25 octobre 2011

Munch

Doit être à la mode ce peintre là, deux expositions sur Paris, l'une en 2010 à la Pinacothèque, l'autre en 2011 à Beaubourg avec le même désir de nous faire comprendre que Edvard Munch ne se résuLa vigne vierge rouge 1898me pas à son"cri" , faut dire qu'on est un peu obtus !! la première exposition n'avait pas suffit à nous faire découvrir le joyeux drille qu'il y avait en Munch ... La seconde n'y incite pas davantage. En fait, il serait plus simple de dire que Munch, ce n'est pas un seul cri, mais plusieurs .... et que de pouvoir crier en peignant lui a fait certainement beaucoup de bien.  

Chez Munch, il y a souvent des ombres noires menaçantes, des couleurs qui dégoulinent, une prédilection pour la couleur rouge sang,  des visages tourmentés ou effacés .. des bouches qui hurlent, des yeux hagards, sauf quand il peint des enfants ou de très jeunes filles, il ne peut pas nous échapper que Munch est un être tourmenté, pas franchement optimiste, enclin à la mélancolie. Bien sûr, il connut sans doute des moments de bonheur, de joie, mais le bonheur n'était pas une recherche chez lui. Il a beaucoup crié Edvard, de douleur pour ses morts nombreux il faut le reconnaître, de jalousie, de solitude, de non joie, de plaisir masochiste peut être aussi.  Nul ne nous le dira.   

Il naît en Norvège en 1863, second d'une fratrie de 5. Sa mère tuberculeuse meurt 5 ans plus tard, le père médecin très religieux flirte avec la dépression, est plutôt coléreux, Edvard, enfant souffre de rhumatismes et d'insomnie, sa soeur aînée meurt de tuberculose à 15 ans et une autre Laura souffrira de schizophrénie. Un début de vie pas forcément idéal, seule la soeur de  sa mère, Karen venue s'occuper d'eux leur apportera affection et soutien, elle aimait elle aussi peindre. En 1980, Edvard entame  des études d'histoire de l'art.

L'enfant malade en 1885 est le premier tableau d'une série consacrée à la mort, il le reproduira, ce tableau, plusieurs fois . Il y a de la tendresse pour la mourante, en 1885, elle illumine le tableau très sombre.détail enfant 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1907, l'émotion est éloignée, la couleur éclate, la douleur anesthésiée, mais pas domptée, Munch se fera hospitaliser en psychiatrie un an plus tard.détail 1907

Munch a une vision de la femme jeune, le deuxième âge de la femme, singulière, désirable par son corps, elle n'est pour lui que tromperie, l'homme est quoiqu'il arrive toujours une victime. Deux versions parmi d'autres de la femme vampireLe vampire 1893-1894

 

 

 

L'une est sombre, l'autre pas, postérieure, plus gaie, plus fauve. Munch oscille toujours entre 2 états en permanence, il est attiré par le sombre, mais se soigne par la couleur.

 

 

 

 

Vampire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand elle ne vampirise pas, la femme pleure, seule, la tête en forme de flaque de sang, la femme saigne .. il en a fait 7, ou un peu plus, je ne sais plus des versions de cette femme nue et abattue.  Femme en pleurs

 

 

 

 

 

 

 

Version plus jeune, la fillette pas encore pubère, mais déjà cernée par l'ombre menaçante de la femme qu'elle va devenir, en 2 versions, l'une toujours plus colorée et gaie.Puberté 1894-1895

Puberté 1914-1916

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'exposition nous dit que Munch s'intéressait aussi à la société dans laquelle il vivait. C'est vrai, même si il préfère nous montrer comme toujours la violence que cette société engendre. Je comprends mieux pourquoi on qualifie Bonnard peintre du bonheur. Munch, lui est peintre du malheur. Bon d'accord, la vie fut, sans doute, plus douce pour Bonnard. IMG_3685

 

La Bagarre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des autoportraits, il y en eut en pagaille, que ce soit en photographie, ou en peinture, Munch s'est beaucoup auto produit .. Dans cet autoportrait là, il était en forme, Munch, au sortir d'une dépression.

Autoportrait dans la clinique du Dr Jacobson 1909 

Et puis il y eut des tableaux bonheur, reposants .. on va clore sur ce bonheur là.Cheval au galop 1910-1912Le tronc jaune 1911-1912 

 

 

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28 juillet 2011

Sarah encore

Louise Abbema par Sara Bernhardt 1878

 

 

Une autre sculpture de Sarah Bernhardt

 au musée d'Orsay.

Celle de Louise Abbéma, avec laquelle elle eut une liaison. Louise était peintre, née à Etampes en 1853, elle mourut en 1927. 

J'y reviendrai sur cette Louise. 

  

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24 juin 2011

Chagall à Nice

Première rencontre officielle entre  ce peintre et moi. Bien sûr, je le connais, un peu, de loin, ce Russe au sourire de faune, à l'inspiration onirique, mais pas de quoi faire battre mon coeur un peu plus vite.

Musée National Message Biblique Marc Chagall,  ce titre entraîne chez moi un à priori désapprobateur et source d'une méfiance à l'égard du dit message, biblique ou pas ! Mes lectures précédant la visite sur le sujet n'arrangent rien. Mais curieusement, des couleurs éclatantes des toiles accrochées, se dégage une aura particulière de sérénité béate qui me tiendra jusqu'au soir ... Derrière le message biblique, Chagall livre des messages personnels que l'on ne peut décrypter qu'en s'initiant à la vie personnelle du peintre, et pour cela, il faudra d'autres rencontres, d'autres moments ... cela viendra en son temps.    

