29 mars 2012

Matisse

Cher monsieur Matisse. Nous nous rencontrâmes à Nice, rapidement entre 2 vitraux, 2 gouaches bleues, 2 céramiques ...  une rencontre sans lendemain, dont vous ne vous souvenez pas, ce qui ne surprend guère de votre part, mais plus étonnante chez moi qui m'enthousiasme assez souvent pour certains de vos congénères. Averti par l'un de vos anges gardiens, vous me donnâtes une seconde chance, ce dont je vous suis reconnaissante, le lundi 19 Mars à Beaubourg. Je remarque au passage qu'une foule eût droit aux mêmes faveurs, mais votre notoriété l'exige, et je ne vous en tiens pas rigueur. Le thème choisi, fort à la mode en ce moment d'ailleurs, réside en paires et séries. Bon, pas si folichon, ce thème ni très original, mais il a le mérite de nous faire aller plus loin, et c'est peut être le but. 

Vous êtes né en 1869. En 1890, vous réalisez votre première nature morte aux livres, puis à Paris, vous entrez dans l'atelier de Gustave Moreau où vous découvrez le milieu symbolique. La couleur utilisée par les peintres hollandais vous attire, votre style est encore académique, vous copiez les maîtres, vous dessinez bien, vous vous formez. Marguerite votre fille naît en 1994. Entré à l'école des Beaux Arts en 95, vous découvrez Turner, vous vous initiez à l'impressionisme et d'autres courants avec Pissaro, Monet, Van Gogh, Cezanne, Signac, Puvis de Chavanne ... Vous aussi irez à la recherche de la lumière, en Bretagne, en Corse ou vous naissez à la lumière. Voilà, vous allez devenir coloriste, vous pointillez en bonne compagnie avec Seurat,

Luxe calme et voluptéLuxe calme et volupté (1904-1905) que Signac achèrera et puis vous lâchez cet agencement de couleurs que vous jugez trop enfermant  'Je me suis cherché partout'  direz vous alors. Vous rencontrez Bonnard qui fera parti du cercle de vos amis. Au salon d'automne 1905, 'La femme au chapeau' fera  de vous un fauve. Il s'agit de votre femme Amélie qui vous donnera 3 enfants et dont vous divorcerez en 1940. 

En 1906, vous peindrez' Le Bonheur de vivre' où vous célébrez le corps des femmes dans leur rondeur voluptueuse, nues, allongées, les bras levés ..  vos sculptures à venir.   

  

 le dessin épuré que vous pratiquez fort bien laissera la première place à la recherche des couleurs, alors oui, vous vous mettrez à reproduire des tableaux pour tenter d'arriver à un idéal, un peu obsessionnel sur le sujet. Je suis donc un vieux cinglé qui veut recommencer sa peinture pour mourir enfin satisfait (juin 1947)  Intérieur jaune et bleu 1946intérieur rouge de Venise

 En fait,  la peinture est ce qui prime pour vous, une exigence que vous soumettrez à votre intuition, et à votre raisonnement. Et vous y soumettrez aussi les vôtres, famille, modèles, amours, mais ça c'est un autre sujet.

 

 

 

 

 

 Monsieur Matisse vous marquerez votre présence sur certains tableaux, issus de la même inspiration, avec une recherche picturale, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre !!! j'exagère le trait forcément,vous utiliserez les figures de femmes un peu de la même façon, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait une autre.Intérieur, bocal de poissons rougesPoissons rouges et palette Un détail dans les poissons rouges et la palette, votre pouce qui jaillit de la palette ... volontiers ambigu monsieur, vous êtes parfois !détail Elles assurent ces séries une continuité dans la peinture de Matisse, cela lui permet ces séries renouvelées à chaque fois d'avancer vers son but : de la peinture avant toute chose. Bon, l'homme est complexe, il faudra y revenir. 

Vous mettrez rapidement dans vos tableaux de la sensualité, dans les formes rondes des femmes, dans les couleurs à déguster ... oui, je sens là une ouverture, un créneau où m'engouffrer, vous êtes secret, il faut donc revenir et revenir sans cesse sur vos tableaux.Nu bleu II 1952Nu bleu III

De vos débuts à la fin, il y a une continuité, un aboutissement de votre peinture, 1952, c'est presque la fin : Êtes vous enfin satisfait monsieur Matisse ? Je crois que oui.

