été ont été exposés une dizaine de ses tableaux. Lucien Gires artiste altiligérien est mort en 2002.

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12 septembre 2012

Bernard Buffet

Bernard Buffet 19Tête de travesti28-1999 

aurait peint 8000 oeuvres, sans compter, ou en comptant, je ne sais trop, les faux ....

Trouver donc des peintures de Buffet devrait être aisé, mais non ! Elles ont été reléguées dans les archives ! ce peintre adulé alors qu'il avait 30 ans, a connu ensuite une vive Le Canal

désapprobation de la critique jusqu'à devenir honni par presque tous. On lui a reproché au final de ne pas évoluer dans son art, de buffetiser à tout va, en série, pour pouvoir vivre dans le luxe, en rolls, dans un château, être un des phares de la presse-people de l'époque .. 

Seulement, voilà, Buffet précisément à la une lors de mon enfance-ado est un des rares peintres de l'époque qui m'ait marquée ...     

 Bernard Buffet, fait partie de ces peintres maudits, comme Modigliani, Soutine qui eux ont eu la bonne idée de mourir tôt. Buffet mort à 30 ans en pleine gloire aurait sans doute encore un succès fou !

Nature morte dans l'atelier

 Bizarrerie  des humains !!! Faut dire que Buffet se la pétait beaucoup, et ça, cela ne passe jamais ! Faut dire qu'il a peint un peu toujours la même chose, toujours de la même façon. Et alors ? Buffet a eu très tôt un style personnel, bien à lui, il n'a pas l'étoffe d'un peintre-caméléon prolifiquement talentueux, genre Picasso ou  Dali, c'est vrai,  il n'avait pas le pouvoir ou le savoir d'évoluer alors il a continué à peindre ce qu'il savait faire. C'est pas un heureux, Buffet, c'est un triste, un désenchanté, son trait de crayon si caractéristique, noir, en dents de scie, minimaliste, ses couleurs ternies ...

Palmiers et voiliers 1958

tout cela n'incite pas à la joie ! Il a pourtant eu une vie bien remplie, des amours sincères, un certain talent, mais tout cela n'a pas suffi sans doute à ce qu'il puisse s'éclater.  

Voir un Buffet me ramène à mon enfance et c'est,  je crois, ce que j'aime en lui.  Portrait de Simone Combe

A Clermont, on peut le voir, Maurice et Simone Combe marchands et amateurs d'art ont légué au MARQ plus de 400 tableaux, dont pas mal de Buffet.

 

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08 septembre 2012

Moïse Kisling

Kisling Le modèle nu non daté

Petite rencontre fortuite qui assure la continuité avec Kiki de Montparnasse, Moïse Kisling 1891-1953 au MARQ de Clermont-Ferrand ( partie du legs des Combe, marchands et amateurs d'art au musée). 

Je ne le connaissais pas Kisling avant de savoir que Kiki était l'un de ses modèles. Né en Pologne, il s'installa à Paris en 1910 où il rencontra Braque, Picasso, Soutine, Modigliani, Max Jacob, Julian Gris, Cocteau ... En 1914Sous les palmiers 1917

Portrait de jeune femme vers 1950

 il s'engage dans la Légion étrangère, blessé, il y gagnera  en 1924 d'être naturalisé français. Il se marie avec Renée Gros en 1917 qui lui donnera 2 fils. Lors de la seconde guerre mondiale, il s'exilera aux Etats Unis. Il aura une maison à Sanary, mais il se baladera entre Paris, le Sud et ailleurs !!! 

Il aimait peindre des nus de femmes, des bouquets de fleurs, des portraits, des natures mortes. Il est de facture classique Kisling, mais est arrivé quand même à se démarquer.  A revoir donc, comme une connaissance-plaisir lors de mes pérégrinations !   

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31 juillet 2012

Pierre Favier

Peintre vellave figurant dans mon salon et faisant partie de l'histoire familiale ... Ce tableau est ce qui me reste du mas d'Oura. 

Est ce un original , yo, no lo sé ! on dirait, en tout cas.

Un site sur Pierre Favier, sur lequel je suis tombée par hasard, ce que je nomme une rencontre fortuite.

http://voreysien.free.fr/Historique/pierre-favier/p-favier.htm

Pierre Favier un jour, on se rencontrera donc, monsieur Favier.

Et on en saura peut être plus sur votre paysan, peint en 1933.

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