Une vision très licencieuse, je le reconnais de la tentation d'Eve, aux prises avec un serpent facétieux et inspirant.IMG_0930

 

En fait, l'interprétation officielle est moins amusante, il s'agit d'une représentation de Dieu sous la forme d'un nuage, cette toile se nomme Le Paradis. 

Des Faunes, multicolores se baladent un peu partout dans les toiles, il s'agit de Moïse ... sont ce des cornes ou des rayons lumineux, représentation d'une présence divine, cornue ou rayonnante ? Dieu se représente t'il ainsi à travers ses porteurs de message ? divin naturellement ! Plus pointue qu'il n'y paraît, la question et intéressante, à mes yeux bien sûr !

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Ses secrets partout qu'il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé
Louis Aragon

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 Couleur rosée des femmes, le Cantique des Cantiques, message d'amour pour une femme. Voilà un message que je comprends bien et qui me va.

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 A plus, donc.

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20 mars 2011

Cranach

Mouvement : Renaissance allemande

Homme de cour, homme de pouvoir, homme d'argent, homme de commerce, homme de talent, homme d'art, cet homme là fut plusieurs hommes à la fois. La postérité n'a retenu que ses réussites, n'avait il pas ses faiblesses cet homme là, était il plus mercantile qu'artiste ? était il plus un disciple de Machiavel qu'un supporter de Luther ? On ne peut qu'interpréter. 

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Je laisserai aux spécialistes de l'histoire de l'Art le soin de détailler, les couleurs, le décor, le style de ce peintre, je me contenterai de ce tête à tête entre lui et moi, je me coIMG_0162ntenterai d'écrire ce que me disent ses peintures.

Il est né en 1472, apprit les rudiments de peinture avec son peintre de père, passa le flambeau à ses 2 fils qui oeuvrèrent à son atelier avec une petite dizaine de peintres. Certains parlent de 500, d'autres de 1000, en tout cas un nombre imposant de peintures relèvent de son atelier. Spécialisé dans le nu profane, il a peint les vierges et celles qui ne le sont plus. D'un côté, les petites Lolita aux seins ronds, des petites Betty Boop aguicheuses, qui suscitent le désir, de l'autre côté, des femmes plus alourdies, d'une sensualité repue qui évoquent le plaisir. Elles sont toutes idéalisées, blondes au visage assez semblable.

 

 

 

 

 

 

 

  Quand il habille ses femmes, Cranach leur donnent des regards rusés, des lèvres fines au sourire, vorace, complice ou coupable. Et quand leurs visages restent innocents, leurs mains détiennent soit un glaive tâché de sang, soit une tête décapitée ...Diable, diable monsieur Cranach, vous n'avez aimé les femmes que déshabillées, les mêmes, revêtues ne vous plaisaient plus et concentraient alors toute votre misogynie. Pour votre défense, il est vrai qu'à votre époque, cette défiance envers les femmes était monnaie courante.

IMG_0164IMG_0165à gauche la mine déconfite, soumise, de la femme adultère, à droite, la mine rusée d'une femme qui sait comment prendre le pouvoir sur un homme, fut il Hercule en personne, et qui par ce sourire de connivence invite ses comparses à faire de même ... 

Mais au final, peut être s'agit il tout simplement pour Cranach, de répondre aux critères de son époque, de sembler ainsi servir la cause de Luther, de répondre aussi au besoin nouveau de ses contemporains de posséder des oeuvres d'art et de pouvoir ainsi vivre richement de son art. Quant à nous, c'est une belle occasion de nous re-intéresser autrement à cette époque tourmentée de réforme religieuse. Aborder Luther par Cranach, voilà un bon début. 

  

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24 novembre 2010

Jean Michel Basquiat

Mouvement : Graffiti Art

Au début, de l'expo, on se dit que pour des graffitis, c'est pas mal, mais que cela risque de devenir un tantinet lassant. Puis un malaise s'installe : les masques grimaçants, les dents qui niaquent, les écrits, où les mots se suivent dans un désordre fou mais cohérent dans cette folie même, nbasqous renvoient à l'enfermement prolifique en tous genres de ceux qui se droguent ... certains tableaux sont produits sous influences manifestes ainsi revendiquées. Quand on sait que la mort est au bout du chemin, on a envie d'arrêter là, et l'on se dit que l'on connaît trop la chanson, douloureusement, personnellement. Et puis, les tableaux s'organisent, les thèmes prennent corps, les couleurs éclatent et cela devient de l'art qui vous scotche le regard. Basquiat est devenu peintre et s'ouvre au monde. Son rapport à la drogue est sans doute moins fusionnel, et le remet en liberté. Il reste cependant sauvage et indépendant jusqu'à la rencontre avec Warhol. Ils peignent ensemble quelques tableaux où ils se partagent la vedette en 84. Les critiques ne furent pas enthousiasmés. Moi si, j'ai bien aimé cette association. Basquiat retourne un peu plus tard à ses démons, ses peintures évoquent à nouveau ses tourments obsessionnels et son aliénation retrouvée.

 

Mais au final, Basquiat aura trouvé sa place dans l'histoire de l'art, marqué son époque, justifié par son oeuvre de l'utilité de sa courte vie. Les critiques d'art se sont emparés de Basquiat. Se confronter à ses peintures lui rend ce qui a été sa vie, ses errances, ses souffrances, son parcours artistique, et ce qui domine par dessus tout son réel talent de coloriste.

Basquiat est né en 1960 à Brooklyn d'une mère portoricaine et d'un père haïtien. Issu de la moyenne bourgeoisie, sa mère l'initie à l'art en lui faisant découvrir les musées. C'est un passionné de BD. En 76 il commence à peindre sur les murs, et s'initie à la drogue. En 79 il commence à se faire une petite notoriété. En 88 il meurt d'une overdose.

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