Je sens entre vous et moi une possible connivence. Je suis patiente, j'attendrai que spontanément vous veniez à moi, enfin presque spontanément, puisque c'est moi qui irai vers vous, forcément !

Pour aujourd'hui, cela suffit.

A vous revoir monsieur Matisse

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12 février 2012

Musée d'Orsay

Orsay, c'est un peu chez nous ! sous prétexte qu'un nôtre grand père fut Directeurorsay 5 des Hôtels du Louvre dont celui d'Orsay, sous prétexte que nos parents ont fait leur repas de mariage dans le restaurant d'Orsay, sous prétexte donc d'une période fastueuse de notre histoire familiale à Paris, nous estimons G et moi même que nos ancêtres font partie des fantômes qui hantent l'ancienne gare d'Orsay orsay 6...

 

 

 

 

alors c'est en familiers que nous avons arpenté les salles reliftées du pavillon Amont, le 5ème étage, celui des impressionnistes ...  Orsay 3

 

 

 

 

 

La nudité froide de la sulfureuse Victorine Meurant est curieusement mise en valeur, par les délicieux nus de Renoir, joyCaillebotteeusement kitsch, où la chair déborde avec allegresse, oui, Renoir aimait lManetes plantureuses souriantes. Bazille  et Fantin Latour qui se la jouent grands reporters photographiques, avec leurs ateliers où les grands de cette époque sont nonchalamment représentés, Caillebotte qui, lui, se la joue peinture sociale avec ses raboteurs de Parquet, aussi raffinés et délicats cependant que lui, séduisant son auto portrait d'ailleurs ! Berthe Morizot, modèle ténébreux et peintre  se démarquant peu à peu de Manet, pour rejoindre le courant impressionniste, Cezanne qui nous offre un bleu à se damner, Monet, qui avant Bonnard fait éclater les couleurs et d'ailleurs Bonnard est là aussi, au 2ème étage, dans sa période nabi japonisante avec déjà Marthe vaquant à sa toilette ...  

orsay 2

 

 

Une balade réjouissante et prolifique en peintres ... et pour le plaisir, les bancs Water Block de Tokujin Yoshiokabancs Orsay fort confortables, le café des frères Campana, lGarçon et Corbeau 1884es éclairs pistache, le menu finlandais raffiné du restaurant classé monument historique, en liaison avec une petite exposition de Akseli Gallen-Kalela  vuorsaye hélas trop rapidement, car à 17h30, vous êtes mis dehors ...

Mais on y reviendra.

 

 

 

 

 

 orsay 4Friant

un canapé rigolo toujours des frères Campana où il a l'air de faire bon de dormir un peu, et puis une Toussaint, naturaliste, photographique, plaisante d'Emile Friant. 

 

 C'est vrai que l'on s'y sent un peu chez soi, dans ce musée, un peu douillet, un peu cosy, un peu kitsch, très classique, sans surprise mais, tout doux, le Musée d'Orsay.

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04 février 2012

Dévoration

 ou dévorement, rarement utilisé, plus communément cannibalisme, plus spécialisé anthropophagie.

Le sacrifice humain fut à la base de toute croyance antique, religieuse, il s'agissait d'apaiser les dieux ou de les célébrer tout simplement. Il s'agissait d'attirer la clémence des dieux, tenter de faire oublier notre humanitude. L'humanité est née coupable. Coupable de son humanité, par rapport au monde des dieux ? Coupable par la chair, par le sang, par tout ce qui est palpable, périssable, tout ce qui peut lui faire faire des erreurs, on pouvait donc sans état d'âme si j'ose dire meurtrir la chair, faire couler le sang.  L'esprit lui par opposition représentait, le bien, la raison qui rapproche l'homme d'un dieu, l'esprit est céleste et supérieur, le corps, lui est terrestre et inférieur. Pour les anciens, le sang était un fluide vivant, les dieux irrités contre la chair et le sang, ne pouvaient voir leur colère apaisée que par le sang, il y a dans le sang versé une vertu expiatoire. Il y avait des compromis, il était permis de substituer le sang des animaux.. une vie moins précieuse pouvait être acceptée pour une autre. Les premiers sacrifices humains furent d'abord des coupables condamnés par les lois, puis les ennemis jugés coupables prirent le relais, puis quand on en eut besoin, les étrangers furent aussi sacrifiés. Et quand ils venaient à manquer, on sacrifiait ses enfants, ses femmes, ses vierges. Les grecs, les romains, les gaulois pratiquaient des sacrifices humains. Au xvième siècle, les prêtres mexicains sacrifiaient jusqu'à 20000 humains par an. Les guerres les procuraient, en cas de manque, les enfants mexicains étaient sacrifiés. Le coeur était arraché vivant, et les prêtres mangeaient la chair de leurs victimes. En Inde, les vieillards étaient jetés dans le Gange, les femmes brûlées avec leur mari défunt, jusqu'en 1800 environ. 

Le cannibalisme existe depuis l'antiquité, les mythes grecs à ce sujet restent rarement expliqués, à moins que volontairement, personne n'ose trop parler de cette pratique qui révulse les êtres humains. Le cannibalisme n'est pas acceptable, jamais. Il constituait une réelle menace pour l'humanité, pour la survie même de cette humanité. Il était facile de tuer des êtres sans défense et de s'en nourrir. Il fut plus difficile de devenir chasseur et guerrier, mais c'est à ce prix que l'humanité survécut. L'humain ne pouvait faire partie de la chaîne alimentaire. Les mythes qui résultèrent des pratiques du cannibalisme furent des garde-fous.

 Dans la mythologie,Cronos, YMtitan fils d'Ouranos le ciel et de Gaia la terre, gobera ses enfants, sauf Zeus, mais il les régurgitera, premier ogre connu donc, mais non cannibale. Déméter, fille de Cronos mangera à son insu de la chair humaine servie par Tantale qui sacrifiera son fils Pélios.

 

Cronos moderne ...par le photographe Yasumasa Morimura japonais né en 1951.

 

 

 

ceci sert de préambule à l'exposition à La Maison Rouge intitulée 'Tous cannibales' ... qui date un peu, de l'année dernière, mais restée en plan .. en brouillon que j'avais oublié .. mémoire d'ide ! mais pas tout à fait, je voulais fuir la mort d'une soeur aimée en me plongeant dans une facette de notre terrifiante parfois humanité ... et à défaut d'oublier ma soeur, j'ai oublié de poster ce message, ou pas voulu, sais pas ... 

donc 45 artistes ont participé à l'exposition présentée à La Maison Rouge à Paris de Février à Mai 2011. J'ai préféré bien sûr les plus humoristiques, laissant de côté délibérément les plus scabreuses, les plus réalistes, les plus obscènes, les plus dérangeantes intellectuellement. En fait, j'ai oublié un peu les autres, comme quoi ce blog a sa raison d'être. 

Oda Jaune, peintre bulgare née en 1979 qui mêle humour, érotisme, chair, monstruosité et provoque perplexité chez les voyeurs que nous sommes.ojIMG_0479

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Melissa Ichiuji née aux US en 1968 qui fait de la tapisserie, ici une poupée qui ne déparerait pas cKissie Kissi 2008hez un Sade contemporain, en position suggestive, et qui révèle une fois qu'on approche d'elle, une multitude de larves qui l'ont dévorée de l'intérieur, ne laissant de presqu'intacte que sa gracieuse et provoquante enveloppe corporelle ...

 

 

 

 

 

 

Et Aida Makoto né en 1965 au Japon avec sa délicieuse Mimi-Chan devenue comestible en sushi ..

Une jambe, un sein, un ventre miamm ! il se moquerait ainsi de l'instrumentalisation du corps féminin, et de la voracité cannibale de l'occident en matière d'art.    Mimi-chan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

PS Petit lexique personnel à compléter un de ces jours ..... 

Mayas : peuple  vivant au sud du Mexique en Amérique du Nord, au Guatémala, Belize, petites minorités en Honduras et au Salvador. Sacrifices humains.

maya_et_azt_que

 

Aztèques : nomades du nord du Mexique, s'installent au centre de l'actuel Mexique pour se fixer ensuite dans la vallée de Mexico. Sacrifices humains importants. Notion d'antropophagie rituelle pratiquée par les élites.

 

Incas : origine Pérou, s'étend de l'équateur jusqu'au Chili. Sacrifices humains. Ont envahi une zone qui s'étend du Chili à l'équateur, en passant par le nord ouest de l'Argentine et une partie de la Bolivie. 

Inca_expansion

 Bon, je le reconnais, tout cela est bien fouillis, sans trame réelle, ni fait mais à faire et superbement incomplet. Il faut que j'y revienne. Au gré de mes rencontres, lecture, ou exposition ...

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12 janvier 2012

Jacques Villon

Gaston Duchamp est né en 1875, dans une famille bourgeoise, père notaire et compréhensif qui financera ses fils, mère sensibilisée à l'art par son père Emile-Frédéric Nicolle, dont la passion était la peinture et les eaux fortes. Sur les 6 enfants de cette famille, 4 furent célèbres, Gaston sous le pseudonyme de Jacques Villon, Raymond né en 76 sous celui de Duchamp-VillonMarcel Duchamp l'extravagant né en 1887, Suzanne née en 89. Ils apprirent le dessjacques villon illustration pour l'Assiette au beurre 1901in avec leur grand-père. 

Gaston se passionnera, tôt, pour le Traité de la peinture de Léonard de Vinci. Gaston prend le pseudonyme de Jacques Villon quand il devient dessinateur humoristique, pour ne pas entacher le nom de son père, dans des revues au nom suggestif comme Cocorico, le Frou-Frou  ou Le Rire. Jacques a un trait vif, précis, pertinent, mordant. Il croque bien Jacques avec délicatesse, humour et impertinence.  

 

 

 

 

 

 

Il excelle aussi dans les aquatintes et pointes sèches, progressivement, ses hachures deviennent plus drues, serrées, noires, construites.

L'équilibriste 1913 Pointe-sècheInstallé à Puteaux, cet homme demeure un peu en retrait du monde artistique, il s'intéresse de loin à Bonnard, Vuillard, Denis sans les approcher. Il passera par une période fauve, puis en 1910 sa carrière de dessinateur humoristique s'achève. Le groupe de Puteaux se constitue avec Kupka, Picabia, Mare, Léger,  face au groupe de Picasso et de Braque alors en pleine période cubiste. Villon s'y intéresse grâce à Kupka, il voit dans le cubisme une catégorie nouvelle de peinture, " une chose qui a les possibilités du rêve". Jacques Villon qui aime l'ordre et la discipline découvre que la technique cubiste peut lui servir.

  

 

 

 Il utilisera la construction géométrique pour faire du tableau une architecture de couleurs, que le sujet soit figure animale ou humaine, paysage, nature morte. Il synthétisera le mouvement avec le même procédé. Jacques Villon Soldats en marche

Cubisme, mais à la façon d'un Villon qui quadrille de façon systématique, par un savant calcul, les formes en mouvement, qui juxtapose sur sa feuille les mouvements qui se succèdent frénétiquement jusqu'à obtenir une forme abstraite figurative .. 

 

 

 

 

 

Villon est un intellectuel, doublé d'un mathématicien, il dessine ses thèmes, géométriquement, mathématiquement, il structure, construit, trace, tire des traits .. voici 3 oeuvres qui montrent (un peu), sa façon de faire ... Villon fait énormément de dessins avant de peindre. Le petit dessinateur 1935 Encre sur papier calqueLe petit dessinateur 1935 Eau-forteJacques Villon Homme dessinant 1935  

 

 

 

  

Et puis, Villon joue avec les couleurs, classiques dans ses débuts, puis criardes à la fin Jacques Villon L'oiseau empailléde sa vie, il s'éclate dans les verts, les roses,les mauves. Il pointille parfois,, en fait Jacques Villon expérimente aussi les couleurs, les marie entre elles avec plus ou moins de bonheur, arrive à les faire hurler ses couleurs, puis nous surprend à peindre des demi-tons plus doux, sentimentaux,Guitare et lauriers 1938 romantiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

A la fin de sa vie, enfin reconnu, vivant largement de sa peinture, il simplifiera ses dessins, fera du Villon, mais assagi, rassuré, sereinComme il vous plaira ascension enfin, n'ayant plus rien à se prouver.Les grues près de Rouen 1960

 

 

 

 

 

 

 

Je le préfère dans ses eaux fortes, ses dessins, Jacques villon, un petit dernier pour le plaisir. Jacques Villon La Lutte 1939

Bon, on ne s'est pas tout dit, je suis allée à Angers vous voir, mais où nous reverrons nous monsieur Villon ? vous êtes rare en France ... quelques oeuvres à Beaubourg, mais où êtes vous ailleurs ? mis à part les US, bien sûr.

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09 décembre 2011

Les Vitraux de Soulages

Soulages, un de ceux qui savent conjuguer le noir, à tous les temps, celui qui répond 'parce que' à la question ' Pourquoi  le noir ? Ce peintre a su créer son style en travaillant le noir jusqu'à l'obsession. Jusqu'en 79, il travaille brou de noix, goudron, mêlant parfois au noir de l'ocre, du bleu, du rouge. Ensuite il se consacre presque exclusivement au noir, où le blanc s'en mêlera parfois, il qualifie ses noirs d'outrenoir, en brossant, en raclant, ses toiles pour obtenir des stries, des sillons, des reliefs de toutes sortes où la lumière pourra flirter avec les ombres, selon les souhaits du spectateur qui pourra se déplacer pour jouer lui aussi . s5

Pierre Soulages est né à Rodez en 1919. Il se consacre aux 104 vitraux de l'abbatiale Sainte-Foy à Conques de 1987 à 1994.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s2s3s4s1sIl travaillera avec Jean Dominique Fleury Maître verrier. La dominance grisée et blanche peut se teinter de rose, de bleu, de jaune pour jouer avec le calcaire jaune, le grès rose, et le shiste gris-bleu des pierres de l'abbatiale. Il en résulte une douce luminosité qui baigne agréablement cet édifice austère et rude.  

C'est tout doux, les vitraux à Conques, reposant, minimaliste, pour s'isoler, l'été, de la foule pélerine et touristique, cela doit être bien. Et pour se vider l'esprit, en toute saison, c'est pas mal non plus.  

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05 décembre 2011

Vitraux Cathédrale St Cyr- Ste Julitte

Maintes fois détruite, maintes fois reconstruite, sort commun à beaucoup d'édifices religieux, la cathédrale de Nevers a été contrainte à un remplacement de tous ses vitraux, suite au bombardement par les alliés en 1944. De 1947 à 1967, restauration de la cathédrale, programme d'aménagement des vitraux à partir de 1973.u6

A l'ouest, dans le choeur roman, Vitraux dessinés par Raoul Ubac 1910-1985. Initialement photographe officiant dans le surréalisme, il expérimente le dessin, la gravure sur ardoise, la peinture, l'association des 2, la sculpture. Réalise aussi des maquettes de tapisseries, vitraux, et illustrent des livres. De 1977 à 1983 les Maîtres verriers Charles Marq et l'atelier Simon élaborent les vitraux.U2

Ondulations, bleues, jaunes et roses sont elles symboles des éléments terre, air, eau et feu ? Sillons de terre labourés ? Fleuves du Paradis ? ou mise en valeur de la fresque du Christ en gloire ? 

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Et si ce n'était qu'une douce invitation à la méditation pour certains, à une rêverie harmonieuse pour d'autres, et pour ceux qui restent, à simplement un peu de repos bonheur entre 2 agitations.a1

Vous voilà prêt à affronter la violence des couleurs des croisillons du transept roman. Nous devons ces vitraux à Jean Michel Alberola (Figuration libre)  né en 1953 qui réalise des peintures, lithographies, dessins, sérigraphies, collages, maquettes de vitraux, sculptures. Il utilise dans ses oeuvres : photographies, cartes postales, objets trouvés, films, néons, textes. Les Maîtres Verriers sont Pierre Defert et Dominique Duchemin.

 

 

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Apocalypse-vitraux : chaos, destruction et persécutions, puis triomphe des élus et béatitude céleste pour les survivants dans un monde nouveau avec la venue du Christ. Le blanc est la présence de Dieu, mystère invisible, le rouge est symbole de violence, sang, martyre...

Vous en prenez plein les mirettes, de ces couleurs éblouissantes au soleil, vous en restez bouche bée !

 

 

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Le tau (lettre grecque t) en forme de croix est le signe des élus pour les protéger du mal. Le chiffre 144 000 symbolise la plénitude des élus, 1000 est grande quantité, 12 ce sont les 12 tribus d'Israel, 12x12 = 144. Élémentaire, non ? que ce soit limpide pour vous ou source de migraine, peu importe :

 laissez chanter les couleurs.

 

 

     

 

 

 

 

Les fenêtres hautes de la nef reposent les yeux, calment le tumulte des coeurs, apaisent les esprits tourmentés, dessinés par Gottfried Honegger peintre suisse né en 1917, collectionneur, sculpteur (Donation Albers-Honegger- Espace de l'art concret  à Mouans-Sartoux). Maître verrier : Jean Maure G

Les fenêtres basses de la nef sont dessinées par François Rouan : né en 1943 à Montpellier, travaille le dessin, la peinture, la photographie, réalisateur de films en dialogue avec ses peintures. Lié à Balthus, Jacques Lacan, Matisser7.

Maîtres verriers : Benoît Marc et Atelier Simon

Symphonie de couleurs, qui scintillent et s'éclatent.n1r1r4r3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le choeur gothique, les verrières hautes sont dessinées par Claude Viallat peintre né en 1936 à Nimes Elles évoquent les portes, de  la Jérusalem céleste de l'Apocalypse, serties de Lapis Niger, de rubis, de saphir, et d'or qui dansent, miroitent, papillotent sur les pierres.    

Dansez !v1v2v

 

 

 

 

 

 

Dans le déambulatoire, Jean Michel Alberola, et Dominique Duchemin, le Maître verrier, exultent, jubilent .. c'est une débauche de couleurs, qui nous offre une relecture de l'évangile, figurée ou abstraite, débordante de couleurs jusqu'à saturation, si riche en personnages bibliques, en scénettes cathéchisantes, qu'elle nous ramène à l'enfance, au temps où l'on croyait tout ce que l'on nous disait. Et je choisis d'y croire encore. ne3nene4ne5   

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27 octobre 2011

Collection Stein

Matisse

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25 octobre 2011

Munch

Doit être à la mode ce peintre là, deux expositions sur Paris, l'une en 2010 à la Pinacothèque, l'autre en 2011 à Beaubourg avec le même désir de nous faire comprendre que Edvard Munch ne se résuLa vigne vierge rouge 1898me pas à son"cri" , faut dire qu'on est un peu obtus !! la première exposition n'avait pas suffit à nous faire découvrir le joyeux drille qu'il y avait en Munch ... La seconde n'y incite pas davantage. En fait, il serait plus simple de dire que Munch, ce n'est pas un seul cri, mais plusieurs .... et que de pouvoir crier en peignant lui a fait certainement beaucoup de bien.  

Chez Munch, il y a souvent des ombres noires menaçantes, des couleurs qui dégoulinent, une prédilection pour la couleur rouge sang,  des visages tourmentés ou effacés .. des bouches qui hurlent, des yeux hagards, sauf quand il peint des enfants ou de très jeunes filles, il ne peut pas nous échapper que Munch est un être tourmenté, pas franchement optimiste, enclin à la mélancolie. Bien sûr, il connut sans doute des moments de bonheur, de joie, mais le bonheur n'était pas une recherche chez lui. Il a beaucoup crié Edvard, de douleur pour ses morts nombreux il faut le reconnaître, de jalousie, de solitude, de non joie, de plaisir masochiste peut être aussi.  Nul ne nous le dira.   

Il naît en Norvège en 1863, second d'une fratrie de 5. Sa mère tuberculeuse meurt 5 ans plus tard, le père médecin très religieux flirte avec la dépression, est plutôt coléreux, Edvard, enfant souffre de rhumatismes et d'insomnie, sa soeur aînée meurt de tuberculose à 15 ans et une autre Laura souffrira de schizophrénie. Un début de vie pas forcément idéal, seule la soeur de  sa mère, Karen venue s'occuper d'eux leur apportera affection et soutien, elle aimait elle aussi peindre. En 1980, Edvard entame  des études d'histoire de l'art.

L'enfant malade en 1885 est le premier tableau d'une série consacrée à la mort, il le reproduira, ce tableau, plusieurs fois . Il y a de la tendresse pour la mourante, en 1885, elle illumine le tableau très sombre.détail enfant 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1907, l'émotion est éloignée, la couleur éclate, la douleur anesthésiée, mais pas domptée, Munch se fera hospitaliser en psychiatrie un an plus tard.détail 1907

Munch a une vision de la femme jeune, le deuxième âge de la femme, singulière, désirable par son corps, elle n'est pour lui que tromperie, l'homme est quoiqu'il arrive toujours une victime. Deux versions parmi d'autres de la femme vampireLe vampire 1893-1894

 

 

 

L'une est sombre, l'autre pas, postérieure, plus gaie, plus fauve. Munch oscille toujours entre 2 états en permanence, il est attiré par le sombre, mais se soigne par la couleur.

 

 

 

 

Vampire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand elle ne vampirise pas, la femme pleure, seule, la tête en forme de flaque de sang, la femme saigne .. il en a fait 7, ou un peu plus, je ne sais plus des versions de cette femme nue et abattue.  Femme en pleurs

 

 

 

 

 

 

 

Version plus jeune, la fillette pas encore pubère, mais déjà cernée par l'ombre menaçante de la femme qu'elle va devenir, en 2 versions, l'une toujours plus colorée et gaie.Puberté 1894-1895

Puberté 1914-1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exposition nous dit que Munch s'intéressait aussi à la société dans laquelle il vivait. C'est vrai, même si il préfère nous montrer comme toujours la violence que cette société engendre. Je comprends mieux pourquoi on qualifie Bonnard peintre du bonheur. Munch, lui est peintre du malheur. Bon d'accord, la vie fut, sans doute, plus douce pour Bonnard. IMG_3685

 

La Bagarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des autoportraits, il y en eut en pagaille, que ce soit en photographie, ou en peinture, Munch s'est beaucoup auto produit .. Dans cet autoportrait là, il était en forme, Munch, au sortir d'une dépression.

Autoportrait dans la clinique du Dr Jacobson 1909 

Et puis il y eut des tableaux bonheur, reposants .. on va clore sur ce bonheur là.Cheval au galop 1910-1912Le tronc jaune 1911-1912 

 

 

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28 juillet 2011

Sarah encore

Louise Abbema par Sara Bernhardt 1878

 

 

Une autre sculpture de Sarah Bernhardt

 au musée d'Orsay.

Celle de Louise Abbéma, avec laquelle elle eut une liaison. Louise était peintre, née à Etampes en 1853, elle mourut en 1927. 

J'y reviendrai sur cette Louise. 

  

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24 juin 2011

Chagall à Nice

Première rencontre officielle entre  ce peintre et moi. Bien sûr, je le connais, un peu, de loin, ce Russe au sourire de faune, à l'inspiration onirique, mais pas de quoi faire battre mon coeur un peu plus vite.

Musée National Message Biblique Marc Chagall,  ce titre entraîne chez moi un à priori désapprobateur et source d'une méfiance à l'égard du dit message, biblique ou pas ! Mes lectures précédant la visite sur le sujet n'arrangent rien. Mais curieusement, des couleurs éclatantes des toiles accrochées, se dégage une aura particulière de sérénité béate qui me tiendra jusqu'au soir ... Derrière le message biblique, Chagall livre des messages personnels que l'on ne peut décrypter qu'en s'initiant à la vie personnelle du peintre, et pour cela, il faudra d'autres rencontres, d'autres moments ... cela viendra en son temps.    

Une vision très licencieuse, je le reconnais de la tentation d'Eve, aux prises avec un serpent facétieux et inspirant.IMG_0930

 

En fait, l'interprétation officielle est moins amusante, il s'agit d'une représentation de Dieu sous la forme d'un nuage, cette toile se nomme Le Paradis. 

Des Faunes, multicolores se baladent un peu partout dans les toiles, il s'agit de Moïse ... sont ce des cornes ou des rayons lumineux, représentation d'une présence divine, cornue ou rayonnante ? Dieu se représente t'il ainsi à travers ses porteurs de message ? divin naturellement ! Plus pointue qu'il n'y paraît, la question et intéressante, à mes yeux bien sûr !

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Ses secrets partout qu'il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé
Louis Aragon

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 Couleur rosée des femmes, le Cantique des Cantiques, message d'amour pour une femme. Voilà un message que je comprends bien et qui me va.

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 A plus, donc.

Posté par maison43 à 19:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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